‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 27 sur 54 · DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DU SOUFRE

La nature, indépendamment de ses hautes puissances auxquelles nous ne pouvons atteindre, et qui se déploient par des effets universels, a de j)lns les facultés de nos ai'ts, qu’elle manifeste par des effets particuliers : comme nous, elle sait fondre et sublimer les métaux, cristalliser les sels, tirer le vitriol et le soufre des pyrites , etc. Son mouvement plus que l)orpétueI, aidé de rélernité du temps, produit, entraîne, amène toutes les révolutions, toutes les combinaisons possibles. Pour obéir aux lois établies par le souverain Être, elle n’a besoin ni d’instruments, ni d’adminicules, ni d’une main dirigée par l’intelligence humaine; tout s’opère, parce qu’à force de temps tout se rencontre, et que dans la libre étendue des espaces et dans la succession continue du mouvement, toute matière est remuée, toute forme donnée, toute figure imprimée. .Ainsi tout se rapproche on s’éloigne, toul s’unit ou se fuit, (ont se combine ou s’op- [)Ose, tout se produit ou se détruit par des forces relatives ou contraires, qui seules sont constantes, et, se balançant sans se nuire, animent l’univers et en font un théâtre de scènes toujours nouvelles, et d’objets sans cesse renaissants.

jMais en ne considérant la nature que dans scs productions secondaires, qui sont les seules auxquelles nous puissions comparer les produits de

notre art, nous la verrons encore bien au-dessus de nous; et pour ne parler que du sujet particulier dont je \ ais traiter dans cet article, le soufre, qu'elle produit au feu de scs volcans, est bien plus pur, bien niienx cristallisé, que celui dont nos plus grands chimistes ont ingénieusement trouvé la composition *. C’est bien la même substance ; ce soufre artificiel et celui de la nature ne sont également (pie la matière du feu rendue fixe par l’acide ; et la démonstration de cette vérité, c}ui ne porte (jue sur l’imitation par notre art d’un procédé secondaire de la nature, est néanmoins le triomphe de la chimie et le plus beau trophée quelle puisse placer au haut du monument de toutes ses découvertes.

L’élément du feu qui, dans son état de liberté ne tend qu’à fuir, et di\ ise toute matière à laquelle on l’applique, trouve sa prison et des liens dans cet acide, qui lui-même est formé par l’intermède des autres éléments; c’est par la combinaison de l’air et du feu que l’acide primitil a été produit ; et dans les acides secondaires, les éléments de la terre et de l’eau sont tellement combinés qu'aucune autre substance simple ou composée n’a autant d’aftinité avec le feu : aussi cet clément se saisit de l’acide dès qu’il se trouve dans son étal de pureté naturelle et sans eau superflue, il forme avec lui un nouvel être, qui est le soufre, uniquement composé de l’acide et du teu.

Pour voir clairement ces rapports importants, considérons d’abord le soufre tel que la nature nous j’offre au sommet de scs \olcans; il se sublime, s’attache et se cristallise contre les parois des cavernes qui surmontent tous les feux souterrains : ces chapiteaux des fournaises embrasées par le feu des pyrites sont les grands récipients de celte matière sublimée; elle ne se trouve nidle part en aussi grande abondance, parce que nulle part l’acide et le feu ne se rencontrent en aussi grand volume, n’agissent avec autant de puissance.

Après la chute des eaux et la production de l’acide, la nature a d’abord renfermé une partie de la matière du feu dans les pyrites, c’est-à-dire dans les petites masses ferrugineuses et minérales où l’acide vitrioliciue, se trouvant en quantité, a saisi cet élément du feu, et le retiendrait à perpétuité, si l’action des éléments humides ** ne survenait pour le

* Ils sont allés jusqu’à détenuincr la proportion dans laquelle 1 acide vilriolique et le feu fixe ciilrcnt cliacun dans le feu. Stahl a trouvé <■ que dans la composition du soufre, l’acide “ vilriolique faisait environ quinze seizièmes du poids total, et même un peu plus, et que le » phlogistique faisait un peu moins d’un seizième..., M. Brands dit, d’après scs propres expe- » rienccs, que la proportion du principe inllammulde à celle du l’acide vitriolique, est à peu » près de 3 à 80 (ou d’un dix-septième) en poids; mais ni II. Brands ni M. .Slalil n’ont pas « connu l’influence de l’air dans la combinaison de leurs expériences , en sorte que cette prn- ,> portion n’est pas certaine. " Dictionnaire de Chimie, par iM. Macquer, article Soufre.

*' L’eau seule ne décompose pas les pyrites : le long des falaises des côtes de ^ormandie, les bords de la mer sont jonchés de pyrites, que les pêcheurs i amassent pour en faire du vitriol.

La rivière de Marne, dans la partie de la Champagne crayeuse qu’elle arrose, est jonchée de

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dégager et lui rendre sa liberté; ITiuniidité, en agissant sur la matière terreuse et s’unissant en même temps à l’acide, diminue sa force, relâche peu à peu les nœuds de son union avec le feu, qui reprend sa liberté dès que ses liens sont brisés : dans cet incendie te feu devenu libi-e emporte avec sa flamme une portion de l'acide auquel il était uni dans la pyrite ; et cet acide pur et séparé de la terre, qui reste fixe, forme avec la substance de la flamme une nouvelle matière uniquement composée de feu fixé par l’acide, sans mélange de terre ni de fer, ni d’aucune autre matière.

Il y a donc une différence essentielle entre le soufre et la pyrite, quoique tous deux contiennent également la substance du feu saisie par l’acide, puisque le soufre n’est composé ([ue de ces deux substances pures et simples, tandis qu’elles sont incorporées dans la pyrite avec une terre fixe de fer ou d’autres minéraux. Le mol de soufre minéral j dont on a tant abusé, devrait être banni de la ])bysique, parce qu’il fait équivoque et présente une fausse idée; car ce soufre minéral n’est pas du soufre, mais de la pyrite : et de même toutes les substances métalliques, qu’on dit être minéralisées par le soufre, ne sont que des pyrites qui contiennent, à la vérité, les principes du soufre, mais dans lesquelles il n’est l)as formé. Les pyrites martiales et cuivreuses, la galène de plomb, etc., sont autant de pyrites dans lesquelles la substance du feu et celle de l’acide se troin ent plus ou moins intimement unies aux parties fixes de ces métaux : ainsi les pyrites ont été formées par une grande opération de la nature, après la production de l’acide et des matières combustibles remplies de la substance du feu ; et le soufre ne s’est formé que par une opération secondaire, accidentelle et particulière, en se sublimant avec Tacide par l'action des feux souterrains. Les charbons de terre et les bitumes, qui, comme les pyrites, contiennent de l’acide, doivent par leur combustion produire de même une gi'ande quantité de soufre : aussi toutes les matières qui servent d’aliment au feu des volcans et à chaleur des eaux thermales donnent egalement du soufre dès que, par les circonstances locales, l’acide, et le feu qui l’accompagne et l’enlève, peuvent être arrêtés et condensés par le refroidissement.

On abuse donc du nom de soufre, lorsqu’on dit que les métaux sont minéralisés ])ar le soufre; et comme les abus vont toujours en augmentant, on a aussi donné le même nom de soufre à tout ce qui peut brider. Ces applications équivoques ou fausses viennent de ce qu’il n’y avait dans aucune langue une expression qui pùt désigner le feu dans son étal fixe ; le soufre des anciens chimistes représentait cette idée ’, le phlogistique

pyrites martiales qui restent intactes tant qu’elles sont dans l’eau , mais qui s’ellleurisscnt dès qu’elles sont exposées à l’air.

* Le soufre des philosophes hermétiques était un tout autre être que le soufre commun ; ils le regardaient comme le principe de la lumière, comme celui du déreloppemciit des germes et de la iiutriliou des corps organisés. (Voyez Georg. Wolfgang Wedel ; Ephém. d’Allemagne,

la représente dans la chimie récente , et l’on n’a rien gagné à celte substitution de termes; elle n’a même fait qu’augmenter la confusion des idées, parce qu’on ne s’est i)as borné à ne donner au plilogislique que les propriétés du feu fixe. Ainsi le mot ancien de soufre ou le mot nouveau de phlogistique, dans la langue des Sciences, n’auraient pas fait de mal, s’ils n’eussent exprimé que l’idée nette et claire du feu dans son état lixc : cependant feu fixe est aussi court, aussi aisé à prononcer que phlogistique; et feu fixe rappelle l’idée principale de l’élément du feu, et le représente tel qu’il existe dans les coi-ps combustibles; au lieu que p/i/ogistique, qu’on n’a jamais bien défini, qu’on a souvent mal appliqué, n’a fait que brouiller les idées, et rendre obscures les explications des choses les plus claires. La réduction des chaux métalliques en est un exemple frappant ; car elle s’explique, s’entend aussi claii ement que la précipitation, sans qu’il soit nécessaire d’a\oir recours, avec nos chimistes, à l’absence ou à la présence du phlogistique.

Dans la nature, et surtout dans la matière brute, il n’y a d’êtres réels et primitifs que les quatre éléments ; chacun de ces éléments peut se trouver en un état différent de mouvement ou de repos, de liberté ou de contrainte, d’action ou de résistance, etc. : il y aurait donc tout autant de raison de faire un nouveau mot pour l’air fixe; mais heureusement on s’en est abstenu jusqu’ici. Ne vaut-il pas mieux en effet désigner par une épithète l’étal d’un élément, que de laire un être nouveau de cet état en lui donnant un nom particulier? Rien n’a plus retardé le progrès des sciences que la logomachie, et cette création de mots nouveaux à demi-techniques, à demi-métaphoriques, et qui dès lors ne représentent nettement, ni l’elTct ni la cause : j’ai même admiré la justesse do discernement des anciens; ils ont appelé pyrites les matières minérales qui contiennent en abondance la substance du feu : avons-nous eu raison de substituer à ce nom celui de soufre, puisque les minerais ne sont en effet que des pyrites? Et de même les anciens chimistes ont entendu par le mol de soufre la matière du feu contenue dans les huiles, les résines, les esprits ardents, et dans tous les corps des animaux et des végétaux, ainsi que dans la subslanccdcs minéraux : avons-nous aujourd’hui raison de lui substituer celui de phlogistique? Le mieux eût été de n’adopter ni l’un ni l’autre : aussi n’ai-je employé dans le cours de cet ouvrage, que l’expression de feu fixe, au lieu de phlogistique, comme je n’emploie ici que celle de pyrite au lieu de soufre minéral.

aiincos 1078, 1679, et lu Collection iicadcniiqne, (mrlio étrangère, t. in,p. et 116 j et, sous CCS rapports, il paraît (ju’ils considéraient particulièrement dans le soufre son feu fixe, indépendamment de l’acide dans lequel il se trouve engagé; dans ce point de vue, ce n est plus de soufre qu’il s’agit, mais du fou niême, en tant que fixé dans les differents corps de la nature , il en fait l’actii ité, le dcvelo|ipcmont et la vie: en ce sens, le soufre des alchimistes peut en clfet être regardé comme le principe des phénomènes de la chaleur, de la lumière, du dévelop- Jienicnt et de la nutrition des corps orgiinisés. Observation communiquée par M. I abbé ftexon.

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Au reste si l'on veut distinguer l'idée du feu fixe de celle du phlogistique, il faudra, comme je l'ai dit, appeler phlogistique, le feu qui, d’abord étant fixé dans les corps, est en même temps animé par l’air et peut en être séparé, et laisser le nom de fm fixe à la malière propre du feu fixé dans ces mêmes corps, et qui sans l’adminicule de l’air auquel il se réunit ne pourrait s’cu dégager.

Le feu fixe est toujours combiné avec l’air fixe, et tous deux sont les principes inflammables de toutes les substances combustibles : c'est en raison de la quantité de cet air et du feu fixe qu’elles sont plus ou moins inflammables. Le soufre qui n’est composé que d’acide pur et de feu fixe, brûle en entier et ne laisse aucun résidu après son inflammation; les autres substances qui sont mêlées de terres ou de parties fixes, laissent toutes des cendres ou des résidus charbonneux après leur combustion; et en général toute inflammation, toute combustion n’est que la mise en liberté par le concours de l’air, du feu fixe contenu dans les corps; et c’est aloi'S (pie ce feu animé par l'air devient phlogistique : or le feu libre, l’air et l’eau peuvent également rendre la liberté au feu fixe contenu dans les pyrites; et, comme au moment qu’il est libre le feu iHîprend sa volatilité, il emporte avec lui l’acide auquel il est uni, et forme du soufre par la seule condensation de cette vapeur.

On peut faire du soufre ]»ar la fusion ou par la sublimation : il faut pour cela choisir les pyrites qu’on a nommées sulfureuses, et qui contiennent la plus grande quantité de feu fixe et d’acide, avec la moindre quantité de fer, de cuivre, ou de toute autre malière fixe; cl selon qu’on veut extraire une grande ou petite quantité de soufre, on emploie différents moyens *, qui néanmoins se réduisent tous à donner du soufre par fusion ou par sublimation.

* Puur tirer le soufre des pyrites , et particulièrement des pyrites cuivreuses , on forme , à l’air libre, des tas de pyrites qui ont envii on vingt pieds en carré , et neuf pieds de haut ; on arrange ces pyrites sur un lit de bûches et de fagots j on laisse à ce tas une ouverture qui sert d’évent, ou comme le cendrier sert à un fourneau : on enduit les parois extérieures des tas, qui forment comme des espèces de murs, avec de la pyrite ou poudre et en petites particules que l'on mouille; alors on met le feu au bois et on le laisse brûler pendant plusieurs mois : on forme à la partie supérieure des tas ou de ces massifs, des trous ou des creux qui forment comme des bassins dans lesquels le soufre fondu par l’action du feu va se rendre , et d’où on le puise avec des cuillers de fer; mais ce soufre, ainsi recueilli, n’est point parfaitement pur : il a besoin d’être fondu de nouveau dans des cbaudicrcs de fer; alors les parties pierreuses et terreuses qui s’y trouvent mêlées tombent au fond de la chaudière, et le soufre pur nage à leur surface. Telle est la manière dont on fixe le .soufre au llarlz...

line autre manière qui est aussi eu usage en Allemagne , consiste à faire griller les pyrites ou la mine de cuivre, sous un hangar couvert d’un toit qui va en pente ; ce toit oblige la fumée qui part du tas que l’on grille , à passer par-dessus une auge remplie d’eau froide; par ce moyen cette fumée, qui n’est composée que de soufre, se condense et tombe dans l’auge...

En Suède, on se sert de grandes relortcs de fer qu’on remplit au tiers de pyrites , et obtient le soufre par distillation ; on ne met qn’nn tiers de pyrites , parce que le feu les fait gonfler

Cette Mibsluncc tirée des pyrites par notre art, est absolument semblable à celle du soufre que la nature produit par l'action de ses feux souterrains; sa couleur est d’un jaune citron ; sou odeur est désagréable, et plus forte lorsqu’il est frotté ou échauffé; il est électrique comme l’ambre ou la résine; sa saveur n’est insipide que parce que le principe aqueux de son acide y étant absorl)é par l’excès du feu, il n’a aucune affinité a\ cc la salive, et qu’en général, il n’a pas plus d’action sur les matières aqueuses <|u’elles n’en ont sur lui ; sa densité est à peu près égale à celle de la pierre calcaire *; il est cassant, presque friable, et se pulvérise aisément; il ne s’altère pas par l’impression des éléments humides, et même l’action du feu ne le décompose pas lorsfjn’il est en vaisseaux clos, et privé de l’air nécessaire à toute inflammation. Il se sublime sous sa même forme, au haut du vaisseau clos en petits cristaux auxquels on a donné le noni de fleurs de soufre ; celui qu’on obtient par la fusion se cristallise de même en le laissant refroidir très-lentement : CCS cristaux sont ordinairement en aiguilles ; et cette forme aiguillée, propre au soufre, se voit dans les pyrites et dans presque tous les minéraux où le feu fixe et l’acide sc trouvent combinés en grande tjuantité avec le métal : il se cristallise aussi en octaèdre, dans les grands soupiraux des volcans.

coiisiclcrablcmciil ; il passe une partie du soufre (pii suiulc au travers les retortes et ipii est fort pur; on le débite pour do lu lienr de soufre; ipnint au reste du soufre, il est reçu dans des récipients remplis d’eau; on enlève ce soufre des récipients , on le porte dans des chaudières de fer, où on le fait foudre alin (pi’il dépose les matières étrangères dont il était mêlé : lorsque les pyrites oiilcté dégagées du soufre qu’elles contenaient, on les jette dans nn las à l’air libre, après (|u’ellcs ont clé c^posécs aux injures de l’air; ces las sont sujets .à s’enllainnier d’euxmêines, après quoi le soufre en est totalement dégagé; mais pour prévenir rinflammalion , on lave ces pyrites calcinées, et l’on en lire du vitriol, qu’elles ne donneraient point si on les avait laissées s’embraser ; après qu’il a été puritié nn le fond de nouveau , on le prend avec des cuillers de fer , et on le verse dans des moules qui lui donnent la forme de bâtons arrondis; c’est ce qu’on appelle aoufre en canons...

Aux environs du mont Vésuve et dans d’autres endroits de l'Italie, où il sc trouve du soufre, on met les terres ipii sont imprégnées de celte subslanec dans des pots de terre, de la forme d’un pain de sucre ou d’un cône fermé par la base , et qui ont une onvcrturc au sommet : on arrange ecs pots dans un grand fourneau destiné à ect usage, en observant de les eoneher liorizonlalcmenl; on donne un feu modéré qui suffise pour faire fondre le soufre, qui découle par l’orificc qui est à la pointe des pots, et qui est reçu dans d’antres pots dans lesquels on a mis de l’eau froide où le soufre se lige.

Après toutes ces purilications, le soufi e renferme encore souvent des substances (jui eu rendraient l’iisagc dangereux, et il faut, pour les séparer de ees snbslanecs, le sublimer. — Encyelopédie, arliele Soufre .. Voyez à peu près les mêmes procédés pour l’extraetion du sooirc des pyrites dans le pays Je Liège. Collection académique , partie étrangère , tome II , page 10; et dans le .lournal de l’Iiysiquc , mai 1781, page .’iliO, i|uelques vues utiles sur celte exploitation en général, et en particulier sur celle que l’on pourrait lairc en Languedoc.

* Le soulie volatil pèse environ cent quariinle-deiix livres le pied cube, cl le soufre en canon cent Ircnto-neuf à eciit quarante livres. Voyez la Fable de M. Brisson.

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Le degré de tlialciir nécessaire pour fondre le soufre ne suffit pas pour l'cnflainmcr ; il faut pour qu’il s’allume porter de la flamme à sa surface; et dès qu’il aura reçu Tiidlammation il continuera de brfder. Sa flamme est légère et hieuàire, et ne peut même communiquer l’inflammation aux autres matières comLiistiblcs, que quand on donne plus d’aclivité à la condjustion du soufre, en augmentant le degré de feu : alors sa flamme devient |)lus lumineuse, plus intense, et peut enflammer les matières sèches et combustibles *. Cette flamme du soufre, qnehpie intense qu’elle piiisse être, n’en est pas moins pure; elle est ardente dans toute sa substance; elle n’est accompagnée d’aucune fumée et ne produit point de suie : mais elle répand une vapeur suffocante qui n’est que celle de l’acide encore combiné avec le feu fixe, et tà laquelle on a donné le nom d’aciVfe sulfureux. Au reste, plus lentement on fait brûler le soufre, plus la vapeur est suffocante, et plus l’acide qu’elle contient devient pénétrant : c’est, comme l’on sait, avec cet acide sulfureux qu’on blanchit les étoffes, les plumes et les autres substances animales **.

L’acide cpie le feu libre emporte ne s’élève avec lui qu’à une certaine hauteur; car dès qu’il est frappé par l’humidité de l’air, qui se combine avec l’acide, le feu est forcé de fuir; il quitte l’acide et s’exhale tout seul : cet acide, dégagé dans la combustion du soufre, est du pur acide vitrioliquc : « Si l’on veut le recueillir au moment que le feu l’aban- * donne, il ne faut que jilacer un chapiteau au-dessus du vase, avec la X précaution de le tenir assez éloigné pour |>eriuct(rc l’action de l’airqui « doit entretenir la combustion, cl de porter dans rintéricur du chapi- « teau, une certaine humidité par la vapeur de rcau chaude; on Irou- « vera dans le récipient, ajusté au bec du cbapitcau, l’acide vitrioliquc, X connu sous le nom lYesprit de vitriol, c’est-à-dire, un acide peu concen- « Iré cl considérablement affaibli par l’eau ***.» On concentre cet acide et on le rend plus pur en le distillant : « L’eau, comme plus volatile, s’élève Il la première et emporte un peu d’acide; plus on réitère la distillalion, Il plus il y a dcdéchct, mais aussi plus l’acide qui reste se concentre ; et ce <1 n’est que par ce moyen qu’on peut lui donner toute sa force et le rendre

* Si l’on ne itonne au soufre que le pelil degré de feu nécessaire pour coinmeneer à le faire brûler, sa flamme bleuâtre ne se voit que dans l’obscnrité, et ne peut pas allumer les corps les plus combustibles. M. lîaumc a fait ainsi brûler tout le soufre qui est dans la poudre à tirer, sans l’enflammer. Dictionnaire de Cbiinie, par BI. Blacqucr, article Soufre.

L’acide sulfureux volatil a la propriété de détruire et de déeompo.scr les couleur.»; il blanchit les laines et les soies; sa vapeur s’attache si fortement à ces soi tcs d’élolTcs, que l’on ne peut plus leur faire prendre de couleur, à moins de les bouillir dans de l'eau de savon ou dans une dissolution d’alcali fi-xc; mais il faut prendre garde de laisser ces étoffes ti'op longtemps exposées à la vapeur du soufre, parce qu’elle pourrait les endommager et les rendre cassantes. Encyclopédie, article Soufre.

Eléments de Chimie, par .M. de Woi veau, tome II, page 22.

« loni à fail pm- *. » Au reste, ou a imaginé depuis peu le moyen d'effectuer dans des vaisseaux clos la coniDusIion du soufre; il suffit pour cela d’v joindre un peu de niire qui fournit lair nécessaire à cette combustion; et d'apres ce principe, on a construit des aj)parcils de vaisseaux clos,’ ])0ur tirer l’esprit de vitriol en grand, sans danger et sans perte : c’est ainsi qu’on y procède actuellement dans plusieurs manulactures**, et spécialement dans la belle fabrique de'sels minéraux, élabliea Javelle, sons le nom et les auspices de monseigneur le comte d’Artois.

L’eau ne dissout point le soufre et ne fait même aucune impression à sa surface ; cependant si l’on verse du soufre, en fusion dans de l’eau , elle SC mêle avec lui, et il reste mou tant qu’on lie le fait pas sécher à l’air : il reprend sa solidité et toute sa sécheresse dès que l’eau dont il s’est humecté par force, et avec laquelle il n'a que peu ou point d'adhérence, est enlevée par l’évaporation.

Voila sur la composition de la substance du soufre et .sur ses priiicijiales propriétés, ce que nos plus habiles chimistes ont reconnu et nous représentent comme choses incontestables et certaines; cependant elles ont besoin d’èire modiliées, et surtout de n’élrepas prises dans un sens absolu, si l'on veut s’approcher de la vérité en se rapprochant des faits réels de la nature. Le soufre, quoique entièrement composé de feu fixe et d'acide, n’eu contient pas moins les quatre éléments, puisque leau, la terre et l’air se trouvent unis dans l’acide vilriolique, et ([ue le feu même ne se fixe que par l’internièdc de l aii .

Le phlogi8ti(|ue n’est pas, comme on 1 assure, une substance simple, identique et toujours la même dans tous les corps , puisque la matière du feu y est toujours unie à celle de l’air, et que sans le concours de ce second élément le feu fixe ne pourrait ni se dégager ni s’enflaninicr. On sail que l’aii- fixe prend souvent la place du feu fixe en s’emparant des matières que celui-ci quille, que l’air est même le seul intermède pai lequel on puisse dégager le feu Qxc, ipii alors devient le phlogistiquc . ainsi le soufre, indépendamment de l'air fixe <iui est entré dans sa com- ])osiliün, SC charge encore de nou\ cl aii‘ dans son état de fusion : cet aii fixe s'unit à l’acide; la \apeur même du soufre fixe l’air et l’absorbe; et enfin le soufre, (luoique contenant le feu fixe en plus grande quantité que foutes les autres substances combustibles, ne peut sVnIlammer comme elles, et continuer à briller que jiar le concours de l’air.

En comparant la combustion du soufre à celle du phosphore, on voit que dans le soufre l'air fixe prend la place du feu fixe à mesure qu i se dégage et s’exhale en namme, et que dans le [ihosphore, cest lair ixe

• Eléincnls de Chimie, par M. de Morveau, tome 11 , page 22.

” C’est à «ouen que l’on a commence i faire de l’imilc de vilriol en grand par le soufre; il s’en fait annuellement dans celte ville et dans les environs quatorze cent milliers : on en fait a Lyon, sans intermède du salpêtre. Note communiquée par M. de Grignon.

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qui se dégage le premier, cl laisse le feu fixe reprendre sa liberté ; cet effet s’opère sans le secours extérieur du feu libre, et par le seul contact de l’air 5 et dans toute matière où il se trouve des acides, l’air s’unit avec eux et se fixe encore jdus aisément que le feu même dans les subsfanccs les plus combustibles.

Dans les explicalions cliimiques, on attribue tous les effets au pblogislique, c’est-à-dire au feu fixe seul, tandis qu’il n’esl jamais seul, et que l'air fixe est très-souvent la cause immédiate ou médiate de l’elïel. Heureusement que dans ces dernières années d’habiles physiciens, ayant suivi les traces du docteur Haies, ont fait entrer cet élément dans l’explication de plusieurs phénomènes, et ont démontré que l’air se fixait en s’unissant à tous les acides; en sorte qu’il contribue presque aussi essentiellement que le feu, non-seulcinent à toute combustion, mais môme à toute calcination, soit à chaud, soit à froid.

J’ai démontré que la combustion et la calcination sont deux effets du même ordre, deux produits des mêmes causes; et lorsque la calcination se fait à froid, comme celle de la cérusc par l’acide de l’air, c’est que cet acide contient lui-mème une assez grande quantité de feu fixe pour pi-oduire une petite combustion intérieure qui s’annonce par la calcination, de la même manière que la combustion intérieure des pyrites humectées se manifeste i)ar l’innammatiou.

On ne doit donc pas supposer avec Sfahl et tous les autres chimistes que le soufre n’est com|)osé que de phlogistiquc et d'acide, à moins qu'ils ne conviennent avec moi que le jddogistique n’est pas une substance simple, mais composée de feu et el’air, tous deux fixes; que de plus ce phlogisti(iue ne peut pas cire identiipie et toujours le même, puisque l’air et le feu s'y trouvent combinés en différentes proportions et dans un étal de fixité plus ou moins constant ; cl de même on ne doit i)as prononcer dans un sens absolu, que le soufre uniquement conqmsé d’acide et de phlogistiquc ne conlient point d’eau, puisque l’acide vilriolique en contient, et qu’il a même avec cet élément assez d’affinité |)Our s’eu saisir avidement.

L’eau, l'air et le feu peuvent également se fixer dans les corps, et l’on sera forcé, pour exposer au vrai leur composition, d’admelire une eau fixe, comme l'on a été obligé d’admettre un air fixe après avoir admis le feu fixe : et de même on sera conduit par des réllcxions fondées et par des observations ultérieures à ne pas regarder l’élément de la terre comme absolument fixe, et on ne concluia pas d’après l’idée que toute terre est fixe, qu’il n’existe i)oint de terre dans le soufre, parce qu’il ne donne ni suie ni résidu après sa combustion : cela i)rouve seulement que la terre du soufre est volatile, comme celle du mercure, de l’arsenic et de plusieurs autres substances.

Rien ne détourne plus de la roule (|u’on doit suivre dans la recherche de la vérité, (pie ces princi|)es secondaires dont ou fait de petits axiomes absolus, par lesquels on donne l’exclusion à tout ce qui n’y est pas compris :

assurer que le soufre ne conlient que le feu lixe et l’acide vitriolique, ce n’est pas en exclure l’eau , l’air et la terre, puis(iue dans la réalité ces trois éléments s’y trouvent comme celui du feu.

Après ces réilexions, qui serviiont de préser\'atif contre l’exlension qu’on pourrait donner à ce que nous avons dit, et à ce tpie nous dirons encore sur la nature du soufre, nous jjoui'rous suivre les travaux de nos savants chimistes, et présenter les découvcrles ((u’ils ont faites sur ses autres propriétés. Us ont trouvé moyen de faire du soufre arlilieiel , semblable au soufre naturel, en combinant l’acide vili-ioli<juc avec le pldogistique ou feu fixe animé j)ar l’air*; ils ont observé que le soufre qui dissout toutes les matières métalliques, à rexeeption de l’or et du zinc**, n’attaque jwint les pierres ni les autres matières terreuses, mais qu’étant uni à l’alcali , il devient, pour ainsi dire, le ilissolvanl général de toutes matières : l’or même ne lui résiste pas *** ; le zinc seul se refuse à toute combinaison avec le foie de soufre.

Les acides n'ont sur le soufre guère plus d’action (|ue l'eau ; mais tous les alcalis fixes ou volatils et les matières calcaires l’allaquent, le

* Pour pioiiver que c’est l’acide vitriolique qui foriiic le soufre avec le plilogistiquc ou feu fixe, il suflil de mettre cet acide dans une cornue , de lui présenter des cliiirboiis noirs , de l’Imile on autre matière que nous savons contenir du plilogisti(pic. ou même de se servir d’uue corTiiie fêlée, par ou il puisse s’introduire i|uelquc portion de la matièi'cdc la llanime; car tous CCS moyens sont également bons; la liqueur qui passera dans le récipient ne sera plus simplement de l’acide, ce sera de l’acide et du feu fixe combines, un vérilalde soufre (pii ne dinürera absolument du soufre solide , que parce qu’il sera rendu miscible à l’eau par riutermcdc de l’air uni à l’acide.

On produit sur-lc-ebamp le même soufre volatil, en portant un cbarbun allumé à la surface

de l’acide Ceci n'est encore qu’un soufre liquide Mais on fuit du soufre solide avec les

mêmes éléments , en prenant du tartre vitriolé qui soit d’acide vitriolique bien pur et d’alcali fixe; on prend deux parties d’alcali fixe, et une partie de poussière dccbarbon; ce mélange donnera en peu de temps, dans un creuset couvert et expose au feu, une masse fondue que l’on pourra couler sur une terre graissée, et cette masse sera rouge , cassante, exhalera une forte odeur désagréable, et c’est ce que l’on nomme foie do suu/re.

Le foie de soufre étant dissoluble dans l’eau de quelque manière qu'on le fasse, si ou dissout celui dont nous venons de donner la préparation , et qu’on verse dans la dissolution un acide quelconque, il s’empare do l’alcali, qui était partie conslituimtc du foie de soufre, et il se preicipilc à l’instant une poudre jaune, qui est un vrai soufre produit par l’art , que l’on peut léduire en massa, cristalliser ou sublimer en fleurs , tout de même (pie le soufie naturel, éléments deebimie, |iarM. de Morvcaii, tome II, page ’ii et suiv.

” Les alliuilés du soufre sont dans l’ordre suivant : les alcalis, le lcr, le cuivre, l’étain, le plomb, l’argent, le bismutb, le régule d’antimoine, le mercure, l’arsenic et le cobalt. Itictiou- •laire de Cliimie, article .Soufre.

Le foie de soufre divise l’or au moyen du sel de tartre ; mais il no l’altère point. Lléments de Cbimic, par M. de Morveau, tome II, page 31). — .Suivant StabI, ce lut au moyen du loio de aoufre que Moïse réduisit eu poudre le Veau d’or , suivant les paridcs de l’Iîxode , cb. 35 , Vers. 20, Tulil vilufuvt ijueia feceranl, et coiiibussil iÿiie, conh ivilque douée iu pulverem redcijitf P^etea spareit iii siiperficioiu uquaruiii) et polavil fUiois Israël. Voyez son traité intitulé : Vitulus aitreus igitu cumbustus.

aerro», tom. iii.

S§4 iliSlOlUl!: iNATLKIit.LK

dissol veiil el le 1*61x10111 dissolublc dans l’eau. On a donné le nom de foie de soufre au compose artificiel du soufre et de l’alcali *; mais ici, comme en tout le reste , notre art se trouve non-seulement devancé , mais surpassé par la nature. Le foie de soufre est en effet l'une de ces combinaisons générales qu’elle a produites et [iroduit même le plus continuellement cl iilus universellement ; car dans tous les lieux où l’acide vilrioliciue se rcnconire avec les détriments des substances organisées, dont la putréfaction développe et fournil à la fois l’alcali et le piilogistique, il se forme du foie de soufre : on en trouve dans tous les cloaques, dans les terres des cimetières et des voieries, au fond des eaux croupies, dans les terres et pierres plâtreuses, etc.; et la formation de ce conq)osé des principes du soufre unis à l’alcali nous offre la production du soufre meme sous un nouveau point de vue.

En effet, la nature le produit non-seulement par le moyen du feu, au sommet des volcans et des autres fournaises souterraines, mais elle en forme incessamment par les effervescences particulières de toutes les malièies qui en conli('nnent les principes. L’humidité est la première cause de cette effervescence; ainsi l’eau contribue, quoique d’une manière moins apparente et plus sourde, plus que le feu peut-être à la production et au développement des principes du soufre ; et ce soufre produit par la ^oie humide, est de la même essence que le soufre produit par le feu des volcans, parce que la cause de leurs pi'oduclions, quoiqm; si différente en apparence, ne laisse pas d'étre au fond la même. C’est toujours le feu qui s’unit à l’acide vilrioliciue, soit jear l’intlammation des matières pyriteuscs, soit par leur effervescence occasionnée par riiumidité; car celte effervescence n’a pour cause (pie le feu renfermé dans l’acide, dont l’action lente et continue équivaut ici à l’action vive cl brusque de la combustion eide rinllammation.

Ainsi le soufre se produit sous nos yeux en une intinitc d’endroits, où jamais les feux souterrains n’ont agi **; et non-seulemcnl nous trouvons ce soufre tout formé partout où se sont décomposés les débris des substances du règne animal et végétal, mais nous sommes forcés d’en reconnaître la présence dans tous les lieux où se manifeste celle du foie de soufre, c’est-à-dire dans une infinité de subslances minérales qui ne portent aucune empreinte de l’action des feux souterrains.

Le foie de soufre répand une odeur très-fétide, et |)ar laquelle on ne peut manquer de le reconnailre; son action n’est pas moins sensible sur une infinité de substances, et seul il fait autant et peut-être plus de

* Le foie de soufre se prépare ordinairement avec l’alcali fixe vcgélal ; mais il se fait aussi avec les acides alcalis. Eléments de Chimie, par M. do îlorvcau, tome II, page 37.

Ou trouve eu Erauchc-Comlé des géodes sulfureuses , (jui coutienneut un soufre tout formé et produit, suivant toute apparence , par l’efflorescence dos pyrites , dans des lieux où elles auront en môme temps éprouvé la chaleur de la putréfaction ou de la fermentation.

j»jiS MIAÉHAUX.

dissolulions, de cliaagemciils et d’alléralioas dans te irgne initierai que tons les acides etiseiiiblc. C’est par ce foie de soufre naturel, c'est-à-dire par le niélauge de la décoinposiüon des pyrites et des matières alcalines que s’opère souvent la minéralisation des niétaii};. 11 se mêle aussi aux substances terreuses et aux pierres calcaires : [ilusieurs de ces substances annoncent, par leur odeur fétide, la présence du foie de soulrej cependant les cliitnistes ignorent encore comment il agit sur elles.

la; foie de soufre ou sa seule vapeur noircit et altère l’argent; il prèci]nle en noir tous les métaux blancs, il agit sur toutes les substances métalliques par la voie humide comme par la voie sèche; lorsipiil est en liqueur et qu’on y plonge des lames d'argent, il les noircit d’abord et les rend bientôt aigres et cassantes; il convertit en un instant le mercure en élbiops *, cl la chaux de plomb en galène il ternit sensiblement l'ètain, il rouille le fer. Mais on u’a pas assez suivi l’ordre de ses combinaisons, soit avec les métaux, soit avec les terres; on sait seulement qu’il attaque le cuivre, et l’on n’a point examiné la composition qui résulte de leur union : on ne connaît pas mieux l’état dans lequel il l'éduit le fer par la voie sèche; on ignore quelle est son action sur les demi-métaux**, et quels })euvcnl être les résultats de son mélange avec les matières calcaires par la voie humide, comme par la voie sèche ; néanmoins ces connaissances que la chimie aurait dù nous donner, seraient nécessaires pour l'econnaîti'e clairement l’action du foie de soûlée dans le sein de la terre, et ses différentes iniluences sur les substances, tant métalliques que terreuses. On connait mieux son action sui’ les substances animales et végétales : il dissout le charbon même pai’ la voie humide, et celte dissolution est de couleur verte.

La nature a de tout temps produit et produit encore tous les jours du foie de soufre par la v oie humide : la seule chaleur de la température de l’air ou de l’intérieur de la terre suffit pour que l’eau se corrompe, surtout l’eau qui se trouve chargée d’acide vitriolique,et cette eau pulréliée produit du vrai foie de soufre : foule autre putréfaction, soit des aiumaux ou des végétaux, donnera de même du foie de soufre dès

’ On a observe que cet élhiops , fait pai' le foie Je soufi’e eu liqueur , devient d’un assez beau rouge au bout de quelques aimées, et que le foie de soufre volatil agit encore plus pioinplement sur le mercure; car te précipité passe au rouge eu trois ou quatre jours, et se cristallise eu aiguilles couiine le cinabre. Eléments de Cbiinie, par M. de Morveau, tome II, pages iO et 41 .

** Le foie de soufre s’unit au plomb parla voie sèr.be... Si l’on lait ebauffer du foie de soufre ®n liqueur , dans Icipiel ou ait mis une ebaux de plomli , elle sc trouve convertie au bout de quelques instants, en uuc sorte de galène artificielle. Idem, ibidem, page 41.

*** Le nickel fondu avec le foie de soufre, forme uuc masse métallique d un jaune verdâtre, qui attire l’humidité de l’air; sa dissulutiou filtrée laisse précipiter des écailles métalliques fiue l’on peut refondre; e’est un mélange de soufre et de nickel ; il ne détonne pas avec le ifitre. Idem, ibidem, pagc4B.

HISTOIKE NATUIIELLE

(lu’clle se trouvera combinée avec les sels vilrioliques. Ainsi le foie de soufre est une matière presque aussi commune que le soufre même; ses eiïets sont aussi plus fréquents, plus nombreux que ceux du soufre, qui ne peut se mêler avec l’eau qu’au moyen de l’alcali, c’est-à-dire en devenant foie de soufre.

Au reste, cette matière se décompose aussi facilement qu’elle se compose, et fout foie de soufre fourniia du soufre en le mêlant avec un acide, (|ui s’emparant des niatièi'es alcalines en séparera le soufre et le laissera précipiter. On a seulement observé que ce soufre |)récipitê par les acides minéraux est blanc, et que celui qui est précipité par les acides végétaux, et particulièrement i)ar l’acide du vinaigre, est d’un jaune l)res(iuc orangé.

On sépare le soufre de toutes les substances métalliques et de toutes les matières pyiâteuscs par la simple torréfaction : l’arsenic et le mei'eiirc sont les seuls qui, clant plus volatils que le soufre, se subliment avec lui, et ne peuvent en être séj)arcs par cette opération qu’il faut moditier, et faire alors en vaisseaux clos avec des précautions particulières,

l/huile parait dissoudre le soufre comme l’eau dissout les sels * : les huiles grasses et par expression agissent plus promptement et plus puissamment que les huiles essentielles, (jui ne peuvent le dissoudreciu’avee le secotirs d’une chaleur assez forte pour le. fondre; et malgré cette aftinité très-apparente de soufre avec les huiles, l’analyse chimique a démontré <|u'il n’y a point d’huile dans la substance du soufre, et que dans aucune huile végétale et animale il n’y a point d’acide viti'ioli(iue ; mais lorsque cet acide se mèie avec les huiles, il forme les bitumes; et comme les charbons de ferre et les bitumes en généi'al sont les principaux aliments des feux souterrains, il est évident qu’étant décomposés par l’embrasement produit par les pyrites, l’acide vitrioliquc des |)yriles et des bitumes s’unit à la substance du fou, et produit le soufre (|ui se sublime, se condense et s’altache au haut de scs fournaises souterraines,

Nous donnons ici nue courte indication des différents lieux de la terre où l’ontrouvedusoufre en plus grande(iuanlité et de i)lu5 bellequalité

* Il en est à pou près de colle dissolutioi) du soufre par les huiles , comme de celle de la plupart des sels dans l’eau; les huiles peuveiil tenir en dissolution une plus grande ipianlilé de soufre à chaud qu’à froid; il arrive de là , qu’après que l’huile a clé suturée de soufre à chaud, il y a une partie de ce soufre (|ui sc sépare de l’huile par le seul rerraidisseiuent, connue cela ariivc à la plupart des sels; et l’aii.dogie est si marquée entre ces deux oITets , que, lorsque le refroidissement des dissolutions de soufre est lent, cet excès de soufre se dissout à l’aide de la chaleur, se cristallise dans l’huile , de même que les sels se cristallisent dans l’eau en pareille circonstance. I.c soufi e n’est point déeoitiposc par runioii qu’il contracte avec les huiles, tant qu’on ne lui fait supporter que le degré de chaleur nécessaire à sa dissolution; car on peut le séparer de l’huile , et on le reirouve pourvu de toutes ses propriétés. Dictionnaire de Chimie, par JI. JIac(|uer, ai liclc Sonire.

" Le passage suivant de l’Iiiic iiiiliqiie qucl(|ues-uiis des lieux d’où les anciens tiraient le

DES lIlNEr.ATJX.

[/[slande csl penl-cMro, la conin'-o de r-.inivers où il y en a le pins*, parce f|ne cette île n’est, pour ainsi dire, qn’nn faisceau de A olcans. Le soufre des volcans de Kamlschalka celui du Jai^on

soufre, et prouve que dès lors le territoire de Xaplos était tout volcanique : « Mira , dit-il ,

« sidphuris iiatnra quo plurîma domaiitur; iiaseitur in insuiis Æoliis inter Sicilîam et Italiann,

« quas ardere diximns: sed noliilissiinum in Mclo insula. In Uaüa qiioquo in^ciiitur, iu Nea- « polîlaiio, Cuinpanoqne agro colliltus qui vocantiir Lfiicogwi. Ilii e cuiiicnlis effossum perfl- « eilur igni. (ienera quatuor ; vivum quod Oræei o7>?/roi/, vocant , naseitur soliduni lioc est,

« gicba... vivniu ciïaditiir traiislucetquo, cl virct. AUcrum genvis appellant gk-hani, rullonum « tantum oüieinis fainiliarc... ctyn/w; vocaUir hoc goniis. Quarto aiilem ad Kilyehniu rnaxitnè » coiilicicnda. » l’iiii. lili. XXXV, csip. îid.

* Aiidi'rsoii assure que le IciTain de l’Isliiiidn est de soufre jusqu’à six pouces de profondeur; cela ne peut être vrai que de (pielqucs endroits; mais il est eerlain (juc le sonire y est génêralciiienl fort ahoiulanl ; car les districts ilo lluscoin et de Krisevig en fournissent ennsiderabloinont , suit sur la pente des montagnes , soit en différents endroits de la plaine; on peut charger dans une heure de temps quatre-vingts chevaux d’un soufre naturel , en supposant chaque charge de cent quatre-vingt-douze livres , ec qui fait quinze mille trois eenl soixante livres. La terre qui couvre ce soufre est stérile , sèche et chaude; elle est composée de sable , de limon et de gravier de dilféreiites eoiilciirs, hiaue, jaune, rouge et bien ; ou connaît les endroits on il y a du soufre par une élévation en dos-d’âne, qui parait sur la terre, et qui a des eri'vasscs dans le milieu, d’où il sort imo chaleur beaucoup plus forte que des autres endroits ; on ne failqu’ôlcr la superlh ie de la terre, rt on Ironve dans le milieu, le soufre en morceaux, pui'. beau et assez ressemblant au surre eanili; il faut le casser pour le *lélaeher du fond; on peut fouiller jusqu’à la profondeur de deux ou trois pieds; mais la chaleur devient alors trop foi'tc. et le travail ti op pciiihle; [ilus on s’écarte du milieu de cette veine , plus les morceaux de soufre dcvieuuent rares et petits jusqu’à ce (pt'ils ne soient jtlns (juc comme du grav ici ; on ramasse ce soufre avec des pelles, et il est d’une (|ualilé un peu iniérioure a I attire; ce it est (|nc dans les nuits claires de l’été que l’on y travaille, la chaleur du soleil incommoderait trop les ouvriers; ils sont même obliges d’cnvclopper leurs souliers de tpiclquos gros morecaux de vieux drap, pour en garantir les semelles qui , sans celle précaution, seraient bientôt brûlées.

Depuis 1722 jusqu’en 1728 , on a tiré une grande quantité de soufre de ces deux endroits ; mais celui qui avait obtenu le privilège pourec commerce étant mort, personne ne l’a eonlimié : tl’ailleurs les Islandais ne se livrent pus volontiers à ces travaux , qui leur ôtent le temps dont ils n’ont pas trop pour leurs pèches. Rxtrnit des Jlcmoircs de Horrebovvs sur l’Islande, dans le Jonrnal etranger, mois d’avril 17îi8, et do ceux d’Anderson, dans la liibliolbèque raisonnée, mois de mars Mil.

” Les moulagiies entre le.squclles coule la rivière d’Osernajo, qui sort du lac de Kurilly, renferincut des inarcassiles cuivreuses, du soufre vierge Iransparcul, do la mine de soufre <lans une terre crayeuse... Vers le milieu du cours de celle rivière sont deux volcans qui étaient encore enflammes en 17^3 ; et vers sa source est une montagne blancbatie coupi e à |)i(, et formée de pierres blanches, semblables à des canots dressés pcrpcndicnlaiicinent a coté les Uns des aulres...

Le soufre vierge se trouve autour de Cainbalinos, à Lopalka et à la montagne de Kronotzkoi, mais en grande quantité, cl la plupart ,'i la baie d’Oliitor, où il suinte tout transparent comme celui de Casan. hors d’un rocher; les morceaux n’ont pas au-dessus de la grosseur d un iioiice : on en trouve partout dans les cailloux près de la mer ; en général, il y en a dans tous les cndruils où il y avait autrefois des sources chaudes. .Journal de Physique, mois de juillet 1781, pages -H) et -il.

Lesoufre vient prnripalement de la province de Satzuma ; on le tired une petite île v'oisine

HISTOIKE NATUUELLE

(le Ceylan*, de Mindanao**, de l’ile Jérun, à l’enfréedu golfe Persique***, et dans les mers occidentales celui du pic de Ténérii'fe ****, de Saint-* Domingne *****, etc., sont ('gaiement connus des voyageurs. 11 sc trouve aussi beaucoup de soufre au Chili ******, et encore plus dans les montagnes du Pérou, commedans presque toutes les montagnes à volcans. Le soufre de Quito et celui de la Guadeloupe passent pour être les pins purs, et l’on en voit des morceaux si beaux et si transparents qu’on les prendrait an premier conp-d’œil pour de bel ambre jaune ***‘^**^^ Celui (jui se numcille sur le Vésuve et sur l’Etna est rarement pur; et il en est de même du soufre que certaines eaux thermales, comme celles d’Aix-la- Chapelle et de plusieurs süurc(;s en Pologne ********, déposent en assez

qui m pi’ociuU une si grande quant, il6 ipi’on l’appelU; Vile du Soufre : il n’y a pas plus de cent, ans qu’on s’esl hasarde) d'y aller... On n’y trouva ni enfer ni diables (comme le peuple le croyait), mais un grand terrain plat qui était tellement couvert de soufre que de quelque côté qu’on marchât, une épaisse fumée sortait de dessous les pieds : deimis ce temps-là cette île rapporte au prince de Salzuina environ vingt caisses d’argent par an, du soufre qu’on y tire de la terre... Le pays de Sinabarra, particulièrement aux environs des bains chauds, produit aussi d’excellent soufre; mais les habitants n’osent jias le tirer de la terre de peur d’offenser le génie tutélaire du lieu. Histoire naturelle cl civile du Japon, par Kœmpfer; La Haye, 1729, tome I, page 92.

* Dans l’ile de Ccylan, il y a du soufre ; mais le roi défend qu’on le tire des mines. Histoire générale des Voyages, tome VIII, page ’ôiO.

Les volcans de l’ile de .Mindanao, l’une des Pbilippilies, donnent beaucoup de soufre, .surtout celui de Sauxil. Idem, tome X, page 399.

**’ Le terrain de l’île nommée jerun, à l’entrée du golfe Persique, est si stérile qu’il ne produit presque que du sel cl du soufre. Histoire générale des Voyages, tome 1, page 98.

Il sort au sud du pic do Ténérill'e, plusieurs ruisseaux de .soufre qui descendent dans la région de la neige ; aussi paraît-elle entremêlée, dans plusieurs endroits, deyeines de soufre Idem, tome H, page 2o0.

*»»»* Dans Pile de Saint-Domingue, on trouve des minières de soufre et de pierres ponces. Idem, tome XII, page 218.

»♦**»* Dans le corrégiment de Copiage, dans les Cordillicres du Chili, à quarante lieues du port, vers l’csl-sud-est, on trouve de.s mines du plus beau soufre du momie, qui se tire pur d’une veine d’environ deu.\ pieds de large. Idejn, tome XHI, page ü l. — Dans les hautes montagnes de la Cordiilièrc, à quarante lieues vers l’est, sont des mines du plus beau souire «jii’on puisse voir : on le tire tout [mr d’une veine d’environ deux pieds de large, sans qu'il ait besoin d’être purifié. Frezicr. Voyagea lu mer du Sud; Paris, 1732, page 128.

soufrière de la Guadeloupe est la montagne la plus élevée de celle île; elle a été autrefois volcan... Elle est encore embrasée dans son intérieur, on y ti-oUve une ai grande quantité de soufre, qui bC sublime par la (dialeur .souterraine en grande abondance, que cet endroit paraît iliépuisable... Le cratère 0 environ vingDcim| toises de diamètre, et il sort de la fumée par les fentes qui Sont au-dessous; dans toute cette étendue, il y a beaucoup de soufre dont l’odeur est suffocante... H y a dans cette soufrière différentes sortes de soufre; il y en a qui ressemble parfaitement à des fleurs de soufre; d’autre se trouve en masses conqiactes, et est d’un beau jaune d’or ; enfin l’on en rencontre des morceaux qui sont d’un jaune tratlspaJ rent comme du succin. Encyclopédie, arlit le Soufre.

jrpfl fontaine snifurense, qui est auprès du .Skioon de .laworow, surla rive droite du

grande quantité : il faut purifiei' tous ces soufres qui sont mélangés de parties liétérogèues, on les faisant fondre et sublimer pour les séparer

de tout ce qu’ils ont d’impur.

Presque tout le soufre qui est dans le commerce vient des volcans, d(‘s solfatares et autres cavernes et grottes qui se trouvent ou se sont trouvées au-dessus des fiuiv souterrains; et ce n’est guère que dans ces lieux (jne le soufre se présente en abondance et tout formé; mais ses principes existent en bien d’aulres endroits; et Ion peut même dire qu’ils sont universellement répandus dans la nature et pi'oduils pai tout où l’acide vitriolique rencontrant les débris des substances organisées, s’est saisi et surchargé de leur feu fixe, et n’attend qu’une dernière action de cet élément pour se dégager des masses terreuses ou métalli- <iues dans lesquelles il se trouve comme enseveli et emprisonné. Cest ainsi que les principes du soufre existent dans les pyrites et que le soufre se forme pai‘ leur combustion; et pai'tout où il y a des i)yritcs pu peut former du soufre ; mais ce n’esl que dans les contrées où les matières combustibles, bois ou charbons de terre, sont abondantes, qu’on trouve quelque bénéfice à tirer le soufre des pyrites *. On ne fait ce travail en

chemin en venant de Ldopold, a ses environs d’im Uif sableux, jaunâtre, semblable a celui des montagnes que l’on passe en venant de Varsovie à Léopold ; le vrai bassin de la fontaine, dit M. G uettard, et qu'elle s’est formée elle-même, peut avoir quatre à cinq pieds de largeur; l’eau sort du milieu... Les plantes, les feuilles, les petits morceaux de bois qui peuveut se trouver dans le bassin ou sur ses bords, sont chargés d’une matière blancbe et sulfureuse, dont on voit aussi beaucoup de üocoiis qui uageut dans l’eau, cl qui vont se déposer sur les bords du petit ruisseau qui sort du bassin... -M. Giieltaid s’est assure par l’expcriencc, que celte source est sulfureuse. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 17ü2, page 312. — t. est parliculiiiremenl dans l’étendue de la Pologne, qui renferme les l'outaiiics salées cl les mines de sel géminé, que se trouvent encore les mines de soufre et les fontaines sullureiiscs. Kïaczynski dit du moins qu’il y a des fontaines sulfureuses près des salines de Hoclinia et de Wielizka. M. Sebober parle d’une fontaine d’une odeur si disgracieuse qu’il ne put se dclerminer à en goûter : l’eau de celle fontaine soi t d’une inoutaguc appelée Zaï ki ou monlanne de Soufre... Son odeur disgracieuse lui vient probablement des parties sulfureuses qu’elle tire de la moulaguede Zarki qui en est remplie; ce soufre est d’un beau jaune et renfermé dans une pierre Ideiifitre caleairc; ou a autrefois e.xploité colle mine ; elle est négligée maintemmt.

On lire du soufre, suivant lUaczynski, des écumes que la rivière appelée Itopa foriue sur ses bords; cette rivière traverse llieez, ville du Palatiuat de Craeovie. llumeune, ville qm appartient à la Hongrie, mais dont un faubourg dépend de la Pologne, a un petit ruisseau qui ïioniic un soufre noir <|Ue l’on rend blniicliàti'c au leu. Ideuu ilddcm, I

♦ Pour eoniiaitre si les pyrites dont on veut tirer le soufre eu coiiticimeul assez pour payer les frais, il faut eu iiiellre deux quiulaiixdans un scoririeatoire pour les griller; api es quoi ou pèsera ces deux quiulaux, et ou verra combien il y aura eu de déchet, cl cette porte est comptée pour la (niantitc de soufre <|a'eile coiilcnnit.

On connaiira eette quantité plus précisément eu dislilbiiit les pyrites dans une cornue ; il faut alors les briser eu petits morceaux ; on ramasse tout le souire qui passe a la distillation dans l’eau qu’on lient dans le récipient; on le fait sécher ensuite, et ou le joint à celui qui demeure altarhé au col de la cornue pour eonuaîti o le poids du total, I raitede la Fonte des mines de ScbluUer, tome L page 2bii.

HISTOIRE NATURELLE

grand qiio dans qnoiquos endroils de rAlleniagne et de la Suède, on les mines de cuivre se préscnient sons la forme de |)}'riles; on es! forcé de les griller ]ilnsienrs fois pour en faire exhaler le soufre que Ton recueille comme le premier produit de ces mines. Le point essentiel de celle partie de rexploilalion de ces mines de cuivre dont on peut voir ci-dessous les procédés en détail *, est d’empêcher riullammalion du soufre

* Il y a (les iileliers coiisli uits exprès à Schwartzenibcrj!; en Saxe, et en lîolièmc dans nn endroit nomiiK! AHen-ÜMtix’.l; on y retire le soufre des pyrites sulfureuses; les fourneaux construits |iour-';da reçoivent des tuyaux de terre dans Iesc|uels on inet ees pyrites; et après que e.cs tuy/ux ont été liien Inics pour que le soufre ne puisse en sortir, on adapte les récipients de fer dans lesquels on a mis un peu d’eau au bec de ces tuyaux qui sortent des fourneaux, et on les lute ensemble ; ensuite on éebaulTe les fourneaux avec du bois, pour faire disl/lor le soufre des pyrites dans l'eau des récipients... On casse les pyrites de la grosseur d'-sne petite noix; ou en fait entrer trois quintaux dans onze tuyaux, de maniiTe qu’il n’y en ; U pas plus dans run ipic dans l’antre; on bouclie ensuite le tuyau du côté le plus ouvert avec des couvercles de terre... Après avoir bien Inté de l’autre côté du fourneau, ces memes tuyaux avec les l■(^cipients... on fait du feu dans le fourneau; mais jicu à peu, alin que les tuyaux ne prennent de ebalcur que ce (ju’il en faut pour faire distiller le soufre... Et au bout d’environ luiit heures de feu, on trouve que le soufre a passé dans les récipients... L’on fait alors sortir les pyrites usées pour en remettre de nouvelles à la même quantité de trois quintaux; l’on ri'pète les mêmes manœuvres que dans la première distillation, et on recommence une troisième opération.

On retire ensuite du vitriol des pyrites usées on bridées. Ces onze tuyaux dans lesquels ou a mis, en trois fois, neuf quintaux de pyrites, rendent, en douze Iieures, depuis cent jusqu’à eent cinquante livre* de soufre cru; et comme on passe chaque semaine environ cent vingtsix quintaux de pyrites par le fourneau, on en retire depuis quatorze jusqu’à dix-sept quintaux, de soufre cru. Traité de la l'onte des mines de Schlutler, tome II, page 251i et suiv. M. Jars, dans scs Voyages métallurgiques, tome III, page 508, ajoute ce qui suit au procédé décrit par Seblutter.

On met dansée fourneau onze tuyaux de terre ipie l’on a auparavant enduits avec de l’argile, et on y introduit par leur plus grande ouverture, trente à Ircnte-einq livres de pyrite réduite en petits morceaux; on les bouche ensuite Iriis-cxaetemcnt, de même que les récipients de forme carrée qu'on remplit d’eau, et qu’on recouvre avec leur couvercle de plomb bien luté : après quatre heures de feu, on ôte. les pyrites et on les jette dans l’eau pour en faire une lessive que l’on fait évaporer pour en obtenir du vitriol; on met de nouvelles pyrites concassées dans les tuyaux, et l’on répète la même opération toutes les quatre heures, et toutes les douze heures, ou ouvre les récipients pour en retirer le soufre ; de sorte que le travail d’une semaine est d’environ cent (piorante quintaux de pyrites, pour lesquels on consomme quatre cordes et demie dubois, ou quinze cent cinquante-trois pieds cubes, y compris celui que l’on brûle pour la purilieation du soufre, comme le dit Schlutler. dette opération se fait dans un fourneau plus petit que celui que décrit cet autour; car il ne peut y entrer que trois eucurbilcs de chaque côté ; elles sont de fer, ayant deux pieds et demi de hauteur, di.x-huit pouces dans leur plus grand diamètre, et une ouverture de sept pouces à laquelle il y a un chapiteau de terre, dont le bec entre dans un récipient de fer, que Seblutter nomme avanl-cnulanl.

Ces cueurbiles se remplissent avec du soufre cru que l'on a relire des pyrites, et en contiennent ensemble sept (|uintaux : pour la conduite de l’opération et la manière d’en obtenir le sonfic et de le mouler, on suit le même procédé (pie Seblutter a d(‘cril. — Dans le haut Hartz, quand le grillage de la mine do plomb tenant argent de Itameisberg a resté au feu pendant

on même temps qu’on détermine son écoulement dans des bassins pour l’y recueillir; cependant il est encore alors impur et mélangé, et ce n’est que du soufre brut, qu’il faut puritiei’ en le séparant des parties terreuses ou métalliques qui lui restenl unies. On procède à cette puriticalion en faisant fondre ce soufre brut dans de grands \ases à un feu modéré; les parties terreuses se pi-écipitent et le soufre pur surnage * :

(juinze jours ou environ, le minerai et le noyau (te vitriol (jui est par dessus, dcvieuuenl Iresgras, c’csl-à-dirc qu’ils paraissent comme enduits d’une espece de vernis; alors il faut faire, dans le dessus du grillage, vingt et vingt-eiinj trous avec une barre de fer, au bout de laquelle il y a un globe de plomb ; on unit ces Irons avec du menu vitriol, et c’est là où le sonlre se rassemble; on l’y puise trois fois par jour, le matin, à midi et le soir pour le jeter dans un seau on l’on a mis un peu d’eau ; ce soufre, tel (pi’il vient des grillages, se nomme soufre cru; on l’envoie aux fabriques do soufre pour le purilier : lorsque les trous dont on vient de parler sont ajustes, on ramasse tout autour la matière du grillage, c’est-à-dire (|u’on ôte le ndneral du bas du grillage, d’un pied ou environ, afin ((iie l'air puisse pénétrer dans ce grillage, et par la chaleur du feu qui l’anime y séparer le soufre; s’il arrive (pie ce soufre reste un peu en airière, on ramasse une seconde fois le grillage pour introduire plus d’air, ce qui se fait jus(pi’à trois fois, l’endant tonte cette mameuvre, il faut bien prendre garde (pic le grillage ne se refende, soit par dessus, soit par les côtés; si cela arrivait, il faudrait boucher b's fentes surle-champ ; car faute de cette [irécantion, il arrive souvent que le grillage se met eu feu, que tout le soufre se brûle et se consume aussi bien que la partie supérieure du noyau de vitriol. Traité de la Ponte des mines, de .Sebintter, tome II, pages 1117 et 108.

Le printemps et l’automne sont les saisons les plus convenables pour rassembler le soufre dans les trous dont on a parlé, surtout quand l’air est sec ; c’est donc selon que l’air est sec ou humide, qu’on peut puiser peu à peu depuis dix jusqu’à vingt quintaux de soufre cm. Idem, ibidem, page 161).

S’il arrive que pendant un beau temps le grillage devienne extrêmement gras d’un côté ou de l’autre, que le soufre perce et traverse le menu vitriol qui en fuit la couverture, on y fait une autre couverture avec du mémo métal, qu’on humecte auparavant d’un peu d’eau, et l’on choisit pour cela les côtés du grillagC(|ui ne sont pas exposés au vent d'est, parce qu’il les siicbe trop; lor.s(pie cette ouverture est fermée, on ouvre et l’on creuse un peu le grillage, d'abord seulement d’un pi(î(l . et l’on mot des planches devant pour en entretenir la chaleur , en empêebant le vent d’y entrer : alors le soufre y dégoutte, et forme différentes figures que l’ou ôte le matin et le .soir... àlais il n’y a point de soufre à es|iérer pendant l’hiver, dans les fortes pluies, quand l’air est trop chaud, etquand le vent d’est souffle un peu fort. Idem, ibidem, page 170.

’ Dans les travaux du bas Hartz , le soufre cru , tel qu'il a d’abord été tiré des pyrites , se porte dans des fabrûjues oii il est purifie... On eu met d abord deux quintaux et denii, tel qu il vient des grillages , dan.s un chaudron de fer encastré dans un lourneau; on le casse en morceaux que l’on met l’un après l’autre dan.s le chaudron, ou on le fond avec un feu doux de bois de sapin : il faut cinq heures pour cette première opéTation , mais la seconde n en exige que trois ou environ. Le vitriol et la mine (pii se trouvent encore dans le soulrc se précipitent par leur poids au fond du cbaiidroii d’où on le retire . après quoi on verse le soufre liipiide dans un vase pour le faire refroidir; s’il contient encore quelque impureté , elle se dépose pendant le refroidissement du soufre, tant au fond que sur les parois du vase ; et si après cette dépuration le soufre parait clair et jaune , on le coule dans des moules de bois , (ju’ou a trempés dans l’eau auparavant, afin que le soufre puisse s’en détacher aisément et se retirer des moules (jui sont en forme de cylindres creux ; c’est ce rpi’on nomme soufre jaune. On jieut le vendre tel qu’il est...

HISTOIRE NATURELLE

alors on le verse Hans des moules ou lingofières dans lesquelles il prend la forme de canons ou de pains, sous laquelle on le conuait dans le commerce; mais ce soufre, quoique d(\jà séparé de la plus grande partie de ses impurelcs, n’est ni transparent ni aussi pur que celui qui se trouve formé en cristaux sur la plupart des \ olcaus. Ce soufre cristallisé doit sa transparence et sa grande ])ureté à la sublimation qui s’en est faite dans ces volcans ; et par la même raison le soufre artificiel le plus pur, ou ce que l’on appelle fleur de soufre, n’est autre chose que du soufre sublimé en vaisseaux clos, et qui se présente en poudre ou fleur trèspure, qui est un amas de petits cristaux aiguillés et très-fin, que l’œil, aidé de la loupe, y distingue.

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