DU MARTIN
le maïs, les lèves, et à pcaélrer jusque dans les colombiers pour y tuer les jeunes pigeons et en faire leur pi'oie; de sorte qu’après avoii- délivré ces colonies des ravages des sauterelles, ils sont devenus eux-mémes un fléau plus redoutable et plus difficile à extirper, si ce n’esl peut-être par la multiplication d’oiseaux de proie plus forts : mais ce remède aurait à coup sûr d’autres inconvénients. Le grand secret serait d’entretenir en tout temps un nombre sulîisant de martins pour servir au besoin contre les insectes nuisibles, et de sc rendre maître, jusqu’à un certain point, de leur multiplication. Peut-être aussi qu’en étudiant l’histoire des sauterelles. leurs mœurs, leurs habitudes, etc., on trouverait le moyen de s’en défaire sans avoir recours à ces auxiliaires de trop grande dépense.
Ces oiseaux ne sont pas fort peureux, et les coups de fusil les écartent à peine. Ils adoptent ordinairement certains arbres, ou môme certaines allées d’arbres, souvent fort voisines des habitations, pour y passer la nuit, et ils tombent le soir par nuées si prodigieuses, que les branches en sont entièrement couvertes, cl qu’on n’en voit plus les feuilles. Lorsqu’ils sont ainsi rassemblés, ils commencent par babiller tous à la fois, et d’une manière très-incommode pour les voisins. Ils ont cependant un ramage naturel fort agréable, très-varié et très-étendu. Le matin ils se dispersent dans les campagnes, tantôt par petits pelotons, tantôt par paires, suivant la saison.
Ils font deux pontes consécutives chaque année : la première, vers le milieu du printemps; et ces pontes réussissent ordinairement fort bien, pourvu que la .saison ne soit pas pluvieuse. Leurs nids sont de construction grossière, et ils ne prennent aucune précaution pour empêcher la pluie d’y pénétrer; ils les attachent dans les aisselles des feuillcsdu palmier latanier ou d’autres arbres : ils les font quelquefois dans les greniers, c’està-dire toutes les fois qu’ils le peuvent. Les femelles pondent ordinairement quatre œufs à chaque couvée, et les couvent pendant le temps ordinaire. Ces oiseaux sont fort attachés à leurs petits; si l’on entreprend de les leur enlevei', ils voltigent çà et là en faisant entendre une espèce de croassement qui est chez eux le cri de la colère, puis fondent sur le ravisseur à coups de bec; et si leurs efforts sont inutiles, ils ne sc rebutent point pour cela, mais ils suivent de l’œil leur géniture, et si on la place sur une fenêtre ou dans quelque lieu ouvert, qui donne un libre accès aux père et mère, ils se chargent l’un et l’autre de lui apporter à manger, sans que la vue de l’homme ni aucune inquiétude pour eux-mêmes,' ou, si l’on veut, aucun intérêt personnel, puisse les détourner de cette intéressante fonction.
Les jeunes martins s’apprivoisent fort vite; ils apprennent facilement à parler : tenus dans une uasse-cour, ils contrefont d’eux-mêmes les cris de tous les animaux domestiques, poules, coqs, oies, petits chiens, moutons, etc. , et ils accompagnent leur babil de certains accents et de certains gestes qui sont remplis de gentillesses.
Ces oiseaux .sont un peu plus gros que les merles : ils ont le bec et les pieds jaunes comme eux, mais plus longs et la queue plus courte, la tête et le cou noirâtres; derrière l’œil une peau nue et rougeâtre, de forme triangulaire, le bas de la poitrine et tout le dessus du corps, compris les couvertures des ailes et de la queue, d’un brun marron, le ventre blanc, les douze pennes de la queue et les pennes moyennes des ailes, brunes, les grandes noirâtres depuis leur extrémité jusqu’au milieu de leur longueur; et de là, blanches jusqu’à leur origine, ce qui produit une tache oblonguc de cette couleur près du bord de chaque aile lorsqu’elle est
m HISTOIRE NATURELLE
pliée; les ailes ainsi pliées s’étendent aux deux tiers de la queue.
On a peine à distinguer la femelle du mâle par aucun attribut extérieur.
LE lASEUR.
(le GUAM) jaseuu.)
Onlre des pasaeroaiix, goure coliriga. (Cumkr.)
L’attribut caractéristique (jui distingue cet oiseau de tout autre, ce sont de petits appendices rouges qui terminent plusieurs des pennes moyennes de scs ailes. Ces appendices ne sont autre chose qu’un prolongement de la côte au delà des barbes, lequel prolongement s aplatit en s’élargissant en forme de petite palette, et prend une couleur rouge. On compte quelquefois jusqu’à huit pennes de chaque côté, lesquelles ont de ces appendices. Quelques-uns ont dit que les mâles en avaient sept et les femelles cinq; d’autres que les femelles iTcn avaient point du tout. Pour moi, j’ai observe des individus qui en avaient sept à l’une des ailes et cinq à l’autre, quelques-uns qui n’en avaient que trois, et d’autres qui nWi avaient pas une seule et cpii avaient encore d’autres différences de plumage; enfin j’ai remarque que ces appendices se partagent quelquefois longitudinalement en deux branches a peu près égales, au lieu de former de petites palettes d’une seule pièce comme à l’ordinaire.
C’est avec grande raison (pic M. Linnæus a séparé cet oiseau des gi’ives et des merles, ayant tres-bien remarqué qu’indépendamment des petits appendices rouges qui le distinguent, il était modelé sur des proportions différentes, qu'il av ait le bec plus court, plus crochu, arme d une double dent ou échancrure qui se trouve près de sa pointe dans la pièce inféricuro comme dans la supérieure, etc. Mais il est difficile de comprendre comment il a pu l’associer avrvcles pics-gi'ièches, en avouant qu’il SC nourrit de baies, et qu’il n’est point oiseau carnassier. A la véiité il a plusieurs traits de conformité avec les pies-grièches et les écorcheurs, soit dans lu distribution des couleurs, principalement de celles de la tète, soit dans la forme du b(îo, ('te.; mais la différence de l'instinct, qui est la plus réelle, n’en est que mieux prouvée, puisque avec tant de rapports extérieurs et de moyens semblables, le jascur se nourrit et se conduit si différemment.
Ce n’est pas chose aisée de détei mincr le climat propre de cct oiseau : on SC tromperait fort si, d’après les noms de geai de Rohème, de jaseur de Roheme, d'oiseau de Roheme que Gessner, M. Rrisson et plusieurs autres lui ont donnés, on se persuadait (]uc la Rohème fût son pays natal, ou meme son principal domicile : il ne fait qu’y passer, comme dans beaucoup d’autres contrées. En Autriche on croit que c’est un oiseau de Rohème et de Styric, parce qu’on le voit en effet venir de ces côtés-là; mais en Rohème on serait tout aussi fonde à le regarder comme un oiseau de la Saxe, et en Saxe comme un oiseau de Danemarck ou des autres pays que baigne la mer Raltique. Les commerçants anglais assurèrent au docteur Lister, il y a près de cent ans, que les jaseurs étaient fort communs dans la Prusse. Rzaczynski nous apprend qu’ils passent dans la grande et petite Pologne et dans la Lithuanie. On a mandé de Dresde à .\L de Réaumur qu’ils nichaient dans les environs de Pcitersbourg.
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M. Litiiia^us a a\ aiicé, a[)t)aicminoiil sur de l)ons mémoires, qu’ils passent l’été et pai- conséquent font leur ponte dans les pays qui sont au delà de la Suède J mais scs correspondants no lui ont appris aucun détail sur cette ponte et scs circonstances. Enfin M. de Strahlcmhcrg a dit à Frisch qu’il en a\ait trouvé en Tartarie dans des trous de rochers; c’est sans doute dans ces trous qu’ils font leurs nids. Au rt^ste, quel que soit le domicile de choix des jaseurs, je veux dire celui oîi, rencontrant une température convenable, une nourriture abondante et facile, et toutes les commodités relatives à leur façon de vivre, ils jouissent de l’existence et se sentent pressés de la transmettre à une nouvelle génération, toujours est-il vrai qu’ils ne sont l'ien moins que .sédentaires, et qu’ils font des excursions dans toute l’Eui-op*'. lisse montrent quehpiefois au nord de l’Angletei're, en France, en Italie, et sans doute en Espagne : mais sur ce dernier ai'ticle noua en sommes réduits aux simples conjectures , car il faut avouer que l’histoire luiturelle de ce beau loyaume, si riche, si voisin de nous, halnté par une nation si renommée à tant d’autres égards, ne notis est guère plus connue (juc ecillc de la Ealifornie et du Japon.
Les migrations des jaseurs sont assez régulières dans chaque pays quanta la saison; mais s’ils voyagent tous les ans, comme Aldrovande l’avait ouï dire, il s’en faut Inen qu’ils tiennent constamment la même route. Lejeune prince Adam d’Aversperg, chambellan de l.curs Majestés Impériales, l’un des seigneurs de Bohème qui a les plus belles cha.sses et qui en fait le plus noble usage, puisqu’il les fait contribuer aux progrè.s de l’hisloire naturelle, nous apprend dans un mémoire adi-essc à Mt de Bullbn, que cet oi.seau passe tous les trois ou quatre ans des montagnes de Bohême et do Styi ie dans l’Autriche au commencement de l’automne, qu’il s’en retourne sur la fin de cette saison, et que même en Bohême on n’en voit pas nn seul pendant l’hiver : cei)endanl on dit qu’en Silésie c’e.st en hiver qu’il .se trouve do ces oiseaux sur les montagnes. Leux qui SC sont égarés en France et en Angleterre, y ont paru dans le fort de l’iii- \er, (‘t toujours en petit nombre, ce qui donnerait lieu de croire que ce n’était en eflét ([uc des égarés qui avaient été séparés du gros de la troupe par quelque accident, et qui étaient ou trop fatigués pour rejoindre leurs camarades, on trop jeunes pour rctrou\cr leur chemin. On pourrait encore inférer de ces faits que la Franco et rAngk'terre, de même que la Suisse, ne sont jamais sur la route que suivent les colonnes principales : mais on n’en peut pas dire autant de ritalic; car on a vu plusieurs fois ces oiseaux y arriver on très-grand nomlire, notamment en l’année 1371 au mois de décembre : il n’était pas rare d’y en voir de.s volées de cent et plus, et on en prenait souvent jusqu’à quarante à la fois. J.a même chose avait en lieu au mois de fi-vrier 1330, dans le temps que Charles- Quint se faisait couronner à Bologne; car dans les pays où ces oi.seaux ne se montrent que de loin (m loin, leurs apparitions font époque dans l’histoire politique, et d’autant plus que, lor.squ’elles .sont très-nombreuses, elles passent, on ne sait trop pourquoi, dans l’esprit des peuples pour annoncer la peste, la guerre ou d’autres malheurs : cependant il faut ex-, cepter de ces malheurs au moins les tremblements de terre; car dans l’apparition de 1331, on remarqua que les jaseurs qui se répandirent dans le Modénois, le Plaisantin et dans presque toutes les parties de l’Italie, é\ itèrent constamment d’entrer dans le Ferrarois, comme s’ils eussent pressenti le tremblement de terre qui s’y fit peu de temps après, et qui mit en fuite les oiseanx même du pays.
t)n ne sait pas précisément quelle est la cause qui les déteiminc! à Bi rroN. lome vin. ;ît
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quiller ainsi leur résidence ordinaire pour voyagci' au loinj ce ne sont pas les grands froids, puisqu’ils se mettent en marche dés le commencement de l’automne, comme nous l’avons vu, et que d’ailleurs ils ne voyagent que tous les trois ou (jiiatre ans, ou meme que tous les six ou sept ans, et quelquefois en si grand nombre que le soh'il en estohscurci : serait-ce une excessive multiplication qui produirait ces émigrations prodigieuses, ces sortes de débordements, comme il arrive dans l’espèce des sauterelles, dans celle de ces rats du Nord appelés lemings, et comme il est arrivé même là respoeci humaine, dans les temps où elle était moins civilisée, par conséquent plus forte, plus indépendante de l’équilibre qui s’éta!)fit à la longue entre toutes les puissances de la nature ? ou bien les jaseurs seraient-ils chassés de temps en temps de leurs demeures par des disettes locales ipii les forcent d’aller chercher ailleurs une nourririture qu’ils ne trouvent point chez eux ? On préhmd que lorsqu’ils s’en retournent ils vont fort loin dans les pays septentrionaux, et cela est confirmé par le témoignage de M. le comte de Strahlemberg, qui, comme nous lavons dit plus haut, en a vu dans la Tarlaiie.
La nourriture qui plaît le plus à cet oiseau, lorsqu’il se trouve dans un pays de vignes, ce sont les raisins; d’où Aldrovandc a pris occasion de lui donner le nom (ïampelis, qu’on peut rendre (m français par celui de omette. Après les raisins il préfère, dit-on, les Ivaies de troène, ensuite celles du rosier sauvage, de genièvre, de laun'er, les pignons, les amandes, les pommes, les sorbes, les groseilles sauvages, les figues, et en général tous les fruits fondants et qui abondent en suc. Celui qu’Aldrovandc a nourri pendant près de trois mois, ne mangeait des bais de lieiTC et de la chair crue qu’à toute extrémité, et il n’a jamais touché aux grains; il buvait souvent et à huit ou dix reprises à chaque fois. On donnait à celui qu’on a taché d’élever dans la ménagerie de Yienne de la mie de pain blanc, des carottes hachées, du chènevis concassé, et des grains de genièvre pour lesquels il montrait un appétit de préférence; mais malgré tous les soins qu’on a pris pour le conserver, il ma vécu que cinq ou six jours. Ce n’est pas que le jàseur soit difiicile à apprivoiser et qu’il no siî façonne en peu de temps à l’esclavage; mais un oi.seau accoutumé à la liberté, et par conséquent à pourvoir lui-mème à tous scs besoins, trouvera toujours mieux ce qui lui convient en pleine campagne que dans la volière la mieux administrée. M . de. Réaumur a observé que les jaseurs aiment la propreté, et que ceux qu’on tient dans les volières font constamment leurs ordunîs dans le même endroit.
Ces oiseaux sont d’un caractère tout à fait social; ils vont ordinairement par grandes troupes, et quelquefois ils forment des volées innombrables : mais outre ce goiit général qu’ils ont pour la société, ils paraissent capables entre eux d’un attachement de choix, et d’un sentiment particulier de bienveillance, indépendant même de l’attrait réciproque des sexes; car non-seulement le mâle et la femelle se caressent mutuellement et se donnent tour à tour à manger, mais on a observé les memes marques de bonne intelligence et d’amitié de mâle à infile, comme de femelle à femelle. Cette disposition à aimer,qui est une qualité si agréable pour les autres, est souvent sujette à de grands inconvénients pour celui qui (m est doué; elle suppose toujours en lui plus de douceur que d’activité, plus de confiance que de discernement, plus de simplicité que de prudence, plus de sensibilité que d’énergie, et le précipite dans les pièges que des êtres moins aimants, et plus dominés par l’intérêt personnel multiplient sous ses pas : aussi ces oiseaux passent-ils pour être des plus
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slupid(is, et ils sont do ceux que l’on prend eu plus grand nombre. On les prend ordinairement ave(î les grives (pii passent en même temps, et leur chair est à peu près de même goût; ce qui est assez naturel, vu qu’ils vivent à peu près des mêmes clioscs. J’ajoute qu’on en tue beaucoup à la fois parce qu’ils sc posent fort près les uns des autres.
Ils ont coutume de faire entendre leur cri lorsqu’ils partent; ce cri est zi, zi, ri : selon Frisch et tous ceux qui les ont vus vivants, c’est plutôt un gazouillement qu’un chant, et le nom de jaseiir qui leur a été donne indique assez que dans les lieux oii on les a nommés ainsi, on ne leur connaissait ni le talent de chanter ni celui de parler qu’ont les merles; car jaser n'cvst ni chanter ni parler. M. de R('auinur va même jusqu’à leur disputer le titre de jaseurs. Néanmoins le prince d’Aversperg dit que leur chant est très-agréable. Cela se peut concilier : il est très-possible que le jaseur ait un chant agréable dans les pays où il piîrpétue son espèce; que partout ailleurs il ne fasse que gazouiller et que jaser lors meme qu'il est en liberté; enfin, que dans des cages étroites il ne dise rien du tout.
Son plumage est agréable dans l’état de repos ; mais pour en avoir une idée complète, il faut le voir lorsque l’oiseau déploie ses ailes, épanouit sa queue et relève sa huppe, en un mol,lorsqu’il étale toutes scs beautés; c’est-à-dire qu’il faut le voir voler, mais le voir d’un peu près. Ses yeux, qui sont d’un beau rouge, brillent d’un éclat singulier au milieu de la bande noire sur laquelle ils sont placés; ce noir s’étend sous la gorge et tout autour du bec : la couleur vineuse plus ou moins foncée de la tête du cou, du dos et de la poitrine, et la couleur cendrée du croupion, sont entourées d’un cadre émaillé de blanc, de jaune et de rouge, formé par les différentes taches des ailes et de la queue; celle-ci est cendrée à son origine, noirâtre dans sa partie moyenne et jaune à son extrémité : les pennes des ailes sont noirâtres, les troisième et quatrième marquées (le blanc vers la pointe, les cinq suivantes marquées de jaune, toutes les moyennes de blanc, et la plupart de celles-ci terminées par ces larmes plates de couleur rouge dont jni parlé au commencement de cet article. Le bec et les pieds sont noirs et plus courts à proportion que dans le merle. La longueur totale de l’oiseau est, selon M. Brisson, de sept pouces et quart, sa queue de deux et quart, son bec de neuf lignes, ainsi que son pied, et son vol de treize pouces. Pour moi, j’en ai (ilaservé un qui avait toutes les dimensions plus fortes; peut-être qiic cette différence (le grandeur n’indique qu’une variété d’âge ou de sexe, ou peut-être une simple variété individuelle.
J'ignore quelle est la livrée des jeunes, mais Aldrovande nous apprend que le bord de la queue est d’un jaune moins vif dans les femcifes, et qu’elles ont sur les pennes moyennes des ailes des marques blanchâtres et non pas jaunes comme elles sont dans les mâles. Il ajoute une chose difficile à croire, quoiqu’il l’atteste d’après sa propre observation : c’est que dans les femelles la queue est composée de douze pennes, au lieu que, selon lui, elle n’en a que dix dans les mâles. Il est plus aisé, plus naturel de croire que le mâle ou les mâles observés par Aldrovande avaient perdu deux de ces pennes.
Variété du jaseur.
On a dû remarquer, en comparant les dimensions relatives du jaseur qu’il avait beaucoup plus do vol là proportion que notre merle et nos
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l’rives. Do plus, Aklrovandc a observé qu'il avait le .v/erMuu conformé do la manière la plus avantageuse pour fendre l’air et secondoi' l’action d(‘s ailes : on ne doit donc pas être surpris s’il entraîprend quelquefois de si longs voyages dans notre Europe; et comme d’ailleurs il passe l’cité dans les pays septentrionaux, on doit naturellement s’attendre à le rotiouyer en Amérique : aussi l’y a-t-on trouvé (m efiét. 11 (m était venu plusieiirs du Canada à M. de Réaumui', où on lui a donné le nom de révolki, à cause de quelque similitude observée entre sa huppe et le froc d’un moine. Du Canada il a pu facilement se répandre et il s’est répandu du côté du sud.Catcsby l’a décrit parmi les oiseaux de la Cai-oline; Fernandez l’a vu dans le Mexique', aux env irons de Tezcuco, et j’en ai observé un qui avait été envoyé de Cayenne. Cr'.t oiseau ne pèse ciu’une once, selon Catesby : il a une huppe pyi-amidalc,loi'squ’ollc est i'(devéc,le bec noir et à large ouverture, les yeux placés sur une bande de même couleur séparée du fond par deux ü'aits blancs, l'cxtr'émilé de la queue bordée d un jaune éclatant, le dessus de la tète, la gorge, le cou cl le dos d’une couleur de noisette vine.usc plus ou moms foncée, les couvertui-es et les pennes des ailes, le bas du dos, lo croupion et une ai'ande partie de la queue de diderentes teintes de cendré, la poitrine blanchûü-e ainsi que les cou\ ei-tufes inférieui’es de la qtteuc; le venlio et les flancs d’un jaune pâle. 11 paraît, d’après cette description et dapi'ès les mesures prises, (pie ce jaseui- américain est un peu plus petit que celui d’Europe, qu’il a les ailes moins émaillées et d'une couleur un peu plus i-embrunie; enfin, que ces mrimes ailes ne s’étendent pas aussi loin par rapport à la queue : mais c’est évidemment le même oiseau (uie notio jascur, et il a comme lui sept ou huit des piames moyennes de l’aile trrrminées par ces petits appendices rouges qui caiactéri.sent celte espèce. M. Brooke, chirui’gien dans le Maryland, a assui'é à M. Edwards que les femelles étaient pi-ivécs de ces appendiervs, et qu’elles n avaient pas les couleurs du plumagrî aussi brillantes que les mâles. Le jaseur de Cayenne (pie j ’ai observé n avait pas en cfïet ces mêmes appendices, et j’ai aussi remarqué quelques légèri's difict'onces dans son plumage, donl'les couleurs étaient un peu moins vives, comme c’est l’oi'dinaiie dans les femr'lles.