‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de CuvierChapitre 8 sur 93 · ADRESSE · texte numérisé non relu

ADRESSE

A MM. DE t’ACADÉMlE FRANÇAISE.

Que de grands objets, messieurs, frappent ici mes yeux! et quel style et ([uel ton laudrait-il employer pour les j)cindrc et les représenter dignement! L'élite des liommes est assemblée, la .sagesse est à leur tète. La gloire, assise au milieu d'eux, répand scs rayons sur chacun et les couvre tous d'un éclat toujours le même et toujours renaissant. Des traits d'une lumière plus vive encore partent de sa couronne immortelle, et vont se réunir .sur le front auguste du plus puissant et du meilleur des rois *. .le le vois ce héros, ce prince adorable, ce maître si cher. Quelle nohlcs.se dans tous ses traits! quelle majesté dans toute sa personne! que d'àme et de douceur naturelle dans ses regards! Il les tourne vers vous, messieurs, et vous brillez d’un nouveau feu; une ardeur plus vive vous embrase ; j’enlends déjà vos divins ''>cce.nts et les accords de vos voix; vous les réunissez pour célébrer ses verpour chanter ses victoires, pour applaudir à notre bonheur; vous les •'•^unissez pour faire éclater votre zèle, exprimer votre amour, et transmettre

la postérité des sentiments dignes de ce grand prince et de ses descendants. Quels concerts ! ils pénètrent mon cœur; ils seront immortels comme le nom de Louis.

Dans le lointain, quelle autre scène de grands objets! le génie de la 1* rance, qiu parle à Richelieu et lui dicte à la fois l'art d'éclairer les hommes et de faire régner les rois. La justice et la science qui conduisent Séginer, et I élèvent de concert à la première place de leurs tribunaux. La victoire ([ni savanceà grands pas, et précède le char triouq)hal de nos rois, oùLouisle-Grand, assis sur des trophées, d’une main donne la paix aux nations vaincues, et de l’autre rassemble dans ce palais les muscs dispersées. Et près de moi, messieurs, quel autre objet intéressant! la Religion en pleurs, qui vient <’m[irunter l'organe de l'éloquence pour exprimer sa douleur, et semble m’accuser de sus|)endre trop longtemps vos regrets sur une perte que nous dc- 'ens ressentir avec elle **.

* l ouis w.

t'oIU; (le M. l.aipiviKjl de Gergy. archevètjuc de .Suis, auquel j'ai siicctidii à l’Académie fiaiKjaisc.

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