‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 76 sur 525 · LE CASOAR · texte numérisé non relu

LE CASOAR

(le CASOAR A CASQUE OU EîllEU.)

Ordre des échassiers, famille des brévipennes, genre casoar. (Cuvier.)

Les Hollandais sont les premiers qui ont fait voir cet oiseau à l'Europe; ils le rapportèrent de l'île de .lava, en 1597, à leur retour du premier voyage qu'ils avaient fait aux Indes orientales ; les habitants du pays l'appellent eme, dont nous avons fait emeu. Ceux qui l’ont apporté lui ont aussi donné le nonî de cassoware, que nous prononçons casoar, et que j’ai adopté, parce qu il n'a jamais été appliqué à aucun autre oiseau; au lieu que celui d’émeu a été appliqué, quoique mal à propos, au touyou, comme nous l’avons vu cidessus dans l'histoire de cet oiseau.

Le casoar, sans être aussi grand ni même aussi gros que l’autruche, parait |)lus massif aux yeux, parce qu’avec un corps d'un volume presipie égal, il a le cou et les pieds moins longs et beaucoup plus gros à proportion, et la partie du corps plus renflée, ce qui lui donne un air plus lourd.

Celui qui a été décrit par MM. de l’Académie des sciences avait cinq pieds et demi du bout du bec au bout des ongles : celui que Clusius a

* Buffon a co.ifondii presijuc partout di-ux oiseaux Irès-dlirércnts l’un de l’autre; l’aii- Iruclie d’Amérique habite la zone froide cl tcriipcrée de l’Amérique australe, et Icjahiru une partie de la zone lorridc.

DU (’ASOAIl. l/i-ï)

observé était d uii quart plus petit. Iloutiuaii lui donne une grosseur double de celle du cygne, et d'autres Hollandais celle d'un mouton. Cette variété de mesures, loin de nuire à la vérité, est au contraire la seule chose qui puisse nous donner une connaissance approchée de la véritable grandeur du casoar; car la taille d'un seul individu n'est point la grandeur de l’espèce, et l’on ne peut se former une idée juste de celle-ci qu’en la considérant comme une quantité variable entre certaines limites : d'où il suit (|u im naturaliste qui aurait comparé avec une bonne critique toutes les dimensions et les descriptions des observateurs, aurait des notions plus exactes et plus sûres de l'cspéce que chacun des observateurs qui n'aurait connu que l'individu qu'il aurait mesuré et décrit.

Le trait le plus remarquable dans la figure du casoar est cette espèce de casque conique, noir par devant, Jaune dans tout le reste, qui s’élève sur le Iront, depuis la base du bec Jusqu'au milieu du sommet de la tète, et quelquefois au delà : ce cas(|ue est formé par le renllement des os du crâne en cet endroit, et il est recouvert d’une enveloppe dure, composée de plusieurs couches concentriques et analogues à la substance de la corne de bœuf; sa forme totale est à peu près celle d'un cône tronqué, qui a trois pouces de haut, un pouce de diamètre à sa base et trois ligues à sou sommet. Clusius pensait que ce casque tombait tous les ans avec les plumes, lorsque l’oiseau était en mue : mais MM. de l’Académie des sciences ont remarqué, avec raison, que c'était tout au plus l’enveloppe extérieure qui, comme nous lavons dit, l'ait partie des os du crâne; et même ils ajoutent qu’on ne s est point aperçu de la chute de cette enveloppe à la ménagerie de Versailles, pendant les quatre années que le casoar qu’ils décrivaient y avait passées : néanmoins il peut se faire qu’elle tombe en effet, mais en détail, et par une espèce d'exfoliation successive, comme le bcc de plusieurs oiseaux, et que cette particularité ait échappé aux gardes de la ménagerie.

L’iris des yeux est d’un Jaune de topaze, et la cornée singulièrement petite, relativement au globe de l’œil; ce qui donne à l'animal un regard également farouche et extraordinaire. La paupière inférieure est la plus grande; et celle du dessus est garnie, dans sa partie moyenne, d’un rang de petits poils noirs, lequel s’arrondit au-dessus de l'œil en manière de sourcil, et forme au casoar une sorte de physionomie que la grande ouverture du bcc achève de rendre menaçante; les orifices extérieurs des i arines sont fort près de la pointe du bec supérieur.

Dans le bec, il faut distinguer la charpente du tégument qui la recouvre ; cette charpente consiste en trois pièces très-solides, deux desquelles lorment le pourtour, et la troisième l’arète supérieure, qui est beaucoup plus relevée que dans l autruche : toutes les trois sont recouvertes par une membrane qui remplit les entre-deux.

Les mandibules supérieure et inférieure du bec ont leurs bords un peu plus échanciés vers le bout, et paraissent avoir cbacune trois pointes.

La tète et le haut du cou n’ont que quelques petites plumes, ou plutôt quelques petits poils noirs et clair-semés, en sorte que dans ces endroits la peau parait à découvert : elle est de dillércntes couleurs, bleue sur les côtés, d un violet ardoisé sous la gorge, rouge par derrière en plusieurs places, mais principalement vers le milieu : cl ces places rouges sont un peu |)lus relevées que le reste, par des espèces de rides ou de hachures obliques dont le cou est sillonné; mais il faut avouer qu'il y a variété dans la disposition de ces couleurs.

Les trous des oreilles étaient fort grands dans le casoar décrit par MM. de

ISO iiiSToini-: natuueli.h:

I Académie, fort |ieliis dans celui décrit par (llusiiis, niais découverts dans tous deux, et environnés, comme les paupières, de petits poils noirs.

Vers le milieu de la partie antérieure du cou , à l'endroit où commencent les grandes plumes, naissent deux barbillons ronges et bleus, arrondis par le bout, (]ue nonlius mcl dans la ligure immédiatement au-dessus du bec, comme dans les poules. Friscb en a représenté (luatre, deux plus longs sur les côtés du cou, et deux en devant, plus jieiiis et plus courts; le casque parait aussi plus large dans sa ligure, et approebe de la forme d'un turban, il y a au Cabinet du boi une (été qui parait être celle d'un casoar, et qui porte un tubercule dilTérenl du tubercule du ca.soar ordinaire: c’est au temps et à l'observation à nous apiirendre si ces variétés, et celles que nous remarquerons dans la suite, sont conslantes ou non; si (piciques-uncs ne viendraient |)as fin peu d’exaclilude des dessinateurs, on si elles no tiendraient pas à la différence du so.xc ou à fpielfpie autre circonstance. Friscb prétend avoir reconnu, dans deux casoars empaillés, des variétés qui distinguaient le mâle de la femelle; mais il ne dit pas (piclles sont ces dill'érences.

Le casoar a les ailes encore plus petites tpie 1 autruebe, et tout attssi inutiles |)our le vol ; elles sont armées de pi(|Uiiii(s, et mémeim plus grand nombre que celles de rautruclie. Clusius en a trouvé (piatrc à chaque aile, MM. de l'Académie cinq, et on en compte sept bien distincts dans la fit/ure i\c Friscb f)L 10a. Ce sont comme des tuyaux de plumes qui paraissent rouge à leur extrémité, et (pii sont creux dans toute leur longueur; ils contiennent, dans leur cavité, une es|iéce de moelle .semblable à celle des plumes naissantes des antres oiseaux : celui du milieu a près d'un pied de longueur et environ trois lignes de diamètre; c'est le. plus long de tous : l(\s latéraux vont en décroissant de part et d’autre comme les doigts de la main, et à peu prés dans le même ordre. Swammerdam s'eu servait en guise de chalumeau pour souffler dos parties très-délicates, (tomme les tracions des insectes, etc. On a dit que ces ailes avaient été ilonné'es au casoar pour l’aider à aller plus vite; d'autres, qu'il pouvait s'en .servir pour frapper, comme avec des boussines : mais personne ne dit avoir vu quel usage il en fait réellement. Le casoar a encore cela de commun avec l'aulruebe, qu'il n'a qu’une seule espèce de plumes sur tout le corps, aux ailes, autour du croupion, etc.; mais la plupart de ces plumes sont doubles, chaque tuyau donnant ordinairement naissance à deux liges plus ou n.oins longues et souvent inégales entre elles ; elles ne sont pas d'une structure uniforme dans toute leur longueur; les tiges sont plates, noires cl luisantes, divisées par nœuds en dessous, et chaque nœud produit une barbe ou un (iht, avec celte différence que, depuis la racine au milieu de la tige, ces lilels sont plus courts, plus souples, plus branebus et pour ainsi dire duvetés, et d’une couleur de gris tanné; au lieu que, depuis le milieu de la même tige à son extrémité, ils sont plus longs, plus durs et de couleur noire; et comme ces derniers recouvrent les autres et sont les seuls qui itaraissent, le ca.soar, vu de quelque distance, semble être un animal velu, et du même poil que fours ou le sanglier. Les plumes les plus courtes sont au cou, les plus longues autour du croupion, et les moyennes dans l’espace inleniicdiaire : celles du croupion ont jusqu'à quatoize pouces, et retombent sur la partie postérieure du corps; elles tiennent lieu de la queue, qui manque absolument.

il y a, comme à l’aulruebe, un espace calleux et nu sur le sternum, à l'eiidroil où porte le poids du corps lors(|ue l’oiseau est couché, et celle partie est plus saillante et plus relevée dans le casoar que dans l’autruche.

Les cuisses cl les jambes sont revêtues de plumes presque ju.squ’auprés

DU CASOAU. 151

du genou; et ees |duMic,s liraient au gris de cetidre ilans le sujet (d)servé par Clusiiis : les pieds, <pii sont très-gros et très-nerveux, ont trois doigts et non [»as quatre, coinine le dit Boiilius, tous trois dii igés en avant. Les Hollandais raeontoni que le casoar se sert de ses pieds pour sa dél'ense, ruant et frappant par derrière couime un cheval, selon les uns; et, selon les autres, s'élançant en avant contre celui qui l'altaipie, et le renversant avec les pieds, dont il lui frappe rudement la poitrine. Clusius, qui en a vu un vivant dans les jardins du comte de Solins, è la Haye, dit qti il ne se sert point de son bec pour se défendre, mais qu’il se porte ol)li(|uement sur son adversaire, et qu’il le fra[ipeen ruant : il ajoute que le même comte'de Solms lui montra un arbre gros eomnie la cuisse, (pie cet oiseau avait fort maltraite et entièrement ccorebc avec ses pieds et ses ongles. J1 est vrai (pi on n'a pas remarcpié à la ménagerie de Versailles que les casoars qu’on y a gardés fussent si méchants et si forts; mais peut être étaient-ils plus apprivoisé-s que celui de Clusius : d'ailleurs, ils vivaient dans l’abondance et dans une plus étroite captivité; toutes circonstances qui adoucissent à la longue les mmurs des animaux qui ne sont pas absolument féroces, énervent leur courage, abâtardissent leur naturel, et les rendent méconnaissables au travers tb^s habitudes nouvelleinenl actpiises.

Les ongles du easoar sont très-durs, noirs au dehors et blancs en dedans. Linnæiis dit tpi'il frappe avec l'ongle du milieu, qui est le plus grand; cependant les descriptions et les figures de MAI. de l’Académie cl de Al. Hrisson représentent l’ongle du doigt intérieur coininc le plus grand, et il l'est en ell'ei.

Son allure est bizarre; il semble qu'il rue du derrière, faisant en même temps un demi-saut en avant ; mais malgré la mauvaise grâce de sa démarche, on prétend «pnl court plus vite que le meilleur coureur. La vitesse est tellement l’altribul des oiseaux, que les plus pesants de celte famille sont encore plus légers à la course que les plus légers d’entre les animaux terres- Ires.

Le casoar a la langue dentelée sur les bords, et si courte, qu’on a dit de lui, connue du coq de bruyère, qi;’il n’en avait point ; celle qu’a observée Al. Perrault avait seulement un pouce de long et huit lignes de large. Il avale tout tîc qu’on lui jette, c'est-à-dire tout corps dont le volume est proportionné à rouverture de sou bec. Frisch ne voit avec raison dans cette habitude (pi’un trait de conformité avec les gallinacés, qui avalent leurs aliments tout entiers, et sans les briser dans leur bec : mais les Hollandais, qui paraissent avoir voulu rendre plus intéressante I bistoire de cet oiseau, (léji'i si singulier, en y ajoutant du merveilleux, n'ont pas mampié de dire, comme on l’a dit de l’autruche, qu’il avalait non-seulement les pierres, le for, les glacîons, etc., mais encore des charbons ardents, et sans même en paraître incommodé.

On dit aussi qu'il rend très-promptement ce qu'il a pris, et quelquefois des pommes de la grosseur du poing, aussi entières qu'il les avait avalées : et en effet, le tube intestinal est si court, que les aliments doivent passer très-vite; et ceux qui, par leur dureté, sont capables de ([uehiue résistance, doivent éprouver peu d’altération dans un si petit trajet, surtout lors(iue les fonctions de l’estomac sont dérangées par quelque maladie. Un a assuré à Clusius que, dans (io cas, il rendait quelquefois les œufs de poule, dont il était fort friand, tels qu'il les avait pris, c’est-à-dire bien entiers avec la coque, et que, les avalant une seconde fois, il les digérait bien. Le fond de la nourriture de ce même casoar, qui était celui du comte de Solms, était du pain blanc coupé par gros morceaux, ce qui prouve qu'il est frugivore, ou plutôt

V6'û llkSTOllŒ iNATljllI'lLLIi:

qu'il est omnivore, puisqu’il dévore en effet tout ce qu’on lui présente, et que, s’il a le jabot et le double estomac des animaux qui vivent de matières végétales, il a les courts intestins desanimaux carnassiers. Le tube intestinal de celui qui a été disséqué par MM. de l’Académie avait quatre pieds huit pouces de long et deux pouces de diamètre dans toute son étendue; le cæcum était double et n’avait pas plus d’une ligne de diamètre sur trois, quatre ou cinq pouces de longueur. A ce compte, le casoar a les intestins treize fois plus courts que l autruche, ou du moins de celles qui les ont le plus longs; et par celte raison il doit être encore plus vorace et avoir plus de disposition à manger de la chair ; c’est ce dont on pourra s'assurer lors- (|u’au lieu de se contenter d’examiner les cadavres, les observateurs s'attacheront à étudier la nature vivante.

Le casoar a une vésicule du fiel, et son canal, qui se croise avec le canal hépatique, va s insérer plus haut que celui-ci dans le duodénum, et le pancréatique s insère encore au-dessus du cyslique; conl'ormatioti absolument différente de ce qu’on voit dans l’autruche. Celle des parties de la génération du mâle s’en éloigne beaucoup moins : la verge a sa racine dans la partie supérieure du rectum; sa forme est celle d’une pyramide triangulaire, large de deux pouces à sa base cl de deux lignes à son sommet; elle est composée de deux ligaments cartilagineux très-solides, forlcmeui attachés l'un à rature en dessus, mais séparés en dessous, et laissant entre eux un demi-canal qui est revêtu de la peau : les vaisseaux déférents cl les uretères n'ont aucune communication apparente avec le canal de la verge ; en sorte que celte partie, qui paraît avoir quatre fonctions principales dans les animatix quadrupèdes, la première de servir de conduit à l'urine, la seconde de porter la liqueur séminale du mâle dans la matrice de la femelle, la troisième de contribuer, par sa sensibilité, à l'émission de cette liqueur, la quatrième d’exciter la femelle, par son action, à répandre la sienne, semble cire réduite, dans le casoar et rautruebe, aux deux dernières fonctions, qui sont de produire dans les réservoirs de la liqueur séminale du mâle et de la femelle les mouvements de correspondance nécessaires pour l’émission de celle liqueur.

On a rapporté à Clusius que, l’animal étant vivant, on avait vu quelquefois sa verge sortir par l’anus ; nouveau trait de ressemblance avec l'autruche.

Les œufs de la femelle sont d un gris de cendre tirant au verdâtre, moins gros et plus allongés que ceux de l’autruche, et semés d'une multitude de petits tubercules d un vert foncé; la coque n'en est pas fort épaisse, selon Clusius, qui en a vu plusieurs; le plus grand de tous ceux qu'il a observés avait quinze pouces de tour d’un sens et un peu plus de douze de l'autre.

Le casoar a les poumons et les dix cellules à air comme les autres oiseaux, et particulièrement comme les oiseaux pesants; cette bourse ou membrane noire propre aux yeux des oiseaux, et cette paupière interne qui, comme on sait, est retenue dans le grand angle de l'œil des oiseaux par deux muscles ordinaires, et qui est ramenée par instants sur la cornée, par l’action d'une espèce de poulie musculaire, qui mérite toute la curiosité des anatomistes.

Le midi de la partie orientale de l’Asie parait être le vrai climat du casoar; son domaine commence, pour ainsi dire, où finit celui de l’autruche, qui n'a jamais beaucoup dépassé le Gange, comme nous l'avons vu dans son histoire ; au lieu que celui-ci se trouve dans les îles Moluques, dans celles de Banda, de Java, de Sumatra, et dans les parties correspondantes du continent. Mais il s en faut bien que celle espèce soit aussi multipliée dans son district que rautruebe l'est dans le sien, puisque nous voyons un roi de Joardam, dans 1 ile de Java, faire présent d'un casoar à Sccllinger, capitaine de vaisseau

DU DHÜATIÎ. Ui5

liollaiiclais, comme d'un oiseau rare : In raison en est, ee me semble, (|ue les Indes orientales sont beaucoup plus peuplées que rA(Vi(|ue; et l'on sait qu à mesure que I bomme se multiplie dans une contrée, il détruit ou fait fuir devant lui les animaux sauvages, qui vont toujours cherchant des asiles plus paisibles, des terres moins habitées ou occupées par des peuples moins policés, et pai- conséquent moins destructeurs.

Il est remarquable que le casoar, raulruche et le touyou, les trois plus gros oiseaux que l'on connaisse, sont tous trois attachés au climat de la zone torride, qn ils semblent s'étre partagée entre eux, et où ils se main tiennent chaeun dans leur terrain, sans se mêler ni se surmarcher; tous trois véritablement terrestres, incapables de voler, mais courant d'une très-grande vitesse; tous trois avalent à peu près tout ce (|u'on leur jette, grains, herbes, chairs, os, pierres, cailloux, fer, glaçons, etc. ; tous trois ont le cou plus ou moins long, les pieds hauts et très-forts, moins de doigts que la plupart des oiseaux, et rautruche encore moins que les deux autres; tous trois n’ont de plumes que d'une seule sorte, dilîérentes des plumes des autres oiseaux, et dilférentes dans chacune de ces trois espèces; tous trois n’en ont point du tout sur la léie et le haut du cou, manquent de queue proprement dite, et nont(]ue des ailes imparfaites, garnies de quelques tuyaux sans aucune bai be, comme nous avons i-emaniué (|ue les quadrupèdes des pays chauds avaient moins de poils que ceux des régions du nord; tous trois, en un mot. paraissent être la production naturelle et propre de la zone torride. Mais, malgré tant de rapports, ces trois espèces sont différenciées par des caractères trop frappants pour qu’on puisse les confondre. L’autruche se distingue du casoar et du touyou par sa grandeur, par ses pieds de chameau et par la nature de scs plumes; elle dilfère du casoar, en particulier, par la nudité de ses cuisses et de ses lianes, par la longueur et la capacité de ses intestins, et parce qii elle n'a point de vésicule du flel ; et le casoar diffère du touyou et de l'autruelie (larses cuisses couvertes de plumes presque jusqu’au tarse, jiar les barbillons rouges qui lui tombent sur le cou, et par le casque qu'il a sur la tète.

Mais j'aperçois encore dans ee dernier caractère distinctif une analogie avec les deux autres espèces : car ce casque n'est autre chose, comme on sait, qu'un renllement des os du crâne, lequel est recouvert d'une enveloppe de corne; et nous avons vu, dans I histoirede l autruche et du touyou, que la partie supérieure du crâne de ces deux animaux était pareillement munie d'une plaque dure et calleuse.

LK DHONTE.

Ordre des échassiers, famille des brevipennes, genre casoar (Cümiîk *.)

On regarde communément la légèreté comine un attribut propre aux oiseaux : mais, si l’on voulait en faire le caractère de cette classe, ledronte n'aurait aucun titre pour y être admis; car loin d'annoncer la légèreté par ses proportions ou par ses mouvements, il parait lait exprès pour nous donner l'idée du plus lourd des êtres organisés. Ileprésentcz-vous un corps massif et presque cubique, à peine soutenu sur deux piliers très-gros et très-courts,

' M. G. Cuvier et plusieures autres naturalistes regardent l’existeacc de cet oiseau comme très-douteuse.

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