DU CHARBON DE TERRE
Nous avons vu, dans l’ordre successif des grands travaux de la nature, (|ue les roclies > itreuses ont été les premières produites par le feu primitif ; qu’ensuite les grès, les argiles et les schistes, se sont formés des débris et de la détérioration de ces mêmes roches vitreuses, par l’action de ces éléments humides, dès les premiers temps après la chute des eaux et leur établissement sur le globe; qu’alors les coquillages marins ont pris naissance et se sont multipliés en innombrable quantité, avant et durant la retraite de ces mêmes eaux; que cet abaissement des mers s’est fait successivement, par l’affaissement des cavernes et grandes boursoutlurcs de la terre qui s’étaient formées au moment de sa consolidation, par le premier refroidissement; qii’ensuile, à mesure que les eaux laissaient en s’abaissant les parties hautes du globe à découvert, ces terrains élevés se couvraient d’arbres et d’autres végétaux, lesquels, abandonnés à la seule nature, ne croissaient et ne se multipliaient que pour périr de vétusté et pourrir sur la terre, ou pour être entraînés par les eaux courantes au fond des mers; qu’entin ces mêmes végétaux, ainsi que leurs détriments en terreau et en limon, ont formé les dépôts en amas ou en veines, que nous retrouvons
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aujourd’hui dans le sein de la terre sous la forme de charbon; nom assez impropre, parce qu’il parait supposeï' que cette matière végétale a clé attaquée et cuite ])ar le feu, tandis qu’elle n’a snl)i qn’un plus ou moins grand degré de déconqiosilion par Thurnidité, et qu’elle s’est conservée au moyen de son huile convertie parles acides en bitume.
Les débris et résidus de ces immenses fôrels et de ce nombre infini de végétaux, nés plusieurs centaines de siècles avant l’homme, et chaque jour augmentés, multipliés sans déperdition, ont couvert la surface de la terre de couches limoneuses, qui de mente ont été enlrainces par les eaux, et ont formé en mille et mille endroits des dépôts en masse et des 'couches d’une très-grande étendue sur le fond de la mer ancienne; et ce sont ces mêmes couches de matière végétale (pie nous retrouvons aujourd’hui à d’assez grandes profondeurs dans les argiles, les schistes, les grès et autres malières de seconde formation qui ont été également transportées et déposées par les eaux : la formation de ces veines de charbon est donc bien postérieure à celle des matières primitives, puisqu’on ne les trouve qu'avec leurs détriments et dans les couches déposées par les eaux, et que jamais on n’a vu une seule veine de ce charbon dans les masses primitives de quariz ou de granit.
Comme la masse entière des couches ou veines de charbon a été roulée, transportée et déposée par les eaux en même temps et de même manière que toutes les autres matières calcaires ou vitreuses réduites en poudre, la substance du charbon se trouve presque toujours mélangée de malières hétérogènes, et selon qu’elle est plus pure, elle devient plus utile cl plus propre à la préparation qu’elle doit subir pour pou\ oir remplacer comme combustible tous les usages du bois : il y a de ces charbons qui sont si mêlés de poudre de pierre calcaire * qu’on ne peut en faire (juc de la chaux, soit qu’on les brûle en grandes ou en petites masses; il y en a d’autres qui contiennent une si grande quantité de gi-ès que leur résidu, après la combustion, n’est qu’une espèce de sable vitreux : plusieurs autres sont mélangés de matière pyrileuse; mais tous, sans excej)tion, tirent leur origine des inalièi'cs végétales et animales dont les huiles et les graisses se sont converties en bitume
* A Alais et dans plusieurs autres endroits du Languedoc, on fait de la chaux avec le charbon même, sans autre pierre ni matières calcaires que celles qu’il contient, et aussi sans autre substance combustible que son propre bitume, qui, après s’être consumé, laisse à nu la liase calcaire quoie charbon contenait en grande quantité.
M. de Gensanne distingue cinc] espèces de chai bon de terre, (|ui sont : 1” la bouille; 2" le charbon de terre cubique, qu’on appelle au.ssi varrê; 5« le cbai bon à facettes ou ardoisé ; 4° le charbon jayet; ÎJ" le bois fossile. (iWtf. Je dois observer que Jl. de Gensanne est le seul des minéralogistes qui ait présenté cette division des charbons de terre, dans laquelle le bois fossile no doit pas être compris tant qu’il n’est pas bitumineux.)
La bouille est une terre noire, bitumineuse et condjustililc ; elle se trouve toujours fort près de la surface de Li terre et voisine des véritables veines de cbarbon..... Le charbon île terre
Il y a donc beaucoup de charbons de terre trop impurs, pour pouvoir ê(re pi'éparés et substitues aux iiicincs usages que le cliarbou de bois ; celui qu’ou pourrait ap[)clcr picr ne serait, pour ainsi dire, (|ue du bitume comme le jayet qui me parait faire la nuance entre les bitumes et le charbon de terre : mais, dans les meilleurs charbons, il sc trouve toujours queh]ue8-nne8 des matières étrangères dont nous venons de parler, et qu’il est difficile d’en séi)arer; la qualité du cbarbon est souvent détériorée par l’efllorescence des j)) rites martiales occasionnée par l’humidité de la terre : comme cette efllorcscence ne se fait point sans mouvement et sans chaleur, c’est toujours aux dépens du charbon, parce que souvent cette chaleur le pénètre, le consume et le dessèche. Et lorsqu’on lui fiut subir une demi combustion semblable à celle du bois qu’on cuit en charbon, l’on ne fait que lui enlever et convertir en s apeurs de soufre les parties pyrilcuses, qui souvent y sont trop abondantes.
31ais avant de parler de la préparation et des usages infiniment utiles de ce charbon, il faut d’abord en considérer la substance dans son état de nature J il me j)arait certain comme je viens de le dire, que la matière qui en fait le fond est entièrement végétale. .l’ai cité * les faits par les- (picls il est prouvé qu’au-dessus du toit et dans la convertnre de la tête de toutes les veines de charbon il se trouve des bois fossiles et d’autres ^ égètaux dont l'organisation est encore reconnaissable, et (|ue souvent même on y rencontre des couches de bois à demi-charbouifié on
cubique a ses parties constituantes disposées par cubes arrangés les uns contre les autres, de sorte (ju’eti les pliant, même très-menues, ces mêmes parties conservent toujours une configuration cubique : il est fort luisant à la vue ; il s’eu trouve qui représentent les plus belles
couleurs de l’iris, qui ne sont que l’effet d’une légère efllorescence de soufre Le charbon
à facettes ou ardoisé ne diffère du tharbou cubique que par la configuration de ses |iarties constituantes, et qu’en ce qu’il est plus sujet que le précédent à renfermer des grains de pyrites qui détériorent sa qualité : ou distingue à lu vue simple qu'il est composé de petites lames entassées les unes sur les autres, dont reuscmble forme de petits corps irréguliers,
rangés les uns à colé des autpes Le cbarbon jayet est une subslance bitumineuse plus ou
luoins compacte, lisse et fort luisante; il est plus pesant que les cliarbons précédents; sa dureté est fort variable; il y en a qui est si dur, qu’il prend uu assez beau poli, et qu’ou le taille comme les pierres ; on en fait dans bien des endroits des boutons d’iiabits, des colliers et d’autres menus ouvrages de cette espèce. 11 y en a d’autre qui est si mou qu’on le pelote dans la maiu, et toutes ces dillcrenees im viequent que du plus ou moins de substance liuileuse que ce fossile renferme : car il est bon de remarquer qu’il n’est point du cbarbon de terre, de quelque espèce qu’il soit, qu’il ne contienne une portion plus on moins considérable d’une huile connue sous le nom de Vilrulc ou li'a^p/iaUe- Histoire iialurcllo du Languedoc, par M . de Gciisauue , tome I , page i!) et suivantes. — JVuia. Le jayet n’est pas , comme le dit M. de Gciisanne, plus imsaut que les cliarbons de terre, il est au contraire plus léger ; car les charbons de terre ordinaires ne surnagent point dans l’eau, au lieu que le jayet y surnage, et c’est même par cette propriété qu’on peut le distinguer du charbon.
» Voyez les Kpoques de la nature, tomes III et IV.
Outre les impressions de plantes assez communes dans le toit de ces mines, on rencontre
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lof.onnail los \(‘slioos dos végélanx noii-senlomonl dans la sultslancc du ( lai bon mais encore dans les Icitcs et les schisles dont ils sont environnos . il est donc ident ojne Ions lescliarhons de terre tirent Icnr origine dn détriment des \ égétaux.
De même, on ne peut pas nier qne le charbon de terre ne contienne olu bitume, puiscpi il en répand 1 odeur et l’épaisse fumée au moment qu’on le brûle. Or, le bitume n’étant qne de l’huile végétale, ou de la graisse animale imprégnée d’acide, la substance entière dn charbon de teri e n est donc formée que de la réunion des débris solides et de rhnile liquide des végélaux, qui se sont ensuite durcis par le mélange des acides. (,etfe \erite, londée sur ces faits particuliers, se prouve encore ])<u lepiincipe général qu aucune substance dans la nature n’est combustible qu en l'aison de la quantité de matière végétale ou animale qu’elle contient, puisque avant la naissance des animaux et des végétaux, la telle entière a non-seulement été brûlée, mais fondue et liquéfiée par le feu ; en sorte que toute matière purement brute ne peut brûler une seconde fois.
ht Ion aurait tort de confondre ici le soufre avec les bitumes, par la
fréquemment, ilaiis leur voisinage ou dans les fouilles qu’entraîne leur exploitation, des poj’tions (le Lois et meme des arbres entiers,
M. l’aLbe de Sauvages fait mention, dans les Jlémoires de l’Académie des Sciences (annéel7^S, page 415), de fragments de Lois pierreux fortement incrustés, du côté de l’écorce, d’un ou deux pouces de charbon de terre, dans lequel s’était faite celte pétrification.
Il est très-ordinaire do trouver au-dessus des mines de bouille du bois qui n’est point du tout décomposé; mais à mesure qu’on le trouve enfoui plus profondément il est sensiblement plus altéré.
A Bull, près de Cologne et de Bonn, M. dcBury, fameux bouilleur de Liège, en faisant fouiller dans un vallon, trouva une espece de terre bouille, qui n’était autre chose que du bois qui avait été couvert par une montagne de terre.
Il y a plusieurs mines dans lesquelles on ne peut méconnaître des troncs et des branches d arbres qui ont conservé leur texture fibreuse, compacte, comme on en trouve à Querfurt, dont la couleur est d’un brun jaunfitrc. M.Darcct a vu dans la mine de Wentorcaslle un tronc de la grosseur d un mât de petit viiis.scau qui était implanté dans l’argile, tout à fait à l’extrémite et hors de la mine : la partie supérieure était du vrai charbon de terre absolument semblable à celui de la mine, tandis que la partie du dessous de ce meme tronc était encore dubois, et ne sautait pas en éclat comme celle de dessus ; mais clic se fendait, et la hache y était relenu«! comme elle a eoiilume de s’arrêtci* dans le Lois.
Outre ces troncs d’arbres épars , ces débris de bois , il est des endroits où on ne coiinait pas déminés de cliarbon de lerre,et où l’on rencontre à une grande profondeur, des amas de bois fossiles, disposés par bancs sépares les uns des autres par des lits terreux, et qui présentent en tout des soupçons raisonnables d uii passage de la nature ligneuse à celle de la houille, d’une vraie transmutation de bois eu charbon de terre. Du Charbon de terre, par M. Morand , pages îi cl fi. .M. de (iensanne cite lui-même quelques mines de charbon de terre dont les têtes sont composées de bois fossiles. « Nous avons trouvé, dit-il, près le moulin de Puziols
(diocèse de Narbonne), deux v'eines de cliarbon de terre, dont les têtes renferment beancoup » de bois fossiles semblables à ceux de Cazarcts, près de Saint-.Iean-de-Couculcs , diocèse de U Montpellier. » Histoire Naturelle du Languedoc, tome II, page 177.
raison qu’ils se trouvent souvent ensemble dans le cliarbon de terre. Le soufre ne provient que de la combustion des pyrites formées elles-mêmes de l’acide et du feu fixe contenus dans les substances organisées, au lieu que les bitumes ne sont que leurs bulles grossières imprégnées d’acide : aussi les bitumes ne contiennent point de soulrc, et les soufres ne contiennent point de bitume. Ces deux combinaisons opposées dans des matières qui, toutes deux proviennent du détriment des corps organisés, indiquent assez que les moyens employés par la nature pour les former sont différents l’un de l’autre, puisque ces deux produits ne se réunissent ni ne se rencontrent ensemble. En effet le soufre est formé par l’action du feu, et le bitume par celle de l’acide sur l’huile. Le soufre se produit par la combinaison du feu fixe *, contenu dans les subslances organisées lorsqu’il est saisi par l’acide vitriolique ; les bitumes, au contraire, ne sont que les huiles mêmes des végétaux décomposés par l’eau et mêlés avec les acides : aussi l’odeur du .soufre et celle du bitume sont-elles tré.s-différentes dans la combustion; et l’un des plus grands défauts que puisse avoir le charbon de terre, surtout pour les usages de la métallurgie, c’est d’être trop mêlé de matière pyriteuse, parce que dans la combustion, les pyrites donnent une grande quantité de soufre : l’excellente qualité du charbon vient au contraire de la pureté de la matière végétale et de l’intimité de son union avec le bitume**; néanmoins les charbons trop bitumineux ont peu de chaleur
* Si l’on objecte qu’il se produit du soufre non-seulement par le feu, mais sans feu, et parce que l’on appelle la voie humide, comme dans les voiries et les fosses d’aisances, je répondrai que ce passage ou ce changement ne se fait que par une elfervcsccnce accompagnée d’une chaleur qui fait ici le même effet que le feu.
« Les charbons de terre brûlent d’autant plus longtemps (|u’ils prennent difficilement le « feu; ils sc consument d’autant plu.s promptement qu’ils s’enflamment plus aisément; ces « circonstances sont plus ou moins marquées , selon que les charbons sont purs , bitumineux K et compactes; ainsi celui qui s’allume difficilement en donnant une belle flamme, claire et « brillante, comme fuit le charbon de bois, est réputé de la meilleure espece... Si au con- .1 traire le charbon de terre sc décompose ou sc désunit facilement, s’il se consume aussi a aisément qu’il prend flamme, il est d’une qualité inférieure.
a Une des propriétés du charbon de terre est de s’étendre eu s’enflammant comme l’huile, « le suif, la cire, la poix, le soufre, le bois et autres matières inllammablos î on doit en général O juger avantageusement d’un charbon qui au feu sc déforme d’abord en sc grillant, et qui <1 acquiert ensuite de la solidité : les uns, et ce sont les meilleurs, comme la bouille grasse, i> le charbon dit Maréchal, flambent, sc liquéfient plus ou moins en brûlant comme la poix, a sc gonflent, sc collent ensemble dans les vaisseaux fermés; ils se réduisent entièrement en U liquescence. On remarque que cette espèce ne se dissout ni dans l’eau, ni dans les huiles, » ni dans l’esprit de vin. Les autres enfin s’cmbroseni sans donner ces phénomènes. » Nota. Il serait à désirer que M. Morand eût indiqué où se trouvent ces charbons qui se réduisent entièrement en liquescence dans les vaisseaux fermés; nous n’en connaissons point de cette espèce : j’observerai de plus qu’il n’y a point de charbon de terre que l’esprit de vin n’attaque plus ou moins.
U Le charbon de terre est encore de bonne espèce quand il donne peu do fumée, nu lorsque
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et donnent une flamme trop passagère; et il parait que la parfaite qualité du ciiarbon vient de la parfaite union du bitume avec la base terreuse, qui ne permet que successivement les progrès et le développement du feu.
Or, les matières végétales se sont accumulées en masses, eu couches, en veines, en filons, ou se sont dispersées en petits volumes, suivant les difféi'entcs circonstances; et lorsque ces grandes masses, composées de végétaux et de bitume, ce sont trouvées voisines de quelques feux soiiteirains, elles ont produit, par une espèce de distillation naturelle, les sources de pétrole, d’asphalte et des autres bitumes licjuides que l’on voit couler quelquefois à la surface de la terre, mais ])lus ordinairement à de certaines j)rofondeurs dans son intérieur, et même au fond des lacs * et defiuelques plages de la mer **. Ainsi, toutes les huiles qu’on appelle terrestres, et qu'on regarde vidgairement comme des huiles minérales, sont des bitumes qui tirent leur origine des corps organisés et qui appartiennent encore au règne végétal ou animal; leur inflammabilité, la constance et la durée de leur flamme, la quantité très-petite de cendres, ou plutôt de matières charbonneuses qu’ils laissent après la combustion,
« la fiimce qu’il répand est noire; quand son exhalaison est plutôt résineuse que sulfureuse, « et qu’elle n’est point incommode.
« Toutes ces circonstances, tant dans la manière dont il hride que dans les phénomènes « résultant du feu surtout, dépendent, comme de raison, de la qualité plus ou moins hituu mineuse on plus ou moins pyritcuse du charbon.
« Un clmrhon qui est eu grande partie ou en lotulilc bitumineux, brûle fort vite en donnant « une odeur de naphte; celui qui l’est peu ne se soutient pas facilement en masse quand le U feu l’attaque à un certain degré ; il eu est qui est d’assez bonne durée; mai.s le feu dissipant « promptement la portion de grais.se qui y était alliée , les petites alvéoles ou loges dans les- 1 quelles elle était renfermée se désunissent, se séparent par petites parcelles, ([uelquefois « assez grandes... Ces sortes de charbons ne peuvent tenir au soufflet, le vent les enlève et « ils sont très-peu pi oli tables au feu : d’autres au contraire qui étaient friables sont d’un bon « usage, leurs parties se réunissant et se collant au feu.
« De même que le bitume est dans quelques charbons , le seul principe inflammable, il « s’en trouve d’autres qui doivent à la pyrite presque seule leur inflammabilité. » (;Voto). Je ne sais si cette assertion est bien fondée . car tons les charbons de terre que nous connaissons donnenldu bitume ou ne brûlent pas. o C’est ainsi que les charbons, selon qu’jls sont plus ou O moins chargés de pyrites, se consument plus ou moins lentement : celui de Newcastle est t< long à SC consumer; mais celui de Sunllierland,aii comté de Durham, qui est lrès-pyriteu.x, « brûle plus longtemps ciieorcjusqu’à ce qu’il se réduise en cendres.» DuCharbon déterré, etc., par SI. Morand, pages li;i2et 11H3.
” L’aspballc est en très-grande quantité dans la mer .Morte de Judée, à laquelle on a mémo donné le nom de lue AtpIuiUû/ue , ce bitume s’élève à la surface de l’eau, et les voyageurs ont i-emarqué dans les plaines voisines de ce Inc pliisieui s pierres ou mottes de terre bitumineuse. Voyage de Pictro délia Valle, tome 11, page 76.
Flacourt dit avoir vu entre le cap Vert et le cap de Bomie-Espcraiicc un espace de mer
qui avait une teinture jaune, comme d’une huile ou bitume qui surnageait, et qui, venant à SC figer par snceession de temps, durcit ainsi que l’ambre jaune ou succiii. Voyage à iMadagasear, tome J, page 337i
démontrent assez que ce ne sont que des huiles plus ou moins dénaturées par les sols de la (erre, qui leur donnent en même temps la propriété de se durcir et de faire ciment dans la plupart des matières où ils se trouvent incorporés.
Mais, pour nous en tenir à la seule considération du eharhon de terre dans son état de nature, nous obser\erons d’abord (|u'on peut passer par degrés de la tourbe réeeiile et sans mélange de bitume à des tourbes plus anciennes devenues bitumineuses, du bois carbonilié aux véritables charljons de terre, et que, par conséquent, on ne peut guère douter, indépendamment des preuves lapportées ci-de^ant, que ces charbons ne soient de véritables végétaux que le bitume a conservés. Ce qui me lait insister sur ce point, c’est qu’il y a des observateurs qui donnent à ces charbons une toute autre origine : par exemple M. («enneté prétend que le charbon de terre est produit pai' un certain roc ou grès auquel il donne le non d’agas *; et M. de Gensanne, l’un de nos plus sa\ants minéralogistes, veut que la substance de ce charbon ne soit que de l’argile. La première opinion n’est fondée que sur ce que M. Geuneté a vu des veines de charbon sous des bancs de grès ou d’agas, lesquelles veines paraissent s’augmenter ou se régénérer dans les endroils vides dont on a tiré le charbon qucl(|ues années aiqjaravaiit : il dit positivement que le roc agas est la matrice du charbon ** : que dans le pays de Liège , la masse de ce roc est à celle du charbon comme vingt-cinq sont à un; en sorte qu’il y a vingt-cinq pieds cubi(|ucs de roc pour un pied cube de charbon, et qu’il est étonnant que ces vingt-cinq pieds de roc sullisent pour fournir le suc nécessaire à la forinalion d’un pied cube de charbon *** ****. Il assure qu’il se reproduit dans ces mêmes veines trente ou (luarantc ans après qu’elles ont été vidées, et que ce chaibon nouvellement produit les remplit dans ce même espace de temps **“*. « On voit, « ajoute-t-il, que la houille est formée d’un sue bitumineux qui distille U du roc, s’y arrange en veines d’une grande l'égularité, s’y durcit » comme la pierre; et voilà aussi sans doute ])Ourquoi elle se reproduit. « Mais pendant mille ans qu’une veine de houille ilcmeure entre les H bancs de roc qui la soutiennent et la couvrent sans aucun vide, et <1 sans que cette veine augmente en épaisseur, non jdus qu’en long et en « large, et encore sans qu’elle fasse de dépôt ailleurs, autant qu’on
* U La iiiali'ice dans laquelle s’arrangont les veines de houille est utiu sorte de grès dur Il roimuc du fer, dans l’intérieur de la terre, mais qui se laiduit on poussière lorsqu’il est ex- « posé à l’air ; les houilleurs nonnneut cette pierre aijris. » Uenneté , Connaissance des veines di^ houille, etc., page 'ii. tXula. .f’ai vu do ces pierres pyriteuses, qui sont en elFet très-dures dans rintérieur de la terre, et dont on ne peut percer les lianes qu’à force de poudre, et qui se décomposent à l’air ; elles se trouvent assez souvent au-dessus des veines de citarbon.
Connaissance des veines de houille, etc., page 25.
*'* Idem, page 25.
**** Idem, page 12.').
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« sache, que devienl clone le suc hiliiinineux qui, dans (|uarante ans, Il peut reproduire et produit en effet une semblable veine? Je ne sais, « continue-t-il, s’il est possible de dévoiler ce mystère *. «
M. Genneté est peut-être, de tous nos minéralogistes, celui qui a donné les meilleurs renseignements i)our l’exploitation des mines de charbon, et je rends bien volontiers justice au mérite de cet habile homme, qui a joint à une excellente pratique de très-bonnes remarques ; mais sa théorie, (pie je viens d’exposer, ne me parait tirée que d’un fait particulier dont il ne fallait pas faire un principe général. Il est certain, et je l'ai vu moi-môme, qu’il se forme dans quelques circonstances des cliarbons nouveaux par la stillation des eaux, de la môme manière qu’il SC forme de nouvelles pierres, desalbàires et des marbres nouveaux dans tous les endroits vides qui se trouvent au-dessous des matières de même espèce : ainsi dans une veine de charbon, tranchée verticalement et abandonnée depuis du tenqis, on ^ oit sur les parois et entre les petits lits de l’ancien charbon, une concrétion ordinairement brune et quel- (piefois blanchâtre, qui n’est qu’une véritable stalactite ou concrétion de la même nature que le charbon dont elle tire son origine par la filtration de l’eau. Ces incrustations charbonneuses peuvent augmenter avec le temps, et peut-être remplir dans une longue succession d’années une fente de quelques pouces, ou, si l’on veut, de quelques pieds de largeur : mais, pour que cet effet soit produit, il est nécessaire qu’il y ait au-dessus ou autour de la fente ou cavité qui se remplit une masse de charbon, laquelle puisse fournir non-seulement le bitume, mais encore les autres jiarties composantes de ce charbon qui se forme, c’est-à-dire la pai tie végétale, sans quoi ce nouveau charbon ne ressemblerait pas à l’autre ; et s’il ne découlait que du bitume, la stillation ne formerait que du bitume pur et non pas du charbon. Or, M. Genneté convient et même affirme que les veines anciennement vidiîcs se remplissent, en quarante ans, de charbon tout semblable à celui qu’elles contenaient, et (pie cela ne se fait que par le suintement du bitume fourni par le roc voisin de cette veine j dès lors il faut qu’il convienne aussi que cette \ eine ne pourrait par ce moyen être remplie d’autre chose que de bitume et non jias de charbon. Il faut de même (ju’il fasse attention à une chose lrc.s-naturelle et très-possible : c’est qu’il y a certaines pierres, agas ou autres, qui non-seulement sont bitumineuses, mais encore mélangées par lits ou par filons de vraie matière de charbon, cl que très-probablement les veines qu’il dit s’être remplies de nouveau étaient environnées et couverles de celte csiièce de roche à demi-charbonneuse; et dés lors ce mystère qu’il ne croit pas possible de dévoiler est un effet très-simple et très-ordinaire dans la nature. Il me semble (ju’il n’est pas néce.ssairc d’en dire davantage pour qu’on soit bien convaincu que jamais, ni le
* Connaissance (les veines de Iionillc. etc., page lâ'f..
grès, ni l’agas , ni aucune autre roche, n’ont été les matrices d’aucuu cliarbon de terre, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes mélangés en très-grande quantité.
L’opinion de M. de Gensanne est beaucoup mieux appuj éc, et ne me parait s’éloigner de la vérilé que par un point sur lequel il était assez facile de se méprendre, c’est de regarder l’argile et le limon, ou, pour mieux dire, la terre argileuse et la terre limoneuse, comme n’étant qu’une seule et même chose. Le charbon de terre, selon 31. de Gensanne, est une terre argileuse, mêlée d’assez de bitume et de soufre pour qu’elle soit combustible : » A la vérité, dit-il, ce charbon, dans son état « naturel, ne contient aucun soufre formé, mais il en renferme lous les « i)rincipes, qui, dans le moment de la combusiion, se développent, se U combinent ensemble et font un véritable soufre »
11 me semble que ce savant auteur n'aurait pas dû faire entrer le soufre dans sa dédnition du charl)on de terre, puisqu’il avoue {|ue le soufre ne se forme que dans sa combustion. 11 ne fait donc pas partie réelle de la composition naturelle du charbon; et, en effet, l’on connaît j)lusieurs de ces charbons qui ne donnent point de soufre à la combustion. Ainsi l’on ne doit point couq)ler le soufre dans les matières dont tout charbon de terre est essentiellement composé, ni dire avec iM. de Gensanne, qu’on doit regarder les veines de charbon de terre comme de vraies mines de soufre **. « lit ce qui proin e évidemment que dans « le charbon pur il n’y a point de soufre formé, c’est (ju’en raflinanl le « cuivre, le j)lomb et l’argent avec du charbon pur, on n'observe pas « la moÎTidre décomposition tlu métal; point de mcittc, point de p/ncA- « mall, même après plusieurs heures de chauffe ***. » Mais un autre point bien plus important, c’est l’assertion positive que le fond du charbon de terre n’est que de l’argile **** ; en sorte que, suivant ce physicien, tous les naturalistes se sont trompés, lorsqu’ils ont dit que ces charbons étaient des débris de forêts et d’autres végétaux ensevelis par des bouleversements quelcomines ***** : .< 11 est vrai, continue-t-il, que la « mer Ralliciuc charrie tous les printemps une quantité de bois qu’elle « amène du nord, et qu’elle arrange i)ar couches sur les côtes de la U Prusse, (pii sont successivement recouvertes par les sables ; mais ces « bois ne deviendraient jamais charbon de terre, s’il n’y survenait pas « une abondance bitumineuse qui se combine avec eux pour leur don- .. ner cette qualité; sans celte combinaison ils se pourriront et devien- « dront terre. » Ceci m’arrête une seconde fois; car l’auteur convenant
’ Histoire Naturelle (lu Languedoc, par M. de Lensanue, tome I, t>age 12.
** Jdem, tome I, page 15.
Aotc comninniqucc par M. le Camus de Limare, le 5 juillet 178(1. Histoire Naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome I, page 25. ***** Idem, tonie I, page 24.
mSTOJHE NATURELLE
que le cliarljoii do terre peut se former de bois et de bitume, pourquoi veut-il que tous les charbons soient composés de terre argileuse? et ne suffit-il pas de dire que partout où les bois et au Ires débris de végétaux se seront bituminisés par le mélange de l’acide, ils seront devenus charbons de terre? Et pourquoi composer cette matière combustible d’une matière <|ui ne peut brûler? N’y a-t-il pas nombre de charbons (|ui bi-ûlent en entier, et ne laissent après la combustion que des cendres même encore plus douces et plus fines que celles du bois *? Il est donc trèscertain que ces charbons (jui brûlent en entier ne contiennent pas plus d’argile que le bois; et ceux qiii se boursoullenl dans la combustion et laissent une sorte de scorie semblable à du màchc-fer léger n'offrent ce résidu que parce qu’ils sont en effet mêlés, non pas d’argile, mais de limon, c’est-à-dire de terre \égétale, dans laquelle toutes les parties fixes du bois se sont rassemblées ; or, j'ai démontré en plusieurs endroits de cet ouvrage, cl surtout dans les IMémoires de la jiartie expérimentale, que l'origine du màche-fer ne doit point être attribuée au fer, puisqu’on trouve le même màche-fer dans le feu de l’orfèvre, comme dans celui du forgeron, et que j’ai fait moi-même du màche-fer en grande quantité avec du charbon de bois seul et sans addition d’aucun minéral ; dès lors le charbon de terre doit en produire comme le charbon de bois : et lorsiju’il en donne en plus grande ((uantilé, c’est que sous le même volume il contient plus de parties fixes que le charbon de bois. J’ai encore prouvé dans ces mêmes Mémoires et dans l’article précédent, que le limon ou la terre végétale est le dernier résidu des végétaux décomposés, qui d'abord sc réduisent en terreau, et par succession de temps en limon ; j’ai de même averti qu'il ne fallait pas confondre cette terre végétale ou limoneuse avec l’argile dont l'origine et les qualités sont toutes différentes, même à l’égard des effets du feu, puisque l’argile s'y resserre et que le limon se boursoufle; et cela seul prouverait qu’il n’y a jamais d’argile, du moins en quantité sensible, dans le charbon de terre, et que dans ceux qui laissent, après la combustion, une scorie boursoullée, il y a toujours une quantité considérable de ce limon formé des parties fixes des végétaux : ainsi tout charbon de terre pur n’est réelle-
* U A Birmingliam, ou emploie, clans les chcmincîcs, une autre espèce de charbon qui est plus U cher que le cluirhon de terre, ordinaire; ou l’appelle pew-coal ; la mine est située à sept Il milles au nord de Birmingliam , à W’cdghory iiear Warsar in Stairordshirc : on le lire jiar « gros niorccanx qui ont hcaucoup de consistance, et il sc vend trois pcuces and penny le cent, « du poids de cent douze livies, l'aisaut à peu près le quintal poids de mare. Ce charhou s’al- « luiiic avec du papier comme du hois de .sapin; sa flamme est Iilanclic et claire; son feu, très- « ardent ; il est d’ailleurs sans odeur , et il se réduit eu une cendre hiauclic aussi légère que » celle du bois. Cette espèce de charbon u’a pas été décrite dans M. Morand , ui dans aucun » autre ouvrage de ma connaissance, n Note eominuuiquce par M. le Camus de Limare , le S juillet 1780.
DES MINÉRAUX. * ÎÎI9
nicnl composé que de matières [)rovenaut plus ou moins iimnédialemeut dos végétaux.
Pour mieux entendre la génération primitive du cliarbon de terre et développer sa composition, il faut se rappeler tous les degrés, et même tâcher de suivre les nuances de la décomposition des végétaux, soit à l’air, soit dans l’eau : les l'euillcs, les herbes et les bois abandonnés et gisant sur la terre, commencent par fermenter; et s’ils sont accumulés en masses, cette effervescence est assez forte j)Our les échauffer au point qu'ils bi-ùicnt ou s'enllamment d’eux-mèmes : reffervescence développe donc toutes les parties du feu fixe que les végétaux contiennent, et ces parties ignées étant une fois enlevées, le terreau |)roduit par la décomposition de ces végétaux n’csl qu’une espèce de terre (pii n’est plus combustible, [tarce qu’elle a perdu, et pour ainsi dire exhalé dans l’air les principes de sa combustibilité. Dans l’eau, la décomposition est inlinimenl ])lus lente, leffervescence insensible, et ces mêmes végétaux conservent Il ès-longlemps, et peut-être à jamais, les principes combustibles qu’ils auraient en très-peu de temps perdus dans l’air, bes tourbes nous rejirésentenl celle première décomposition des végétaux dans l’eau ; la pliqiart ne conliennent pas de bitume et ne laissent pas de brûler. Il en est de meme de tous ces bois fossiles noirs et luisants qui sont dcicomposés au point de ne pouvoir en reconnaître les espèces, et qui ce|)cndant ont conservé assez de leurs principes inflammables pour brûler, et qui ne donnent eu brûlant aucune odeur de bitume : mais lorscpic ces bois ont été longtemps enfouis ou submergés, ils se sont bituminisés d’eux-mèmes par le mélange de leur huile avec les acides; et quand ces mêmes bois se sont trouvés sous des couches de terres mêlées de pyrites ou abreuvées de sucs yitrioliques, ils sont devenus pyriteux, et dans cet état ils donnent en brûlant une forte odeur de soufre.
En suivant celte décomposition des végétaux sur la terre, nous verrons que les herbes, les roseaux et même les bois légers et teudi-es, tels que les peupliers, les saules, donnent en se pourrissant, un terreau noir tout semblable à la terre que l’on trouve souvent par petits lits trèsminces au-dessus des mines de charbon; tandis que les bois solides, tels que le chêne, le hêtre, conservent de la solidité, même en se déeomposant, et forment ces couches de bois fossiles qui se trouvent aussi trèssouvent au-dessus des mines de charbon. Enlin le terreau par succession de temps, se change en limon ou terre végétale ipii est le dernier résidu de la décomposition de tous lès êtres organisés. L’observation m’a encore démontré celle vérité * : mais tout le terreau dont la décomposition se sera faite lentement, et qui, ne s’étant pas trouvé accumulé en grandes masses, n’auia par conséquent pas perdu la totalité de ses principes combustibles par une prompte fermentation, et le limon, qui n’est que
Voyez l’article précédent, qui a pour titre : De la teti'e vèÿélale.
HISTOIRE NATURELLE
ââO
le lerreau niènie seiileiDeiit plus atténué, aura aussi conservé une partie de CCS rncuies principes. Le terreau, en se changeant en limon, de noir devient jaune ou roux parla dissolution du fer (ju’il contient, il devient aussi onctueux cl pétrissablc par le développement de son huile végétale : dès lors tout terreau et même tout limon, n’étant que les résidus des substances \égétales, ont également retenu ])lus ou moins de leurs principes cond>uslibles ; et ce sont les couches anciennes de ces mêmes bois, terreaux et limons, lestpicllcs se présentent aujourd'hui sous la forme de tourbe, de bois fossile, de houille et de charbon ; car il est encore nécessaires pour éviter toute confusion, de distinguer ici ces deux dernières matières, quoicpie la plupart des écrivains aient employé leurs noms comme synonymes : mais nous n’adopterons, avec M. de Geusanne, celui de houille * (pic pour ces terres noires et combustibles qui se trouvent souvent au-dessus, et quelquefois au-dessous des veines de charbon, et qui sont l’un des plus sûrs indices de la présence de ce fossile; et ces houilles ne sont autre chose que nos terreaux ** purs ou
* > Les clinrbons de piei'i'c s’amioiiKcnl souvent par des veines d’iinc terre noire eondnis- « tilde , (|uc nous avons ci -devant désigniie par le nom de huxtille, et ((ui fonue ordinairement Il la tête des véritaldcs veines de eharlions. nllisloire Naturelle du Languedoc, tome I, page 5t. — M. Morand , de l’Academie des Sciences , (jni a fait un très-grand et bon ouvrage sur le cbarbon de terre, a regardé, avec la plupart des minci'alogistes, les noms de howilk et de charbun de terre comme synonymes : il dit que dans le pays de Liège, on distingue les matières combustibles des mines, en bouille grasse, en bouille maigre, en cliarbons forts cl en cliarbons faibles... Celte bouille grasse s'emploie il Liège dans les foyers; elle se colle aisément au feu , elle rend plus de chaleur quela houille maigre... Elle se réduit, pour la plus grande partie, eu cendres grisâtres, mais plii.s graveleuses que celles du bois ; son feu est Irop ardent, et elle est trop grasse pour que les inaréclianx puksent s’en servir : le feu de la houille maigre est plus
faible, elle est presque généralement eu usage pour les feux domestiques Elle dure plus
longtemps au feu ; et lorsque son peu de bilume est consumé, elle se réduit en braise qu’on allume, sans qu’elle donne de l’odeur ni presque de fumée. Les charbons forts sont d’une couleur noire plus décidée et plus frappante que les charbons faibles ; ils sont gi-as au loucher et comme onctueux par la grande quantité de bitume qu’ils conliciincnl : ces charbons forts sont excellents dans tous les cas où il faut un feu d’une grande violence comme dans les plus grosses forges; ils pénètrent également les parties du fer, les rendent proprc.s à recevoir toutes sortes d’impressions, réunissent meme les parties qui ne seraient pas assez liées; mais, par sa Irop grande ardeur, ce charbon fort ne convient pas plus aux maréchaux que la houille grasse.
Le charbon faible est toujours un cbarbon ipii se trouve aux extrémités d’une veine; il donne beaucoup moins de chaleur (jne le charbon fort, cl ne peut servir qu’aux cloutiers, aux
maréchaux et aux petites forges, pour lesipielles on a be.soin d’un feu [dus doux Son usage
ordinaire est pour les briqiiclicrs ou luiliers, et pour les fours à chaux, où le feu trop violent des charbons forts pénétrerait trop précipitamment les parties de la terre et de la pierre , les diviserait et les détruirait... Les charbons faibles sc trouvent aussi dans les veines tiès-iuinces; ils sont toujours menus, et .souvent en pou.5sière. Du charbon de terre, etc., page 77 cl suiv.
C’est dans une pareille terre (pie j’ai trouvé, à huit pieds de profondeur, des racines en- « etu'e ti'ès-reeonnaissablcs, environnées de terreau où l’on aperçoit déjà (luebpies couches de " petits cubes de charbon. » Note communiquée ])ar M. de Morveau.
mêlés d’une pelile quanlitê de bilume. La vase run se dépose dans la mer par couches inclinées, suivant la |)cnlc du terrain, et s’étend souvent à plusieurs lieues du rivage, comme à la Guiane, n’est autre chose cpie le terreau des arbres ou autres végétaux qui, trop accumulés sur ces terres inhabilées, sont enlrainés par les eaux courantes; et les huiles végétales de celle vase, saisies par les acides de la mer, deviendront avec le temps de véritables houilles bitumineuses, mais toujours légères et friables, comme le terreau dont elles tirent leur origine, tandis que les végétaux eux-mêmes moins décomposés, étant de même enlrainés et déposés par les eaux, ont formé les véritables veines de charbon de terre dont les caractères distinctifs et différents de ceux de la houille se reconnaissent à la pesanteur du charbon, toujours plus compacte que la houille, et au gonflement qu’il prend au feu en s'y boursouflant comme le limon, et en donnant de même une scorie plus ou moins poreuse.
Ainsi je crois pouvoir conclure de ces réflexions et observations, que l’argile n’entre que peu ou point dans la composition du charbon de terre; que le soufre n’y entre que soxis la forme de matière pyritcusc qiu SC combine avec la substance végétale ; de sorte que l’essence du charbon est entièrement de matière végétale, tant sous la foi-me de bitume, que sous celle du végétal même. Les impressions si multipliées des différentes plantes qu’on voit dans tous les schistes limoneux qid servent de toits aux veines de charbon, sont des témoins qu’on ne peut récuser, et qui démontrent que c’est aux végétaux (picst duc la substance combustible que ces schistes contiennent.
Mais, dira-l-on, ces schistes qui non-seulement couvrent, mais accompagnent et enveloppent de tous côtés cl en tous lieux les veines de charbon, sont eux-mêmes des argiles durcies et qui ne laissent pas d’être combustibles. A cela je réponds que la méprise est ici la même : ces schistes combustibles qui accompagnent la veine du charbon sont, comme l’on voit, mêlés de la substance des végétaux dont ils portent les inqmcssions; la même matière végétale qui a fait le fonds de la substance du charbon a dû se mêler aussi avec le schiste voisin; et dès lors ce n’est plus du schiste pur ou de la simple argile durcie, mais un comi)Osé de matière végétale cl d’argile, un schiste limoneux imimégné de bitume, et qui dès lors a la projtriélé de brûler. Il en est de même de toutes les autres terres combustibles que l'on pourrait citer; car il ne faut pas perdre de vue le principe général que nous avons établi, savoir, que rien n’eslcombustible que cequi provient descorps organises.
Après avoir considéré la nature du charbon de terre, recherché son origine, et montré que sa formation est postérieure à la naissance des végétaux, et même encore |)OSléricure à leur destriiclion et a leur accumulation dans le sein de la terre, il faut maintenant examiner la direction, la situation et l’étendue des veines de cette matière, ((ui, quoique originaire de la surface de la terre, ne laisse pas de se trouver enfoncée à de grandes profondeurs; elle occupe même des espaces très-consi- Buffon, tom. III.
HISTOIUE MTÜRËLLE
détables et se rencontre dans toutes les parties du globe*. Nous sotiiineS assurés par des observations constantes, que la direction la plus générale dés veines de charbon est du levant au couchant **, et que, quand cette a//t(re (comme disent tes ouvriers) est interrompue par una faille*** ,
^ » La trace de charbon de terre qui m’est la mieux connue, dit M. Gcnnclc, est celle qui « file d’Aix-la-Chaiiclle par Liège, Huy, Naniur, Cliarlcrôi, 31ous cl Tournai jusqu’en Angle- « terre, en passant sous l’Occaii, et qui d’Aix-la-Chapelle traverse l’Allemagne, la Bohême, la « Hongrie... Celle Iraînce de veines esl d’une lieue et demie à deux lieues de largeur, lanlôt O plus cl lanlôl moins; elle .s’étend sous terre dans les plaines comme dans les monlagrics. ■> Connaissance des veines de houille, etc., page ."6.
** » Cette loi, quoique assez générale, csl sujette à quelques exceptions : la mine de Litry, » en Normandie, va du nord-est au sud-est sur dix heures; Celle de Languin, en Bretagne, B marche sur la même direction ; elle s’incline au couchant sur quarante-cinq degrés : celle
0 de Montrclais, dans la même province, suit la meme direction, o Note communiquée par M. Grignon. — « Celle d’Epinac, en Bourgogne, va du levant au couchant, inclinant au nord « de trente à trente-cinq degrés. L’épaisseur commune est de sept à huit pieds, souvent de Il quatre, et quelquefois de douze cl de quinze : la veine principale qu’on exploite est Lieu « réglée et trcs-alioudântc : mais elle est entrecoupée de nerfs. Le charhoti ardoisé et pyi i-
1 teux, peu propre par conséquent pour la forge, à cause de l’acide sulfureux qui se dégage O des pyrites dans la comhustion, et qui corrode le fer dans les différentes chauffes qu’on lui « donne; » Note communiquée parîl. de Liniarc.
*** « Les houilleurs du pays de Liège, appellent faille ou voile, un grand banc de pierre e qui passe à travers les veines de houille qu’il rencontre en couvrant les unes, et coupant « ou dévoyant les autres, depuis le sommet d'une montagne jinsqu’au plus profond... Ces « failles sont toutes inclinées... Une faille aura depuis qiiarantc-deux jusqu’à cent soixante- « quinze pieds d’éfiaisscur dans son sommet, c’est-à-dire au haut de là terre, et quatre cent O vingt jpieds d’épaisseur à la profondeur do trois mille cent qnàtrc-vingl-deux pieds : les U veines qui sont coupées par leS failles S’y perdent en s’y continuant, par de très-petits filets a détournés, ou enfin elles sautent par derrière au-dessus ou au-deSsous de leur position 4 natnrelle et jamais en droiture... Quelquefois en sortant des failles, les veines se relèvent O ou descendent contre elles avant de reprendre leur direction. » Connaissance des veines de houille, etc., pages ii'J et ÿ). — Xota. Je dois observer que .M. Morand a raison, et fait une critique juste de ce que M. Gennelé dit au sujet des failles, dont eh effet il ne paraît guère possible de déterminer les dimensions d’une manière âussi précise que l’à fait cet observateur. Voyez l’ouvràge de M. Jlorahd sur le charbon d(! terre, page 8(18. — Celte critique de ce '« que dit M. Gennelé est d’autant plus juste que, par la planche 5 de son Traité, il Ile paraît U pas qu’aucune de ces trois failles qui y sont figurées aient été traversées ni memes recon- « nues à dilféreulcs profondeurs, comme cela doit être pour déterminer sûrement les diffe- » rentes épaisseurs et qualités des failles.
» Il eu csl de même des cinq veines cotées 87, 88, 39, 00 et 61, dont il u’est pas possible « de fixer aussi précisément les courbures et les profondeurs, quand ou ne les a reconnues V que dans un seul point, comme l’indique (fig. 7, table 3) le plan qu’il en donne sans échelle; « encore ces cinq veines n’ont-clles été reconnues qu’à peu de distance de la superficie. Il ne « dit pàs non pins si l’on a remarqué , par les différents travaux des figures 1, 2, 3, 4, b et 6, « table 3, que les épaisseurs et qualités des bancs de rochers qui séparent les autres veines « et les dimensions de ces mêmes veines aient été si exactement analogues dans les deux « extrémités de ces ouvrages, qu’on a dû en conclure le parallélisme parfait , décrit dans a cette même table 3. » Note communiquée parM. le Camus do LimarCj le 8 juillet 1780.
DES MINÉKAEX. 2'23
qu’ils apliiélléiit caprice de pierre, la veiné que cel obstaclé l'ail tourner au nord ou aü iuidi reprend bientôt sa première direction du le\alit au coucliant. Cette direction coniimine au plus grand nombre dés v einés de cbaibon est un effet particulier, dépendant de l’effet général du mouvement qui a dirigé toutes les matières transportées par les eaüx de la mer , et qui a rendu les pentes de tous les terrains plus rapides du coté du couchant *. Les charbons de terre ont donc suivi la loi générale imprimée par le mouvement des eaux à toutes les matières qu’elles pouvaient transporter, et en môme temps elles ont pris l’inclinaison de la pente du terrain sur lequel ils ont été déposés , et sur lequel ils sont disposés toujours parallèlement à cette pente; en sorte que les veines de charbon, même les plus étendues, courent presque toutes du levant au couchant, et ont leur inclinaison au nord en môme tem|)s qu’elles sont i)lus ou moins inclinées dans chaque endroit, suivant la pente du terrain sur lequel elles ont été déposées ** ; il y en a même qui ajiprochcnt de la perpendiculaire : mais cette gi ande différence dans leur inclinaison n’empèche pas qu’en général celte inclinaison n’approche, dans chaque veine, de plus en plus de la ligne horizontale, à mesure que l’on descend plus profondément ; c’est alors l'endroit que les ouvriers appellent le plaleur de la mine, c’est-à-dire le lieu plat et horizontal auquel aboutit la partie inclinée de la veine. Souvent, en suivant
" Voyez les Époques de la nature, tome I.
La conformité, dit 31. de Gensanne, que j’ai toujours remarquée entré la coiiligurau tion du fond de la mer et celles des couclies de cliai bon de terre, est si frappante, que je la O regarde comme une preuve do fait, qui équivaut à uiié démonstration de tout ce que nous « avons dit sur son origine : les bords de la mer, dans la plupart de ces parages, commencent O d’abord par une pente plus ou moins rapide, qui prend sueeessivement une position qui « approche toujours de plus en plus de riiorizontalc, à mesure que le terrain s’avance au deso sous des eaux de la mer; la même chose arrive aux veines de charbon de terre ; leur tête, O qui est près de la surface du terrain, conserve toujours une certaine pente, souvent assez « rapide , jusqu’à uiic certaine profondeur, après quoi elles prennent nue position qVii est « presque horizontale : et l’épaisseur de ces veines est, pour rordinairc, d’autant plus forte « qu’elles approchent davantage de celle dernière position. Il y a d’autres parages où les bords U de la mci- sont fort escarpés jusqu’à une forte profonileur au-dessous des eaux; il arrive « également qu’on rencontre des veines ou couches de charbon dont la situation est prcs(juc « pcrpendieulairc; mais cela est très-rare, et cela doit être, parce que, dans les endroits où « les bords de la mer sont fort escarpés, il y a toujours des courants qui ne permettent que « dilTieilement aux vases de s’y reposer. Enfin on remaniue souvent au fond de la mer des O filuiis ou amas de sable connus sous le nom do baiicn ; ceux qui connaissent les inities de » charbon, me sont léinoins qu'elles forment aussi quelquefois des courbures ou dos-d’âno « fort analogues à ces bancs : lorsque ces dépôts de vases se forment dans les anses de la mer, a qui, par la retraite des eaux , deviennent des vallées, les veines de charbon y ont deux « têtes, une de chaque côté de la vallée dont elles coupent le fond ; en sorte que la coupe U verticale de ces veines forme une anse de panier renversée, dont les extremilés s’appuient U contre les montagnes ; telles sont les veines de eliurbon des environs de Liège. » Histoire uatui ello du Languedoc, tome I, page Sa cl suiv.
la.
HISTOIRE NATURELLE
ce plaleur fort loin, on trouve que la veine se relève et remonte nonseulement dans la môme direction du levant au couclianl, mais encore sous le même degré à très-peu près d’inclinaison qu'elle avait avant d’arriver au platenr ; mais ceci n’est qu’un effet particulier, et qui n’a été encore reconnu que dans quelques eonirées, telles que le pays de Liège : il dépend de la forme primitive du terrain, comme nous l’expliquerons tout à l’heui'C; d’ordinaire, lorsque les veines inclinées sont arrivées à la ligne de niveau, elles ne descendent plus et ne remontent pas de l’autre côte de cette ligne *.
A cette disposition générale des veines il faut ajouter un fait tout aussi général, c’est que la meme veine va en augmentant d’épaisseur, à mesure qu’elle s’enfonce pins profondément, et que nulle part son épaisseur n’est plus grande que tout au fond, lorsqu’on est arrivé au platcur ou ligne horizontale. 11 est donc évident que ces couches ou veines de charbon, qui dans leur inclinaison suivent la pente du terrain, et qui deviennent en même temps d’autant plus épaisses que la pente est plus douce, et encore plus épaisses dès qu’il n’y a plus de pente, suivent en cela la même loi ([ue toutes les autres matièi’os transportées par les eaux et déposées sur des terrains inclinés. Ces dépôts faits par alluvion sur ces terrains en pente ne sont pas seulement composés de veines de charbon, mais encorede matières detonte espèce, comme de schistes, de grès, d’argile, de sable, de craie, de j)ierre calcaire, de pyrites; et dans cet amas de matières élrangères qui sépai’ent les veines, il s’en trouve souvent qui sont en grandes masses dures et en bancs inclinés, toujours parrallèlcmcnl aux veines de charbon.
II y a ordinairement plusieurs couches de charbon les unes au-dessus des autres et séparées par une épaisseur de plusieurs pieds et même de plusieurs toises de ces matières étrangères. Les veines de charbon s’écartent rarement de leur direction : elles peuvent, comme nous venons de le dire, former quelque inllexion, mais elles reprennent ensuite leur première direction. 11 n’en est pas absolumenl de même de leur inclinaison : par exemple, si la veine la plus extérieure de charbon a son incli-
* a L’inclinaison des veines de charbon, dit M. de Gensanne, n’alïcctc pas une aire de « vent détciniince; il y en a qui penchent vers le levant, d’autres vers le couchant, et ainsi « des autres points de l’horizon : elles n’ont rien de commun non plus avec le penchant des « raoutagnes dans lesquelles elles se trouvent. « Nota. Je dois ol)server que ce rapport de l’inclinaison des veines avec le penchant des montagnes a evislé ancicnncjncnt et nceessaircmenl, et l’observation de Jl. de Gensanne iloit être pai tieulnrisce pour les terrains qui ont suivi des changements dejmis le temps du dépôt des veines. Voyez ci-après. » Quelquefois, Il conlinuc-t-il, les veines sont inclinées dans le même sens que le penchant de la montagne; Il d’autres fois elles entrent direeleinciit dans rintêrieur de la montagne et [lencheiit vers sa ic hase ou vers son centre; mais aussi, lorsqu’une veine a pris sa direction, elle s’en écarte U rarement; elle peut bien former quelque inflexion, mais elle reprend ensuite sa direction « ordinaire. » Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome I, pages 56 et 37.
DES MINEKALX.
naison de dix degrés, la seconde veine, jusqu’à vingt ou trente pieds plus bas que la première, aura dans le même endroit la même inclinaison d’environ dix degrés, et si en fouillant profondément il se trouve une troisième, une quatrième veine, etc., elles auront encore à peu près le même degré d’inclinaison, mais ce n’est que quand elles ne sont séparées que par des couches d’une médiocre épaisseur; car, si la seconde veine, par exemple, se trouve éloignée de la première par une épaisseur Irès-considèrablc, comme le cent cinquante ou deux cents pieds perpendiculaires, alors cette veine, qui est à deux cents pieds audessous de la i)remiérc, est moins inclinée, parce qu’elle prend plus d’épaisseur à mesure qu’elle descend, et qu’il en est de même de la masse intermédiaire de matières étrangères, qui sont aussi toujours plus épaisses à une plus grande profondeur.
Pour rendre ceci plus sensible, supposons un terrain en forme d’entonnoir, c’est-à-dire une plaine environnée de collines dont les pentes soient à peu i)rès égales : si cet entonnoir vient a se remplir par des alluvions successives, il est certain que l’eau déposera scs sédiments, tant sur les pentes que sur le fond : et, dans ce cas, les couches déposées se trouvci’ont également éi)aisses en descendant d’un côté et en remontant de l'autre; mais ce dépôt formera sur le plan du fond une couche plus épaisse que sur les pentes, et celte couche du fond augmentera encore d’épaisseur par les matières qui pourront descendre de la i)entc ; aussi les veines du charbon sont-elles, comme nous venons de le dire, toujours plus épaisses sur leur plateur que dans le cours de leur inclinaison; les lits qui les séparent sont aussi plus épais par la même raison. Maintenant, si dans ce même terrain en entonnoir il se fait un second dépôt de la même matière de charbon, il est évident que, comme l’entonnoir est rétréci et les pentes adoucies par le premier dépôt, cette seconde veine, plus extérieure que la première, sera un peu moins inclinée, et n’aura qu’une moindre étendue dans son plateur; en sorte que s'il s’est formé de celte même manière plusieurs veines les unes audessus des autres, et chacune séparée par de grandes épaisseurs de matières étrangères, ces veines et ces matières auront d’autant i)lus d’inclinaison qu’elles seront plus intérieures, c’est-à-dire plus voisines du terrain sur lequel s’est fait le premier dépôt; mais comme celle différence d’inclinaison n’est pas fort sensible dans les veines qui ne sont pas à de grandes distances les unes des autres en profondeur, les minéralogistes se sont accordés à dire que toutes les veines de charbon sont parfaitement parallèles : cependant il est sûr que cela n’est exactement vrai que quand les veines ne sont séparées que par des lits de médiocre ou petite épaisseur; car celles qui sont séj)arées par de grandes épaisseurs ne peuvent pas avoir la même inclinaison, à moins qu’on ne su|)pose un entonnoir d’un diamètre immense, c’est-à-dire une contrée entière comme le pays de Liège, dont tout le sol est composé de veines de charbon jusqu’à une très-grande profondeur.
M. Ccnnelé a donné Téniimération * de tonies les couches ou veines de charbon de la montagne de Saint-Gilles au pays de Liège, et j’ai cru
* « Pour donner, dit-il, l’idée la plus complète de la marche variée des veines qui garnissent « un même terrain, j’ai choisi la montagne de Saint-Gilles, près de Liège, qui est presque dans a le milieu de la trace où ecs veines filent du levant au couchant, et où le pcnchapt de la mon- « tagne fait découvrir le plus grand nomhrc de veines avec les plus grandes profondeurs aux-
o quelles on puisse les atteindre Le diamètre du plateau (de celte montagne) est d’environ
» mille pieds; c’est aussi la longueur de la première veine qui s’étend île tous côtés, tant
B en longueur qu’en largeur, ainsi que toutes les autres qui suivent. »
Épaisseur
des
Veines.
Distance entre les Veines."
Distance du gazon à la première veine
Epaisseur dé cette première J . .
Cette première \eiiie n’a partout qu’un seul lit ou épaisseur uniforme : elle a un doigt d’épaisseur de houage (terre noire, meiihle, qui SC trouve dessous ou entre les bancs de houille), en dessous, ce (jui la rend trèÿ-facile à rexploitation.
Distance de la première à la seconde veine
Epaisseur de la seconde veine
Elle est .séparée en deux lits, par un doigt d’épaisseur de houage.
Distance de la deuxième à lu troisième veine .
Epaisseur de la troisième veine
Cette troisième veine e.st quelquefois séparée en deux, par un nu deux pieds do roc; et, à prendre la chose en général, on peut compter depuis iiu pied jusqu’à une, et même deux toi.ses de distance entre ces deux lits de houille qui ne fout cependant qu'une seule veine.
Distance delà troLsième à la quatrième. ’
Epaisseur de la quatrième veine
Elle a trois pouces de houage en has; sa houille est bonne, cl brûle comme le charbon du meilleur bois.
Dislaiice de la quatrième à la ciiiquicmc veine
Epaisseur' de la cinquième veine
Cette cinquième veine est mêlée de pieries qui prennent la moitié de •SOU épaisseur, et la réduisent à sept ou huit pouces, divisée en trois couches ; elle renfermé quelquefois des pyrites sulfureuses, qui lui donnent upe odeur désagréalde en brûlant.
Distance de la cinquième à la sixième veine
Epaisseur <le la .sixième veine
Distance de la sixième à la septième veine
Epai.sseur de celte septième veine
La houille de cette \einc est de bonne qualité ; c’est à cette veine que commence à toucher la grande faille qui coupe ensuite toutes celles qui Sont au-dessous.
Distance de la septième à l,a huitième veine
Epaisseur de la huitième veine • . . .
Elle est .séparée en deux, par une épais.scur de deux à trois pouces de pierres, cl a en dessous imviron trois pouces de houage.
Distance de la huitième à la neuvième veine
1 pi. 5 p.
Epaisseur de lu neuvième veine
Elle est séparée en trois branches pur deux lits de pierres, qui font qu’elle ne vaut presque rien.
Distance de la neuvième à la dixième veine
Epais.scur de celte dixième veine
Elle est de bonne qualité, quoique dillîcile à exploiter.
Distance, de la dixième à la onzième veine
Epaisseur do cette onzième veine
Elle a au-dessous deux ou trois doigts d’épaisseur de houage , et est exeellente.
Distance de la onzième à la douzième veine. ..... ...
Bf)
DES MWÉRAUX. 227
devoir en donner ici le tableau, quoiqu’il y ait beaucoup plus de fielif et de conjectural que de réel dans son exposition. Il prétend que ces
Epaisspiiv (le cotte douzième veine ’
La linnille de cctle veine repiuid une mauvaise odeur en brûlant, parce fpi’elle roiifcrme dc.s boutures ou pyrites sulfureuses; exposée à l’air pcudautles pluies. celleqiii est cuiiclléefcrmculeets’cullaiumed’pllcménie. et c’est pour cria qu’oii uc peut exploiter eetle veine pendant ritiver, puisque la bouille ne pourrait sc conserver en tas à l’air libre pour la vente, sans accidents.
Distance de la douzicnic à la treizième veine
Epaisseur de celte treizième veine • •
Elle est divisée en trois bancs, par deux lits de pierres, d’un à deux doigl.s d’épaisseur, et a en des.sous un demi-doigt de houage. Distance de la treizième à la quatorzième veine. ........
Epaisseur de cette quatorzième veine
Elle est séparée en deux bruiicbes presque égales, par un banc de pierres noires cl de veine nutoyenne (ou fausse veine terreuse, qui n’est ni de vraie houille, ni propremeut terre, ni véritable pierre, mais un compo.sc des trois fondues ensemble), le tout d’un pied d’épaisseur; et a en dessous deux ou trois doigts d’épaisseur de bouage. ...
Distance de la quatorzième a la quinzième veine
Epaisseur de eetle quinzième veine. . . . .. . • • • •
Elle ot (lurUjuclois .séparcc eu doux par un ht ih- pierre ot ue niaticre biliimiiicusc, ce qui ii’cmpêelie pas que la veine ne soit excellente.
Distance de la quinzième à la seizième veine
Epaisseur de celle seizième veine.
Elle est quelquefois d’une seule pièce, et d’autres lois elle a trois couclies, alors celle de dessus et celle de dessous soûl les plii.s épaisses ; souvent il y a un peu de bouage, et souvent il n’y en a point.
Distance de la seizième à la dix-seplième veine
Epaisseur de celle dlx-septièmc veine
11 y a un lit de deux doigts d’épai.sscur qui la divise eu deux brandies, c’est encore ici niic veine d'élite ; il y a depuis deux jusqu’à cinq doigts d'épaisseur de houage sons cette veine.
Distance de. la dix-septième à fa dix-buitième veine
Epaisseur de celte di.x-huitième veine
Cette veine est bonne ; elle est laiilôt d’une seule picce, et tantôt de deux couelies ; elle a quelquefois du bouage, cl d’autres fois elle n’en a point.
Distance de la dix-huitième à la dix-neuvième veine
Epaisseur de celte dix-neiivième veine. ..........
Elle a un lit de pierres qui lu divise en deux braiicbes. et ce lu ii étant nue d’un ined en quelques eiidroils. se trouve de plusieurs pieds (iVpaisscur en d'auires : il y a un demi-pied de liouage tous lu ilernière couche du bas; la veine a quelquefois des pyrites sullureiises.
Distance de la dix-neuvième à la vingtièinc veine
Epaisseur de celte vingtième veine t î ’i ' ' ’
Elle est quelquefois d’une seule pièce, et d’autres fois de deux couches, qui s.onl séparées par uii doigt de houage.
Distance do. la vingtième à lu vingt cl unième veine
Epni.sseur de cette vingt et unième veine . .
Elle est souvent séparée en deux couches, par un lit de sept a huit pouces de roc ; celle de dessus est la plus épaisse, et est quelquelois divisée par deux doigts de houage.
Distance de la vingt et uniènie à la vingt-deuxième veine
Epais.seur de eetle viiigl-deuxième veine
C’est la meilleure de Ipiitps les veines, cependant il s’y trouve quelquefois des pyrites, mais aisées à séparer : elle a deux doigts de bouage.
veines sont au nombre de soixante et une, et que la dernière est à quatre mille cent ving-cinq pieds liégeois de profondeur, tandis que
Épaisseur
des
Veines.
Dislanee de la vingt-deuxième à la vingt-troisième veine
IJpaisseur de eelte viiij't-lroi.sième veine
Lu liouilic donne an leu un peu de mauvaise odeur; elle a trois couclies; celle d'en lias cl celle d’en liant sont les plus épaisses : il y a un doigt de liouage sous colle du milieu ; la veine contient souvent des pyriles.
Tlislanee do la vingl-lroisièmc à la vingt-quatrième veine
Epaisseur de celte vingt-quatrième veine
Il y a un demi-pied de liouage en dessous.
Uistaiiee de la vingt-quatrième à la viiigl-einquième veine
Kpaisseiir de cetle vingl-einqiiième veine
Elle eiinlienl liouucuup de pyrites suirurcuses, et est divisée en deux conciles.
Distance de la vingt-cinquième à la vingt-sixième veine. . . . . .
Epai.sscur de cetle vingt-sixième veine
Elle est aussi divisée en deux couches, et a depuis deux jusqu’à trois pouces de liouage en dessous.
Disliuu’e de la vingt-sixième à la vingt-septième veine
Epaisseur de celle vingt-septième veine
Ectte veine est lionne et toute d’une (lièce.
Dislaiice de la viugt-seplicme à la viiigt-liuilième veine
Epaisseur de celte vingt-huitième veine
Cette veine est Ijimiie et aussi d’une seule pièce ; elle a deux doigts de liouage.
Distance de la vingt-huitième à la vingt-neuvième veine
Epaisseur de celle viiigl-ncuvième veine
Il y a deux lits de pierres qui divisent la veine en trois; l’un de ces lits de pierres a trois pouces, et l’autre un pied d’épaisseur; elle est mise au iionihre des meilleures veines et a un pouce de liouage au milieu.
Dislancc de la vingt-neuvième à la trentième veine
Ejiuisseup de cette Irentiènie veine
Elle est divisée en deux couches; il y a quelquefois du Louage et toujours des pyriles sulfureuses.
Distance de la trentième à la trente et unième veine
Epaisseur de celte trente ut unième veine
Il y a deux lits do pierres qui la divisent en trois branches, et qui'out cliiicun sept à huit pouces d’épaisseur ; ces trois branches donnent du la houille qui est peu estimée.
Distance do la trente et unième à la trente-deuxième veine
Epaisseur de cetle Irenle-deuxième veine
C’est ici une bonne veine divi.sée en dcu.x couches par une épaisseur de deux doigts île liouage.
Distance entre la treille-deuxième et la- trcnle-lroisième veine.
Epaisseur de celle Irente-troisicnie veine
Il y a un lit de pierres de sept pouces d’épaisseur, qui la divise eu deux brunehes à peu près égales; la bouille de cetle veine est un peu moins noire que celle des autres veines; il y a trois doigts de Louage au-dessous.
Distance de la Ireiile-troisièmc à la Ireiitc-qualrièmc veine.
Epaisseur de celte trente-quatrième veine ‘ |
11 y a encore ici trois couches de houille, dont lu supérieure est la plus épaisse, avec un demi-doigt de liouage au-dessous.
Distance de la trenlc-qualrièuie à la trente-cinquième veine. . . .
Epaisseur de cette trente-cinquième veine
Celte Irente-cinquième veine est bonne ; elle a deux doigts de Louage au-dessous.
1 pi. 7 p.
ii ' ' 7
Pisliiiice do la ti'eutc-cinquicmc à la treutc-sixiènic veine,
Distance entre les Veines.
dans la réalitô et de fait, les travaux les i)lus |)rofonds de la montagne de Saint-Gilles ne sont parvenus qu’à la vingt-troisième veine, laquelle
Epaisseur de celle Irenle-sixicinc veine
Il y a deux lils de pierres, iharuti de nualre à ciiiij pouces d’épaisseur,
3’ ui séparent la veine en trois brandies : ecUe veine porte sur deux oigls de liounge, et renferme, (jiidiiuel'ois des pyrites sulfureuses.
Dislanee de la trcntc-sixiêine à la Irenle-sepliomc veiue
Epaisseur de cette Irente-sepliéiiie veine
11 y a un lit de pierres qui divise lu veine en deux liranclies, dont la su[iérieure a un demi-doigt de liouago; celte veine renferme quelques pyrites.
Distance de la trente-septième à la Irenle-huiticmc veine
Epaisseur de cette trente-liiiilièmc veine .
Souvent celle veine est d’une seule pièce, cl souvent elle est divisée en deux couches, dont l’inferieure porte sur une épaisseur de deux doigts de houage.
Distance de la trcnte-liiiitièmc à la Irenle-ncuvième veine
Epaisseur de celle trente-neuvième veiue
tiette veine a deux couches ; celle de dessus est la plus épaisse, et poi te sur un doigt de houage.
Distance de la Irenle-neuviènic à la (|uarantièmc veine
Epaisseur de celte c|uaranlième veine.
Distance de la quarantième à la quarante cl unième veiue
Epaisseur de celle quarante et unième veine
Cette veine est eomposce de deu.v couches ; celle de dessous est la jilus épaisse, et porte sur deux doigts de houage.
Distance de la quarante cl unième à la quarante-deuxième veine. . .
Epaisseur de celle quarante-deuxième veine
Il y a un lit de picrre.s de deux doigts d’épaisseur, qui divise la veine en deux hranches; celle de dessus est la plus forte, et celle de dessous a trois doigts de houage.
Distance de la quarante-deuxième à la quarante-troisième veine. . .
Epaisseur de cette quarante-troisième veiue
Distance de la quarante-troisième à la quarante-quatrième veine. . .
Epaisseur de celte quarante-qualrièuie veine
Distance de la quarante-quatrième à la quarante-cinquième veine. . .
Epaisseur de celle quaranle-cinquièinc veine
Klleest di\ isée en deux couches; ccllcdcdcssousa deux doigts de houage. Distance de la quarante-cinq uième à la quarante-sixième veine. . . .
Epaisseur de cette quarante-sixième veine. .
Distance de la quarante-sixième à la quaranlo-septièuie veine. . . .
Epaisseur de cette quarante-septième veine
Elle est composée de deux couches; celle d’en bas a un doigt d’épaisseur de houage.
Dislanec de la quarante-septième à la quarante-huitième veiue . . .
Epai.sseur de celle quarante-huitième veine. .........
Distance de la (|uarantc-hnilicmc à la quaraiile-iicuvième veine. . .
Epaisseur de celle qiiaraiilc-neuvième veine
Distance de la quarnnle-neuvièine à la cinquantième veine
Epaisseur de cette cinqiianticine veine
Distance de la cinquantième à la cinquante et unième veine. . . .
Epaisseur de celte ciiiquaiitc et unième veine
Distance de la cinquante et unième à la cinquante-deuxième veine. .
Epaisseur de la einquanle deuxième veine
Elle est divisée en deux couches; celle de dessous a quatre pouces de hou.age.
Distance de la cinquante-deuxième à la cinquante-troisième veine. . .
Epaisseur de cette einquanle-lroisième veine
11 y a un lit de pierres d’un pied d’épaisseur, qui divise la veine en deux hranches; celle d’en lias a un pied de houage.
Epaisseur
des
Veines.
Distance entre les Veines.
5 pi. 0 p.
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