‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 48 sur 54 · ST · texte numérisé non relu

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ensnilf' le moule, et l’on met la pigne avec sa base de enivre sur un Srand vase de terre rempli d’eau, et sous un chapiteau de même terre, sur lequel on fait un feu de charbon qui fait sortir en vapeurs le mercure contenu dans la pigne; cette vapeur tombe dans 1 eau et y reprend ]a forme de mercure coulant : après cela la pigne nest plus qu une masse poreuse , friable et composée de grains d’argent contigus , qu’on

porte «à la monnaie pour la fondre *.

Frézier ajoute à celte description dont je viens de donnei' I extrait ([uelques autres faits intéressants sur la différence des mines ou minerais d’argent : celui cpii est blanc et gris, mêlé de taches rousses ou bleuâtres, est le [dus commun dans les minières de Uipès; on y distingue à l’œil simple, des grains d’argent quelquefois disposés dans la pierre en forme <le petites palmes. Mais jl y a d’autres minerais où l’argent ne parait point, entre autres un minerai noir, dans le«[ucl on n’aperçoit 1 argent qu’en raclant ou entamant sa surface ; ce minerai, qui a si peu d’apparence, et qui souvent est mêlé de plomb, ne laisse pas d être souvent plus riche, et coûte moins à travailler que le minerai blanc; car, comme il contient du plomb qui enlève à la fonte toutes les impuretés, l’on n’est pas obligé d’en faire l’amalgame avec le mercure. C’était de ces minières d’argent noir que les anciens Péruviens tiraient leur argent. Il v a d’autres minerais d’argent de couleurs différentes : un (|ui est uoii , mais devient rouge en le mouillant ou le grattant avec du fer; il est riche, et l’argent qu’on en tire est dun haut aloi : un autre brille comme du talc, mais il donne peu de métal : un autre, qui n’en contient guère ]j1us, est d’un rouge jaunâtre; on le lire aisément de sa mine en petits morceaux friables et mous : il y a aussi du minerai vert qui n’csl guère plus dur, et (pii paraît être mêlé de cuivre, l'infin on trouve de I argent pur en |dusicurs endroits; mais ce n’est que dans la seule mine de Colamito, assez voisine de celle de Polosi, où l’on voit des lils d argent pur, entortillés comme ceux du galon brûlé.

Il en est donc de l’argent comme de l’or et du fer : leurs mines primordiales sont toutes dans le roc vitreux, et ces métaux y sont incorporés en plus ou moins grande quantité, dès le temps de leur première fusion ou sublimation par le feu primitif; et les mines secondaires, qui se trouvent dans les matières calcaires ou schisteuses, tirent évidemment leur origne des premières. Ces mines de seconde et de troisième formation, qu’on a quelquefois vues s’augmenlcr sensiblement par 1 addition du minerai charrié par les eaux, ont fait croire que les métaux se produisaient de nouveau dans le sein de la terre, tandis que ce nest au contraire que de leur décomposition et de la réunion de leurs détriments, que toutes ces mines nouvelles ont pu et peuvent encore être formées; et, sans nous éloigner de nos raines d’argent du Pérou, il s en

* Fréziei-, Histoire générale tics Voyages, tome XIII, page 39*

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troiiN P dp p(‘||p ospppp au pi'pcl dps luonlagnes p| dans |ps expavalions dps mines mémo abandonnées depuis longtemps *.

Les mines d’argent du Mexique ne sont guère moins fameuses que celles du Pérou. M. üowles dit que dans celle appelée Falladora, le minerai le plus riche donnait cinquante livres d’argent par quintal, le moyen vingt-cinq livres, et le plus pauvre huit livres, et que souvent on trouvait dans celle mine des morceaux d’argent vierge **. On estime même que tout l’argent (jui se tire du canton de Sainle-Pécaque est plus fin que celui du Pérou ***. Suivant Gcmelli Carreri, la mine de Sanla-Oux avait, en 1007, ])lus de .sept cents pieds de profondeur; celle de Navaro plus de six cents, et l’on peut compter, dit-il, plus de mille ouvertiitres de mines ****, dans un espace do six lieues autour de Santa- Crux *****, Celles de la Trinité ont été fouillées jusqu’à huit cents pieds

Dans la luoiitagiic de l*ülosi l’üu a tant creusé en dilléi'cnts endroits, <juc plusieurs mines se sont abîmées, et ont enscreli les Indiens qui travaillaient, avec leurs outils et étancons. Dans la suite des tenij)s on est venu refouiller les mêmes mines, et l’on a trouvé dans le bois, dans les crânes et autres os humains, des filets d’argent qui les pénétrent. C’est encore un fait indubilabic qu’on a trouvé beaucoup d’argent dans les mines de Lipès , d'où on en avait tiré longtemps aupiiravant. Je sais qu’on répond à cela qu’autrel'ois elles étaient si riches , qu'on négligeait les petites quantités; niais je doute que lorsqu’il n’en coûte guère plus de travail on pci'dc volontiers ce que l’on tient. Si à ees faits nous ajoutons ce que nous avons dit des lavoirs d’Adacoll et de la montagne de Saint-Joseph où se forme le cuivre , on ne doutera plus que

l’argent et les autres métaux ne se forment tous les jours dans certains lieux Les anciens

philosophes et quel<|ucs modernes ont attribué au soleil la formation des métaux ; mais outre qu’il est inconcevable que sa chaleur puisse pénétrer jusqu’à des profondeurs infinies, on peut SC désabuser de cette opinion en faisant attention à un fait incontestable que voici ;

Il y a environ trente ans que la foudre tomba sur la montagne d’Ilümani, qui est aii-de.ssiis de laPaze, autrement Chnquiago, ville du Pérou, ?i quatre-vingts lieues d’.Arica; elle en abattit un morceau , dont les éclats qu’on trouva dans la ville et au.\ environs étaient pleins d’or; néanmoins cette montagne , de temps immémorial , a toujours été couverte de neige; donc la chaleur du soleil qui n’a pas assez de force pour fondre lu neige n’a pas dû avoir celle de former l’or qui était dessous , et qu’elle a couvert sans interruption... D’ailleurs la plupart des raines du Péi ou et du Chili sont couvertes de neige pendant huit mois de l’année. Frézier, Voyage à la mer du Sud ; Paris, 1732, page ^^() et suiv.

** Histoire Naturelle d’Kspagnc , pages 23 et 2i.

**' Histoire générale des Voyages, tome XI, page 3H9.

‘"‘“C’est une observaliou importante et qui n’avait pas échappé au génie de Pline ;« Qu’on O ne trouve guère un filon seul et isolé; mais que lorsqu’on en a découvert un on est presque U sûr d’en rencontrer plusieurs autres aux environs. » Ubicumque una inventa vcua est, non procul invenitur alla ( lib. XXX , cap. XXVII ). » La sublimation ou la chute des vapeurs « métalli(pics, une fois déterminée vers les grands sommets vitreux , dut remplir â la fois les M ililfercnles fentes perpendiculaires , ouvertes dès lors dans ces masses primitives ; et c’est « dans un sens relatif à celle production ou précipitation simultanée, que le même naturaliste O interprète le nom latin originairement grec, des métaux (/ziraxxa, quasi ,uir’ *xxof) , comme O pour dé.signer des matières ramassées et rassemblées aux mêmes lieux , ou des substances « pj oduiles en même temps et déposées en.semble. Note communiquée par .M. l’abbé Bexon.

" F.n Amérique , les mines d’argent se trnnvetil communément dans les montagnes et

DES MINEHAUX.

risi

de profondeur : les gens du paj s assnrèreni à ee vo3'agcnr epren dix ou onze années, depuis 4087 jusfin’en 1697, on en avait tiré quarante millions de marcs d’argent. Il cite aussi la mine de Saint-3Iattliieu, qui n’est qu’à peu de distance de la Trinité, cl qui n’ayant été ouverte qu’en 4689, était fouillée .à (pialrc cents pieds en 4697 : il dit que les pieri-es métalliques en sont de la plus grande dui'elé; qu’il faut d’abord les pélarder et les briser à coups de marteau ; que l’on distingue et sé- |)are les morceaux qu’on peut faire fondre tout de suite, de ceux qu’on doit auparavant amalgamer avec le mercure. On broie ces pierres métalliques, propres à la fonte, dans un mortier de fer; et après avoir séparé par des lavages à poudre de pierre, aidant qu’il est possible, on mêle le minerai avec une certaine quantité de plomb, et on les fait fondre ensemble; on enlève les scories avec un croc de fer, tandis que par le bas on laisse couler l’argent en lingots que l’on porte dans un autre fourneau, pour le refondre cl achever d’en séparer le plomb. Chaque lingot d’argent est d’environ quatre-vingts ou cent marcs ; et s’ils ne se trouvent pas au litre prescrit, on les fait refondre une seconde foisai ec le plomb pour les afhner. On fait aussi l’essai de la quantité d’or que chaque lingot d’argent peut contenir, et on l’indique par une mar(|ue particulière; s’il s’y troine jilus de quarante grains d’or par marc d’argent, on en fait le dépari . lût pour les autres parties du minerai que l’on veut traiter par l’amalgame, après les avoir réduites en poudre très-line, on y mêle le mercure cl l’on procède comme nous l’avons dit en parlant du traitement des mines de Potosi. Le mercure qu’on y emploie vient d’Espagne ou du Pérou ; il en faut un quintal pour séparer mille marcs d’argent. Tout le jiroduit dos mines du Ulexique et de la Nouvelle- Esjiagne doit être porté à Mexico; et l’on assure qu’à la tin du dernier siècle ce produit était de deux millions de marcs par an, sans compter ce qui passait par des voies indirectes *.

l’ocliers très-hautâ et très-ilcscrts... 11 y a des mines de deux sortes difl'érentes, les unes qu’ils appellent éqaréeg, et les autres fixen et arrUècn, Les égarées sont des morceaux de métal qui se trouvent amassés en quelques endroits, lesquels étant tirés cl enlevés, il ne s’en trouve pas daViintage; mais les veines fixes sont celles qui, en profondeur cl longueur, ont une suite continue en façon de grandes branches et rameaux , et quand on en a trouvé de celte espece , on en trouve ordinairement plusieurs autres au même lieu... Les Américains savaient fondre l’argent; mais ils n’ont jamais employé le mercure |iour le séparer du minerai. Histoire Naturelle des Indes, par Acosta ; Paris, lüOO, page 157.

* Histoire générale des Voyages, tome XI, page 530 et suivantes.

Les rautons dcTlasco et de Maltepè(|uc, à l’ouest du Mexi(|ue, sont aussi fort célèbres par leurs mines d’argent; Cuaximangn, du côté du nord, ne l’est pas moins par les siennes, avec onze autres dans ee môme canton; et dans la piovince de Guaxaga, il y en a un aussi grand nombre. Les mines de Cuaua.xati et de Taipuynga sont deux autres mines célèbres, la première est à vingt-buit lieues de Valladolid au nord, et l’autre à vingt-quatre lieues de Mexico. Une montagne fort liante et inaccessible aux voitures, et même aux betes de charge, qui est placw

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Il y a aussi plusieurs mines d’argent au Chili, surtout dans le voisinage de Coquimbo *, et au Brésil, à quelque distance dans les terres voisines de la baie de tous les Saints **•, l’on en trouve encore dans plusieurs autres endroits du continent de l’Amérique et meme dans les îles. Les anciens voyageurs citent en particulier celle de Saint-Domingue ***; mais la culture et le produit du sucre et des autres denrées de consommation que l’on tire de cette de sont des trésors bien plus réels que ceux de ses mines.

Après avoir ci-devant exposé les principales propriétés de l’argent, et avoir ensuite parcouru les différeides contrées où ce métal se trouve en plus grande quantité, il ne nous reste plus qu’à faire mention des principaux faits et des observations particulières que les physiciens et les chimistes ont recueillis en travaillant l’argent et en le soumettant à un nombre infini d’épreuves. Je commencerai par un fait que j’ai reconnu le premier. On était dans l’opinion que ni l’or ni l’argent mis au feu et même tenus en fusion, ne perdaient rien de leur substance; cependant il est certain que tous deux se réduisent en vapeurs et se subliment au feu du soleil à un degré de chaleur même assez faible. Je l’ai observé lorsque, en 1747, j’ai fait usage du miroir que j’avais inventé pour brûler à de grandes distances ****; j’exposai à quarante, cinquante et jusqu’à soixante pieds de distance, des plaques et des assiettes d’ai'gcnt : je les ai vues fumer longtemps avant de se fondre, et cette fumée était assez épaisse pour faire une ombre très-sensible qui se marquait sur le terrain. On sest depuis plcinemeid convaincu que celte fumée était viaiment une vapeur métalli(|ne; elle s’attachait aux corps qu’on lui présentait et en argentait la surface; et puisque celte sut)limation se fait à une chaleur médiocre par le feu du soleil, il y a toute raison de croire (lu’elle se fait aussi et en bien plus grande quantité par la forte chaleur du feu de nos fourneaux, lorsque non-seulement on y fond ce

dans la province de Guadalajara, vers les Zacalèques, renrenne quantité de mines d’argent et de cuivre mêlée de plomb. La province de Xalisco, conquise en 1S54, est une des plus riches de la Nouvelle-Espagne, par ses mines d’argent, autour desquelles il s’est formé des habitations nondireuses, avec des londcries, des moulins, etc..,.. Celle de Calnacana contient aussi des mines d’argent. Les Zaeatèqnes ou Zaeutccas sont un grand nombre de petits cantons qui Ibrment , sons ce nom commun , la plus riche province de la Nouvelle-Espagne; on y compte douze ou quinze mines d’argent, dont neuf ou dix sont lort célèbres, surtout celle del Fresnillo qui paraît inépuisable. La province de la Nouvelle-Biscaye contient les mines d’Enilo, de .Saiut-.leanct, de Saintc-Barlic , qui sont d’nne grande abondance, et voisines de plusieurs mines de plomb. Les nionlagnes qui séparent le Honduras de la province de Nicaragua, ont fourni lieaucoup d’or cl d’argent aux Espagnols. La province de Costa llicca fournit aussi de l’or et de l’argent. Histoire générale des Voyages, tome Xll, page (àiS et sniv.

* Idem, tome XIII, page 412.

Voyages de M. de Gennes; Paris, 1098, page I4S.

Histoire générale des Voyages, tome Xll, page 218.

Voyez les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1747.

métal, mais qn’oii le fient en fusion pendant un mois, comme l’a fait Kimckel, .l’ai d(\jà dit que je doutais heaueoup de rexactilude de son expérience, et je suis persuade que l’argent perd par le feu une quantité sensible de sa substance, et qu’il en perd d autant plus que le leu est plus violent et appliqué plus longtemps.

L’argent offre dans ses dissolutions différents phénomènes dont il est bon de faire ici mention. Lorsqu’il est dissous par 1 acide nitreux, on observe que si l’argent est à peu près pur, la couleur de cetle dissolution, qui d’abord est un peu verdâtre, devient ensuite très-blanche, et que quand il est mêlé d’une petite quantité de cuivre, elle est constamment verte.

Les dissolulions des métaux sont en général plus corrosives que l’acide même dans lequel ils ont été dissous : mais celle de l’argent par l’acide nitreux, l’est au plus haut degré 5 car elle produit des cristaux si caustiques qu’on a donné à leur masse réunie par la fusion le noiu de pierre infernale. Pour obtenir ces cristaux, il faut que l’argent et l’acide nitreux aient été employés purs. Ces cristaux se forment dans la dissolution par le seul refroidissement; ils n’ont que peu de consistance, et sont blancs et aplatis en forme de paillettes ; ils se fondent très-aisément au feu et longtemps avant d’y rougir; et c’est celte masse fondue et de couleur noirâlrc qui est la pierre inlcrnale.

Il y a plusieurs moyens de retirer l’argent de sa dissolution dans l’acide nitreux; la seule action du feu, longtemps continuée, suffit pour enlever cet acide : on peut aussi précipiter le métal par les autres acides, vitriolique ou marin, par les alcalis et par les métaux qui, comme le cuiv’re, ont plus d’affinité (lue l’argent avec l’acide nitreux.

L’argent, tant qu’il est dans l’état de métal, n’a point d’affinité avec l’acide marin : mais dès qu’il est dissous, il se combine aisément, et même fortement avec cet acide ; car la mine d’argent cornée parait être formée par l’action de l’acide marin *. Cetle mine se fond Irès-aiscment, et même se volatilise à un feu vdolent *.

L’acide vitriolique atla(iue l’argent en masse au moyen de la chaleur ; il le dissout même complétemeni ; et en faisant distiller cette dissolution, l’acide |)assc dans le récipient, et forme un sel qu’on peut appeler vitriol d'argent.

• Élcmciits de Cliimie, par M. de Moiveau, tome I, pat;c 1 1.1.

U On relire de la l.uiie-eornéc rargeiit liica plus pur que celui de la coupelle; mais <i l’opération est laborieuse, et piésente un pliénomène intéressant. L’argent qui, comme « l’on suit, est une sulistauee très-lixe, y acquiert une telle volatilité qu’il est capable de « s’élever comme le mercure, de percer les couvercles des creusets, etc... Il faut aussi qu il • éprouve, dans cet état, une sorte d’attraction de transmission au travers des pores des « vaisseaux les plus compactes, puisque l’on trouve une quantité de grenailles d argent dis- « séminées jusque dans la tourte qui supportait le creuset. « Éléments de cliimie, par M. de Murvean, tome I, page

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Les acides animaux et végétaux, comme l’acide des fourmis ou celui du vinaigre, n’attaquent point l'argent dans son état de métal; mais ils dissolvent très-bien ses précipités.

Les alcalis n’ont aucune action sur l’argent, ni même sur scs précipités; mais lorsciu’ils sont unis aux principes du soufre, comme dans le foie de soufre , ils agissent puissaimiient sur la substance de ce métal, qu’ils noircissent et rendent aigre et cassant.

Le soufre, qui facilite la fusion de l’argent, doit par conséquent en altérer la substance; cependant il ne l’attaque pas comme celle du fer et du cuivre qu’il transforme en pyrite. L’argent fondu avec le soufre peut en être séparé dans nn instant, |)ar l’addition du nitre qui, après la détonation, laisse l’argent sans perte sensible ni diminution de poids. Le nitre réduit au contraire le fer et le cuivre en chaux, parce qu’il a une action directe sur ces métaux et qu’il n’en a point sur l’argent.

La surface de l’argent ne se convertit point en rouille par l’impression des éléments humides, mais elle est sujette à se ternir, se noircir et ce colorer : on peut même lui donner l’apparence et la couleur de l’or, en l’exposant à certaines fumigations, dont on a eu raison de proscrire l’usage pour éviter la fraude.

On emploie utilement l’argent battu en feuilles minces pour en couvrir les autres métaux, tels que le cuivre et le fer; il sufQt pour cela de bien nettoyer la surface de ces métaux et de les faire chauffer : les feuilles d’argent qu’on y applique s’y attachent et y adhèrent fortement. Mais comme les métaux ne s’unissent qu’aux métaux, et qu’ils n’adhèrent à aucune autre substance, il faut, lorsqu’on veut argenter le bois ou toute autre matière qui n’est pas métallique, se servir d’une colle faite de gomme ou d’huile, dont on cmluit le bois par plusieurs couches qu’on laisse séchei- avant d’appliquer la feuille d’argent sur la dernière : l’argent n’est en effet que collé sur l’enduit du bois, et ne lui est uni que par cet intermède dont ou peut toujours le séparer sans le secours de la fusion, et en faisant seulement brûler la colle à laquelle il était attaché.

Quoique le mercure s’attache promptement et assez fortement à la surface de l’argent, il n’en pénètre pas la masse à l’intérieur; il faut le triturer avec ce métal pour en faire l’amalgame.

Il nous reste encoi'c à dire un mol du fameux arbre de Diane, dont les charlatans ont si fort abusé, en faisant croire qu’ils avaient le secret de donner à l’or et à Targcnl la faculté de croitre et de végéter comme les plantes : néanmoins cet arbre métallique n’est qu’un assemblage ou accumulation des cristaux produits par le travail de l’acide nitreux sur l’amalgame du mercure cl de l’argent. Ces cristaux se groupent successivement les uns sur les autres, et s’accumulant par superposition, ils représentent grossièrement la ligure extérieure d’une végétation. *.

Pour fnrmpr l’arlirr do Diane, nn fait dissoiulrc, ensemble ou séparément, quatre gros

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