‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 164 sur 525 · QUI ONT RAPPORT AUX PIGEONS · texte numérisé non relu

QUI ONT RAPPORT AUX PIGEONS

11 y a peu d'espèces qui soient aussi généralement répandues que celle du pigeon ; comme il a l'aile très-forte et le vol soutenu, il peut faire aisément de longs voyages : aussi la plupart des races sauvages ou domestiques se trouvent dans tous les climats. De l'Egypte jusqu en INorwége, on élève des pigeons de volière; et quoiqu’ils prospèrent mieux dans les climats chauds, ils ne laissent pas de réussir dans les pays froids, tout dépendant des soins qu’on leur donne; et ce qui prouve que l’espèce en général ne craint ni le

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chautl, ni le froid, ccslqiie le pi-feon sauvage ou Idset se irouve egalement dans presque (ouïes les contiées des deux eonlinenls.

Le pigeon 1)11111 de la iNouvelle-Kspague, indiqué par-Fernaudez sous le nom mexicain celioilotl, (|ui est brun partout, exeeplé la poitrine et les extrémités des ailes, qui sont blanches, ne nous parait être qu'une variété ♦lu biset. Cet oiseau du Mexique a le tour des yeux d’un rouge vif, l'iris noir, et les pieds rouges. Celui que le même auteur imiique sous le nom iic hoiloll, qui est brun, marqué de taches noires, n’est vraisemblablement qu’une variété d’êge ou de sexe du précédent ; et un autre du pays a()pelé kacahoilotl, <|ui est bleu sur toutes les parties su|)éricures, et rouge sur la poitrine et le ventre, n’est peut-être encore qu'une variété de notre pigeon sauvage, et tous trois me paraissent appartenir à l'espèce de notre pigeon d'Europe.

Le pigeon indiqué par M. lîrisson sous le nom de ‘pigeon violet delà Martinique, et qui est rejirésenté sous ce meme nom de pigeon de la Martinique, ne nous parait être qu’une très-légèie variété de notre pigeon commun. Celui que ce même auteur appelle siniplemont pigeon de la Martinique, et celui représente sous la dénomination de pigeon roux de Cagenne, ne forment ni l’un ni l'autre des espèces dill'ércntes de celle de notre pigeon; il y a même toute apparence que le dernier n’est que la femelle du premier, et tpi’ils tirent leur origine de nos pigeons fuyards. On les a|)pelle improprement jserdm; à la Martinique, où il n y a point de vraies perdrix : mais ce sont des pigeons qui ne ressemblent à la perdrix que par la couleur du plumage, et qui ne diflcrent pas assez de nos pigeons pour qu'on doive leur donner un autre nom; et comme 1 un nous est venu de Cayenne, et l’autre de la Martinique, on peut en iid'érer que rcspèce est répandue dans tous les climats chauds du nouveau continent.

Le pigiton décrit et dessiné par M Edwards, sous la dénomination de pigeon brun des Indes orientales, est de la même grosseur que notre pigeon biset; et, comme il n’en différé que par les couleurs, on peut le regarder comme une variété produite par rinduence du climat. Il est remarquable, en ce que ses yeux sont entourés d'une peau d un beau bleu, dénuée de plumes et qu il relève souvent et subitement sa queue, sans cependant l’étaler comme le pigeon-[)aon.

Il en est de même du pigeon d’Amérique, donné par Catesby sous le nom de pigeon de passage, et par Frisch sous celui de colmnba americana, (pii ne dilfcrc de nos pigeons fuyards et devenus sauvages que par les couieurs et par les plumes de la queue (pt'il a plus longues, ce quisemble le rapprocher de la tourterelle : mais ces différences ne nous paraissent pas suffisantes pour en faire une espèce distincte et séparée de celle de nos pigeons.

Il en est encoi e de même du [ùgeon indiqué par Ray, appelé par les Anglais ptf/eo/t-^erroÿuct, décrit ensuite parM. Rrisson, et <pie nous avons fait représenter sous la dénomination de pigeon vert des Pliilippines. Comme il est de la même grandeur que notre pigeon sauvage ou fuyard, et qu'il n'en diffère que par la foreedes couleurs, ce qu on peut attribuer au climat chaud, nous ne le regarderons que comme une variété dans I espece de notre pigeon.

Il s est trouvé, dans le Cabinet du Roi, un oiseau sous le nom de pigeon vert d Amboine, qui n est pas celui que M. Rrisson a donné sous ce nom, et que nous avons fait représenter. Cet oiseau est d’une race très-voisine de la précédente, et pourrait bien même n’en être tpi une variété do sexe ou d âge.

Le pigeon vert d Amboine, décrit par M. Rrisson, est de la grosseur d une tourterelle; cl, quoiipie différent par la distribution des toideuis de cclu

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auquel nous avons ilonné le même nom, il ne peut eepentîanl être regardé que comme une autre variété de l’espèce de notre pigeon d lvji ope; et il y a toute apparence que le pigeon vert de l'ile Saint-Thomas, indiqué par Waregrave, qui est de la même grandeur et ligure de notre pigeon d’Europe, mais qui en diffère, ainsi que de tous les autres pigeons, par ses pieds couleur de safran, est cependant encore une variété du pigeon sauvage. En général, les pigeons ont tous les pieds rouges j il n’y a de différence que dans l’intensité ou la vivacité de cette couleur j et c’est peut-être par maladie, ou par quelque autre cause accidentelle, que ce pigeon de Maregrave les avait jaunes J du reste, il ressemble beaucoup aux pigeons verts des Philippines et d’Amboine, de nos planches enluminées. Thévenol fait mention de ces pigeons verts dans les termes suivants : « Il se trouve aux Indes, à Agre, « des pigeons tout verts, et qui ne différent des nôtres que par cette cou- « leur. Les chasseurs les prennent aisément avec de la glu. »

Le pigeon de la Jamaïque, indiqué par Hans Sloane, qui est d’un brun pourpré sur le corps, et blanc sous le ventre, et dont la grandeur est à peu près la même que celle de notre pigeon sauvage, doit cire regardé comme une simple variété de cette espèce, d'autant plus qu’on ne le trouve pas à la Jamaïque en toutes saisons, et qu’il n’y est que comme oiseau de passage.

Un autre qui se trouve dans le mémo paj^s de la Jamaïque, et qui n’est encore qu’une variété de notre pigeon sauvage, c’est celui qui a été indiqué par Hans Sloane, et ensuite par Catesby, sous la dénomination de pigeon à la couronne blanche. Comme il est de la même grosseur que notre pigeon sauvage, et qu’il niche et multiplie de meme dans les trous des rochers, on ne peut guère douter qu’il ne soit de la même espèce.

On voit par celte énumération que notre pigeon sauvage d’Europe se trouve nu Mexique, à la Nouvelle-Espagne, a la Martinique, à Cayenne, à la Caroline, à la Jamaïque, c’est-à-dire dans toutes les contrées chaudes et tempérées des Indes occidentales, et tpt’on le retrouve aux Indes orientales, à Amhoine, et jusqu’aux Philippines.

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