‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 210 sur 525 · LE MAGNIFIQUE DE LA NOUVELLE-GUINÉE · texte numérisé non relu

LE MAGNIFIQUE DE LA NOUVELLE-GUINÉE

ou LE MAGIVIFIQUE A BOUQUET.

Famille dos conirostres, genre oiseau de paradis. (Cuvier.)

Les deux bouquets dont j'ai fait le caractère distinctif de cet oiseau se trouvent derrière le cou et à sa naissance. Le premier est composé de plusieurs plumes étroites, de couleur jaunâtre, marquées près de la poitrine d une petite tache noire, et qui au lieu d’ètre couchées comme à l’ordinaire, se relèvent sur leur base, les plus proches de la tête jusqu’à l’angle droit, et les suivantes de moins en moins.

Au-dessous de ce premier bouquet on en voit un second plus considérable, mais moins relevé et plus incliné en arrière. Il est formé de longues barbes détachées qui naissent de tuyaux fort courts, et dont quinze ou vingt se réunissent ensemble pour former des espèces de plumes couleur de paille. Ces plumes semblent avoir été coupées carrément par le bout, et font des angles plus ou moins aigus avec le plan des épaules.

Ce second bouquet est accompagné, de droite et de gauche, de plumes ordinaires, variées de brun et d'orangé; et il est terminé en arrière, je veux

DU MANUCODIÎ NOIR, DIT Llî SUPERBE. 587

dire du côté du dos, par une lâche d'un brun rougeâtre et luisant, de forme triangulaire, dont là pointe ou le sommet est tourné vers la queue, et dont les plumes sont décomposées comme celles du second bouquet.

Un autre trait caractéristique de cet oiseau, ce sont les deux filets de la queue ; ils sont longs d’environ un pied, larges d une ligne, d un bleu changeant en vert éclatant, et prenant naissance au-dessus du croupion. Dans tout cela ils ressemblent fort aux filets de 1 espèce précédente; mais ils en diffèrent par leur forme ; car ils se terminent en pointe, et n’ont de barbes que sur la partie moyenne du côté intérieur seulement.

Le milieu du cou et de la poitrine est marqué, depuis la gorge, par une rangée <le plumes très-courtes, présentant une suite de petites lignes transversales qui sont alternativement d’un beau vert clair changeant en bleu, et d’un vert canard foncé.

Le brun est la couleur dominante du bas-ventre, du croupion et de la queue; le jaune roussâtre est celle des pennes des ailes et de leurs couvertures : mais les pennes ont de plus une tache brune à leur extrémité; du moins telles sont celles qui restent à 1 individu que Ion voit au Cabinet du Roi; ear il est bon d'avertir qu’on lui avait arraché les plus longues pennes des ailes, ainsi que les pieds.

Au reste, ce manucode est un peu plus gros que celui dont nous venons de parler à l’article précédent : il a le bec de même, et les plumes du front s’étendent sur les narines, quelles recouvrent en partie; ce qui est une contravention assez marquée au caractère établi pour ces sortes d oiseaux par l’un de nos ornithologistes les plus habiles : mais les ornithologistes à méthode doivent être accoutumés à voir la nature , toujours libre dans sa marche, toujours varice dans ses procédés, échapper à leurs entraves et se

jouer de leurs lois. . . c j

Les plumes de la tète sont courtes, droites, serrées, et foi t douces au toucher ; c’est une espèce de velours de couleur changeante, comme dans presque tous les oiseaux de paradis; et le fond de cette coulcui est un mor-doré brun : la gorge est aussi revêtue de plumes veloulees ; mais celles-ci sont noires, avec des reflets vert doré.

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