‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 114 sur 150 · VOLCANIQUES · texte numérisé non relu

VOLCANIQUES

dans l'obscurité. Cette fumée enveloppe constamment la tête du volcan, et se répand sur ses flancs en brouillard ténébreux ; et lorsque les bitumes souterrains sont en trop grande abondance, ils sont projetés au dehors avant d'être brûlés. Nous avons donné des exemples de ces torrens de bitume vomis par les volcans, quelquefois purs, et souvent mêlés d'eau. Les pyrites, dégagées de leurs parties fixes et terreuses, se sublimeront sous la forme de soufre, substance nouvelle qui ne se trouve ni dans les produits du feu primitif ni dans les matières formées par les eaux; carie soufre, qu'on dit être formé par la voie humide, ne se produit qu'au moyen d'une forte effervescence, dont la grande chaleur équivaut à l'action du feu. Le soufre ne pouvoit en effet exister avant la décomposition des êtres organisés et la conversion de leurs détrimens en pyrites, puisque sa substance ne contient que l'acide et le feu qui s'étoient fixés dans les végétaux, ou animaux , et qu'elle se forme par la combustion de ces mêmes pyrites, déjà remplies du feu fixe qu'elles ont tiré des corps organisés. Le sel ammoniac se formera et se sublimera de même par le feu du volcan ; lesmatières végétales ou animales contenues dans la terre limoneuse , et particulièrement dans les terreaux , les charbons de terre, les bois fossiles , et les tourbes , fourniront cette cendré qui sert de fondant pour la vitrification des laves ; les matières calcaires , d'abord calcinées et réduites en poussière de chaux , sortiront en tourbillons encore pli» épais , et paraîtront comme des nuages massifs en se répandant au loin ; enfin la terre limoneuse se fondra, les argiles se cuiront, les grès se coaguleront, le fer et les autres métaux couleront, les granités se liquéfieront ; et des unes ou des autres de ces matières , ou du mélange de toutes , résultera la composition des laves, qui dès lors doivent être aussi différentes entre elles que le sont les matières dont elles sont composées. Et non seulement ces laves contiendront les matières liquéfiées , fondues , agglutinées et calcinées par le feu, mais aussi les fragmens de toutes les autres matières qu'elles auront saisies et ramassées en coulant sur la terre, et qui ne seront que peu ou point altérées

Sar le feu ; enfin elles renfermeront encore ans leurs interstices et cavités les nouvellessubstances que l'infiltration et la stillation de l'eau auront produites avec le temps en les décomposant , comme elle décomposa toutes les autres matières.

La cristallisation, qu'on croyait être le

caractère le plu» sûr de la formation d'une ou opale ; les uns formant des druses dont

substance par Pintermède de Fefiu, n'est

plus qu'un indice équivoque depuis qu'on

sait qu'elle s'opère par le moyen du feu comme par celui de l'eau. Toute matière liquéfiée par la fusion donnera, comme les autres liquides, des cristallisations; il ne leur faut pour cela que du temps» de l'espace, et du repos : les matières volcaniques pourront donc contenir des cristaux, les uns formés par l'action du feu, et les autres par l'infiltration des eaux; les premiers dans le temps que ces matières étoient encore en fusion, et les seconds long -temps après qu'elles ont été refroidies. Le feld-spath est un exemple de la cristallisatiop par le feu primitif, puisqu'on le trouve cristallisé dans les granités qui sont de première formation. Le 1er se trouve souvent cristallisé dans les mines primordiales , qui ne sont que des rochers de pierres ferrugineuses attirables à l'aimant , et qui ont été formées , comme les autres grandes masses vitreuses, par le feu primitif : ce même fer se cristallise sous nos yeux par un feu lent et tranquille. Il en est de même des autres métaux et de tous les régules métalliques. Les matières volcaniques pourront donc renfermer ou présenter au dehors toutes ces substances cristallisées par le feu : oinsi je ne vois rien dans la nature , de tout ce qui a été formé par le feu ou par i'eau, qui ne puisse se trouver dans le produit des volcans ; et je vois en même temps que leurs feux- ayant combiné beaucoup plus de substances que le feu primitif, ils ont donné naissance au soufre et à quelques autres minéraux qui n'existent qu'en vertu de cette seconde action du feu. Les volcaus ont formé des verres de toutes couleurs, dont quelques uns sont d'un beau bleu céleste, et ressemblent à une scorie ferrugineuse ; d'autres verres aussi fusibles que le feld-spath ; des basaltes ressemblais aux porphyres ; des laves vitreuses presque aussi dures que l'agate, et auxquelles on a donné, quoique très -improprement 5 le nom à' agates noires d'Islande; d'autres laves qui renferment des grenats blancs, des sehorls , et des chrysolithes , etc. On trouve donc un grand nombre de substaaces anciennes et nouvelles , pures ou dénaturées , dans les basaltes, dans les laves, et même dans la pouzzolane et dans les cendres des volcans. « Le Monte- Derico, près de Yiccnce, dit M. Ferber, est une colline entièrement formée de cendres de volcans d'un brun noirâtre , dans lesquelles se trouve une trèsgrande quantité de cailloux de calcédoine

les parois peuvent avoir l'épaisseur d'un brin dé paille ; les autres ayant la figure de petits

cailloux elliptiques creux intérieurement, et remplis d'eau : la grandeur de ces derniers quelquefois varie depuis le diamètre d'un pelit pois jusqu'à un demi-pouce... Ces cailloux res semblent assez aux calcédoiues et aux opales. Les boules de calcédoine et de zéolithe de Féroé et d'Islande se trouvent nichées faos une terre d'un brun noirâtre, de la même manière que les cailloux dont il est ici question. »

Mais quoiqu'on trouve dans les produits ou dans les éjections des volcans presque toutes les matières brutes ou minérales du globe , il ne faut pas s'imaginer que le feu volcanique les ait toutes produites à beaucoup près, et je crois qu'il est toujours possible de distinguer , soit par un examen exact, «oit par le rapport des circonstances, une matière produite par le feu secondaire des volcans, de toutes les autres qui ont été précédemment formées par l'action du feu primitif ou par l'intermède de l'eau. De la même manière que nous pouvons imiter dans nos fourneaux toutes les pierres précieuses, que nous faisons des verres de toutes couleurs, et même aussi blancs que le cristal de roche > , et presque aussi brillans que le diamant * ; que dans ces mêmes fourneaux, nous voyons se former des cristallisations sur les matières fondues lorsqu'elles sont en repos, et que le feu est long-temps soutenu; nous ne pouvons douter que là nature n'opère les mêmes effets avec oien plus de puissance dans ces foyers immenses, allumés depuis nombre de siècles, entretenus sans interruption, et fournis, suivant les circonstances, de toutes les matières dont nous nous servons pour nos compositions. Il faut donc, en examinant les matières volcaniques, que le naturaliste fasse comme le lapidaire, qui rejette au premier coup d'oeil et sépare les stras , et autres verres de composition , des vrais diamans et des pierres précieuses : mais k naturaliste a ici deux grands désavantages; le premier est d'ignorer ce que peut faire et produire un feu dont la véhémence et la continuité ne peuvent être comparées avec celles de nos feux ; le second est l'embarras où il se trouve pour distinguer dans ces mêmes matières volcaniques celles qui, étant

x. Le rerre ou cristal de Bohème, le ffiat» glass , etc.

». Les Terres brillens connus vulgairement tous le nom de stras.

DBS MATIÈRES

traies substances dé nature, ont néanmoins été plus ou moins altérées, déformées, ou fondues par Faction du reu , sans cependant être entièrement transformées en verre ou en matières nouvelles. Cependant, au moyen d'une inspection attentive , d'une comparaison exacte , et de quelques expériences faciles sur la nature de chacune de ces matières, on peut espérçr de les reconnoître assez pour les en séparer et les joindre aux compositions artificielles produites par le feu de nos fourneaux.

Quelques observateurs , ^émerveillés des prodigieux effets produits par ces feux souterrains, ayaut sous leurs yeux les gouffres et les montagnes formés par leurs éruptions, trouvant dans les matières projetées des substances de toute espèce, ont trop accordé de puissance et d'effet aux volcans : ne voyant dans les terrains vulcanisés que confusion et bouleversement , ils ont transporté cette idée sur le globe entier , et ont imaginé que toutes les montagnes s'étoient élevées par la violente action et la force de ces feux intérieurs dont ils ont voulu remplir la terre jusqu'au centre. Ou a même attribué à un feu central réellement existant la température ou chaleur actuelle de l'intérieur du globe. Je crois avoir suffisamment démontré la fausseté de ces idées. Quels seroient les alimens d'une telle masse de feu ? pourroil-H subsister , exister sans air ? et sa force expansive n'auroit-elle pas fait éclater le globe en mille pièces? et ce feu une fois échappé après cette explosion pourroit-il redescendre et se trouver encore au centre de la terre? Son existence n'est donc qu'une supposition qui , ne porte que sur des impossibilités, et dont, en l'admettant , il ne résulterait que des effets contraires aux phénomènes connus et constatés. Les volcans ont, à la vérité, rompu , bouleversé les premières couches de la terre en plusieurs endroits; ils en ont couvert et brûlé la surface par leurs éjections enflammées . mais ces terrains volcanisés , tant anciens que nouveaux,, ne sont pour ainsi dire que des points sur la surface du globe ; et en comptant avec moi dans le passé cent fois plus de volcans qu il n'y en a d'actuellement agissans, ce n'est encore rien en comparaison de l'étendue de la terre solide et des mers. Tâchons donc de n'attribuer a ces feux souterrains que ce qui leur appartient; ne regardons les volcans que comme des instrumens, ou, si l'on veut, comme des causes secondaires, et conservons au feu primitif et à l'eau , comme causes premières, le grand établissement et la dis-

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position primordiale de la masse entière de la terre.

Pour achever de se faire des idées fixes et nettes sur ces grands objets, il faut se rappeler ce que nous avons dit au sujet des montagnes primitives, et les distinguer en plusieurs ordres: les pins anciennes, dontles noyaux et les sommets sont de quartz et de jaspe, ainsi que celles des granités et porphyres, qui sont presque contemporaines, ont toutes été formées par les boursouflures du globe dans le temps de sa consolidation ; lés secondes dans Tordre de formation sont les montagnes de schiste ou d'argile qui enveloppent souvent les noyaux des montagnes de quartz ou de granités, et qui n'ont été formées que par les premiers dépôts des eaux après la conversion des sables vitreux en argile ; les troisièmes sont les montagnes calcaires, qui généralement surmontent les schistes ou les argiles, et quelquefois les quartz et les granités, et dont rétablissement est , comme l'on voit , encore postérieur à celui des montagnes argileuses. Ainsi les petites ou grandes éminences formées par le soulèvement ou l'effort des feux souterrains, et les collines produites par les éjections des volcans, ne doivent être considérées que comme des tas de décombres provenant de ces matières premières projetées et accumulées confusément.

On se tromperoit donc beaucoup si Ton vouloit attribuer aux volcans les plus grands bouleversemens qui sont arrivés sur le globe : l'eau a plus influé que le feu sur les changemeus qu'il a subis depuis rétablissement des montagnes primitives ; c'est l'eau qui a rabaissé, diminué ces premières éminences , ou qui les a enveloppées et couvertes de nouvelles matières; c'est l'eau qui à miné, percé les voûtes des cavités souterraines qu'elle a fait écrouler , et ce n'est qu'à l'affaissement de ces cavernes qu'on doit attribuer l'abaissement des mers et l'inclinaison des couches de la terre , telle qu'on la voit dans plusieurs montagnes , qui , sans avoir éprouvé les violentes secousses du feu , sans s être entr'ouvertes pour lui livrer passage , se sont néanmoins affaissées, rompues, et ont penché, en tout ou en partie, par une cause plus simple et bien générale, c'est à-dire par l'affaissement des cavernes dont les voûtes leur servoient de base ; car lorsque ces voûtes se sont enfoncées , les terres supérieures ont été forcées de s'affaisser , et c'est alors que leur continuité s'est rompue , que leurs couches horizontales se sont inclinées, etc. C'est donc à la rupture et à la

MINÉRAUX

chute des cavernes ou boursouflures du globe qu'il faut rapporter tous les grands changemens qui se sont faits dans la succession des temps. Les volcans n'ont produit qu'en petit quelques effets semblables, et seulement dans les portions de terre où se sont trouvées ramassées les pyrites et autres mat. ères inflammables et combustibles qui peuvent servir d'aliment à leur feu ; matières qui n'ont été produites que long - temps après les premières , puisque toutes- proviennent des substances organisées.

Nous avons déjà dit que les minéralogistes semblent avoir oublié, dans leur énumération des matières minérales , tout ce qui a rapport à la terre végétale; ils ne font pas même mention de sa conversion en terre limoneuse, ni d'aucune de ses productions minérales : cependant cette terre est à nos pieds, sous nos yeux ; et ses anciennes couches sont enfouies dans le sein de la terre , à toutes les profondeurs où se trouvent aujourd'hui les foyers des volcans, avec toutes les autres matières qui entretiennent leur feu , c'est-à-dire Jes amas de pyrites, les veines de charbon Ae terre, les dépôts de bitume et de toutes Jes substances combustibles. Quelques uns ide ces observateurs ont bien remarqué que la plupart des volcans sembloient avoir leur foyer dans les schistes , et que leur feu s'étoit ouvert une issue non seulement dans les couches de ces 'schistes, mais encore dans les bancs et les rochers calcaires qui d'or- ' dinaire les surmontent ; mais ils n'ont pas pensé que ces schistes et ces pierres calcaires avoient pour base commune des voûtes de cavernes dont la cavité étoit, en tout ou en partie, remplie de terre végétale, de pyrites, de bitume, de charbon, et de toutes Jes substances nécessaires à l'entretien du feu ; que par conséquent ces foyers de volcan ne peuvent pas être à de plus grandes profondeurs que celle où les eaux de la mer ont entraîné et déposé les matières végétales des premiers âges , et que par la même conséquence les schistes et les pierres calcaires <iiu surmontent le foyer du volcan n'ont d'autre rapport avec son feu que de lui servir de cheminée; que de même la plupart des substances, telles que les soufres, les bitumes , et nombre d'autres minéraux sublimés ou projetés par le feu du volcan , ne doivent leur origine qu'aux matières végétales et aux pyrites qui lui servent d'aliment; qu'enfin la terre végétale étant la vraie matrice de la plupart des minéraux figurés qui se trouvent à la surface et dans les premières couches du globe, elle est aussi la base de

presque tous les produits immédiats de ce feu des volcans.

Suivons ces produits en détail d'après le meilleur de nos observateurs , et donnons des exemples de leur mélange avec les matières anciennes. On voit au Monte-Ronca et en plusieurs autres endroits du Vicentin des couches entières d'un mélange de laves et de marbre , ou de pierre calcaire , réunies en une sorte de brèche, à laquelle on peut donner le nom de brècfie volcanique. On trouve un autre marbre-lave dans une grande fente perpendiculaire d'un rocher calcaire, laquelle descend jusqu'à YAstico, torrent impétueux ; et ce marbre, qui ressemble à la brèche africaine , est composé de lave noireet de morceaux de marbre blanc dont le grain est très-fin , et qui prend parfaitement le poli. Cette lave en brocatelle ou en brèche n'est point rare : on en trouve de semblables dans la vallée o? Eriofredo , au dessus de Tonnesa , et dans nombre d'autres endroits des terrains vulcanisés de celte contrée. Ces marbres-laves varient tant par les couleurs de la lave que par les matières calcaires qui sont entrées dans leur composition.

Les laves du pays de Tresto sont noires et remplies, comme presque toutes les laves, de cristallisations blanches à beaucoup de facettes, de la nature du schorl, auxquelles on pourroit donner le nom de grenats blancs : ces petits cristaux de grenats on schorls blancs ne peuvent avoir été saisis que par la lave en fusion , et n'ont pas été produits dans cette lave même par cristallisation , comme semble l'insinuer M. Ferber en disant « qu'ils sont d'une nature et d'une figure qui ne s'est vue jusqu'ici dans aucun terrain de notre globe , sinon dans la lave, et que leur nombre y est prodiinVux. On trouve , ajoute-t-il , au milieu de la lave, différentes espèces de cailloux qui font feu avec l'acier, telles que des pierres à fusil, des jaspes, des agates rouges, noires, blanches , verdàtFes , et de plusieurs autres couleurs; des hyacinthes, des rhrysoKthes , des cailloux de la nature des calcédoines, et des opales qui contiennent de l'eau. »> Ces derniers faits confirment ce que nous venons de dire au sujet des cristaux de schorl qui, comme les pierres précédentes, ont été enveloppées dans la lave.

Toutes les laves sont plus ou moins mêlées de particules de fer; mais il est rare d'y voir d'antres métaux , et aucun métal ne s'y trouve en filons réguliers et qui aient de la suite : cependant le plomb et le mercure ea cinabre, le cuivre, et même l'argent, se rea-

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contrent quelquefois en petite quantité dans certaines laves; il y en a aussi qui renferment des pyrites, de la manganèse, de la blende, et de longues et brillantes aiguilles l'antimoine.

Les matières fondues par le feu des vol- Aras ont donc enveloppé des substances solides et des minéraux de toutes sortes; les poudres calcinées qui s'élèvent de ces gouffres embrasés se durcissent avec le temps, et se convertissent en une espèce de tuffeau assez lolide pour servir à baiir. Près du Vésuve tes cendres terreuses rejetées se sont telle* ment unies et endurcies par le laps de temps , t] d'elles forment aujotird hui une pierre ferme et compacte dont ces collines volcaniques sont entièrement composées '.

On trouve aussi dans les laves différentes cristallisations qui peuvent provenir de leur •ropre substance, et s'être formées pendant la condensation et le refroidissement qui a suivi la fusion des laves : alors, comme le pense M. Ferber, les molécules de matières homogènes se sont séparées du reste du mélange, et se sont réunies en petites masses, et quand il s'en est trouvé une plus grande quantité, il en a résulté des cristaux plus grands. Ce naturaliste dit avec raison qu'en général les minéraux sont disposés à adopter des figures déterminées dans la fluidité de fusion par le feu, comme dans la fluidité humide; et nous ne devons pas être étonnes qu'il se forme des cristaux dans les laves, tandis qu'il ne s'en voit aucun dans nos verres factices; car la lave, coulant lentement, et formant de grandes masses trèsépaisses, conserve à l'intérieur son état de fusion assez long-temps pour que la cristallisation s'opère. Il ne faut dans le verre,

i. M. le baron de Dictrich remarque arec raison que la vraie pouzzolane n'est pas précisément de la cendre endurcie et friable , comme le dit M. Fer* ber, mais plutôt de la pierre pouce réduite en trèspetits fragment ; et je puis obserrer que la bonne pouzzolane, c'est-à-dire celle qui, mêlée arec la chaux , fait les mortiers les plus durables et les plus impénétrables à l'eau , n'est ni la cendre fine ou grossière pure , ni les graviers de ponce biencbe, et qu'il n'y » que la pouzzolane mélangée de beaucoup de parties ferrugineuses qui soit supérieure aux mortiers ordinaires i c'est , comme nous le dirons à l'article des ciment de U mature, le ciment ferrugineux qui donne 1a dureté à presque toutes les terres , et même à plusieurs pierres. Au reste , la meilleure pouzzolane , qui vient des environs de Pouzzoles , est grise ; celle des provinces de l'État ecclésiastique est jaune , et il y en a de noire sur le Vésuve. H. le baron de Dictrich ajoute que la meilleure pouzzolane des environs de Rome se tire d'une colliue qui e*t à la droite de la Via- Jppia hors de la porte Saint-Sébastien , et que les grains de cette pouzzolane sont rougeatres,

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