‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 77 sur 525 · IIISTOIRIÏ iNAlUlUil.Llî · texte numérisé non relu

IIISTOIRIÏ iNAlUlUil.Llî

surmoiilc d'une lète si cxlraordiimire, i|u’oii la preiidiail pour la ranlaisie d’un peintie de grolestpies; celte léle, portée sur un cou renforce et goiireux, consiste presfiue tout entière dans un bec cnorine où sont deux gros yeux noirs entourés d’un cercle blanc, et dont l’ouverture des mandibules se prolonge bien au delà des yeux, et presque jus(|u aux oreilles; ces deux mandibules, concaves dans le milieu de leur longueur, renflées par les deux bouts, et recourbées à la pointe en sens conlraii e, ressemblent à deux cuillers pointues, qui s’appliquent l’une à l’autre à la convexité en dehors : de tout cela, il résulte une physionomie stupide et vorace, et qui, pour comble de difformité, est accompagnée d'un bord de plumes, lequei.suivant le contour de la base du bec. s'avance en pointe sur le front, puis s’arrondit autour de la face en manière de capuchon, d'où lui est venu le nom de cijtjne encapuchonné {eyenus cucullatus.)

La grosseur, qui, dans les animaux, suppose la force, ne produit ici que la pesanieur. L’autruche, letouyou, lecasoar, nesont pas plus en état de voler que le dronle; mais du moins ils sont très-vites à la course, au lieu que le (irontc parait accable de son propre poids, et avoir à peine la force de se traîner : c'est dans? les oiseaux ce que le paresseux est dans les quadrupèdes ; on dirait qu’il est composé d’une matière brute, inactive, où les molécules vivantes ont été trop épargnées. Il a des ailes, mais ces ailes sont trop courtes et trop faibles pour l'élever dans les airs; il a une queue, mais cette queue est disproportionnée et hors de sa place : on le prendrait pour une tortue qui se serait affublée de la dépouille d'un oiseau; et la nature, en lui accordant ces ornements inutiles, semble avoir voulu ajouter l'embarras à la pesanteur, la gaucherie des mouvements à l’inertie de la masse, et rendre sa lourde épaisseur encore plus choquante, en faisant souvenir qu il est un oiseau.

Les premiers Hollandais qui le virent dans l'ile Maurice, aujonrd hui rile de France, l’appelèrent walyh-voyel, oiseau de dégoût , autant à cause de sa figure relmtante que du mauvais goût de sa chair : cet oiseau bizarre est très-gros, et n’est surpassé, à cet égard, que par les trois précédents; car il surpasse le cygne et le dindon.

M. Ihisson tlonne pour un de ses caractères, d'avoir la partie inférieure des jambes dénuée de plumes; cependant la planche eexetv d’Ldwards le représente avec des plumes, non-seulement jusqu’au bas de la jambe, niais encore jusqu’au-dessous de son articulation avec le tarse. Le bec supérieur est noirâtre dans toute son étendue, excepté sur la courbure de son crochet, où il y a une tache rouge; les ouvertures des narines sont à peu près, dans sa partie moyenne, tout proche de deux replis transversaux qui s'élèvent en cet endroit sur sa surface.

Les plumes du dronte sont, en général, fort douces; le gris est leur couleur dominante, mais plus foncé sur toute la partie supérieure et au bas des jambes, et plus clair sur l'estomac, le ventre et tout le dessous du corps : il y a du jaune et du blanc dans les plumes des ailes et dans celles de la queue, qui paraissent frisées, et sont en fort petit nombre. Clusius n'en compte que quatre ou cinq.

Les pieds et les doigts sont jaunes, et les ongles noirs : chaque pied a quatre doigts, dont trois dirigés en avant, et le quatrième en arrière; cest celui-ci qui a l'ongle le plus long.

Quelques-uns ont prétendu que le dronte avait ordinairement dans l’cstomac une pierre aussi grosse que le poing, et à laquelle on n a pas manqué d'attribuer la même origine, les mêmes vertus (|u’aux bézoards; mais Clusius, qui a vu deux de ces pierres, de forme et de grandeur différentes, pense

DU SOI.ITAIHK ET DE EOlSE VU DE NAZARETH. 155

que l’oiseau les avait avalées comme foui les granivores, et qu’elles ne s’étaient point formées dans son cstotnac.

Le (Ironie parait propre et particulier auxîlcsde France et de Bourbon et probablement aux terres de ce continent (jui en sont les moins éloignées; mais je ne sache pas qu’aucun voyageur ait dit l’avoir vu ailleurs que dans ces deux iles.

Quelques Hollandais l’ont nommé dodarse ou dodaers; les Portugais et les Anglais dodo : dronte est son nom original, je veux dire celui sous le(|uel il est connu dans le lieu de son origine; et c’est par cette raison que j‘ai cru devoir le lui conserver, et parce qu’ordinairement les noms imposés par les peuples simples ont rapport aux propriétés de la chose nommée. On lui a encore a|ipliqué les dénominations de cjj(/ne à capuchon, dî autruche encapuchonnée, de coq étram/er, de walgh-vogel; et M. iMoebring, qui n’a trouvé aucun de ces noms à son goût, a imaginé celui de ruphus, que M. Bri.s.son a adopté pour son nom latin, comme s il y avait (|uclque avantage à donner au même animal un nom diirérent dans chaque langue, et comme si l'eflét de cette multitude de synonymes n’était |)as (I cmbarrasscr la science et de jeter de la confusion dans les choses. Ne multiplions pas les êtres, disaient autrel'ois les philosophes ; mais aujourd’hui on doit dire et répéter sans cesse aux naturalistes : Ne multipliez pas les noms sans nécessité.

LE vSOLlTAIRE ET L’OISEAU DE NAZARETH *.

Le solitaire dont parlent Léguât et Carré, et l'oiseau de Nazareth dont parle Fr. Gauche, paraissent avoir beaucoup de rapports avec le dronte : mais ils en difl'èrenl aussi en plusieurs points; et j ai cru devoir rapporter ce qu'en disent ces voyageurs, parce que, si ces trois noms ne désignent (|u’une seule et unique espece, les relations diverses ne pourront qu en compléter l'histoire; et si, au contraire, ils désignent trois espèces dill'érentes, ce que j’ai à dire pourra être regardé comme un commencement d histoire de chacune, ou du moins comme une notice de nouvelles espèces à examiner, de même que l’on voit dans les cartes géographiques une indication des terres inconnues. Dans tous les cas, ce sera un avis aux naturalistes qui se trouveront à portée d’observer ces oiseaux de plus près, de les comparer, sil est possible, eide nous en donner une connaissance plus distincte et plus précise. Les seules questions que I on a faites sur des choses ignorées ont valu souvent plus d’une découverte.

Le solitaire de l’ile Rodrigue est un très-gros oiseau, puisqu'il y a des mâles qui pèsent jusqu’à quarante-cinq livres : le plumage de ceux-ci est ordinairement mêlé de gris et de brun ; mais dans les femelles, c'est tantôt le brun et tantôt le jaune blond qui domine. Carré dit que le [tlurnage de ces oiseaux est d'une couleur changeante, tirant sur le jaune, ce qui convient à celui de la femelle, et il ajoute qu’il lui a paru d'une beauté admirable.

Les femelles ont au dessus du bec comme un bandeau de veuve; leurs plumes se renflent des deux côtés de la poitrine en deux toulTes blanches, qui représentent imparfaitement le sein d une femme; les plumes des cuisses s’arrondissent par le bout en forme de coquilles, ce qui fait un fort bon ell'et; et, comme si ces femelles sentaient leurs avantages, elles ont grand

’ M. Cuvier regarde l'existence de ces oiseaux comme plus douteuse encore qim celle du dronte.

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soin ti itri'iiMocr leur pliimogo, de K' polir avec le hoe, et de l’ajuster pres- (jiie eontiniiellemeni, en sorte (prune plunie ne passe pas ranire. lilles ont, selon l,('gnat, l’air noble et gracieux tout ensemble; et ce voyageur assure (pie souvent leur bonne mine leur a sauvé la vie. Si cela est ainsi, et ipie le solitaire et le drontc soient de la même espèce, il faut admettre une tKxs-grande dilférence entre le mâle et la femelle quant à la bonne iniue.

(.et oiseau a qmdipie rapport avec le dindon; il en aurait les pieds et le bec, si ses pieds n élaieiit pas plus élevés et son bec plus croebu ; il a aussi le cou plus long proporlionnelbîment, l'œil noir et vif, la tête sans crête ni huppe, ( t firesqne point de queue; son derrière, qui est arrondi à (leu pr(*s comme la croupe d'un cJieval, est revêtu de ces plumes epron appelle couver lures.

be solitaire ne |)eut se servir de ses ailes pour voler; mais elles ne lui sont pas inutiles <à d’autres (‘gards. L os de l’aileron se rende à son extrénnié en une espèce de bouton sphérique qui se cache dans les plumes et lui sert à deux usages : premièrement pour se défendre, comme il fait aussi avec le bec ; en second lieu pour faire une espèce de battement ou de moulinet, en pirouettant vingt ou irenie fois du meme côté dans IVspaee de quatre à eiiK] ininutes : c’est ainsi, dit-on, que le mâle rappelle sa (annpagne, avec un bruit qui a du rapport à celui d'une crécelle, et s'entend de deux cents pas.

On voit rarement ces oiseaux en troupes, quoiipte respcce soit assez nombreuse; quelqms-uns disent même qu’on n’en voit guère deux ensendde.

Ils cherchent les lieux écartés pour faire leur ponte : ils construisent leur nid de feuilles de palmier amoncelées à la hauteur d’un pied et demi : la femelle pond dans ce nid un œuf beaucoup plus gros qu'un œuf d’oie, et le mâle partage avec elle la fonction de couver.

Pendant tout le Umips de l'incubation, et même celui de l'éducation, ils ne soulfrcnt aucun oiseau de leur espèce à plus de deux cents pas à la ronde : et l'on prétend avoir remari|ué ipie c’est le mâle qui chasse les mâles, cl la femelle qui chasse les femelles; remarque difficile à faire sur un oiseau qui passe sa vie dans les lieux les jilus sauvages et les plus écartés.

I. œuf car il parait que ces oiseaux n en fiondcnl qu'un, ou plutôt n'en couvent qu'un à la fois; l'œuf, dis je, ne vient à éclore r|u au bout de sept semaines, et le petit n’est en état de pourvoir à ses besoins que plusieurs mois après : pendant tout ce temps, le pthe et la mère en ont soin ; et cette seule eircoiistance doit lui procurer un iiistinel plus perfectionué que celui de l’autruche, laquelle peut en naissant subsister par elle-même, et qui, n'ayant jamais besoin du secours de ses père et mère, vit isolée, sans aucune habitude intime avec eux, cl se prive ainsi des avantages de leur société, qui, comme je l’ai dit ailleurs, est la première éducation des animaux et <<elle qui développe le [dus leurs qualiiés naturelles : aussi raiitruche pa.s.se i-elle pour le plus stupide des oiseaux.

l>ors(|ue réducation du jeune solitaire est finie, le père et la mère demeurent loujours unis et fidèles l’un à l'autre, quoiqu’ils aillent quelquefois se mêler parmi d’autres oiseaux de leur espèce : les soins ipi ils ont donnés en commun au fruit de leur union semblent en avoir resserré les liens; et lorsipie la .saison les y invite, ils recommencent une nouvelle ponte.

Ou assure qu’à tout âge on leur trouve une pierre dans le gésier, comme au (Ironte : cette pierre est grosse comme un (cuf de poule, [date d'un côté, eonu'xe de rautre; un peu raboteuse et assez dure pour servir de pierre à aiguiser : ou ajoute que cette pierre est toujours seule dans leur esiomae et

l)U SüLlTAIIlli l£ I' Dii L'OlSIvVlJ DK ÎVAZVKKTII. I,)7

qu elle est trop grosse pour pouvoir passer par le canal ititermédiaire qui fait la seule comnuinicalion du jabot au gésier; d'où I'üii voudrait conclure que cette pierre se forme naturellement et à la manière des bézoards dans le gésier du solitaire; mais pour moi j’en conclus seulement que cet oiseau est granivore, qu’il avale des pierres et des cailloux comme tous les oiseaux de celte classe, notamment comme rautruclie, le toiiyou, le casoar et le droiiie, et que le canal de communication du jabot au gésier est susceptible d’une dilatation plus grande que ne l’a cru Léguai.

Le seul nom de solitaire indi(|ue un naturel sauvage : et comment ne le serait-il pas? Comment un oiseau qui compose lui seul toute la couvée, et qui, par conséquent, passe les premiers temps de sa vie sans aucune soerélé avec d autres oiseaux de son âge, et n'ayant qu’un commerce de nécessité avec scs père et mère, sauvages eux-mêmes, ne serait-il pas maintenu par I exemple et par l’habitude? On sait combien les habitudes premières ont d inlliieneesnr les premières inclinations qui forment le naturel : et il est à présumer que toute espèce où la femelle ne couvera qu’un œul à la fois, sera sauvage comme notre solitaire : cependant il parait encore plus timide que sauvage, car il se laisse approcher et s'approche même assez familièrement, surtout lorsqu’on ne court pas après lui, et qu’il n'a pas encore beaucoup d’expcricnce; mais il est impossible de l’apprivoiser. On l'altrappe difliciloment dans les bois, où il peut échapper aux chasseurs par la ruse et par son adresse à se cacher; mais, comme il ne court pas fort vite, on le prend ai.sémenl dans les plaines et dans les lieux ouverts. Quand on l'a arrêté, il ne jette aucun cri, m us il laisse tomber des larmes, et refuse opiniàtrément toute nourriture. M. Caron, dintcteiir de la conipagine des Indes à Madagascar, en ayant fait embarquer deux venant de file de Bourbon, pour les envoyer au roi, ils moururent dans le vaisseau sans avoir voulu boire ni manger.

Le temps de leur donner la chasse est depuis le mois de mars au inois de septembre, qui est l'hiver des contrées qu'ils habitent, et qui est aussi le temps où ils sont le plus gras : la chair des jeunes surtout est d’un goût excellent.

'l’elleesl l'idée que Léguai nous donne du solitaire : il en parle non-seulemcnl comme témoin oculaire, mais comme un observateur qui s’était attaché pariicidièrement et longtemps à étudier les mœurs et les hahiiudes de cet oiœau; et en clïet, .sa relation, quoique gâtée en quebpies endroits par des idées fabuleuses, contient néanmoins plus de détails historiipics sur le solitaire que je n'en trouve dans une foule d écrits sur des oiseaux plus généralement et plus anciemiemeiii connus. On parle de l'autruche depuis trente siècles, et l'on ignore encore aujourd’hui combien elle pond d’œufs et combien elle est de temps à les couver.

I., 'oiseau de Nazareth, appelé sans doute ainsi par corruption, pour avoir été trouvé dans l’ile de iVazare, a été observé par Fr. Gauche dans file Jlauriee, aujourd hui file Française; c’est un très-gros oiseau, et plus gros qu’un cygne : au lieu de plumes il a tout le corps couvert d’un duvet noir; et cependant il n'est pas absolument sans plumes; car il en a de noires aux ailes et de frisées sur le croupion, qui lui tiennent lieu de (pieue : il a le bec gros, recourbé un peu par-dessous ; les jambes (c’est-à-dire les pieds) hautes et couvertes d’écailles, trois doigts à cha(|ue pied, le cri de l’oison, et sa chair est médiocrement bonne.

La femelle ne pond qu’un œuf, et cet œuf est blanc et gros comme un pain d’un sou ; on trouve ordinairement à côté une pierre blanche de la grosseur d’un œuf de poule; et peut-être celte pierre fait-elle ici le meme

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effet que ces œufs de crnie hlaiiche que les fermières ont coutume de mettre da«s le nid où elles veulent faire pondre leurs poules : celle de Nazare pond à terre dans les forêts, sur de petits tas d’herbes et de feuilles (]u’elle a formés; si on tue le jtetii. on trouve une pierre grise dans son gésier. La figure de cet oiseau, est-il dit dans une note, se trouve dans le Journal de la seconde nam^ation des Hollandais attx Indes orientales', et ils rappellent oiseau de Nausée : ces dernières paroles semblent décider la question de l identité de l’espèce entre le dronie et l’oiseau de Nazare, et la prouveraient en effet si leurs descriptions ne présentaient des différences essentielles, notamment dans le nombre des doigts; mais, sans entrer dans cette discussion particulière et sans prétendre résoudre un problème où il n’y a pas encore assez de données, je nie contenterai d'indiquer ici les rapports et les différences qui résultent de la comparaison des trois descriptions.

Je vois d’abord , en comparant ces trois oiseaux à la fois, qu’ils appartiennent au même climat et presque aux mêmes contrées : car le drontc habite 1 île de Bout bon et l’ile Française, à laquelle il semble avoir donné son nom d Ile aux Cygnes, comme je 1 ai remarqué plus haut. Le solitaire habitait I île Rodrigue dans le temps qu’elle était entièrement déserte, et on l’a vu dans I ile Bourbon; 1 oiseau de Nazare se trouve dans l ile de Nazare, d’où il a tiré son nom, et dans 1 île Française : or, ces quatre îles sont voisines les unes des autres; et il est à remarquer qu’aucun de ces oiseaux n’a été aperçu dans le continent.

Ils se ressemblent aussi tous trois pbts ou moins par la grosseur, par 1 impuissance do voler, par la forme des ailes, de la queue et du corps entier; et on leur a trouvé à tous une ou [ilusieurs pierres dans le gésier, ce qui les suppose tons trois granivores : outre cela,ilsont tous trois une allure fort lente; car, quoique Léguât ne dise rien de celle dti solitaire, on peut juger, par la figure qu il donne de la femelle, que c’est un oiseau très pesant.

Comparant ensuite ces memes oiseaux pris deux à deux, je vois que le jilumage du dronte se rafiproche de celui du solitaire pour la couleur, et de celui de l’oiseau de Nazare pour la qualité de la plume qui n’est que du duvet, et que ces deux derniers oiseaux conviennent encore en ce qu’ils ne pondent et ne couvent qu’un œuf.

Je vois de plus qu’on a appliqué au dronte et à l’oiseau de Nazareth le même nom d'oiseau de dégoût.

Voilà les rapports, et voici les différences :

Le solitaire a les plumes de la cuisse arrondies par le bout en coquilles; cequi suppose devéritables plumes comtne en ont ordinairenientles oiseaux, et non du duvet, comme en ont le dronte et l’oiseau de Nazare.

La femelle du solitaire a deux loudes de plumes blanches sur la poitrine : on ne dit rien de pareil de la femelle des deux autres.

IjC dronte a les plumes qui bordent lu base du bec disposées en manière de capuchon; et cette disposition est si frappante, qu’on en a fait le trait caractéristique de sa dénomination {eyenus cucullatus) ; de plus, il a les yeux dans le bec, cequi n’est pas moins frappant; et I on peut croire que Léguât n’a rien vu de pareil dans le solitaire, puisqu’il se contente de dire de cet oiseau, qu'il avait tant observé, (|uc sa tète était sans crête et sans huppe ; et Gauche ne dit rien du tout de celle de l'oiseau de Nazare. ^

Les deux derniers sont haut montés, au lieu que le dronte a les pieds très-gros et très-courts.

Celui-ci et le solitaire, (fu’on dit avoir à peu près les pieds du dindon, ont quatre doigts, et 1 oiseau de Nazare n en a (jue trois, selon le témoignage de Caucbc.

DK LOUTAHDK. 159

Le üoliliiire îi nu balteiijenl d'ailes irès-remarquable, et qui n’a poiiil êlé remar(|nc dans les deux autres.

Enlin, il paraît que la ebair des solitaires, et surtout des jeunes, est excellente; (pie celle de l’oiseau de Nazare est médiocre, et celle du dronte mauvaise.

Si cette comparaison, qui a été faite avec la plits grande exactitude, ne nous met pas eti état de prendre un parti sur la (piestion pi oposée, c'est parce que les observations ne sont ni assez muitipliéi^s ni assez sûres. Il serait doncà désirer que les voyageurs, et surtout les naturalistes qui se trouveront à portée, examinassent ces trois oiseaux et qu’ils en fissent tine description exacte, qui porterait principalement : sur la forme de la tète et du bec; sur la qualité des plumes; sur la forme et les dimensions des pieds; sur le nombre des doigts; sur les dilï’érences qui se trouvent entre le mâle et la femelle, etilre les poussins et les adultes; sur leur façon de mareber et de courir, en ajoutant, autant qu’il serait possible, ce que loti sait dans le pays sur leur génération, e’esl-à-dire sur leur manière de se rappeler, de s’accoupler, de faire leur nid et de couver; sur le nombre, la forme, la couleur, le poids et le volume de leurs œufs; sur le temps de l’incubation; sur leur manière d’élever leurs petits; sur la façon dont ils se nourrissent euxmèmes; enfin, sur la forme et les dimensions de leur estomac, de leurs intestins cl de leurs parties sexuelles.

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