LE CASSE-NOISETTE
('iciire nianaliin. ((a'vieb.)
Nous donnons le nom de casse-noisette à cet oiseau, parce que son cri représente exactement le bruit du petit outil avec lequel nous cassons des noisettes. Il n'a nul autre chant ni ramage. On le trouve assez communément à la Giivane, surtout dans les lisières des grands bois; car il ne fréquente pas plus que les autres manakins les savanes et les lieux découverls. Les casse-noisettes vivent en petites troupes comme les autres manakins, mais sans se mêler avec eux; ils sc tiennent plus ordinairement à terre, sc posent rarement sur les branches et toujours sur les plus basses. Il semble aussi qu’ils mangent plus d'insectes que de fruits. On les trouve souvent à ta suite des colonnes de fourmis, qui les piquent au pied et les font sauter et faire leur cri de casse-noisette, qu’ils répètent très-souvent. Ils sont fort vifs et très-agiles; on ne les voit presque jamais en repos, quoiqu’ils ne fassent que sautiller sans pouvoir voler au loin.
Le plumage de cet oiseau est noir sur la tête, le dos, les ailes et la queue, et blanc sur tout le reste du corps; le bec est noir et les pieds sont jaunes! La planche enluminée n° 30'^, fig. 1 , de l’édition in-4", présente une
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variété de cette espèce, sous le noiïi de manakin du Urésil : mais c’est certainement un casse-noisette, car il a le même cri, et nous présumons que ce n’est qu’une différence de sexe ou d’âge. Il ne diffère en effet du premier que par la couleur des petites couvertures supérieures des ailes, qui sont blanches, au lieu qu’elles sont noires dans l’autre.
LE MANAKIN ROUGE.
Genre manakin. (Cuviiiii.)
Le mâle, dans cette espèce, est d’un beau rouge vif sur la tète, le cou, le dessus du dos et la poitrine; orangé sui' le front, les côtés de la tète et la gorge ; noir sur le ventre avec quelques plumes rouges cl orangées sur cette même partie; noir aussi sur le reste du dessus du corps, les ailes et la queue : toutes les pennes des ailes, excepté la première, ont sur la face intérieure et vers le milieu de leur longueur, une tache blanche qui forme une bande de cette môme couleur, lonsque l’aile e.st déployée .• le haut des ailes est d’un jaune très-ioncé, et leurs couvertures inférieures sont jaunâtres; le bec et les pieds sont noirâtres.
La femelle a le dessus du corps olivâtre avec un vestige d’une couronne rouge sur la tète; et le dessous de son corps est d’un jaune olivâtre; elle est au reste de la même figure et de la meme grandeur que le mâle.
L’oiseau jeune a tout le corps olivâtre avec des taches rouges sur le front, la tête, la gorge, la poitrine et le ventre.
Cette espèce est, à la Guyane, la plus commune de toutes celles des manakins. '
LE MANAKIN ORANGE.
Genre manakin. (Cüvikk.)
Edw'ards est le premier auteur qui ail donné la figure de cet oiseau; mais il a cru mal à propos qu’il était la femelle du précédent. Nous venons de décrire cette femelle du manakin rouge ; et il est très-certain
Sue celui-ci est d’une autre espèce, car il est extrêmement rare à la uyane, tandis que lemanakin rouge y est trè.s-commun. Linnæus est tombé dans la même erreur, parce qu’il n’a fait que copier Edwards.
Ce manakin a la tête, le cou, la gorge, la poitrine et le ventre d’une belle couleur orangée; tout le reste de son plumage est noir : seulement on remarque sur les ailes les mêmes taches blanches que porte le manakin rouge; il a aussi comme lui les pieds noirâtres ; mais son bec est blanc; en sorte que, malgré ses rapports de la bande des ailes, de la couleur des pieds, de la grandeur et de la forme du corps, on ne peut pas le regarder comme une simple variété d’âge ou de sexe dans l’espèce du manakin rouge.