ET DU GYPSE
à tfne, oïl miroir fine s n'aurait Jamais dû sortir de la plume de nos docteurs.
Le gypse est transparent, et s'exfolie, comme fa talc, en lames étendues et minces ; il perd de même sa transparence au feu : mais il en diffère même à l'extérieur , en ee que le taie est plus doux et comme onctueux an toucher : il en diffère «ussi par sa cassure spathitjot et chatoyante; il est calculable, et le talc ne l'est pas 1 le plus petit degré de feu rend opaque fa gypse te plus transparent * et il prend , par la calcination * plus de blancheur que l'autre plâtré.
De quelque forme que soient les gypsea , ce sout toujours des stalactites du plâtre qu'on peut comparer aux spaths des matières calcaires» Ces stalactites gypseuses sont composées ou de grandes lames appliquées les unes contre les autres , ou de simples filets posés verticalement les Uns sur les autres, ou enfin de grains à facettes irrégulièree , réunis latéralement les uns auprès des autres; mais toutes ees stalactites gypseuses sont transparentes , et par conséquent plus pures que les stalactites communes de la pierre calcaire * : et quand je réduis à ees trois formes de lames , de filets, et de grains, les cristallisations gypseuses , e'est seulement parce qu'elles se trouvent le plus communément; car je ne prétends pas exdure les autres formes qui ont été ou qui seront remarquées par \è& observateurs , puisqu'ils trouveront en ce genre, comme je l'ai moi-même observé dans les spaths calcaires, des variétés presque innombrables dans la figure de ces cristallisations, et qu'en général la forme
t. il. Sage, Mirant chimiste de l'Académie de» Science», distingue neuf espèces de matières pli. treuses t i° la terre gypseuse , blanche et friable comme la craie, et qui n'en diffère qu'en ce qu'elle ne fait point effervescence arec les acides ; a* l'albâtre gypseux , qui est susceptible de pnll , et qui est ordinairement demi transparent; 3° la pierro è plâtre, qui n'nst point susceptible de poli; 4° le gypse ou sélénite cunéiforme, appelé aussi pierre sj/ecu/airt, miroir d'à/te, et vulgairement tmlc dm Montmmrirtt S° legvpse ml sélénite rhomboldale, dont il a trouvé de» morceaux dans une argile rouge Ml grise de la montagne de Saint-Germaiu-en- Laye; 6" le gypse ou sélénite prismatique décaèdre, dont il a vu des morceaux dans l'argile noire de Picardie; 7* la sélénite basaltine en prismes hexaèdres dans une argile grise de Montmartre ; 8° legjpse ou sélénite lenticulaire, dont les cristaux sont opaques ou dnni transparens , et forment des groupes composés de petites masses orbiculaires renflées dans ie milieu , amincies vers les bords; ç° enfin le gypse ou sélénite striée, coinposée de fibres blanches, opaques, et parallèles , ordinairement brillantes et satinées : on la trouve en Franche- Comté , à la Chine, en Sibérie, et os lui donné eomsf îaéiftSbt le «soi «V £*/#* é% le Chtm.
MUtÉRAUX.
de cristallisation n'est pas un caractère constant, mais plus équivoque et plus variable qu'aucun autre des caractères par lesquels on doit distinguer les minéraux.
Nous pensons qu'on peut réduire à trois classes principales les stalactites transparentes de tous les genres : i° les cristaux quartzeux ou cristaux de roche» qui sont les stalactites du genre vitreux , et sont en même temps les plus dures et les plus diaphanes ; 2° les spaths , qui sont les stalactites des matières calcaires , et qui ne sont pas , à beaucoup près , aussi dures que les cristaux vitreux; 3° les gypses, qui sont les stalactites des matières plâtreuses , et qui sont les plus tendres de toutes. Le degré de feu qui est nécessaire pour faire perdre la transparence à toutes ces stalactites paroit proportionnel à leur dureté : il ne faut qu'une chaleur très-médiocre pour blanchir le gypse et le rendre opaque ; il en faut une plus grande pour blanchir le spath et le réduire en chaux ; et enfin le feu le plus violent de nos fourneaux ne fait que très-peu d'impression sur le cristal de roche , et ne le rend pas opaque. Or la transparence provient en partie de l'homogénéité de toutes les parties constituantes du corps transparent; et sa dureté dépend du rapprochement de ces mêmes parties, et de leur cohésion plus ou moins grande : selon que ces parties intégrantes seront elles-mêmes plus solides , et à mesure qu'elles seront plus rapprochées les unes des lutres par la force de leur affinité , le corps •transparent sera plus dur. Il n'est donc pas nécessaire d'imaginer , comme l'ont fait les chimistes, une eau de cristallisation, et de dire que cette eau produit la cohésion et la transparence , et que la chaleur la faisant évaporer , le corps transparent devient opaque , et perd sa cohérence par cette soustraction de son eau de cristallisation : il suffit de penser que, la chaleur dilatant tous les corps, un feu médiocre suffit pour briser les foibles liens des corps tendres , et qu'avec un feu plus puissant on vient à bout de séparer les parties intégrantes des corps les plus durs; qu'enfin ces parties séparées et tirées hors de leur sphère d'affinité ne pouvant plus se réunir , le corps transparent est pour ainsi dire désorganisé , et perd sa transparence, parce que toutes ses parties sont alors situées d'une manière différente de ce qu'elles étoient auparavant.
Il y a des plâtres de plusieurs couleurs. Le plâtre le plus blanc est aussi le plus pur, et celui qu'on emploie le plus communément dans tes enduits pour couvrir le plàu-e
gris, qui feroit un mauvais effet à l'œil, et qui est ordinairement plus grossier que le blanc. On connoît aussi des plâtres rougeâtres, jaunâtres, ou variés de ces couleurs; elles sont toutes produites par les matières ferrugineuses et minérales dont l'eau se charge en passant à travers les couches de la terre végétale; mais ces couleurs ne sont pas dans les plâtres aussi fixes que dans les marbres; au lieu de devenir plus foncées et plus intenses par l'action du feu , comme il arrive dans les marbres chauffés, elles s'effacent au contraire dans les plâtres au même degré de chaleur, en sorte que tous les plâtres après la calcination sont dénués de couleurs, et paroissent seulement plus ou moins blancs. Si l'on expose â l'action du feu le gypse composé de grandes lames minces, on voit ces lames se désunir et se séparer' les unes des autres; on les voit en même temps blanchir et perdre toute leur transparence. Il en est de même du gypse en filets ou en grains; la différente figure de ces stalactites gypseuses n'en change ni la nature ni les propriétés. *
Les bancs de plâtre ont été, comme ceux des pierres calcaires , déposés par les eaux en couches parallèles , séparées par lits horizontaux; mais, en se desséchant, il s'est formé dans tout l'intérieur de leur masse un nombre infini de fentes perpendiculaires qui la divisent en colonnes à plusieurs pans. M. Def marest a observé cette figuration dans les bancs de plâtre à Montmartre ; ils sonl entièrement composés de prismes posés verticalement les uns contre les autres , et ce savant académicien les compare aux prismes de basalte , et croit que c'est par la retraite de la matière que cette figuration a été produite; mais je pense au contraire, comme je Pai déjà dit , que toute matière ramollie par le feu ou par l'eau ne peut prendre cette figuration , en se desséchant , que par son renflement et non par sa retraite , et que ce n'est que par la compression réciproque que ces prismes peuvent s'être formés et appliqués verticalement les uns contre les autres. Les basaltes se renflent par l'action du feu qu'ils contiennent, et l'on sait que le plâtre en se séchant , au lieu de faire retraite , prend de l'extension; et c'est par cette extension de volume et par ce renflement réciproque et forcé que les différentes parties de sa masse prennent cette figure prismatique à plus ou moins de faces, suivant la résistance plus ou moins grande de la matière environnante.
te plâtre semble différer de toutes les tu*
DU PLATRE ET DU GYPSE
très matières par la propriété qu'il a de prendre très- prompte ment de la solidité, après avoir été calciné , réduit en poudre, et détrempé avec de l'eau ; il acquiert même tout aussi promntement, et sans addition d'aucun sable ni ciment , un degré de dureté égal à celui du meilleur mortier fait de sable et de chaux : il prend corps de lui-même, et devient aussi solide que la craie la plus dure ou la pierre tendre; il se moule parfaitement , parce qu'il se renfle en se desséchant : enfin il peut recevoir une sorte de poli qui, sans être brillant, ne laisse pas d'avoir un certain lustre.
La grande quantité d'acides dont la matière calcaire est imprégnée dans tons les plâtres, et môme saturée, ne fait en somme qu'uue très-petite addition de substance; car elle n'augmente sensiblement ni le volume ni la masse de cette même matière calcaire : le poids du plaire est à peu près épi à celui de la pierre blanche dont on fait de la chaux ; mais ces dernières pierres perdent plus du tiers et quelquefois moitié de leur pesanteur en se convertissant en chaux , au lieu que le plâtre ne perd qu'environ un quart par la calcination1. De même
i. J*ai mis dans le foyer d'une forge an morceau de plâtre dn poids de deux livre» , et , «près loi «voir fait éprouver une chaleur de la plus grande violence pendant l'espace de près de huit neurea , lorsque je l'en ai tiré il ne pesoit plus que ringt-quatre onces trois gros : il m'a paru qu'il avoit beaucoup diminué de volume; sa couleur «toit devenue jaunâtre ; il étoit beaucoup plus dur qu'auparavant , Surtout à sa surface ; il n'avoit ni odeur ni goût , e» "eau-forte n'y a fait auenne impression. Après l'avoir broyé avec peine , je l'ai détrempé dans une suffisante quantité d'eau ; mais il ne s'en est pas plus imbibé que si c'eût été du Terre en poudre, et il n'a acquis ensuite ni dureté ni cohésiou. J'ai répété encore cette expérience de la manière suivante : J'ai fait calciner un morceau de plâtre dans un fourneau à chaux , et au degré de chaleur nécessaire pour la calcination de la pierre; après l'avoir retiré du fourneau , j'ai ob- •ervé que sa superficie s'étoit durcie , et étoit devenue jaunâtre ; mais ce qui m'a surpris , c'est que ce plâtre exhaloit une odeur de soufre extrêmement pénétrante; l'ayant cassé, je l'ai trouvé plus tendre â l'intérieur que lorsqu'il a été cuit à la manière ordinaire , et , au lieu d'être blanc, il étoit d'un bleu clair. J'ai remis encore une partie de ce morceau de plâtre dans un fourneau de la même «pwe : sa superficie y a acquis beaucoup plus de durrté : l'intérieur étoit aussi beaucoup plus dur qu'auparavant ; le feu avoit enlevé sa couleur bleue, et Todour du soufre se faisoit sentir beaucoup moins : celui qui n'avoit éprouvé que la première calcination s'est réduit facilement eu poudre; l'autre, au contraire, étoit parsemé de grains trèsdurs, qu'il falloît casser à coups de marteau. Ayant détrempé ces deux morceaux de plâtre pulvérisés dins de l'eau pour essayer d'en former une pâte, I* premier a exhalé une odeur de soufre ai forte et
il faut une quantité plus que double d'eau pour fondre une quantité donnée de chaux, tandis qu'il ne faut qu'une quantité égale
si pénétrante que j'avois peine à la supporter ; mais je ne me suis pas aperçu que le mélange de l'eau ait rendu l'odeur du second plus sensible ; et ils iv'ont acquis l'un et l'autre , en se desséchant , ni dureté ni cohésion.
J'ai fait calciner un autre morceau de plâtre du poids d'environ trois livres , au degré de rbaleur qu'on fait ordinairement éprouver à cette pierre lorsqu'on veut l'employer : après avoir broyé ce plâtre, je l'ai détrempé dans douze pintes d'eau de fontaine , que j'ai fait bouillir pendant l'espace de deux heures dans des vaisseaux de terre vernissés : j'ai versé ensuite l'eau par inclination dans d'autres vaisseaux ; et, «près l'avoir filtrée, j'ai continué de la faire .évaporer par ébullition : pendant l'évaporaliou, sa superficie s'est couverte d une pellicule formée de petites concrétions gypseuses, qui se précipitoient au fond do vaisseau lorsqu'elles avoient acquis un certain volume. La liqueur étant réduite à la quantité d'une bouteille , j'en ai séparé ces concrétions gypseuses qui pesoient environ une once, et qni étoient blanches et demi transparentes; en ayant mis sur des charbons allumés , loin d'y acquérir une plus grande blancheur, comme il serait arrivé au plâtre cru , elles y sont devenues presque aussitôt brunes. J'ai filtré la liqueur, qui étoit alors d'un jaune clair el d'un goût un peu lixiviel ; et, l'ayant fait évaporer au feu de sable dans un grand bocal, il s'y est encore formé des concrétions gypseuses : lorsque la liqueur a été réduite à la quantité d'un verre , sa couleur m'a paru plus foncée ; et , l'ayant goûtée , j'y ai démêlé une saveur acide et néanmoins salée;
1*e l'ai filtrée avant qu'elle ait été refroidie , et 'ayant mise dans un lieu frais , j'ai trouvé , le lendemain , au fond du vaisseau , trente-six grains de nitre bien cristallisé, formé en aiguilles ou petites colonnes à six faces, qui s'est enflammé sur les charbons en fulminant comme le nitre le plus pur : j'ai fait ensuite évaporer, pendant quelques instans , le peu de liqueur qui me restoit , et j'en ai encore retiré la même quantité de matière saline , d'une espèce différente, â la vérité, de la première ; car c'étoit du sel marin , sans aucun mélange d'autres sels , qui étoient cristallisés eu cubes, mais dont la face attachée au vaisseau avoit la forme du sommet d'une pyramide dont l'extrémité auroit été ' coupée : le reste de la liqueur s'est ensuite épaissi, et il ne s'y est formé aucuns cristaux salins.
J'ai fait calciner dans un fourneau à chaux un autre morceau de plâtre : il pesoit , après l'avoir calciné , dix onces ; sa superficie étoit devenue trèsdure , et il exhaloit une forte odeur de soufre ; l'ayant cassé , l'intérieur s'est trouvé très-blanc , mais cependant parsemé de taches et de veines bleues , et l'odeur sulfureuse étoit encore plus pénétrante au dedans qu'au dehors. Après l'avoir broyé, j'ai versé quelques gouttes d'eau-forte sur une pincée de ce plâtre , el il a été sur-le-rhamp dissous avec beaucoup d'effervescence , quoique les esprits acides soient sans action sur le plâtre cru , et sur celui qui n'a éprouvé qu'une chaleur modérée ; j'en ai ensuite détrempé une once avec de l'eau : mais ce mélange ne s'est point échauffé d'une manière sensible, comme il seroit arrivé à la chaux ; cependant il s'en est élevé des vapeurs sulfureuses extrêmement pénétrantes • ce plâtre a été long*
MINÉfeAtR.
d'eau pour détremper le plâtre calciné, c'est-à-dire plus de deux livres d'eau pour une livre de chaux vive, et une livre d'eau seulement pour une livre de plâtre calciné. Une propriété commune à ces deux matières , c'est-à-dire à la chaux et au plâtre calciné, c'est que toutes deux exposées à l'air , après la calcination , tombent en pous-» sière et perdent la plus utile de leurs propriétés : on ne peut plus les employer dans «et état. La chaux , lorsqu'elle est ainsi décomposée par l'humidité de l'air, he fait plus d'ébullition dans l'eau , et ne s'y détrempe ou délaie que eomme la craie ; elle n'acquiert ensuite aucune consistance par le dessèchement, et ne petit pas même reprendre par
temps i M sécher* et il n'a acquis ni dureté ni adhésion.
On sait , en général , que les eorps qui sont imprégnés d'une grande ((nanti té de sels et de soufre sont ordinairement très-durs t telles sont les pyrites titrioliques , et plusieurs autres concrétions minérales. On obserre, de pins , que certains sels ont la propriété de s'imbiber d'une quantité d'eau trèsconsidérable , et de faire paraître les liquides sous use forme sèche et solide. Si on fait dissoudre dans Une quantit5 d'eau suffisante une livre de sel do Glanber, qu'on aura fait sécber auparavant à la chaleur du feu ou aux rayons du soleil* jusqu'à ce qu'il soit réduit en une poudre blanche, on retirera de cette dissolution environ trois livres de sel bien cristallisé ; ce qui prouve que l'eau qu'il peut absorber est en proportion double de son poids : it te peut donc faire que la petite quantité de sel que le plâtre contient contribue en quelque chose à sa cohésion ; mais je suis persuadé que c'est principalement au soufre auquel il est uni qu'on doit attribuer la cause du prompt dessèchement et de la dureté qu'il acquiert , après avoir éprouvé l'effervescence, en comparaison de celle qu'acquiert la chaux vive jetée dans l'eau. Cette effervescence est cependant assez semblable et très réelle* puisqu'il y a un mouvement intestin , chaleur sensible* et augmentation de volume : or toute effervescence occasionne une raréfaction et même une génération d'air ; et c'est par cette raison que le plâtre se renfle et qu'il pousse en tous sens , même après qu'il a été mis en oeuvre : mai» cet air produit par l'effervescence est bientôt absorbé et fixé de nouveau dans les substances qui abondent en soufre. Rn effet , selon M. Haies (Statistique des végétaux , expér. CIII) , le soufre absorbe l'air, non seulement lorsqu'il brûle, mais même lorsque les matières on 11 se trouve incorporé fermentent : it donne pour exemple des mèches faites de charpie de vieux linges trempés dans du soufre fondu et ensuite enflammé* qui absorbèrent cent quatre-vingt-dix-huit pouces cubiques d'air. On sait d'ailleurs que cet air ainsi fixé, et qui a perdu son ressort, attire avec autant de force qu'il repousse dans son état d'élasticité : on peut donc croire que le ressort de l'air contenu dans le plâtre ayant été détruit, durant l'effervescence, par le soufre auquel il est uni, les parties constituantes de ce mixte s'attirent alors mutuellement , et se rapprochent assez pour lui donner la dureté et la densité que nous lui voyons prendre en aussi peu de tempe. (Note communiquée par M. Nadault.)
une seconde calcination 1& (JuâUtéS d* là Chaux vive : et de même le plâtre en poudre ne se durcit plus lorsqu'il a été éventé; c'està-dire abandonné trop long-temps aux injures de l'air.
La chaux fondue n'acquiert pas à la longue , ni jamais par le simple dessèchement, le même degré de consistance que le plâtre prend en Ires-peu de temps après avoir été comme la pierre calcaire , calciné par le feu et détrempe dans l'eau. Cette différence vient en grande partie de la manière dont on opère sur ces deux matières. Pour fondre la chaux, on la noie d'une grande quantité d'ean qu'elle saisit avidement ; dès lors elle fermente , s'échauffe , et bout en exhalant une odeur forte et lixivielle. On détrempe le plâtre calciné avec une bien moindre quantité d'eau ; il s'échauffe aussi, mais beaucoup moins , et il répand une odeur désagréable qui approche de celle du foie de soufre. 11 se dégage donc de la pierre à chaux, comme de la pierre à plâtre , beaucoup d'air fixe , et quelques substances volatiles , pyritenses, bitumineuses, et salines, qui servent détiens à leurs parties constituantes, puisqu'étant enlevées par l'action du feu leur cohérence est en grande partie détruite : et ne doit-on . pas attribuer à ces mêmes substances volatiles fixées par l'eau la cause de la consistance que reprennent le plâtre et les mortiers de chaux ? En jetant de Peau sur la chaux, on fixe les molécules volatiles auxquelles ses parties solides sont unies : tant que dure l'effervescence, ces molécules volatiles font ef-. fort pour s'échapper ; mais lorsque toute effervescence a cessé , et que la chaux est entièrement saturée d'eau, on peut la conserver pendant plusieurs années , et même pendant des siècles, sans qu'elle se dénature, saas même qu'elle subisse aucune altération sensible. Or c'est dans cet état que l'on emploie le plus communément la chaux pour en faire du mortier ; elle est donc imbibée d'une si grande quantité d'eau , qu'elle ne peut acquérir de la consistance qu'en perdant une partie de cette eau par la sécheresse des sables avec lesquels on la mêle ; il faut même un très-long temps pour que ce mortier se sèche et se durcisse en perdaut par une lente évaporât iou toute son eau superflue; mais comme il ne faut au contraire qu'une petite quantité d'eau pour détremper le plâtre , el que s'il en cloit noyé comme la pierre à chaux il ne se sècheroit ni ne durcirait pas plus tôt que le mortier , on saisit, pour l'employer , le moment où l'effervescence est encore sensible ; et quoique cette
DU PLÂTRE Et DU GYPSE.
effervescence seit bien plut foible que celle de la chaux bouillante, cependant elle n'est pas sans chaleur, et même cette chaleur dure pendant une heure ou deux ; c'est alors que fe plâtre exhale la plus grande partie de son odeur. Pris dans cet état et disposé par la main de l'ouvrier, le plâtre commence par se renfler , parce que ses parties spongieuses continuent de se gonfler de l'eau dans laquelle il a été détrempé ; mais , peu de temps après , il se durcit par un dessèchement entier. Ainsi l'effet de sa prompte cohésion dépend beaucoup de l'état où il se trouve au moment qu on l'euiploie; la preuve en est que le mortier fait avec de la chaux vite se sèche et se durcit presque aussi promptement que le plâtre gâché , parce que la chaux est prise alors dans le même état d'effervescence que le plâtre. Cependant ce n'est qu'avec beaucoup de temps que ces mortiers faits avec la chaux , soit vive , soit éteinte , prennent leur entière solidité , au lieu que le plâtre prend toute la sienne dès fe premier jour. Enfin cet endurcissement du plâtre, comme le dit très-bien M. Macquer, « peut venir du mélange de celles de ses parties qui ont pris un caractère de chaux vire, pendant la calcination , avec celles qui u'ont pas pris un semblable caractère et qui servent de ciment » Mais ce savant chimiste ajoute que eela peut venir aussi de ce que le plâtre reprend tenu de sa cristallisation , et n cristallise de nouveau précipitamment et confusétnent. La première cause me paroît si simple et si vraie, que je suis surpris de ^alternative d'une seconde cause, dont on ne connoit pas même l'existence : car celte eau de cristallisation n'est, comme le phlogistique, qu'un être de méthode, et non de la nature.
Les plâtres n'étant que des craies ou des poudres de pierres calcaires imprégnées et saturées d'acides, on trouve assez souvent des couches minces de plâtre entre les lits d'argile , comme l'on y trouve aussi de petites couches de pyrites et de pierres calcaires. Toutes ces petites couches sont de nouvelle formation , et proviennent également dn dépôt de l'infiltration des eaux. Comme l'argile contient des pyrites et des acides, et qu'en même temps la terre végétale qui lt couvre est mêlée de sables calcaires et de parties ferrugi rieuses, l'eau se charge de toutes ces particules calcaires, pvriteuses, acides , et ferrugineuses , et les dépose ou séparément ou confusément entre les joints horizontaux et les petites fentes verticales des bancs ou lits d'argile. Lorsque l'eau n'est
chargée que des molécules de sable calcaire pur, son sédiment forme une concrétion calcaire tendre , ou bien une pierre semblable i toutes les autres pierres de seconde formation; mais quand l'eau se trouve à la fois chargée d'acides et de molécules calcaires , son sédiment sera du plâtre. Et ce n'est ordinairement qu'à une certaine profondeur dans l'argile que ces couches minces de plâtre sont situées , au lieu qu'on trouve les petites couches de pierres calcaires entre les premiers lits d'argile. Les pyrites se forment de même , soit dans la terre végétale , soit dans l'argile, par la substance du feu fixe réunie à la terre ferrugineuse et à l'acide. Au reste, M. Pott a eu tort de douter que le plâtre fût une matière calcaire, puisqu'il n'a rien de commun avec les matières argileuses que l'acide qu'il contient , et que sa base , ou , pour mieux dire, sa substance est entièrement calcaire , tandis que celle de l'argile est vitreuse.
Et de même que les sables vitreux se sont
Elus ou moins imprégnés des acides et du itume des eaux de la mer en se convertissant en argile , les sables calcaires, par leur long séjour sous ces mêmes eaux, ont dû s'imprégner de ces mêmes acides . et former des plâtres, principalement dans les endroits où la mer étoit le plus chargée de sels : aussi les collines de plâtre, quoique toutes disposées par lits horitoutaux, comme celles des pierres calcaires , ne forment pas des chaînes étendues , et ne se trouvent qu'en quelques endroits particuliers; il y a même d'assez grandes contrées où il ne s'en trouve point du tout
Les bancs des carrières à plâtre , quoique superposés horizontalement, ne suivent pas la loi progressive de dureté et de densité qui s'observe dans les bancs calcaires ; ceux de plâtre sont même souvent séparés par des lits interposés de marne, de limon, de glaise, et chaque banc plâtreux est pour ainsi dire de différente qualité , suivant la proportion, de l'acide mêlé dans la substance calcaire. Il y a aussi beaucoup de plâtres imparfaits , parce que la matière calcaire est très-souvent mêlée avec quelque autre terre* en sorte qu'on trouve assez communément un banc de très-bon plâtre entre deux bancs de plâtre impur et mélangé.
Au reste, le plâtre cru le plus blanc ne l'est jamais autant que le plâtre calciné , et tous les gypses ou stalactites de plâtre, quoique transparens, sont toujours un peu colorés» et ne deviennent très-blancs que. par la calcination; cependant l'on trouve en
MINÉRAUX
quelques endroits le gypse d'un blanc transparent dont nous avons parle , et auquel on a donné improprement le nom tfalbâtr*.
Le gypse est le plâtre le plus pur> comme le spath «st aussi la pierre calcaire la plus pure : tous deux sont des extraits de ces matières , et le çypse est peut-être le plus abondant proportionnellement dans les bancs plâtreux que le spath ne l'est dans Wbancs calcaires ; car on trouve souvent entre les lits de pierre à plâtre des couches de quelques pouces d'épaisseur de ce même gypse transparent et de figure régulière. Les fentes perpendiculaires ou inclinées , qui séparent de distance à autre les blocs des bancs de plâtre, sont aussi incrustées et quelquefois entièrement remplies de gypse transparent et formées de filets allongés; et il paraît en général qu'il y a beaucoup moins de stalactites opaques dans les plâtres que dans les pierres calcaires.
Les plâtres colorés, gris, jaunes, ou rouceâtres , sont m Vengés de parties minérales : la craie ou la pierre blanche réduite en poudre aura formé les plus beaux plâtres : la marne, oui est composée de poudre de pierre, mais mélangée d'argile ou de terre limoneuse , n'aura pu former qu'un plâtre impur et grossier , plus ou moins coloré suivant la Quantité de ces mêmes terres : aussi voit-on dans les carrières plusieurs bancs de plâtres imparfaits, et le bon plâtre se fait souvent chercher bien au dessous des autres.
Les couches de plâtre, comme celles de craie, ne se trouvent pas sous les couches des pierres dures ou des rochers calcaires ; et ordinairement les collines à plâtre ne sont composées que de petit gravier calcaire, de tuffeau, qu'on doit regarder comme une poussière de pierre , et enfin de marne , qui n'est aussi que la poudre de pierre mêlée d'un peu de terre. Ce n'est que dans les couches les plus basses de ces collines, et au dessous de tous les plâtres , qu'on trouve ' quelquefois des bancs calcaires avec des impressions de coquilles marines. Ainsi toutes ces poudres de pierre , soit craie , marne ou tuffeau , ont été déposées par des alluvions postérieures , avec les plâtres , sur les bancs de pierre qui ont été forcés les premiers, et la masse entière de la colline plâtreuse porte sur celte pierre ou sur l'argile ancienne et le schiste , qui sont le fondement et la base générale et commune de toutes les matières calcaires et plâtreuses.
Comme le plâtre est une matière très-utile, il est bon de donner une indication des dif* férens lieux qui peuvent en fournir, et où
il se trouve par couches d'une certaine étendue , à commencer par la colline de Mont • martre à Paris : on en tire des plâtres blancs, gris , rougeâtres , et il s'y trouve une trèsgrande quantité de gypse, c'est-à-dire des stalactites transparentes et jaunâtres en assez grands morceaux plus ou moins épais, et composés de lames minces appliquées les unes contre les autres. Il y a aussi de bon plâtre à Passy , à Montreuil près de Creteil , à Gagny , et dans plusieurs endroits aux environs de Paris : on en trouve de même à Decize en Nivernois, à Sombernon près de "Vitteaux en Bourgogne , où le gypse est blanc et très - transparent. « Dans le village de Charcey , situé à trois lieues au couchant de Châlons-sur-Saône, sur la route de cette ville à Autun, il y a, m'écrit M. Domorey, des carrières de très-beau plâtre blanc et gris. Ces carrières s'étendent dans une grande partie du territoire; elles sont à peu de profondeur en terre : on les découvre souvent en cultivant les vignes qui couvrent la colline où jelles se trouvent ; elles sont placées presque au pied dti coteau, qui est dominé de toutes parts des montagnes les plus élevées du pays. La surface de tout le coteau n'est pas sous des pentes uniformes; elle est au contraire coupée presque en tous sens par des anciens ravins qui forment dans ce pays un nombre de petits monticules disposés sur la croupe générale de la montagne. Ce plâtre est de la première qualité pour l'intérieur des appartemens , mais moins fort que celui de Montmartre et que celui de Salins en Franche- Comté, lorsqu'il est exposé aux injures de Pair x. m M. Guettard a donné la descriptioa de la carrière à plâtre de Serbeville en Lorraine, près de Lunéville. Dans cette plitrière les derniers bancs ne portent pas sui l'argile , mais sur un banc de pierres calcaires mêlées de coquilles. Il a aussi parlé de quelques-unes des carrières à plâtre du Danphiné ; et , en dernier lieu , M. Pralon a très-bien décrit celle de Montmartre près Paris.
En Espagne , aux environs de Molina , il y a plusieurs carrières de plâtre ; on en voit une colline entière à Doveono près de Liria, et Ton y voit des bancs de plâtre blanc, gris, et rouge. On trouve aussi du plâtre rouge au sommet d'une montagne calcaire à Albaracin , qui paraît être l'un des lieux les plus élevés de l'Espagne , et il y en a de même près d'Alicante , qui est un des lieux
t. Note communiquée par M. Damorey, ingénieur en chef de la province de Bourgogne, à M* 4f Bftffon, >> juillet 1779»
DU PLATRE ET DU GYPSE
les plus bas , puisque cette ville est située lur les bords de la mer : elle est voisine d'une colline dont les bancs inférieurs sont de plaire de différentes couleurs.
En Italie , le comte MarsigU a donné la description de la carrière à plâtre de Saint- Raphaël, aux environs de Bologne , où Ton a fouillé à plus de trois cents pieds de profondeur. On trouve aussi du bon plâtre dans plusieurs provinces de l'Allemagne, et il y en a de très-blanc dans le duché de Wirtemberg.
« Dans quelques endroits de la Pologne , dit M. Guettard , le vrai plâtre n'est pas rare. Celui de Rohatin (starostie de Russie) est entièrement semblable au plâtre des environs de Paris, que l'on appelle^rj^Tiarrf.' il est composé de morceau* de pierres spéculaires jaunâtres et brillantes, qui affectent ane figure triangulaire. Les bancs de cette pierre sont de toutes sortes de largeurs et d'épaisseurs. » On trouve encore du plâtre et du beau gypse aux environs de Bâle en Suisse , dans le pays de Neufchâtel , et dans plusieurs autres endroits de l'Europe.
Il y a de même du plâtre dans l'île de Chypre, et presque dans toutes les provinces de l'Asie ; on en fait des magots à la Chine et aux Indes.
L'on ne peut donc guère douter que cette matière ne se trouve dans toutes les parties du monde, quoiqu'elle se présente seulement dans des lieux particuliers, et toujours dans le voisinage de la pierre calcaire : car le plâtre n'étant composé que de substance calcaire réduite en poudre , il ne peut se trouver que dans les endroits peu éloignés des rochers, dont les eaux auront détaché ces particules calcaires; et comme il contient aussi beaucoup d'acide vitriolique, . cette combinaison suppose le voisinage de la terre limoneuse, de l'argile, et des pyrites, en sorte que les matières plâtreuses ne se seront formées , comme nous l'avons dit , que dans les terrains- où ces deux circonstances se trouvent réunies.
Quelque hautes que soient certaines collines à plâtre, il n'est pas moins certain que toutes sont d'une formation plus nouvelle que celle des collines calcaires; outre les preuves que nous en avons déjà données, cela peut se démontrer par la composition même de ces éminenecs plâtreuses : les couches n'en sont pas arrangées comme dans les collines calcaires; quoique posées horizontalement , elles ne suivent guère un ordre régulier ; elles sont placées confusément les unes sur les autres, et chacune de ces
couches est de matière différente; elles sont souvent surmontées de manie ou d'argile, quelquefois de tuffeau ou de pierres calcaires en débris, et aussi de pyrites, de grès, et de pierre meulière. Une colline à plâtre n'est donc qu'un gros tas de décombres amenés par les eaux dans un ordre assez confus , et dans lequel les lits de poussière calcaire qui ont reçu les acides des lits su* périeurs sont les seuls qui se soient convertis en plâtre. Cette formation récente se démontre encore par les ossemens d animaux terrestres ' qu'on trouve dans ces cou« ches de plâtre, tandis qu'on n'y a jamais trouvé de coquilles marines; enfin elle se démontre évidemment, parce que, dans cet immense tas de décombres, toutes les matières sont moins dures et moins solides que dans les carrières de pierres anciennes- Ainsi la nature, même dans son désordre, et lorsqu'elle nous paroit n'avoir travaille que dans la confusion , sait tirer de ce désordre même des effets précieux et former des matières utiles , telles que le plâtre , avec de la poussière inerte et des acides destructeurs; et comme cette poussière de pierre , lorsqu'elle est fortement imprégnée d'acide», ne prend pas un grand degré de dureté, et que les couches de plâtre sont plus ou moins tendres dans toute leur étendue , soit en longueur ou en largeur, il est arrivé que ces couches, au lieu de se fendre, comme les couches de pierre dure, par le dessèchement, de distance en distance sur leur longueur, se sont au contraire fendues dans tous les sens, en se renflant tant en largeur qu'en longueur; et cela doit arriver dans toute matière molle qui se renfle d'abord par le dessèchement avant de prendre sa consistance. Cette même matière se divisera par ce renflement en prismes plus ou moins gros et à plus ou moins de faces , selon qu'elle sera phis ou moins tenace dans toutes ses parties. Les couches de pierre, au contraire , ne se renflant point par le dessèchement , ne se sont fendues que par leur retraite et de loin en loin, et plus fréquemment sur leur longueur que sur leur largeur , parce que ces matières plus dures avoient trop de consistance , même avant le dessèchement, pour, se fendre dans ces deux dimensions, et que dès lors les fentes perpendiculaires n'ont pu se faire que par effort sur l'endroit le plus fôible, où la matière s'est trouvée un peu moins dure que
i. Nous avons au Cabinet du Roi des mâchoires de cerf, arec leurs dents, trouvées dans les car riens* de plâtre de Montmartre près Paru.
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le reste delà masse, et qu'enfin le desséche- . gutièrement , et Jamais en 'prismes ni
ment seul , c'est-à-dire sans renflement de aucune autre figure régulière.
la matière, ne peut la diviser que très-irré-
DES PIERRES COMPOSÉES DE MATIÈRES VITREUSES ET DE SUBSTANCES CALCAIRES.
Dis que les eaux se furent emparées du premier débris des grandes masses vitreuses, et que la matière calcaire eut commencé à se produire dans leur sein par la génération des coquillages, bientôt ces détriment vitreux et calcaires furent transportés, et déposés tantôt seuls et purs, et tantôt mélangés et confondus ensemble suivant les différens mouvemens des eaux. Les mélanges qui s'en formèrent alors durent être plus ou moins intimes, selon que ces poudres étoient ou plus ténues ou plus grossières, et suivant que la mixtion s'en fit plus ou moins complètement. Les mélanges les plus imparfaits nous sont représentés par la marne, dans laquelle l'argile et la craie sont mêlées sans adhésion, et confondues sans union proprement dite. Une autre mixtion un peu plus intime est celle qui s'est faite par succession de temps , de l'acide des argiles qui s'est déposé sur les bancs calcaires, et, en ayant pénétré l'intérieur, les a transformés en gypse et en plâtre. Mais il y a d'autres matières mixtes où les substances argileuses et calcaires sont encore plus intimement unies et combinées, et qui paraissent appartenir de puis près aux grandes et antiques formations de la nature : telles sont ces pierres qui , avec la forme feuilletée des schistes, et ayant en effet l'argile pour fonds de leur substance, offrent en même temps dans leur texture une figuration spathique semblable à celle de la pierre calcaire, et contiennent réellement des élémens calcaires intimement unis et mêlés avec les parties schisteuses. La première de ces pierres mélangées est celle que les minéralogistes ont désignée sous le nom bizarre de pierre de corne «. Elle se trouve souvent
i. Ce nom de pierre de corne (harnstein) «voit d'abord été donné par les mineurs allemand» à ces silex en lames qui , par leur couleur brune et leur demi-transparence , offrent quelque ressemblance avec la corne : mais Wallerius a changé celte acception , qui du moins étoit fondée »ur une appa-
en grandes masses adossées aux montagnes de granités , ou contiguës aux schistes qai les revêtent et qui forment les montagnes du second ordre. Or cette position semble indiquer l'époque de la formation de ces schistes spatniques, et la placer, ainsi que nous l'avons indiqué , au temps de la production des dernières argiles et des premières matières calcaires, qui durent es effet être contemporaines; et ce premier mélange des détrimens vitreux et calcaires parpit être |e plus intime comme le plus ancien de tous : aussi la combinaison de l'acide des couches argileuses déposées postérieurement sur des bancs calcaires est bien moins parfaite dans la pierre çypseuse, puisqu'elle est bien plus aisément réductible que ne Test la pierre de corne, qui souffre, sans se calciner , le feu nécessaire pour la fondre. La pierre à plâtre, au contraire, se cuit et se calcine à une médiocre chaleur. On sait de même que de simples lotions , ou un précipité par l'acide , suffisent pour faire la séparation des poudres calcaires et argileuses dans la marne, parce que ces poudres y sont restées dans un état d'incohérence , qu'elles n'y sont pas mêlées intimement , et qu'elles n'ont point subi la combinaison qui leur eut fait prendre la figuration spathique, véritable indice de k lapidification calcaire.
Cette pierre de corne est plus dure que le schiste simple, et en diffère par la quantité plus ou moins grande de matière calcaire qui fait toujours partie de sa substance. On pourroit donc désigner cette pierre sous un uopi moins impropre que celui depùrre de corne, et même kii donner une dénomination précise en l'appelant sclùstê sp*ihique ; ce qui indiquer oit en même tesaps
rence; et les minera logittts , d'après lui, appliquent, sans aucune analogie entre le mot et U chose , cette dénomination de piem de carne aux schistes spatluques plus ou moins calcaires 4eat