‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 145 sur 150 · DE I/O · texte numérisé non relu

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qui est un composé de soufre et d'alcali fixe. Cependant cette dernière dissolution a besoin d'être aidée, et ne se fait que par le moyen du feu. On met l'or en poudre trèsfine ou en feuilles brisées dans un creuset , avec du foie de soufre ; on les fait fondre ensemble , et l'or disparoit dans le produit de cette fusion : mais en faisant dissoudre dans Peau ce même produit, l'or y reste en parfaite dissolution , il est aisé de le tirer par précipitation.

Les alliages de l'or avec l'argent et le cuivre sont fort en usage pour les monnoies et pour les ouvrages d'orfèvrerie ; on peut de même l'allier avec tous les autres métaux : mais tout alliage lui fait perdre plus ou moins de sa ductilité; et la plus petite quantité d'étain, où même la seule vapeur de ce métal , sufiit pour le rendre aigre et cassant : l'argent est celui de tous qui diminue le moins sa trop grande ductilité.

L'or naturel et natif est presque toujours allié d'argent en plus ou moins grande proportion ; cet alliage lui donne de la fermeté et pâlit sa couleur : mais le mélange de cuivre l'exalte, la rend d'un jaune plus rouge, et donne à l'or un assez grand degré de dureté ; c'est par cette dernière raison que quoique cet alliage du cuivre avec l'or en diminue la densité au delà des proportions du mélange, il est néanmoins fort en usage pour les monnoies , qui ne doivent ni se plier, ni s'effacer, ni s'étendre, et qui auroient tous ces inconvénient si elles etoient fabriquées d'or pur.

Suivant M. Gellert, l'alliage de l'or avec te plomb devient spécifiquement plus pesant et il y a pénétration entre ces deux métaux; tandis que le contraire arrive dans l'alliage de l'or et de l'étain , dont la pesanteur spécifique est moindre : l'alliage de l'or avec le fer devient aussi spécifiquement plus léger ; il n'y a donc nulle pénétration entre ces deux métaux , mais une simple union de leurs parties, qui augmente le volume de la masse , au lieu de le diminuer, comme le fait la pénétration. Cependant ces deux métaux, dont les parties constituantes ne paroissent pas se réunir d'assez près dans ta fusion , ne laissent pas d'avoir ensemble une grande affinité ; car l'or se trouve souvent , dans la nature , mêlé avec le fer, et de plus il facilite au feu la fusion de ce métal. Nos habiles artistes devroient donc mettre à profit cette propriété de l'or, et le préférer au cuivre , pour souder les petits ouvrages d'acier qui demandent le plus grand soin et la plus grande solidité ; et ce qui me semble

prouver encore la grande affinité de l'or avec le fer, c'est que, quand ces deux métaux se trouvent alliés, on ne peut les séparer en entier par le moyen du plomb; et il en est de même de l'argent allie au fer, on est obligé d'y ajouter du bismuth pour achever de les purifier.

L'alliage de l'or avec le zinc produit no composé dont la masse est spécifiquement plus pesante que la somme des pesanteurs spécifiques de ces deux matières composantes; il y a donc pénétration dans le mélange de ce métal avec ce demi-métal , puisque le volume en devient plus petit : on a observé la même chose dans l'alliage de l'or et du bismuth. Au reste , on a fait un nom' bre prodigieux d'essais du mélange de l'or avec toutes les autres manières métalliques,

3ue je ne pour rois rapporter ici sans tomber ans une trop grande prolixité.

Les chimistes ont recherché avec soin les affinités de ce métal , tant avec les substances naturelles qu'avec celles qui ne sont que le produit de nos arts ; et il s'est trouvé que ces affinités étoient dans l'ordre suivant : i9 l'eau régale, a° le foie de soufre, 3° le mercure, 4° l'éther, 5° l'argent, 6° le fer, 70 le plomb. L'or a aussi beaucoup d'affinité avec les substances huileuses , volatiles et atténuées , telles que les huiles essentielles des plantes aromatiques, l'espritde - vin , et surtout l'éther; il en a aussi avec les bitumes liquides, tels que le naphte et le pétrole : d'où l'on peut conclure qu'en général c'est avec les matières qui contiennent le plus de principes inflammables et volatils que l'or a le plus d'affinité ; et dès lors on n'est pas en droit de regarder comme une chimère absurde l'idée que l'or rendu potable peut produire quelque effet dans les corps organisés , qui , de tous les êtres, sont ceux dont la substance contient la plus grande quantité de matière inflammable et volatile, et que, par conséquent, l'or extrêmement divisé puisse y produire de bons ou de mauvais effets , suivant les circonstances et les différera états où se trouvent ces mêmes corps organisés. Il me semble donc qu'où peut se tromper en prononçant affirmativement sur la nullité des effets de l'or pris intérieurement, comme remède, dans certaines maladies , parce que le médecin ni personne ne peut counoitre tous les rapports que ce métal très-atténué peut avoir avec le feu qui nous anime.

Il en est de même de cette fameuse recherche appelée le grand œuvre, qu'on doit rejeter en bonne morale , mais qu'en saine

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physique Ton né f>eût pat traiter d'impossible. On fait bien de dégoûter ceux qui voudraient se livrer à ce travail pénible et ruineux, qui , même fut-il suivi au succès , ne seroit utile en rien à la société : mais pourquoi prononcer d'une manière décidée que la transmutation des métaux soit absolument impossible, puisque nous ne pouvons douter que toutes les matières terrestres, et même les 'élémens, ne soient tous convertibles; qu'indépendamment de cette vue spéculative, nous connoissons plusieurs alliages dans lesquels la matière des métaux se pénètre et augmente de densité ? L'essence de l'or consiste dans la prééminence de cette qualité ; et toute matière qui par le mélange obtiendrait le même degré de densité ne seroit-elle pas de For? Ces métaux mélangés , que l'alliage rend spécifiquement plus pesant par leur pénétration récipro-

2ue , .ne semblent-ils pas nous indiquer qu'il oit y avoir d'autres combinaisons où cette pénétration étant encore plus intime, la densité deviendroit plus grande ?

On ne connoissoit ci-devant rien de plus dense que le mercure après l'or, mais on a récemment découvert la platine : ce minéral nous présente l'une de ces combinaisons où la densité se trouve prodigieusement augmentée , et plus que moyenne entre celle du mercure et celle de l'or. Mais nous n'avons aucun exemple qui puisse nous mettre en droit de prononcer qu'il y ait dans la nature des substances plus denses que l'or , ni des moyens d'en former par notre art ; notre plus grand chef-d'œuvre seroit en effet d'augmenter la densité de la matière, au point de lui donner la pesanteur de ce métal ; peut-être ce chef- d'œuvre n'est-il pas impossible, et peut-être même y est-on parvenu ; car, dans le grand nombre des faits exagérés ou faux qui nous ont été transmis au sujet du grand œuvre, il y en a quelques-uns dont il me paroit assex difficile de douter : mais cela ne nous empêche pas de mépriser et même de condamner tous ceux qui, par cupidité, se livrent à cette recherche , souvent même sans avoir les connoissances nécessaires pour se conduire dans leurs travaux; car il faut avouer «jti'on ne peut rien tirer des livres d'alchimie; ni la Table hermériaue, ni la Tourbe de* philosophes, ni Philaièthe, et quelques autres que |'ai pris la peine de lire % et même d'étudier,

. s. eVpuis même dire que j'ai wu un bon nombre de ces messieurs adeptes , dont quelques-uns sont Venus de fort lèln pour me consulter, disaient* ils . et me faire part de leurs traraux j mais tous ont

ne m'ont présenté que de* obscurités, des procédés inintelligibles, où je n'ai rien aperçu, et dont je n'ai pu rien conclure, Sinon que tous ces chercheurs de pierre philosophale ont regardé le mercure comme la base commune des métaux , et surtout de l'or et de l'argent. Bêcher, avec sa terri mercurielle, ne s'éloigne pas beaucoup de cette opinion ; il prétend même avoir trouvé le moyen de fixer cette base commune des métaux. Mais s'il est vrai que le mercure ne se fixe en effet que par un froid extrême, il n'y a guère d'apparence que le feu des fourneaux de tous ces chimistes ait produit le même effet : cependant on aurait tort de nier absolument la possibilité de ce changement d'état dans le mercure, puisque malgré la fluidité qui lui paroitétre essentielle il est dans le cinabre sous une forme solide, et que nous ne savons pas si sa substance ou sa vapeur, mêlée avec quelque autre matière que le soufre , ne prendrait pas une forme encore plus solide, plus concrète et

SI us dense. Le projet de la transmutation es métaux et celui de la fixation du mercure doivent donc être rejetés , non comme des idées chimériques m des absurdités, mais comme des entreprises téméraires, dont le succès est plus que douteux. Nous sommes encore si loin de connoitre tous les effets des puissances de la nature , que nous ne devons pas les juger exclusivement par celles qui nous sont connues, d'autant que toutes les combinaisons possibles ne sont pas, à beaucoup près, épuisées, et qu'il nous reste sans doute plus de choses à découvrir que nous n'en connoissons.

En attendant que nous puissions pénétrer plus profondement dans le sein de cette nature inépuisable, bornons-nous à la corntempler et à la décrire par les faces qu'elfe nous présente : chaque sujet, même le plus simple, ne laisse pas d'offrir un si grand nombre de rapports, que l'ensemble en est encore très-difficile à saisir. Ce que nous avons dit jusqu'ici sur l'or n'est pas, à beaucoup près , tout ce qu'on pourrait en dire : ne négligeons , s'il est possible , aucune observation, aucuu fait remarquable sur ses mines, sur la manière de les travailler, et sur les lieux où on les trouve. L'or, dans ses mines primitives, est ordinairement en filets , en rameaux , en feuilles , et Quelquefois cristallisé en très-petits grains de forme octaèdre. Cette cristallisation, ainsi que toutes ces ramifications, n'ont pas été produites

bientôt ete dégoûtes de ma ccMYcrsntwcj au aaea peu d'entbousiasme.

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oar l'intermède de l'eau, mais p*r l'action du feu primitif qui tenoit encore ce métal en fusion : il a pris toutes ces formes dans les fentes du quartz, quelque temps après sa consolidation. Souvent ce quartz est blanc , et quelquefois il est teint d'un jaune couleur de corne ; ce qui a fait dire à quelques minéralogistes qu'on trouvoit l'or dans la pierre de corne comme dans le quartz : mais la vraie pierre de corne étant d'une formation postérieure à celle du quartz, Tor qui pourroit s'y trouver ne seroit luimême que de seconde formation : l'or primordial fondu ou sublimé par le feu primitif s'est logé dans les fentes que le quartz , déjà décrépité par les agens extérieurs , lui ofrroit de toutes parts, et communément il s'y trouve allié d'argent , parce qu'il ne faut qu'à peu près le même degré de chaleur, pour fondre et sublimer ces deux métaux. Ainsi l'or et l'argent ont occupé en même temps les fentes perpendiculaires de la roche quartzeuse, et ils ont en commun formé les mines primordiales de ces métaux : toutes les mines secondaires en ont successivement tiré leur origine quand les eaux sont venues dans la suite attaquer ces mines primitives, et en détacher les grains et les parcelles qu'elles ont entraînés et déposés dans le lit des rivières et dans les terres adjacentes , et ces débris métalliques , rapprochés et rassemblés, ont quelquefois formé des agrégats qu'on reconnoit être des ouvrages de l'eau, soit par leur structure, soit par leur position dans les terres et les sables. - Il n'y a donc point de mines dont l'or soit absolument pur; il est toujours allié d'argent : mais cet alliage varie en différentes proportions , suivant les différentes mines » ; et dans la plupart il y a beaucoup plus d'argent que d'or ; car comme la quantité de l'argent s'est trouvée surpasser de beaucoup celle de l'or , les alliages naturels résultans de leur mélange sont presque tous composés d'une bien plus grande quantité d'argent que d'or.

Ce métal mixte de première formation est , comme nous l'avons dit , engagé dans un roc quartzeux auquel il est étroitement uni ; pour l'en tirer , il faut donc commencer par broyer la pierre, en laver la poudre pour en séparer les parties moins pesantes que celles au métal , et achever cette séparation par le moyen du mercure, qui, s'a-

i. Pline parle d'an or des Gaules qui ne con tenoit qu'on trenf-tixiim* d'argent. En admettant le fait, cet or seroit le plus pur qu'on eût jamais trouvé.

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tnaJgamaiit avec les JjaitKUMt luwtiHiqini ^ laisse à part le restant de la matière pie* reuse : on enlève ensuite le mercure eil donnant à cette masse amalgamée un degré de chaleur suffisant pour le volatiliser; après quoi il ne reste plus que la portion métal* hque, composée d'or et d'argent : on sépare enfin ces deux métaux , autant qu'il est possible, par les opérations du départ, qui cependant ne laissent jamais l'or parfaitement pur * , comme s'il étoit impossible à notre art de séparer en entier ce que la nature a réuni; car de quelque manière que l'on procède à cette séparation de l'or et de l'argent , qui , dans la nature , ne sont le plus souvent qu'une masse commune, ils restent toujours mêlés d'une petite portion du métal qu'on tâche d'en séparer 3 f de sorte que ni l'or ni l'argent ne sont jamais dans un état de pureté absolue.

Cette opération du départ, ou séparation de l'or et de l'argent, suppose d'abord que la masse d'alliage ait été purifiée par la plomb, et qu'elle ne contienne aucune autre matière métallique , sinon de l'or et de l'argent. On peut y procéder de trois manières différentes, en se servant des substances qui, soit à chaud, soit à froid, n'attaquent

Pas l'or, et peuvent néanmoins dissoudre argent, i* L'acide nitreux n'attaque pas l'or et dissout l'argent; l'or reste donc seul après la dissolution de l'argent, a* L'acide marin , comme l'acide nitreux , a la vertu de dissoudre l'argent sans attaquer l'or, et par conséquent la puissance de les séparer : mais le départ par l'acide nitreux est plus complet et bien plus facile ; il se fait par la voie humide et a l'aide d'une très - petite chaleur , au lieu que le départ par l'acide marin, qu'on appelle départ concentré, ne peut se faire que par une suite de procédés assez difficiles. 3* Le soufre a aussi la

a. Je crois cependant qu'il n'est pas impossible de séparer absolument l'or et l'argent l'un de Tautre en multipliant les opérations et les moyens , et qu'au moins on arriverait à une approximation n grande , qu'on pourroit regarder comme nulle la portion presque infiniment petite qui resteroit contenue dans l'autre.

3. M. Cramer, dans sa Docimasit , assure que si le départ se fait par l'eau- forte, il reste toujours une petite portion d'argent unie à l'or ; et de même que quand on fait le départ par l'eau régale , il reste toujours une petite portion d'or unie à l'argent ; et il estime cette proportion depuis un deuxcentième jusqu'à un cent-cinquantième.

M. Tillet observe qu'il est très-vrai qu'on n' obtient pas de l'or parfaitement pur par la voie dn départ» mais que cependant il est possible de par* venir à ce but par la dissolution de l'or fin dans Veau régale, ou par des cémentations réitérées.

MINÉRAUX

\ propriété de dissoudre l'argent sans toucher à l'or , mais ce n'est qu'à l'aide de U fusion, c'est-à-dire d'une chaleur violente; et comme le soufre est très- inflammable, et quHI.se brûle et se volatilise en grande partie en se mêlant au métal fondu, on préfère l'antimoine pour faire cette espèce de départ sec, parce que le soufre étant uni dans l'antimoine aux parties régutines de ce demi-métal , il résiste plus à l'actiou du feu, et pénètre le métal eu fusion, dans lequel il scorifie l'argent et laisse l'or au dessous. De ces trois agens, l'acide nitreux est celui qu'on doit préférer ' , la manipulation des deux autres étant plus difficile, et la purification plus" incomplète que par le premier.

Ou doit observer que pour foire par l'acide nitreux le départ avec succès, il ne faut pas que la quantité d'or contenue dans l'argent soit de plus de deux cinquièmes; car alors cet acide ne pourroit dissoudre les parties d'argent , qui , dans ce cas, seroient défendues et trop couvertes par celles de l'or pour être attaquées et saisies. S'il se trouve donc plus de deux cinquièmes d'or dans la masse dout on veut faire le départ, on est obligé de la faire fondre, et d'y ajouter autant d'argent qu'il en faut pour qu'il n'y ait en effet que deux cinquièmes d'or dans cette nouvelle masse : ainsi l'on s'assurera d'abord de cette proportion, et il me semble que cela seroit facile par la balance hydrostatique, et que ce moyen seroit bien plus sûr que la pierre de touche et les aiguilles alliées d or et d'argent à différentes doses, dont se servent les essayeurs pour reconnoitre celte quantité dans la masse de ces métaux alliés. On a donc eu raison de proscrire cette pratique dans les monnoies de

i. MM. Brandt, Schœffer, Bergman , et d'autre», ayant avancé que l'acide nitreux, quoique trèspur, pouvoit dissoudre une certaine quantité d'or, et cet effet paroissant devoir influer sur la sûreté de l'importante opération du départ, les chimistes de notre Académie des Sciences ont été chargés de faire des expériences à ce sujet; et ces expériences ont prouvé que l'acide nitreux n'attaque point ou très-peu l'or, puisqu'après en avoir séparé l'argent qui y étoit allié , et dont on connoissoit la proportion , on a toujours retrouvé juste la même quantité d'or. Cependant ils ajoutent, dans le rapport de leurs épreuves , « qu'il ne faut pas conclure que , dans aucun cas, l'acide nitreux ne puisse faire éprouver a l'or quelque très-foible déchet. L'adde nitreux le plus pur se charge de quelques particules d'or : mais nous pouvons assurer que les circonstances nécessaires à la production de cet effet sont absolument étrangères au départ d'essai; que dans ce dernier, lorsqu'on le pratique suivant les règles et l'usage reçu, il ne peut jamais j avoir le moindre déchet sur l'or. »

France2; car ce n'est tu vrai qu'un tâtonnement dont il ne peut résulter qu'une estimation incertaine, tandis que par la différente pesanteur spécifique de ers deux métaux on auroit un résultat précis de la

Eroporlion de la quantité de chacun dans i masse alliée dont on veut faire le départ. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on s'est à peu près assuré de cette proportion , et que l'or n'y est que pour un quart ou au dessous, on doit employer de l'eau -forte ou acide nitreux bien pur, c'est-à-dire exempt de tout autre acide, et surtout du vitriolique et du marin; on verse cette eau -forte sur le métal réduit eu grenailles ou en lames très - minces : il en faut un tiers de plus qu'il n'y a d'argent dans l'alliage. On aide la dissolution par un peu de chaleur, et on la rend complète en renouvelant deux ou trois fois l'eau-forte , qu'on fait même bouillir avant de la séparer de l'or, qui reste seul au fond du vaisseau, et qui n'a besoin que d'être bien lavé dans l'eau chaude pour achever de se nettoyer des petites parties de la dissolution d'argent attachées à sa surface; et lorsqu'on a obtenu l'or, on retire ensuite l'argent de la dissolution , soit eu le faisant précipiter * soit en distillant l'eauforte pour la faire servir une seconde fois. Toute masse dont on veut faire le départ par cette voie ne doit donc contenir que deux cinquièmes d'or au plus sur trots cinquièmes d'argent ; et , dans cet état , la couleur de ces deux métaux alliés est presque aussi blanche que l'argent pur; et loin qu'une plus grande quantité de ce dernier métal nuisit à l'effet du départ , il est au contraire d'autant plus aisé à faire , que la proportion de l'argent à l'or est plus grande. Ce n'est que quand il y a environ moitié d'or dans l'alliage, qu'on s'en aperçoit à sa couleur, qui commence à prendre un oeil de jaune foible.

Pour reconnoftre au juste l'aloi ou le titre de l'or , il faut donc faire deux opéra tions : d'abord le purger, au moyen du plomb, de tout mélange étranger, i l'exception de l'argent , qui lui reste uni , parce que le plomb ne les attaque ni l'an ni l'autre; et ensuite il faut faire le départ par le

s. M. TUlet m'écrit, à ce sujet, qu'on ne fait peint usage des touckaux pour le travail des monnoies de France ; le titre des espèces n'y est constaté que par l'opération de l'essai ou du départ. Les orfèvres emploient , il est vrai , le toucha* dans leur maison commune ; mais ce n'est que pour les menus ouvrages en si petit volume, qu'ils offrent à peine la matière de l'essai en règle , et qu'il» **trt incapables de supporter le poinçon de marqua. *0

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