‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 63 sur 525 · LE SCOPS OU PETIT DUC · texte numérisé non relu

LE SCOPS OU PETIT DUC

(le hibou SCOPS.)

Ordre des oiseaux de proie, famille des nocturnes, genre slrix. (Cuvier.)

Voici la troisième et dernière espèce <lu genre des hiboux, c'est-à-dire des oiseaux de nuit qui portent des plumes élevées au-dessus de la tète; et elle est aisée à distinguer des deux autres, d’abord par la petitesse même du corps de l'oiseau, qui n'est pas plus gros qu’un merle, et ensuite par le raccourcissement très-marqué de ces aigrettes qui surmontent les oreilles, lesquelles, dans cette espèce, ne s’élèvent pas d’un demi-oouce, et ne sont composées que d'une seule petite plume. Ces deux caractères suHîseut pour distinguer le petit duc du moyen et du grand duc, et on le reeonnaitra encore aisément à la tète, qui est proportionnellement plus petite par ra[)port au corps que celle des deux autres, et encore à son plumage plus élégamment bigarré et plus distinctement tacheté que celui des autres ; car tout son corps est très-joliment varié de gris, de roux, de brun et de noir; et ses jambes sont couvertes, jusqu’à l'origine des ongles, de plumes d’un gris roussâtre, mêlé de taches brunes. Il diffère aussi des deux autres par le naturel ; car il se réunit en troupes en automne et au printemps, pour passer dans d'autres climats; il n’en reste que très-peu ou point du tout en hiver dans nos provinces , cl on les voit partir après les hirondelles, et arriver à peu près en même temps. Quoiqu’ils habitent de prcféreiiee les terrains élevés, ils se rassemblent volontiers dans ceux où les mulots se sont le plus multipliés, et y font un grand bien par la destruction de ces animaux qui se multiplient toujours trop, et qui, dans de certaines années, pullulent à un tel point, qu'ils dévorent toutes les graines et toutes les racines des plantes les plus nécessaires à la nourriture et à 1 usage de 1 homme. On a souvent vu, dans les temps de celte espèce de fléau, les petits ducs arriver en troupes, et faire si bonne guerre aux mulots, qu’en peu de jours ils en purgent

* Tous les hiboux peuvent tourrier leur tête comme I oiseau appelé torcol. Si quelque chose (l’extraordinaire arrive, ils ouvrent de grands yeux, dressent leurs plumes et paraissent une fois plus gros ; ils étendent aussi les ailes, se baissent ou s accroupissent ; mais ils se relèvent promptement, comme étonnés; ils font craquer deux ou trois fois leur bec. Voy. Friscb à l’article des Oiseaux nocturnes.

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la terre. Les hiboux ou moyens dues se réunissent aussi quelquefois en troupes de plus de cent; nous en avons été informés deux fois par des témoins oculaires : mais ces assemblées sont rares, au lieu que celles des scops ou petits ducs se font tous les ans. D’ailleurs, c’est pour voyager qu'ils semblent se rassembler, et il n'en reste |)oint au pays, au lieu qu’on y trouve des hiboux ou moyens dues en tout temps : il est même à présumer que les petits ducs font des voyages de long cours, et qu’ils passent d’un continent à l’autre. L’oiseau de la Nouvelle-Espagne, indiqué par Nieremberg sous le nom de talchicuatli, est ou de la même espèce, ou d'une espèce très-voisine de celle du scops ou du petit duc. Au reste, quoiqu'il voyage par troupes nombreuses, il est assez rare partout, et dillicile à prendre; on n’a jamais pu m’en procurer ni les œufs ni les petits, et on a même de la peine à l indiquer aux chasseurs, qui le confondent toujours avec la chevêche, parce que ces deux oiseaux sont à peu près de la même grosseur, et que les petites plumes éminentes qui distinguent le petit duc sont très-courtes, et trop peu apparentes pour faire un caractère qu’on puisse reconnaître de loin.

Au reste, la couleur de ces oiseaux varie beaucoup suivant l’âge et le climat, et peut-être le sexe : ils sont tous gris dans le premier âge; il y en a de plus bruns les uns que les autres quand ils sont adultes. La couleur des yeux parait suivre celle du plumage : les gris n’ont les yeux que d'un jaune très-pâle, les autres les ont plus jaunes ou d'une couleur de noisette plus brune : mais ces légères différences ne suffisent pas pour en faire des espèces distinctes et séparées.

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