‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 444 sur 525 · i() IIISTülRl!: INATUHKLLE · texte numérisé non relu

i() IIISTülRl!: INATUHKLLE

Depuis L(! U'uips l’espèce s’en était en quelque sorte perdue, même à Cayenne; et c’est par les soins de M. de Manoncourl qu'elle vient de se retrouver.

Ce mâle et la femelle étaient tous deux perchés sur des arbres à portée d’un maréca,^e lorsqu’ils furent tués; ils furent découverts par leur cri, et ce cri était très-fort, comme le dit Laët. Ceux qui les avaient tués l’exprimèrent par ces deux syllabes, in. an, prononcées d’une \ oix fort traînante.

Cequil y a de plus remarquable dans ces oiseaux, c’est une espèce de caroncule qu’ils ont sur le bec, comme les dindons, mais qui a une organisation, et par conséquent un jeu tout difl’érent : elle est llasque et tombante dans son état de repos et lorsque l'animal est tranquille ; mais au contraire, lorsqu’il est animé de quelque passion, elle se gonfle, se relève, s’allonge, et dans cet état de tension et d’effort elle a deux pouces et plus de longueur, sur trois ou quatre lignes de circonférence à sa base : cet effet est produit par l’air que l’oisoau sait faire passer par l’ouvei-ture du palais dans la cavité de la caroncule, et qu’il sait y retenir.

Cette caroncule diffère encore de celle du dindon, en ce qu’elle est couverte de petites plumes blanches. Au reste, elle n'appartient point exclusivement au mâle; la femelle en est aussi pourvue, mais elle a le plumage tout à fait différent. Dans le mâle le bec et les pieds sont noirs; tout le reste est d’un blanc pur et sans mélange, si v ous en exceptez quelques teintes de jaune que l’on \ oit sur le croupion et sur quelques pennes de la queue et des ailes. I.e plumage de la femelle n’est pas à beaucoup près aussi uniforme; elle a le dessus de la tète et du corps, les couvertures supérieures des ailes, et la plus grande partie des pennes des ailes et de la queue de couleur olivâtre, mêlée de gris; les pennes latérales de la queue grises, bordées de jaune!; les joues et le front blancs; les plumes de la gorge grises, bordées d'oliv être ; celles de la poitrine et de la partie antérieure du ventre grises, bordées d’olivâtre, terminées de jaune; le bas-ventre et les couvertures du dessous de la queue d’un jaune citron; les couvertures inferieures des ailes blanches, bordées du même jaune.

Le mâle et la l'cmellc sont à peu près de même grosseur; voici leurs dimensions principales : longueur totale, douze pouces; longueur du bec, dix-huit lignes; sa largeur à la base, sept lignes; longueur! de la queue, trois pouces neuf lignes : elle est composée de douze pennes égales, et d('passe les aih's r'cpliées de vingt et une lignes.

L’AVERANO.

Sous-genre cniinga. (CeviKii.)

Sa tête est d'un brun foncé; les pennes de ses ailes sont noirâtres; leurs petites couvertures noires; les grandes couvertures noirâties avec quelque mélange de vert brun; tout le reste du plumage cendré, mêlé de noirâtre, principalement sur le dos, et de verdâtre sur le croupion et sur la queue. Cet oiseau a le bec large à sa base comme les cotingas ; la langue courte; les narines découvertes; l’iris des yeux d’un noir bleuâtre; le bec noir, les pieds noirâtres ; mais ce qui le rapproche un peu du cotinga blanc, et le distingue de tous les autres cotingas, ce sont plusieurs appendices noirs et charnus qu’il a sous le cou, et dont la forme est à peu près celle d’un fer de lance.

L’averano c.st presque aussi gros qu’un pigeon; la longueur de son bec, qui est d'un pouce, est aussi la mesure de sa plus grande largeur; ses

DliS COTIXGAS. 03 1

pioils ont douze à ln;izo ligiKîsj sa queue a liois pouces, et dépasse les ailes repliées de presque toute sa longueur.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et n’a point d’appendices charnus sous le cou ; elle ressemble à la litorne par sa forme et par sa grosseur. Son plumage est un mélange do noirâtre, de brun et de vert clair; mais ces couleurs sont distribuées de façon que le brun domine sur le dos, et le vert clair sur la gorge, la poitrine et le dessous du corps.

Ces oiseaux prémunit beaucoup de chair, cl une chair succulente. Le mâle a la voix très-forte, et la modifie de deux manières tliiréreules : tantôt c’est un bruit semblable à celui qu’on ferait en frappant sur un coin de fer avec un instrument tranchant {kock, kick); tantôt c’est un son pareil à celui d’une cloche fêlée (kur, kur, kur). Au reste, dans toute l’année il ne SC fait entendre que pendant environ six semaines du grand été, c’est-à-dii'c en décembre et janvier, d’oLi lui vient son nom portugais ave de verano, oiseau d’été. On a observé que sa poitrine est marquée extérieurement d’un sillon qui en parcourt toute la longueur, et que de plus il a la trachée-artère fort ample; ce qui peut avoir quelque influence sur la force de sa voix.

J.E GUIRAROU.

Si la beauté du plumage était un attribut caractéristique de la famille des cotingas, l’oiseau dont il s’agit ici et celui de l’article précédent ne pourraieni passer tout au plus que pour des cotingas dégénérés. Le guirarou n’a rien de remarquable ni dans ses couleurs ni (Sms leurs distributions, si ce n’est peut-être une bande noire qui passe par ses yeux, dont l’iris est couleur de saphir, et qui donne un peu de physionomie à cet oiseau. Au reste, un gris clair uniforme règne sur la tète, h; cou, la poitrine et tout le dessous du corps ; les jambes et le dessus du corps sont cendrés; les pennes et les couvertures de l’aile noirâtres; les pennes de la queue noires, terminées de blanc, et ses couvertui'es supérieures blanches; enfin, le l3cc et les pieds sont noirs.

La forme un peu aplatie et le peu de longueur du bec du guirarou, la force de sa voix assez semblable a celle du merle, mais plus aiguë, et son séjour de préférence sur le bord des eaux, sont les rapports les plus niarqués que cet oiseau ait avec les cotingas : il est aussi de fa môme taille . à peu près, et il habite les mêmes climats. Mais tout cela n’a pas empêché \Vi 11 ughby de le rapportera la famille des motteiix, ni d’autres ornithologistes fort habiles tf'en faire un gobe-mouches. Pour moi, je n’en fais ni un motteux, ni un gobe-mouchesj^ ni même un cotinga ; mais je lui con.ser3 e le nom qu’il porte dans son pays natal, en attendant que des observations plus détaillées, faites sur un plus grand nombre d individus, et d’individus vivants, me mettent en état ae lui fixer sa véritable place. Les guirarous sont assez communs dans l’intérieur de la Guyane, mais non pas à Cayenne. Ils voyagent pou : on en trouve ordinairement plusieurs dans le même canton. Us se perchent sur les branches les plus basses de certains grands arbres, ou ils trouvent des graines et des insectes qui leur servent de nourriture. De temps en temps ils crient tous à la fois, mettant un intervalle entre chaque cri : ce cri, peu agréable en luimême, est un renseignement précieux pour les voyageurs égarés, perdus dans les immenses forêts de la Guyane; ils sont sûrs de trouver une rivière en allant à la voix des guirarous.

L’individu observé par M. de Manoncourt avait neuf pouces et demi

de longueur lolalc; son bec, douze lignes de long, sept de large, cinq d épaisseur à la base ; il était entouré de barbes; la queue était carrée : elle avait quatre pouces de long, el dépassait les ailes de deux pouces et demi ; le tarse avait un pouce comme le bec.

Variété du yuirnrou.

Suus-gfiire C' iinga. (Cuvieh.)

Je n’en connais qu’une seule; c’est l’oiseau connu sous le nom de eutinga gns; et nous soupçonnons, M. Daubenlon et moi, que c’est une variété d’âge, parce qu’il est plus petit, n’ayant que sept pouces et demi de longueur totale, et que sa queue est un peu plus courte, ne dépassant les ailes que de la moitié de sa longueur. D’ailleurs, je remarque que toutes ses autres ditlcrences sont en moins ou par defaut; il n’a ni la bande noire sur les yeux, ni la queue bordée de blanc, ni ses couvertures supéiicurcs blanches: les pennes des ailes sont bordées de blanc, mais elles sont moins noirâtres, et celles de la queue moins noires que dans le guirarou.

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