VOLCANIQUES. S
présenter ici les différentes substances que ces observateurs ont reconnues aux environ* de ces mêmes vokans, et qu'ils ont jugé avoir été produites par leurs amenât* éruptions.
M. de Gensanne parle d'un volcan dont la bouche se trouve au sommet de la montagne qui est entre Lunas et Lodève, et qui a dû être considérable , à en juger par la quantité des laves qu'on peut observer dans tout le terrain circonvoisin. Il a reconnu trois volcans dans le voisinage du fort Brescou , sur l'un desquels M. l'évêque d'Âedê (Saint-Simon-Sandri court) a fait, en prélat citoyen, des défrichemens et de grandes cultures en vignes qui produisent de bons vins. Ce vieux volcan , stérile jusqu'alors, est couvert d'une si grande épaisseur de la-* ves, que le fond du puits que M. l'évêque d'Agde a fait faire dans sa vigne est a cent quatre pieds de profondeur, et entièrement taillé dans ce banc de laves, sans qu'on ail
Cu en trouver la dernière couche , quoique i fond du puits soit à trois pieds au dessous du niveau de la mer. M. de Gensanne ajoute
3 M a compté dans le seul bas Languedoc ix volcans éteints , dont les bouches sont encore très-visibles.
M. Desmarest prétend distinguer deux sortes de basaltes : il dit avoir comparé le basalte noir dont on voit plusieurs monumens*antiques à Rome avec ce qu'il appelle le basalte noir de* environs de Tulle en IÀmosin ; il assure avoir vu dans cette pierre des environs de Tulle les mêmes lames, les mêmes taches et bandes de quartz ou de feld-spath et de zéolilhe que dans le basalte noir antique : néanmoins ce prétendu basalte de Tulle n'en est point un ; c'est une pierre argileuse , mêlée de mica noir et de scborl, qui n'a pas, à beaucoup près, la dureté de la lave compacte ou du basalte, et qui ne porte d'ailleurs aucun caractère ni aucun indice d'un produit de volcan; au contraire, les basaltes gris, noirs, et verdàtres des anciens , sont , de l'aveu même de cet académicien , composés de petits grains assez semblables à ceux d'une lave compacte et d'un tissu serré , et ces basaltes ressemblent entièrement au basalte d'Antrim en Irlande et à celui d'Auvergne '.
i. «On distingue trois substances qui sont renfermées dans les lares : les point* quartseux . «I même les granités entiers ; le scborl ou feooi» ; le» matières caleaires, celles qui sont de la nature da la zéolitbe, ou de la base de l'alun i ces deux dernières substances présentent dans les lares toutes les matières du trarail da l'eau, depuis, la stalactite Nmple jnsqu'à l'agate et la calcédoine. Ces su*>-
ai.
MB MINÉRAUX.
M. Faujas de Saint-Fond a très-bien ob- Cet habile naturaliste a
■vé toutes les matières produites par les volcans; ses recherches assidues et suivies pendant plusieurs années, et pour lesquelles il n'a épargné ni soins ni dépenses, l'ont mis ea état de publier un grand et bel ouvrage - sur les volcans éteiuts , dans lequel nous puiserons le reste des faits que nous avons à rapporter, en les comparant avec les prélédens.
Il a découvert dans, les volcans éteints du v*ivarais les mêmes pouzzolanes grises, jauaes, brunes, et roussâtres, qui se trouvent au Vésuve et dans les autres terrains volcausés de l'Italie : les expériences faites dans les bassins du jardin des Tuileries , et vérifiées publiquement, ont confirmé l'identité de nature de ces pouzzolanes de France et d'Italie, et on peut présumer qu'il en est de même des pouzzolanes de tous les autres volcans.
Mumm étrangères existaient auparavant dans le terrain on la lave a coulé , elles les a vutraiuées et enveloppées ; car j'ai observé que dans certains canton» couverts de laves compactes , ou d'autres productions du feu, on n'y trouve pas un seul vestige de ces cristaux de gubbro , si les substances qui composent l'ancien sol u'en contiennent point elles-mêmes. »
Mais nous devons observer qu'indépendamment de ces matières vitreuses ou calcaires saisies dans leur eut de nature, et qui sont plus ou moins altérées par le feu, on trouve aussi dans les laves des matières qui , comme nous l'avons dit, s'y sont introduites depuis- par le travail successif des eaux. « Elles sont , comme le dit M. Desmarest , le résultat de l'infiltration lente d'un fluide chargé -de ces matières épurées , et qui a même souvent pénétré des masses d'un tissu assez serré ; elles ne s'y trouvent alors que dans nn état cristallin et apathique.... Elles ont pris la forme de stalactites en gouttes rondes ou allongées , en filets déliés , en tuyaux creux ; et toutes ces formes se retrouvent au milieu des laves compactes comme dans les vides des terres cuites. »
A ce fait, qui ne m'a jamais para douteux, M. Desmatcst en ajoute d'autres qui mériterojent une plus ample explication. « Les matériaux , dît-il, que le feu a fondus pour produire le basalte, sont les grs.îi'cs. » Les granités ne sont pas les seuls matériau* q«" entrent dans la composition des basaltes , puisqu'ils contiennent peut-être plus de fer, ou d'autres substances, que de matières graniteuses. «Les granités, continue cet académicien , ont éprouvé par le feu différens degrés d'altération qui se terminent au basait* ; on y voit le spath fusible (feldspath) , qui dans quelques-uns est grisâtre , et qui dans d'autres forme un foud noir d'un grain stfrré ; et , au milieu de ces échantillons , on démêle aisément le quartz, qui reste en cristaux eu intacts , ou éclatés par lames , ou réduits à une couleur d'un blane terne , comme le quartz blanc rougi au feu et refroidi subitement, h Le quartz n'est point en cristaux dans les granités de nature, c'est le feld-spatb qui seul y est en cristaux rhombeMaux s ainsi le quarts ns peut pas mtor en mt> , «M. , dans les basalte*.
rqué dans une lave grise, pesante, et très -dure, des cristaux assez gros , mais confus , lesquels , réduits en poudre, ne faisoient aucune effervescence avec l'acide nitreux, mais se couvertissoient , au bout de quelques heures, en nne gelée épaisse; ce qui annonce, dit -il, que cette matière est une espèce de zéolithe : mais je dois observer que ce caractère par lequel on a voulu désigner la zéolithe est équivoque ; car toute autre matière mélangée de vitreux et de calcaire se réduira de môme en gelée : et d'ailleurs cette réduction en gelée n'est pas un indice certaiu, puisqu'en augmentant la quantité de l'acide ou parvient aisémeut à dissoudre la matière en entier. ,
Le même M. de Saint-Fond a observé que le fer est très-abondant dans toutes les laves, et que souvent il s'y présente dans l'état de rouille , d'ocre , ou de chaux. On voit en effet des laves dont les surfaces sont revêtues d'une couche ocreuse produite par la décomposition du fer qu'elles contenoient , et ou d'autres couches ocreuses, encore plus décomposées, se convertissent ultérieurement en une terre argileuse qui happe à la langue ».
Ce même naturaliste rapporte, d'après M. Pazumot , qu'on a d'abord trouvé des zéolilhes dans les laves d'Islande; qu'ensuite on en a reconnu dans différens basaltes en Auvergne , dans ceux du Yieux-Brisach en Alsace , dans les laves envoyées des îles de France et de Bourbon, et dans celles de l'île de Féroé. M. Pazumot est en effet le premier qui ait écrit sur la zéolithe trouvée clans les laves, et son opinion est que cette substance n'est pas un produit immédiat
t. Il m'a remis, pour le Cabinet du Roi , un* très* belle collection en ce genre, dans laquelle on peut voir tout les passages du basalte noir le plus dur à l'état argileux. Les différens morceaux de cette collection présentent toutes les nuances de la décomposition : l'on y reconnoit , de la manière la plus évidente, non seulement toutes les modifications du fer, qui en se décomposant a produit les teintes les plus variées ; mais l'on y voit jusqu'à des prismes bien conformés, entièrement convertis en substance argileuse , de manière à pouvoir être coupés avec un couteau aussi facilement que la terre à foulon , tandis que le schorl noir, renfermé dans les prismes, n'a éprouvé aucune altération.
Un fait digne de la plus grande attention , c'est que, dans certaines circonstances, les eilu s'infiltrant à travers ces laves à demi décomposées ont entraîné leurs molécules ferrugineuses , et les ont déposées et réunies sous la forme d'hématites dans les cavités adjacentes; alors les laves terreuses, dépouillées de leur fer, ont perdu leur couleur, *t ne se présentent plus que comme on* terre argileuse •t blanche, sur jaqnsU* l'aimant n'a plus d'action.
DES MATIÈRES
du feu , mais une reproduction formée par l'intermède de l'eau et par la décomposition de la terre vokanisée. C'est aussi le sentiment de M. de Saint -Fond : cependant il avoue qu'il- a trouvé de la zéolithe dans l'intérieur du basalte le plus compacte et le plus dur. Il n'est donc guère possible de supposer que la zéolithe se soit formée dans ces basaltes par la décomposition de leur propre substance, et M. de Saint -Fond pense que ces dernières zéolithes étoient formées auparavant , et qu'elles ont seulement été saisies et enveloppées par la lave lorsqu'elle étoit en fusion. Biais alors comment est -il possible que la violence du feu ne les ait pas dénaturées , puisqu'elles sont enfermées dans la plus grande épaisseur de la lave où la chaleur etoit la plus forte? Aussi notre observateur convient -il qu'il y a des circonstances où le feu et l'eau ont pu produire des zéolithes , et il en donne des raisons assez plausibles.
Il dit , après l'avoir éprouvé par comparaison , que le basalte noir du Yivarais est plus dur que le basalte antique ou égyptien «. Il a trouvé sur le plus haut sommet de la montagne du Mézine en Yélay un basalte gris blanc un peu verdàtre , dur et sonore, qui se rapproche, par la couleur et par le grain , du basalte gris verdàtre d'Egypte, et dans lequel on remarque quelques lames d'un feld-spath blanc vitreux , qui a le coup d'oeil et le brillant d'une eau glacée. Ces lames sont souvent formées en parallélogramme, et il y a des morceaux où le fekl-spath renferme lui-même de petites aiguilles de schorl noir.
Enfin il remarque aussi très -bien que les dendrites qu'on voit à la superficie de quelques basaltes sont produites par le fer que
t. Il observe quelques différences dans la pâte de ce basalte égyptien , d'après les belles statues de cette matière que M. le duc de Chaalnes a rapportées de son voyage d'Egypte ; elles présentent les variétés suivantes : i° un basalte noir, dur, et compacte, dont la pâte offre un grain serré, mais sec et Apre au toucher dans les cassures , et néanmoins susceptible d'un beau poli ; a° un basalte d'un grain semblable, mais d nue teinte verdàtre ; 3° un basalte d'un gris lavé tirant au vert. Au reste , M. Faajas de Saint-Fond ne regarde pas comme un basalte, ni même comme un produit des volcans, la matière de quelques statues égyptiennes, qui , quoique d'une belle couleur noire , n'est qu'une pierre argileuse mêlée de mica et de schorl noir en très-petits grains ; et cette pierre est bien moins dore que le basalte. Notre observateur recommande enfin de ne pas confondre avec le basalte la matière de quelques statues égyptiennes d'nu gris noirâtre, qui n'est qu'un granité à grain fin ou une aorte de gramttHo,
VOLCANIQUES. Sfy
l'eau distout et dépote en forme de ramifications.
A l'égard de la figure prismatique que prennent les basaltes, notre observateur m'en a remis , pour le Cabinet du Roi, des triangulaires, cW-À-cbre i trois pans, qu'il dit être les plus rares, des quadrangulairesi des pentagones, des hexagones, des hepta-
Sones , et des octogones , tous en prismes ien formés ; et, après une infinité de recherches, il avoue n'avoir jamais trouvé de basalte à neuf pans, quoique Molineux dise en avoir vu dans le comté d'Antrim.
Dans certaines laves que M» de Saint- Fond appelle basaltes irréguliers * il a re+ connu de la zéolithe en noyau , avec du schorl noir. Dans un antre basalte du Yi* varais, il a vu un gros noyau de feld-spath blanc à demi transparent , luisant, et ressemblant à du spath calcaire; et ce feldspath renfermoit lui-même une belle aiguille prismatique de schorl noir. « Il y a de ees nasaltes, dit-il, qui contiennent des noyaux de pierre calcaire et de pierre vitrifiabie de la nature de la pierre à rasoir, et d'autres noyaux qui ressemblent à du tripoli. » Il a vu dans d'autres blocs de la cnrysolithe verdàtre; dans d'autres, du spath calcaire blanc, cristallisé et à demi transparent: d'autres morceaux sont entremêlés de couches de basaltes et de petites couches de pierre calcaire; d'autres renferment des fragmens de granité blanc, mêlés de schorl noir : il y en a même dont le granité est en plaques si intimement jointes et. liées au basalte , que , malgré le poli , la ligne de jonction n'est pas sensible ; enfin dans sa cavité d'un autre morceau de basalte , ila reconnu un dépôt ferrugineux sous la forme d'hématite, qui en tapisse tout l'intérieur, et qui est de couleur gorge de pigeon, trèschatoyante. On voit sur cette hématite quelques gros grains d'une espèce de calcédoine blanche et demi transparente; une des faces de ce même morceau est recouverte de dendrites ferrugineuses : et parmi les laves proprement dites, il en a remarqué plusieurs qui sont tendres , friables , et prennent peu à peu la nature d'une terre argileuse.
Il remarque avec raison que la pierre de galiïnace, qu'on a nommée agate noire d? Islande, n'a aucun rapport avec les agates, et que ce n'est qu'un verre demi transparent , une sorte d'émail , qui se forme dans les volcans, et que nous pouvons même imiter en tenant de la lave à un feu violent et long-temps continué. On trouve de cette .
Ml
MINÉRAUX
i de gattiMo» bob seulement en Islande, dans les montagnes volcaniques du Pérou. Les anciens Péruviens la travaiUoient nour en taire des miroirs au en a trouves dans leurs tombeaux. Mais il ne faut pas confondre cette pierre de gallinace avec la pUrre d'incas , qui est une marcassite dont ils misoient aussi des miroirs. On rencontre de même sur l'Etna et sur le Vésuve quelques morceaux de gallinace, mais en petite qua utiles et M. de Saint-Fond n'en a trouvé qu'en un seul endroit du Vivarais, dans les environs de Rochemaure. Ce morceau est tout-à-fait semblable à la gallinace d'Islande; il est de même très-noir et d'une substance dure donnant des étincelles avec l'acier : mats on y voit des bulles de la grosseur de la tête d'une épingle , toutes d'une rondeur exacte; ce qui paroît être une démonstration de plus de sa formation par le feu.
Indépendamment de toutes les variétés dont nous venons de faire mention, il se trouve très-fréquemment dans les terrains volcanisés des brèches et des poudingnes que M. de Saint -Fond distingue avec raison * par la différence des matières dont ils sont composes.
La pouzzolane n'est que le détriment des matières volcaniques; vue à la loupe, elle présente une multitude de grains irréguliers : on v voit aussi des points de schorl noir détectés , et très-souvent de petites portions de basalte pur ou altéré. On trouve de la pouzzolane dans presque tous les cantons vaieaaisés , particulièrement dans les environs des cratères; il y en a plusieurs espèces et de différentes couleurs dans le Vivarais, et en plus grande abondance dans le Vêlay.
Et je crois qu'on pourrait mettre encore au nombre des pouzzolanes cette matière d'un rouge ferrugineux qui se trouve souvent entre les couches des basaltes , quoiqu'elle se présente comme une terre notaire qui happe à la langue et qui est grasse au t. Ces brèches se troarent sourent en très* fraudes masses ; l'église cathédrale et la plupart des maisons de la ville du Puy en Vélay sont construites d'une brèche volcanique dont il y a de très- Srands rochers à la montagne de Danis : cette rèche est quelquefois en masses irrégulières s mais potat l'ordinaire elle est posée par couches fort épaisses qui ont été produites par les éruptions de l'ancien volcan de Dauis. 11 y a près du château de Rochemaure des masses énormes d'une autre brèche volcanique formée par une multitude de très-petits éclata irréguliers de basalte noir, dur et sain . de quelques grains de schorl noir vitreux, le tout confondu et mêlé de fraginens d'une pierre blanchâtre , et tirant un peu sur la couleur de rose
En k regarda»! attentivement, en y voit beaucoup de paillettes de schorl noir, et souvent même des portions de lave qui n'ont pas encore été dénaturées , et qui conservent tous les- caractères de la lave ; mais ce qui prouve sa conformité de nature avec la pouzzolane, c'est qu'en prenant dans celte matière rouge celle qui est la plus liante, la plus pâteuse , on en fait un ciment avec de ta chaux vive , et que , dans ce ciment , le liant de la terre s'évanouit , et qu'il prend consistance dans l'eau comme la plus excellente pouzzolane.
Les pouzzolanes ne sont donc pas des cendres, comme ouekjues auteurs l'ont écrit, mais de vrais délrimens des laves et des autres matières volcanisées. Au reste, il me paroît que notre savant observateur assure trop généralement qu'/Y n'y a point de véritables cendres dans les volcans, et qu'il n'y existe absolument que la matière de la lave cuite, recuite, calcinée, réduite ou eu scories graveleuses ou en poudre fine. D'abord il me semble que , dans tout le cours de son ouvrage , l'auteur est dans ridée que la lave se forme dans le gouffre ou foyer même du volcan, et qu'elle est projetée hors du cratère sous sa forme liquide el coulante, tandis qu'au contraire la lave ne se forme que dans les éminences ou monceaux de matières ardentes rejetées et accumulées, soit au dessus du cratère, comme dans la Vésuve , soit à quelque distance des bouchei d'éruption, comme dans l'Etna. La lave ne se forme donc que par une vitrification postérieure à* l'éjection , et cette vitrification ne se fait que dans les monceaux de matières rejetées; elle ne sort que du pied de ces éminences ou monceaux, et des lors cette matière vitrifiée ne contient en effet point de cendres; mais les monceaux eux-mêmes en contenoient en très-grande quantité, et ce sont ces cendres qui ont servi de fondant pour former le verre de toutes les laves. Ces cendres sont lancées hors du gouffre des volcans, et proviennent des substances combustibles qui servent d'aliment à leurs feux; les pyriies, les bitumes , et les charbons de terre , tous les résidus des végétaux et animaux, étant les seules matières qui puissent entretenir le feu , il est de toute néces site qu'elles se réduisent en cendres dans le foyer même du volcan, et qu'elles suivent le torrent de ses projections : aussi plusieurs observateurs, témoins oculaires des éruptions des volcans, ont très-bien reconnu les cendres projetées, et quelquefois emportées fort loin par les vents ; et si , comme le dit M. de
DES MATIÈRES
Saint- Pond , l'on ne trouve pas de cendres autour des anciens volcans éteints, c'est uniquement parce qu'elles ont changé de nature par le laps de temps et par l'action des élémens humides.
Nous ajouterons encore ici quelques observations de M. de Saint-Fond, au sujet de la formation des pouzzolanes. Les laves poreuses se réduisent en sable et en poussière; les matières qui ont subi une forte calcination sans se foudre deviennent friables, et forment une excellente pouzzolane : la couleur en est jaunâtre ; grise , noire ou rougeâtre , en raison des différentes altérations qu'a éprouvées la matière ferrugineuse qu'elles contiennent; et il ajoute que c'est uniquement à la quantité du fer contenu dans les laves et basaltes qu'on doit attribuer leur fusibilité. Cette dernière assertion me paroît trop exclusive : ce n'est pas en effet au fer, du moins au fer seul , qu'on doit attribuer la fusibilité des laves : c'est au salin contenu dans les cendres rejetées par le volcan qu'elles ont dû leur première vitrification , et c'est au mélange des matières vitreuses , calcaires et salines , autant et plus qu'aux parties ferrugineuses, qu'elles doivent la facilité de se fondre une seconde fois. Les laves se fondent comme nos verres factices et comme toute autre matière vitreuse mélangée de parties calcaires ou salines : et en général tout mélange et toute composition produit la fusibilité ; car l'on sait que plus les matières sont pures , et plus elles sont réfractaires au feu : le quartz , le jaspe , l'argile et la craie pures y résistent également , tandis que toutes les matières mixtes s*y fondent aisément ; et cette épreuve scroit le meilleur moyen de distinguer les substances simples des matières composées, si la fusibilité ne dépendoit pas encore plus de la force du feu que du mélange des matières ; car , selon moi, les substances les plus simples et les plus réfraclaires ne résisteraient pas à celte action du feu si l'on pouvoit l'augmenter à un degré convenable.
En comparant toutes les observations que je viens de rapporter, et donnant même aux différentes opinions des observateurs toute la valeur qu'elles peuvent avoir , il me paroi t que le feu des volcans peut produire des matières assez semblables aux porphyres et granités, et dans lesquelles le feld spath, le mica et le schorl se reconnoissent sous leur forme propre ; et ce fait seul une fois constaté suffirait pour qu'on dût regarder comme plus que vraisemblable la formation du porphyre et du granité par le feu pri-
TOLCANIQUES. 35*
mkif, et à plus forte raison celle des matières premières dont ils sout composés.
Mais * dira-t-on , quelque sensibles que soient ces rapports, quelque plausibles que j paraissent ies conséquences que vous en ti- j rez, n'avez-vous pas annoncé que la figura- * tion de tous les minéraux n'est due qu'au travail des molécules organiques* qui, no pouvant en pénétrer le fend , par la trop grande résistance de leur substance dure ont seulement tracé sur la superficie les premiers linéamens de l'organisation, c'est-àdire les traits de la figuration? Or il n'y avoit point de corps organisés dans ce premier temps où le feu primitif a réduit le §lobe en verre ; et même est-il croyable que ans ces feux de nos fourneaux ardens où nous voyons se former des cristaux , il y ait des molécules organiques qui concourent à la forme régulière qu'ils prennent ? ne suffitil pas d'admettre la puissance de l'attraction et l'exercice de sa force par les lois de l'afli»nité , pour concevoir que toutes les parties homogènes se réunissant, elles doivent prendre en conséquence des figures régulières , et se présenter sous différentes formes rela* tives à leur différente nature, telles que nous les voyons dans ces cristallisations ?
Ma réponse à cette importante question est que , pour produire une forme régulière dans un solide , la puissance de Tattraetion seule ne suffit pas , et que l'affinité n'étant que la même puissance d'attraction, ses lois ne peuvent varier que par la diversité de figure des particules sur lesquelles elle agit pour les réunir » ; sans cela toute matière réduite à l'homogénéité prendroil la forme sphérique , comme la prennent les gouttes d'eau , de mercure, et de tout autre liquide, dans le temps de leur liquéfaction. Il faut donc nécessairement que tous les corps qui ont des formes régulières avec des faces et des angles reçoivent cette impression de figure de quelque autre cause que de l'affinité; il faut que chaque atome soit déjà figuré avant d'être attiré et réuni par l'affinité ; et comme la figuration est le premier trait de l'organisation , et qu'après rattraction il n'y a d'autre puissance active dans la nature que celle de la chaleur et des molécules organiques qu'elle produit, il me semble qu'on ne peut attribuer qu'à ces mêmes élémens actifs le travail de la figuration.
L'existence des molécules organiques a procédé celle des êtres organisés ; elles sont
i. Voye» , daas l'hlstoir» aaturdle de* quftdm* pWe» , l'article qui a pour titre d* la Nature , «•-
Mo
MINÉRAUX
ainsi anciennes que l'élément du feu ; ua atome de lumière ou de chaleur est par luimême une molécule active, qui devient organique des qu'elle a pénétré un autre atome de matière. Ces molécules organiques une fois formées ne peuvent être détruites ; le feu le plus violent ne fait que les disperser sans les anéantir : nous avons prouvé que leur essence étoit inaltérable , leur existence perpétuelle, leur nombre infini, et qu'étant aussi unrfersenement répandues que
les atomes de la lumière, tout concourt à démontrer qu'elles servent également à l'organisation des animaux , des végétaux , et à la figuration des minéraux , puisqu'aprit avoir pris à la surface de la terre leur orga* nismë }out entier dans ranimai et le végétal, retombant ensuite dans la masse minérale , elles réunissent tous les êtres sous la même loi , et ne font qu'un seul empire de • tous les règnes de la nature.
DU SOUFRE
La nature, indépendamment de ses hautes puissances auxquelles nous ne pouvons atteindre, et qui se déploient par des effets universels , a de pua les facultés de nos arts, qu'elle manifeste par des effets particuliers : comme nous elle sait fondre et sublimer les métaux, cristalliser les sels, tirer le vitriol et le soufre des pyrites, etc. Son mouvement plus que perpétuel , aidé de l'éternité du temps, produit, entraine, amène toutes les révolutions, toutes les combinaisons possibles. Pour obéir aux lois établies par le souverain Être, elle n'a besoin ni d'instrumens, ni d'admiaicules, ni d'une main dirigée par l'intelligence humaine} tout s'opère parce qu'à force de temps tout se rencontre, et
ndans la libre étendue des espaces et la succession continue du mouvement toute matière est remuée , toute forme donnée, toute figure imprimée. Ainsi tout se rapproche ou s'éloigne, tout s'unit ou se fuit, tout se combine ou s'oppose, tout se produit ou se détruit par des forces relatives ou contraires, qui seules sont constantes, et, se balançant sans se nuire , animent l'univers et en font un théâtre de scènes toujours nouvelles et d'objets sans cesse renaissans.
Mais en ne considérant la nature que dans ses productions secondaires , qui sont les seules auxquelles nous puissions comparer les produits de notre art, nous la verrons encore bien au dessus de nous ; et pour ne parler que du sujet particulier dont je vais traiter dans cet article, le soufre qu'elle produit au feu de ses volcans est bien plus pur, bien mieux cristallisé, que celui dont nos plus grands chimistes ont ingénieusement trouve la composition. C'est bien la même substance ; ce soufre artificiel et celui de la nature ne sont également que la matière du
feu rendue fixe par l'acide; et la démonstration de cette vérité , qui ne porte que sur l'imitation par notre art d'un procédé secondaire de la nature, est néanmoins le triomphe de la chimie, et le plus beau trophée qu'elle puisse placer au haut du monument de toutes ses découvertes.
L'élément du feu, qui, dans son état de liberté, ne tend qu'à fuir, et divise toute matière à laquelle on l'applique , trouve sa prison et des liens dans cet acide qui luimême est formé par l'intermède des autres élémens ; c'est par la combinaison de l'air et du feu que l'acide primitif a été produit ; et dans les acides secondaires les démens de la terre et de l'eau sont tellement combinés, qu'aucune autre substance simple ou composée n'a autant d'affinité avec le feu : aussi cet élément se saisit de l'acide dès .qu'il se trouve dans son état de pureté naturelle et sans eau superflue ; il forme avec lui un non • vel être qui est le soufre, uniquement composé de l'acide et du feu.
Pour voir clairement ces rapports importais, considérons d'abord le soufre tel que la nature nous l'offre au sommet de ses volcans ; il se sublime , s'attache et se cristallise contre les parois des cavernes qui surmontent tous les feux souterrains : ces cha- Siteaux des fournaises embrasées par le feu es pyrites sont les grands récipiens de cette matière sublimée ; elle ne se trouve nulle part en aussi grande abondance , parce que nulle part l'acide et le feu ne se rencontrent en aussi giand volume et n'agissent avec autant de puissance.
Après la chute des eaux et la production de l'acide, la nature a d'abord renfermé une partie de la matière du feu dans les pyrites, c'est-à-dire dans les petites masses ierrugi*
DU SOUFRE
neuses et minérales où l'acide vitriolique, se trouvant en quantité, a saisi cet élément du feu , et le retiendrait à perpétuité si l'action des élémens humides > ne survenoit pour le dégager et lui rendre sa liberté; l'humidité , en agissant sur la matière ter* reuse, et s'unissant en même temps à l'acide, diminue sa force , relâche peu à peu les nœuds de son union avec le feu, qui reprend sa liberté dès que ses Hem sont brisés : dans %t incendie , le feu , devenu libre , emporte avec sa flamme une portion de l'acide auquel il étoit uni dans la gvrite; et cet acide pur et séparé de la terre, qui reste fixe, forme , avec la substance de là flamme , une nouvelle matière uniquement composée de feu fixé car l'acide, sans mélange de terre ni de fer, ni d'aucune autre matière.
Il y a donc une différence essentielle entre le soufre et la pyrite, quoique tous deux contiennent également la substance du feu saisie par l'acide, puisque le soufre n'est composé que de ces deux substances pures et simples , tandis qu'elles sont incorporées dans la pyrite avec une terre fixe de fer ou d'autres minéraux. Le mot de soufre miné» roi, dont on a tant abusé, devroit être banni de la physique, parce qu'il fait équivoque et présente une musse idée ; car ce soufre minéral n'est pas du soufre , mais de la pyrite : et de même toutes les substances métalliques, qu'on dit être minéralisées par le soufre, ne sont que des pyrites qui contiennent, à la vérité, les principes du soufre, mais dans lesquelles il n'est pas formé. Les pyrites martiales et cuivreuses, la galène de plomb , etc. , sont autant de pyrites dans lesquelles la substance du feu et celle de l'acide se trouvent plus ou moins intimement unies aux parties fixes de ces métaux : ainsi les pyrites ont été formées par une grande opération de la nature, après la production de l'acide et des matières combustibles, remplies de la substance du feu; et le soufre ne •'est formé que par une opération secondaire, accidentelle, et particulière, en se sublimant avec l'acide par l'action des Ceux souterrains, tes charbons de terre et les bitumes , qui, comme les pyrites, contiennent de l'acide, doivent par leur combustion produire de
y «. L'eau sente ne décompose pas les pyrites : le •ong des falaises des côtes de Normandie, les bords «e la mer sont jonchés de pyrites , que les pécheurs ramassent pour en faire du vitriol.
La rivière de Marne , dans la partie de la Cham- P*£M crayeuse qu'elle arrose, est jonchée de pyrites martiales qui restent intactes tant qu'elles sont «m l'eau, mais qui s'effleurissent des qu'elles sont «F**» à Tair.
même une grande quantité de soufre : aussi toutes les matières qui servent d'aliment au feu des volcans et à la chaleur des eaux thermales donnent également du soufre dès que, par les circonstances locales, l'acide et le feu qui raccompagne et l'enlève peuvent être arrêtés et condensés par le refroidissement.
On abuse donc du nom de soufre, lorsqu'on dit que les métaux sont minéralisés par le soufre; et comme les abus vont toujours en augmentant , on a aussi donné le même nom de soufre k tout ce qui peut brûler. Ces applications équivoques ou fausses viennent de ce qu'il n'y avoit dans aucune langue une expression qui pût désigner le feu dans son état fixe ; le soufre des anciens chimistes représentoit cette idée x , le phhgistique la représente dans la chimie récente : et l'on n'a rien gagné à cette substitution de termes; elle n'a même fait qu'augmenter la confusion des idées , parce qu'on ne s'est pas borné à ne donner au phlogistique que les propriétés du feu fixe. Ainsi le mot ancien de soufre, ou le mo"; nouveau de phlogistique, dans la. langue des sciences, n'auroient pas fait de mal s'ils n'eussent exprimé que l'idée nette et claire du feu dans son état fixe : cependant feu fixe est aussi court, aussi aisé à prononcer, que phlogistique; et feu fixe rappelle l'idée principale de l'élément du feu , et le représente tel qu'il existe dans les corps combustibles, au lieu que phlogistique, qu'on n'a jamais bien défini , qu'on a souvent mal appliqué, n'a mit que brouiller les idées , et rendre obscures les explications des choses les plus claires. La réduction des chaux métalliques en est un exemple frappant; car elle s'explique, s'entend aussi clairement que la précipitation, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours , avec nos chimistes , à l'absence ou à la présence du phlogistique. ' Dans la nature, et surtout dans la matière
t. Le soufre des philosophes hermétiques étoit un tout autre être que le soufre commun : ils le regardoient comme le principe de la lainière , comme celai du développement des germes et de la nutrition de» corps organisés ; et sous ces rapports il paroit qu'ils considéraient particulièrement dans le soufre son feu fixe , indépendamment de l'acide dans lequel il se troure engagé. Dans ce point de rue, ce n'est plus du soufre qu'il s'agit, mais du feu même , en tant que fixé dans les différens corps de la nature ; il en fait l'activité , le développement » et la rie : et, en ce sens, le soufre des alchimistes peut en effet être regardé comme le principe des
phénomènes de la chaleur, de la lumière , du déreoppement , cl ( Ôkaemuiçm fmmmùfim /or M » /'aie* Imm- )
nt , et de la nutrition des corps organisés.
MINÉRAUX
brute , il n*t a d'être* réels et primitifs que les quatre démens; chacun de ces élémens peut se trouver en un état différent de mouvement ou de repos, de liberté ou de con* trainte , d'action ou de résistance , etc. : il y auroit donc tout autant de raison de faire un nouveau mot pour l'air fixe ; mais heureusement on s'en est abstenu jusqu'ici. Ne vaut-il pas mieux en effet désigner par une épithète l'état d'un élément , que de foire un être nouveau de cet état en lui donnant un nom particulier? Rien n'a plus retardé le progrès des sciences que la logomachie, et cette création de mots nouveaux â demi techniques, à demi métaphysiques , et qui dès lors ne représentent nettement ni l'effet ni la cause : j ai même admiré la justesse de discernement des anciens; ils ont appelé pyrites Jes mal i ères minérales qui contiennent en abondance la substance du feu : avons-nous eu raison de substituer à ce nom celui de èoufre, puisque les minerais ne sont en effet que des pyrites? Et de même les anciens chimistes ont entendu par le mot de soufre la matière du feu contenue dans les huiles, les résines, les esprits ardens, et dans tous les corps des animaux et des végétaux , ainsi que dans la substance des minéraux : avons-nous aujourd'hui raison de lut substituer celui de phiogistique ? Le mieux eût été de n'adopter ni l'un ni l'autre : aussi n'ai-je employé dans le cours de cet ouvrage que l'expression de feu fixe au lieu de phlogistique , comme je n'emploie ici mie celle de pyrite au lieu de soufre minerai.
Au reste , si l'on veut distinguer l'idée du feu fixe de celle du phlogistique , il faudra, comme je l'ai dit, appeler phlogistique le feu qui, d'abord étant fixé dans les corps, est en même temps animé par l'air et peut en être séparé, et laisser le nom de feu fixe à la matière propre du feu fixé dans ces mêmes corps , et qui , sans l'adminicule de l'air auquel il se réunit , ne pourroit s'en dégager.
Le feu fixe est toujours combiné avec l'air fixe, et tous deux sont les principes inflammables de toutes les substances combustibles : c'est en raison de la quantité de ces air et feu fixes qu'elles sont plus ou moins inflammables. Le soufre, qui n'est composé que d'acide pur et de feu fixe , brûle en entier et ne laisse aucun résidu après son inflammation ; les autres substances, qui sont mêlées de terres ou de parties fixes, laissent toutes des cendres ou des résidus charbonneux après leur combustion; et en général toute inflammation, toute
combustion n'est due la mise en liberté, par le concours de l'air, du feu fixe contenu dans les corps ; et c'est alors que ce feu animé par l'Air devient phJogistique : or le feu libre, l'air et l'eau, peuvent également rendre la liberté au feu fixe contenu dam les pyrites; et comme, au moment qu'il est libre, le feu reprend sa volatilité, il emporte arec lui l'acide auquel il est uni, et forme du soufre par la seule condensation de cette vapeur.
On peut faire du soufre par la fusion en par la sublimation^ il faut pour cela choisir les pyrites qu'on a nommées sulfureuses, et qui contiennent b pins grande quantité de feu fixe et d'acide, avec la moindre quantité de fer , cuivre , ou de toute autre matière fixe; et selon qu'on veut extraire une grande on petite quantité de soufre, on emploie différais moyens, qui néanmoins se réduisent tous à donner du soufre par fusion ou par sublimation.
Cette substance Urée des pyrites par notre art est absolument semblable à celle du soufre que la nature produit par l'action de ses feux souterrains; sa couleur est d'un jaune citrin ; son odeur est désagréable, et plus forte lorsqu'il est frotté ou échauffé; il est électrique comme l'ambre ou la résine; sa saveur n'est insipide que parce que le principe aqueux de son acide y étant absorbé par l'excès du feu , il n'a aucune affinité avec la salive , et qu'en général il n'a pas plus d'action sur les matières aqueuses quelles n'en ont sur lui; sa densité esta peu près égale à celle de la pierre calcaire * ; il est cassant, presque friable, et se pulvérise aisément; il ne' s'altère pas par l'im- Pression des élémens humides , et même action du feu ne le décompose pas lorsqu'il est en vaisseaux clos, et privé de l'air nécessaire à toute inflammation. Il se sublime sous sa même forme, au haut du vaisseau clos, en petits cristaux auxquels on a douné le nom de fleurs de soufre ; celui qu'on obtient par la fusion se cristallise de même en le laissant refroidir trèslentement : ces cristaux sont ordinairement en aiguilles; et cette forme aiguillée, propre au soufre , se voit dans les pyrites et dans presque tous les minéraux où le feu fixe et l'acide se trouvent combinés en grande quantité avec le métal : il se cristallise aussi en octaèdre dans les grands soupiraux des volcans.
t. Le soufre volatil peee environ eeat yatwi» de*» lÎTret le pied oube > et le soufre on canon cent trente-neuf à eent quarante livret»
DU SOUFRE
Le degré de chaleur nécessaire pour fondre le soufre ne suffit pas pour l'enflammer : il faut , pour qu'il s'allume , porter de la flamme a sa surface; et dès qu il aura reçu l'inflammation, il continuera de brûler. Sa flamme est légère et bleuâtre, et ne peut même communiquer l'inflammation aux autres matières combustibles que quand on donne plus d'activité à la combustion du soufre en augmentant le degré du feu : alors sa flamme devient plus lumineuse, plus intense, et peut enflammer les matières sèches et combustibles. Cette flamme du soufre, quelque intense qu'elle puisse être, n'en est pas moins pure; elle est ardente dans toute sa substance; elle n'est accompagnée d'aucune fumée , et ne produit point de suie : mais elle répand une vapeur suffocante qui n'est que celle de l'acide encore combiné avec le feu fixe, et à laquelle on a donné le nom à! acide sulfureux. Au reste, plus lentement on fait brûler le soufre , plus la vapeur est suffocante , et plus l'acide qu'elle contient devient pénétrant : c'est , comme l'on sait, avec cet acide sulfureux qu'on blanchit les étoffes, les plumes, et les autres substances animales.
L'acide que le feu libre emporte ne s'élève avec lui qu'à une certaine hauteur ; car dès qu'il est frappé par l'humidité de l'air, qui se combine avec l'acide, le feu est forcé de fuir ; il quitte l'acide et s'exhale tout seul : cet acide dégagé dans la combustion du soufre est du pur acide vitriolique. « Si l'on veut le recueillir au moment que le feu l'abandonne, il ne faut que placer un chapiteau au dessus du vase , avec la précaution de le tenir assez éloigne pour permettre l'action de l'air , qui doit entretenir la combustion, et de porter dans l'intérieur du chapiteau une certaine humidité par là vapeur Je l'eau chaude ; on trouvera dans lé récipient ajusté au bec du chapiteau l'acide vitriolique connu sous le nom d'esprit de 'vitriol, c'est-à-dire un acide peu concentré, et considérablement affoibli par l'eau. » On concentre cet acide et on le rend pur en le distillant. « L'eau , comme plus volatile, s'élève la première et emporte un j>eu d'acide ; plus on réitère la distillation , plus il y a de déchet , mais aussi plus l'acide qui reste se concentre; et ce n'est que par ce moyen qu'on peut lui donner toute sa force et le rendre tout - à - fait pur ». » Au reste , on a imaginé depuis peu le moyen d'effectuer dans des vaisseaux clos la corn-
i. ÉUmtm it CkimU, par M de Monreau, t. II,
bustion dû soufre; il Suffit pour cela d'y joindre un peu de nitre, qui fournit l'air nécessaire à cette combustion ; et d'après ce principe on a construit des appareils de vaisseaux dos, pour. tirer l'esprit de vitriol en grand , sans danger et sans perte : c'est ainsi qu'on y procède actuellement dans
Slusieurs manufactures » , et spécialement ans la belle fabrique de sels minéraux établie à Javelle sous le nom et les auspiest de monseigneur le comte d'Artois.
L'eau ne dissout point le soufre et ne fait même aucune impression à sa surrace ; cependant si l'on verse du soufre en fusion dans de l'eau , elle se mêle avec lui , et il reste mou tant qu'on ne le fait pas sécher à l'air : il reprend sa solidité et toute sa sécheresse dès que l'eau dont il s'est humecté par force , et avec laquelle il n'a que peu ou point d'adhérence , est enlevée par Yévaporation.
Voilà snr la composition de la substance du soufre et sur ses principales propriétés ce que nos plus habiles chimistes ont reconnu et nous représentent comme choses incontestables et certaines ; cependant ellea ont besoin d'être modifiées , et surtout do n'être pas prises dans un sens absolu, si l'on veut s'approcher de la vérité en se rapprochant des faits réels de la nature. Le soufre, quoique entièrement composé de feu fixe et d'acide , n'en contient pas moins les quatre élémens, puisque l'eau, la terre, et l'air, se trouvent unis dans Tacide vitriolique , et que le feu même ne se fixé que par l'intermède de l'air.
Le phlogistiqne n'est pas, comme on Tassure, une substance simple, identique, et toujours la même dans fous les corps , puisque la matière du feu y est toujours unie à celle de l'air, et que, sans le concours de ce second élément , le feu fixe ne pourrait ni se dégager ni s'enflammer. On sait que l'air fixe prend souvent la place du feu fixe en s'emparant des matières que celui-ci quitte, que l'air est même le seul intermède par lequel on puisse dégager le feu fixe , qui alors devient le ph logistique : ainsi le soufre , indépendamment de l'air fixe qui est entré dans sa composition , se charge encore de nouvel air dans son état de fusion; cet air fixe s'unit à l'acide ; la vapeur
a. C'est à Rouen que l'on a commencé à faire de l'huile de vitriol en prend par le soufre ; il s'en fait annuellement dans cette villa et dans les environs quatorze cents milliers : on en fait à Lyon sans intermède du salpêtre. (Note communiste* pv M. ds Crignon.)
Hi
MINÉRAUX
même du soufre fixe Pair et l'absorbe ; et enfin le soufre , quoique contenant le feu fixe en plus grande quantité que toutes les autres substances combustibles, ne peut s'enflammer comme elles et continuer à brûler que par le concours de l'air.
En comparant la combustion du soufre à celle du phosphore , on voit que , dans le soufre, l'air fixe prend la place du feu à mesure qu'il se dégage et s'exhale en flamme, et que , dans le phosphore , c'est l'air fixe qui se dégage le premier, et laisse le feu fixe reprendre sa liberté : cet effet s'opère sans
d'eau, puisque l'acide vitriolique en contient, et qu'il a même avec cet élément assez d'affinité pour s'en saisir avidement.
L'eau , l'air , et le feu , peuvent également se fixer dans les corps, et l'on -sera forcé, pour exposer au vrai leur composition , d'admettre une eau fixe, comme l'on a élé obligé d'admettre un air fixe après avoir admis le feu fixe , et de même on sera conduit, par des réflexions fondées , et par des observations ultérieures, à ne pas regarder l'élément de U terre comme absolument fixe, et on ne conclura pas , d'après l'idée que toute terre est
le secours extérieur du feu libre et par le fixe , qu'il n'existe point de terre dans le —..i „~~...~. j„ i»«:.. ~* j„„« »^,.t^ »•:«, ~.\ soufre, parce qu'il ne donne ni suie ni résida
après sa combustion : cela prouve seulement que la terre du soufre est volatile, comme celle du mercure, de l'arsenic, et de plusieurs autres substances.
Bien ne détourne plus de la route qu'on doit suivre dans la recherche de la vérité,
Sue ces principes secondaires dont on fait e petits axiomes absolus , par lesquels on donne l'exclusion à tout ce qui n'y est pas compris : assurer que le soufre ne contient que le feu fixe et l'acide vitriolique, ce n'est pas en exclure l'eau, l'air, et la terre, puisque , dans la réalité , ces trois élémens s'y trouvent comme celui du feu.
Après ces réflexions, qui serviront de préservatif contre l'extension qu'on pourroit donner à ce que nous avons dit et à ce que nous dirons encore sur la nature du soufre, nous pourrons suivre les travaux de nos savans chimistes , et présenter les découvertes qu'ils ont faites sur ses autres propriétés. Ils ont trouvé moyen de faire du soufre artificiel semblable au soufre naturel , en combinant l'acide vitriolique avec le phlogistique ou feu fixe animé par l'air ; ils ont observé que le soufre , qui dissout toutes les matières métalliques, à l'exception de l'or et du zinc, n'attaque point les pierres ni les autres matières terreuses , mais qu'étant uni à l'alcali, il devient , pour ainsi dire, le dissolvant général de toutes matières :. l'or même ne lui résiste pas » ; le zinc seul se refuse à toute combinaison avec le foie de soufre.
Les acides n'ont sur le soufre guère plus d'action que l'eau ; mais tous les alcalis fixes ou volatils et les matières calcaires l'att*
seul contact de l'air ; et dans toute matière où il se trouve des acides, l'air s'unit avec eux , et se fixe encore plus aisément que le feu même dans les substances les plus combustibles.
Dans les explications chimiques on attribue tous les effets au phlogistique , c'est-àdire au feu fixe seul, tandis qu'il n'est jamais seul , et que l'air fixe est très -souvent la cause immédiate ou médiate de l'effet. "Heureusement que, dans ces dernières années, d'habiles physiciens, ayant suivi les traces du docteur Haies, ont fait entrer cet élément dans, l'explication de plusieurs phénomènes , et ont démontré que l'air se fixoit en s'unissantàtous les acides; en sorte qu'il contribue, presque aussi essentiellement que le feu, non seulement à toute combustion , mais même à toute calcination, soit à chaud, soit à froid.
J'ai démontré que la combustion et la calcination sont deux effets du même ordre, deux produits des mêmes causes ; et lorsque la calcination se fait à froid , comme celle de la céruse par l'acide de l'air, c'est que cet acide contient lui-même une assez grande quantité de feu fixe pour produire une petite combustion intérieure, qui s'annonce par la calcination, de la même manière que la combustion intérieure des pyrites humectées se manifeste par l'inflammation.
On ne doit donc pas supposer , avec Stahl et tous les autres chimistes, que le soufre n'est composé que de phlogistique et d'acide, à moins qu'ils ne conviennent avec moi que le phlogistique n'est pas une substance simple, mais composée de feu et d'air , tous deux fixes ; que de plus ce phlogistique ne peut pas être identique et toujours le même , puis-
2 ue l'air et le feu s'y trouvent combines en ifférentes proportions et dans un état de fixité plus ou moins constant : et de même on ne doit pas prononcer dans un sens absolu que le soufre , uniquement composé d'acide et de phlogistique , ne contient point
i. Selon Stahl, ce fat an moyeu dm foie dt soufre que Moïse réduisit en poudre Je veau d'or, suivant les paroles de l'Exode, chap. 3s , Yen. so » « Tulit vitulum quetn feceraot , et combussit igné , contriritque donec in pulverem redegit ; postes sparsit in superfieiem aqnarora , et potavit itioa Israël. » Voyes son Traité intitulé Fituhu ewvw if* combustus.
DU SOUFRE
mient, le dissolvent, et le rendent dissoluble dans l'eau. On a donné le nom de foie de •oufre au composé artificiel du soufre et de l'alcali ; mais ici , comme en tout le reste , notre art se trouve non seulement devancé , mais surpassé par la nature. Le foie de soufre est en effet une de ces combinaisons générales qu'elle a produites et produit même le plus continuellement et le plus universellement ; car dans tous les lieux où l'acide vitriolique se rencontre avec les détrimensdes substances organisées, dont la putréfaction développe et fournit à la fois l'alcali et le phlogistique , il se forme du foie de soufre : on en trouve dans tous les cloaques , dans les terres des cimetières et des voiries, au fond des eaux croupies, dans les terres et pierres plâtreuses, etc.; et la formation de ce composé des principes du soufre unis à l'alcali nous offre la production du soufre même sous un nouveau point de vue.
En effet, la nature le produit non seulement par le moyen du feu au sommet des volcans et des autres fournaises souterraines, mais eue en- forme incessamment par les effervescences particulières de toutes les matières qui en contiennent les principes. L'humidité est la première cause de cette effervescence : ainsi l'eau contribue, quoique d'une manière moins apparente et plus sourde, plus que le feu peut-être, à la production et au développement des principes du soufre; et ce soufre, produit par la voie humide, est de la même essence que le soufre E réduit par le feu des volcans, parce que 1 1 cause de leurs productions, quoique si différente en apparence, ne laisse pas d'être au fond la même. C'est toujours le feu qui s'unit à l'acide vitrioliqoe, soit par l'inflammation des matières pyriteuses, sort par leur effervescence occasionnée par l'humidité; car cette effervescence n'a pour cause ifue le feu renfermé dans l'acide, dont l'action lente et continue équivaut ici à l'action vive et brusque de la combustion et de l'inflammation.
Ainsi le soufre se produit sous nos yeux en une infinité d'endroits où jamais les feux souterrains n'ont agi * ; et non seulement nous trouvons ce soufre tout formé partout où se sont décomposés les débris des sub-
«.On treur» en Franche-Comté des géodes sulfarenses qui contiennent un soufre tout formé , et produit, suirant tonte apparence, par Pefflorescence **» pyrites dans des lieux oh elles auront en même J*»ps éprouTé la chaleur de la putréfaction ou de » fermentation.
stances du règne animal et vé^t*». ,Mo*a nous sommes forcés d'en reconnoitre la présence dans tous les lieux où se manifeste celle du foie de soufre, c'est-à-dire dans une infinité de substances minérales qui ne portent aucune empreinte de l'action des feux souterrains.
Le foie de soufre répand une odeur trèsfétide, et par laquelle on ne peut manquer de le reconnoitre ; son action n'est pas moins sensible sur une infinité de substances, et seul il fait autant et peut-être plus de dissolutions, de changemens , et d'altérations dans le règne minéral que tous les acides ensemble. C'est par ce foie de soufre naturel, c'est-àdire par le mélange de la décomposition des pyrites et des matières alcalines , que s'opère souvent la minéralisation des métaux. Il se mêle aussi aux substances terreuses et aux pierres calcaires : plusieurs de ces substances annoncent par leur odeur fétide la présence du foie de soufre ; cependant les chimistes ignorent encore .comment il agit sur elles.
Le foie de soufre, ou sa seule vapeur, noircit et altère l'argent ; il précipite en noir tous les métaux blancs , il agit sur toutes les substances métalliques par la voie humide comme par la voie sèche ; lorsqu'il est en liqueur et qu'on y plonge des lames d'argent, il les noircit d'abord et les rend bientôt aigres et cassantes; il convertit en un instant le mercure en éthiops , et la chaux de plomb en galène ; il ternit sensiblement rétain , il rouille le fer. Mais on n'a pas assez suivi l'ordre de ses combinaisons , soit avec les métaux , soit avec les terres ; on sait seulement qu'il attaque le cuivre, et Ton n'a point examiné la composition qui résulte de leur union : on ne connoit pas mieux l'état dans lequel il réduit le fer par la voie sèche r on ignore quelle est son action sur les demimétaux, et quels peuvent être les résultats, de son mélange avec les matières calcaires par la voie humide comme par la voie sèche : néanmoins ces connoissances , que la chimie auroit dû nous donner, seraient nécessaires
Sour reconnoitre clairement l'action du foie e soufre dans le sein de la terre , et ses différentes influences sur les substances tant métalliques que terreuses. On connoit mieux son action sur les substances animales et végétales ; il dissout le charbon même par la voie humide , et eette dissolution est de couleur verte.
La nature a de tout temps produit et produit encore tous les jours du foie de soufre par la voie humide : la seule chaleur de la
température de l'air ou de l'intérieur de la terre suffit pour que l'eau se corrompe, surtout l'eau qui se trouve chargée d'acide vitriolique, et ceite eau putréfiée produit du vrai ioie de soufre : toute autre putréfaction, soit des animaux ou des végétaux, donnera de même du foie de soufre dès qu'elle se trouvera combinée avec les sels vitriolïques. Ainsi le foie de soufre est une matière presque aussi commune que le soufre même; ses effets sont aussi plus fréquens, plus nombreux que ceux du soufre, qui ne peut se mêler avec Veau qu'au moyen de l'alcali , c'est-à-dire en devenant foie de soufre.
Au reste, cette matière se décompose aussi facilement qu'elle se compose , et tout foie de soufre fournira du soufre en le mêlant avec un acide , qui, s'emparant des matières alcalines , eh séparera le soufre et le laissera précipiter. On a seulement observé que ce soufre précipité par les acides minéraux est plane , et que celui qui est précipité par les acides végétaux , et particulièrement par l'acide du vinaigre ,* est d'un jaune presque orangé.
On sépare le soufre de toutes les substances métalliques et de toutes les matières pvriteuses par la simple torréfaction : l'arsenic et le mercure sont les seuls qui, étant plus volatils que le soufre, se subliment avec lui , et ne peuvent en être séparés par cette opération , qu'il faut modifier et faire alors en vaisseaux clos avec des précautions particulières.
L'huile paroit dissoudre le soufre comme l'eau dissout les sels ; les huiles grasses et par expression agissent plus promptement et plus puissamment que les huiles essentielles , qui ne peuvent le dissoudre qu'avec le secours d'une chaleur assez forte pour le fondre; et malgré cette affinité très- apparente du soufre avec les huiles, l'analyse chimique a démontré qu'il n'y a point d'huile dans la substance du soufre, et que dans aucune huile végétale ou animale il n'y a point d'acide vitriolique ; mais lorsque cet acide se mêle avec les huiles, il forme les bitumes; et comme les charbons de terre et les bitumes en général sont les principaux alimens des feux souterrains, il est évident uétant décomposés par l'embrasement prouit par les pyrites , l'acide vitriolique des pyrites et des bitumes s'unit à la substance du feu , et produit le soufre qui se sublime, ; se condense, et s'attache au haut de ces fournaises souterraines.
Nous donnerons ici une courte indication des différens lieux 4e la terre où l'on trouve
du soufre en plus grande quantité et de ptyi belle qualité ».
L'Islande est peut-être la contrée de l'univers où il y en a le plus, parce que cette ik n'est pour ainsi dire qu'un faisceau de volcans. Le soufre des volcans de KamtschauYa; celui du Japon, de Cevlan, de Mindanao., de l'île Jerun , à l'entrée du golfe Persique; et dans les mers occidentales celui du Pic-de- Ténériffe, de Saint-Domingue, etc., sont également connus des voyageurs. Il se trouve aissi beaucoup de soufre au Chili, et encore
5 lus dans les moutagnes du Pérou , couine ans presque toutes les montagnes à volcan. Le soufre Se Quito et celui de la Guadeloupe passent pour être les plus purs, et l'on en voit des morceaux si beaux et si transparens qu'on les prendroit, au premier coupd'œtl, pour de bel ambre jaune. Celui qui se recueille sur le Vésuve et sur l'Etna est rarement pur. U en est de même du soufre que certaines eaux thermales, comme celles d'Àjjla-Chapelle et de plusieurs sources en Pologne , déposent en assez grande quantité : il faut purifier tous ces soufres, qui sont mélanges de parties hétérogènes , en les faisant fondre et sublimer pour les séparer de tout ce qu'il? ont d'impur.
Presque tout le soufre qui est dans te commerce vient des volcans, des solfatare*, et autres cavernes et grottes qui se trouvent ou se sont trouvées au dessus des feux souterrains ; et ce n'est guère que dans ces lieux que le soufre se présente en abondance et tout formé ; mais ses principes existent •en bien d'autres endroits; et l'on peut même dire qu'ils sont universellement répandu* dans la nature, et produits partout où l'acide vitriolique , rencontrant les débris des substances organisées, s'est saisi et surchargé de leur feu fixe, et n'attend qu'une dernier* action de cet élément pour se dégager dei masses terreuses ou métalliques dans lesquelles il se trouve comme enseveli et eav
i. Le passage sairant de Pline indique quelques ans des lieux d'où les ancien* tiroient le soufre, et proure que dès lors le territoire de Naples éu»it tout Yolcamque. « Mira , dit-il , sulpburis natura . m quo plurima domanter : naeckur in insulte JEetli «inter Siciliain etltaliam, que* ardere di»num ; « sed nobilissimum in Melo insula. In Italie quoqee « inrenitur, in Neapolitano Campa noque agro , col* « libus qui rocantur Leucogmi. Ibi è cunicuiis ef- « fossum perficitur igui. Gênera quatuor ; Tito» » « quod Grscci «/>//"•* vocant, naacitnr colidum, bec m est gleba ... virum effoditur, translucetque , et m riret. Alterum genus appellent gUham , feilon— i «tantum offteinis familial*.... eguim. voeatnr bat « genus. Quarto autem ad «U jchma aaxisM eoop»