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cl’aiiires blancs avec la icie et la queue noires ; et c'est à celte seconde valiété quil faut rapporter le pigeon de la pf. 151 de Friscli, (pi'il appelle en allemand pfau-taube ou Imnerschwanlz, et on latin columba caudala. Cet auteur remanjue que dans le même temps que le pigeon-paon étale sa queue, il Bgiic fièrenieiit et constoniiiiciii sa tOlc et son cou, à peu prés coiiiiiie 1 oiseau appelé torcul. Ces pigeons ne volent pas aussi bien (pie les autres ; leur large qimuc est cause qu'ils sont souvent emportes par le vent et qu’ils tombent a terre : ainsi, on les élève plutôt (lar curiosité que pour l'utilité. Au reste, ces pigeons, qui par eux-mémes ne peuvent faire de longs voyages, ont été transportés fort loin par les hommes. Il y a aux Piiilippines, dit Gemelli Carreri, des pigeons qui relèvent et étalent leur queue comme le paon.
Les pigeons polonais sont plus gros que les pigeons-paons; ils ont pour earactere d avoir le bec très-gros et très-court, les yeux bordés d'un large cercle rouge, les jambes très-basses : il y en a de différentes eouleiirs, beaucoup d(3 noirs, des roux, des ebaniois, des gris piiiués et de tout blancs.
Le pigeon-cravate est l’un des pins petits pigeons; il n’est guère plus ijros qu’une tourterelle; et en les appariant en.-embie, ils produisent des mulets ou métis. On distingue le pigeon-cravate du pigeon-nonnain, en ce que le pigeon-cravate n’a point de dcmi-capucbon sur la léte et sur le cou, et (pi’il n’a précisément qu’un bouquet de plumes (pii semblent se rebrousser sur la poitrine et sous la gorge. Ce sont de très-jolis pigeons, bien faits, qui ont l’air très-propres, et dont il y en a de soupe-en-vm, de chamois, de panaebés, de roux et de gris, de tout blancs et de tout noirs, et d’autres blancs avec des manteaux noirs : c’est à celte dernière variété qu’on peut rapporter le pigeon représenté dans lapf. l47 de Friscb,sous le nom allemand tnawchen, et la dénomination latine de columba coUo Uirsuto. Ce pigeon ne s’apparie pas volontiers avec les autres pigeons, et n’est pas d’un grand produit : d’ailleurs, il est petit , et se laisse aisément prendre par l’oiseau de proie; c’est par toutes ces raisons {ju’on n’en élève guère.
Les pigeons (pi’on appelle coquille-bollandais, parce qu'ils ont derrière la tête des plumes à rebours qui forment comme une espèce de coquille, sont aussi de petite taille. Ils ont la tète noire, le bout de la queue et le bout des ailes aussi noirs, tout le reste du corps blanc, il y en a aussi à tète rouge, à tète bleue et à tète et queue jaunes; et ordinairement la queue est de la môme couleur (|ue la tête, mais le vol est toujours tout blanc. La première variété, qui a la tète noire, ressemble si fort à rhirondelle de mer, que quelqiies-uns lui ont donné ce nom avec d’autant plus d'analogie, qm* ce pigeon n’a pas le corps rond comme la plupart des autres, mais^allongé et fort dégagé.
Il y a, indépendamment des tète et queue bleues qui ont la coquille, dont nous venons de parler, d autres pigeons qui ont simplement le nom de tète et queue bleues, d'autres de tète et queue noires, d’autres de tète et queue rouges, et d'autres encore, tète et queue jaunes, et (|ui tous quatre ont l'extrémité des ailes de lu même couleur que la tète; ils sont à peu près gros comme les pigeons-paons : leur plumage est très-propre et bien arrangé.
il y en a (|u'on appelle aussi pigeons-hirondelles, qui ne sont pas plus gros que des tourterelles, ayant le corps allongé de même, et le vol trèsléger : tout le dessus de leur corps est blanc, et ils ont toutes les (larties supérieures du corps, ainsi que le cou, la tète et la (picue, noires, ou rouges, ou bleues, ou jaunes, avec tm petit casque de ces mêmes couleurs sur la tète; mais le dessous de la tête est toujours blanc comme le dessous du cou. C’est à cette variété qu'il faut rapporter le pigeon cuirassé de Jonston et de
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Willuglihy, qui a pour oaraclèro parUculii'r d'avoir les piuuuîs do la lète, celles de la queue ei les pennes des ailes toujours de la même couleur, elle eoiqis d'une couleur düTérenlc; par exemple, le eor|)s hiane, et la létc, la (pieiie et les ailes noires, ou de quelque autre couleur que ce soit.
Le pigeon-carme, qui fait une autre race, est peut-être le plus bas et le plus petit de tous nos pigeons; il paraît accroupi comme I oiseau que l'on appelle le crapaud-isolant; il est aussi Irès-pattu, ayant bts pieds fort courts et les plumes des jambes irês-lotigues. Les femelles et les mâles se ressemblent, ainsi que dans la plupart des autres races : ou y compte aussi quatre variétés (pii sont les mêmes que dans les races précédentes, savoir ; les grisd('-fer, les cbamois, les soupe en-vin cl les gris-doux; mais ils o U tout le dessous du corps et des ailes blanc, tout le dessus de leur corps étant des eoideurs tpie nous venons d'indiquer. Ils sont encore remanpiables par leur bec, qui est plus petit que celui d’une tourterelle; et ils ont aussi une petite aigrette derrière la lèlc, qui pousse en pointe comme celle de l aiouelte huppée.
Le |)ig('on-lambour ou çjlou glou, dont nous avons (larlé, ipie I on appelle ainsi parce tpi'il forme ce son glou glou, qu'il répète fort souvent lorsqu’il est auprès de sa femelle, est aussi un pigeon fort bas et fort pallu ; mais il est plus gros que le pigeon-carme, et à peu près de la taille du pigeon polonais.
Le pigeon-heurté, c'est-à-dire masqué comme d'un coup de pinceau noir, bleu, jaune ou rouge, au-dessus du bec seulement et jus(pi’au milieu de la tète, avec la queue de la même couleur, et tout le reste du corps blanc, est un pigeon fort recberebé des curieux; il n’est point pattu et est de la grosseur des pigeons mondains ordinaires.
Les pigeons suisses sont plus petits que les pigeons ordinaires, et pas plus gros qiie^'k-s pigeons bisets, ils sont de même tout aussi légers du vol. Il y en a de plusieiu-s sortes, savoir : des panachés de rouge, de bleu, de jaune sur un fond blanc saiiné, avec un collier qui vient lormer un plastron sur la poitrine, et qui est d un rouge rembruni. Iis ont souvent deux rubans sur les ailes de la même couleur (pie celle du plastron.
Il y a d'autres pigeons suisses qui ne sont point panachés, cl qui sont ardoisés de couleur uniforme sur tout le coiqis, sans collier ni plastron; d'autres, qu'on appelle colliers jaunes jaspés, colliers jaunes maillés-, d'autres, colliers jaunes fort maillés, etc., parce (pi’ils portent des colliers de celle couleur.
Il y a encore dans celle race de pigeons suisses une autre variété qu'on appelle pigeon azuré, parce (pi'il est d’une couleur plus bleue que les ardoises.
Le pigeon culbutant est encore un des plus petits pigeons. Celui que îll. Lrisch a fait représenter, planche 148, sous les noms de tummel taube, tumler, coluiuba gestuosa seu gesticularia, est d un roux brun; mais il y en a de gris et de variés de roux et de gris. 11 tourne sur lui-même en volant, comme un corfis qu’on jetterait en lair, et cest par celte raison qu’on l’a nommépi’yeow culbutant. 11 semble (juc tous ses mouvi’inenls supposent des Vertiges, (pii, comme je l ai dit, peuvent être attribues a la captivité. Il vole très-vite, s élève le plus haut de tous, et ses motivemenls sont très-précipi-lésel fort irréguliers. Frisch dit que, comme par scs mouvements il imite, en quelqtie façon, les gestes et les sauts des danseurs de corde et des voltigeurs, on lui a donné le nom de pigeon pantomime, culumba gestuosa. Au reste, sa forme est assez semblable à celle du biset, et l'on s'en sert ordinairement pour attirer les pigeons des autres colombiers, parce qu’il vole plus
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liam, plus loin et plus longtemps que les autres, et qu'il échappe plus aisément à l’oiseau de proie.
Il en est de même du pigeon-tournant que M. Brisson, d’après 'Willugliby, a appelé \e pigeon batteur. Il tourne en rond lorsqu'il vole, et bat si fortement des ailes, qu'il fait autant de bruit qu’une claquette, et souvent il se rompt quelques plumes de I aile par la violence de ce mouvement, qui semble tenir de la convulsion. Ces pigeons tournants ou batteurs sont eommunément gris avec des taches noires sur les ailes.
Je ne dirai qu’un mot de quelques autres variétés é<|uivoques ou secondaires dont les nomenclateurs ont (ait mention, et qui ressortissent sans doute aux races que nous venons d indii|ucr, mais qu’on aurait quelque peine à y rapporter directement et sûrement, d après les descriptions de ces auteurs. Tels sont, par exemple : 1" le pigeoti de Norwéi^e, indiqué par Schwenckfeld, qui e»t blanc comme neige, et qui pourrait bien être un pigeon pattu huppé plus gros que les autres.
2" l.e pigeon de Crète, suivant Aldrovande, ou de Barbarie, selon Wilhighby, qui a le bec très-court et les yeux entourés d’une large bande de peau nue, le plumage bleuâtre et marque de deux taches noirâtres sur chaque aile.
5“ Le pigeon frisé de Schwenckfeld et d’Aldrovande, qui est tout blanc et frisé sur tout le corps.
4® Le |)igeon messager de Willugliby, qui ressemble beaucoup au pigeon turc, tant par son plumage brun que par ses yeux entourés d’une peau nue, et ses narines couvertes d'une membrane épaisse : on s’est, dit-on, servi de ces pigeons pour porter promptement des h tires au loin, ce qui leur a fait donner le nom de messagers.
5» Le pigeon-cavalier de Willugliby et d’Albin, qui provient, dit-on, du pigeon grosse-gnrge et du pigeon messager, participant de l’un et de l'autre; car il a la faculté d’enfler beaucoup son jabot comme le pigeon grosse-gorge, et il porte sur ses narines des membranes épaisses comme le pigeon messager. Mais il y a apparence qu’on pourrait également se servir de tout autre pigeon pour porter de petitis choses, ou plutôt les rapporter de loin ; il sunit,pour cela, de les séparer de leur femelle et de les transporter dans le lieu d où I on veut recevoir des nouvelles; ils ne manqueront pas de revenir auprès de leur femelle, dès qu’ils seront mis en liberté.
On voit que ces cinq races de pigeons ne sont que des variétés secondaires des premières que nous avons indiquées, d’après les observations de quelques curieux (]ui ont passé leur vie à élever des pigeons, et particulièrement du sieur Fournier, qui en fait commerce, et qui a été chargé, pendant quelques aimées, du soin des volières et des basses-cours de S. A S. monseigneur lecomte de Clermont. Ce prince, qui de très-bonne heure s’est déclaré protecteur des arts, toujours animé du goût des belles connaissances, a voulu savoir jusqu’où s’étetidaient en ce genre les forces de la nature ; on a rassemblé, par ses ordres, toutes les espèces, toutes les races connues des oiseaux domestiques; on les a multipliées et variées à l’infini. L’intelligence les soins et la culture ont ici, comme en tout, perfectionné ce qui était conm/ et développé ce qui ne l’était pas; on a fait éclore jusqu’aux arrière-germes de la nature; on a tiré de son sein toutes les productions ultérieures qu’elle seule et sans aide n’aurait pu amener à la lumière. En cherchant à épuiser les trésors de sa fécondité, on a reconnu qu’ils étaient inépuisables, et qu’avec un seul de ses modèles, c’est-à-dire avec une seule espèce, telle que celle du pigeon ou de la poule, on pouvait faire un peuple composé de mille
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familles ilifférenlcs, louios re,coniiaissablcs, louies nouvelles, toutes plus belles que l’espèce dont elles tirent leur première origine.
Dès le temps des Grecs on connaissait les pigeons de volière, puisque Aristote dit qu’ils produisent dix et onze fois 1 année, et que ceux d’Égypte produisent jusqu’à douze fois. L’on pourrait croire néanmoins que les grands colombiers, où les pigeons ne produisent que deux ou trois fois par an, n’étaient pas fort en usage du temps de ce philosophe : il compose le genre columbacé de quatre espèces, savoir : le ramier (palumbus), la tourterelle (turtur), le biset (wtnai/o), et le pigeon [columbus); et c'est ce dernier dont il dit que le produit est de dix pontes par an. Or, ce produit si fréquent ne se trouve que dans quelques races de nos pigeons de volière. Aristote n'en distingue pas les dilfércnces, et ne fait aucune mention des variétés de ces pigeons domestiques : peut-être ces variétés n’existaient qu’en petit nombre; mais il paraît qu'elles s'étaient bien multipliées du temps de Pline, qui parle des grands pigeons de Campanie et des curieux en ce genre, qui achetaient à un prix excessif une paire de beaux pigeons, dont ils racontaient l’origine et la noblesse, et qu’ils élevaient dans des tours placées au-dessus du toit de leurs maisons. Tout ce que nous ont dit les anciens au sujet des mœurs et des habitudes des pigeons doit donc se rapporter aux pigeons de volière plutôt qu’à ceux de nos colombiers, qu’on doit regarder eomme une espèce moyenne entre les pigeons domestiques et les pigeons sauvages, et qui participent en elfet des mœurs des uns et des outres.
Tous ont de certaines qualités qui leur sont communes : l’amour de la société, rattachement à leurs semblables, la douceur desmœurs; la chasteté, c’est-à-dire la fidélité réciproque, et I amour sans partage du mâle et de la femelle; la propreté, le soin de soi-mème, qui supposent l'envie de plaire; l’art de se donner des grâces, qui le suppose encore plus; les caresses tendres, les mouvements doux, les baisers timides, qui ne deviennent intimes et pressants qu’au moment de jouir; moment même ramené quelques instants après par de nouveaux désirs, de nouvelles approches également nuancées, également senties; un feu toujours durable, un goût toujours constant, et, pour plus grand bien encore, la puissance d'y satisfaire sans cesse; nulle humeur, nul dégoût, nulle querelle; tout le temps de la vie employé au service de l'amour et au soin de ses fruits; toutes les fonctions pénibles également réparties; le mâle aimant assez pour les partager et même se charger des soins maternels, couvant régulièrement à son tour et les œufs et les petits, pour en épargner la peine à sa compagne, pour mettre entre elle et lui cette égalité d’où dépend le bonheur de toute union durable : quels niodéles pour I homme, s il pouvait ou savait les imiter f