L'AUTRUCHE. LE CASOAR
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Ln race de raulruelic est donc une race très-ancienne, puisqu’elle prouve jusqu’aux premiers temps ; maiscllen cst pas moins purequ’clleestancienne : elle a su se conserver pendant cette longue suite de siècles, et toujours dans la même terre, sans altération comme sans mésalliance; en sorte qu elle est dans les oiseaux, comme l’élépliant dans les quadrupèdes, une espèce entièrement isolée et distinguée de toutes les autres espèces par des caractères aussi frappants qu’invariables.
L'autruelie passe pour être le plus grand des oiseaux; mais elle est privée, par sa grandeur même, de la principale prérogative des oiseaux, je veux dire la puissance de voler. L’une de celles sur qui Vallisniori a fait scs observations, pesait, quoique très-maigre, cinquante-cinq livres tout écorebée et vidée de ses parties intérieures; en sorte ipie, passant vingt à vingt-cinq livres pour ces parties et pour la graisse qui lui manquait, on peut, sans rien outrer, lixer le poids moyen d'une autruche vivante et médiocrement grasse, à soixante et quinze ou quatre-vingts livres : or, quelle force ne faudrait-il pas dans les ailes et dans les muscles moteurs de ces ailes, pour soulever et soutenir au milieu des airs une masse aussi pesante ! Les forces de la nature paraissent infinies lorsqu’on la contemple en gros et d’une vue générale : mais lorsqu’on la considère de près et en détail, on trouve ipie tout est limité; et c’està bien saisir les limites que s'est prescrites la nature pai- sagesse et non par impuissance, que consiste la bonne méthode d’étudier et ses ouvrages et ses opérations. Ici un poids de soixante et quinze livres est supérieur [lar sa seule résistance à tous les moyens que la nature sait employer pour élever et faire voguer dans le fluide de ratmosphère, des corps dont la gravité spécifique est un millier de fois plus grande que celle de ce fluide; et c'est par cette raison qu’aucun des oi.seaux dont la masse approche de celle de l'auirucbe, tels que le touyou, le casoar, le drontc, n’ont ni ne peuvent avoir la faculté de voler. Il est vrai que la pesanteur n’esi pas le seulobsl.iclc qui s’y oppose; la force des muscles pectoraux, la grandeur des ailes, leur situation avantageuse, la fermeté de leurs pennes, etc., seraient ici des conditions d'autant plus nécessaires, que la résistance à vaineCe est plus grande ; or, toutes ces conditions leur manquent absolument ; car, pour me renfermer dans ce qui regarde l'auirucbe, cet oiseau, à vrai dire, n’a point d'ailes, puisque les plumes qui sortent de ses ailerons sont toutes ellilées, décomposées, et (pie leurs barbes sont de longues soies détachées les unes des autres, et ne peuvent faire corps ensemble pour frapper l'air avec avantage, ce, (pii est la principale fonction des pennes de l’aile. Eelles de la (pieue sont aussi de la meme structure, et ne [leuvent par consèipienl opposer à l'air une résislancc convenable; elles ne sont pas même disposées pour (xuivoir gouvcrtier le vol en s’étalant ou se resseranl à propos, et en prenant différentes inclinaisons ; et ce qu’il y a de reinar(|uable, c'est que toutes les plumes (pii recouvrent le corps sotit encore faites de même. L’autruche n’a jias, comme la plupart des autres oiseaux, des plumes de plusieurs sortes, les unes lanugineuses et duvetées, qui sont immédialemenl sur la |»cau; les autres, d'une consistance plus forme et plus serrée qui recouvrent les premières, et d'autres encore plus fortes et plus longues qui servent au mouvement, et répondent à ce qu’on appelle les œuorcs vives dans un vaisseau : toutes les plumes de l’autruebe sont de la môme espèce; toutes ont pour barbes dos filets détaebés, sans consistance, sans adhérence réciproque; en un mot, toutes sont inutiles pour voler ou pour diriger le vol. Aussi l'autruche est attachée à la terre comme par une double chaine, son e.xccssive pesanteur et la conformation de ses ailes; et elle est condamnée à en [larcourir laborieusement la surface, comme les qitadrupèdcs, sans pouvoir jamais s’élever dans l'air. Aussi a t-
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elle, soit au dedans, soit au dehors, beaucoup de traits de ressemblance avec ces animaux; comme eux, elle a sur la plus grande partie du corps du poil, plutôt que des plumes; sa tête et scs flancs n’ont même que peu ou point de poil, non plus que ses cuisses, qui sont très-grosses, très-musculcuses, et où résidé sa principale force; ses grands pieds'nerveux et charnus, qui n’ont que deux doigts, ont beaucoup de rapport avec les pieds du chameau, qui lui-même est un animal singulier entre les quadrupèdes par la forme de ses pieds; ses ailes, armées de deux piquants semblables à ceux du porc-épic, sont moins des ailes que des espèces de bras qui lui ont été donnés pour se défendre; l'orifice des oreilles est à découvert, et seulement garni de poil dans la partie intérieuree où est le canal auditif; sa paupière supérieure est mobile comme dans presque tous les quadrupèdes, et bordée de longs cils comme dans l’homme et l’éléphant; la forme totale de ses yeux a plus de rapport avec les yeux humains qu’avec ceux des oiseaux, et ils sont disposés de manière qu’ils peuvent voir tous deux à la fois le même objet; enfin, les espaces calleux ctdénués de plumes et de poils qu’elle a, comme le chameau, an lias du sternum, et à l’endroit des os pubh. en déposant de sa grande pesanteur, la mettent de niveau avec les bêles de somme les plus terrestres, les plus lourdes par elles-mêmes, et qu’on a coutume de surcharger des plus rudes fardeaux. Thévenot était si frappé de la ressemblance de l’autruche avec le chameau-dromadaire, qu’il a eru lui voir une bosse sur le dos; mais quoiqu’elle ait le dos arqué, on n’y trouve rien de pareil à celte éminence cbarnue des chameaux et des dromadaires.
Si dé l'examen de la forme extérieure nous passons à celui de la conformation interne, nous trouverons à l’autruche de nouvelles dissemblances avec les oiseaux, et de nouveaux rapports avec les quadrupèdes.
Une tète fort petite, aplatie, et composée d’os très-tendres et très-faibles, mais fortifiée à son sommet par une plaque de corne, est soutenue dans une situation horizontale sur une colonne osseuse d’environ trois pieds de haut, et composée de dix-sept vertèbres : la situation ordinaire du eorps est aussi parallèle à l’horizon ; le dos a deux pieds de long et sept vertèbres, auxquelles s’articulent sept paires de côtes, dont deux de fausses et cinq de vraies : ces dernières .sont doubles à leur origine, puis se réunissent en une seule branche. l.a clavicule est formée d’une troisième paire de fausses côtes; les cinq véritables vont s’attaelier par des appendices cartilagineux au sternum, qui ne descend pasju.squ’au bas du ventre, comme dans la plupart des oiseaux; il est aussi beaucoup moins saillant au dehors; sa forme a du rapport avec celle d’un bouclier, et il a plus de largeur que dans l’homme même. De l’os sacrum naît une espèce de queue composée de sept vertèbres semblables aux vertèbres humaines ; le fémur a un pied de long; le tibia et le larse, un pied et demi chacun; et chaque doigt est composé de trois phalanges comme dans riiomme, et contre ce qui se voit ordinairement dans h's doigts des oiseaux, lesquels ont très-rarement un nombre égal de phalanges.
Si nous pénétrons plus à rinlérieur. et que nous observions les organes de. la digestion, nous verrons d’abord un bec assez médiocre, capable d'une très-grande ouverture, une langue fort courte et sans aucun vestige de papilles; plus loin s’ouvre un ample pharynx proportionné à l’ouverture du bec, et qui peut admettre un corps de la gro.sseur du poing ; l'œsophage est aussi très-large et très-fort, et aboutit au premier ventricule, qui fait ici trois fonctions : celle de jabot, [larcc qu’il est le premier; celle de ventricule, parce qu'il est en partie musculeux, et en partie muni de fibres imi.sculeuses longiludinales et circulaires; enfin celle du bulbe glanduleux qui se trouve
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ordinairement dans la partie inferieure de l'œsophage la plus voisine du gésier, puisqu'il est en effet garni d’un grand nombre de glandes ; et ees glandes sont eonglomérées, et non eonglobécs eomme dans la plupart des oiseaux. Ce premier ventricule est situé plus bas que le second, en sorte que l’entrce de celui-ci. que l’on nomme communément l’on^ce .wpénew, est réellement l'orifice inférieur par sa situation. Ce second vcnlricuie n’esi souvent distingué du premier que par un léger étranglement, et quelquefois il est séparé lui-même en deux cavités distinctes par un étranglement semblable, mais qui ne paraît point au dehors ; il est parsemé de glandes et revêtu intérieurement d'une tunique villeuse presque semblable à la flanelle, sans beaucoup d'ad-bérence, et criblée d’une infinité de petits trous répondant aux orifices des glandes. Il n’est pas aussi fort que le sont communément les gésiers des oiseaux, mais il est fortifié par dehors de muscles très-puissants, dont quelques-uns sont épais de trois pouces : sa forme extérieure approche beaucoup de celle du ventricule de l’homme.
M. du Verney a prétendu que le canal hépatique se terminait dans ce second ventricule, comme cela a lieu dans la tanche et plusieurs antres poisson, et même quelquefois dans l’homme, selon l'observation de Galien ; mais Ramby ctV'^allisnieri assurentavoir vu constamment dans plusieurs autruches l'insertion de ce canal dans le duodénum, Acwx pouces, un pouce, quelquefois même un demi-pouce seulement au-dessous du pylore; et Vallisnicri indique ce qui aurait pu occasionner cette méprise, si c’en est une, en ajoutant plus bas qu’il avait vu dans deux autruches une veine allant du second ventricule au foie, laquelle veine il prit d’abord pour un rameau du canal hépatique, mais qu'il reconnut ensuite dans les deux sujets pour un vaisseau sanguin, portant du sang au foie et non de la bile au ventricule.
Le pylore est plus ou moins large dans dilTércnts sujets, ordinairement teint en jaune et imbibé d'un suc amer, ainsi que le fond du second ventricule; ce qui est facile à comprendre, vu 1 insertion, du canal hépatique tout au commencement du duodénum et sa direction de bas en haut.
Le pylore dégorge dans le duodénum, qui est le plus étroit des intestins, et où .'i’insèrent encore les deux canaux pancréatiques, un pied et quelquefois deux et trois pieds au-dessous de l’inseriion de l'hépatique, au lieu qu'ils s’insèrent ordinairement dans les oiseaux tout |)rès du cholédoque.
Le duodénum est sans valvules, ainsi que le /l'iléon en a (|uelques-
uncs aux approches de sa jonction avec le colon. Ces trois intestins grêles sont à peu près la moitié de la longueur de tout le tube intestinal, et celte longueur est fort sujette à varier, même dans des sujets d'égale grandeur, étant de soixante pieds dans les uns, et de vingt-neuf dans les autres.
Les deux cœcurn naissent ou du commencement du colon, selon les anatomistes de r.Académie, ou de la fin de l'iléon, selon le docteur Ramby; chaque cæcum forme une espèce de cône creux, long de deux ou trois pieds, large d'un pouce à sa base, prni à rintéricur d'une valvule en forme de lame spirale, faisant environ vingt tours de la base au sommet, comme dans le lièvre, le lapin, et dans le renard marin, la raie, la torpille, l'anguille de mer, etc.
Le colon a aussi ses valvules en feuillets : mais au lieu de tourner en spirale comme dans le cæcum, la lame ou feuillet de chaque valvule forme, tin croissant qui occupe un peu plus que la demi-circonférence du colon, en sorte que les extrémités des croissants opposés empiètent un peu les unes sur les autres, et se croisent de toute la quantité dont elles surpassent le demi-cercle; structure qui se retrouve dans le colon du singe et dans le jéjunum de I homme, et qui se marque au dehors de 1 intestin par des canne-
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I(ires transversiilfs, parallèles, espacées d’un demi-pouce, et répoudaiit aux feiiillels intérieurs : niais ce qu'il y a de remarquable, c’est que ces feuillets ne se trouvent pas dans toute la longueur du colon, ou plutôt c’est (pie l’autruche a deux colons bien distincts, l’un plus large et garni do ces feuillets intérieurs en forme de croissants, sur une longueur d'environ buit pieds;
I autre plus étroit et plus long, qui n’a ni feuillets ni valvules, et s étend jusqu’au rectum ; c’est dans ce second colon que les excréments coinmcneent à se figurer, selon Vallisnieri.
Lerectum est fort large, long d’environ un pied, et muni à son extrémité de fibres charnues : il s’ouvre, dans une grande poebe ou vessie composée des mêmes membranes que les intestins, mais plus épaisses, et dans laquelle on a trouvé quelquefois jusqu’à huit onces d'urine; car les uretères s'y rendent aussi (lar une insertion très-obliipie. telle qu’elle a lieu dans la vessie des animaux terrestres ; et non-seulcrncnt iis y charrient l’urine, mais encore une certaine pâte blanche qui accompagne les excréments de tous les oiseaux.
Cette première poche, à laquelle il ne c anque qu'un col pour être une véritable vessie, communique par un orifice muni d une espèce de spbincler à une seconde et dernière poche plus petite, (pii sert de passage à l'iirine et aux excréments solides, et qui est prcs(pie remplie par uns sorte de noyau cartilagineux, adhérent par sa base à la jonction des os pubis, et refendu par le milieu à la manière des abricots.
Les excréments solidesi ressemblent beaucoup à ceux d(‘s brebis et des chèvres : ils sont divisés en petites masses, dont le volume n'a aucun rapport avec la capacité des intestins où ils se sont formés ; dans les intestins grêles, ils se présentent sous la forme d’une bouillie, tantfit verte et tantôt noire, selon la qualité des aliments, qui prennent de la consistance en approchant des gros intestins, mais qui ne se figurent, comme je l'ai déjà dit, que dans le second colon.
On trouve quelquefois aux environs de Vanus de petits sacs à peu près pareils à ceux que les lions et les tigres ont au môme endroit.
Le mésentère est transparent dans toute son étendue, et lai-ge d'un (lied eu de certains endroits. Vallisnieri prétend y avoir vu des vestiges non obscurs de vaisseaux lymphatiques; Uamby dit aussi que. les vaisseaux du mésentère s()nt fort apparents, et il ajoute ipie les glandes en sont à peine visibles : mais il faut avouer qu’elles ont été absolument invisibles pour la plupart des autres observateurs.
L(i foie est divisé en deux grands lobes, comme dans l’homme, mais il est situé plus au milieu de la région des hypoeondres, et n’a point de vésicule du fiel : la rate est contiguë au premier estomac, et pèse au moins deux onces.
Les reins sont fort grands, rarement découpés en plusieurs lobes, comme dans les oiseaux, mais le plus souvent en forme de guitare, avec un bassin assez ample.
Les uretères ne sont point non plus, comme dans la plupart des autres oiseaux, couchés sur les reins, mais renfermés dans leur substance.
L épiploon est très- petit, et ne recouvre qu’en partie le ventricule - mais à la place de rè[uploon, on trouve queli|uefois sur les intestins et sur tout le ventre une couche de graisse ou de suif, renfermée entre les aponévroses des muscles du bas-ventre, épaisse depuis deux doigts jusqu’à six pouces ; et c est de cette graisse, mêlée avec le sang, tpie se forme la manlèiiue, comme nous le verrons plus bas : cette graisse était fort estimée et fort chère chez les Komains, qui, selon le témoignage de Pline, la croyaient plus cmcace
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(|ue cclic (le l’oii;, coiilrc les douleurs de rlinnialisine, les tumeurs l’roiilcs, l:i («irîdysie; el encore aujouil hui les Arabes rem|»loieni aux mêmes usai'cs. V'allismeri est peut-être le seul t|ui, ayant apparemment disséqué des autruches l’orl maigres, doute de 1 existence île celte graisse, d’autant plus ipi'en Italie la maigreur de raulruche a passé en proverbe, marjro corne uno struzzo. Il ajoute que les deux qu’il a observées paraissaient, élonl disséquées, des squelettes déebarnés; ce ipii doit être vrai de toutes les auirucbcs qui n'ont point de graisse, ou même à qui on l'a enlevée, attendu (ju'clles n'ont [)oint de chair sur la poitrine ni sur le ventre, les muscles du bas-ventre ne commeiiçanl à devenir chai uns que sur les flancs.
Si des organes de la digestion je passe à ceux de la génération, je trouve de nouveaux rapports avec l'organisaiion des quadrupèdes : le plus grand nombre des oiseaux n'a point de verge apparente, l'autruche en a une assez considérable, composée de deux ligaments blancs, solides et nerveux, ayant quatre lignes de diamètre, revêtus d'une membrane épaisse, el qui ne s’unissent qu’à deux doigts prés de l'extrémité. Dans quelques sujets, on a aperçu de plus dans cette partie une substance rouge, spongieuse, garnie d’une multitude de vaisseaux; en un mot, fort approchante des corps caverneux qu’on observe dans la verge des animaux terrestres : le tout est renf'enné dans une membrane commune, de môme substance que les ligaments, quoique cependant moins épaisse et moins dure. Cette verge n’a ni gland, ni prépuce, ni même de cavité qui puisse donner issue à la nialière séminale, selon .AIM. les anatomistes de l’Académie; mais G. Warien prétend avoir disséqué une autruche dont la verge, longue de cinq pouces cl demi, était creusée longitudinalement, dans sa partie supérieure, d une espèce de sillon ou gouttière, qui lui parut être le conduit de lu semence. Soit que celte gouttière fût formée |)arla jonction des deux ligaments, soit que G. Warren se soit mépris en prenant pour la verge ce noyau cartilagineux de la seconde poche du rectum, (|üi est en ell’ei fendu, comme je l’ai remarqué plus haut; soit que la structure et la forme de celte partie soient sujettes à varier en diflérenis sujets, il parait que celte verge est adhérente par sa base à ce noyau cartilagineux, d’où, se repliant en dessous, elle passe par la petite poche, et sort par son orifice externe, qui est l’anus, et qui, étant bordé d’un repli membraneux, forme à celle partie un faux prépuce, que le docteur Drovvne a (iris sans doute pour un prépuce véritable, car il est le seul qui en donne un à l autruche.
Il y a quatre muscles qui appartiennent à l’anus et à la verge; cl de là résulte entre ces parties une correspondance de mouvement, en vertu de huiuellc, lorsque l’animal fiente, la verge sort de plusieurs pouces.
Les testicules sont de dilfércnies grosseurs en dilîércnls sujets, et varient à cet égard dans la proportion de (luaranie-lmilà un, sans doute selon 1 âge, la saison, le genre de maladie qui a iirécédé la mon, etc. Ils varient aussi pour la configuration extérieure, mais la structure interne est toujours la même : leur place est sur les reins, un peu plus à gauche qu à droite; G. Warren croit avoir aperçu des vésicules séminales.
Les femelles ont aussi des testicules; car je pense qu'on doit nommer ainsi ces corps glanduleu.x, de quatre lignes de diamètre sur dix-huit de longueur, que l’on trouve dans les femelles au-dessus de 1 ovaire, adhérents à l'aorte et à la veine-cave, et qu’on ne peut avoir pris |mur des glandes surrénales que par la prévention résultant de quelque .système adopté précédemment. Les caiiiuqieiières femelles ont aussi des testicules semblables à ceux des mâles, et il y a lieu de croire que les outardes femelles en ont pareillement; el que si iVLM. les anatomistes de l’Académie, dans leurs nombreuses disscclion.s.
loi IIISTOIIiK .\AT1j1{|:LIJ-:
01)1 cl u iiilvoil' jaiiiîiis J’ericonli’é que des iDàles, c esl qu'ils ne voulaient point leconnaîti'e comme Cemelle un animal à qui ils voyaient des testicules. Oi’, tout le nionde sait cjue l’outarde est parmi les oiseaux d’Kurope celui qui a le plus de rapport avec l’autruche, et que la camiepetière n’est (|u’une petite outarde J en sorte que tout ce que j’ai dit dans le li-aité de la ^énéi ation, sur les testicules des femelles des quadrupèdes, s’applique ici de soiniéme à toute cette classe d’oiseaux, et U'ouvera peut-être dans la suite des applications encore plus étendues.
Au-dessous de ces deux corps glanduleux est placé l’ovaire, adhérent aussi aux gros vaisseaux sanguins; on le trouve ODlinairement garni d’œufs de différentes grosseui’s, renfei inés dans ieui' calice, comme un petit gland l’est dans le sien, et attachés à l’ovaire par leurs pédicitlcs : l\l. Perrault en a vu qui étaient gros comme des pois, d’autres comme des noix, un seul comme les deux poings.
Cet ovaire est unique, comme dans presque tous les oiseaux ; et c’est, pour le dire en passant, un préjugé de plus conti’e l’idée de ceux qui veulent que les deux corps glanduleux qui se trouvent dans toutes les femelles des quadrupèdes représentent cet ovaire, qui est une partie simple, au lieu d’avouer qu ils représentent en elfet les testicules, qui sont au nombre des parties doubles dans les niàies des oiseaux comme dans les quadrupèdes.
L’entonnoir de Voviductus s’ouvre au-)les.sous de l’ovaii-e, et jette à droite et à gauche deux appendices membraneux en fortne d'ailerons, lesquels ont du rapport à ceux qui se irouveiU à l’extréniilé de la trompe d.ms les animaux terrestres. Les œufs qui se détachent de l’ovaire sont reçus dans cet entonnoir, et conduits le long de Vooiduclus dans la dernière poche intestinale, où ce canal débouche par un orifice de quatre lignes de diamèti'e, mais qui paraît capable d’une dilatation proportionnée au volume des œufs, étant plissé ou ridé dans toute sa circonférence; l’intéreur de Voviductus était aussi ridé ou plutôt feuilleté, comme le troisième et le (|uat) ième ventricule des ruminants.
Enfin, la seconde et dernière poche intestinale dont je viens de parler a aussi dans la femelle son noyau cartilagineux comme dans le mâle; et ce noyau, qui sort quelquefois de plus d’un demi-pouce hors de l’amw, a un petit appcttdicc de la longueur de trois lignes, mince et i-ecourhé, que MM. les anatomistes de 1 Académie regardent connue un clitoris, avec d autant plus de fondement, que les deux mêmes muscles qui s’insèrent à la base de lu verge dans les mâles s’insèrent à la base de cet appendice ilans les femelles.
Je ne m’arrêterai point à décrire en détail les organes de la respiration, vu qu ils ressemblent presque entièrement à ce qu’on voit dans tous les oiseaux, étant composés de deux poumons de substance spongieuse, et de dix cellules à air, cinq de chaque côté, dont la quatrième est plus petite ici comme dans tous les autres oiseaux pesants : ces cellules reçoivent l'air des poumons, avec lesquels elles ont des communications fort sensibles; mais il faut qu elles en aient aussi de moins appaientes avec d’autres parties, puisque ’Vallisnieri, en soufflant dans la trachée-artère, a vu un gonllement le long des cuisses et sous les ailes, ce qui suppose une conformation semblable à celle du pélican, dans lequel M. Méry a aperçu, sous l’aisselle, et entre la cuisse et le ventre, des poches membraneuses qui se remplissaient d’air au tetnps de l’expiration, ou lorsqu’on soufflait avec foiee dans la trachée-artère, et qui en fournis.saient apparemment au tissu cellulaire.
Le docteur lîrownc dit positivement que l’auti uche n’a point d’épiglotte : M. Perrault le suppose, puisqu’il attribue à un certain muscle la fonction dtï feinier la glotte en rapprochant les cartilages du larynx. G. Warren
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préleiul avoir vu imc épiglotte dans le sujet (ju’il a dissét|iié; et Vallisriieri concilie toutes ces contrariétés en disant qu en elîet il ii’y a pas précisément une épiglotte, mais que la partie postérieure de la langue en tient lieu en s'appliquant sur la glotte dans la déglutition.
J1 y a aussi diversité d'avis sur le nombre et la forme des anneaux cartilagineux du larynx ; Vallisnitri n'en compte que deuxcenl dix-huit, et soutient avecM. l’errault qu ils sont tous entiers. \\ arren en a trouvé deux cent vingt-six entiers, sans compter les premiers qui ne le sont point, non plus que ceux qui sont immédiatement au-dessous de la bifurcation de la trachée. Tout cela peut être vrai, attendu les grandes variétés auxquelles est sujette la structure des parties internes; mais tout cela prouve en même temps combien il est téméraire de vouloir décrire une espèce entière d'après un petit nombre d’individus, et combien il est dangereux, par cette méthode, de prendre ou de donner des variétés individuelles pour des caractères constants. M. Perrault a observe que chacune des deux branches de la tracliée-artère se divise, en entrant dans le poumon, en plusieurs rameaux membraneux comme dans l'éléphant.
Le cerveau avec le cervelet forme une masse d’environ deux pouces et demi de long sur vingt lignes de large. ’Vallisnieri assure que celui qu’il a examiné ne pesait qu une once; ce ijui ne l'erait [las la douze-centième partie du poids de 1 animal : il ajoute que la structure en était semblable à celle du cerveau des oiseaux, et telle précisément qu’elle est décrite par W illis. Je remarquerai néanmuins, avec MM. les anaioinistes dcl Académie, que les dix paires de nerfs prennent leur origine cl sortent hors du crâne de la inèiiie manière que dans les animaux terrestres; que la partie corticale et 'la partie moelleuse du cervelet sont disposées comme dans ces mêmes animaux ; qu'on y trouve quelquefois les deux apophyses vermiformes qui se voient dans riiomme, et un ventricule de la forme d’une plume à écrire, comme dans la plupart des quadrupèdes.
Je ne dirai qu'un mol sur les organes de la circulation : c'est que le cœur est presque rond, au lieu que les oiseaux l’ont ordinairement plus allongé.
•V l egard des sens externes, j ai déjà parlé de la langue, de l’oreille, et de la forme extérieure de l’œil; j’ajouterai seulement ici que sa structure interne est celle quon observe ordinairement dans les oiseaux. M. Kamby prétend que le globe, tiré de son orbite, prend de lui-méme une forme presque triangulaire; il a aussi trouvé I humeur a(|ueuse eu plus grande t|uaniilé, et I humeur vitrée en moindre quantité qu'à l'ordinaire.
Les narines sont dans le bec supérieur, non loin de sa base; il s’élève du milieu de chacune des deux ouvertures une protubérance cartilagineuse revêtue d’une membrane très-line, et ces ouvertures communiquent avec le ptdais par deux conduits qui y aboutissent dans une fente assez considérable. On se tromperait, si I on voulait conclure de la structure un peu compliquée de cet organe, que 1 autruche excelle par le sens de l’odorat : les faits les mieux constatés nous apprendront bientôt tout le contraire, et il parait en général que les sensations principales et dominantes de cet animal sont celles de la vue et du sixième sens.
Cet exposé succinct de l’organisation intérieure de l’autruche est plus que sullisant pour conlirmer l'idée que j ai donnée d abord de cet animal singulier, qui doit être regardé comme un être de nature équivoque, et faisant la nuance entre le quadrupède et l’oiseau : sa place, dans une méthode où I on SC proposerait de représenter le vrai système de la nature, ne serait ni dans la classe des oiseaux, ni dans celle des quadrupèdes, mais sur le passage de l une à l’autre. Lu effet, quel autre rang assigner à un animal dont
IIISTOIKE NATliniiLLIi
l(! corps, nii-porli d oiseau et de (|iiadriipèdo, est porté sur des pieds de quadrupède, et surnioiiié par une tète d'oiseau, dont le mâle à une verge, et la femelle un eliioris, comme les qnadi upcdes, et (jui néanmoins est ovipare, qui a un gésier comme les oiseaux, et en môme temps plusieurs estomacs et des intestins qui par leur capacité et leur structure répondent en partie à ceux des ruminants, en partie à ceux d’autres quadrupèdes?
Dans l’ordre de la fécondité, rantruclie semble encore apjiartenir de plus près à la classe des quadrupèdes (pt'à celle des oiseaux; car elle est trèsfccondc, et produit beaucoup. Aristote dit, qu’après l’autruebe, l'oiseau qu'il noinme (itricapil/a est celui qui pond le plus; et il ajoute que cet oiseau alricapilla pond vingt œufs et davantage; d'oii il suivrait que l'autruclie en pond au moins vingt-cinq : d'ailleurs, selon les bistoriens modernes et les voyageurs les plus instruits, elle fait plusieurs couvées de douze ou quinze œufs cbacune. Or, si on la rapportait à la classe des oiseaux, elle serait la jilus grande, et par conséquent devrait produire le moins, suivant l’ordre que suit constamment la nature dans la multiplication des animaux, dont elle parait avoir fixé la proportion en raison inverse de la grandeur des individusan lieu quêtant rapportée à la classe des animaux terrestres, elle se trouve très-pente, relativement aux plus grands, et plus petite que ceux de m-andetir médiocre, tels tpie le coebon, et sa grande fécondité rentrc'’dans .loi dre naturel et général.
Oppien, qui croyait mal à propos que les cbameaux de la liactrianc s’accouplaient à rebours et en se tournant le derrière, a cru, par une seconde erreur, (pj'nn oiseau-chameau (car c'est le nom qu’on donnait dès lors ci I autruebe) ne pourrait mampter de s’accoupler de la même façon, et il l’a avancé comme un fait certain : mais cela n’est pas plus vrai "de ’ l'oiseaucbameau que du cbameau lui-mème, comme je l'ai dit ailleurs : et quoique, selon toute apparence, peu d'observateurs aient été témoins de cet accouplement, et qu aucun n'en ait rendu compte, on est en droit de supposer (pi'il se fait a la manière accoutumée, jus(|u’à ce qu'il y ait preuve du contraire.
Les autruches passent pour être fort lascives et s'accoupler souvent; et si I on se rappelle ce que j’ai dit ci-dessus des dimensions de la vcrge'du mâle, on concevra (pie ces accouplements ne se passent point en simples compressions, comme dans presque tons les oiseaux, mais (|u il y a une intromission réelle des parties sexuelles du mâle dans celles de la femelle. •Tbévenot est le seul (pii dise (pi'elles s'assortis.senl par paires, et chaque màie 11 a qu'une femelle, contre l’usage des oiseaux pesants. *
Le temps de la ponte dépend du climat i|u'elles habitent, et c'est toujours aux env irons du solstice d'été, c’est-à-dire au commencement de juillet dans I Afriipic septentrionale, et sur la liii de décembre dans l’Afritpie méridionale. La température du climat influe aussi beaucoup sur leur manière de couver : dans la zone torride, elles se contentent de déposer leurs œufs sur un amas de sable qu’elles ont forme grossièrement avec leurs pieds, et où la seule chaleur du soleil les fuit éclore ; à peine les couvent-elles pendant la nuit : et cela même n’est pas toujours nécessaire, puisqu’on en a vu éclore qui n'avaient point été couvés par la mère, ni même exposés aux rayons du soleil. Slais, quoii|iie les autruches ne couvent [loint ou que très peu leurs œufs, il s'en faut beaucoup qu elles les abandonnent : au contraire elles veillent assidûment à leur conservation, et ne les perdent guère de vue • c est de là qu’on a pris occasion de dire (|u’elles les couvaient des yeux", à la lettre : et Diodore rapporte une façon de prendre ces animaux, fondée sur leur grand attacbement pour leur couvée ; c’est de planter en terre, aux en-
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virons du nid et à une juste hauteur, deux pieux armés de pointes bien acérées, dans lesquelles la mère s’enferre d’elle-niéme lorsqu’elle revient avec empressement se poser sur ses œufs.
Quoique le climat de la France soit beaucoup moins chaud que celui de la Barbarie, on a vu des autruches pondre à la ménagerie de Versailles : mais M.\I. de r.Académie ont tenté inutilement de faire éclore ces œufs par une incubation artificielle, soit en employant la chaleur du soleil, ou celle d un feu gradué et ménagé avec art; ils n’ont jamais pu parvenir à découvrir dans les uns ni dans les autres aucune organisation commencée, ni même aucune disposition apparente à la génération d’un nouvel être : le jaune et le blanc de celui qui avait été exposé au feu s’étaient un peu épaissis; celui qui avait été mis au soleil avait contracté une très-mauvaise odeur; et aucun ne piésemait la moindre apparence d'un fœtus ébauché, en sorte que celte incubation philosophique n’eut aucun succès. M. de Réaumur n’existait pas encore.
Ces œufs sont très-durs, très-pesants et très-gros ; mais on se les représente tpielquefois encore plus gros qu’ils ne sont en effet, en prenant des œufs de crocodile pour des œufs d’autruche : on a dit qu’ils étaient comme la léte d'un enfant, qu’ils pouvaient contenir jusqu’à une pinte de liqueur, (|u’ils pesaient quinze livres, et qu’une autruche en pondait cinquante dans une année : Elien a dit jusqu’à quatre-vingts; mais la plupart de ces faits me paraissent évidemment exagérés : car, 1° comment se peut-il faire qu’un œuf dont la coque ne pè.se pas plus d’une livre, et qui contient au plus une pinte de liqueur, soitdii poids total dequinze livres? il faudrait pour cela (|uc le blanc et le jaune de cet œuf fussent sept fois plus denses que l’eau, trois fois plus ijue le marbre, et à peu près autant que l'étain, ce qui est dur à supposer.
ÿ" En admi'ttant avec Willughby que l'autruche pond dans une année cinquante œufs, pesant quinze livres chacun, il s’ensuivrait que le poids total de la ponte serait de sept cent cinquante livres, ce qui est beaucoup i)Our un animal qui n’en pèse que quatre-vingts.
Il me parait donc qu il y a une réduction considérable à faire, tant sur le poids des œufs ((ue sur leur nombre; et il est fâcheux qu’on n'ait pas de mémoires assez sûrs pour déterminer avec justesse la quantité de celle réduction : on pourrait, en attendant, fixer le nombredes œufs, d’après Aristote, à vingt-cinq ou trente, et d’après les modernes qui ont parlé le plus sagement, à trente-six. En admettant deux ou trois couvées, et douze œufs par ch que couvée, on pourrait encore déterminer le poids de chaque œuf à trois ou quatre livres, en passant une livre plus ou moins pour la coque, et deux ou trois livres pour la pinte de blanc et de jaune qu elle contient : mais il y a bien loin de cette fixation conjecturale à une observation précise. Bcaucotq) de gens écrivent, mais il en est peu qui mesurent, qui pèsent, qui comparent; de quinze ou seize autruches, dont on a fait dissection en différents pays, il n'y en a qu’une seule qui ait été pesée, et c’est celle dont nous devons la description à Vallisnieri. On ne sait pas mieux le temps qui est nécessaire pour l’incubation des œufs : tout ce qu on sait, ou plutôt tout ce qu’on assure, c’est qu'aussitôt que les jeunes autruches sont écloses, elles sont en étal de marcher, et même de courir et de chercher leur nourriture; en sorte que dans la zone torride, où elles trouvent le degré de chaleur qui leur convient et la nourriture qui leur e.st propre, elles sont émancipées en naissant, et sont abandonnées de leur mère, dont les soins leur sont inutiles : mais dans les pays moins chauds, par exemple, au cap de Bonne-Espérance, la mère veille à ses petits, tant que ses secours leur sont nécessaires, et pai tout les soins sont |)roporlionnés aux besoins.
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Les jeunes aulruches sont d’un gris-cendré la première année, ei oui des plumes partout; mais ce sont de fausses plumes qui lomhenl hientoi d’ellesinemes pour ne plus revenir sur les parties qui doivent être nues, comme la tète, le haut du cou, les cuisses, les flancs et le dessous des ailes. Elles sont remplacées surleresiedu corps pardes plumes alternativement blanches et noires, et quelquefois grises par le mélange de ces deux couleurs fondues ensendtie : les plus courtes sont sur la partie inferieure du cou, la seule qui en soit revêtue; elles deviennent plus longues sur le ventre et sur le dos ; les plus longues de toutes sont à l’extrémité de la queue et des ailes, et ce sont les plus recherchées. M. Klein dit, d'après Albert, que les [dûmes du dos sont très-noires dans les mâles, et brunes dans les femelles. Cependant !\I.M. de l Aeadémie qui ont disséqué huit autruches, dont cinq mâles et trois femelles, ont trouvé le plumage à peu près semblable dans les unes et dans les autres; mais on n’en a jamais vu qui eussent des plumes rouges, vertes, bleues et jaunes, comme Cardan semble l’avoir cru, [lar une mé- [irise bien déplacée, dans un ouvrage sur la subtilité.
Hedi a reconnu, par de nombreuses observations, que presque tous les oiseaux étaient sujets à avoir de la vermine dans leurs plumes, et même de [ilusieurs espèces, et que In plupart avaient leurs insectes particuliers, qui ne se rencontraient point ailleurs ; mais il n’en a jamais trouvé en aucune saison dans les aulruches, ([uoiqu’il ait fait ses observations sur douze de ces animaux, dont quelques-uns étaient récemment arrivés de Barbarie.
D’un autre côté, Vallisnieri, qui en a disséqué deux, n'a trouvé dans leur intérieur ni lombrics, ni vers, ni insectes quelconques : il semble qu’aucun de ces animaux n’ait d’apiiétit pour la chair de l’autruche, ([u’ils l’évitent même et la craignent, et que cette chair ait (juelque qualité contraire à leur multiplication, à moins qu'on ne veuille attribuer cet elfct, du moins pour l’intérieur, à la force de restomac eide tous les organes digestifs; car l’autruche a une grande réputation à cet égard : il y a bien des gens encore qui croient qu’elle digère le fer, comme la volaille commune digère les’ grains d'orge; quelques auteurs ont même avancé qu’elle digérait le fer rouge ; maison me dispensera sans doute de réfuter sérieusement celle dernière assertion ; ce sera bien assez de déterminer, d’après les faits, dans ([uel sens on peut dire que l’autruche digère le fer à froid.
Il est certain que ces animaux vivent principalement de matières végétales. qu’ils ont le gésier muni de muscles très-forts, comme tous les granivores, et qu’ils avalent fort souvent du fer, du cuivre, des pierres, du verre, du bois et tout ce qui se présente : je ne nierais pas même qu’ils n’avalasscnt quelquefois du fer rouge, pourvu que ce fût en petite quantité, et je ne pense pas avec cela que ce fût impunément. 11 paraît qu ils avalent tout ce qu’ils trouvent jusqu’à ce que leurs grands estomacs soient entièrement pleins, et ijue le besoin de les lester par un volume suflisant de matière est l’une des princifiales causes de leur voracité. Dans les sujets disséqués par Waren et par Kamby, les ventricules étaient tellement remplis et distendus, que la première idée qui vint à ces deux anatomistes fut de douter que ces animaux eussent jamais pu digérer une telle surcharge de nourriture. Bamhy ajoute que les matières contenues datis ces ventricules paraissent n’avoir subi qu’une légère altération. Vallisnieri trouva aussi le premier ventricule entièrement plein d herbes, de fruits, de légumes, de noix, de cordes, de pierres, de verre, de cuivre jaune cl rouge, de fer, d'étain, de plomb et de bois; il y en avait entre autres un moreeait, et c'éiail le dernier avalé, puisqu’il était tout au-dessus, lequel ne pesait [tas loin d’une livre. MiVl. de l’Académie assurent que les ventricules des huit aulruches