‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 414 sur 525 · LE BRUANT DE FRANCE · texte numérisé non relu

LE BRUANT DE FRANCE

(le BUUA.XT J VLNE.)

Ordre des passereaux, famille des couirostres, genre bruant. (Cuvieb.)

L(i tldterculc osseux ou grain d’orge que cet oiseau a dans le palais est h' titre inconleslablc par lequel il prouve sa parenté avec les ortolans; il

IIISTOIKE iVATUKELLE

a encore avec eux plusieurs autres traits de conrormite, soit dans la foniic extérieure du l)ec et de la queue, soit dans la proportion dos autres parties et dans le bon goût de sa chair. .M. Salerne remarque que son cri est a peu près le même, et que c'est d'après ce cri, semblable, dit-il, à celui de I ortolan, qu’on l’appelle dans l’Orléanais binerÿ.

Le bruant tait plusieurs pontes, la dernière en septembre. 11 pose son nid à terre, sous une motte, dans un buisson, sur une toutre d’herbe, et dans tous ces cas il le l'ait assez négligemment j quclquel'ois il l’établit sur les basses branches des arbustes; mais alors il le construit avec un peu plus de soin. La paille, la mousse et les feuilles sèches sont les matériaux qu il eniploio pour le dehors; les racines et la paille plus menue, le crin et la laine sont ceux dont il se sert pour matelasser le dedans. Ses œufs, le plus souvent au nombn; de quatre ou cinq, sont tachetés de brun d(i differentes nuances, sur un fond blanc : mais les taches sont ()lus fréquentes au gros bout. La femelle couve avec tant d’affection, que souvent elle se laisse prendre à la main, en plein jour. Ces oi.seaux nourrissent leui's petits de graines, d insectes et même de hannetons, avant la précaution d oter à ceux-ci les enveloppes de leurs ailes qui seraient trop dures. Ils sont granivores, mais on sait bien que cette qualité ne leur interdit pas les insectes. Le millet et le chènevissont les graines qu’ils aiment le mieux. On les prend au lacet avec un épi d’avoine pour tout appât : mais ils ne se prennent pas, dit-on, à la pipée. Ils se tiennent l’été autour des bois, le long des haies et dos buissons; quelquefois dans les \ign(‘,s, niaisprcs(|uo jamais dans 1 intérieur dos forets. L’iiiver une partie change de climat; ceux qui restent sc rassemblant entre eux, et se i-éunissant avec les pinsons, les moineaux, etc., forment des troupes ti-ès-nombreuscs, surtout dans les joui's pluvieux; ils s approchent des fermes, et même des villes et des grands chemins, où ils trouvent leur nourriture sur les buissons, et juscjLie dans la lienlc des chevaux, cl dans cette saison ils sont pi'csque aussi familiers que les moineaux. J.eur vol est rapide; ils se posent au moment où l’on s’y attend le moins, et presque toujours dans le plus épais du feuillage, rarement sur une branche isolée. Leur eri ordinaire est compose de sept notes, dont les six premières égales et sur le même ton, et la dernière plus aiguë et plus trainiie, li, ti, ti. ti, ti, l.i, (i.

Les biniants sont répandus dans toute l’Europe, depuis la Suède jusqu’à l’Italie inclusivement, et par conséquent peuvent s’accoutumer à des températures très-diirérentes : c’est ce qui arrive à la plupart des oiseaux qui se familiarisent plus ou moins avec l’homme, r;t savent tirer parti de sa société.

^ Le mâle est remarquable par l’éclat des plumes jaunes qu’il a sur la tète et sur la partie inférieure du corps : mais sur la tète, cette couleur est variée de brun; elle est pure sur les côtés de la tète, sous la gorge;, sous le ventre et sur les couv ertures du dessous des ailes, cl elle est mêlée de marron clair sur tout le reste de la partie inférieure. L’olivâtre, lègue sur le cou et les petites couvertures supérieures des ailes; le noirâtre mêlé de gi’is et de marron clair sur les moyennes et les |)lusgrandcs, sur le, dos et même sur les quatre premières pennes de l’aile; les autres sont brunes et bordiics, les grandes de jaunâtre, les moyennes de gris; les pennes do la ([ueue sont bruiii's aussi et bordtics, les d(;ux exffrieuri's de blanc, et les dix autres de gris blanc; enfin leurs couvertures supérieures sont d’un marron clair, terminées de gris blanc. I.a femelle a moins de jaune que le mâle, et elle est plus tachetée sur le cou, la poitrine et le ventie; tous deux ont les bonis du bec inféi ieur renirauls et

DU lîRLANT. ;)î)7

reçus tkins le supériciii'; les bords de celiii-fi écliancrés pi-às de la pointe; la langue divisée eu tilcls déliés par le bout : enfm l’ongle postérieur est le plus long de tous. J.’oiscau pèse cinq à six gros; il a sept pouces et demi de tube intestinal ; des vestiges de cœcurn; l’œsophage lotiji do deux pouces et demi, sc dilatant près du gésier; le gésier musculeux; la vésicule du fiel très-petile. Dans l’ovaire de toutes les Icmelles que j’ai diss('‘quécs il s’est trouvé des œufs de grosseur inégale.

Longueur totale, six pouces un tiers; bec, cincj lignes; pieds, huit à neuf ligues; doigt du milieu presque aussi long; vol neuf pouces un quart; (pieue, deux pouces trois quarts, composée de douze pennes, un peu fourchue, non-seulement parce que les pennes intermédiaires sont plus courtes que les latérales, mais aussi parce que les six pennes de chaque côté SC tournent naturellement en dehors : elle dépasse les ailes de vingt et une lignes.

Variétés du bruant .

On peut bien s’imaginer que le jaune et les autres couleurs propres à cette espèce varient dausdifférentsindividus, dans différents climats, etc., soit pour la teinte, soit pour la distribution. Quelquefois le jaune s’étend sur toute la tète, sur le cou, etc. ; d’autres indi\ idus ont la tète d’un cendré jaunâtre; le cou cendré tacheté do noir; le ventre, les jambes (d les pieds d un jaune de safran ; la queue brune bordée de jaune, etc.

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