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des Vosges ouvertes dès le dixième siècle *, et d’autres dans plusieurs provinces , comme en Languedoc **, en Gévaudan et en Rouergue ***,
* « Dès le clixicinè siècle, il y avait plus de trente puits de mines ouverts dans les mon- « tognes des Vosges, depuis les sources de la Moselle jusqu’à celles de la Sin re : on en tirait O de l’argent et du cuivre ; on a renouvelé avec succès , en diflérentes époques , plusieurs de « CCS anciennes raines; loin d’être épuisées, elles paraissent encore très-riches. On peut croire a que dans toute cette chaîne de montagnes, tous les rochers rcnl’orracnt également dans leur « sein ces riches minéraux, puisque ces rochers sont généralement de la même nature, et la « plus analogue aux productions métalliques. Mais pourquoi offrir aux hommes les vaincs et O cruelles richesses que recèle la terre? les vrais trésors sont sous nos pas ; tel qui saurait « ajouter un grain à chaque épi qui jaunit dans nos champs ferait , à Tmil du sage , un plus Il beau présent au monde, que celui qui découvrit le Potosi. " Histoire de Lorraine, par M. l’abbé Bexon , page Gi. — La mine de Saint-Pierre , <|ui n’est pas éloignée de Giromagny ,
présente de grands travaux ; le minéral est d’argent mêlé d’un peu de cuivre Vis-à-vis la
mine de Sainte-Barbe, dans la montagne du Balon , il y a un filon de mine d’argent On
connaît aussi deux filons de mine d’argent dans la vallée de Saint-Amarin, celui de Vercholtz et celui de Saint-Antoine. Exploitation des mines, par M. de Gcnsamie ; Mémoires des savatils étrangers, tome IV, page Hi cl suiv.
Dans le douzième siècle, les mines d’argent du Languedoc étaient travaillées très-utilcmcnl par les seigneurs des terres où elles se trouvaient; toutes ces mines, ainsi que plusieurs autres qui sont abandonnées, ne sont néanmoins pas entièrement épuisées, d'autant plus que les anciens n’ayant pas l’usage de la pondre, ne pouvaient pas faire éclater les rochers durs; ils ne pouvaient que les calciner à force de bois qu’ils arrangeaient <lans ces souterrains, et auxquels ils mettaient le feu; cl lorsque le rocher, trop dur , ne se bri.sail pas après cette
calcination , ils abandonnaient le filon 11 parait aussi par les -Annales de l’ahhaye de Ville-
magne, et par d’anciens litres des seigneurs de Beaucaire, qu’à la fin du quatorzième siècle les mines de France étaient aussi riches qu’aucune de l’Europe. Mémoires de l'.Académie des Sciences, année 1736, page 134 cl suiv. — » Sur les montagnes Noires , en Languedoc , il y a , a dit César Arcon (en 1067), une mine d’argent à laquelle le seigneur de Cametlc fil travailler « jusqu’à ce qu’elle fût inondée. Il y en a une autre à Lanet, dont sept quintaux déminerai « donnaient un (piintal de cuivre et (piatre marcs d’argent; mais au bout de cinq ans on O l’abandonna à cause de la mauvaise odeur. Il y a d’autres filons dans la même montagne ; il » y a aussi une mine à Davesan , dont on lirait par quintal de matières dix onces d’argent et
« un peu de plomb On a fait autrefois de grands travaux dans le pays de Gorbières, pour
« cultiver des minerais de cuivre, de plomb et d’antimoine... On y a trouvé quelques rognons « métalliques de six à sept quintaux chacun , qui donnaient dix onces d’argent par quintal, » avec un peu de plomb cl de cuivre, n Barba, Métallurgie, tome 11, jiages 208 et 270.
*** On voit par les registres de l’bôtcl-de-ville de Ville-Franche en Uouergue, qu’il y a eu anciennement des mines d’argent ouvertes aux environs, auxquelles on a travaillé jusque dans le treizième siècle. Description de la France, par Piganiol; Paris, 1718, tome 1\’, p. 2Ü8. — Slraboti, qui vivait du temps d’Auguste , dit que les Komains liraient de l’argent du Gévaudan cl du llouergtie, et qu’ils creusèrent aussi dons les Pyréneos, pour en tirei' ce métal ainsi que l’or. Il ajoute que le pays situé entre les Pyrénées et les Alpes avait fourni beaucoup
de ce dernier métal, et que l’or dc\ int plus commun à Home après la conquête des Gaules
César, dans ses Commentaires , dit que les mines avaient été travaillées mémo avant la conquête, et il fallait qu’il y eût en effet beaucoup d’or dans les Gatilcs, vu la quantité que César en fil passer en Italie, et ([ni y fut vendu à bas prix (1300 petits sesterces le marc, ce qui ne revient, scion Budéc, qu’à 02 livres 10 sous do notre monnaie ). Mémoires de rAcadcniie des SLiences, aiiiicc 1730, pages I5i et suiv.
lllSTOtUt: NATL'ilELLE
dans le Maine et dans l’Angonmois * ; et nouvellenient on en a trouvé en Dauphiné , 4111 ont présenté d’abord d’assez grandes richesses. M. de Gensanne en a reconnu quelques autres dans le Languedoc **; mais le produit de la plupart de ces mines ne paierait pas la dépense de leur travail, et dans un paj's comme la France, où l’on peut employer les hommes à des travaux vraiment utiles, on ferait un bien réel en défendant ceux de la fouille des mines d’or et d'argent, qui ne peuvent produire qu’une richesse lictive et toujours décroissante.
En Espagne, la mine de Guadalcanal dans la Sierra-Moréna ou montagne iNoire, est l’une des plus fameuses; elle a été travaillée dès le temps des Romains ***, ensuite abandonnée, puis reprise et abandonnée de nouveau, et enfin encore attaquée dans ces derniers temps. On assure qu'autrefois elle a fourni de très-grandes richesses , et qu’elle n’est pas à beaucoup près épuisée : cependant les dernières tentativ es n’ont point eu de succès, et peut-être sera-t-on forcé de renoncer aux espérances que donnait son ancienne et grande célébrité. « Les sommets « des montagnes autour de Guadalcanal, dit M. Rovvies, sont tous arrondis, et partout à peu près de la même hauteur; les pieires en « sont fortduresj et ressemblent au grès de Turquie (Cos Turcica)... II « y a deux filons du levant au couchant, qui se rendent à la grande
* Il fallait qu’il y eût autrefois dos mines d’or et d’argent dans le Haine, puisque l’art. LXX de la coutume du Haine porte que la fortune d’or, trouvée en mine, appartient au roi , et la fortune d’argent, paroillcincut trouvée en mine, au comte vicomte de Beaumont, et baron. Idem, page 178. — On a découvert à Montmeron proche d’Aiigoulême, une mine d’argent, mais on ne l’a pas exploitée. Voyage historique de l’Kurope; Paris, IfiO.â, tome I, page 88.
Au-dessus du château de ïournel , on nous a fait voir auprès du moulin qui est sur le bord de la rivici-c nu très-beau fdon de mine de plomb et argent. Cette mine qui n’a point été touchée mériterait d etre exploitée, parce que la veitie se suit très-bien ; ou y remarque s[ir la tête qui parait au jour de la pyrite mêlée avec de la mine de plomb , sur toute sa longijeur , ce
qui en caractérise la bonté Il y a auprès du village de Hataval un filon de mine de plomb
et argent... A une demi-lieue do Baliours, on trouve, au fond d’un vallon, une mine de plomb qui rend depuis sept jusqu'à neuf onces d’argent par quintal de minerai ; le filon traverse le ruisseau et se prolonge des deux côtés dans l’intérieur et le long des montagnes opposées.
Histoire naturelle du Languedoc, par H. de Gensanne , tome II , pages 22 , 21ll et 218
Au-dessous de la paroisse de Saint-André , diocèse d’Uzès , au lieu appelé l’Æstrade , il v a un très-bon filon de mine d’argent grise. Histoire naturelle du Languedoc , parM. de Gensanne , tome I, page 167. — H y a dans la montagne appelée de Cacames, diocèse de Pons, une mine de plomb et argent fort riche; mais le minéral n’y est pas abondant; il y a une autre mine semblable , mais moins riebc en argent , au lieu appelé Brioun , le tout dans le territoire de Uiouset. Idem, tome 11, page 2(1!).— En remontant de Colombières vers Donts, on trouve près de ce dernier endroit de très-bonnes mines de plomb et argent. Idem , tome II , page 215. — Au.\ Cortcilles , diocèse de Xarbonne , il y a un très-beau filou de mine d’argent , mêlée de blende. Idem, tome II, |)age 188-
Pline dit que l’argent le plus jiur se tirait de l’Espagne, et que l’on y exploitait des mines d’or qui avaient été ouvertes par .Annibal , et néanmoins u’étuient pas encore à beaucoup près épuisées. Livre XXX, chapitre .xxvil.
« veine dont la direction est du nord au sud ; on peut la suivre de l’œil « dans un espace de plus de deux cents pas à la superficie. A une lieue « et demie au couchant de Guadalcanal, il y a une autre mine dans un « roc élevé ; la veine est reiiversce, c’est-à-dirc, qu’elle est plus riche à « la superficie qu’au fond; elle peut avoir seize pieds d’épaisseur, et Il elle est, comme les précédentes, composée de quartz et de spath. A Il deux lieues au levant de la même \ ille, il y a une autre mine dont la Il veine est élevée de deux pieds hors de terre, et qui n’a que deitx Il pieds d’épaisseur. Au reste, ces mines, qui se présentent avec de si Il belles apparences, sont ordinairement trompeuses; elles donnent Il d’abord de l’argent, maisen descendant plus bas, on ne lrou\ e plusque U du plomb.» Ce naturaliste parle aussi d’une mine d’argent sans plomb, située au midi et à quelques lieues de distance de Zalamea. Il y a une mine d’argent dans la montagne qui est au nord de Logrono et plusieurs autres dans les Pyrénées, qui ont été travaillées par les anciens, et qui maintenant sont abandonnées * **. 11 y en a aussi dans les Alpes et en plusieurs endroits de la Suisse. MM. Scheuchzer, Cappeler et Guettard en ont fait mention et ce sont sans doute ces hautes montagnes des Pyrénées et des Alpes qui renferment les mines primordiales d'or et d’argent, dont on trouve les débris en paillettes dans les eaux qui en découlent. Toutes les raines de seconde formation sont dans les lieux
* Histoire Naturelle il’Espagne, par M. Bowles, p. 63 et suiv. Cet auteur parle aussi Je rpjclijuos mines du même canton, où l’on trouve de l’argent vierge, de l’argent vitre, etc.
L’avariee a été souvent trompée par le succès des exploitations faites par les Phéniciens, les Carthaginois elles Romains. Les premiers, au rapport de Diodore de Sicile, trouvèrent tant d'or et d’argent dans les Pyrénées, qu’ils en mirent aux ancres de leurs vaisseaux; on tirait eu trois jours un talent euhoïque en argent; ce qui montait à huit cents ducats. Enflammés par ce récit, des particuliers ont tenté des recherches dans la partie septentrionale des Pyrénées, ils semblent avoir ignoré que le côté méridional a toujours clé regardé comme le plus riche en métaux. Tile-I/ive parle de l’or et de l’argent que les mines de Iluesca fournissaient aux Romains; les monts qui s’allongent vers le nord jusqu’à Painpeluiicsont fameux, suivant Alphonse Barha, par la quantité d’argent qu’on en a tirée; ils s’étendent aussi vers l'Èbre, dont la richesse est vantée par Aristote et par Claudien : « In Iberia narrant combusiis aliquaudo a pastorihus « sylvis, calenleque ex ignibus terra, manifestatum argentum dcfluxisse.Cumque postmoilum Il terræ motus supervenissent , emplis biatibus magnam copiant argenti simul collectant, v Aristot. de .àfirab. auscult. — L’histoire ne cite point les mines que les anciens ont exploitées du côté de Erance, ce qui prouve qu’elles leur ont paru moins utiles que les mines d’Espagne ; aussi avons-nous remarqué que les entreprises tentées dans celte partie ont presque toujours été ruineuses. E.ssais sur la minéralogie des Pyrénées, in-i°, p.2H-
M. Scheuchzer dit qu’il y a une mine d’argent à Johanneherg, à Baranva!d...M. Cappeler dit que le cuivre mêlé à l’argent .sc moittre de toutes parts dans le mont Spin au-dessus de Zillis. Mémoires de M. Cuettard, dans ceux de l’Académie des Sciences, année 1752, p. 323. — On a découvert en creusant le bassin de Krienibach qu’une pierre bleuâtre renlermiiit de l’argent... 11 y a aussi de l’argent dans le canton d’Undcrwald... Les environs de Bex cl du lac Léman renferment des veines d’argent . Idem, p. 335 et 336.
HISTOIRE NATURELLE
inferieurs au pied de ces nionlagncs, et dans les collines formées originaireinenl par le mouvement et le dépôt des eaux du vieil Océan.
Les mines d’argent qui nous sont les mieux connues en Europe sont celles de l’Allemagne; il y en a plusieurs que l’on exploite depuis trèslongtemps, et Ton en découvi’e assez fi’é<juemmcnt de nouvelles. M. de Justi, savant minéralogiste, dit en avoir trouvé six en 1751, dont deux sont fort riches, et sont situées sur les frontières de la Styrie *. Selon lui, ces mines sont mêlées de substances calcaires en grande (|uanlilé, et cependant il assure qu’elles ne perdent rien de leur poids lorsqu’elles sont grillées par le feu, et qu’il ne s’en élève pas la moindre fumée ou vapeur pendant la calcination. Ces assertions sont difficiles à concilier; car il est certain que toute substance calcaire perd beaucoup de son poids lorsqu’elle est calcinée, et que par conséquent celte mine d’Annaberg, dont parle JM. de Jiisli, doit perdre en poids à proportion de ce qu’elle contient de substance calcaire. Ce savant minéralogiste assure (|u’il existe un très-grand nombre de mines d’argent minéralisé par l’alcali : mais cette opinion doit être interprétée, car l’alcali seul ne pourrait opérer cet effet; tandis que le foie de soufre, c’est-à-dire les principes du soufre réunis à l’alcali peuvent le produire : et comme M. de Justi ne parle pas de foie de soufre, mais de l’alcali simple, ses expériences ne me paraissent pas concluantes : car l’alcali minéral seul n’a aucune action sur l’argent en masse; et nous pouvons très-bien entendre la formation de la mine blanche de Schcmnilz par Tintermède du foie de soufi e. La nature ne parait donc pas avoir fait cette opération de la manière dont le prétend iM. de Justi car, quoiqu’il n’ait point
* « La plus riche ressemble à une pierre brime tirant sur le rouge, et raiilre ressemble à « une pierre blanche, et se trouve près d’Annabcrg j cette )iierre blanche ne parait être qu’une » pierre calcaire ; l’eau agit sur elle, après ai oir été calcinée comme une pierre à chaux, et « elle ne contient ni soufre ni arsenic, ni aucun métal ; l’on ii’y aperçoit que l’argent sous « une. forme métallique an moyen d’une loupe... Dès le commencement elle rendait une, deux « cl trois livres d’argent par quintal ; à peine les ouvriers curent-ils creusé à une brasse et « demie de profondeur que la mine rendait jusqu'è vingt-quatre marcs par (piintal. On y » rencontre même des morceaux de mines d’argent blanches et rouges , cl il se trouve aussi « de l’argent massif. » Nouvelles vérités à l’avantage de la Physique, par M. de .lusti ; journal étranger, octobre Mai.
Cette mine est exlrcmemcnt riche; car la mine commune contient ordinairement trois, quatre, jusqu’à six marcs d’argent par quintal ; la bonne en rend jusqu’à vingt mares, et l’on en lire encore davantage de quelques morceaux ; on a même trouvé à celte mine d’Annabcrg des masses d’argent natif; du poids de plusieurs livres... M. de .lusti prétend que tout ce qui n’est pas d’argent natif dans cette mine, a été minéralisé par un sel alcalin, cl voici ses preuves :
Les' plus riches morceaux de la mine sont toujours ceux qui, tirant sur le blanc, sont mous et cassants, paraissent composés partout de parties homogènes, cl dans lesquels ni la simple vue ni le secours du microscope ne font apercer oir aucune particule d’argent sensible. Il faut dune que l’uigcnt y suit mêlé intimement avec une substance qui le |irive de su forme métal-
DES MINÉUAUX. . 37.3
reconim de soufre dans cette mine, le foie de soufre (jui est, pour ainsi dire, répandu partout, doit y exister comme il existe non-seulement dans les matières terreuses, mais dans les substances calcaires, et autres matières <iui accompagnent les mines de seconde formation.
En Bohême, les principales mines d'argent sont celles de Saiut-Joacliim : les filons en sont assez minces, et la matière en est très-dure, mais elle est abondante en mêlai ; les mines de Kutlember'g sont mêlées d’argent et de cuivre : elles ne sont pas si riches (|ue celles de Saint-Joachim *. On peut voir dans les ouvrages des minéralogistes allemands la description des mines de plusieurs autres provinces, et notamment de celles de Transylvanie, de la Hesse et de Hongrie. Celles de Scliemnitz ** contiennent depuis deux jusqu’à cinq gros d’argent, et depuis cin(| jusqu’à sept deniers d’or par marc, non compris une once cl un gros de cuivre qu’on peut en tirer aussi ***,
Mais il n’y a peut-être pas une mine en Europe où l’on ait fait d’aussi
lique, et comme il ii’y a dans coUc mine ni soufre ni arsenic, mes expériences démonlrcronl i|uece UC peut cire que l'alcali minéral.
Dans les parties de la mine qui sont moins riclies, la dureté de la matière est à peu près égale à celle du marbi'e commun, et l’on y voit des parcelles d’argent dans leur forme de mêlai. Et ce qui démontre que cette mine riche et molle a été véritahlement produite par runioii île l’alcali avec l’argent, c’est qii’ou obtient un vrai foie de soufre, lorsqu’à une partie de la mine en question, on ajoute la moitié de soufre, et que l’on fait fondre ces deux matières dans un vaisseau fermé...
Depuis que j’ai été convaincu par la raine d’Aiuiabci g , qu’il y a dans la nature des mines véritablement alcalines, j’en ai encore découvert dans d'autres endroits : à Schemnitz en Hongrie, on a trouvé depuis longtemps que les mines riches qu’on y exploite étaient accompagnées d’une substance minérale, molle, blanche, et de la nature de la craie. Celte subslancc qui, à cause de la subtilité de scs parties et du peu de solidité de sa masse, blaucbil les mains comme de la craie, a été pendant très-longtemps jetée comme une matière inutile; on s’est enfin avisé de l’essayer, cl on a trouvé, par les essais ordinaires, qu’elle contenait dix marcs
d’argent par quintal El si l’on veut y faire attention on trouvera peut-être fréquemment
celte mine alcaline dans le voisinage des carrières de marbre et de pierre à chaux...
Toute la montagne où se trouve la raine d’Aniiaberg, n’est composée que d’une pierre à chaux ou d’une espèce de marbre commun, et l’on m’a envoyé de Silésie une espèce de marbre qui venait de la montagne appelée le Zottemberg et dont j’ai tiré, ])ar l’analyse, deux onces et demie d’argent par quintal... M. Lhcman m’a assuré avoir vu un marbre qui contenait jusqu’à trois onces et demie d’argent par quintal. Nouvelles vérités à l’avantage de la Physique, par M. de Jiisti ; Journal étranger; mois de mai 17ii(j, page 71 et suiv.
* Griselius, dans les E|)héméi idcs d’Allemagne, depuis l’année 167(1 à 1686.
Par les Mémoires de M . Eerbcr, sur les mines de Hongrie, il parait que lu mine de Sebemuilz est fort riche; que celle de Kremnitz a fourni , depuis I7i!) jusqu’en 17d!I, en or et en orgetit, la valeur de ü,f!)S,00!t fiorins, c’est-à-dire plus de 84 millions de notre monnaie ; et que depuis 1648, celle de Fclsobania fournit par un enviion KK) marcs d’or, .IjOOO marcs d’argent, 3,U0ü quintaux de plomb, et 1,600 quintaux de litbarge, sans compter les mines de cuivre et autres. Mémoires imprimés à Berlin, en 1780, in-S". Extraits dans le Journal de l^bysique, août 1781, page 161.
Traité de la fonte des mines de Seblutter, tome II, p. 504. mrru.v, tum. ni.
•jn illSlOlHE NATLIlELLE
gi-aiids travaux que dans celle de Salzbcrg en Suède, si la dcsci-iption qu’en donne Regnard n’est point exagérée ; il la décrit connue une \ ille souterraine, dans laquelle il y a des maisons, des écuries et de vastes emplacements *.
« En Pologne, dit M, Guettard, les forêts de Leibitz sont riches en « veines de métaux, indiquées par les travaux qu’on y a faits ancienne- <1 ment. Il y a au pied de ces monlagnes une mine d’argent décoin erle <i du temps de Charles XII "
Le Danemarck , la Norwége ***, et presque toutes les conlrces du
• Ilcgnard njoute,à In description dos excavations de la mine, la inanicre dont on roxploiU'.
« On fait, dit-il sécher les pierres qu’on tire delà mine sur un fourneau qui brûle lentement,
« cl qui sépare rantiraoinc, l’arsenic et le soufre d’avec la pierre : le. plomb et l’argent restent » ensemble. Celte première opération est suivie d’une seconde, et ces pierres séchées sont O jetées dans des trous où elles sont pilées et réduites en boue par le moyen des gros marteaux U que l’eau fait agir ; cette Loue est délayée dans une eau qui coule incessamment sur une « planche mise en glacis, et qui emportant le plus grossier, laisse l’argent et le plomb dans le « fond sur une toile. La troisième opération sépare l’argent d’a\ec le plomb, qui fond en écume,
» cl la quatrième sert enfin à le perfectionner, et à le mettre en état de soulirir le marteau...
» On me fit , dit l’auteur . present d'un morceau d’amiante, dont on avait trouve plusieius « dans la mine, a DEuvres de Uégnardj Pari.s. tome I, p. 20i et suiv.
Mémoires de l’Académie des Sciences de l’aris, année 17()ü, p SID- En Norwége, il y a plusieurs mines d’argent où il se trouve quelquefois des morceaux de ce métal qui sont d’une grandeur extraordinaire : on en conserve un dans le cabinet du roi de Danemarck. du poids de onze cent vingt marcs. On lire des pièces entières d’argent pur dos mines de Kongsberg. La profondeur perpendiculaire d'une de ces mines est de cent Irenlo toises i ces mines sont sans suite, et néanmoins il n’y a peut-être que celles de Potosi qui rendent davantage. Histoire Naturelle de Norwége, p.ar Pontoppidan ; .lournal étranger , mois d’août 17E)S.M.Jars vient de donner une description plus détaillée de ces mines de kongsberg; clics ont été découvertes par des filets d’argent qui se manifestaient au jour.... On évalue le produit annuel de toutes les mines de ce département à 52 ou 33 mille marcs d’argent... Tous les rochers de celle (lartic de la Nowégcsont très-compactes, et si durs qu’on est obligé d’employer le feu pour les abattre. ..Les veines principales les plus riches sont presque toutes dans des rochers ferrugineux, et ces mines s’appauvri.sscnl toutes à mesure que l’on descend; en sorte qu’il est très-rare de trouver du minerai d’argenl,lorsqu’on est descendu jusqu’au niveau de la rivière qui coule dans la vallée au-dessous de ces rochers. Les veines minérales renfermées dans les filons principaux .sont fort étroites ; il est rare qu’elles aient au-dessus d’un pied d’épaisseur; elles n’ont même très-souvent qu’un pouce on (|uclqucs lignes; ccsveincs ne produisent généralement point d’argent minéralisé, si l’on en excepte ([uelqucs morceaux de mine d’argent vitreuse que le hasard fait rencontrer quelquefois; encore moins de la raine d’argent rouge, mais toujours de l’argent vierge ou natif, extrêmement varié dans ses configurations; elles sont remplies dedifTérentes matières pierreuses, qui servent comme de matrice à ce métal, et forment un composé de spath calcaire, d’un autre fusible couleur d’améthyste, d’un spath vci dàtrc, cl d’un autre encore d’un blanc traiispai enl, ressemblant assez à une sélénito, et souvent recouvert de cuir fossile ou de montagne, qui sont tous unis à de l’argent vierge, et en contiennent eux-mémes; ce métal sc trouve encore dans un rocher de couleur grise, qui pourrait être regardé comme le toit et le mur desdits liions; on le rencontre aussi, mais plus raiement, avec du mica.
DES AlEN’EUAEX.
nord, ont aussi des mines d’argent dont qnelcines-iinos sont fort riches; et nous avons au cabinet de Sa Majesté de très-beaux morceaux de mine d’argent, que le roi de Danemarck, actuellement i-égnant, a eu la bonté de nous envoyer. Il s’en trouve aussi aux des de Féi-oë et eu Islande *.
Uans les parties septentrionales de l’Asie, les mines d’argent ne sont peut-être j)as plus rares ni moins- riches que dans celles du nord de l’Europe. On a nouvellement publié à Pelersbourg un tableau des mines de Sibérie, par lequel il parait qu’en cinquante-huit années on a tiré, d’une seule mine d’ai'gent, douze cent seize mille livres de ce métal, qui tenait environ une (piatre-vinglième partie d’or. 11 y a aussi une autre mine dont l’exploitation n’a commencé qu’eu 1718, et qui depuis cette époque jusqu’en 1771, a donné quatre cent mille livres d’argent, dont on a tiré douze mille sept cents livres d’or**. MM. (iinelin et Muller font meidion, dans leurs Voyages, des mines d’argent qu’ils ont vues a Argunsk, à (pielque distance de la rivière Arguai. Ils disent qu’elles sont dans une terre molle et à une petite profondeur; que la plupart se trouvent siluées dans des plaines environnées de montagnes***, et qu’on rencontre ordinairement au-dessus du minerai d’argent, une
Dans tout ce mélange on n’aperçoit aucune partie de quartz, mais bien dans les fdoiis principaux où l’on trouve même de la pyrite riche en argent, dans laquelle ce métal se manifeste quelquefois, et ou l'on voit des cristallisations de spath et de quartz... Ces filous coiUicniiont aussi de la blende.
L’argent est toujours massif dans le rocher et jiresquc pur, c’est-à-dire, avec peu de mélange... Plusieurs fois ou en a détaché des morceaux qui pesaient depuis 20 jusqu’à 80 marcs. Dans la principale mine de Gotlès hilf in der noth, située sur le lilon de la montagne moyenne... On trouva il y a près de sept ans, à cent trente-cinq toises au-dessous de la surface de la terre, un seul morceau d’argent vierge presque pur, qui pesait 41!) marcs... Cependant la forme la plus commune où l’on trouve ce métal, est celle d’un lil plus ou moins gros, prenant toutes sortes de courbes et ligures, quelques-uns ont un pied et plus de longueur; d’autres ont la finesse des cheveux, seuls ou réunis ensemble en grande quantité par un seul point il’où ils partent, mais ordiimireuienl mélés à du spalh ou du rocher; d’aiilres encore forment différentes hratiehes de ramifications de diverses grosseurs, dont la blancheur et le brillant annoiicent toute la pureté du métal lorsqu’il est raffiné.
On en trouve aussi en feuilles ou lames; c’est communément à travers nu entre les lits d’un rocher gris scliisteux, de manière que dans un de ces morceaux qui pouirait avoir quatre pouces d'épaisseur, ou rencontre quelquefois une, deux et même trois couches, pénétrées de cet argent qui, quand on les sépare, présentent à chaque sui facc des feuilles trcs-blanclics et très-minces.
Il est de CCS veines, enfin, où l’argent est tellement divisé dans le spath et le rocher, quoique vierge, qu’on a bien de la peine à le rccouuaître; dans d’autres on ne le distingue point du tout ; il en est de même du quatrième filon. M. .lars, Mémoires des savants étrangers, tome IX, page 4îi3 et suiv.
* Selon IlorrchoB', les Islandais ont trouvé dans leurs moutagnes, du métal qui, étant fondu, s’est trouvé être du bon argent. Histoire générale des Voyages, tome XVIII, page ofi.
** Journal de l’olitiquc et de littérature. Fevuier, 17711, article l’aris.
Histoire générale des Voyages, tome XVIll, page 207,
HISTOIRE NATURELLE
espèce de chaux de plomb, composée de plus de plomb que d’argent.
Il y a aussi plusieurs mines d’argent à la Chine, surtout dans les jirovinces de Junnan et de Sechuen * : on en trouve de même à la Cochinchine **, et celles du Japon paraissent être les plus abondantes de toutes ***. On connait aussi quelques mines d’argent dans l’intérieur du continent de l’Asie. Chardin dit qu’il n’y a pas beaucoup de M'aies mines d’argent en Perse, mais beaucoup de mines de plomb qui contiennent de l’argent j il ajoute que celle de Renan, à {[uatre lieues d’ispahan, et celles de kirman et de Mazanderan, n’ont été négligées qu'à cause de la disette du bois qui, dans toute la Perse, rend trop dispendieux le travail des mines ****.
Nous ne connaissons guère les mines d’argent de l’Afrique : les voyageurs qui se sont fort étendus sur les mines d’or de celle partie du monde paraissent avoir négligé de faire mention de celles d argent; ils nous disent seulement qu’on en trouve au cap Vert *****, au Congo *****^ au Bambuk ****”', et jusque dans le pays des Hottentots ********.
iMais c’est en Amérique où nous trouverons un très-grand nombre de mines d’argent, plus étendues, i)lus abondantes, et travaillées plus en grand qu’en aucune autre partie du monde. La plus fameuse de toutes, est celle do Potosl au Pérou : « Le minerai, dit M. Rowles, en U est noir, et formé de la meme sorte de pierre que celle de Frejberg «c en Saxe. Ce naturaliste ajoute que la mine appelée Rosicle, dans le <1 Pérou, est de la même nature que celle de Rothgulden-erz et de
Ilisloire generale des Voyages, tome VI, page <488.
Suivant Mendez Pinto, il y a aux |enviions de Quanjaparu, dans l’anse delà Cocliineliiiie, des mines d’argent dont on tire une fort grande quantité de ce métal. Histoire générale des Voyages, tome IX, page Sôf.
*** Ou ne connaît guère d’autres mines d’argent dans toute l’Asie que celles du Japon, dont les relations vantent l’abondance. Cependant Mendez Pinto dit qu’il y eu a de lort abondajitcs sur les bords <lu lac de Ciainuy, d’où on le transporte dans d’autres provinces de l’Asie. Idem, tome X, page 358. — La province de Ilungo au Japon, a des raines d’argent; Uattaini, lieu silué au nord de cet empire, en a de plus riches encore. L’argent du Japon passe pour le meilleur du monde ; autrefois on l’échangeait à la Chine, poids pour poids, contre de 1 or. Idem, page Oui.
Voyez de Chardin, tome II, page
•»»»» Qi, assure qyc dans l’ile Saint-Antoine, au cap Vert, il y a mie mine d’argent, mais qui ii’cst pas encore exploitée. Histoire générale des Voyages, tome II, page ^18.
»,»»** (i-eeve des mines d’argent dans la province de Bamba, au Congo, qui s’étendent jusque vers Angole. Idem, tome IV, page 617.
,****», 11 y a des mines d’argent dans le Bambuk en Afrique. Idem, tome II, page ëli-.. H y a aussi des mines d’argent dans les terres d’Angoykayango en .Vfrique. Idem, tome IV, page 488.
Qjj JJ jécouverl, au eoinmencoment de ce siècle, une mine d’argent dans les colonies hollandaises, au pays des llotlentols ; mais on n’en a pas continué l’cxiiloitation. Kolbe, dans l’Histoire générale des Voyages, tome V, page 156.
« Andreaslx'ra: dans le Hartz, ol de SainlP-Marie-aux-IMines dans les « Vosi^es *. )>
Les mines de Potosi furent découvertes en 1')45, et l’on n’a pas cessé d’y travailler depuis ce temps, ((uoiqu’il y ait (juantité d’autres mines dans cette même contrée du Pérou. Frézier assure que de son temps les mines d’ai'genl les plus riclies étaient celles d’Oriero, a ([uatre-vingts lieues d’Arica; et il dit qu’en 1712 on en découvrit une auprès de Cusco, qui d’abord a donné près de vingt pour cent de métal, mais qui a depuis beaucou]) diminué, ainsi que celle de Potosi ** ***. Du temps d’Acosta, c’est-à-dire, au commencement de l’autre siècle, cette mine de Potosi était sans comparaison la plus riclie de toutes celles du Pérou : elle est située presque au sommet des montagnes dans la province de Cliarcas, et il y fait très-froid en toute saison. Le sol de la montagne est sec et stérile j elle est en forme de, cône, et surpasse en hauteur toutes les montagnes voisines; elle peut avoir une lieue de circonférence à la base, et son sommet est arrondi et convexe. Sa hauteur, audessus des autres montagnes qui lui servent de base, est d’environ un quart de lieue. Au-dessous de cette plus haute montagne il y en a une plus petite où l’on trouvait de l’argent en morceaux épars; mais, dans la première la mine est dans une i)ierre extrêmement dure : on a creusé de deux cents stades, ou hauteur d’homme, dans cette montagne, sans qu’on ait été incommodé des eaux; mais ces mines étaient bien plus riches dans les parties supérieures, et elles sont appauvries au lieu <le s’ennoblir en descendant Parmi les autres mines d’argent du Pérou celle de Turco, dans lé-corrégiment de Cavanga, est très-remarquable, parce que le métal forme un tissu avec la i)ierre très-apparent a l’œil. D’antres mines d’argent dans cette même conti’ee ne sont ni dans la pierre ni dans les monlagnes, mais dans le sable, où il sulfit de faire une fouille pour trouver îles morceaux de ce métal, sans autre mélange qu’un peu de sable qui s’y est attaché
Frézier, voyageur très-intelligent, a donné une assez bonne description de la manière dont on procède au Pérou pour exploiter ces mines
* Histoire Nattirolle d’IispDgiie, piigo 27.
** Histoire générale des Voyages, tome XITl, paga 118!).
*** r.c roc de Potosi contient quatre veines principales ; la riclie, le eenteno, celle d’étain et eelle de Mendieta. Ces veines sont en la partie orientale de la montagne, et on n’en trouva point en la partie occidentale; elles courent nord et sud... Elites ont a l’endroit le plus large six pieds, et au plus étroit une palme ; ces veines ont des rameaux qui s’étendent de côté et
(l’autre Toutes ces mines sont anjourd’Inii (en 1Ü89) fort profondes, à quatre-vingts, cent
ou deux cents stades , ou hauteur d’Iiomme On a rceonnn par expérience, que plus haut
est située la veine à la snpcrllcie de la terre, plus cllc est riche et de meilleur aloi On lire
le minerai à coups de marteaux, parce qu’il est dur à peu près comme le caillou. Histoire Naturelle des Indes, par Acosta. Paris, 1800, page 137 et suiv.
Histoire générale des Voyages, toineXHI, page 300.
HISTOIRE NATURELLE
ef en extraire le mêlai. On commence par concasser le minerai, c’est-àdire les pierres qui conliennent le métal. On les broie ensuite dans un moulin fait exprès; on crible cette poudre, et l’on remet sous la meule les gros grains de minerai qui restent sur le crible, et lorscpie le minerai se trouve mêlé de certains minéraux trop durs qui l’empêclient de se pulvérilier, on le fait calciner pour le piler de nouveau; on le moud avec de l’eau, et on recueille dans un réservoir cette boue liquide qu’on laisse sécher, et pendant qu’elle est encore molle on en fait des caxons, c’est-à-dire do grandes tables d'un pied d’épaisseur et de vingt-cinq quintaux tle pesanteur ; on jette sur chacune deux cents livres de sel marin, qu’on laisse s’incorporer pendant deux ou trois jours avec la terre; ensuite on l’arrose de mercure qu’on fait tomber par petites gouttes; il en faut une quantité d’autant plus grande que le minerai est plus riche; dix, quinze et quelquefois vingt livres pour chaque table. Ce mercure ramasse toutes les particules de l’argent. On pétrit chaque labié huit fois par jour, pour que le mercure les pénètre en entier, et atin d’échauffer le mélange; car un peu de chaleur est nécessaire pour que le mercure se saisisse de l’argent, et c’est ce qui fait qu’on est quelquefois obligé d’ajouter de la chaux pour augmenter la chaleur de cette mixtion : mais il ne faut user de ce secours qu’avec une grande précaution; car si la chaux produit trop de chaleur, le mercure se volatilise, et emporte avec lui une partie de l’argent. Dans les montagnes froides, comme à Lipès et à Potosi, on est quelquefois obligé de pétrir le minerai pendant deux mois de suite, au lieu qu’il ne faut que huit ou dix jours dans les contrées plus tempérées : on est même forcé de se servir de fourneaux pour échaulîer te mélange et presser ramalgame du mercure, dans ces contrées où le froid est trop grand ou trop constant.
Pour reconnaître si le mercure a fait tout son effet , on prend une petite portion de la grande table ou caxon; on la délaie et lave dans un bassin de bois ; la couleur du mercure qui reste au fond indique son effet : s’il est noirâtre, on juge que le mélange est trop chaud, et on ajoute du sel au caxon pour le refroidir ; mais si le mercure est blanchâtre ou blanc, on i)eut présumei- que ramalgame est fait en enlier : alors on transporle la matière du caxon dans les lavoirs où tombe une eau courante ; on la lave jusqu’à ce qu’il ne reste que le mêlai sur le fond des lavoirs (jui sont garnis de cuir. Cet amalgame d’argent et de mercure, que l’on nomme pella, doit être mis dans des chausses de laine j)üur laisser égoutter le mercure ; on serre ces chausses, et on les presse même avec des pièces de bois pour l’eu faire sortir autant qu’il est possible; après quoi, comme il reste encore beaucoup de mercure mêle â l’argent, on verse cet amalgame dans un moule de bois en forme de pyramide tronquée à huit pans, et dont le fond est une plaque de cuivre l)ercée de plusieurs petits trous. On foule et presse cette matière pella dans ces moules, pour en faire des masses qu’(tn appelle pû/nes. On lève