‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 221 sur 525 · LE SIFFLEUR · texte numérisé non relu

LE SIFFLEUR

Famille des coniroslrcs, genre cassiqiic. (Ccoiek.)

-Je ne sais pourquoi M, Brisson a fail un baltimore de cet oiseau; car il me scnd)le que, soit par la forme du hcc, soit par les |)roporiions du tarse, il est plutôt Iroupialc (jue baltimore. Au reste, je laisse la question indécise en plaçant le sillleur entre les baliimores et les troupialcs, sous le nom vulgaire qu’on lui donne à Saint-Domingue, nom qu'il doit sans doute aux sons aigus de sa voix.

En général cet oiseau est brun par-dessus, excepté les environs du croupion, et les petites couvertures des ailes, qui sont d’un jaune verdâtre comme tout le dessus du corps; mais celte dernière couleur est plus rembrunie sous la gorge, et elle est varice de roux sur le cou et la poitrine-

les grandes converlurcs et les pennes des ailes, ainsi que les douze pennes de la queue sont bordées de jaune. Mais pour avoir une idée juste du plumage du silïleur, il faut supposer une leinle olive plus ou moins forte, répandue sur toutes ces différentes couleurs sans exception; d'où il résulte que, pour caractériser cet oiseau par la couleur dominante de son plumage, il eût fallu choisir l’olive et non pas le vert, comme a fait M. Brisson.

Le siffleur est de la grosseur du pinson ; il a environ sept pouces de longueur, et dix à onze pouces de vol ; la queue, qui est étagée, a trois pouces, et le bec, neuf à dix lignes.

lÆ BALTIMORE.

Famille des coiiirostres, genre cassique. (Cuvieii.)

Cet oiseau d’Amérique a pris son nom de quelque rapport aperçu entre les couleurs de son plumage ou leur distribution, et les armoiries de milord Baltimore. C esl un petit oiseau de la grosseur d’un moineau-franc, pesant un peu plus d’une once, qui a sept pouces de longueur, onze ii douze pouces de vol, la queue composée de douze pennes, longue de deux à trois pouces, et dépassant les ailes en repos presque de la moitié de sa longueur. Une sorte de capuchon d’un beau noir lui couvre la tète, et descend par devant sur la gorge et par derrière jusque sur les épaules. Les grandes couvertures et les pennes des ailes sont |iareillement noires, ainsi que les pennes de la queue; mais les premières sont bordées de blanc, et les dernières ont de l’orangé à leur extrémité, et d'autant plus qu’elles s’éloignent davantage des deux pennes du milieu, qui n’en ont point du tout : le reste du plumage est d’un très- bel orangé; enfin, le bec et les pieds sont de couleur de plomb.

La femelle, que j’ai observée dans le Cabinet du Roi, avait toute la partie antérieure d’un beau noir, comme le mâle, la queue de la même couleur, les grandes couvertures et les pennes des ailes noirâtres, le tout sans aucun mélange d’autre couleur; et tout ce qui est d’un si bel orangé dans le mâle, elle l’avait d’un rouge terne.

J’ai dit plus haut que le bec des baltimores était non seulement plus court à proportion et plus droit que celui des carouges, des troupiales et des cassiques, mais d’une forme particulière : c’est celle d’une pyramide à ciini pans, dont deux pour le bec supérieur et trois pour le bec inférieur. 'J’ajoute qu’ils ont le pied ou plutôt le tarse plus grêle que les carouges et les troupiales.

Les baltimores disparaissent l’iiiver, du moins en Virginie et dans le Maryland, où Catesby les a observés. Ils se trouvent aussi dans le Canada; mais Catesby n’en a point vu dans la Caroline.

Ils font leurs nids sur les plus grands arbres, tels que peupliers, tulipiers, etc. ; ils l’attachent à l’extrémité d'une grosse branche, et il est ordinairement soutenu par deux petits rejetons qui entrent dans ses bords; en quoi les nids des baltimores me paraissent avoir du rapport avec celui de nos loriots.

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