LE MANUCODE NOIR DE LA NOUVELLE-GUINÉE
DIT LE SUPEUBE.
Famille des coniroslres, genre oiseau de paradis. (Cüvier.)
Le noir est, en effet, la principale couleur qui règne sur le plumage de cet oiseau; mais c'est un noir riche et velouté, relevé sous le cou et en plusieurs autres endroits par des reflets d'un violet foncé. On voit briller sur la tète, la poitrine et la face postérieure du cou, les nuances variables qui composent ce qu’on appelle un beau vert changeant; tout le reste est noir, sans en excepter le bec.
.le mets cet oiseau à la suite des oiseaux de paradis, quoiqu il naît point de filets à la queue; mais on peut supposer que la mue ou d autres accidents ont fait tomber ces filets : d’ailleurs, il se rapproche de ces sortes d oiseaux, non-seulement par sa forme totale et celle de son bec, mais encore par l’identité de climat, par la richesse de ses couleurs, et par une certaine surabondance, ou, si l’on veut, par un certain luxe de plumes, qui est, comme on sait, propre aux oiseaux de paradis Ce luxe de plumes se marque dans
388 HISTOlJUi iNATLiUELLfi;
celui-ci, en preniier lieu, par ileux petits boufiucls de plumes noires ((iii recouvrent les deux narines; en second lieu, par deux autres pat|ucts de plumes de même couleur, mais beaucoup plus longues et dirigées en sens contraire. Ces plumes |)rennent naissance des épaules, et, se relevant plus ou moins sur le dos, mais toujours inclinées en arrière, l'orment à l’oiseau des espèces de l’ausses ailes ipii selendent presipie justpi au bout îles véritables, lorsipie eellcs-ei sont dans leur situation de repos.
Il l'aut ajouter ipie ces plumes sont de longueurs inégales, et que celles de la face antérieure du cou et des côtés de lu poitrine sont longues et étroites.
LE SIFILKT, OU MAINUCODE A SIX FUÆTS.
Famille des coiiiruslres, genre oiseau de paradis. ( (’.uvieb )
Si l’on prend les filets [tour le caractère spécifique des manucodes, celui-ci est le manueode par excellence; car, an lieu de deux filets, il en a six, et, de ces six, il n’en sort pas un seul du. dos, mais tous prennent naissance de la tète, trois de chaque côté : ils sont longs d'un demi-pied , et se dirigent en arrière; ils n’ont de barbes qu à leur extrémité, sur une étendue d’environ six lignes : ces barbes sont noires et assez longues.
Indépendamment de ces filets, l oiseau dont il s’agit dans cct article a encore deux autres attributs, qui, comme nous l’avons dit, semblent propres aux oiseaux de paradis, le luxe des |)luincs et la richesse dos couleurs.
Le luxe des plumes consiste, dans le sililet : 1“ en une sorte de huppe composée de plumes raides et étroites, laquelle s’élève sur la base du bec supérieur; 2" dans la longueur des plumes du ventre et du bas-ventre, lesquelles ont jusqu’à quatre pouces et plus : une partie de ces plumes, s’étendant directement, eaebc le dessous de la queue; tandis qu’une autre partie, se relevant obliquement de chaque côté, recouvre la face supérieure de cette même queue jusiiu’au tiers de sa longueur, et toutes répondent aux plumes subalaires de l'oiseau de paradis et du manueode.
A l’égard du plumage, les couleurs les plus éclatantes brillent sur son cou : par derrière, le vert doré et le violet bronzé; par devant, l’or de la topaze avec des reflets qui se jouent dans toutes les nuances du vert; et ces couleurs tirent un nouvel éclat de leur opposition avec les teintes rembrunies des [tarties voisines, car la tète est d’un noir ebangeant en violet foncé, et tout le reste du corps est d’un brun presque noirâtre, avec des reflets du même violet foticé.
Le bec de cct oiseau est le même à peu près tiue celui des oiseaux de paradis; la seule dilférencc, c'est (pie son arête supérieure est anguleu.se et tranchante, au lieu ipi clic est arrondie dans la plupart des autres espèces.
On ne peut rien dire des pieds ni des ailes, parce qu'on les avait arrachés à l'individu qui a servi de sujet à celte description , suivant la coutume des chasseurs ou marchands indiens, tout ce monde ayant intérêt, comme nous avons dit, de supprimer ce qui augmente inutilement le poids ou le volume, et bien plus encore ce ipii peut olfusquer les belles couleurs de ces oiseaux.
LF CALYBÉ DF LA t\()L VFLLE-GUINFF.'
Famille des eonirosLies, genre uiseau de paradis, (Cuvikh.)
Nous retrouvons ici, sinon le luxe et rabondance des plumes, au moins les belles couleurs et le plumage velouté des oiseaux de paradis.
DU PiQUE-BOFIJF. 58'.)
Le velours de lo tôle est, d'un beaii bien ebnuge.mt eu ver(, dont les refiels iinitenl eenx de rniuiic-nnirine. fie velours du eou .1 le poil un peu plus lon<^- mnis il brille des 'mômes couleurs, excepté que ebiuiue plume émut d'un noir lustré dans sou milieu, et d’un vert changeant en bleu seulement sur les bords, il eu résulte des nuances ondoyantes qm ont beaucoup plus de jeu que celles de la tète. l.e dos, le croupion, la queue et le ventre, sont d'un bleu d'ae'.er poli, égayé par des reflets très-brillant,'.
Les petites plumes veloutées du IVoul se prolongent eu avant jusque sur une partie des narines, lesquelles sont plus profondes que (lans les esjteces précédentes. Le bec est aussi plus grand et plus gros; mais il est de meme forme, et ses bords sont pareillement écbanercs vers la pomic. 1 our la (punie, on n’y a compté (pie six pennes; mats probablement elle n était pas
entière. , . . . .
L'individu qui n servi de sujet à celte description, ainsi que ceux qui ont servi de sujets aux trois descriptions précédentes, est enlilé, dans toute la longueur, d’une baguette qui sort par le bec, et le déborde de deux ou trois pouces. C’est de e'ctie manière très-simple, et en rctrancluml les plumes de mauvais elTet, que les Indiens savent sc faire sur-lc-ebamp une aigrette ou une espèce de panache tout à fait agréable avec le preniier petit oiseau a beau plumage ipi'ils trouvent sous la main : mais aussi cest une mameie si'iri‘ de déf(îrnier ces oiseaux et de les rendre méconnaissables, soit eu leur allongeant le cou outre mesure, soit enaliéraiu toutes les autres proportions; et c’est par cette raison qu'on a eu biaïucoup de jieine à retrouver dans le calvbé riu'crtion < es ailes qui lui avaient été arrachées aux Indes, en sorte (iu avec, un peu de crédulité on n’et'ii pas manqué de dirt; que cet oiseau joignait à la singularité d'ètic né sans pieds la singularité bien plus grande
d être né sans ailes. . . - • 1 ,
Le calvbé s’éloigne plus des manucodes des trois especes precedente.s ;
c'est pou?quoi je fai renvoyé à la dernière place, et lui ai donne un nom particulier.
LF PIQUF-BOEUF.
Kaniillcdes coniroslre.‘i, genre pique-bœuf. (CuviEn.)
M Brisson est le premier qui ail tlt'cril et fait coimailre ce petit oiseau, envoyé du Sént'gal par M. Adanson. Il a environ quatorze pouces de vol, et n’est guère plus gros tprune alouette huppée. Son phimage n a rien de dislin"ué ; en général, le gris brun domine sur la partie supérieure du corp.s, elle mis jaunâtre sur la partie inférieure. Le bec n est pas dune couleur constante : dans quelques individus il est tout brun; dans d autres, rongea hrutinte ft jaune à la base; dans tous, il est de forme presque quadranguai e et ses leux pièces sont renflées par le bout en sens contraire. La queue est ét’agée, et on y' remarque une petite singularité ttr’est .pie les douze p-mnes dont elle est composée sont toutes fort pottiliies. Ftiliti, poiir ne 1 ten ot.bliei de ce (pte la ligure ne peut dire aux yeux, la première phalange du doigt extérieure est éiroilement unie avec celle (lu doigt < u un leu.
(;ctois(‘au est très-friand de certains vers on larves d insecte qui éclosent sotts I épiderme des beeufs et y vivent jusqu a leur métamorphosé : il a riiahiiudc de se poser sur le dos de ces animaux, et de leur entamer le eiitr à coups de bec pour en tirer ces vers; c’est de là (pte lui vient son nom de piqiie-hcenf.