‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 23 sur 54 · IG · texte numérisé non relu

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HISTOIKE NATLRELLl-:

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Dans le travail des mines de charbon de terre, l’on est toujours plus ou moins inçonmiodé par les eaux; les unes y coulent en sources vives, les autres n’y tombent qu’en suintant parles fentes des rochers et des terres supérieures, et les mineurs les plus expérimentes assurent que plus ils creusent, plus les eaux diminucnl, et qu’elles sont plus abondantes vers la superlicie. Celle observation est conforme aux idées qu’on doit avoir d(^ la quantité des eaux souterraines, qui, ne tirant leur origine que des eaux pluviales, sont d’aulant plus abondantes (|u’elles ont moins d’épaisseur de terre à traverser; et ce ne doit être que (puuid on laisse tomber les eaux des excavations supérieures dans les ti-avaux inférieurs, (ju’ellcs paraissent être en plus gi'ande quantité à cette profondeur plus grande. Enlin on a aussi observé que l’étendue superticielle et la direction des suintements et du volume des sources souterraines varient selon les différentes couches des inalières où elles se trouvent*.

Tout le monde sait (|ue l’eau tpii ne peut se répandre remonte à la même hauteur dont elle est descendue; rien ne démontre mieux que des eaux souterraines, même les plus |)rofondes, proviennent uniquement dos eaux de la superlicie, puisqu’on perçant la terre jusqu’à celle profondeur avec des laricres, on se piocure des eaux jaillissantes à la surface; mais lors(|u’au lieu de former un siphon dans la terre, comme l’on fait avec la larière, on y perce de larges puits et des galeries, l’eau s’épanche an lieu de remonlm’, et se ramasse en si grande quantité, que l’épuisement en est (luelquefois au-dessus de toutes nos forces et des

Voyez sur ce sujet, Transactions pliilosopliicjues, ii» i2'J; cl aussi les ii™ 10!), 282 et 4t2. Nota, ,1c (lois observer que (es auteurs qui ont avancé, connue on le voit ici, que c’est la vapeur sulfureuse qui s’eunannne, so sont trompés; cette vapeur sulfureuse, loin de s’allumer, éteint au contraire les cliandolle.s allumées ; c'est donc à l’air inflammable et non à la \apeur sulfureuse qu’il faut attribuer rinibunmutlon dans les mines de charbon. Mais la cause la plus commune de l’einbrascment des mines de charbon est rinllammaliou des pyi iles par l’humidité de la terre loi squ’elle est abreuvée d’eau ; 011 ne peut |)arvcnir à éloulïer ce feu qu’en inondant pendant un certain temps toule la mine incendiée. Ces accidents sont ires-frequents dans les mines de charbon qui ont élé exploilé.es sans oiilre par les paysans : la quantité de puits et d’ouvertures qu’ilsont laisses sur la dieeeliou des veines sont autant do réecptaeles aux eaux de pluie, qui, venant à rencontrer des pyrites, causent des ineendies.

* Dans les subslaue.es molles cl dans les lits piofondémont enfouis, les fentes sont assez éloignées les unes des autres et [ilus étroites : dans les matières calcaires elles .sont pciqjendiculaircs il rhorizou ; dans les bancs de grès et de roc vif, elles sont obliques et irrégulièrement placées ; dans quelques matières compactes, comme marbres, pierres dures et ilans les premières couches, elles sont plus niultipliées cl plus larges; souvent elles descendent depuis le sommet des masses ju.5(|u’à leur base; d’autres fois elles pénètrent jusque dams les lits inférieurs : les unes vont eu diminuant de largeur, d’autres ont dans toute leur étendue les méincs dimensions. Pour ce qui est des temps auxipiels ont doit s’attendre davantage à la renconlre embarrassante des eaux, il est d’observation qu’elles sont en général plus abondantes en biver, suivant l’espeee de lempératurc cl suivant les pluies : c’est ordinairement en mars qu’elles donnent davantage, à cause des fontes de neiges ; on les a vues quelquefois très-basses à Noël. Du Cliarl on (4e lcri e. p ir M. .Morand, page 870.

re.ssoum's <lo l'ai'I. i.es niacliines les |)lus piiissanlcs (|uc l’on (‘niploie dans les mines de cliar’l)on sont les pompes à feu, dont ordinaiianneid on ])ent anginenter les elïcls autan! (pi’i! est nécessaire poni‘ se débari'asser des eaux, et sans qu’il en coûte d’autres Irais que ceux de la construction de la machine, puisque c’est le charbon même de. la mine qui sert d’aliment au feu, dont l’action, par le moyen des vapeurs de l’eau bouillante, fait moin oir les pistons de la pompe *; mais, quand la prolondeur

• « Los inachiiies ou pompes à feu soûl part iculicremeiit appliiiuées à ces {'i-aiuls épuisements « dans qmintlté de mines de eharbon de la Grande-Bi elagnc... La plus considcralile est celle « de Walter, où les eaux ramassées à cent toises de profondeur s’élèvent à (lualre-vingt-neuf .1 toisiîs jusqu’à un percement ou aqueduc de quatre pieds de haut et de doux cent cinquante n toises de long ; sa puissiince e.st de trente-quatre mille quatre rent seize livres, elle a d’effort « trois raille quatre-vingt-seize... On se sert aussi d’une pompe à feu dans la mine de char- II bon de t'rcnes, proche Coudé, de laquelle 51. Morand donne la description. » Du Charbon de terre, pages iOi, -fOi) et .46H... « Il y a dix pompes à feu dans la seule mine d’Anzin ; il y O en a une à Slontrclais, en Bretagne et l’on en monte actuellement (septembre 17711) une « d’une puissance supérieure à la mine d’Anzin. pour remplacer l’aneicnne, qui était défec- 11 tueuse. » Note communiquée par 5[. le chevalier de Grignon... 51. le Caimrs de Limare m’a informé qu’on a trouvé nouvellement en Angleterre les moyens de donner à ces machines à feu un degré de perfection qui |iroduit un beaucoup plus grand effet avec nue moindre con- .sommation de matière combustible : voici la notice que 51. do Limare a eu la bonté de me cominuuiquei’ à ce sujet, n Lu nouvelle machine a feu que 5151. Boullon et Watt viennent « d’établii' en Angleterre avec le plus grand .succès, en vertu d’un arrêt dn Parlement qui leur . en accorde le privilège e.xclusif, est infiniment supérieure aux anciennes machines pour Il l’effet et pour réconoiuie.

Il Ce u’est plus le poids de l’atmosphère qui donne le mouvement au piston, c’est l’action « seule de la vapeur qui agit, et sa condensation se fait dans un vaisseau qu’ils appellent le Il rondenwir, et qui est distinct du cylindre où agit le piston. Ce condensoir est toujours au » même degré de chaleur que la vapeur même, sans que l’injection de l’eau froide le refroi- « disse en aucune façon; la vapeur étant introdnile dans la capacité d’une roue qui contient U une matière fiuide, elle donne à celte roue un mouvement circulaire avec une force relative U à la capacité de la roue et à la quantité de vapeur qu’elle peut recevoir. Quoiqu’on ne puisse U bien juger de ce mécani.smc dont on lient le jeu cache, son effet est considérable, cH’cxpé- « riencc l’a confirmé : la même machine changée et disposée sttr les principes ci-dessus, donne Il un ell’et presque double et consomme infiniment moins de charbon que par rancienue Il méthode, ce qui a fait adopter la nouvelle par toute rAngIclerre, où 5I5L Boullon et Wall Il en ont déjà établi plusieurs avec beaucoup d’avaulage pour eux et pour les propriétaires.

B Pour juger de l’effet étonnant de celte machine, il suffit de savoir qu’avec le feu de cent Il livres de charbon de terre de bonne qualilé, elle élève

U .A la hauteur de I pied îi^' '

O A celle de 10 pieds. .

U .A celle de 100 pieds. .

Il .V celle de 1,000 pieds

« Quant aux conditions, 5L51. Boullon et AValt se font donner, pour toute cho.se, le tiers du

« il’une ancienne machine de pareille force qui aurait à élever le même volume d’eau d'une U profondeur égale : ce tiers doit leur appartenir pendant les quatorze annce.s de la durée de U leur privilège; plusieurs entrepreneurs des mines d’étain de Cornouiiillcs, assurés par leur

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est très-grande, et que les eaux sont trop abondantes, cette inacliine, la meilleure de toutes , n’a pas encore assez de puissance pour les épuiser.

Les eaux qui coulent dans les terres voisines des mines de charbon sont de qualités différentes : il y en a de très-pures et bonnes à boire; mais ce ne sont que celles qui viennent des terres situées au-dessus des charbons : celles qui se trouvent dans le fond de leur mine sont quelquefois bitumineuses, et plus souvent vilrioliques et alumineuses; l’alun ou le vitriol martial (ju'elles tiennent en dissolution sont eux-mêmes trèssouvent altérés ])ar différents mélanges *; mais de quelque qualité que soient les eaux, celles qui croupissent dans la profondeur des mines les rendent souvent inabordables par les vapeurs funestes qu’elles produisent. L’air et Teau ont également besoin d’être agités sans cesse’ pour conserver leur salubrité ; l’étal de stagnation dans ces deux éléments est bientôt suivi de la corrui)lion, et Ton ne saurait donner trop d’attention dans les travaux des mines à la liberté de monv ement et de circulation toujours nécessaire à ces deux éléments.

Après avoir exposé les faits qui ont rapport à la nature des charbons de terre, à leur formation, leur gisement, la direction, l'étendue, l’épaisseur de leurs veines en général, il est bon d’enirer dans le détail particulier des différentes mines qui ont été et qui sont encore travaillées avec succès, tant en France que dans les pays étrangers, et de montrer que celte matière se trouve partout où l’on sait la chercher; après quoi nous donnerons les moyens qu’il faut employer pour en faire usage, et la substituer sans inconvénient au bois et au charbon de bois dans nos fourneaux, nos poêles et nos cheminées.

Il y a dans la seule étendue, du royaume de France plus de quatre cents mines de charbon de terre en pleine exploitation; et ce nombre, quoique très-considérables, ne fait peut-être pas la dixième partie de celles qu’on pourrait y trouver. Dans toutes ou presque toutes ces mines, il y a trois ou quatre sortes de charbon : le charbon pur, qui est ordinairement au centre de la veine; le charbon pierreux, communément mêlé de plus ou moins de matières calcaires ou de grès; le charbon schisteux et le charbon pyrileux. Feux qui contiennent du schiste sont les plus rares de tous; et cela seul prouverait que la substance principale du chai bon ne peut être de l’argile, puisque le vrai schiste n’est lui-même qu’une argile durcie. Il y a des charbons qui se trouvent ityriteux dans toute l’épaisseur et l’étendue de leur veine; ce sont les moins propres de tous aux travaux de la métallurgie : mais comme on peut

« propre expérience du succès conslant de cette nourèllc machine, ont racheté, pour une « somme comptant, cette indemnité annuelle qu’ils doivent payer pendant quatorze ans à « MM. Boulton et Watt. » Paris, le S juillet 1780.

’ Un c.harlion de terre, etc., par M. Morand, paf'c 29.

les épurer en les faisant cuire, et qu’ordinairenient ils contiennent moins de bitume que les autres, ils donnent aussi moins de fumée, et conviennent souvent micu\ pour l’usage des cheminées que les charbons trop chargés de bitume. La grande quantité de souffre (jui se forme par la combustion des premiers ne peut qu’altérer les métaux, surtout le fer, que la plus petite quantité d'acide sulfureux suffit pour rendre aigre et cassant. Le charbon pierreux ne se trouve pas dans le camtre des veines, à moins qu’elles ne .soient fort minces; il est ordinairement situé le long des parois et sur le fond des bancs pierreux qui forment le toit et le sol de la veine. Les charbons schisteux sont de même situés sur le sol ou sous le toit schisteux de la veine. Ces charbons pierreux ou schisteux ne sont pas d’un meilleur usage que le charbon pyrileux, et ils ont encore le désavantage de ne pouvoir être épurés à cause de la grande quantité de leurs parties i)ierreuses ou schisteuses ; il ne reste donc à vrai dire que le charbon de la première sorte, c’est-à-dire le charbon pur, dont on puisse faire une matière avantageusement coinl)uslible, et jiropre à remi)lacer le charbon de bois dans tous les emi)!ois qu’on en peut faire.

El dans ce charbon de la première sorte et le meilleur de tous, on distingue encore celui qui se tire en gros l)locs, que l’on appelle charbon pérat, dont la qualité est néanmoins la même que celle du charbon plus menu *, qui se nomme charbon maréchal. Le charbon i)érat a pris ce nom aux mines de Rivc-de-Cicr, et il n’est ainsi appelé que quand il est en gros morceaux : c’est par celle seule raison de son gi’os volume qu’il est plus estimé pour les grilles des leininres et des fourneaux; mais il n’csl pas [)Our cela d’une qualité supérieure au charbon maréchal, car l'un et l’autre se tirent de la même veine, et l’on distingue par le volume trois sortes do charbon : le pérat est celui qui arrive à la supei ficie du leriain en gros morceaux et sans être brisé; le second, qui est en morceaux de médiocre gi-osseur, se nomme charbon grêle; et ce n’est que celui qui est émietté ou cpii est composé des débris des deux autres qu’on ajipelle charbon maréchal. Le bon charl)on pèse de cinquante-cinq à soixante livre le ])ied cube; mais celle estimation est difficile à faire avec précision, surtout pour le charbon qui se brise en le tirant. Les charbons les plus pesants sonlsoinent les plus mauvais, parce que leur grande pesanteur ne vient que de la grande quantité de parties pyrileuses, terreuses ou schisteuses qu’ils contiennent. Les charbons trop légers pèchent par un autre défaut ; c’est de ne donner que peu de chaleur en brillant et de se consumer trop vite. Pour (jue la qualité du charbon soit parfaite, il faut que la inalièi-e végétale qui en fait le fond ait été bituminisée dans son premier état de décomposition, c’est-à-dire

* Charbon perat est une dénomination locale qui signifie c/mr&ort ^3ien™eï/.aî ou c/mriow. f/e •pierre.

mSTOIl'.E NATURELLE

avant que cetlc snl)staiic<‘ ail été (léeninposéc par la pourriliirc; car (liiand le végétal est trop détruit, l’acide ne peut en bituniiniser l'huile qui n y existe plus. Cell(' nialière végétale qui n’a subi que lespreniiei's effets de la dccoinposition aura dès lors conservé toutes scs parlies coinbuslibles; et le bitume, qui par lui-niètnc est une huile inflammable, couvi'ant et pénélraiil celte substance végélale, le composé de ces deux matières tloit conlcnii', sous le même volume, beaucoup plus de parties combustibles (jue le buis : aussi la chaleur du charbon de terre est-elle bien [ilus forte <■! plus dui'ablc que celle du charbon végélal.

Le (]ue je viens de dire au sujet de la décomposition plus ou moins grande de la matière ^ égélale dans les charbons de terre peut se démonli'er |)ar les laits. On trouve au-dessus de queh|ucs mines de charbon lies bois lossiles, dans lesquels 1 organisation est pres(|ue aussi apparente que dans les arbres de nos forêts; ensuite on trouve Irès-comnuinémcnt des veines d'autres bois qui ne diffèrent guère des premiers que par le bitume (lu’ils contiennent, et dans lesquels l’organisalion est encore trèsreconnaissable : niais à mesure im’on descend, les traits de cette organisation s oblitèrent, et il n’en reste ijuc peu ou point d’indices dans la suite de la veine. 11 arrive souvent que cette bonne veine porte sur une autre \eine de mauvais charbon terreux et jiourri, iiarce que sa substance végétale, s’étant pourrie ti'op promptement, n’a pu s’imprégner d une assez grande (|uanlilé de bitume pour se conservu’r. On doit donc ajouter celte cinquième sorte de chai'bon aux quatre premières sous le nom de charbon terrea, réparée (ju’en eflet sa substance n’est qu’un terreau |iourri. Enlin une sixième sorte est le charbon le plus compacte, que l’on pourrait appeler charbon de pierre, à caii.se de .sa dureté; il contient une grande (juanlité de bitume, et le fond parait en être de terre limoneuse, parce ([u’il lai.sse après la combustion une scorie vitreuse et boursoufllée. Et lorsiiuc le limon ou le terreau .se Irouve en trop grande quantité ou av cc trop peu de bitume, ces charbons ainsi composés ne sont pas de bonne (jualilé : ils donnent également beaucoup de scories ou màche-ler par la combustion; mais tous deux sont très-bons lorsqu’ils ne contiennent qu’une jielilc quantité de terre et beaucouj) de bitume.

On trouve donc dans ces immenses dèpéds accumulés par les eaux la matière végélale dans tous ses étals de décomposition ; et cela seul sufliraitpour qu’il y eût des charbons de qualités très-différentes. La quantité de celte matière anciennement accumulée dans les entrailles de la terre est si considérable, (|u’ün ne [leut en faire l’estimation autrement quepar comjiarai.son. Or, une bonne mine decharbon fournit seule plus de malière combustible que les plus vastes forêls; -et il n’est pas à craindre (jiieron épuise jamais ces ti-ésors de feu, quand même l’homme, venant à mampier de bois, y substiluerait le charbon de terre pour tous les usages de sa consommation.

Les meilleurs charbons de France sont ceux du bourbonnais, de la Rourgogne, de la Franche-Comté et du Mainaut; on en trouva' aussi

DES ailNÉnAlIX.

d’assez bons dans le Lyonnais, l’Auvergne, le Limousin el le Languedoc ; ceux qu’on connail en Daujdiiné ne sont ([ue de médiocre qualité*. Aous croyons devoir donner ici les notices que nous avons recueillies sur quelques-unes des mines principales qui sont actuellement en exploitation.

On tire d’assez bon charbon de la mine d’Épinac, qui est siluée en Bourgogne près du v illage de Résille, à quatre lieues d’Autun : on y connait plusieurs veines qui se dirigent toutes de l’est cà l’ouest, s’inclinant au noi'd de trente à trente-cinq degrés**, tlelle qu’on exploite actuellement n’a pas d’épaisseur l'églée : elle a ordinairement sept à huit pieds, quel(|nefois douze à quinze ; d’autres fois elle n’en a que (luatre. Son mura toute la consistance nécessaire ; mais le (oit, composé d'un schiste friable el d’une terre limoneuse (|ue l'eau dissout facilement, s’écroulerait bientôt si on ne l’étayait par de bons boisages et par des massifs pris dans la veine même. Le charbon de cette mine est très-pyrileiix : aussi n’est-il nullement propre aux usages des foi'gcs, la quantité de

* O On m’a envoyé du Paiiphiiic une caisse rciii|dic du mauvais chai boii provenant « d’une fouille près de Sainl-Je.an, à deux ou trois lieues de Grenoble, ipii est du buis de « bêtre très-reconnaissable, iiiiparfaitcmenl bituminisé, » Note communiquée par M. de Jlorveau, le septembre 1779. — « Je connais les diirércntcs espèces de cbarbon de Oaupliiné, O elles sont toutes mauvaises et ne peuvent soutenir la préparation : j’eii ai fait une épreuve « de trois mille cinq cents livres qui m’a prouvé cotte vérité. Gcliii que j’ai employé était de « V oreppc : ce n’est qu’une pierre à chaux imbue de bitume et de soufre très-volatil : celui de » la Motte ne vaut guère mieux. J’en ai vu une autre mine près de lu grande Cbartreusc, qui « annonce une meilleure qualité; mais elle ne montre que des veinules et des mouches qui se a coupent et se perdent dans le rocher ; celui (pre l’on m’a apporté des montagnes d’Alvard ue U vaut rien du tout. >> Lettre de M. le chevalier de Grignon à .M. de liulfon, datée d’Alvard, le 21 septembre 1778... Voyez néanmoins ci-après, page 2f9.

La mine de Cbampagney, près de Béfort, en Alsace, est inclinée de quarante-cinq degrés ; plus les terrains sont bas, moins généralement les veines de cbarbon de terre sont inclinées; elles sont meme horizontales dans les pays de plaine, et ee n’est que dans les montagnes où elles sont violemment inelinccs; au reste, l’inclinaison des mines n’est nulle jiart aussi marrjuée et aussi singulière que dans le pays de Liège, w Les velues de cbarbon de Irîrre sont com- « munément inclinées al horizon, dit AI. Alorand; tantôt clics s’approchent tie la ligne per pend i- « culaire, et elles se nomment alors pearù/pfc de roissc; tantôt elles sont presque horizontales, <■ et on les désigne alors par le nom de pctidage de pinhire. Toutes ees veines prcniicnt leur « origine au jour, c'esl-à-dire à la surface de la terre; elles descendent ensuite dans la meme « direction jusqu’à une certaine profondeur; alors elles forment à une distance plus ou moins « glande dilîérents angles, qui les rapprochent insensiblement de la ligne borizonlale; elles « remontent ensuite à la surface de la terre, en formant iiiio figure symétrique fort régulière ; « il y a donc apparence, d’après ces ob.servalioiis , que les pendages de roisse deviennent « pendages de plature dans toutes les veines du pays de Liège, et qu’elles redeviennent “ ensuite pendages de roi.sse. Ce qu’on observe encore do très-singulier, c’est que presque « jamais les veines ne marebent seules; elles sont toujours accompagnées d’autres veines qui <> inarcheiil parallèlement avec elles, qui se fléchissent sons les mêmes angles, et qui tonies

U ensemble forment une figure presque légnüère. » Joiirniil de bbysiqne, etc., mois de jnil- Icl 177,7. jiagc (iO.

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soufre que produisent les p3U’iIes devant corroder et détruire le fer; cependant il se trouve dans l’épaisseur de la veine de petits lits de très-bon charbon qui serait propre à la forge , s’il était extrait et trié avec soin.

Lamine de Mont-Ccnis, ainsi que celle de RIanzj' et autres des environs, sont dirigées de l’est à l’ouest, et s'inclinent vers le nord de vingtcinq ou trente degrés. On exploite deux veines principales, dont les épaisseurs varient depuis dix jusqu’à (|uarantc-cinq pieds, l.a première (extraction, comme celle de la plupart de nos mines de France, a été mal conduite; on l’a commencée par la tète de la veine, en sorte que les ouvriers sont souvent exposés à percer dans b's ouvrages supérieurs, et a y éprouver des ébotdements. Le lit de cette mine de fllonl-Cenis est un schiste très-dur et |jyriteux, d'nn pied d’épaisseur, dans lequel on voit des empreintes de plantes en grand nombre. I.e charbon de la tète (le celte mine est fort pyrileiix, mais celui qui se tire ])lus profondément l’est beaucoup moins; et en général ce charbon a le défaut de s’émietter a 1 air: il (aul donc l’employer au sortir de la minière; car on ne peut le lrans|)orler au loin sans qu’il suinsse une grande alléralion et ne tombe en détriments. Dans cet état de décomposition il ne donne que très-peu de chaleur et se consume en peu de temps, au lieu que dans son premier état, au sortir de la mine, il fait un feu durable.

Les mines de Rive-dc-Gier, dans le Lyonnais, sont en grande et pleine exploitation. 11 y a actuellement, dit 31. de Grignon, plus de huit cents ouvriers occupés à rextraction du charbon par vingt-deux puits qui communiquent aux galeries de diiïérenles minières, dont les plus profondes sont à quatre cents pieds. On lire de ces mines, comme de presque toutes les autres, trois sortes de charbon : le péral en trèsgros blocs et de la meilleure qualité ; le maréchal qui est menu et qui est séparé du banc de pérat par une couche de mauvais charbon mouet enfin un charbon dur, compacte cl ferreux, qui est voisin du toit et des lisières de la mine, (.e toit est un scliisle ['ougeâtre et limoneux (]ui brunit et noircit à mesure qu’il est plus voisin du charbon, et dans celte jtartie il porte un grand nombre d’enq)rcintes de ^'égélaux. Le charbon de ces mines de RiN C-dc-Gier est plus compacte et |)lus pesant que celui de Mont-Cenis, son feu est plus àpreet plus durable ; il donne une flamme vive, rougeet abondante; il n’est que peu pyriteiix, mais très-biluniineux.

La plupart des mines du Forez * , du Bourbonnais ** , de l’Auver-

* Los mines de charbon se (rouvent dans le haut Forez; elles sont en montagnes, et par conséquent aisées à exploiter, en tirant les eaux par des galeries lalérale.s ; les charbons se trouvent presque à la superficie dans les fonds; ces mines sont très-abondantes autour de Saint-Étienne, dont le territoire peut être regarde comme le centre de toutes les mines de cette province; elles embrassent une longueur d’environ six lieues du levant au couchant, occupant un vallon dont la plus grande largeur du midi au nord n’est pas d’une demi-lieue. Du Charbon de terre, etc , par M. Morand, page 160.

La mine du Bourbonnais, qni fournit Paris depuis plus d’un siècle , est dans la terre d

gne *, sont en amas et non pas en veines; elles sont donc plus faciles à exploiter ; aussi l’on en tire une très-grande quantité de charbon, dont il y en a de très-bonne qualité. Dans le Nivernois près de Üecizc, il se trouve des mines en amas et d’autres en veines. On y connaît quatre ou cinq couches ou veines régulières les unes au-dessus des autres courant parallèlement, étant depuis dix Jusqu’à vingt toises de distance les unes des autres latéralement. Le charbon de ces veines ne commence à être bon qu’à quatre toises cl plus de profondeur; elles ont depuis deux pieds jusqu’à cinq pieds d’épaisseur; leur toit est un schiste avec des impressions de plantes, et le lit est un grès à demi décomposé, l-.es mines en amas du même canton sont mêlées de schiste et de grès; mais en général tout ce charbon est pyrileux, et quelquefois il prend feu de lui-même, lorsqu’après l’cxlraetion on le laisse exposé à l’air.

Il y a des mines de charbon dans le Querci aux environs de Montauban ; il y en a dans le Houergue, où le territoire de Cransac, qui est d’une grande étendue, n’est, pour ainsi dire, qu’une mine de charbon; il yen aune autre mine à Severac-le-Castel sur une montagne, dont le charbon est pyriteiix et sensiblement chargé de vitriol; une autre à Mas-de-Ilannac, élection de Milhaud. On en a aussi découvert dans le

Fims, paroisse de Cliàtillon, à quatre lieues environ de Moulins. Il y a une autre mine à trois lieues et demie de Jloulins, sur la route de Limoges, dans le terriloirc de Noyau : le charbon lie colle iiiiiic, ouverte depuis quelque temps , est eu lioau.x morceaux très-solides, séparés seulement de distance en distance par des feuilicis considcralilcs d’un très-beau spath. La seconde veine a souvent sept à huit pieds d’épaisseur. la première n’en a que trois et demi sur quatre à cinq toises de largeur. Du Charbon de terre, etc., parM. Morand, jiagc Kit.

" C’est particulièrement dans la Limagtie ou basse Auvergne que les mines de charbon sont très-abondantes. Elles u’y sont pas pur veinc.s, mais par assez grandes masses, traversées de temps en temps par dos bandes schisteuses qui ne se continuent pas; les endroits remarquables par leurs minos de charbon sont Snuxillangos, ii sept lieues de Clcrmoiil, Salverrc, Charbonnière, Saintc-Fleurine, Lande -su r-Alagnon, Friigère, Anson, liois-Gro.s, Cros-Ménil, Fosse, la Brosse et Itrass.ager. Idem , ibidem, page KiO. — C’est au-dessous de Brioude, entre les rivières d’Alagnou et d’Allier , que se trouve la plus grande partie des fouilles, et la mine la plus abondante est dans le territoire de Saiiite-Fleurine; le charbon s’y trouve à une médiocre profondeitr. Le centre de ces mines est le cliainp appelé la /■’os.sc, d’où on a autrefois tiré du cliarbon réputé le meilleur de tout ce quartier; les autres ne sont ([ue des rameaux qui partent de ce champ ou qui ^ieunenl s’y rendre, mais séparés par des rocs ; les charbons provenant de ces braiicbes sont tous d’une qualité bien inférieure k celle de la maîtresse-mine

Le bon charbon do cette mine est au-dessous d'un roc grisélre trè.s-dur, de sept à huit toises d’épaisseur ; c’est d’abord une terre noire, sensibieincnt bitumineuse, puis un schiste qui fait le toit de la veine dans laquelle on distingue trois membres : le premier cliarbon peut avoir depuis quinze jusqu’à vingt-cinq pieds d’épaisseur ; il est séparé du second par un roc noir, argileux et imprégné de bitume charbonneux ; le second membre de charbon est à peu près de la même épaisseur que le premier : il est aussi placé sur un roc qui sert de toit au troisième membre, qui renferme le meilleur cliarbon appelé puceau, et qui porte encore sur un lit de rne.... Dans ces mines le cliarbon se présente quelquefois en tas. Du Charbon de terre, etc., par M. Morand, page S8S.

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bas Liaion.sin à une iit'uo de Rourganeuf, dans les envii'ons d’Argenlal, dans ceux de iMaynac el, dans le ter riloire de Varels, à peu de distance de Drives L Dans toute rélenduc du terrain, depuis la rive du Lot, qui est en face de Lévignac , jus(iu’à Firrni, on ne peut pas faire un pas qu’on ne trouve du cliarbon : dans beaucoup d’endroils on n’a pas besoin de creuser pour le tirer. Dans ce même canlon il y a une masse trèsétendue de ce charbon qui est minée par un embrasement souterrain; la première époque de cet incendie n’est point connue ; on \oit sortir une fumée fort épaisse des cro asses de cette minière cnllainmée * **. Il y a aussi en Bourgogne, au canton de la Gacbèrc , près de Saint-Berain, une mine de cliarbon enllanimée qui donne de la fumée el une forte odeur d’acide sulfureux ; ou ne peut pas toucher sans se bin'der un bâton qu’on y a plongé seulement pendant une minute ; ce n’est ((u’une inflammation pyrileuse produite par l'eau qui séjourne dans cet endroit, et qu’on pourrait éteindi-e en le desséchant ***. Il y a encore près de Saint-Étienne en Forez une mine de charbon qui brûle depuis plus de cin<i cents ans, aiqu'ès de laquelle on avait établi une manufacture pour tirer de l’alun des récréments de cette mine brûlée ; et enfin une autre auprès de Saint-Chaumont, qui brûle très-lentement el jirofondément.

En Languedoc il y a aussi beaucoup de charbon de terre. i\L l’abbé de Sauvages, très-bon observateur, assure qu’il en existe differentes mines dans la chaine des collines , qui s’étend depuis Andusc jusqu’à Villefort ; ce qui fait une étendue d'environ dix lieues de longueur ****.

* Du Charbon de terre, etc., par SI. Slorand, page t3'j.

Idem, page H-rÆ.

Note couimuniquce par SI. de Slorveaii, le 1 septembre t77U.

Les pi incipalc.s, et celles qui en fournissent àpresque tout le Languedoc, sont, dit-il, aux environs d’Alais cl du Cbàte.au-des-rorles ; elles alfeclent toujours les endroits dont le terrain ou les rochers sont une espèce de grès d’nn grain quartzeu.x, grisâtre, iiTcguliei' dans .sa forme el .sa grosseur.... Les mines d’Alais sont ordinairemonl par veines, resserrées au fond d’un rocher.... Le charbon y par aît entassé sans aucuite distinction de lits: lorsque les veinc.s aboutissent à la supcrlicie, le charbon est altéré dans Sa couleur et dans sa consislance jiisrpi’à une toise de profondeur; on ne tire d'abord que de la terre noirâtre ; à mesure que l’on creuse . le grain devient plus ferme, d’un noir plus foncé et plus luisant; c’est le charbon dont on se sert pour les fours à chaux.

Ces mines .sont toujours accompagnées de deux espèces de schistes connus parmi les mineurs du ])ays sous le nom de /me.... La première espèce de tisse, qu’on appelle les gardes du charhon , parce qu’elle lui est immédiatement appliquée et qu’elle l’accompagne partout, est une pierre bitumineuse, mince , tendre et noiic ; elle ne diffère de l’amiielitis ordinaire que parce qu’elle est pliée ou ondée et qu’elle a souvent le poli el le luisant du jayet travaillé.

Au-dessous de cette première fisse, on en Irouve une autre dont les couches sont plus nomhreuses et plus aplaties; c’est une ardoise feuilletée, tantôt noire, tantôt rousse, cl toujours fort grossière : elle se distingue priucipalemciit de la prcmièi'e par des empreintes végétales.

Quoique nos mines de charbon .soient à l’abri des eaux pluviales, elles ne hii.ssent pas quelquefois d’être humectées par des sources bitumineuses aussi anciennes peut-être que les mines, et qui sont plus frequentes à nie.snre que les mines sont plus profondes ; les ouvriers en sont

DES MINEUAUX.

Dai)s le Lyonnais, les principaux endroils où l’on frouvc du charbon de (erre sont le territoire de Gra^enand, celui du ÎDouillon , ceux de Sainl-Gcnis-Tcrrcnoire , qui tous trois sont dans la nicnie montagne, située à un demi-quart de lieue de l\ive-dc-Gier , et les eaux de leurs galeries s’écoulent dans le Gicr. Les terrains de Saint-Martin-la-Plaine, Saint Paul-en-Yarelz , Ilive-de-Gier , et Saini rihauinont , contiennent aussi des mines de charbon. M. de la Tourette, secrétaire de l’Académie des Sciences de Lyon, et coi-respondant de celle de Paris, a donné une description détaillée des matières (|ui se trouvent au-dessus d'une de ces mines du Lyonnais, par laquelle il parait (|ue le bon charbon ne se trouve qu’à cent pieds dans certains endroits, et à cent cinquante environ dans d’autres. Il y a deux veines l’une au-dessus de l'aiiti e, dont la plus extérieui e a depuis huit jusqu'à dix-huit pieds d’épaisseur d’un charbon propre aux maréchaux. La seconde veine n’est séparée de la première que par un lit de grès dur et d’un grain fin, de six à neuf ]iouces d’épaisseur; ce grès sert de toit à la seconde veine qui a dix à (|uinze ])icds d’épaisseur, et dont le chai-bon est plus compacte t[ue celui de la prendère veine, mais encore plus pyriteux.

Il y a du charbon de terre en Dauphiné, ])rès de Driançon, et entre Sésanne et Sertriches , dans le même endroit où l’on tire la craie de Ibiançon, et à Ternay, élection de V ienne. Les charbons de Yoreppe, de Saint-Laurent, de la montagne de Soyers, ainsi que ceux du village de la IMottc et du V al-des-Ghai'bonniers, qui tous se tirent pour l'usage des maréchaux, ne .sont pas de bien bonne qualité. On en trouve en Provence près d’Aubagne, à Pépin, route de Vlarocelle; mais ce charbon de la mine de Pépin répand longtemps après avoir été tiré de la mine une odeur particulière et désagréable.

En Franche-Gomté, la mine de Gliampagney, à deux lieues de BéforI, est très-abondanlc, et le charbon en est de fort bonne qualité : la veine a souvent huit pieds d’épaisseur, et elle est partout d'une égale bonté; elle i)arait s’étendre dans toute la base du monticule (pii la l•enfe^me. Il } a plusieurs autres mines de charbon dans les environs de Champagney et dans quelques autres endroits de celte province *. Il y en a

incoiiimodés; mais ils assiircnl (ju’en rei aiiclic il ii’y a pas ilc meilleur charbon que celui qui csl voisin de ces sources. Observations lilbologiqucs, elc., dans les Mémoires de rAcademie dos Se-icnees, année 17^7, page 700.

• Los mines de Uonebamp, en Fraiiclio Comlé, préscniont un pliénomcnc bien singulier cl que je n'ai vu mille pari. Dans les masses de ebarbon , imniédialcincnt .sous les lames de pj'i ilcs plus piirliculièrcmcnl que dans les concbcs de purs charbons , il se Ironve une couche légère de chiuboii de bois, bien caraclérisc par le brillant, la couleur, lo tissu fdneux, une consistance pulvérnlcnle, noircissant les doigts, et lorsqu’un morceau de bouille eontenaul des laines de ce charbon de bois est épuré , qu’il est encore rouge et que l’on souille dessus, le charbon de terre s’éteint et celui de bois s’embrase de plus en plus.

L’on trouve fréquemment à la toilurc de ces mines, parmi le grand nombre d’iuqiressions

^^50 HISTOIHE NATURELLE

aussi (jnel(jii(îs niiaos en Lori'aiiie; mais rcxploitation n’en a pas encore été assez suivie, pour qu’on juge de la qualité de ces charbons. En Alsace, il s’en trouve près de Schelcstat *.

Il n’y a point de mines de charbon dans le Camhresis; mais celles du Ilainaut sont en grand nombre, et celles de Fresnes et d’Anzin sont devenues fameuses. On a commencé à fouiller celle de Fresnes en I7J7, et celle d’Anzin en 1754. On en tire aussi aux environs de Condé. Le charbon de ces mines est en général de bonne qualité **■, on assure même quil est plus gras et qu'il dure plus au feu que celui d’Angleterre : le charbon (jui se lire à Fresnes est plus compacte (|ue les autres, et pèse un dixième et plus que celui d’Anzin. Le charbon dcQuiévrain. à deux lieues et demie de Valenciennes, est aussi d’une excellente qualité. On a fouillé quelques-unes de ces mines Jusqu’à sept cents pieds de profondeur ***. iM. Morand dit que dans la mine de M. des Androuins I)rès do (diarlcroi, 1 eau est tirée de soixante-trois toises de profondeur, et que le charbon est placé à cent huit toises au-dessous, ce qui fait en tout cent soixante -onze toises ou mille vingt-six pieds de profondeur ****.

Dans I Anjou 1 on a trouvé des mines de cliarbon de terre à Concourson, à Saint-George de C.hateloison, à Doué, et à Montrœuil-Bellai. Les charlions qui se tirent prés de la surface du terrain ne sont pas si bons (jue ceux qui gisent à une plus grande profondeur; la veine a ordinairement six a sept pieds d’épaisseur. Ce charbon d’Anjou est de bonne qualité; cependant on n’a de temps immémorial trouvé dans cette province <pic des veines éparses sous des rocs placés à dix-huit pieds de prolondeur, auxquels succède une terre qu’on y appelle houille, qui est une espèce de mauvais cliarbon, avant-coureur du véritable : les veines y sont très-sujettes aux creins, et [lar conséquent irrégulières; il yen a cinq de reconnues ; leur épaisseur est depuis un pied jusqu'à quatre, et même jusijua douze |)ieds, sui\ant M. de Voglie; elles paraissent être une dépendance de celles de Saumur avec lesquelles elles se rapportent en tout. Leur direction géiuM'ale est du levant au couchant *****.

Dans la basse Normandie, il se trouve du charbon de terre à Litry, et la veine se rencontre à peu de profondeur au-dessous d’une bonne mine de fer en grains; elle se forme en plaleur à quatre cents pieds. Ce charbon, mêlé de beaucoup de pyrites, n’est que d’une qualité médiocre, et

de idautes de tou le espèce, des roseaux (bambous) de trois à quatre pouces de diamètre, aplatis, qui ne sont point détruits ni carbonifiés. Lettres de M. le cbevalicr de Grignon à M.de Buffon, Besançon, le 27 mai 1781.

’ Du cliarbon de terre, pur M. Morand, page WJ et suiv.

Idem, page iii et suiv.

Idem, page 182.

Idem, page 4’3ô.

Idem, pages ÿia et t)i7.

îiES MliNÊlUtX. m

il est à jicu près semblaLlc à celui qu'on apporte du Jlavrc, et qui vient de Sunderland en Angleterre * **.

En Bretagne, il y a des mines considérables de charbon à Monlrelais et à Lnngiiin, dans les environs de Nantes. L’on a aussi tenté des exploitations à Quinq)er, à Piogol et à Saint-Brieux; et l’on aperçoit des aftleuremenls de charbon dans plusieurs autres endroits de cette province

On pourrait citer un grand nombre d’autres exemples qui prouveraient ((u’il y a dans le l■oyaume de France des charbons en aussi grande quantité et peut-être d’aussi bonne qualité qu’en aucune autre contrée du monde. Cependant comme c'est un jiréjugé établi, et qui jus(|u’à présent n'élait pas mal fondé, que les charbons d'Angleterre étaient d’une qualité bien supérieure à ceux de France, il est bon de les faire connailre; on verra que la nature n'a pas mieux traité à cet égard l’Augieterre ipic les autres contrées, mais que l'attention du gouvernenicnl ayant secondé rindustric des particuliers, a rendu profitable et inliniment utile à cette nation ce qui est demeure sans produit entre nos mains.

On distingue dans la Grande-Bretagne trois espèces de charbons de terre. Le charbon commun .se tire des provinces de Newcastle, de N’orthumberland, de Cumberiand et de plusieurs autres; il est destiné p<»ur le feu des cuisines de ijondres, et c’est aussi pre,sque le seul qu’un emploie à tous les oin rages métalliques d’Angleterre.

i.a seconde espèce est le cliarbon d’Ecosse; on s’en .sert pour chauffer les a])partemeuts des bonnes maisons. Ce charbon est feuilleté et comme formé en bandes séparées par des couches plus petites que les bandes , et néanmoins jilus marijuées et ])lus distinctes à cause de leur éclat, 11 se tire en grosses masses bien solides, d'une texture fine; et, quoique formé de l)andes et de petites couches, il ne s’effeuille point; i| est bitumineux et brûle librement , en faisant un feu clair, et tombe en cendres

La Iroisième esi)èce (jtie les Anglais appellent culm se trouve dans le Glamorganshire, et en divers endroits de cette province. C'est un charbon

* Du cliarLoii de terre, par JI. Morand, page ii/O.

** Xolc communiquée par M. le chevalier de Grignon.

« L’Écosse va de pair , dit M. Morand , avec la partie méridionale de l’Angleterre pour “ l’abondance du charbon de terre : on eu trouve des mines près d’Edimbourg et dans le comté « de Lcno.\, dans les provinces de Fifc, de Slerlin, de Sutherland, de Dernoch, etc. M. Slra- « clicy a donné , dans les Transactions philosophiques , année 1723 , la description des mines O de charbon qui se trouvent en Écosse ; elles ne sont pas à une grande profondeur, la plupart « n’ont que d’un à quatre pieds cl demi d’épaisseur de charbon; la seule mine qui soit fort « épaisse est celle de Anchenchangh, à six milles de Kilsyth, qui a dix-huit pieds d épaisseur, U et que les sources d’eau trop abondantes empêchent d’exploiter. « Du charbon de terre, par M. Morand, page 99, 113 et suiv.

IIISTOIHE NATÜllELl.E

forl Icger, diiii lissu plus làclic, c'0!i)[)osé de filcls capillaires disposés j)ar pacjuels (jui paraissent arranges en quelques endroits de manière à représenter dans beaucoup de parties des feuillets assez étendus, très-lisses et Irès-polis, lesquels, pour la plupart, alfcctent une forme cii-couscrite en portion de cercle, avec des rayons divergents. Ce charbon est i)eu ou pres(iuc jKiint pyriteux ; il bi ùlc aisément et fait un feu \ if, ardent et âpre. Dans la province de Coimouailles il est d’un trèsgrand usage, particulièremoiit pour la fonte des métaux, à laquelle on rappli(|ue de préférence.

On trou^’c dans les comles de Lancasire et de Chester, une espèce de charbon quon na])poi‘te j)as a Londres; c’est le kcnnel ou candlc-conl : communément il sert de pierre à marquer, de même que ce qu’on appelle le charbon de toit. Il se lii’e en grosses masses très-solides, d’une texture extrêmement tinc et d’un beau noir luisant comme le jayet. Ce charbon ne contient aucune jmi lion pyriteuse; il est si pur et si doux qu’on [)eut le tourner et le polir pour faire des plateaux d’encriers, des [ablettes, etc. Lon aperçoit sur certains morceaux des couches concentriques, comme on en trouverait dans un tronçon de bois. Ce charbon bride facilement et se réduit en cendres*.

On doit encore ajouter à ces charbons d’Angleterre celui (lu’on appellc flmt-coal, parce (|u’il est presque aussi dur ijuc la pierre, et que ses fi'acturcs sont luisantes comme celles du verre. La \'eine de ce charbon a doux a trois pieds d’épaisseur, et se trouve dans les environs de la Severne au-dessous de la \ eine principale qui fournit le best-coal ou le meilleur charbon ; il faut y joindre aussi le flcir-coal tics mines de W edgbery dans la prov ince de Stafford.

Il est fait mention dans 1(!S 'l’ransactions philosophiques de Londres, année 1685, de quelques mines de charbon, de leur inclinaison , etc. -M. Ileaunioiit en cite six (jui i)robablement n’en font qu’une, puisqu’on les li oin e toutes dans un espace de cinq milles d’Angleterre au nord de Stony-liiaston. Il a \ u, dit-il, dans l’une de ces mines une fente ou crevasse, dont les parois étaient chargées d’empreintes de végétaux, et une autre fente tout enduite d’un bronze pyriteux formant des espèces de dendrites. Dans quelques-unes de ces mines les lits horizontaux étaient comme dorés du soufre qu’elles contiennent. Il observe, comme chose en effet singulière, qu’on a ll■üuvé deux ou trois cents livres de bonne mine de plomb dans l’une de ces mines de charbon. Il ajoute que de l’autre côté de Stony-Easton, c’est-à-dii'e au sud-est à deux mille de distance, on voit le commeiicomcut d’une mine de charbon, dont la première veine se divise en iilusieurs branches à la distance de quatre milles V ers l’orienl ; que cette mine, dont on tire beaucoup de charbon, exhale conlinuellementdes v apeurs enflammées qui s’élèvent quelquefois

* Du Cliuiljoii (Ut ten-c, par Jl. Vlorujul, pa^o 5 (il suh .

UES MINÉUAUX.

jusqu’à sou ouverlure, et qui oui été funestes à nombre de porsoiines. (7est probablement au feu de ces vapeurs, lorsqu’elles s’enllamment qu’on doit attribuer celte poussière de soufre qui dore les lils de ces veines de charbon : car on n’a trouvé du soufre en nature que dans les mines dont les vapeurs se sont enllammées, ou qui ont été elles-mêmes embrasées; on y voit des fleurs de soufre adliérenles à leurs parois, et sous ces fleurs de soufre il se trouve quel<iuefois une croûte de sel ammoniac.

Les fameuses mines de Newcastle ont été examinées et décrites par 31. Jars, de l’Académie des Sciences, Irès-babile nûnéralogisie *. Il décrit aussi quelques autres mines; celle de 33 hitehaven, petite > ille siluée sur les côtes occidentales d’Anglclei’re, (|ui fait un grand conimerce de charbon de terre. La monlagne où s’exploite la mine a einiron cent Ningt toises perj)cndiculaircs jusqu’au idus profond des travaux ; on compte dans cette hauteur une vingtaine de couches différentes, mais il n v en a que trois d exploitables. Leur |)enle est communénienl d’une toise perpendiculaire sur six à sej)l toises de longueur.

La piemière de ces couches cxiiloilabics estse])aree de la seconde par des rochers d’environ quinze toises d’épaisseur; elle a dei)uis quatre jusqu’à cinq pieds d’épaisseur en charbon un peu pierreux et d’une qualité médiocre. On n’en extrait que i)Our chauffer les chaudières où l’on évapore l’eau de la mer j)our en retirer le sel.

* On l’cnconlre onlinaiiTment un lil tic rocnoiràli'C .lu-dcssus et au-dessous de la enuelic dccliailjou : ou peut mettre ce roc au rang des seliistcs vitrioliqiios ; ensuite on a diirérentes hauteurs de couches de charhoii , cinq, six , sept, huit, et queh]uefois une seule à cent toises, qui est la plus grande pi’ofondcur qui ait été exploitée jusqu’à présent dans le pays...

On trouve aussi dans plusieurs endroits des couches de pierres à chaux... duut l’épaisseur varie d une trcs-petilc distance a l’autre... Ou méprisé toutes Ic.s couches de eharhon qui n’ont pas deux pieds et demi d épaisseur... Quelquefois dans une couche épaisse de huit pied.s, il y a deux ou trois lits dillérciils , c’est-à-dire que la couche est divisée par une espèce de schiste ou charbon pierreux de quelques pouces d’épaisseur... Le eharhon i|ue l’nii lire à trente ou quarante toises de profondeur est meilleur que celui qu’on tire à cent loi.ses : on rencoutre souvent des conciles d’un pied à un pied et demi d’épaisseur ipie l’oii traverse et qu’on ne peut exploiter, quoique la qualité du charbon en soit souvent bien supérieure à celle des couches inférieures. Voyages métallurgiques, par M. .lars, pag. 188 et 189.

Ce charbon de Newcastle se délaehc quelquefois au moyeu de coins do fer par gros morceaux, et c’est le plus estimé. Idem, ibidem, page 192.

Le charbon de Newcastle n’est pas également bon dans toutes les veines; il y est plus ou moins bitumineux, sulfureux et pierreux. Cette dernière espèce est très-commune, elle se vend à bas prix et s’emploie pour les machines à feu; mais en général ce ipi’on nom me du bon churbon passe pour être d’uuc excellente qualité... Il est extrêmement bitumineux; il se colle très-facilement et forme une voûte , ce qui le rend très-propre à forger le fer : mais il faut le remuer souvent pour les autres usages, sans quoi le bitume se réunit tout cnscinidc en une seule masse dans laquelle l’air ne peut circuler : la grande abondance de bitume fait qu’il donne beaucoup de fumée, ce qui le rend désagréable dans les appartements. Voyages métallurgiques, parW. Jars, page 192.

airroN, loin. ni.

ttTSTOITÆ NATURELLE

La seconde eoiiclic est de sept à luiit pieds d’épaisseur ; le charbon y est divisé par deux différents lits d’une terre très-dure et de couleur noirâtre, qu’on noiuiue metlle : cette terre est Irès-vitrioliquc et s’cffleurit à l’air. La couche supérieure de mettle a un pied d’épaisseur, et l'inférieure seulement quatre à cinq pouces. On distingue la veine de charbon en six lits, dont les charbons portent différents noms.

Des trois grandes couches exploitables, la troisième, qui est d’environ vingt toises i)Ius basses que la seconde, est la meilleure; elle a dix f)ieds d’épaisseur, et elle est toute de bon charbon, sans aucun mélange de mettle *.

On rencontre souvent des dérangements dans les veines, principalement dans leur inclinaison. Le rocher du toit et surtout celui du mur font monter au descendre la veine tout à coup. Il y a un endroit où elles sont éloignées de quinze toises perpendiculaires de la ligne horizontale. D'aulres fois ces rochers coupent presque entièrement les couches, et ne laissent apercevoir qu’un petit filet ou une trace presque inqicrcepliblc de la veine.

M. .lars fait encore nienlion des mines de Worsieg dans le comié de Lanraslrc, dont la pente parait éire de deux toises sur sept, et dont le charbon est moins bitumineux et moins bon que celui de Newcastle, quoitiue la nature des rochers soit la meme; mais la veine la plus profonde n’est (ju’à vingt toises. Il en est de même à tous égards des mines du comté de Stafford.

« En Ecosse, il y a, dit 31. Jars, au village de Caron près de Eal- <1 kirck, plusieurs mines de charbon qui ne sont qu’à une demi-lieue de

* « Dans les montagnes d’Alston-Moor, dit SI. Jars, comté de Cumberland, on trouve une » espece de charbon s.ans biliimc, mais suU'ureux; on le nomme crow-cnal; il n’est pas bon U pour la forge : mais excellent pour cub e la chaux : et comme il ne fait pas de fumée, il est U bon pour les appurtemeuts...

a L exploitatiou des mines de Wbiteliaven est très-étendue , puisijuc depuis l’entrée les « travau.x sont ouverts pendant une demi-lieue de France, toujours en suivant la ponte de la Il couche... Une partie des ouvrages où l’on travaille cbacpie jour se trouve plus d’un quart « de lieue entièrement sous la mer; mais il n’y a point de danger, puisqu’on estime que les O rochers <pii sont entre l’eau et l’ouvrage ont plus de cent toises d’épaisseur...

U Ce charbon se détache en gros morceaux de la mine à l’aide de coins et do masses « de fer...

U II y a six veines dans la mine de Warkington qui sont toutes exploitables; elles sont à « peu près à neuf ou dix toises de di.st.ance les unes des autres : la supérieure n’a que deux U pieds trois pouces d’épaisseur... Mais il y en a une autre qui a sept pieds, dans laquelle « néanmoins il n’y a (juc quatre pieds de charbon; elle se trouve séparée par deux lits de » terre noire : j’en ai vu un tas qui a enieuri et s’est éehaullé au point qu’il a pris feu ; il en U sort une fumée qui se condense en soufre dans les ouvci’tures par où elle sort : la dernière « couche, qui est a soixante toises perpendiculaires dans l'endroit du pmits, a quatre pieds « d’épaisseur; son charbon est pur et d’une très-bonne (ju Jité... Ces mines, ainsi que colle a de W hitehaven , ont été sujettes de tout temps à un mauvais air qui a coûté la vie à uu a grand nombre d’ouvriers. » Voyages métallurgiques, par M. Jars, iiage 258 et suiv.

im MINÉHAl'X. m

« la mer... Il y a trois couclicsde charbon Tune sur l’autre, que l'on « connait ; mais on ne sait pas s’il y en a de plus profondes... H y en a « une à quarante toises de profondeur, qui est la |)remièrc; la seconde « à dix toises plus bas, et la troisième à cinq toises encore au-dessous <> de la seconde. La pente de ces couches qui est du côté du sud est « d’une toise sur dix à douze... JMais ces veines varient comme dans « presque toutes les mines ; quelquefois elles remontent et forment « entre elles deux plans inclinés. Dans ce cas la veine s’appauvrit, Il diminue en épaisseur et est quelquefois entièrement coupée, conti- <1 nuanl ainsi jusqu’.à ce qu’elle reprenne son inclinaison ordinaire.... « La seconde couche a trois et quali’c pieds d’épaisseur ; sa parlie supé- « ricurc est composée d’un charbon dur et compacte, faisant un feu « clair et agréable... On l’envoie à Londres où il est préféré à celui de « IV’cwcastIc pour brûler dans les appartements. La partie <la milieu de « la couche est d’une qualité moins compacte; son charbon est feuilleté « et se sépare par lames comme le schiste, lîntre les lames il ressemble « |)arfaileinent à du poussier de charbon de bois. On y peut ramasser « aussi une poudre noire, qui teint les doigts, comme fait le charbon « de bois... Ce charbon, qu’on nomme dod-coal, est destiné pour les « forges de fer. La couche inférieure est un charbon très compacte, « et souvent pierreux prés du mur ; il se consomme dans le pays...

« Les mines de charbon de Kinneil prés de la ville de lîousron-Slo- « ness en Ecosse, sont au bord de la mer. La disposition de leurs cou- « elles et la qualité du charbon sont à jien près les mêmes qu’à Carron.

« J.es environs d’Edimbourg ont aussi plusieurs mines de charbon... « Il y en a une à trois ou quatre milles du côté du sud, où il y a deux « veines parallèles, d’environ quarante à cinquante degrés d’inclinaison 'I du côté du midi, ce qui est tout à fait contraire à l’inclinaison des « couches du rocher qu’on voit au jour et dans la mer à deux ou trois ■I milles jilusloin : ces couches sont inclinées au nord-ouest, il en est « de même des mines de charbon qu’on exploite un peu plus loin; « elles ont beaucoup de raiiport avec celles de Aewcasllc. La qualité " des roebers qui composent tes couches est la meme, mais le charbon 'I est moins bon qu’à Newcastle pour la foi-ge, iiarcc qu’il est moins biluu milieux; il est meilleur pour les apiiartcmenls *. »

En Irlande, le charbon provenant de la mine de Castlc-Combcr, village à soixante milles sud-ouest de Dublin, brûle dés le premier instant qu’on le met au feu sans faire la moindre fumée. Seulement on voit une flamme bleue fortement empreinte de soufre, qui parait constamment au-dessus du feu **.

* Voyages métallurgiques, par M. .lars, page 2(JS et suiv.

** Dcscri|)tiou des mines de cbarbon de Castlc-Comber , Journal étranger, mois de décembre t7SS.

HISTOIUE NATURELLE

Une autre mine est celle d'Ydof, province de Leinster, et c’est la première qu’on ait découverte en Irlande; elle est si abondanle qu’elle fouimit toutes les provinces voisines. Son charbon est très-pesant, produit le même effet que le charbon de bois, et dure au feu bien plus longtemps * .

Il Dans le pays de Liège, dit M. Jars, la Meuse qui traverse eette « ville, met une grande différence dans la disposition des veines de « charbon... Elles commencent à une lieue au levant de la ville, et « s’étendent jusqu’à deux lieues au delà du célé. du couchant. On ti oin c Il à moitié chemin de cette distance les plus fortes exploilations. .. La « suite des veines va plus loin du coté du couchant : la raison est que, « par un dérangement total dans leur disposition, elles sont inlcrroni- « pues à une lieue et demie do Liège; mais elles reprennent ensuite Il dans une disposition pres(iuc per|)cn(licnlairc, pour continuer de la •1 même manière pendant plusieurs lieues. Au nord de la ville, et au Il midi de l’antre côté de la Meuse, les veines se prolongent au plus à Il une demi-lieue, mais toujours dans la direction de l’est à l’ouest... Il II y a apparence (jue ce sont les mêmes couches, ((uoicpie leur incli- 11 naison change de distance en distance, tantôt au midi, tantôt au Il nord. En général tous les lits de charbon et le rocher sont très-irré- « guliers dans cette partie ** . »

’ Du Charbon de lerro, par Jl. Morand , page 1 10

” Voyages nicl,alliirgi(|ues, par Jt. .Jars, pages 28 et 288. —» Ou a fail, dit le même auteur, Il une observation ri mar((uable dans le pays de Liège; elle est assez générale lorsqu’il uc se « icncontre aucun obstacle ; toute couche de eharliou qui paraît à la surface de la terre au « midi s’cufoncc du eûlé du nord et va jusqu’à une certaine profondeur, en formant un plan « incline, devient ensuile presque horizontale pendant nue cei laine dislanee, pour remonter » du eôlé du nord par un second plan incliné jusqu’à la surface de la terre, et cela dans un » éloignement de son autre sortie, proportionné à sou inelin.aison et à sa profondeur.

I. Nous avons vérifié cette singnlicrc observation près Saint-Gilles, à trois quarts de lieue Il au couchant de la ville de Liège. 11 y a plus: la [U'cmièrc couche, qui est près du joui'. Il forme une iiifliiité de plans inclinés qui viennent se réunir à un même centre, de sorte Il qu on peut voir tout autour les endroits ou elle vient sortir à la surface île la terre : les « couches inférieures suivent la même loi, mais, par rapport à l’ctenduo qu’elles prennent en Il plongeant, on n’aperçoit que deux plans inclinés, qui sont très-sensibles; |)ar exemple, en il visitant les mines du Verhois, qui sont un peu plus au nord-ouest de Lille que celles de Il Saint-Gilles, nous avons observe que les cimelies dirigées de l’est à l’ouest sont inclinées du Il côté du midi, tandis que celles qu’on exploite à Saint-Gilles, qui ont la même direction,

I. s’inclinent du coté du nord. L’e.xiiérience a prouvé à tous les bouilleurs de ce pays (pic dans » l’un et l’autre endroit on exploitait les memes couches, formant, comme nous l’avons dit, 1. deux plans inclinés; mais, entre Saint-Gilles et le Verhois, il y a un vallon qui a la même « direction que les couches, et même inclinaison de chaque ciité... On exploite à une des O portes de la ville, au nord de la Meuse, les memes couches, mais inléricures, qui prennent Il leur inclinaison du côté du midi sous la ville, en se rapprorhant de la rivière : et il est trèsii douteux que dans cet endroit elles se relèvent pour sortir au jour; cela n’est pas probable,

<■ mais plutôt de l'autre eolé de lu .Meuse... Ou compte du eôlé du iioid plus do ijuaraute

DES MINEHAUX.

Ce pays île Liège est pcut-èlre, de tonte l’Europe, la contrée la mieux fournie de cliarLoii de terre; c’est du moins celle où l’on a le plus anciennement exploité ces mines, et où on les a fouillées le plus profondément. iNous avons dit que leur direction générale et commune est du levant

O couches (le cliarbou séparées les unes des autres par de petits rochers, d’une épaisseur « depuis cinq jusqu’à dix-sept toises , sans |)ouvoir faire mention de celles qu’on ne eonnaît Il pas, et qui peut-être sont encore plus has : ces couches ne sont pas de la meme mine : il n’y U en a point d’assez prorondes pour cela ; mais la même chose s’observe dans difl'érentes (i exploitations; car il est des mines qui étant beaucoup inférieures à d’autres, ou éloignées U des endroits où soldent au jour les veines supérieures, ne peuvent rencontrer que celles qui » (1 sont au-dessous de ces premières ; ces couches u’ont qu’une moyenne épaisseur, c’est-à-

(I dire de trois à quatre pieds; ou n'en a vu qu’une de six pieds...

« Les couches de charbon qui sont séparées des précédentes par la àleuse sont bien dilfé- 0 rentes des premières; avec leur direction de l’est à l’ouest, elles sont presque pcrpcndicu- « laires, ou du moins approchant plus de la ligne perpendiculaire que de l’horizontale : K lorsqu'elles s'inclinent, c'est au nord ou au midi; mais ce qu’elles ont de particulier, c'est U qu’on nous a assuré qu’elles imitaient les premières dans leur marche, c’est-à-dire (|u’clles U s’enfoncent eu terre d’un côté, pour venir ressortir de l’autre, mais avec une irrégularité (c tres-singuliére ; par exemple, une telle couche ou veine descend à peu près perpeudiculai- » renient jusqu’à trente toises de profondeur; là elle prend une inclinaison de quarante U degrés pendant une distance de vingt toises, reprend ensuite la ligue perpendiculaire, et O puis remonte enfin, fait des sauts en s’eufoneant par des ongles plus ou moins grands, et « forme ainsi des plans inclinés de toute espèce; d’autres entrent dans lu terre par une ligne B perpendiculaire , prennent au fond une position presque horizontale et remontent d’un U autre côté au jour par une ligue oblique t toutes les couches du même district, étant tou- 0 jours parallèles, observent la même loi, et par conséquent les mêmes sauts.

<1 On désigne les couches par des noms relatifs à leur position : ou les divise en deux U espèces principales; colles qui font un angle avec la ligne horizontale, depuis zéro jusqu’à » quarante-cinq degrés, sont appelées veittes et jmndago de pùj/urc; et celles qui font un U angle avec la même ligne, depuis quarante-cinq degrés jusqu’à quatre-vingt-dix, veines à « penUuge de misse : on les subdivise ensuite en demi-platurc, dcmi-roissc. quart de plature, « quart de roissc.

U Les unes et les autres sont sujettes à uii grand dérangement dans leur pente ou incli- « liaison; on rencontre souvent des bancs de pierre de quinze à vingt toises d’épaisseur, U lesquels coupent depuis la supcriicic de la terre jusqu’au plus profond où l’on oit été jusqu’à « présent, non-seulement toutes les couches ou veines de charbon, mais aussi tous les lits de Il rochers qui se trouvent entre elles; de façon que lorsqu’on a traversé un deccs bancs, ou U rcirouve de l’autre côlé les mêmes lits et couches correspondantes qui ne sont plus sur une « même ligne horizontale, mais plus hautes ou plus basses ; on nomme ces bancs de pierre. Il faille.

U C’est ordinairement une pierre sablonneuse, espèce de grès, quelquefois moins dur que Il celui qui compose les lits de rochers : on évite de s’en approcher en exploitant une couche U de charbon ; ils fournissent assez souvent beaucoup d’eau, soit parce qu’ils sont poreux, « soit aussi parce que toutes les couches supérieures venant s’y terminer, laissent du cours Il à l’eaii qu’elles renferment contre leurs parois : on trouve aussi qiichiuelois dans ces bancs Il de rochers des rognons de charbon, et même des sacs qui ont quehjuefois vingt et trente Il ]iicds d’étendue entourés par le rocher...

Il Tontes les rochers qui composent les terrains aux ciivirons de Liège sont une espèce de

HISTOlUE NATURELLE

au couchant : les veinee du charbon n’y sont jamais exactement en ligne droite; elles s’élèvent et s’abaissent alternativement suivant la pente du terrain qui leur sert d’assise; ces veines passent par-dessous les rivières, et vont en s’abaissant vei s la mer. Les veines que l’on fouille d’un côté d’une rivière ou d’une montagne répondent exactement à celles de l’autre coté; les mêmes coucliesde terre, les mêmes bancs de pierre, accomjiagnent les unes et les autres ; le charbon s’y trouve partout de la même espèce. Ce fait a été véia'fié plusieurs fois par des sondes qui ont fait reconnaître les mêmes terres et les mêmes bancs jusqu’à quatre cents pieds de profondeur *.

A une lieue et demie à l’est d’Aix-la-Cliapelle , il y a plusieurs mines de charbon; pour parvenir aux veines, l’on traverse une espèce de grès fort dur que l’on ne peut i)ercer qu’avec la poudre : ce grès est par lits dans la même direction et inclinaison que la veine de charbon , mais il est tout rempli de fentes ou de joints, de façon qu’il se sépare en morceaux. Au-dessous du grès, on trouve une terre noire très-dure de plusieurs pieds d’épaisseur; elle sert de toit au charbon : le mur est de la même espèce de terre dure ; l’une et l’autre paraissent contenir des empreintes de plantes : exposée à l’air, cette teri-e s’eftleurit et s’attendrit.

Ce charbon contient très-peu de bitume; il est très-pyriteux , et par conséquent nullement propre à l’usage des forges : mais il est bon pour les appartements

O gi'cs très-dur et ti'cs-coinpacte , qui est placé par couches comme te charbon, et qui les « divise... Il en est un autre à grains tics-lins, qui paraît être un mélange de sable mêlé de « mica blanc et lié par une terre argileuse très-fine; celui-ci se décompose facilement h l’air <1 par feuillets comme un schiste... Celui qui est plus près du charbon que les précédents est (. d’une couleur noirèlre, quelquefois un peu rougeâtre; il paraît être composé de sable » très-fin, réuni par un limon avec lequel il forme un corps dur, mais il s’attendrit et se « décompose à l’air; il s’attache à la langue comme la terre à foulon...

O Le charbon est encore divisé, soit au toit, .soit au mur du rocher par une terre noire, « schisteuse, dure; elle se décompose aisément à l’air, et scs lits, lorsqu’on les sépare, pré- « sentent des empreintes de plantes.

« Les rochers sont partout à peu près les mêmes, et répétés autant de fois qu’il y a de « couches de charbon.

« Le charbon est d’abord plus ou moins bitumineux, c’est ce qu’on appelle hmiitle grasse v oa hotitlle maigre; lorsqu’elle ne contient que très-peu de bitume, on la nomme cfatc... O Celle du milieu perd de sa qualité à l’air et s’y décompose en partie... Il y en a d’autres qui, « avec les mêmes qualités, sont très-pierreuses... Malgré les ]raits établis pour la circulation « de l’air, le feu ne laisse p.a.s de prendre quelquefois au.\ mouffettes et de faire de fort grands « ravages. » Voyages métallurgiques, par .M. Jars, page 288 jusqu’à 21)7.

* Du Charbon de terre, par .M. Jlorand, pages 04 et suiv.

Voyages métallurgiques, par M. .lars, pages 500 et 507. — Nota. « Je crois que M. Jars O et le docteur Méad que nous avons cités ci-devaiit peuvent avoir raison ; le charbon très- « bitumineux est le plus désagréable dans les appartements par la fumée noire et épaisse « qu’il répand; le pyriteux est plus supportable en ce qu’il ne donne qu’une odeur d’acide « sulfureux qui u’est point malsaine, cl que le courant do la cheminée emporte d’autant plus

DES MINEDAUX.

En Allemagne, il y a plusieurs endroits où l’on trouve des mines de charbon • celles de Zwichaw consisleut en deux couches de quatre, cinq, six pieds d’épaisseur, qui ne sont séparées l’iine de l’autre que par une couche mince d’argile : leur profondeur n’est ((u’à enx iron trois toises au-dessous de la surface du lorrain : la veine de dessous est meilleure que colle de dessus; elles ont vingt-cinq ou trente degrés d’inclinaison *. Il s’en trouve aux environs de Slarienbourg en Misiiie; dans plusieurs endroits du duché de Magdebourg; dans la i)rincipaulc d’Anhalt, à Derubourg ; dans le cercle du llaut-Rliin, à Aï près Cassel ; dans le duché de Meckelbourg, à Plauen; en Bohème, aux environs deTæplilz; dans le comté de Glalz, à Ilansdorf; en Silésie, à Gablan , Rottenbach et Gollsbcrg; dans le duebé de Schweidnilz, à Reichenstein ; dans le haut Palatinal, près de Sultbach; dans le bas Palalinat, à Bazharach, etc. **. 11 y a , dit M. Ferber, des mines de charbon fossile à Votschberg, à cinq ou six lieues de Feislritz , cl de meilleures encore à Luim , à dix milles de Votschberg dans la Slyrie supérieure ***. A quatre lieues de la ville de Rhènc, à une demi-lieue du iillage d’Ypenbure, sur la route d'Osnabi'uck, on trouve des mines de charbon qu’on emploie à l’usage des salines. En sortant d’Ypenbure, on passe une inonlagne au nord de laquelle est un vallon, et ensuite une autre montagne où l’on exjiloile les mines de charbon. A deux lieues plus loin, il y a d’autres mines qui sont environnées des mêmes rochers; on prétend que c’est la même couche de charbon qui s’y prolonge. Comme jusqu’à j)ré8ent on n’a exploité qu’une couche de charbon, on conjecture que c’est la même qui règne dans tout le pays. On l’exploite dans cette mine à deux cents pieds de profondeur perpendiculaire; elle a une pente inclinée du couchant au le\'anl, qui est à peu près celle de la montagne. La \eine a communément deux pieds et demi d’éi)aisseur en charbon qui parait être de très-bonne qualité, quoiqu’il y ait quelques iiiorceaux dans lesquels on aperçoive des lames de j)yriles. Cette veine est précédée d’une couche de terre noire; et cette couche, entremêlée de quehiues petits morceaux de charbon, a un pied et demi, deux et trois pieds d’épaisseur. Le toit qui recouvre la veine est un lit de six, huit, dix pouces d’épaisseur de graviers réunis en pierre assez dure, au-dessus duquel est le grès disposé par bancs ****.

On trouve aux environs de Véline, petite ville des Elafs du roi de Prusse, plusieurs mines de charbon; elles sont situées sur le plateau

« facilcmenl (]ue celle vapeur est très-volatile : si l’on sépare a Liège les pyrites du charhoii, « c’est que leur combustion détruit les grilles de fer, cl que chaque particulier peut faire ce U triage chez lui sans aucun frais. » Note communiquée par 11. le Camus de Limare.

* Voyages métallurgiques, par M. Jars, Jiagcs SOI) et 507 .

** Du Charbon de terre, par M. Morand, page 116.

Lettres sur la Minéralogie; Sti ashourg, 1776, in-S”, page 7.

»**» Voyages métallurgiques, par M. Jars, pages 512 et 515.

HISTOIRE NATURELLE

(I une collino fori (Tondue ; elles son! au nombre de plus de vingf acluellemenl en exploitation. Une de ees mines qui a été visitée par M. Jars, et qui est a trois quarts de lieue de Véline, a trente-neuf toises de profondeur, sa\oii ; \ingl-six (oises depuis la surface de la terre jusqu’à la première veine de cliarbon; onze toises depuis cette première jusqu’à la seconde, (T deux toises depuis la seconde jusqu’à la troisième; ce qui varie néanmoins très-souvent par |{;s dérangements que les veines éprouvent dans leur inclinaison, et qui les rapproebent plus ou moins, surtout les inférieures, qui sont tiucl(|uefois immédiatement l’une sur l’autre.

La première eouclie a jusqu’à huit pieds d’épaisseur; la seconde, deux ju'eds et demi ; la troisième, un pied et demi ou deux pieds. On traverse plusieurs bancs de roebers pour parvenir au charbon, surtout un rocher rouge ({ui parait être une terre sablonneuse durcie, mêlée de mica l)lanc : un rocher blanchâtre, semé aussi de mica blanc, se trouve plus l)rès des veines et les sépare entre elles; ce rocher y forme des creins qui quelquefois hîs coupent presque entièrement. Le rocher qui sert de toit au charbon est bleuâtre; c’est une espèce d’argile durcie, qui contient des empreintes de plantes, surtout de fougères. Celui du mur est sablonneux, d un blanc noirâtre. Ces rochers s’attendrissent à l’air et s’y eflleurissent. Les veines ont leur direction sud-est, nord-ouest, et leur pente du coté du midi. Le charbon est un peu pyrileux, mais parait être d’assez bonne qualité. Dans la première veine, on remarque un lit de qucl(|ues pouces d’épaisseur qui suit toujours le charbon , et (|ui divise la veine en deux paiTies; c’est un charbon très-pierreux.

A Dielau, la plus grande profondeur de la mine que l’on exploite est à quarante toises. Le charbon se trouve dans un lilou tantôt incliné, tantôt presque perpendiculaire, et qui est coupé et détourné quelquefois par des creins. Le rocher dans lequel ce filon se trouve est semblable à celui de A'étine.

A Gibieiistein, silué à une demi-lieue de la ville de Halle en Saxe, on a troiné une x'cine de charbon (jui paraissait au jour et qui a plusieurs pieds d’e])aisseur; on n'a point encore reconnu son inclinaison ni sa direction. Le charbon (jii’on en tire est peu bitumineux, et mêlé avec beaucouj) de pyrites; il ressemble fort à celui de Lay en Hourbonnais *, M. lloflmann dit (pte cette mine s’étend bien loin sous une grande partie de la ville et du faubourg, ensuite dans les campagnes vers le midi jusqu’au bourg de Lieben, où on la rencontre souvent en faisant des puits, de mémo qu’à Dielau, à une lieue et demie de Halle. Sa texture est semblable à celle d’un amas de morceaux de bois en copeaux **.

En Espagne, il y a des mines de charbon de terre dans plusieurs provinces, et itarticulièrcment en Galice, aux Asturies, dans le royaume de

* Voyages métallurgiques, par M. Jars, pages 5tT jusqu’à 520.

” Oryctograpliia Ilalensis. tIo/)'nianu., oper. suppicm., pars seeuuda ; Geiievæ,page 15, ci(c par M. Moraïul, page TTS.

DES MINEUAUX.

Léon et aussi clans la basse Andalousie i)rès de Séville, dans la nouvelle Castille, et inêine auprès de Madrid M. le Camus de Liniare, l’un de nos plus habiles minéralogistes, a fait ouvrir le premier celle mine de charbon près de Madi'id, et il a eu la bonté de me communi({uer la notice que je joins ici

En Savoie, on trouve une espèce de charbon de terre d’assez mauvaise qualité, et le principal usage qu’on en fait est pour évaporer les eaux des sources salées ***. De toute la Suisse , le canton de Berne est le plus riche en mines de charbon. Il s’en trouve aussi dans le canton de Zurich, dans le paj's de Vaud aux environs de Lausanne, mais la plupart de ces charbons sont d’assez médiocre qualité ****.

En Italie, dont la plus grande partie a été ravagée par le feu des volcans, on trouve moins de charbon de terre qu’en Angleterre et en France. M. Tozzetti a donné de très-bonnes observations ***** sur les

* Du Charbon de terre, etc., par M. Morand, page 448.

** « La mine de charbon qu’on e.xploite dan.s la basse Andalousie est situéeà six lieues au O nord de Séville, dans le territoire du bourg do Villanucva-del-Kio, sur le bord de la rivière « de Guczna, qui se jette dans le Guadalquivir : la veine a sa direction du levant au couchant, U et son inclinaison de soixante-cinq à soixante cl dix degrés au nord; son épaisseur varie « depuis trois pieds jusqu’à quatre pieds cl demi : elle fournil de très-bon charbon, quand on « sait le séparer des nerfs et des parties terreuses dont les veines sont toujours entremêlées; U mais comme les concessionnaires actuels la font exploiter par des paysans, et qu’on met en <• \cnle indistinctement le bon et le mauvais charbon, la qualité en est décriée, le débit médio- « cre , et l’on préfère à Séville et à Cadix le charbon qu’on lire de Marseille et d’Angleterre, » quoique le double plus cher.

« Quant à celle qu’on a decouverte près de Madrid, à six lieues au nord, au pied de la chaîne » des montagnes de l’Ëscurial , sur le bord de la rivière de Mançanarez, qui passe à Madrid, « c’est moi qui y ait fait la première tentative en 1765, au moyen d’un puits de soixante et dix U pieds de profondeur et d’une traverse; j’avais reconnu plusieurs veines dont lu plus forte U avait six pouces d’épaisseur, toutes d’un bitume desséché, assez dur, mais Utuc cl brillant » faiblement : leur direction est au.ssi du levant au couchant, avec une pente d’un pied par O toise au nord-ouest; on a depuis continué ce travail, mais on n’y a pas encore trouvé de vrai U charbon. >■ Note communiquée par M. le (lamus deLiinare.

« Le charbon qu’on tire en Savoie, près de Mousiier, en Tarcntaisc, n’est qu’un cliar- « bon terreux ou terre-houille un peu bitumineuse : on l’emploie cependant avec du bois sous a les chaudières des salines du roi ; mais la chaleur que donne ce charbon est si faible , que si « l’on continue à s’eu servir ce n’est que pour diminuer la consommation des forêts voisines, 1* qui s’appauvrissent de plus en plus. » Note communiquée par le même.

Du Charbon de terre, par M. Morand, page 451 .

**.»* j| jjj qmj l'osuiigu 3Q„j semblables à de gros troncs d’arbres qui ne forment

point une couche continue comme les autres matières dos collinesoùiisse trouvent, mais qu’ils sont •rdinaircment séparés les uns des autres, souvent deux en.semblc et toujours d’une nature différente de celle du terrain où ils sont ensevelis : ils sont d’une couleur exlrcmemcnl noire avec autant de lustre que le charbon artificiel; mais ils sont plus denses et plus lourds, surtout lorsqu’on ne fait que les tirer de la terre; car à la longue ils perdent leur humidité et deviennent moins pesants, quoiqu’ils aillent toujours au fond de l’eau ; il est constant que dans leur origine ces charbons étaient des troncs d’arbres; on ne peut manquer de .s’en convaincre en les

HISTOIilE NATURELLE

bois fossiles de Saiiil-Cerbone et de Strido ; j’ai cru devoir en faire l’extrait dans la note ci-jointe, parce que les faits qn’il rapporte sont autant de preuves du changement des matières végétales en véritable charbon, et de la différence des formes que prend le bitume en se durcissant;

voyant dans la terre meme ; la plupart conservent leurs racines et sont revêtus d’une écorce épaisse cl rude; ils ont des noeuds, des brandies, etc.; on y voit les cercles concentriques et les (Ibrcs longitudinales du bois. Les mêmes cho.scs se remarquent dans les charbons du val d’Arno di Sopra et du val de Cecina ; ceux-ci sont seulement plus onctueux que les autres, et même le bitume dont ils sont imbibés s’est trouvé quelquefois on si grande abondance, qu’ils en ont regorgé ; cette matière s’est fait jour à travers les troncs, a passé dans les racines et dans tous les vides de l’arbre, et y a formé une incrustation singulière qui imite la forme des pierreries; elle compose des couches de l’épai.sseur d’une ligne au plus, partagées en petites éeuelles rondes, aussi serrées l’une contre l’aiilrc que le peuvent être des ccrelcs ; ces petites éeuelles sont toutes de la même grandeur dans la même couche, et laissent apercevoir une cavité reluisante unie, hémisphérique, qui se rétrécit par le fond, devient circulaire, ensuite cylindrique et se termine en plan ; cbacuue de ces cavités est entièrement pleine d’un suc bitumineux, consolidé comme le reste du charbon fo.ssilc : cc suc par la partie qui déborde la cavité est aplani ; le reste prend la forme des parois qui le renferment sans y cti e néanmoins attaché qu’au fond où il linit en plan ; ce qui forme un petit corps qu’on peut détailler avec peu do force, comme avec la pointe d’une épingle dont on loucherait le bord, on le verrait sortir et montrer la figure hémisphérique en petils cylindres.

Dans le charbon qu’on tire promptement de la terre, les surfaces extérieures de ces petits corps multiplies, étant aplanies et contiguës les unes aux autres, forment une croûte aplanie aussi d’un bout i l’autre ; mais à mesure que le charbon se des.sèche, celte croûte parait pleine de petites fentes occasionnées par le rctiremciil de ces corps et par leur séparation mutuelle : les couches aplanies, formées par les pierreries, sont irrégulières et éparses ci et là sur le tronc du charbon fossile; clîos sont outre cela doubles, c’est-à-dire que l’une incruste une face l’autre une autre ; et elle se rencontrent réci[)roqucment avec les surfaces des corpuscules renlermes dans les petites ét iielles. I rccisement dans I endroit ou ces deux couches se rencontrent la masse du charbon fos.qie reste sans liaison et comme coupée; de là vient que cos grands troncs se rompent si facilement et se subdivisent en massifs de diverses ligures et de diverses grosseurs : ces subdivisions, si aisées à faire, sont causes que dans les endroits où le charbon fossile se transporte, ou a de la peine à comprendre que les morceaux qii’oii en voit soient des portions d un grand tronc d arbre, comme on le reconnaît aisément dans les lieux où il se trouve.

On y voit encore plusieurs masses biliimiiieuses, incrustées de pierreries, mais détachées cnticrcment do l’arbre. M, Tozzetti soupçonne que dans leur origine elles faisaient portion d’un tronc do charbon fossile, anciennement rompu, qui clait resté enseveli dans la terre, notre physicien ne serait pas non plus éloigné de croire que cc fût dn bitume qui, n’ay.ant pas trouve une matière végétale pour s’y attacher, sc serait coagule Ini-mémc; il est certain qu’en rompant quelques-unes de ces coagulations détachées on ii’y découvre point les fibres longitudinales du bois, qui en sont les marques distinctives, mais ou y voit seulement un amas lirodigieux de globules ranges par ordre, et semblables à des rayons qui partent d’un centre et qui aboutissent à une circonférence: il faut ajouter qu’à la surface de ces coagulations , les corpuscules qui remplissent les pelite.s éeuelles sont moins écrasés par dehors que ceux des couches formées sur les troncs des charbons fossiles ; ce qui ferait croire que dans le premier cas ils ont eu la HLcrlé de s’étendre autant qu’ils pouvaient, sans trouver de résislance dans des corpuscules contigus : ce n’est pas tout, M. Tozzetti trouve encoro une preuve de coagu-

niais le récit de ce savant observateur me paraît plutôt prouver que le bitume s’est formé dans l’arbre môme, et a été ensuite comme extravasé, et non pas qu’un bitume étranger soit venu, comme il le croit, pénétrer ces troncs d’arbres, et former ensuite à leur surlace de petites protubérances. Ce qui me conlirme dans cette opinion, c’est l’expcrience (jue j’ai faite * sur un gros morceau de cœur de ebéne que j’ai tenu pendant près de douze ans dans l’eau pour reconnaître jus(|u’à quel point il pouvait s’imbiber d’eau : j’ai vu se former au bout de quelques mois, et })lus encore après quelques années, une substance grasse et tenace à la surface de ce bloc de bois; ce n’était que sou huile qui commençait à se bituminiser. On essuyait à chaque fois ce bloc pour avoir sou poids au juste; sans cela l’on aurait vu le bitume se former en petites protubérances dans cette substance grasse, comme M. Tozzctli l’a observé sur les troncs d’arbres de Saint-Cerbone.

On voit dans les Mémoires de l’Académie de Stockliolm (ju’il y a des mines de charbon en Suède, surtout dans la Scanie ou Gotbie méridionale. Dans celles qui sont voisines de Rosrup, les couches siqiérieures laissent apercevoir sensiblement un tissu ligneux, et on y trouve une terre d’ombre ** mêlée avec le charbon : il y a dans la Weslrogolliic une mine d’alun où l’on trouve du charbon, dont M. Morand a vu quelques morceaux qui présentaient un reste de nature ligneuse, au point que dans quelques-uns on croit reconnaître le tissu du hêtre ***.

Dans un discours très-intéressant sur les productions de la Russie, l’auteur donne des indications des mines de charbon de terre qui se trouvent dans cette conti ée ****.

lation de bitume pur dans une autre masse toute pleine de globules, et dans laquelle il ne découvre pas la moindre trace de plante.

Telle est la nature de ces charbons fossiles; l’aulcur y joint leur usage; ils ont de la peine à s’allumer , mais lorsqu’ils le sont une fois, ils produisent un feu extrêmement vif, et restent longtemps sans se cousumei' : d’ailleurs , ils répaudeul une odeur désagréable, qui porte à la tète et aux poumons, précisément coinme le charbon d'Angleterre, et la cendre qui en résulte est de couleur de safran. Journal étranger, mois d’août 17'o», page 97 jusqu'à 103.

* Voyez tome I.

■"* Cette terre bitumineuse, appelée quelquefois momie végétale, est tantôt solide, tantôt friable, et se trouveeu beaucou|i d’endroits ; il s’eu rencontre derrière les bains do Freyeuvvald, dans un endroit nommé le Trou-noir.

*'* Pu Charbon de terre, par 51. Slorand, page 89.

TJous avons des charbons de terre en plusieurs endroits; on en trouve auprès de 1 .\rgoun, à Tscatboutschiuskaya,ct auprès de r,hilku,à dix wcrsles au-dessus de la forge de Chilka, dans le district de Ncrtscliink; auprès de l’.Vngara, au-dessous d’irkoutsk et auprès de Kitoi, h quinze wcrsles avant qu'il se jette dans l’Angara, près de Kitoïs-Koi'slauitz; dans le voisinage de Jeuiseï et d’Abakauko'i-Ostrog, près du fleuve d’Abakan, dans la montagno Isik ; de même, à dix werstes de Krasnoyarsk; prés de Jeuiseï; à Brontoi-Logh ; a Koltschedanskoï- Ostrog, près du fleuve d’iset; auprès du fleuve de Beleya, à cinq werstes du village de Konsctkonlova : à Kizilyak, dans le district d’Oufa ; auprès du fleuve de Syryansk , dans le village

[IISTOIRE NATURELLE

En Sibérie, a quelque dislance de la petite rivière Selowa, qui tombe dans le fleuve Leua, on trouve une mine de charbon de terre; elle est située vis-à-vis d’une ile appelée Beresowi ; elle s’étend horizontalement fort loin, et son épaisseur est de dix à onze pouces. Le charbon n’est pas d’une bonne qualilé ; car tant quil est dans la terre, il est ferme; mais aussitôt (ju’il est exposé à l’air il tombe par morceaux *.

A la Chine, le charbon de teri'c est aussi commun et aussi connu qu'en Europe, et de tout temps les Chinois en ont fait grand usage, j)arce que le bois leur manque presque partout, preuve évidente de l’ancienneté de leur nombi-euse poi)ulalion Il en est do même du Japon ***, et l’on pouri ait assurer qu’il existe de même des charbons de terre dans toutes les autres parties de l’Asie. On en a trouvé à Sumatra, aux environs de Sillida on en connaît aussi quelques mines en Afrique et à Sladagascar **+**.

En Américpie il y a des mines de charbon de terre comme dans les autres parties du monde. Celles du cap Breton sont horizontales, faciles à exploiter, et ne sont qu’à six ou huit pieds de profondeur : un feu (pi’il n’est pas possible d’étouffer a embrasé une de ces mines******, dont

du même nom ; dons le district de Koungour,àla droite de Volga; à Gorodiztch,à vingtwerstes au-dessus de Sinbirsk ; et en plusieurs endroits, à deux cents werstes au-dessous de cette ville, principalement entre Kaspour et Bogliayarleuskoye, monastère auprès du fleuve de Toretz; à Balka, Skalewayace ; et au fleuve de Belayalongliam, dans le district de Baglnnont; à Niask, dans le gouvernement de Varonége; auprès de Lukka, dans le voisinage de Katonga; enfin à Kcstrkoiyain, auprès du fleuve de Krcsnelsclia, et auprès du petit fleuve de Kroubitza, qui se jette dans la Msla, dans la cbaine des inontagnos de Valdaï, etc. Discours sur les productions de la Russie, pur M. Guldenstaed. Pëlersbourg, 17711, page b2.

* Histoire générale des Voyages, tome XV'III, page 303.

** On neconnait pas de pays aussi rielie que la Cbinc eu mines de ( barbon ; les montagnes, surtontccdlesdes provinces de Clien.si, de ChamietdePeelieli,en renferment en grand nombre... Le eburbon qui se brûle à Pékin et qui s’a|)pelle maui vient do ces mêmes montagnes, à deux lieues de celte ville : depuis plus de quatre mille uns, elles en Iburiiissent à la ville et à la plus grande partie de la province, où les pauvres s’en servent pour écliaullèr leurs poêles. Sa couleur est noire; on les trouve entre les roebers en veines fort profondes; quelques-uns le broient, surtout parmi le peuple ; ils en mouillent la poudre et la niellent comme en pains. Ce charbon ne s’allume pas facilement, mais il donne beaucoup de cbalour et dure fort longtemps au feu; la vapeur eu est quelquefois si désagréable, qu’elle suffoquerait ceux qui s’endorment près des poêles, s’ils n’avaient pas la précaution de tenir prés d’eux un bassin rempli d’eau, qui attire la fumée et qui eu diminue beaucoup la puanteur. Ce charbon est à l’u.sage de tout le monde, sans distinction de rang, car le bois est d’une extrême rareté ; on s’en sert de même dans les fournaises pour fondre le cuivre ; mais les ouvriers en fer trouvent qu’il rend ce métal trop dur. Histoire générale des Voyages, tome VI, page Æ86.

Le charbon de terre ne man<iue pas au Japon ; il sort en abondance de la province de Tikusen, des environs de Kuganissu et des provinces septentrionales. Histoire générale des Voyages, tome X, page 653.

Du Charbon de terre, par M. Morand, page 441.

**»*» Histoire générale des Voyages, tome Vlll, page Cl!).

■>»»»** politique et pbilosopbique des deux Indes, tome VI, page 1583.

DES IVIINEUAUX.

les (rois principales sont siliices, la première dans les terres de la baie de Moridienice, la seconde dans celles de la baie des Espagnols, et la troisième dans la petite ilc tîras-d’Or ; celte dernière a cela de particulier (|ue son charbon contient de rantimoine. Le toit de ces mines est, comme partout ailleurs, chargé d’empreintes de végétaux Il y a aussi des mines de charbon à Saint-Domingue à Cumana, dans la Nou\clle-Andalousie* * ***; et l’on a trouvé en 1768 une de ces mines dans l’ile de la Providence, l’une des l^ucayes, où le charbon est de bonne qualité. On en connaît d’autres au Canada dans les terres de Saquenai, vers le bord septentrional du llcu\ c Saint-Iiaurcnt, et dans celles de l’Acadie ou Nouvelle-Écosse, Enfin on en a vu jusque dans les terres de la baie Disko, sur la côte du Groënlaml ****.

Ainsi l’on peut trouver dans tous les pays du monde, en fouillant les entrailles de la (erre, celle matière combustible déjà très-nécessaire aujourd’hui dans les contrées dénuées de bois, et qui le deviendra bien davantage à mesure que le nombre des hommes augmentera et que le globe (pi’ils habitent se refroidira ; et nou-seuleinenl cette matière peut en tout et partout remplacer le bois pour les usages du feu, mais elle peut même devenir plus utile que le charbon de bois pour les arts, au moyeu de quelques précautions et préparations dont il est bon de faire ici mention, jiarcc qu’elles nous donneront encore des connaissances sur les différentes matières dont ces charbons sont composés ou mélangés,

A Liège et dans les environs, où l’usage du charbon est si ancien, on ne se sert pour le chauffage ordinaire, dans le jilus grand nombre des maisons, que du menu charbon, c’est-à-dire des débris du charbon qui SC lire en blocs et en masses; on sépai-e seulement de ces menus charbons les matières étrangères (|ui s’y trouvent mêlées en volume apparent, et surtout les pyrites qui pourraient faire explosion dans le feu, cl pour augmenter la quantité et la durée du feu de ce charbon, ou le mêle avec des terre grasses, limoneuses ou argileuses***** des environs de

* llisloirc generale des Voyage.s, tome XII, page 2IS,

•’ Voyage de Corcal aux Indes occidentales ; Paris, 1722, tomcl, page 12.7. l)u Cliaiboii de terre, par M. Morand, j)agc «9.

Ibidem, page ii2.

« L’action du feu sur le mclangc de partie d’ari^ilc et de partie humide ne sc fait, dit « M. Morand, (|u’à fur cl mesure j ces dernières ne commencent a être attaquées que lorsque " la terre grasse perdant son huinidilc, sc chantfuiit et se dcssccliant pou a pou, coininunîquc « de proche en proche sa chaleur aux molécules de Iionille (lu’cllc enveloppe; la graisse, ! huile « ou le bitume qui s'y est incorporé, sc cuit par degrés, au point de s’clendro aussi de proche

en proche a ces molécules d’argile et de venir à la surface de la pelote, d où elle découle quetquofuis en pleurs et en gouttes. La masse d’air subtil tpii n’a pas un libre essor sc dégage « on même temps, s’oeliappe itou à peu; les vapeurs sullureuses, hitumineiisOs, odorilercs ou ■' uième niairai.santes ([u’on voudra y siiitposcr. no pouvant point se dissiper eiisonilde et loi- < mer un volume, s’en séparent et s’évaporent insensihienienl.«Aü/Ur Je ne puis me dispenser

niSTOIKE NATURELLE

la mine, et eiisuile on en fait des pelotes qu’on -appelle des hochets, qui peuvent se conserver et s’accumuler sans s’efficurir, en sorte (pie cliàcpie famille du peuple fait sa provision de hocliels en é-té pour se chauffer en hiver *.

d’observer au savant auteur que son explication pêche, en ce que les hitumes ne tiennent pas d’aulrc air subtil que de l’air inllanimahlc.

U Dans cette espèce de corollaire, on entrevoit deux propriétés distinctes qui appartiennent U à la façon donnée au charbon de terre : 1" une économie sur la matière même; 2" une sorte Il de correctil' aux vapeurs de houille.

U Ce premier effet résultant de cette impastation paraît sensible, puisque le fou n’a point Il une prise absolue sur le condmstiblc soumis à son action ; l’argile ajoutée au charbon arrête <1 la combustion, relient, tant qu’elle ne se consume pas, une portion de houille; de manièic Il que col amalgame, en ne résistant point trop au feu, y ré.sistc assez pour que la houille ne I. s’en sépare point avant d’être consumée : la destruction du charbon par le feu est ralentie « en conséquence; il s'en consomme nécessairement une moindre quantité dans un même

O espace de temps, que si le charhon recevait à nu l’action Je la llammc Les rédacteurs

I. de l’Encyclopédie ne font point dilllculté d’avancer que ces pelotes donnent une chaleur plus Il durable et plus ardente que celle du charhon de terre seul.

« Les Chinois ne trouvent pas seulement que leur mnw, ott pelotes de houille, donne une O chaleur beaucoup plus forte que le bois, cl qui coûte infiniment moins : mais en outre ils y (I trouvent l'avanlage de ménager leur bois, ellls prétendent encore par cet apprêt se garantir Il de l’incommodité de l’odeur.

Il Plusieurs physiciens sont du même scntinicnt. JI. Zimmermann {Journal économique. Il avril 17ai) donne celle préparation comme un moyen de brûler le charbon de terre, sans Il désagrément et sans danger. M. Seheuchzer, dans son Voyage des Alpes, pense de même : Il l’opinion des commissaires nommés par l’Académie des Sciences est aussi positive sur ce « point. » Du Charbon de terre, par SI. Sloraiid, page 1286.

* Voyez dans l'ouvrage de SI. Slorand le détail des procédés pour la façon des hochets, page ôüü et suiv. u Le feu de ces hochets est d’une fort longue durée ,dil cet auteur ; il se cou- « serve longtemps sans qu’on y touche: on ne le renouvelle que deux fois par jour, et trois Il fois lorsqu il lait un grand Iroid. .\ Valenciennes, on fait des briquclles dans un moule de « fer ovale, de cinq pouces et demi de loitg sur quatre pouces de large, mesure prise en dedans : Il I argile que I on emploie avec le charbon pour former ces briquettes est de deux sortes; Il 1 une qui est Ires-comniuue dans les fosses est le bleu marie ou marie à boulets, parce qu’on Il s’en sert pour faire les briquettes qu’on appelle bonlet; c’est une espece d’argile caleairequi Il tient à la langue, et qui fait effervescence avec les acides. Une seconde terre que l’on cm- 11 ploie aussi dans les briquettes se lire des bords de l’Escaut, où elle est déposée dans le » temps des grandes eaux; c’est un limon sableux, argileux, de couleur jaune obscure, et qui Il se manie comme une bonne argile; à Try, dislant de Valenciennes d’une lieue, et à Mon- 11 ceau, qui est à deux lieues de cette ville, on emploie au chauffage la mine d’Anziu : on fait <1 entrer dans les briquclles de la marie qui se trouve dans ces doux endroits. Ces maries sont Il des terres argileuses, calcaires, blanches comme de la craie, faisant cfferve.sccnce avec les Il acides : selon les ouvriers, les briquettes faites avec la marie brûlent mieux que celles qui « sont faites avec du limon, et il ne faut qu’un dixième de marie et neuf parties de charbon ..

« On délaie U ne mesure d'argile dans l’eau, de manière à en faire une bouillie claire et coulante Il que l’on verse au milieu d’un grand cercle de houille ; si on mel trop d’argile, les briquettes Il brûlent plus difficilement, et si on en met en trop petite quantité, la houille ne peut faire *> corps avec l’argile, et les briquettes n’ont point de solidité : la proportion ordinaire est d’une

r»ES MINÉtîAÜV.

Mais l'usage du charbon de terre sans uiélangc ni addition de Icitc étrangère est encore plus commun que celui de ces masses mélangées, et c’est aussi ce que nous devons considérer plus particulièrement. Avec du chaibon de terre en gros morceaux et de bonne qualité, le feu dure Irois ou quatre fois plus longtemps qu'avec du charbon de bois : si vingt livres de l)ois * durent trois heures, vingt livres de charbon en dureront douze. En Languedoc, dit M. Vcnel**, les feux de bûches et de rondins de bois sec dans les foyers ordinaires coûtent plus du double que les pareils feux de houille faits sur les grilles ordinaires, Cet habile chimiste recommande de ne pas négliger les braises qui .s(! détachent du charbon de terre en brûlant; car en les remettant au feu, leur durée et leur effet correspondent au moins au (piart du feu de houille neuve, et de plus ces braises ont l’avantage de ne point donner de fumée : les cendres même du charbon de (erre peuvent être utilement employées. M. Kurela, cité par M. Morand, dit qu’en pétrissant ces cendres seules avec de l’eau, on en peut faire des gâteaux <(ui brûlent aussi bien que les pelotes ou briquettes neuves, et qui donnent une chaleur d’une aussi longue durée.

On [)rendrait, au premier coup d’œil, la braise du charbon de terre pour de la braise de charbon de bois brûlé : mais il faut pour cela qu’il ait subi une combustion presque entière ; car s’il n’éprouve qu’une demicombusliou pour la pré|'aratiou qui le réduit en coak, il ressemble alors au charbon de bois qui n’a bi'ùlé de meme qu’à demi. « Cette opération, « dit très-bien M. Jars, est à i)cu près la même que celle pour convertir « le bois en charbon ***. »

O pal lie de délrempe sur six de Iioiiillc; on mêle le tout ensemble de ta même façon que l’on « mêle le sable et la cbaux pour faire du mortier : lorsque cette masse a pris la consistance U d’nne inatiire un peu solide, l’uinTicr place à côlé de lui un carreau de pierre, et fait avec U une palette ce que les Licj'cois font avec leurs mains; et à mesure qu’il fait les briquetlcs, U il les arrange dans l’endroit où on veut les garder, de la même façon que l’on arrange les « briques pour former une muraille, v Du Cbarbon déterre, par M. Morand, page f87 et suiv.

* M. de la Ville, de l’Académie de L3mn, cite par M. Morand, page l2o9.

** Comparaison du feu de houille et du feu de bois, etc., partie De, page 1S6.

***£110 consiste à former en rond sur le terrain une couche do cbarbon cru, de douze à quinze pieds de diamèlrc , aulour duquel il y a toujours un mélange de poussière de cbarbon et de cendres des opérations qui ont précédé.

Cette couche circulaire est arrangée de façon qu’elle n’a pas plus de sept a huit pouces d’épaisseur à ses exlrémilcs, et un pied cl demi an plus d'épaisseur dans son milieu ou ccnlre ; c’est là qu’on place quelques charbons allumés qui, en i)eu de temps, portent le feu dans toute la charbonnière : un ouvrier veille à cet embrasement, et avec une pelle de fer prend de la poussière qui est autour , et jette , dans les parties où le feu est trop ardent, la quantité suffisante pour empêcher que le cbarbon se consume, et point a.sscz pour éteindre la flamme qui s’étend sur toute la surface... Le cbarbon réduit en coak est beaucoup plus léger qu’il n’était avant d’étre grillé, il est aussi moins noir; cependant il l’est plus que les coaks appelés chiders ; il no se colle point en brûlant. Voyages métallurgiques, par M .Jars, troisième Mémoire, p. 273.

JH8T0JKE NATtlllELLE

M. Jars donne dans un anlre Mémoire la manière dont on fait les dudcrs à i\ewcaslle *, dans des fourneaux conslriiils pour celte opération, et dont il donne aussi la description. Enlin, dans un autre Mémoire, le même académicien expose très-bien les différents procédés de la cuisson

Pour former des coaks , on fuit une place ronde d’environ dix ou douze pieds de diamètre que I on remplit avec de gros charbon , rangé de façon que l’air puisse circuler dans le las, dont la forme est celle d’un cône d’environ cinq pieds de hauteur depuis le sommet jusqu’à sa base ; le charbon ainsi rangé, on en place quelques-uns allumés dans la partie supérieure , apres quoi on couvre le tout avec de la paille sur laquelle on met de la poussière de charbon qui se trouve tout auloiir, de façon qu’il y en ait au moins un bon pouce d’épaisseur sur toute la surface.

On a toujours plusieurs de ces fourneaux allumés à la fois; deux ouvriers dirigent toute l’opération, l’un pendant le jour, l’autre pendant la nuit : ils doivent avoir attention d’examiner de quel côté vient le \ eut, et de boucher les ouvertures lorsqu’il s’en forme de nuisibles à l’opération, ce qui contl ibnerait à la desiriicliou des coaks. Voyages niétalliirgiqnes, par .Af. Jars, page 230, douzième Mémoire.

Quand on a mis dans le leur à griller la quantité de charbon nécessaire , on y met le fou

avec un peu de bois on avec du charbon déjà allumé Mais pour l’ordinaire on introduit le

charbon lorsque le fourneau est encore chaud et presque rouge; ainsi il s’allume de lui-même.

On ici me ensuite la porte, et 1 on met de la terre dans les jointures, seulement pour boucher les plus grandes ouvertures qui proviennent de la dégradation de la maçonnerie; car il faut toujours laisser un passage à l’air, sans lequel le charlion ne pourrait bri’iler; l’ouverture qui est au-dessus du foiirneaii , et qu’on peut appeler cheminée , est destinée pour la sortie de la fumée, et par conséquent jiour l’évaporation du bitume ; l’embouchure de cette cheminée n’est pas toujours egalement ouverte. I.a science de l’onvricr consiste à niéiiager le courant de la fumée, sans quoi il risquerait de consumer les cimiers à mesure qu’ils se forment ; la règle qu’on suit à cet égard, comme la jilus sûre , est de n’onvrir la cheminée qu’autant qu’il le faut ]ionr que la fumée ne ressorte point par la porte; pour cela ou a une grande brique que l’on pousse plus on moins sur l’ouverture , à mesure que l’évajioratioiinvunce, et que par conséquent le volume de la fumée diminue; à la lin on bouche p; tsque enticrcment rouverliire de la cheminée.

Cette opération dure trente à ipiarante heures : mais comniuiiémenl on ne retire les cimiers qu’au bout de quarante-huit heures ; le charbon réduit en cinders forme dans le fourneau une couche d’une seule masse , remplie de fentes et de crevasses, disposées en rayons perpendiculaires au sol du fouriicaii, de tiiiile l’épaisseur de la couche. Ou pourrait aussi les comparer à des briques placées de champ ; quoique le tout fasse corps , il est aisé de le diviser pour le retirer du fourneau ; à cet eflet , lorsque l’ouvrier a ouvert la porte , il met une barre de fer en travers devant l’ouverture, afin de supporter un râble de fer avec lequel il attire une certaine quantité de cinders hors du fourneau , sur lesquels un antre ouvrier jette un peu d’eau ; ils preniient ensuite chaeiin une pelle de fer en forme de grille , afin que les cendres et les menus cinders puissent imsscr au travers ; ils éloignent ainsi de renihouchurc du fourneau les cinders (]ui aciiovent de s’cleiudre p:ii' le seul coiilacl de

Le fourneau n’est pas plus tôt vide qn’on y met de nouveau charbon nécessaire pour une seconde opérai ion ; et coiimie ce fourneau est encore très-chaud et même ronge, le charbon s’y eiinamme aussitôt, et le procédé se conduit comme ci-dcvanl.

Ou estime à un quart le déchet du charbon dans cette opération , c’est-à-dire le déchet du volume ; quant au poidi il est Lien luoiiidi'c.

bes cendres qii’oii relire du fourneau sont passées à la claie , sur une claie de fer , pour en

DES MINÉUAUX.

(lu chai-hon de terre dans le Lyonnais, et l’usage qu’on en fait pour les mines de enivre à Saint-Bel *.

31. Galerie! Jars, de l’Académie de Lyon, et frère de racadémicien que je viens de citer, a public un très-bon 3Iémoire sur la manière de préparer

séparer les petits morceaux de cinders , lesquels sont vendus séparément. Voyages métallurgiques, par M. .Fars, dixième Jlémoire, page 309.

* Après avoir formé un plan horizontal sur le terrain , on arrange le charhon , morceau par morceau , pour en composer une pile d’une forme à peu près seinhlable à celle que l’on donne aux allumeltes pour faire du charhon de bois, et de la contenue d’environ ciiiquantc à soixante quintaux; il est iiéee.ssairc do ne point donner à ces cliarhouuièrcs trop d'élévation , quoi(iuc dans le même diamètre : rinoonvénient .serait encore plus grand , si on avait placé indifféremment le charhon de toute gro.s.seur.

Une charhomiièrc construite de cette manière jieut et doit avoir dix, douze et jusqu’à quinze pieds de diamètre, et deux pieds et demi au plus de hauteur dan.s le centre.

Au sommet de la charbonnière, on ménage une ouverture d’environ six à huit ponces de profondeur, destinée à recevoir le feu qu’on y introduit avec quelques t harl oiis allumés quand la pile est arrangée; alors on la recouvre, et on peut s’y prendre de diverses raanièi'es.

La meilleure et la plus prompte , c'est d‘cm|doyor de lu paille et de la terre frauehe ipii ne soit pas trop sèche; toute la surface de la charhonuière se couvre de cette paille , mise assez serrée pour que l’épaisseur d’un bon pouce de terre et pas davantage , placé dessus , ne tombe pas entre les charbons, ce qui nuirait à l’action du feu.

On peut suppléer au défaut de paille par dos feuilles sèches , lorsqu’on est dans le cas de s’en procurer ; j’ai aussi essayé do me servir de gazon ou mottes ; mais il n’en a pas résulté un bon effet.

Une autre méthode qui , attendu la cherté et la rareté de la paille , est mise en pratique aujourd’hui aux mines de llive-de-Gier , par les ouvriers que les intéressés aux mines de cuivre emploient .à cette opération, avec un succès que j’ai éprouvé , est celle de recouvrir les cliarhonnières avec le charbon même ; cela se fait comme il suit :

Ij’arrangcmcnt de la charbonnière étant achevé, on en recouvre la partie inférieure, depuis le sol du terrain jusqu’à la hauteur d’environ un pied , avec du menu charbon cru , tel qu’il vient de la carrière cl des déblais qui se font dans le choix du gros cbarbou; le restant de la surface est recouvert avec tout ce qui s’est séparé en très-petits morceaux des eoaks; pour cette méthode on n’a pas besoin , comme pour les autres, de pratiquer des trous autour de la circonférence pour l'évaporation de la fumée , les interstices qui se trouvent entre ces menus eoaks y suppléent et fout le même effet ; le feu agit également partout.

Lorsque la chaibonuière est recouverte jusqu’au sommet , l’ouvrier apporte , comme il a été dit, quelques charbons allumés qu’il jette dans l’ouverture, et achève d’en remplir la capacité avec d'autres charbons ; quand il juge ([ue le feu a pris , et que la eliarlionnière commence à fumer, il ou recouvre le sommet, et conduit l’opération comme celle du i barbon de bois, ayant soin d’empêcher que le feu ne passe par aucun endroit , pour que le charbon ne se consume pas; ainsi du reste jusqu’à ce qu’il ne fume plus, ou du moins que la fumée eu sorte claire , signe constant de la fin du dessoufrago; pour toute celle maneciivrc , l’expérience des ouvriers est très-nécessaire.

Une telle charbonnière lient le feu quaire jours, et plusieurs heures de moins si l’on a recouvert avec de la paille et île la terre : lorsqu’il ne fume plus, on recouvre le tout avec de la poussière pour étouffer le feu , et on le laisse ainsi pendant douze ou quinze heures; après ce temps, on retire les eoaks , )iarlic par partie , à l’aide des râteaux de fer , en séparant le menu qui sci l à couMir d’autres charbonnières.

Lorsque les eoaks sort refroidis , on les enferme dans un magasin bien sec ; s’il s’y trouve acrt'u.s, luni. ni. 18

IIISTOIHE NAÎüKELLE

le charbon de terre pour le substituer au charbon de bois dans les travaux métallurgiques, mise en usage depuis l’année 1709 dans les mines de Saint- Bel, dans lequel railleur dit a\ec grande raison « que le chai'bon de terre « est, comme tous les autres bitumes, composé de parties huileuses et 'I acides J que dans ces acides on distingue un acide sulfureux auquel il « croit que l’on peut allribiier principalement les déchets que l’on <1 éprouve loi'siiu’on l'emploie dans ja fonte des métaux. Le soufre et « les acides dégagés par l’action du feu, dans la fusion, allaquent, ron- « gent et délruisent les parties métalliques qit’ils renconlrent ; voilà les « ennemis que l’on doit chercher à détruire : iliais la difllcullé de l’bjié- « ration consiste à détruire ce principe rongeur, en conservant la plus » grande quantité possible de parties huileuses, phlogisliques et inllam- « niables, qui seules opèrent la fusion, et qui lui soiil unies. C’est à « ipioi tend le procédé dont je vais donner la méthode; on peut le noni- <1 mer le dessoufrage. Après l’opération, le eliarhon minéral n’est plus à « l’teil qu’une matière sèche, spongieuse, d’un gris noir, qui a perdu I' de son |ioids et acquis du volume, qui s’allume plus difficilement que « le charbon cru, mais qui a une chaleur plus \ ivc et plus durable. ..

M. Gabriel Jars donne ensuite une comparaison détaillée des effets et du jiroduit du feu des coaks, et de celui du charbon de bois pour la fonte des minerais de cuivre : il dit que les Anglais fondent la plupart des minerais de fer avec les coaks, dont ils obtiennent un fer coulé excellent, qui se moule très-bien; mais que jamais ils ne sont parvenus à en faiée un bon fer forgé

quelques morceaux de charbon qui ne soient pas bien dessoufrés , on les met à part pour les faire passer dans une nouvelle charboimicrc; ou en a de cette manière plusieurs en feu , dont la manœuvre se succède.

Trois ouvriers, ayant un eniplaccmeut assez grand , peuvent préparer dans une semaine trois cent cinquante jusqu’à quatre cents quintaux de coaks. Les charbons de Uive-de-Gier perdent en dessoufrage à Saint-Bel, trente-cinq pour cent, de manière que cent livres de charbon cru sont réduites à soixante-cinq livres de braises : ce fait a été vérifié plusieurs fois. Voyages irjétallurgiqiies, par .V. Jars, quinzième Mémoire, page 823.

* De quelque manière que le cliarbou de terre ait été torréfié, soit qu’il l’ait clé à l’air libre, soit qu il l’ait été dans les fosses, comme à Newcastle, ou dans des fourneaux coinmc à Sultzbach, l’expérience ne lui a encore été avantageuse que pour les ouvrages qui se jellent en moule : dans les grandes opérations métallurgiiiucs , ce charbon , si l’on veut suivre l’idée commune n’est pas encore sullisammcnt dessoufré; les braises qu’il donne ne remplissent pas à beaucoup près le but qu’on se propose : le fer provenant des foi gcs de Sultzbach , et qui , porte à la lilicre, SC trouvait une fonte grise et fort douce, a été reconnu être le produit de plusieurs affinages ; en total, la fonte du fer qu’on obtient avec leur feu a toujours deux defauts considérables : on convient d’abord généralement que la qualité du fer est avilie, qu’il est cassant et hors d’état de rendre beaucoup de service. Dans la quantité de métal fondu .au feu de charbon de terre, cru ou converti en braise , il se trouve toujours un déchet considérable; dans une semaine ori avait fondu à Lancashirc, avec le seul charbon de bois, quinze ou seize tonnes de fer (la tonne pèse doux mille), et avec les houilles on n’en a ou que cinq ou six.

Cet inconvénient se remarque egalement poui' toutes les autres espèces de mines ; un four-

MliNÉKAtX. éli

Au l’este, il y a des charbons qu'il serait pcut-etre plus avantageux de lessiver à l’cau que de cuire aU feu pour les réduire en coaks. 31. de Grignon a proposé de se servir de cette méthode et particulièrement pour le chai’hon d’Ë|nnac : mais M. de Limare pense au contraire que le charbon d’Épiuac, irélant que jiyriteux, ne doit pas être lessivé, et qu’il H’y a nul autre moyen de l’épurer que de le préparer encoalc; la lessive à l’eau ne pouvant servir que pour les charbons chargés d’alun, de vitriol ou d’autres sels qu’elle j)eul dissoudre, mais non pas pour ceux où il ne se trouve que peu ou point de ces sels dissolubles à l'eau.

Le charbon de Mont-Cenis, quoiipi’à peu de distance de celui d'Epinac, est d’une qualité différente ; il faut l’employer au moment qu’il est tiré, sans quoi il fermente bientôt et perd sa qualité j il demande à être dessoufré par le moyen du feu, et l'on a nouvellement établi des fourneaux et des hangars pour cette opération.

Le charbon de llivc-de-Gier, dans le Lyonnais, est moins bitumineux, niais en même temps uii j)eu pyriteux, et en général il est plus compacte que celui de 3Iont-Cenis : il est d’une grande acti^'ité ; son feu est âpre et durable^ il donne une llamme vive, rouge et abondante. Son poids est de cinquante-quatre livres le pied cube, lorsqu'il est dessoufré; et dans cet état il pèse autant que le charbon brut de Saint-Chaumont, qui, quoique assez voisin de celui de llive-de-Gier, est d’une qualité très-différente; car il est friable, léger, et à peu près de la même nature que celui de 31ont-Cenis, à l’exception qu’il est un peu moins pyriteux. Il ne pèse cru que cinquante-quatre livres le pied cube, et ce poids se réduit à trente-six lorsqu'il est dessoufré.

l)e foutes les méthodes connues pour épurer le charbon, celle qui sc pratique aux environs de Gand est l’une des meilleures : on se sert des charbons crus de 3Ions et de Valenciennes, et le coak est si bien fait, dit .31. de Limare, qu’on s’en sert sans inconvénient dans les blanchisseries de toile fine et de batiste : on l’épure dans des fourneaux entourés de briques, où l’on a ménagé des registres pour diriger l’air et le porter

neau de révci’Lèrc anglais, chauffé avec le fois de hêtre, même avec des fagots, fait rendre à la niiue de plomb dix pour cent de plus que lorsqu’on le chauffe avec du charbon de terre.

Depuis plus de ([iiarante ans ou a commencé à vouloir l’employer , mais inulilcment , pour la mille de cuivre; il y a vingt-huit ans qu’on avait encore voulu essayer en l' rance, dans le travail d’une mine de cuivre, d’introduire l’usage du charbon de terre, tant pour le grillage flue pour la foute du minéral; on le mettait sur du bois dans le grillage, et on en inéhiil neuf parties avec une partie de charbon de bois dans le fourneau allemand pour la fonte : une portion de cuivre, traitée de cette manière, s’est trouvée détruite, et a causé dos pertes considérables, qui ont obligé les entrepreneurs d’aliaiidonner cette rabriealioii. Du Charbon de terre, par M. Morand, pages 1180 et H87i — Ces observations de M. Morand paraîtraient d’abord eoiitrcdire ce que nous avons cité d’après M. Jars; mais, comme ces dernières cxpcririices ont été fuites avec du charbon cru, et que les autres avaient été laites avec des charbons épurés en Coaks, leurs résultats dovaionl être différents.

HISTOIRE NATURELLE

aux parties qui en ont besoin. Mais on assure que la méthode du sieur Ling, qui a mérité l’approbaliou du gouvernement, est encore plus avanfageuse : et je ne puis mieux terminer cet article qu’en rapportant le résultat des expériences qui ont été faites à Trianon, le 1 2 janvier J 779, avec du charbon du Bourbonnais dessoufré à Paris, par celte méthode du sieur Ling, par lesquelles expériences il est inconlcslablemenl prouvé que le charbon préparé par ce procédé a une grande supériorité sur toutes les matières combustibles, et particulièrement sur le charbon cru, soit pour le chaullage ordinaire, soit pour les arts de métallurgie, puisque ces expériences démontrent :

1“ Que le charbon ainsi préi)aré, tiuoiquc diminué de masse |)ar Tépuremenl, tientlc feu bienpluslonglcmps(|u’un volumeégal de charbon cru j

2" Qu’il a infiniment jjlus de chaleur, i)uis(iue, dans un temps donné et égal, des masses de métal de même volume acquièrent plus de chaleur sans se brider;

5" Que ce charbon de terre préparé est bien plus commode pour les ou\ riers, qui ne sont point incommodés des vapeurs sulfureuses et bitumineuses qui s’exhalent du charbon cru;

4" Que ce charbon jiréparé est plus écouomi(|ue, soit pour le transport, puisqu’il est plus léger, soit dans tous les usages qu’on en peut faire, puisqu’il se consomme moins vite que le charbon cru;

0° Que la propriété préciimse que le charbon préparé par cette méthode a d’adoucir le fer le jilus aigre cl de l’améliorer, doit lui mériter la préférence non-seulement sur le charbon cru, mais même sur le charbon de bois ;

6" Enfin, que le charbon de terre épuré par cette méthode peut servir à tous les usages auxquels on emploie le charbon de bois, et avec un très-grand avantage, attendu que (pialre livres de ce charbon épuré font autant de feu que douze livres de charbon de bois.

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