VOLCANIQUES. S5S
dans le fer, et dans toute antre matière fondue, que du repos et du temps pour qu'elle se cristallise; et je suis persuadé qu'en tenant lonç-temps en fonte celle de nos verres factices il pourrait s'y former des cristaux fort semblables à ceux qui peuvent se trouver dans les laves des volcans.
Les laves, comme les autres madères vitreuses ou calcaires, doivent avoir leurs stalactites propres et produites par l'intermède de 1 eau : mais il ne fout pas cote fondre ces stalactites avec les cristaux qu le feu peut avoir formés; il en est de mém de 4a lave noire scoriforme qui se trouvt dans la bouche du* Vésuve en grappes bran* chues comme des coraux , et que M. Ferber dit être une stalactite de lave, puisqu'il convient lui-même c pie ces prétendues stalactites sont des portions de la même matière qui ont souffert un feu plus violent ou plus long que le reste de la lave. Et quant aux véritables stalactites produites dans les laves par l'infiltration de l'eau, le même M. Ferber nous en fournit des exemples dans ces cristallisations en aiguilles qu'il a vues attachées i la surface intérieure des cavités de la lave, et qui s'y forment comme les cristaux de roche dans les cailloux creux, La
grande dureté de ces cristallisations concourt encore à prouver qu'elles ont été produites par l'eau ; car les cristaux du genre vitreux . tels que le cristal de roche, qui sont formés par la voie des élémens humides, sont plus durs que ceux qui sont produits par le feu.
Dans f énumeration détaillée et très-non» breuse que cet habile minéralogiste mit de toutes les Javes du Vésuve, il observe que les micas qui se trouvent dans quelques laves pourraient bien n'être que les exfolierions des schorls contenus dans ces laves. Cette idée semble être d'autant plus iuste que c'est de cette manière et par exfouation que se forment tous les micas des verres artificiels et naturels, et les premiers micas ne sont, comme nous l'avons dit, que les exfolierions en lames minces qui, se sont séparées de la surface des verres primitifs. 11 peut donc exister des micas volcaniques comme des micas de nature, parce qu'en effet le fou de volcans a fait des verres comme le feu primitif. Dès lors on doit trouver parmi les laves des masses mêlées aeinica: aussi M. Ferber mit mention d'une lave grise compacte avec quantité de lames de mica et de schori en petits points dispersés, qui ressemble si fort i quelques espèces de granités gris è petits grains, qu'à la tue il serait très-Sacik de les confondre,
mat&Aux.
I*seufcsesubhn*«ea nneons, et s'attache en grande quantité aux cavités et aux Eûtes dt la bouche des volcans. La plu*
traaoe partie du souire du Yésuve est eu Inoe trrégulicreet en petits grains. On voit aussi de rarsenic mêlé de soufre dans les ou-
vertures intérieures de ce volcan; mais Far» senic se disperse irrégulièrement sur la lare en petite quantité. Il y a de même dans les sriiaauii et cavités de certaines la* es une plus ou moins grande quantité de sel ammoniac blaac ; ce sel se sublime quelque temps après récoulement de la lave, et Ton en voit beaucoup dans le cratère de la plupart des volcans. Dans quelques morceaux de lave de I*Etna il se troirt quantité de matière charbonneuse végétale mêlée «Tune substance saline; ce qui prouve que c'est un véritable mairomt une espèce de soude formée par les feux volcaniques, et que c'est i la combustion des végétaux que cette substance saline est due; et à regard du vitriol, de Paum, et des autres sels qu'on rencontre aussi dans les matières volcaniques, nous ne les regarderons pas comme des produits immédiats du feu , parce que leur production varie suivant les circonstances, et nue leur formation dépend plus de l'eau que
Mais, avant de terminer cette énumération des matières produites par le feu des usieans, il faut rapporter, comme nous l'avons promis, les observations qui prouvent qu'il se forme par les feux volcaniques des substances assex semblables an granité et au porphyre, d'où résulte une nouvelle preuve de La formation des granités et porphyres vde nature par le feu primitif : il faut seulement nous défier des noms, qui font ici, romain partout ailleurs, plus d'embarras que les choses. IL Ferber a raison de dire * qu'en général il y a très-peu de différence essentielle entre le schorl, le spath dur (feld-spath), le quartz, et les grenats des laves. »Cda est vrai pour le schorl et le feldspath; et je suis comme lui persuadé qu'oripmnremenl ees deux matières n'en font qu'une, à laquelle on pourri " 4 , les
de grenats: mais le quartz »de loua trois par son innaribilitc et par ses autres qualités primordiales, tandis que le fetd-spath, le schorl, soit en grains ou en grenats, sont des verres également fusibles , et qui peuvent aussi avoir été produits également par le feu primitif et par edui ne* volcans* Las exemples suivaos cont cette idée, que je créai bien fondée.
LesschorbimtnenpetiUrayomam»refi aperçoit quelquefois dans le porphyre rouge, et presque toujours dans les porphyres verts, sont de la même nature que le feld-spath, i la couleur près.
Une lave noire de la Toscane, dans laquelle le schorl est en grandes taches blanches et paralléupipèdes, a quelque ressemblance avec le porphyre appelé serpentine moire antique : Le verre de la lave remplace ici la matière du jaspe, et le schorl celk du feld-spath.
La lave rouge des montagnes de Bergame, contenant de petits grenats blancs, ressemble au vrai porphyre rouge.
Les granités gris à petits grains, et qu'en appelle graiùulù, contiennent moins de feld-spath que ks granités rouges; et ce feld-spath, au lieu d'y être en gros cristaux rbouiboïdaui, n\ paroit orduianément qu'en petites molécules sans ferme déterminée.
Kéaumoins on oonnoit une espèce de granité gris à grandes taches blanches parallélipipedes; et la matière de ces lâches, dit M. Ferber, tient le milieu entre le schorl et le spath dur (feld-spath). Il y a aussi des granités gris qui renferment, an lieu de mica ordinaire, du mica de schorl.
Nous devons observer ici que le granité noir et blanc qui n'a que peu ou point de particules de feld-spath , mais de grandes taches noires oblongues de la nature de schorl , ne seroit pas un véritable granité, si le fekl-spath y manque, et si, comme le croit M. Ferber, ces taches de schorl noir remplacent le mica; d'autant que les rayons de schorl noir « y sont, dit-il, en telle abondance, si grands, si serrés..... qu'ils naroissent faire Te fond de la pierre. » Et à Véeard du granité vert de M. Ferber, dont le Food est blanc verdâtre avec de grandes taches noires oblongues, et qu'il dit être de la même nature du schorl , et des prétendus porphyres à fond vert de la nature du trapp, dont nous avons parlé d'après lui, nous présumons qu'on doit plutôt les regarder comme des productions volcaniques que comme de vrais granités ou de vrais porphyres de nature.
Les basaltes qu'on appelle antiques * et les basaltes modernes, ont également été produits par le feu des volcans , puisqu'on trouve dans les basaltes égyptiens les mêmes cristaux de schorl en grenats blancs et de schorl noir en rayons et feuillets que dans les laves ou basaltes modernes et réceus; que, de plus, le basalte noir, qu'on nomme mal à propos bmtmiu oriente/* est mêlé de
DES MATIÈRES
petites écailles blanches de la nature du gchorl , et que sa fracture est absolument pareille à celle de la lave du Monte- Jlbano ; qu'un autre basalte noir antique, dont on a des statues, est rempli de petits cristaux en forme de grenats, et présente quelques feuilles brillantes du scborl noir; qu'un autre basalte noir antique est mêlé de petites parties de quartz, de feld-spath, et de mica , et seroit par conséquent un vrai granité si ces (rois substances y étoient réunies, comme dans le granité de nature, et non pas nichées séparément comme elles le sont dans ce basalte; qu'enfin on trouve dans un autre basalte antique, brun ou noirâtre, des bandes ou larges raies de granité rouge à petits grains. Ainsi le vrai basalte antique n'est "point une pierre particulière, ni différente des autres basaltes , et tous ont été produits , comme les laves , par le feu des volcans. Et à l'égard des bandes de granité observées dans Te dernier basalte , comme elles paroissent être de vrai granité, on doit
Ï>résumer qu'elles ont été enveloppées par a lave en fusion , et incrustées dans son épaisseur.
Puisque le feu primitif a formé une si grande quantité de granités, on ne doit pas être étonné que le feu des volcans produise quelquefois des matières qui leur ressemblent : mais comme au contraire il me paroit certain que c'est par la voie humide que les cristaux de roche et toutes les pierres précieuses ont été formées, je pense qu'on doit regarder comme des corps étrangers toutes les chrysolithes , hyacinthes, topazes , calcédoines , opales , etc. , qui se trouvent dans les différentes matières fondues par le feu des volcans , et que toutes ces pierres ou cristaux ont été saisis ou enveloppés par les laves et basaltes lorsqu'ils couloient en fusion sur la surface des rochers vitreux , donf ces cristaux ne sont que des stalactites que l'ardeur du feu n'a pas dénaturées. Et quant aux autres cristallisations qui se trouvent formées dans les cavités des laves, elles ont été produites par l'inliltration de l'eau, après le refroidissement de ces mêmes laves.
Aux observations de M. Ferber et de M. le baron de Dietrich, sur les matières volcaniques et vulcanisées , nous ajouterons celles de MM. Desmarest, Faujas de Saint- Fond, et de Gensanne, qui ont examiné les volcans éteints de l'Auvergne, du Vélay, du Tivarais, et du Languedoc ; et quoique j'aie déjà fait mention de la plupart de ces volcans éteints , il est bon de recueillir et de