‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 31 sur 54 · ACIDE VITRIOLIQUE ET VITRIOLS · texte numérisé non relu

ACIDE VITRIOLIQUE ET VITRIOLS

Cet acide est absolument sans odeur et sans couleur; il ressemble à cet égard parfaitement à l’eau : néanmoins sa substance n'est pas aussi simple ni même, comme le dit Stahl , uniquement composée des seuls éléments de la terre et de l’eau ; il a été formé par l’acide aérien , il en contient une grande quantité, et sa substance est réellement composée d’air et de feu unis à la terre vitrifiable, et à une très-petite quantité d’eau ([U’on lui enlève aisément par la concentration; cai il peid peu a peu sa liquidité par la grande chaleur, et peut prendre une forme concrète *, par la longue application d’un feu violent : mais dès qu’il est

• Quelques ehimisles ont .lonué le nom A'hnih do vitriol ÿlnciale à cet aeule coneenlic au l)oiut d'être sous forme concrète ; à mesure qu’on le concentre, il i.er.l de s.a flmd.le, il file et parait gras au loucher comme l’huile; on l’a par cette raison nommée A,„7r de oi/no/ inais très-improprement ; car il n’a aucun caractère spécillque des huiles , ni riutlammahilite. Le toucher gras de ce liquide semble provenir , comme celui du mercure , du grand rapprochement de ses parties, et c’est eu effet , après le mercure , le liquide le plus dense qui nous soit connu; aussi , lorsqu’il est soumis à la violente action du feu , il prend une chaleur beaucoup plus grande que l’eau et que tout autre liquide , et comme il est peu volatil et point iiiflam niable, il a l’apparence d’un corps solide pénétre de feu et presque eu incandescence.

HISTOIRE NATURELLE

.iriG

concenlrô, ii aüirc puissaïuiiicnt l’iiuinidilé de l’air, cl par l’addition de celle eau, il acquiert plus de volume j il perd eu même temps quelque chose de sou activité saline : ainsi l’eau ne réside dans cet acide épuré qu’en Irès-iiclile quantité, et il n’y a de terre qu’aulant (|u’il en faut pour servir de hase à l’air el au feu, qui sont fortement et intimement unis à celte terre vitritiable.

Au reste, cet acide et les autres acides minéraux ne se trouvent pas dans la nature seuls et dégagés, et on ne peut les obtenir qu’en les tirant des substances a^ ec lesquelles ils se sont combinés, et des corps qui les contiennenl. C’est en décomimsanl les pyrites, les vitriols, le soufre, l’alun et les bitumes (pi’on obtient l’acide vitriolique * : toutes ces

* Ce n’est pas que la nature no puisse faire dans scs laboratoires tout ce qui s’opère dans les nôtres; si la vapeur du soufre en combustion se trouve renfermée sous des voûtes de cavernes, l’acide sulfureux s’y condensera en acide vitriolique. Ht. Joseph Baldassari nous offre même à ce sujet une très-belle observation : ce savant a trouvé dans unegrotte du territoire de Sienne, au milieu d’une masse d’incrustaticji déposée par les eaux thermales des bains de .Saint-Philippe, • un véritable acide vitriolique, pur, naturellement concret, et sans aucun mélange de Il substances élrangères... Cctie grotte est située dans une petite montagne, sur la pente d’une » montagne plus haute, qui paraît avoir clé un ancien volcan... Le fond de cette grotte et ses Il parois jusqu’à la hauteur d’environ une brasse et demie , dit 51. lîaldassari , sont entièreu ment recouverts d’une belle croûte jaune de soufre en petits cristaux , et tous les corps Il étrangers, transportés par le vent ou par quelque autre cause dans le fond de cette caverne, U y sont enduits d’une couche de soufre plus ou moins épaisse , suivant le temps qu’ils y ont ■1 séjourné.

Il Au-dessus de cette zone de soufre , le reste des parois et la voûte de la grotte .sont tapisu secs d’une innombrable quantité de concrétions groupées , recouvertes d’efllorcsccnccs qui « laissent sur la langue l’impression d’une saveur acide , mais d’un acide parfaitement sem- II hlablc à celui ipi’on relire du vitriol par la distillation , cl ii’ont rien de ce goût austère et

O astringent des vitriols et île l’alun Le fond de la grotte exhale une vapeur chaude, qui

Il répand une forte odeur de soufre, cl s’élève à la même hauteur que la bande soufrée, c’est-à- II dire à une brasse et demie... 5Iais celle vapeur ne s’élève que par le vent du midi...

Il Un mit dans la masse des incruslalions une grande feule qui a plus de trente brasses de O profondeur, et dont les parois dans la partie basse .sont recouvertes de soufre , et dans la a haute, des memes efflorescences salines que celles dont on vient de parler...

Il La vapeur du fond de la grotlc est une émanation de ce que les chimistes appellent acide 1» mifureux volatil... L’odcui' en est très-forte et suffocante; aussi trouvai-je beaucoup d’in- « sectes morts dans cette grotte, cl l'un de mes compagnons ayant, en se baissant, plongé sa a tête dans l’atmosphère infecte , fut obligé de la relever promptement pour éviter la suft'ocau lion.

Il Cet acide sulfureux volatil détruisit les couleurs du papier bleu que je jetai par terre, il « devint cendré; un morceau de soie cramoisie fut aussi pareillement décoloré, et tout ce que Il nous avions d’argent sur nous, comme boucles, etc., devint noir avec quelques taches Il jaunes...

U Cette vapeur forme un soufre sur le fond des parois de la grotte... Et après la formalion I, de ce soufre, une portion de l’acide vitriolique excédante rencontre et regagne les parois et « la voûte de la grotlc, c’est-à-dire les incrustations qui y sont attachées ; l’acide s’y attache

DES MlNEHAl^X.

nialières en sont plus ou moins imprégnées ; toutes peuventanssi lui servir (le base; et il forme avec elles aillant de différents sels, desquels on le retire toujours sous la même forme et sans altération.

On a donné le nom de vüviol a trois sels métalli(|ues, formés jiar runion de l’acide vitriolique avec le 1er, le cuivre et le zinc; mais on pourrait, sans abuser du nom, l'étendre à tonies les substances dans lesquelles la présence de l’acide vitriolique se manifeste dune maniéré sensible. Le vitriol du fer est vert, celui du cuivre est bleu, et celui du zinc est blanc : tous trois se trouvent dans le sein de la terre, mais en petite quantité, et il parait que ce sont les seules matières mélalliques que la nature ait combinées a\ec cet acide; et quand même on serait parvenu par notre art à faire d’autres liti'iols métalliques, nous ne devons pas les mettre au nombre des substances naturelles, puisciuoii ''f* jamais trouvé de vitriols d’or, d’argent, de plomb, d’étain, ni d’antimoine, de bismuth, de cobalt, etc., dans aucun lieu, soit à la surface, soit a l’intérieur de la terre.

Le vitriol vert ou le vilriol ferrugineux, appelé vulgairement couperose, se présente dans toutes les mines de fer où l’eau chargée d’acide vilrioli(iue a pu pénétrer. C’est sous les glaises ou les plâtres que gisent ordinairement ces mines de vitriol, parce que les terres argileuses et plâtreuses sont imprégnées de cet acide qui, se mêlant avec Icau des sources souterraines, ou même avec l’eau des pluies, descend par stillation sur la matière ferrugineuse, et se combinant avec elle forme ce vitriol vert qui se trouve, lantiît en masses assez informes, auxquelles on donne le nom de pierres atraiiientaires *, et lanliU en stalactites plus ou moins opaques, et quehjuefois cristallisées. La tonne de ces cristaux vitrioliques est rhomboidale, et assez semblable à celle des cristaux du spath calcaire. C’est donc dans les mines de fer, de seconde et de troisième formation, abreuvées par les eaux qui découlent des matières argileuses et plâtreuses, qu’on rencontre ce vitriol natif, dont la formation suppose non-seulement la décomposition de la matière ferrugineuse, mais encore le mélange de l’acichï en assez grande (|uanlilé. Toute matière ferrugineuse imprégnée de cet acide donnera du vilriol : aussi le

■* sous I» forme d’eraorcsccncc, ou de fdels qui sont de véritable aride vitriolique pur, concret « et exempt de toute combinaison. »

M. Baldassari a obscrvti depuis de semblaldcs enioresreiices sulfureuses et vitrioliques à Saint-.\lbino , dans le voisinage de Jlonte-Puleiano et aux lacs de Travale , où il a liouvc des brandies d’arbres couvertes de concrétions de soufre et de vitriol. Journal de Physique; mai 1776, page 397 et suiv.

* Parce qu’elles servent, comme le vilriol lui-même, à com[>oser les diverses sortes de teintures noires ou d’encres , atramenlum ; c’est l’ctymologie que Pline nous en donne lui-même : dilneiido, dit-il, en parlant du vilriol, /?/ idramenlitm UngendU cnriis, mule atramenti eutorii nonien. Liv. XXXIV, cliap. xii.

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tirc-t-on des pyrites martiales en les décomposant par la calcination ou par l’humidité.

Cette pyrite, qui n’a aucune saveur dans son état naturel, se décompose lorsqu’elle est exposée longtemps à riiumidité de l’air, en une poudre saline, acerbe etslypliquc; en lessivant celte poudre pyritense, on en retire du vitriol par l’évaporation et le refroidissement. Lorsqu’on veut en obtenir en grande quantité, on entasse ces pyrites les unes sur les autres, il deux ou trois pieds d’épaisseur, on les laisse exposées aux impressions de l'air pendant trois ou quatre ans, etjusqu’à ce qu’elles se soient réduites en poudre ; on les remue deux fois par an pour accélérer celte décomposition ! on recueille l’eau de la pluie qui les lessive pendant ce temps, et on la conduit dans des chaudières où l’on place des ferrailles qui s’y dissolvent en partie par l’excès de l’acide ; on fait ensuite évaporer celte eau, et le vitriol se présente en cristaux

* Dans te grand nombre de faliriques de vitriol de fer, celle de Newcastle en Angleterre est remarquable par la grande pureté du vitriol qui s’y produit : nous empruntons de St. Jars ta description de cette fabrique de Newcastle, a Les pyrites martiales , dit-il , que l’on trouve • très-fréquemment dans les mines de charbon que l’on exploite aux environs de la ville de O Newcastle, joint à la propriété qu’elles ont de tomber aisément en efflorescence, ont donné « lieu à rétablissement de plusieurs fabriques de vitriol ou couperose.

» Telles qu’elles sont extraites des mines, elles sont vendues à des compagnies qui les paient « à raison de huit livres sterling les vingt tonnes (vingt quintaux la loinic), rendues aux fau briques qui, pour la commodité du transport, sont placées au bord d’une rivière sur le pen- « chant de la montagne; au-dessus , on a forme plusieurs emplacements pour y recevoir la a pyrite, lesquels ont à la vérité la memo ineliiiaisoii que lu montagne, mais dont ou a regagné « le niveau avec des murs construits sur le devant et sur les côtés , de même que si l’on eût « voulu y pratiquer dos réservoirs ; le sol, dont la forme est un plan incliné, est battu avec de <c la bonne argile capable de retenir l’eau ; et dans les emlroits où ces plans se réunissent, il y 1. a des canaux qui communiiiuent ù un autre principal placé le long du mur de devant.

ti C'est sur cc sol que l’oii met et que l’on étend la pyrite jmiir y être décomposée , soit par « l’humidité répandue dans l'atmosphère, soit par l’eau des pluies qui, en Gllrunt à travers, se « charge de vitriol avant que d’arriver dans les canaux, et de ceu.\-ei se rend dans deux grands U réservoirs d’où on l’élève ensuite pour la mettre dans les chaudières...

« Ayant mis dons le fond de la chaudière de la veille ferraille que l’on arrange le long des « côtés latéraux, et jamais dans le milieu où le feu a trop d’action , on la remplit avec de l’ean <1 des réservoirs, et partie avec des eaux-mères, ayant soin de la tenir toujours pleine pendant « l’ébullilion jusqu’à cc qu’il se forme une pellicule. La durée d’une évaporation varie suivant Il le degré de force que l’eau a acquis; trois à quatre jours suffisent quelquefois pour coilcen- « trer celle d’une pleine chaudière ; d’autres fois elle exige une .semaine entière : après ce temps Il oh transvase celte eau dans une des caisses de cristallisation, où elle reste plus ou moins d* Il temps, suivant le degré de chaleur dcralmo.sphùrc.

« Chaque chaudière produit communément quatre tonnes, ou quatre-vingts quintaux de « vitriol, indépendamment de celui c|ui est contenu dans les eaux-mères; il se vend aux « Hollandais à raison de quatre livres sterling la tonne : si on l’établit à un si bas prix, il faut « observer que l’on n’a eü, pour ainsi dire, que les premières dépenses de rétablissement à <1 faire, puisque cette pyrite n’a pas besoin d’etre calcinée, et que les seuls frais sont ceux de « l’évapoialion, (|in sont d’un mince objet dans un pays où le charhon est à très-bas prix :

DES MfNÉUAUX.

On peut aussi tirer le vitriol des pyrites par le moyen du feu qui dégage sous la forme de soufre Une partie de l’acide et du feu fixe qu’elles contiennent on lessive ensuite la matière qui reste après cette extraction du soufre, et pour charger d’acide l’eau de ce résidu, on la fait passer sticcessivement süi‘ daiilces résidus également dessovfrés, après quoi on l’évapore dans des chaudières de plomb. La matière pyriteuse n’est pas épuisée de vitriol par cette première opération; on la reprend pour l’étendre à l’air, et au bout de dix-huit mois ou deux ans, elle fournit, par une scmblilblc lessive, de nouveau vitriol.

Il y a dans quelques endroits des terres qui sont assez mêlées de pyrites décomposées pour donner du vitriol par une seule lessive. Au reste on ne se sert que de chaudières de plomb pour la fabrication du vitriol, ])arce que l’acide rongerait le fci‘ et le cuivre. Pour reconnaître si la lessive vitriolique est assez chargée, il faut se servir d’un pèse-liqueur-, dès que cet instrument indiquera que la lessive contient viiigt-huit onces de vitriol, on pouria la faire évaporer pour obtenir ce sel en cristaux. Il faut environ quinze jours pour opérer cette cristallisation, et l’on a observé qu’elle réussit beaucoup mieux pendant l’hiver qu’en été

.1 d’ailleurs ce vitriol est de la meilleure qualité, puisqu’il n’est compose que du fer et de « l’aeide Vitriolique ; il u’eil est pas de thème de celui que l’on falirique commiincment eu » Allemagne cl en France avec des pyrites extrailcs d’un filon, qui contiennent presque tou- « jours du cuivre bu du ïiilc, dont il est comme impossible do le priver entièrciucilt, surtout « avec bénéfice. » Voyages métallurgiques, tome IIl, page 3l6 et suiv.

’ Voyez les procédés de cette extraction, sous l’article du Soufre.

*“ Le vitriol martial d’Angleterre est en cristaux de couleur verte brune, d’un goût doux, astringent, approchant de celui du vitriol blanc. Le vitriol dans lequel il y a une surabondance de fer est d’un beau vert pur; c’est celui dont on se sert pour ropération do l’huile de vitriol : celui d’.Vllemagno est eu cristaux d’un vert bleuâtre, assez beaux, d’un goût âcre et astringent ; ils participent non-seulement du fer, mais encore d’une portion de cuivre : cette espece convient fort à l’opération de l’eau-forte.

Le vitriol vert se tiré encore d’nne autre matière que des pyrites ; dans les mines de cuivre où l’on exploite le cuivre, le fond des galeries est fonjours abreuvé d’une eau provenant de la condensation des vapeurs qui régnent dans ces raines; quelquefois même il sort, par quelques ouvertures naturellement pratiquées dans le bas de ces mines, une liqueur minérale Irèsblcuâtre, ou légèrement verdâtre; c’est le vilrhlnm fert-emi cupmm af,uh Ou

adapte à l’orifice de cetlc issue un tuyau de bois qui conduit la liqueur dans une cilcriie remplie de vieille ferraille : la partie cuivreuse eti dissolution, qui donnait au mélange une couleur bleue, fait divorce et se dépose en forme d’uiie boue roussâtre sur les morceaux de fer, qui ont plus d’üftiuité avec l’acide vilrioli(iue que n’en a le cuivre; alors la litpieuiqdc bleuâtre qu’elle était, pour la plus grande partie, sc change eu une belle couleur verte, sioqdc et martiale ; on lu décante dans une autre citerne, dont le niveau est pi ntique i la base de la précédente: on y plonge de nouveau un morceau de fer, lequel, s’il ne rougit pas ni ne sc dissout point, fournit une preuve eousiantc que l’eau ne participe que d’un Ier pur, et qii elle en est suffisamment cbargée; alors DU procède à l’évaporalion et à la crislallisatioii ; celle-ci sc fait eu porlanl la liqueur i bande, soit dans différents tmmeanx de bois de chêne oU de sapin, lesquels

HISTOIRE NATURELLE

ÎStiÔ

Nous avons en France quelques mines de vilriol naturel : « On en « exploite, dit M, de Gensanne, une au lieu de la Fonds près Saint- « Julien-dc-Valgogne; le travail y est conduit avec la plus grande intel- « ligence : le minéral y est riche et en grande abondance, et le vitriol « qu’on y fabrique est certainement de la première qualité *. '■ Il doit se trouver de semblables mines dans tous les endroits où la terre limoneuse et ferrugineuse se trouve mêlée d’une grande quantité de pyrites décomposées

Il se produit aussi du vitriol par les eaux sulfureuses qui découlent des volcans ou des solfalares : « La formation de ce vitriol, dit M. l'abbé Il Mazéas, s’opère de trois façons ; la première, par les vapeurs qui Il s’élèvent des solfatares et des ruisseaux sulfureux : ces vapeurs, en « retombant sur les terres ferrugineuses, les recouvrent peu à peu « d’une efflorescence de vitriol... La seconde se fait par la filtration des « vapeurs à travers les terres : ces sortes de mines fournissent beau- ■1 coup plus de vilriol que les i)remièrcs; elles se trouvent communé- <1 ment sur le penchant des montagnes qui contiennent des mines de « fer, et qui ont des sources d’eaux sulfureuses. La troisième manière Il est loi sque la terre fei rugineuse contient beaucoup de soufre : on « s’aperçoit, dès qu’il a plu, d’une chaleur sur la surface de la terre <1 causée par une ferincnlalion intestine... Il se forme du vitriol en plus IC ou moins grande (|uanlité dans ces terres***. «

Le vitriol bleu, dont la base est le cuivre, sc forme comme le vitriol de fer; on ne le trouve (jue dans les mines secondaires où le cuivre est déjà décomi)osé, et dont les terres sont abreuvées d’une eau chargée d’acide vitriolique. Ce viti-iol cuivreux se présente aussi en masses ou en stalactites, mais rarement cristallisées, et les cristaux sont plus souvent dodécaèdres qu’hexaèdres ou rhomboïdaux. On peut tirer ce vitriol des pyrites cuivreuses et des autres minerais de ce métal qui sont presque tous dans l’état pyriteux ****.

sont garnis d’un bon nombre de brandies de bois fourchues, longues de quinze pouces, et différemment enlre-eroisées, soit dons des fosses ou des auges garnies de planches, dans lesquelles on suspend des morceaux de bois ijiii ressemblent à des herses, étant hérisses de plus de cinquante chevilles ou pointes ; c’est ainsi qu’en mulliplianl les surfaces .sur lesquelles le vitriol s’attache et se cristallise, l’on accélère la cristallisation et sa régularité. Jlinéralogie de Val mont de Bomare, tome 1, page 30.".

* Histoire Naturelle du Languedoc, tome I, p.agc 17().

** Avant de quitter Gazalla (en Espagne), je fus voir une mine de vitriol qui est à une demilieue, dans le rocher d’une montagne appelée les Chalttigniers... La pierre est pyritciise et ferrugineuse, et l’on y voit des (leurs et des taches profondes de jaune verdâtre, et une sorte de farine. Bowlcs, Hisloirc naturelle d’Espagne.

Mémoires sur les Solfalares des environs de Borne, tome V des Mémoires des Savants étrangers, page 519.

On ne peut tirer le vilriol bleu que de la véritable mine de cuivre ou de la matte crue qui en provient; plus la mine de cuivre est pure, plus elle contient de cuivre, plus le vitriol

DES MliNEHAUX.

oül

On peut aussi employer des débris ou rognures de cuivre avec l’alun I)our faire ce vitriol. Ou commence par jeter sur ces morceaux de cuivre du soufre pulvérisé; on les met ensemble dans un four, et on les plonge ensuite dans une eau où l’on a fait dissoudre de l’alun : l’acide de l’alun ronge et détruit les morceaux de cuivre ; on transvase cette eau dans des baquets de plomb lors(|u’ellc est sulfisammcut chargée, cl en la faisant évaporer on obtient le vitriol qui se forme en beaux cristaux bleus *. C’est de celte apparence cristalline ou vitreuse que le nom même de vitriol est dérivé

Le vitriol de zinc est blanc et se trouve aussi en masses et en slalaclites dans les minières de pierre calaminaire ou dans les blendes; il ne se présente (jue très-rarement en cristaux à facettes ; sa cristallisation la plus ordinaire dans le sein de la terre est en filets soy'eux et blancs ***.

csl d’un Ije.ni lileu ; cependant il y a moins de bénéfice à convertir le enivre en vitriol que de le convertir en métal, attendu qu’on ne le tire pas tout d’une mine par la lessive, et qu’il en coûterait beaticoui) trop pour retirer ce reste de cuivro par la fonte.

Lor.squ’on veut faire du vitriol bleu d’une mine de cuivre, il faut la griller ou griller sa inaltc... On met eetle mine toute chaude dans des cuves qu’on ne remplit qu’à moitié; ou bien si on l’a laissée refroidir après le grillage , il faut que l’eau qu’on verse do.ssus soit bouillante , ce qui csl encore mieux, surtout dans les endroits ou, comme a Goslar, il j a dans 1 uteliei une chaudière c,\près pour faire chaulTer l’eau : la lessive du vitriol bleu .se fait comme celle du vitriol vert; et si pendant vingt-quatre heures elle ne s’enrichit pas asseü et ne contient pas au moins dix onces de vitriol , on peut la laisser séjourner pendant quarnnlc-buit heures , ou bien verser celte lessive sur d’autre mine calcinée , afin d’en faire une lesstve double ; après que la lessive a séjotirné le temps nécessaire sur la mine, on la transporte dans d autres cures, pour qu'elle puisse s'y clarifier; ensuite ou tire la mine qui a été lessivée cl on la grille de nouveau, ou pour la fondre, ou pour en faire une seconde lessive.

Les eaux-mères qui restent après la cristallisation du vitriol se remettent dans la chandière avec lie la lessive neuve , comme dans la fabrication du vitriol vert ; on vcr.se dans une cuve à rafraîchir les lessives cuites, et après qu’elles y ont déposé leur limon, on la transvase dans des cuves à cristalliser , et l’on y suspend des roseaux ou des éelialas de bois , après lesquels le vitriol se cristallise. Traité de la Fonte des mines de Sehlntter, tome 11, pages C.iS et 039.

* Pline a parfaitement connu cette formation des cristaux du vitriol, et même il en décrit le procédé mécanique avec autant d’élégance ijuc de clarté ; t'il in llh,ianiœ puloU , dit-il , id ÿcnus aq,m: hahentiba^... Occoqnitur... d in piVîims ligneas fundllw. Immobilibu. super bm transtrh dépendent resles , quibus adha-rescens limm, vilreis ucinü imagine, n quandum urne reddil. Colur, eœruUas pcrqnam speclabili nilci’e , vitrwnqtie credilur. Histoire Naturelle; liv. XXXIV, cbap. xii.

Les Grecs, qui apparemment connaissaient mieux le vitriol de enivre que ei

celui de fer,

qui désignait son alllnitéavec co premier métal; c’est la remarque notnine feecrnnl,^, appellantes chnlcnnlliumij liv, XX\1\ ,

avaient donné à ce scl un nom i de IMine : Gravi vognaUonein i cbap. XII.

La base du vitriol blanc est le zinc; on l’a souvent nommé vitriol, de Goslard, parce qu’on le tire des mines de plomb et d’argent de Kammeisberg, lu ès de Goslard ; on leur lait subir un premier grillage par leipiel on retire du soufre , et pour obtcinr le vitriol blanc on luit les mêmes opérations que pour le vitriol vert. Ce vitriol blanc se labriipte toujours en etc : il faut

llISTDIliE K4TlIi;ELLE

Ou peut ajoiitci' à CCS (rois A'ili'iols inélalliques, qui Ions Irojs se Irouveut dans rinténonr de la lcrre, une substance grasse à laquelle on a donne Ip nom de beurre fossile, et qui suinte dps schistes alumineux : c’est une vraie stalactite vilrioliijue ferrngineuse, qiij contient plus d’acide qu’aucun des autres vitriols mélalliqucs; et par cette raison M. le baron de Dielrich a cru pouvoir avancer que ce beurre fossile n’pst (pie de l’acide vitriolique concret *. Mais si l’on fait altention iiue cet acide ne prend une forme concrète qu’après une Irés-foi te concenli'alion et |)ar la continuité d’un feu violent, et qu’au contraire ce beurre vilrioli(tue se forme, connue les autres stalactites, par rinlermède de l’eau, il me semble qu’on ne doit pas hésiter à le rapporter aux A’itriols que la nature produit par la voie humide.

que la lessiva soit chargée de quinze ou dix-scpl onces de vitriol avant de la mettre dans des cuves où elle doit déposer son limon jaune ; car s’il en restait dans la lessive lorsqu’on la verse dans la cliaudièrc jiour la faire liouillir , le vitriol , au lien d’étre hlanc , se cristalliserait rougeâtre... L’cbullition do la lessive du vilriol blanc doit être eontinuce plu.s longtemps que celle du vitriol vert... I.orsquc la lessive est snirisaimnont évaporée , on la transvase dans la cuyo à rafi aîcbir, et de là dans des cuviers de cristallisation où l’on arrange des lattps et des ( oscau.x; elle y reste quinze jours , après quoi on retire le vitriol blanc pour le mettre dans la caisse à égoutter , puis on le calcine et on l'enferme dans des barils. Traité de la Fonte des mines de Seblutter, tome II, page (130. Nnla. Wallerius, suivant la remanpie de AI. Valniont de Bomarc (Sliuériilojjie, tome 1 , page 307), observe que le vitriol de zinc, indépendamment de ce demimétal, paraît contenir aussi dn fer, du cuivre, et meme du plomb ; cela peut être en le considérant dans un état d’impureté et de mélange, mais il n’en est pas moins vrai que le zinc est sa base.

* SI. le baron de Dietrieb dit (note 34) que çc minéral est décrit par SI. Pallas, sons le nom de kamennjn tnashi; en allemand , slcin biUlm , c’est-à-dire beurre fosnile : » Ce n’est, dit « .SI. (le Dietrieb, antre chose qu’un acide vitriolique chargé de quelques parties rcrrugincusos (I et de bcuucou|) de matières terreuses et grasses... On en tire d’un schiste alumineux fort dur « et brun à Williebsten , sur la rive droite de l’.Vf : il suinte des fentes des rochers et des

grottes formétîs dans ces schistes, sous la forme d’une matièi’e grasse d’un blanc jaunâtre, Il qui se durcit un peu en la faisant sécher. Lorsqu’on examine avec attention les eiidj oils les U plus propres de ces grottes, on le découvre sotis la forme d’aiguilles fines ; c’est , selon toute » apparence, de l’acide vitriolique concret natif, comme celui (pii a été découvert par le docteur O Balthasar, en Toscane : dès que le temps est humide, cette matière suinte avec bien plus a d’abondance hors des rochers.

0 11 y a un schiste argileux vitriolique sur la rivière de Tomsk , près de la ville de ce nom, « dont on extrait du vitriol impur jaune , qu’on vend mal à propos à Tomsk pour du beurre a fossile. C’est à Kranosjark qu’on trouve le vérit.able beurre fossile en grande abondance et à O bon marché; on Ty apporte des bords du fieuve .lencseï et de ceux du lleuve Mana , où ou le •« trouve dans les crevasses et cavités d’un sebiste alumineux noir , à la surface duquel il est U .attaché sous la forme d’une croûte épaisse et raboteuse; il y en a aussi en aiguilh^s; il est en « général très-blanc, léger; et lorsqu’on le brûle à la llanunc, qui le Iniuéfic facilement, et « qu’on le fait bouillir, il s’en éliivc dos vapeurs vitrioliepics roiigc.s, et le résidu est une terre « légère très-blanche et savonneuse. On trouve la meme matière dans un schiste alumineux a brun, sur le rivage de Chilok, près du village de Pai kina; le peuple se sert de cette matière a en guise de remède |)our aii'êtcr les diarrlnies et dyssontcrics , les perles des femmes en

Après CCS vitriols à Dîisc métallique, ou doit placer les \ ilriols à Rase terreuse qui, pris géuéraleineut, peuvent se réduire à deux : le preuuer est l’alun dont la terre est argileuse ou vitreuse; et le second est le gypse que les cliiiuistes ont appelé sélétute, et dont la base est une terre calcaire. Toutes les argiles sont imprégnées d’acide vitriolique, et les terres qu’on appelle alumineuses ne difl’èrcnt des argiles communes qu en ce qu’elles coatieunenl une plus grande quantité de cet acide : lalun v est toujours eu parliculcs éparses, et c’est très-rarement qu il se présente eu filets cristallisés; on le tire aisément de toutes les terres et pierres argileuses en les faisant calciner et ensuite lessiver à 1 eau.

Le gypse, qu’on j)eut regarder comme un vitriol calcaire, se présente en stalactites et en grands morceaux cristallisés dans toutes les carrières de pl<âtre.

Mais, lorsque la quantité de lcri’c contenue dans l’argile et dans le plâtre est très-grande en comparaison de celle de l’acide, il perd en quelque sorte sa i)ropriété la plus distinctive; il n’csl plus corrosif, il n est pas même sapidc : car l’argile et le plâtre n’affectent pas plus nos organes qxie tonte autre malière; et sous ce point de vue, on doit rejeter dq nombre des substances salines ces deux matières, quoiqu’elles contiennent de l’acide.

Nous devons P^r la même raison ne pas comi)lcr au nondne des vitriols ou substances vraiment saliues toutes les matièies ou 1 acide eu petite quantité se trouve non-seulement mêlé avec lune ou 1 autre terre argileuse ou calcaire, mais avec toutes deux, comme dans les marnes et dans quelques autres terres et pierres mélangées de parties vitreuses, calcaires, limoneuses et mélallitiucs : ces sels à double base forment uq second oi-dre de matières salines, auxquelles on peut donner le nom d’Aépar. Mais toute malière simple, mixte ou composée de plusieuis substances différentes, dans laquelle l’acide est engagé ou saturé, de manière à n’ètre pas senti ni reconnu par la saveur, ne doit ni ne peut être comptée parmi les sels sans abuser du nom ; car alors presque toutes les matières du globe sciaient des sels, puisque presque toutes contiennent une certaine quantité d'acide aérien. Nous devons ici fixer nos idées par notre sensation : toutes les matières insipides ne sont pas des sels; toutes celles au contraire dont la saveur offense, irrite ou flatte le sens du goût, seront des sels , de quelque nature que soit leur base , et en quelque nombre ou quantité qu’elles puissent être mélangées. Cette propriété est générale, essentielle et même la seule qui puisse caracterj-

« couches, les fleurs blanches et autres écoulements impurs : on le donne pour vomitifs aux « enianls, afln de les débarrasser des glaires qu’ils ont sur la poitrine ; enfin on s en sert eacore, « en cas de neeessilé , au lieu de vitriol pour teindre le cuir en noir ; et l’on prétend que les « forgerons en font usage pour faire l’acier ; ce dernier fait aurait mérite d’être constaté. » Voyage de M. l'allas, tome H, pages S8, fliO, 097 ; et tome 111, page S'JS.

HISTOIHE NATUHELLE

ser les substances salines et les sé])arer de toutes les autres matières. Je dis le seul caractère distinctif des sels; car, l'autre propriété par laquelle on a voulu les distinguer, c’est-à-dire la solubilité dans l’eau , ne leur apiiai'tient pas exclusivement ni généralement, [)uisque les gommes et même les terres se dissolvent également dans toutes liqueurs aqueuses, et que d’ailleurs on connaît des sels que l’eau ne dissout point *, tels que le soufre qui est vraiment salin , puisqu’il contient l’acide vitriolique eu grande quantité.

Suivons donc l'ordre des matières dans lesquelles la saveur saline est sensible ; et ne considérant d’aboial que les composés de l’acide vitrioli(|ue, nous aurons dans les minéraux les vitriols de fer, de cuivre et de zinc auxquels on doil ajouter l’alun, parce (|ue tous sont non-seulement sapides, mais mêmes corrosifs.

L’acide vitriolique, qui par lui-même est fixe, devient volatil en s’unissant à la matière du feu libre sur laquelle il a une action trèsmarquée, puisqu’il la saisit pour former le soufre, et qu’il devient volatil avec lui dans sa combustion. Cet acide sulfureux volatil ne diffère de l’acide vitriolique fixe que par .son union avec la vapeur sulfureuse dont il répand l’odeur; et le mélange de celte vapeur à l’acide vitriolique, au lieu d’augmenter sa force, la diminue beaucoup; car cet acide devenu volatil et sulfureux a beaucoup moins de puissance pour dissoudre; son affinité avec les autres substances est |)lus faible; fous les autres acides peuvent le décomposer, et de lui-même il se décompose par la seule évaporation. La fixité n’est donc point une qualité essentielle à l’acide vitriolique ; il peut se convertir en acide aérien, puisqu’il devient \olatil et se laisse emporter en va|)eurs sulfureuses.

L’acide sulfureux fait seulement plus d’effet que l’acide vitriolique sur les couleurs tirées des végétaux et des animaux; il les altère, et même les fait disparaître avec le temps, au lieu (|ue l’acide vitriolique fait reparaitre quelques-unes de ces mêmes couleurs, et en particulier celle des roses. L’acide sulfureux les détruit toutes; et c’est d’après cet effet qu’on l’emploie pour donner aux étoffes la plus grande blancheur et le plus beau lustre.

L’acide sulfureux me parait être l’une des nuances (|ue la nature a mises entre l’acide vilrioli(|ue et l’acide nitreux ; car toutes les propriétés de cet acide sulfureux le rapprochent évidemment de l’acide nitreux, et tous deux ne sont au fond (pie le même acide aérien qui, ayant passé par l'état d’acide vitrioliijue , est devenu \ olalil dans l’acide sulfureux, et a subi encore plus d’altéralion a^ant d’êlre devenu acide nitreux par la putréfaction des corps organisés. Ce qui fait la principale différence de l’acide sulfureux et de l’acide nitreux , c’est que le premiei- est beaucoup plus chargé d’eau que le second, et que, par conséquent, il n’est pas aussi fortement uni avec la matière du feu.

Lettres do M. Üoiuicsle, loliie 1, page 44.

DES MINEIUUX.

Après les vilriols inélalliqucs , nous devons considcrei' les sels «pie l'acide vitrioliqiie a foniiés avec les matières lcrreuses, et partieulièrement avec la terre argileuse qui sert de base à ralim ; nous verrons que celle terre est la même que celle du cpiartz, et nous en tirerons une nouvelle démonstration de la conveision réelle du verre primilil en argile.

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