L’ÉTOURNEAU DE LA LOUISIANE, OU LE STOURNE
Ce mot de stourne est formé du latin slurnus ; je l’ai appli(|né à un oiseau d’Amérique, assez différent de notre étourneau pour mériter un nom distinct mais qui a assez de rapports avec lui (tour mériter un nom analogue. Il a le dessus du corps d'un gris varié de brun et le dessous du corps faune. Les marques les plus distinctives de cet oiseau en fait de couleur sont: 1® une plaque noirâtre variée de gris, située ait bas du cou, et se détachant trèsbien du fond, qui, comme nous venons de le dire, est de couleur jaune ■ 2" trois bandes blanches qu'il a sur la tête, toutes les trois partant de la base du bec supérieur cl s’étendant jusqu’à Voccipul : l’une tient le sommet ou le milieu de la tète; les deux autres, qui sont parallèles à celle première passent de chaque côté au-dessus des yeux. En général, cct oiseau se rapproche de notre étourneau d’Europe par les proportions relatives des ailes et de la queue, et en ce que ses couleurs sont disposées par petites taches. Il a aussi la télé plate, mais son bec est plus allongé.
Un correspondant du Cabinet nous assure que la Louisiane est fort incommodée par des nuées d’étourneaux; ce qui indiquerait quelque conformité dans la manière de voler des étourneaux de la Louisiane avec celle de nos étourneaux d'Europe ; mais il n’est pas bien sûr que le correspondant veuille parler de l'espèce dont il s’agit ici.
LE TOLCANA.
La courte notice que F’ernandez nous donne de cet oiseau est non-seulement incomplète, mais elle est faite très-négligemment; car, après avoir dit que le tolcana est semblable à l'étourneau, pour la forme et pour la grosseur, il ajoute tout de suite qu’il est un peu plus petit : cependant c’est le seul auteur original (in’on puisse citer sur cet oiseau, et c'est d'après son témoignage (jue M. Brisson l’a rangé parmi les étourneaux. Il me semble néanmoins que ces deux auteurs caractérisent le genre de l'étourneau par des alti ibuls irés-différcnls : AL Brisson, par e.\emple, établit pour l’un de ses attributs caractéristiques le bec droit, obtus cl convexe; et Fernandez parlant d'un oiseau du genre du Izanall ou étourneau, dit qu'il est court épais et un peu courbé; ei, dans un autre endroit, il rapporte un même oiseau, nommé cacalotolotl au genre du corbeau ( qui se nomme en effet cacaloll eu mexicain ) et à celui de l’étourneau; en sorte que ridenlité des noms employés par ces deux écrivains ne garantit nullement l’identité de l’espèce dénommée, et c'est ce qui m’a déicrininé à conserver à l'oiseau de cet article son nom mexicain, sans assurer ni nier qu'il soit un étourneau.
Le tolcana sc plaît, comme nos étourneaux d'Europe, dans les joncs et
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les plantes aqualiques. Sa lèle est brune, et tout le reste de son plumage est noir. Cet oiseau n’a point de ehant, mais seulement un cri; et il a cela de commun avec beaucoup d’autres oiseaux d’Amérique, qui sont en général plus recommandables par l’éclat de leurs couleurs que par l'agrément de leur ramage.
LE CACASTOL.
Je ne mets cet oiseau étranger à la suite de l’étourneau, que sur la foi très-suspecte de Fernandez, et aussi d’après l'un de ses noms mexicains qui indique quelque analogie avec l’étourneau. D’ailleurs, je ne vois pas trop à quel autre oiseau d’Europe on pourrait le rapporter. M. Brisson, qui a voulu en faiie un cottinga, a été obligé, pour l’y amener, de retrancher delà description de Fernandez, déjà trop courte, les mots qui indiquaient la forme allongée et pointue du bec, cette forme du bec étant en effet plus de l'étourneau que du cottinga. Outre cela, le cacasiol est à peu près de la grosseur de l’étourneau; il a la tète petite comme lui, et n’est pas un meilleur manger; enfin, il se tient dans les pays tempérés et les pays chauds. Il est vrai qu’il chante mal ; mais nous avons vu que le ramage naturel de l’étourneau d’Europe n’était pas fort agréable, et il est à présumer que s’il passait en Amérique, où presque tous les oiseaux chantent mal, il chanterait bientôt tout aussi mal, par la facilité qu’il a d’apprendre, c'est-à-dire d’imiter le chant d’autrui.
• LE PIMALOT.
Le bec large de cet oiseau pourrait faire douter qu’il appartint au genre de l’étourneau : mais, s’il était vrai, comme le dit Fernandez, qu'il eût la nature et les mœurs des autres étourneaux, on ne pourrait s’empêcher de le regarder comme une espèce analogue, d'autant plus qu’il se tient ordinairement sur les côtes de la mer du Sud, apparemment parmi les plantes aquatiques, de même que notre étourneau d’Europe se plaît dans les roseaux, comme nous l'avons vu. Le pimalot est un peu plus gros.