‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 311 sur 525 · LE GROS-BEC · texte numérisé non relu

LE GROS-BEC

Famille liis (oniroslres, genre moineau, ((x-vikk )

Le gros-bec est un oiseau Cjui appartient à notre climat lempiiré, depuis l’Espagne et l’ilalie jusqu en Suièdc. L’espèce, quoiipie assez sédentaire, n’est pas nombreuse. On voit toute l'année cet oiseau dans quelques-unes de nos provinces de France, où il ne di.sparaît que pour très-peu de temps pendant les hivers les. plus rudes. L’été il habite ordinairement les bois, quelquefois les vergers, et vient autour dos hameaux et des fermes en hiv(vr. C’i'st un animal silencieux dont oq (mtend très-rarement la voix, et qui n’a ni chant ni même aucun ramage décidé. 11 sendilo (ju’il n’ait pas l’organe de l’ouïe aussi parfait (]uc les autres oiseaux, et qu’il n’ait guère plus d’onélle (juc de voix; car il ne vient point à l’ajipeau, et quoiqui! haîiitant des bois, on n’en prend pas à la pipiùu Gessner et la plupart des naturalistcis après lui ont dit que la chair de cet oiseau est bonne à manger : j’en ai voulu goûter, et je ne l’ai trouvée ui savoureuse ni succulente.

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DU BUC-UHOISÉ. 477

J'iti iTinarqiu; qii’ou Bourgogne il y a moins de ces oiseaux en hiver qu'en éhi, et qu’il en arrive iln assez grand nombre vers le 10 il’avril ; ils volent par petites troupes et vont on arrivantsc pereherdans tes taillis. Ils nichent sur les arbres et établissent ordinaii'c'ttient haïr nid à dix ou douze pieds de hauteur, à l’insertion des grosses iiranches contre le tronc; ils le composent comme les tourtcrelh's avec des bûchettes de bois sec et quelques petites racines pour les entrelacer. Ils pondent communément cinq œul's bleuâtres tachetés de brun. On peut ci-oire qu’ils ne produisent qu’une fois l’année, puisque l’espèce en est si peu nombreuse. Us nouri'issent leurs petits d’insectes, de chrysalides, etc., et loi‘s(|u’on veut les dénicher, ils kvs diîfendent courageusement et mordent bien sem;. Leur bec épais et fort leur sert à briser les noyaux et autn's corps durs, et quoiqu’ils soient granivores, ils mangent aussi bimucoup d’insectes. J'en ai nourri longtemps dans des volières : ils rehiscnt la viande, mais mangent de tout le reste assez volontiers. 11 faut les tenir dans une cage particulière; car, sans paraître hargneux et sans mot dire, ils tuent lés oiseaux (plus faibles qu’eux) avec lesquels ils se trouvent enfermés; ils les attaquent, non en les frappant de la pointe du bec, mais en pinçant la peauct emportant la pièce. Én liberté ils viventdc toutes sortes d(! grains, de noyaux, ou plutôt d’amandes de fruits; les loriots mangent la chair des cerisas, et les gros-becs cassent les noyaux et en mangent l’amande. Ils vivent aussi de graines de sapin, de pin, de hêtre, etc.

Cet oiseau solitaire et .sauvmgc, silencieux, dur d’oreille, et moins hicond que la plupart des autres oiseaux, a toutes ses qualités plus concentrées en lui-môme et n’est sujet à aucune des variétés qui, prescpie toutes, proviennent de la surabondance de la nature. Le mâle et la fcinello sotit de la même grosseur et se ressemblent assez. 11 n'y a dans notre climat aucune race dillérente, aucune variété de respècc; mais il y a beaucoup d’espèces étrangèresqui paraissent en approcher plus ou moins, et dont nous allons faire l’énumération dans l’article suivant.

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