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sent le 3laragnon, l'Oréi)0(|ac, etc. * ; il y en a aussi dans (jiielques endroits de la Guiane Enfin les Portugais ont découvert et fait travailler depuis prés d’un siècle les mines du Brésil et du Paraguay, qui se sont trouvées, dit-on, encore plus riches que celles du .Mexique et du Pérou. Les mines les ])lus prochaines de Kio-Janeiro, où l’on apporte ce métal, sont à une assez grande distance de cette ville. M. Cook dit*** qu’on ne sait pas au juste où elles sont situées, et que les étrangers ne ])cuvent les visilcr, parce qu’il y a une garde continuelle sur les chemins qui conduisent à ces mines : on sait seulement qu’on en tire beaucoup d’or, et que les travaux en sont difficiles et périlleux ; car on achète annuellement pour le compte du roi quarante mille nègres qui ne sont employés qu’à les exploiter****.
Selon l’amiral Anson, ce n’est qu’au commencement de ce siècle qu’on a trouvé de l’or au Brésil. On remarqua que les naturels du pays se servaient d’hameçons d’or pour la pèche, et on apprit d’eux qu’ils recueillaient cet or dans les sables et graviers que les pluies et les torrents détachaient des montagnes. « 11 y a, dit ce voyageur, de l’or dis- « séminé dans les terres basses, mais qui paie à peine les frais de la
qui est plus facile à exploiter que de le tirer de la minière en pierre , parce qu’il ne faut ici ni moulin, ni vif argent, ni ciseaux, ni masse pour rompre les veines du minerai... Ces terres qui contiennent de l’or sont ordinairement rougeâtres, et l’on trouve l’or à peu de pieds de profondeur. Il y a des mines très-riches et des moulins bien établis à Copiago et Lampaiigiii . La montagne où se trouventees mines en pierre est auprès des Cordillères; à trentc-et-un degrés de latitude sud, à quatre-vingt lieues dcValparaiso, on y a découvert, en 1710, quantité de mines de toutes sortes de métaux d’or, d’argent , de fer, de plomb, de cuivre et d’étain... L’or de Lampangui est de vingt-et-un à vingt-deux carats, le minerai y est dur; mais à deux lieues de là, dans la montagne de l’Eavin, il est tendre et presque friable , et l’or y est en poudre si fine, qu’on n’y en voit à l'œil aucune marque. Voyage de la mer du Sud, etc., par Frézier; Paris, 1732, page 96 et suiv.
” La rivière nommée Tapajocas, dans le gouvernement de Maragnon, roule de l’or dans les sables , depuis une moutagiic médiocre nommée YnqunnUinci ; cette rivière qui est dans le pays des Curabatubas, arrose le pied de cette montagne. Histoire générale des Voy.ages, tome XIV , page 20... La rivière de Caroli , qui tombe dans l’Oréiioquc , roule de l’or dans ses Subies, et Ualeigh remarqua des fils d’or dans les pierres. Idem, page 530.
Histoire générale des Voyages, tome XIV, page 560.
*'* Voyage de Cook, tome II, page 236.
Itio-Janeiro est l’entrepôt et le débouché principal des richesses du Brésil. Les mines principales sont les plus voisines de la ville , dont néamnoiu.s elles sont distantes de soixantequinze lieues. Elles rendent au roi, tous les ans, pour son droit de rjuint, au moins cent douze arobes d’or; l’année 1762 elles en apportèrent cent dix-neuf; sous la capitainie des mines générales, on comprend celles de Uio de ôloros , de Sahara et de Scro-I'rio. Cette dernière , outre l’or qu’on en retire, produit encore tous les diamants <pii provieuneut du Brésil ; ils se Couvent dans le fond d’une rivière qu’on a soin de détourner, pour séparer ensuite d’avec les cailloux qu’elle roule dans son lit les diamants , les topazes , les ebrysolites et autres pierres fie qualité inférieure. Voyage autour du monde, par BI. de Bougainville, tome I , pages li3 et Ifü.
ôü.
HISTOIRE NATURELLE
«( rccliorchc, et les montagnes offrent des veines d’or engagées dans les « rochers ; mais le moyen le plus facile de se procurer de l’or, c’est de <1 le prendre dans les limons des torrents qui en charrient. Les esclaves « employés à cet ouvrage doivent fournir à leurs maitres un huitième « d’once par jour; le surplus est pour eux, et ce surplus les a souvent Il mis en état d’aclieter leur liberté. Le roi a droit de quint sur tout « l’or que l’on extrait des mines, ce qui va à trois cent mille livres ster- « ling par an; et par conséquent la totalité de l’or extrait des mines Il chaque année, est d’un million cinq cent mille livres sterling, sans Il compter l’or qu’on cx|)orte en contrebande, et qui monte peut-être au Il tiers de cette somme *. »
Nous n'avons aucun autre indice sur ces mines d’or si bien gardées j»ar les ordres du roi de Portugal ; quelques voyageurs nous disent seulement qu’au nord du fleuve Jujainbi, il y a des montagnes (pii s’étendent de trente à quarante lieues de l’est à l’ouest, sur dix à quinze lieues de largeur; qu’elles renferment ])lusieurs mines d’or; qu'on y trouve aussi ce métal en grains et en poudre, et que son aloi est communément de vingt-deux carats ; ils ajoutent qu’on y rencontre quelquefois des grains ou pépites (pii j)éscnt deux ou trois onces **.
H résulte de ces indicalions, qu’en Améri(pie comme en Afrique et partout ailleurs où la terre n’a pas encore été épuisée par les recherches de l’homme, l’or le plus pur se trouve, pour ainsi dire, à la surface du terrain, en poudre, en paillettes ou en grains, et quelquefois en pépites qui ne sont que des grains plus gros, et souvent aussi purs que des lingots fondus; ces pépites et ces grains, ainsi que les paillettes et les poudres, ne sont que les débris plus ou moins brisés et atténués par le frottement de plus gros morceaux d’or arrachés par les torrents et détachés des veines métalliques de |)remiére formation : ils sont descendus en roulant du haut des montagnes dans les vallées. Le quariz et les autres gangues de l'or, cnlrainés en même temps par le mouvement des eaux, SC sont brisés, et ont, par leur frottement, divisé, comminué ces morceaux de métal, qui dés lors se sont trouvés isolés, et se sont arrondis en grains ou atténués en paillettes par la continuité du frottement dans l’eau; et enfin ces mêmes paillettes encore plus divisées ont formé les poudres plus ou moins fines de ce métal. On voit aussi des agrégats assez grossiers de |)arcelles d’or qui paraissent s'étre réunies par la stillation et l'intermède de l’eau, et qui sont plus ou moins mélangées de sables ou de malicres terreuses rassemblées et déposées dans quelque ca^ité, où ces parcelles mélalli(iues n’ont que peu d’adhésion a^ec la terre et le sahie dont elles sont mélangées ; mais toutes ces petites masses d’or, ainsi que les grains, les paillettes et les poudres de ce
* Voyage aulour du monde, par l'ainiial Anson,
llisluiie générale des Voyages, tome XIV, page Ü2S.
métal, tirent également leur origine des mines primordiales, etleiir pureté dépend en partie de la grande division que ces grains métalliques ont subie en s’exfoliant et se comininuant par les frottements qu’ils n’ont cessé d’essuyer depuis leur séparation de la mine, jusqu’aux lieux où ils ont été entrainés; car, cet or arraché de scs mines, et roule dans le sable des torrents, a été choqué et divisé par tous les corps durs qui se sont rencontrés sur sa route ; et plus ces particules d’or auront été atténuées, plus elles auront acquis de pureté en se séparant de tout alliage par cette division mécanique, qui, dans l’or, va, pour ainsi dire, à l’infini : il est d’autant plus pnr qu’il est plus divisé; et cette difiérence se remarque en comparant ce métal en paillettes ou en poudre avec l’or des mines; car il n’est qu’à vingt-deux carats dans les meilleures mines en montagnes, souvent à dix-neuf ou vingt, et quelquefois à seize et même à ((uatorze ; tandis que communément l’or en paillettes est à vingt-trois carats, et rarement au-dessous de vingt. Comme ce métal est toujours plus ou moins allié d’argent dans scs mines primordiales, et quelquefois d’argent mêlé d’autres matières métalliques, la très-grande division qu’il éprouve par les frottements, lorsqu’il est détaché de sa mine, le sépare de ces alliages naturels, et le rend d’autant plus pur qu’il est réduit en atomes plus petits; en sorte qu’au lieu du bas aloi que l’or avait dans sa mine, il prend un plus haut titre à mesure qu’il s’en éloigne, et cela par la séparation, et, pour ainsi dire, par le départ mécanique de toute matière étrangère.
Il y a donc double avantage à ne recueillir l’or qu’au pied des montagnes et dans les eaux courantes qui en ont entraîné les parties détachées des mines primitives : ces parties détachées peuvent former, par leur accumulation, des mines secondaires en quelques endroits. L’extraction du métal qui, dans ces sortes de mines, ne sera mêlé que de sable ou de terre, sera bien plus facile que dans les mines primordiales où l’or se trouve toujours engagé dans le quartz et le roc le plus dur. D’autre coté, l’or de ces mines de seconde formation sera toujours plus pur que le premier; et \ u la quantité de ce métal dont nous sommes actuellement surchargés, on devrait au moins se borner à ne ramasser que cet or déjà purifié par la nature, et réduit en poudre, en paillettes ou en grains, et seulement dans les lieux ou le produit de ce travail serait évidemment au-dessus de sa dépense.
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