LE MAINATE DES INDES ORIENTALES
Ordre des passereaux, genre mainate. (Cuvieb.)
Il suffit de jeter un coup d’œil de comparaison sur cet oiseau étranger pour sentir qu’on doit le séparer du genre des merles, des grives, des étourneaux et des choucas, avec lesquels il a été trop légèrement associé, pour le rapprocher du goulin des Philippines et surtout du martin, lesquels sont (lu même pays, ont le Ikîc de même et des parties nues à la tète comme lui. Cet oiseau n’est gmère plus gros (lu’un merle ordinaire; son plumage est noir partout, mais d’un noir plus lustre sur la partie supérieure du corps, sur la gorge, hîs ailes, la queue, et dont les reflets jouent entre le vert et le violet. Ce (rue cet oiseau a de plus remarquable, c’est une double crête jaune, irrégulièrement découpée, qui prend naissance de chaque côté de la tête, derrière Tœil : ces deux crêtes tombent en arrière en se rapprochant l’une de l’autre, et ne sont séparées sur l'occiput que par une bande de plumes longues et étroites qui part de la base du bec; les autres plumes du sommet de la tête sont comme une
espèce de \elours noir. Le bec, qui a dix-lmit lignes de long, est jaune, mais il prend une teinte rougeûti'e près de la l.)ase; enfin les pieds sont d’un jaune orangé. Cet oiseau a la queue plus courte et les ailes plus longues que notre merle; celles-ci qui, étant repliées, s’étendent à un demi-pouce près de l’extrémité de la queue, Ibrmenl, étant déployées, une envergure de dix-huit à vingt pouces. La queue est composée de douze pt'nnes; et parmi celles de l’aile, c’est la première qui est la plus courte, et la troisième qui est la plus longue.
Tel était le mainate que nous avons fait représenter dans nos planches enluminées; mais il ne faut pas dissimuler que cette espèce est fort variable, non-seulement dans scs couleurs, mais dans sa taille, et dans la forme même de cette double crête qui la caractérise, et qu’on peut compter pr<‘.sque autant de variétés qu’il y a eu de descriptions. Avant d’entrer dans le détail de ces variétés, je dois ajouter que le mainate a beaucoup de talent pour sililer, pour chanter et pour parler, et qu’il a même la prononciation plus franche que le perroquet, nommé l’oiseau parleur par excellence, et qu’il se plaît à exercer son Uilent jusqu’à l’importunité.
Variétés du mainate.
1. Le mainate de M. Brisson diffère du notre, en ce qu’il a, sur le milieu des premières pennes de l’aile, une tache blanche qui ne paraît pas dans notre figure enluminée, soit qu’elle n’exlstàt point en effet dans le sujet qui a servi de modèle, soit qu’étant cachée sous les autres pennes, elle ait échappé au dessinateur. On peut remarquer que la côte de ces premières pennes est noii-e, même à l endroit de la tache blanche qui les traverse.
IL Le mainate de Bontius avait le plumage bleu de plusieurs teintes, et par conséquent un peu différent du plumage du nôtre, qui est noir avec des reflets bleus, verts, violets, etc. Une autre différence très-remarquable, c’est que ce tond bleu était semé de mouchetures semblables àcelles de l’étourneau, cmant à leur forme età leur distribution, mais non quant à la couleur; car Bontius ajoute qu’elles sont d’un gris cendré.
III. Le petit mainate de M. Edvvards avait sur les ailes la tache blanche do celui de M. Brisson; mais ce qui le différencie d’une manière assez marquée, c’est que ses deux crêtes, s’unissant derrière l’occiput, lui formaient une demi-couronne, qui embrassait le derrière delà tête d’un œil à l’autre. M. Edwards en a disséqué un qui se trouva femelle ; il laisse à décider si, malgré la disproportion de la taille, on doit le regarder comme la femelle du suivant.
IV. Le grand mainate de 31. Edwards a la même conformation de crête que son petit mainate, dont il ne diffère que par la taille, et par de très-légères variétés de couleurs. 11 est à peu près de la grosseur du geai, par conséquent double du précédent, et le jaune du bec et des pieds est franc, sans aucune teinte de rougeàti e. On ne dit pas que la crête de tous ces mainates soit sujette à changer de couleur, selon les différentes saisons de l’année et selon les différents mouvements dont ils sont agités.
LE GOLLIN.
Ordre des passereaux, gerne philédoti, (Cüvikr.)
Il y a au Cabinet du Roi deux individus de cette espèce ; tous deux ont le dessus du corps d’un gris clair argenté, la queue et les ailes plus
DU MAUTIN. 4G<J
rembrunies, les yeux einironncs d’une peau absolument nue, l'oimant un ovale irrégulier couché sur son côte, et dont l’œil occupe le loyer intérieur j enfin sur le sommet de la tete une ligne de plumes noirâtres, qui court entre ces deux pièces de peau nue : mais l’un de ces oiseaux est beaucoup plus graud que l’autre. Le plus grand est à peu près de la grosseur de notre merle : il a le dessus du corps brun, varie de quelques taches blanches, la peau nue qui environne lesymux couleur do chair ; le bec, les pieds et les ongles noirs. Le plus petit a le dessou.s du corps d un brun jaunâtre, les parties chauves de la tète jaunes ainsi qi,ie les pieds, les ongles et la moitié antérieure du bec. M. Poi\re nous apprend que cette peau nue, tantôt jaune, tantôt couleur de chair, (jiii environne les veux, se peint d’un rouge décidé lorsque l’oiseau est en colère; ce qui doit encore avoir lieu, selon toute apparence, lorsqu’au pi-intempsil est animé d’un sentiment aussi vif et plus doux, .le conserve à cet ois(;au le nom de gouÜn sous lequel il est connu aux Philippines, parce qu’il s’éloigne lieaucoup de l’espèce du merle, non-seulement par la nudité d’une partie de la tète, mais encore par la Ibrrne et la grosseur du bec.
M. Sonnerai a rapporté des Philippines un oiseau chauve qui a beaucoup de rapport avec celui représenté dans nos planches enluininées, mais qui en diffère par sa grandeur et par son plumage. Il a près d’un pied de longueur totale. Les deux pièces de peau nue qui cmironnent ses yeux sont couleur de chair, et séparées sur le sommet de la h'te par une ligne de plumes noires, qui court entre deux. Toutes les autres plumes qui entourent cette peau nue sont pareillement d’un beau noir, ainsi que le dessous du corps, les ailes et la ciueue : le dessus du corps est gris, mais cette couleur est plus claire sur le croupion et le cou, plus foncée sur le dos et les flancs. Le Itec est noirâtre; les ailes sont très-courtes et excèdent à peine l’origine de la queue. Si les deux merles chauves qui sont au Calnnet du Roi appartiennent à la même espèce, il faut regarder le plus grand comme un jeune individu qui n’avait pas encore pris son entier accroissement ni scs véritables couleurs, et le plus petit comme un individu encore plus jeune.
Ces oiseaux nichent ordinairement dans des trous d’arbres, .surtout de l’arbre qui porte des cocos, ils vi\ ent de fruits et sont très-voraces, ce qui a donné lieu à l’opinion vulgaire qu’ils n’ont qu’un seul intestin, lequel s’étend en droite ligne de l’ofificc de l’estomac jusqu’à l’anus, et par où la nourriture ne fait que pa.sser.