LE CARILLONNEUR
Genre merle. (Ccviiîh.)
La longueur totale de cet oiseau est de quatre pouces et demi, et sa queue depa.sse les ailes pliées de neuf lignes. Nous renvoyons pour les couleurs à la planche enluminée, qui les représente assez fidèlement.
Outre les habitudes communes à tous les fourmiliers, le carillonneur en a qui lui sont particulières; car quoiqu’il se nourrisse do fourmis et qu’il habite comme les autres fourmiliers les terrains où ces insectes sont le plus abondants, cependant il ne se mêle pas avec les autres espèces, et il fait bande à part. On trouve ordinairement ces oiseaux en petites compagnies de quatre ou six. ].e cri qu’ils font entendre en sautillant est très-singulier; ils forment parfaitement entre eux un carillon pareil à celui de trois cloches d’un ton din'ércnl : leur voix est très-forte, si on la compare à leur petite taille. Il semble qu’ils chantent en pai'tie, quoiqu’il y ait à présumer que chacun d’eux fait successivement les trois tons : cependant on n’en est pas assuré, parce que jusqu’à ce jour l’on n’a pas pris soin d’élever ces oiseaux en domesticité. Leur voix n e.st pas, à beaucoup près, aussi forte que celle du béfroi, qui ressemble vraiment au son d une assez grosse cloche; on n’entend distinctement que de cinquante pas la voix de ces carillonneurs, au lieu que l’on entend celle du béfroi de plus d’une demi-Iicue. Ces oiseaux continuent leur singulier carillon pendant des heures entières sans la moindre interruption.
Au reste, cette espèce est assez rare, et ne se trouv e que dans les forets tranquilles de l’intérieur de la Guyane.