‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 415 sur 525 · LE ZIZI OU BRUANT DE HAIE · texte numérisé non relu

LE ZIZI OU BRUANT DE HAIE

Genre hruanl. (Cnviiîii.)

Je donne à cet oiseau le nom de zizi d’api'ès son cri ordinaire, assez semblable à celui du premitT bruant. On le voit tantôt pc.rché,’ tantôt coui'ant sur la terre, et par piaiiércnce dans les champs nouvellement labour(‘s où il trouve des grains, de petits vers et d’autres insectes : aussi a-t-il presque toujours le bec terreux. 11 donne assez facilement dans tous les pièges; et loi'.squ’il est pris aux gluaux, il y reste le plus souvent, ou bien il ne s’en tire qu’en perdant presque toutes scs plumes, et d tombe ne pouvant plus voler. 11 s’apprivoise aisément dans la volière, cependant il n’est pas ab.solument insensible à la perle de sa liberté; et ce qui le prouve, c est que pondant les deux ou trois premiers mois il ne fait cntendi'e que son cri ordinaire, lequel il répète fréquemment et avec inquiétude lorsqu’il voit quelqu’un s’approcher de sa cage : il lui faut tout ce temps pour se faire à la capüvilé, tiuclque douce qu elle soit, et pour reprendre sou ramage. S’il faisait bien, il ne le reprendi'ait jamais, afin que l’homme eût un motif de moins de le tenir en ser\ itude. Il a à peu près la même taille et les memes mœurs que notre premier bruant; en sorte qu’on peut légitimement soupçonner que ces deux oiseaux, étant mieux connus, pourront se rapporter à la môme espèce.

Les zizis ne sc ti'ouvcnt point dans les pays du nord, et il semble au contraire qu’ils soient plus communs dans les pays méridionaux; mais ils sont rares dans plusieurs de nos provinces de France. On les voit souvent avec les pinsons, dont ils imitent le chant, et avec lesquels ils forment des volées nombreuses, surtout dans les jours de pluie. Ils se nourrissent des mômes choses que les granivores, et vivent environ" six ans, selon Olina; ce qu’il faut toujours entendre de l’état de domesticité

m HISTOIRE NATERELLE

car il sérail assez dilïicilc d’établir un calcul juste sui’ les pi'obabilités de la vie des oiseaux jouissant de l’air et de la liberté.

Le mâle a le dessus de la tète tacheté do noirâtre, sur un fond vert olive, une plaque jaune sur les côtés, coupée en deux parties Inégales par un trait noir qui passe sur les yeuxj la gorge brune ainsi que le liant de la poitrine; un collier jaune entre deux; le reste du dessous du corps d’un jaune qui va s’éclaircissant vers la queue, et tacheté de lirun sur les flancs; le dessus du cou et du dos varié de roux et de noirâtre; le croupion d’un roux olivâtre, et les couvertures supérieures de la queue d’un roux plus IVanc; les pennes des ailes brunes bordées d’olivâtre, excepté les plus voisines du dos qui sont rousses; les pennes de la queue brunes aussi, bordées, les deux extérieures de blanc, les suivantes de gris olivâtre, et les deux du milieu de gris roussâtrc; enfin le bec cendré et les pieds bruns.

La tcmelle a moins de jaune et n’a point la gorge brune, ni la tache de la môme couleur sur la poitrine. Au reste, Aldrovande avertit que les couleurs du plumage sont fort variables dans cette espèce : l’individu qu’il a fait représenter avait sur la poitrine une teinte de vert obscur; et parmi ceux que j’ai observés, il s’en est trouvé un qui avait la partie supérieure du cou olivâtre, presque sans aucun mélange.

Longueur totale, six pouces un quart; bec, environ six lignes; vol, neuf pouces deux tiers; queue, près de trois pouces, composée de douze pennes ; elle dépasse les ailes d’environ dix-huit lignes; elle est fourchue a peu près comme dans les bruants.

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