‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 41 sur 525 · LF. F.VIICON nOlGE DES INDES OlUE.NT.-tLUS · texte numérisé non relu

LF. F.VIICON nOlGE DES INDES OlUE.NT.-tLUS

L'oiseau qu'on peut appeler le faucon rouge des Indes orienlales, très-bien décrit par Aldrovande, et à peu prés dans les termes suivants : La femelle, qui est d'un tiers plus grosse que le niàle, a le dessus de la tète large et presque plat; la couleur de la tète, du cou, de tout le dos et du dessus des ailes, est d’un cendré tirant sur le brun; le bec est très-gros, quoique le crochet en soit assez petit; la base du hcc est jaune, et le reste, jusqu’au crochet, est de couleur cendrée ; la pupille des yeux est très-noire, l'iris brun; la poitrine entière, la partie supérieure du dessous des ailes, le ventre, le croupion et les cuisses, sont d’un orangé presque rouge : il y a cependant au-dessus de la poitrine, sous le menton, une tache longue de couleur cendrée, et quelques petites taches de cette même couleur sur la poitrine; la (pieue est rayée de bandes en demi cercle, alternativement brunes et cendrées; les jambes et les pieds sont jaunes, et les ongles noirs. Dans le mâle, toutes les parties rouges sont plus rouges, et toutes les parties cendrées sont plus brunes ; le bec est plus bleu, et les pieds sont plus jaunes. Ces l'aucons, ajoute Aldrovande, avaient été. envoyés des Indes orienlales au grand due Ferdinand, qui les lit dessiner vivants. Nous devons observer ici que Tardif, .Albert et Crescent ont parlé du faucon rouge comme d’une espèce ou d'une variété qu'on connaissait en Europe, et qui se trouve dans les pays de plaines et de marécages; mais ce faucon rouge n'est pas assez bien décrit pour qu’on puisse dire si c’est le même que le faucon rou'^e des Indes qui pourrait bien voyager et venir en Europe comme le faucon passager.

h. — LE lAieoN iiurrÉ des indes.

L'oiseau indiqué par \V illughby sous la dénomination de falco indiens cirrhalus, qui est plus gros que le faucon, et presque égal à l’autour, qui a sur la tète une huppe dont l’extrémité se divise en deux parties qui pendent sur le cou. Cet oiseau est noir sur toutes les parties supérieures de la tète et du corps; mais sur la poitrine et le ventre, son plnmage est traversé de lignes noires et blanches alternativement : les plumes de la queue sont aussi rayées de lignes alternativement noires et cendrées; les pieds sont couverts de plumes jusqu’à l’origine des doigts: l’iris des yeux, la peau qui couvre la base du bec, et les pieds sont jaui.es; le bec est d'un bleu noirâtre, et les ongles sont d'un beau noir.

Au reste, il parait, par le témoignage des voyageurs, que le genre des

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faucons est l'un des plus universellement répandus. Nous avons dit qu’on en trouve partout en Europe, du nord au midi; qu’on en prend en quantité dans les îles de la Méditerranée; qu’ils sont communs sur la côte de Barbarie. M. Sbiw, dont j'ai trouvé les relations presque toujours fidèles dit qu’au royaume de Tunis il y a des faucons et des éperviers en assez cra’nde abondance, et que la chasse h l’oiseau est un des plus grands plaisirs des Arabes et des gens un peu au-dessus du commun. Ou les trouve encore plus fréquemment au Alogol et en Perse, où l’on prétend que l’art de la fauconnerie est plus cultivé que partout ailleurs; on en trouve jusqu’au .lapon, où Kœmpfer dit qu’on les tient plutôt par faste que pour l'utilité de la chasse; et ces faucons du Japon viennent des parties septentrionales de celte île. Kolbe fait aussi mention des fauconsdu cap de Bonne-Espérance, et Bosman de ceux de Guinée; en sorte qu’il n’y a, pour ainsi dire, aucutie terre, aucun climat dans l'ancien continent, où l’on ne trouve l’espèce du faucon; et comme ces oiseaux supportent très-bien le froid, et qu’ils volent facilement et très-rapidement, on ne doit pas être surpris de les retrouver dans le nouveau continent; il y en a dans le Groënland, dans les parties montagneuses de l’Amérique septentrionale et méridionale, et jusque dans les îles de la mer du Sud.

.’J. LE TAXAS ou FAUCON PÈCHEUU OU SÉNÉGAL.

L’oiseau appelé tanas par les Nègres du Sénégal, et qui nous a été donné par M. Adanson, sous le nom de faucon ■pécheur, ressemble presque en tout à notre faucon par les couleurs du plumage; il est néanmoins un peu plus petit, et il a sur la tète de longues plumes éminentes qui se rabattent en arriére et qui forment une espèce de huppe, par laquelle on pourra toujours distinguer cet oiseau des autres du même genre : il a aussi le bec jaune, moins courbé et plus gros que le faucon. Il en diffère encore en ee que les deux mandibules ont des dentelures très-sensibles ; et son tiaturel est aussi différent, car il pèche plutôt qu’il ne chasse. Je crois que c’est à cette espèce qu’on doit rapporter l'oiseau duquel Dampierre fait mention sous ce même nom de faucon pêcheur :

a II ressemble, dit-il, à nos plus petits faucons pour la couleur et la ligure; il a le bec et les crgiits l'ails tout de même ; il se perche sur les troncs des arbres et’sur les branclics .sèches qui donnent sur l’eiiu dans les criques, les rivières ou au boni de la mer; et, îles que ces oiseaux voient quelques petits poissons auprès d’eux, ils volent a fleur il'caii, ies enfilent avec leurs griffes, et s’élèvent aussitôt en l’air, sans toucher l’eau de leurs ailes. » Il ajoute « qu’ils n’avalent pas le poisson tout entier, comme font les autres oiseaux qui en vivent, mais qu’ils le déchirent avec leur bec, et le mangent par morceaux, a

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