‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 12 sur 150 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE

riode; et comme la perte totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison que le temps total de la période est an prolongement du refroidissement, on

aura 25 : 36^ :: i3o8o6 : 377 ans en- 5o

viron. Ainsi le temps dont la chaleur du soleil prolongera le refroidissement de Saturne, étant de i5 ans pour la première période, sera de 3^7 ans pour la seconde. Ajoutant ensemble les i5 ans et les 377 ans dont la chaleur du soleil prolongera le refroidissement de Saturue pendant les deux périodes de i3o£o6 ans , on Terra que ce ne sera que dans l'année 2 5 2010 de la formation des planètes, c'est-à-dire dans 1 8 7 1 88 ans , que cette planète pourra être refroidie à 1/25 de la chaleur actuelle de la terre.

Dans la troisième . période , le premier terme de la compensation par la chaleur du

soleil étant a6i au commencement, et à la fin

5o a5oo g334 36 1 ou 36r , on voit que ce ne sera pas

REFROIDIES

RBFROîDItS

à la

ȔV

de la température

TIMFS&ATVM ACTOKUJ.

actuelle.

La Tbiab.. en 74832 ans.

En... 1 68123 an».

La I.tJKB. .. en 16400

feo... 72513

Mbacoib... en S4I92 -

En... 187766

Vi*v en 9(643

En... 228540

Mais en 28538

En... C0326

Jopitia.... en 240451

En... 483121

Satuahb... en 130821

En... 262020

On Toit , en jetant un Coup d'oeil sur ces rapports, que, dans notre hypothèse, la lune

et Mars sont actuellement les planètes les plus froides; crue Saturne, et surtout Jupiter, sont les plus chaudes ; que Ténus est

plus froides; crue Saturne, et surtout Jupiter, sont les plus chaudes ; que Ténus est encore bien plus chaude que la terre; et que

encore dans cette troisième période qu'arri- Tera le moment où la chaleur du soleil sera égale à la chaleur propre de cette planète , quoiqu'à la fin de cette troisième période elle aura perdu de sa chaleur propre , au point d'être refroidie à j^ de la température actuelle de la terre. Mais ce moment ae trouvera au septième terme n/5o de la 'quatrième période , qui multiplié par 5a3a ans 6/a5 , nombre des années de chaque terme de ces périodes de i3o£o6 ans, donne 37776 ans 19/13, lesquels étant ajoutés au trois premières périodes dont la somme est 392418 ans, font 430194 ans io/a5 : d'où Ton voit que ce ne sera que dans Tannée 430195 de la formation des planètes que la chaleur du soleil se trouvera égale à la chaleur propre de Saturne.

Les périodes des temps du refroidissement de la terre et des planètes sont donc dans Perdre suivant :

Mercure , qui a commencé depuis long-temps à jouir d'une température égale à celle dont jouit aujourd'hui la terre, est encore actuellement et sera pour long-temps au degré de chaleur qui est nécessaire pour le maintien de la nature vivante , tandis que la lune et Mars sont gelés depuis long-temps , et par conséquent impropres , depuis ce même temps , à l'existence des êtres organisés.

Je ne peux quitter ces grands objets sans rechercher encore ce qui s*est passé et se passera dans les satellites de Jupiter et de Saturne, relativement au temps du refroidissement de chacun en particulier. Les astronomes ne sont pas absolument d'accord sur la grandeur relative de ces satellites : et , pour ne parler d'abord que de ceux de Jupiter, Whiston a prétendu que le troisième de ses satellites étoit le plus grand de tous, et il l'a estimé de la même grosseur à peu près que le globe terrestre ; ensuite il dit que le premier est un peu plus gros que Mars , le second un peu plus grand que Mercure, et que le quatrième n'est guère plus grand que la lune. Mais notre plus illustre astronome (Dominique Cassini) a jugé , au contraire , que le quatrième satellite étoit le plus grand de tous. Plusieurs causes concourent à cette incertitude sur la grandeur des satellites de Jupiter et de Saturne : j'en indiquerai quelques-unes dans la suite; mais je me dispenserai d'en faire ici l'énumération et la discussion, ce qui m'eloigneroit trop de mon sujet : je me contenterai de dire qu'il me parolt plus que probable que les satellites les plus éloignés de leur planète principale sont réellement le»

iô MINÉRAUX. INTRODUCTION.

plus grands , de la mêmejnanière que les les premiers temps; et il est très-nécessaire

planètes les plus éloignées du soleil sont aussi les pins grosses. Ou les distances des quatre satellites de Jupiter, à commencer par le plus voisin , qu'on appelle le premier, sont, à très-peu près, comme 5 2/3,9, 14 i/3, a5 1/4 ; et leur grandeur n'étant pas encore bien déterminée, nous supposerons, d'après l'analogie dont nous venons de parler, que le plus voisin au le premier n'est que de la grandeur de la lune, le second de celle de Mercure, le troisième de la grandeur • de Mars, et le quatrième de celle du globe de la terre ; et nous allons rechercher combien le bénéfice de la chaleur de Jupiter a compensé la perte de leur chaleur propre.

Pour cela nous regarderons comme égale la chaleur envoyée par le soleil à Jupiter et à ses satellites, parce qu'en effet leurs distances à cet astre de feu sont à peu près les mêmes. Nous supposerons aussi , comme chose très-plausible, que la densité des satellites de Jupiter est égale à celle de Jupiter même1.

Gela posé, nous verrons que le premier satellite, grand comme la lune, c'est-à-dire qui n'a que 3/x 1 du diamètre de la terre , se seroit consplidé jusqu'au centre en 79a ans 3/i 1 , refroidi au point de pouvoir le toucher en 9248 ans 5/i 1 , et au point de la température actuelle de la terre en 20194 ans 7/1 1 , si la densité de ce satellite n'étoit pas différente de celle de la terre ; mais , comme la densité du globe terrestre est a celle de Jupiter ou de se» satellites :: 1000 : 292 , il s'ensuit que le temps employé à la consolidation jusqu'au centre et au refroidissement doit être diminué dans la même raison, en sorte que ce satellite se sera consolidé en 23i ans 7^, refroidi au point d'en pouvoir toucher la surface en 2690 ans 2/3, et qu'enfin il aurait perdu assez de sa chaleur propre pour être refroidi à la température actuelle de la terre en 5897 ans, si rien n'eût compensé cette perte de sa chaleur propre. Il est vrai qu'à cause du grand éloignement du soleil, la chaleur envoyée par cet astre sur les satellites ne pourrait faire qu'une très-légère compensation , telle que nous l'avons vue sur Jupiter même. Mais la chaleur que Jupiter envoyoit à ses satellites étoit prodigieusement grande, surtout dans

1. Quand même on se refuseroit à cette supposition de l'égalité de densité dans Jupiter et ses satellites , cela ne changerait rien à ma théorie , et les résultat» du calcul seroieot Seulement un peu diiférens ; mais le calcul lui-même ne seroit pas plus difficile à faire

d'en faire ici l'évaluation.

Commençant par celle du soleil, nûûS verrons que cette chaleur envoyée du soleil étant en raison inverse du carré des distances, la compensation qu'elle a faite , dans le temps de l'incandescence , n'étoit que

676 , et qu'à la fin de la première période

ii5o

de 5897 ans , cette compensation n'étoit que

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