BASES OU SUBSTANCES
qui s'unissent aux acides.
EXEMPLES
pour In classe des vitriols.
EXEMPLES
pris de diverses classes.
Cuivre
Vitriol de cuivre ou vitriol
de Chypre
Lignite de cuivre.
riomli
Vitriol de plomb
phosphate de plomb.
V itriol d’étain
Fnrmialc d’élaiii.
Fer
Vitriol de fer ou conpciosc
Antimoine (au lieu de régule
verte
Sébaste martial.
Vitriol autimouial
fli iil iatcnmmoniacal OU beurre d'antimoiue.
Bismuth
Vitriol do bismuth
Galacle de bismuth.
Zinc • . . . .
Vitriol de zinc ou couperose
Borax de zinc.
blanche
Arsenic
Vitriol d’arsenic
Jlnriate d’arsenic.
Cobalt
Vitriol do cobalt
.Sacchartc do cobalt.
A’irkcl
Vitriol de nickel
Foriniato de nickel.
Jlaiigancse
Vitriol de manganèse ....
Oxaltc de Manganèse.
Esprit-de-vin
Étlier vitriuliqiic
Ellicr ligniquc ou éllicr de (Joettling, etc., ele.
I.cs clix-lulii acides, les vingt-quatre bases et les produits de leur union forineut ainsi quatre cent soixanlc-qnalorze dénoininotions claires et mclliodiqdes , indépendamment des liépars, ou composes à trois parties , dont les noms viennent encore dans ce système, comme licpar de soude, hépar ammoniacal, pyrite d’argent, etc., etc. Voyez le Journal de t’iiysiquc, tome XIX, niai 1782, page 582.
HISTOIRE NATURELLE
par les premiers effcls delà ferineiitalion, l’acide nitreux n’acquiert ses qualités caustiques et corrosives que par celte même fermentation portée au dernier degré, c’est-à-dire à la pulréfaclion : seulement nous devons observer (|ue l’acide animal entre peut-être autant et plus que le végétal dans le nitre; car, comme cel acide subit encore de nou^ elles modifications en passant du végétal à l’animal, et que tous deux se Irouvcnl réunis dans les matières j)u(réfices, ils s’y rassemblent, s'exaltent ensemble, et se combinant avec l’alcali fixe végétal, ils forment le nitre dont l’acide, malgré toutes ces transformations, n’en est pas moins essentiellement le même que l’acide aérien.
Tous les acides tirent donc leur première origine de l’acide aérien, et il me semble qu’on ne pourra guère en douter si l’on pèse toutes les raisons que je viens d’exposer, et auxquelles je n’ajouterai qu’une considération, qui est encore de quelque poids. On conserve tous les acides, même les plus forts et les plus concentrés, dans des flacons ou vaisseaux de verre; ils entameraient toute autre matière ; or, dans les premiers temps, le globe entier n’était qu’une masse de verre, sur laquelle les acides minéraux, s’ils eussent existé, n’auraient pu faire aucune impression, puis(|u’ils n’en font aucune sur notre verre : l’acide aérien au contraire agit sur le verre, et peu à peu l’entame, l’exfolie, le décompose et le réduit en terre; par conséquent cet acide est le premier et le seul qui ail agi sur la masse vitreuse du globe; et comme il était idors aidé d’une forte clialcur, son action en était d’autant plus prompte et plus pénétrante; il a donc i)u, en se mêlant intimement avec la terre vitrifiée, produire l'acide vilriolique qui n’a plus d’action sur cette même terre, parce (ju’il en contient et (|u’ellc lui sert de base : dès lors cet acide, le plus fort elle pluspuissaut de lous,n’cslnéanmoinsni leplus simple de tous ni le premier formé; il est le second dans l’ordre de formation, l’arsenic est le troisième, l’acide marin le quatrième, etc., parce que l’acide primitif aérien n'a d’abord pu saisir que la terre vitrifiée, ensuite la terre métallique *. puis la terre calcaire, etc., à mesure et dans le même ordre (|ue ces maliêi’es se sont établies sur la masse du globe vitrifié : je dis à mesure et dans le même ordre, parce que les matières luétalliques sont tombées les premières de l’almosphère où elles étaient reléguées et étendues en \ apeurs ; elles ont rempli les interstices et les fentes du quart/, et des autres verres primitifs, où l’acide aérien les ayant saisies a produit l’acide arséiiical ; ensuite a])i ès la production et la multiplication des coquillages, les matières calcaires, formées de leurs débris, se sont établies, cl l’acide aérien lesayant pénétrées a produit l’acide marin, et snceessivement les autres acides et les alcalis après la naissance des animaux et des \égétaux; enlin, la production des acides et des alcalis a nécessairement précédé la formation des sels,
' Nota. Les mines spalhicpies et les malaeliitcs contiennent notamment une très-grande ijuantitd d’acide aéi icn.
DES iMIiNEUAUX.
qui tous supposent la combinaison de ces mêmes acides ou alcalis, avec une matière terreuse ou métallique, laquelle leur sert de base et contient toujours une certaine ([uantité d’eau qui entre dans lacrislaliisatioii de tous les sels; en sorte qu'ils sont beaucoup moins simples (jiie les acides ou alcalis, qui seuls sont les principes de leur essence saline.
Ceci était écrit, ainsi que la suite de cette Histoire naturelle des sels, et j’étais sur le point de livrer cette partie de mon ouvrage a 1 impression, lorsque j'ai reçu (au mois de juillet de cette année 1782), delà part de M. le clievalier Marsilio Landriani , de Milan, le troisième volume de ses Opuscules pbysico-cbimiqnes, dans lequel j’ai vu, avec toute satisfaction, que cet illustre et savant physicien a pensé comme moi sur l’acide primitif; il dit expressément : 'tque l’acide universel, « élémentaire, primitif, dans lequel peuvent se résoudre tous les acides <> connus jusqu’à ce jour, est l’acide mephUique; cet acide qui, étant « combiné avec la chaux vive, l’adoucit et la nmtraUse; qui, mêlé avec « les eaux, les rend acidulés et pétillantes ; c'est l’flû' (ixe de Black, le « gaz méphilique de Macquer, VacMe atmosphérique de Bergman. «
M, le chevalier Landriani prouve son assertion par des expériences ingénieuses *; il a pensé avec notre savant académicien, M. Lavoisier,
‘ » Que l’oii prenne une ccrlainc quantité d'acide vilrioliquc , qu’on y mêle une quantité » donnée d’esprit de-vin rectifié , comme pour faire l’éther vilrioliquc; <iu’on en recueille les « produits aériforincs, au moyen de l’appareil pneumatique, on ohlicudra une quantité notable a d’air fixe , de tout point semldable à celui qui se tire de. la pierre calcaire , des substances « alcalines, de celles qui sont en fermentation, etc.; que l’on répète l’cxpéricncc avec d’autres « acides, tels que le marin , le nitreux , et avec les précautioirs nécessaires pour éviter les « explosions et autres accidents , il se développera toujours dans la distillation une quantité « notable d’air fixe.
« J'ai tenté la même expérience avec le même succès, avec l’acide de l’arsenic*, le phospho- « rique , le vinaigre radical; j’ai toujours obtenu une quantité notable d’air fixe , ayant les » mêmes propriétés que celui cpie l’on obtient par les procédés du docteur Priestley , et je ne a doute pas que l'on n’en tirât tout autant de l’acide spalbiquc, de celui du sucre et du larta- « ceux , puisque le sucre seul , décomposé par le feu, donne beaucoup d’air inflammable et » d’air fixe, tel qu’on le tire aussi de l’acide du sucre traité à la manière du célèbre Bergman. . iVoyez l’es Opuscules choisis de Milan , tome 11.) Quant à l’acide tartareux découvert par ^ Bergman , sans prcn.Ire la peine de le combiner avec l’esprit-de vin , ou sait par les expé- « ricnccs de M. Berthollel que la crème de tartre donne une prodigieuse quantité d’air fixe, « et je ne doute pas que l'acide tartareux pur n’en produisit autant.
« A l’extrémité d’un tube de verre ouvert des deux bouts , que l’on adapte avec de la cire « d’Espagne un gros lil-de-fer dont une [lortion entrera dans le tube; l’autre restera dehors et « sera terminée par une petite boule de méUl; que l’on remplisse le tube de mercure, et que “ l’on y introduise une certaine quantité d’air déphlogistiqué , tiré du précipité rouge , et mie
• ta déauuverle de oet acide ar.cical cl due au oélibre Scheete; cet acide .0 tire a,.érac,.l en <t|«nn«nl Je I acide nilreux .„r do l'araenie crial.llin, qui niel à découvert l’ac.de ar.euie.l. Voyee dan. le.Opu.cule. eliol.ie. de Milan, I. II, le iirucédé commode el ..-.r de l’ülu.lro r.b.m.i pour tirer ce nouvel acide; et la di.aertallon de BerRUian qu, lenlerme l'Hii e« qui eut ru suroid m ulf*. Noir de M.do MtTTPaii.
HISTOIRE NATURELLE
que l’air fixe ou l’acide iuéplutl(jue se forme par la combinaison de l’air et du feu, et il conclut par dire : « Il me parait hors de doute : 1° que ti Tair déplilogistiqué , au moment qu’il s’élève des corps capables de le « produire, se change en air fixe, s’il est surpris par le phlogistique Il dans le moment de sa formation j
« 2“ Que comme il résulte des expériences que les acides nitreux, vi- « triolique, marin, phosphorique, arsenical, unis à certaines lerres, Il peuvent se changer en air déphlogistiqué , Iciiuel de son côté peut « aisément se convertir en air lixe; et, comme d’autre part l’acide du Il sucre, celui de crème de tartre, celui du vinaigre, celui des four- « mis, etc., peuvent aussi aisément se convertir en air fixe par le moyen Il de la chaleur, il est assez démontré que tous les acides peuvent être Il conveltis en air fixe, et que cet air fixe est peut-être l’acide univer- 11 sel, comme étant le plus commun et se rencontrant le plus fréquem- II ment dans les diverses productions de la nature. »
Je suis sur tout cela du même avis que M. le chevalier Landriani, et je n’ai d’autre mérite ici que d’avoir reconnu^ d’après mon système général sur la formation du globe , que le plus pur et le plus simple des acides avait dû se former le premier par la combinaison de l’air et du feu, et que par conséquent on devait le regarder comme Tacidc primitif dont tous les autres ont tiré leur origine : mais je n’étais pas en état de démontrer par les faits, comme ce savant physicien vient de le faire, que tous les acides, de quelque espèce qu’ils soient, peuvent être convertis eh cet acide primitif, ce (jui confirme victorieusement mon opinion; car cette conversion des acides doit être réciproque et commune, en sorte que tous les acides ont pu être formés par l’acide aérien, puisque tous ])euvcnt être ramenés à la nature de cet acide.
Il me parait donc plus certain que jamais , tant par ma théorie que par les expériences de M. Landriani, que l’acide aérien, c’est-à-dire l’air
a petite colonne d'eau de chaux, cl que l’on décliarge une grosse lioutcille de Loyde plusieurs Il fois de suite ù travers la colonne d’air, l’eau de chaux prendra de la blancheur . et déposera a sur la shperlicie du mercure une quantité sensible de poudre blanche ; si ou lieu d’eau de a chaux on avait introduit dans le tube de la teinture de tournesol, elle aurait roligi par la « précipitation de l’air fixe que l’air déphlogistiqué lire du précipité rouge ; que l’on substitue ù de l’air déphlogistiqué tiré du turhith minéral qu’on aura bien lavé alin de le dépouiller de U tout' acide surabondant, et que cet air soit phlogistiqué pai’ dns décharges réitérées delà bou- « leillc de Leyde, toujours il s’cngendrcra de l’air fixe. La même produel ion d’air fixe aura a lieu si l’on emploie de l’air déphlogistiqué tiré , ou du précipite couleur de brique , obtenu « par la Solution du sublimé corrosildécomposc avec l’alcali caustique , on de l’air dépblogisi tiqué , tiré des Heurs de zinc , salurées d’acide arsenical , ou du sel mercuriel acéteux , lavé « dans beaucoup d’eau pour le dépouiller de tout acide surabondant, et qui n’aurait point été
0 intimement combiné; en un mol, tout air déphlogistiqué quelconque, obtenu par un acide » quelconque, est en partie convertible en air fixe parles décharges réitérées de la bouteille de
1 Leyde. » Opuscules physico-chimiques de M. le chevalier Landriani; Milan , 1781 , page (12 et Buiv.
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fixe ou fixé par le feu, est vraimeiil l’acide primitif, et le premier principe salin dont tous les autres acides et alcalis tirent leur origine, et cet acide uniquement composé d’air et de feu n a pu lormer les autres substances salines qu’en se combinant avec la terre et 1 eau : aussi tous les autres acides contiennent de la terre et de l’eau; et la quantité de ces deux éléments est [dus grande dans tous les sels que celle de 1 air et du feu ; ils [irennent différentes formes selon les doses respectives des quatre éléments, et selon la nature de la terre qui leur sert de base; et comme la proi)ortion de la quantité des quatre éléments dans les princii)es salins, et la ([ualité differente de la terre qui sert de base à cluuiue sel, peuvent toutes se combiner les unes avec les autres, le nondjre des substances salines est si grand qu’il ne serait guère possible d’en faire une exacte énumération : d’ailleurs , toutes les combinaisons salines faites par l’art de la cliimie ne doivent pas être mises sur le compte de la nature; nos premières considérations doivent donc tomber sur les sels qui se forment naturellement, soit à la surlace, soit à 1 intérieur de la terre : nous les examinerons sé[)aréinent, et les présenterons successivement en commençant par les sels vitrioliques.