‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 147 sur 150 · DE L'ARGENT · texte numérisé non relu

DE L'ARGENT

Nous avons dit que, dans la nature primitive, l'argent et Vor n'ont fait généralement qu'une niasse commune , toujours composée de l'un et l'autre de ces métaux , qui même ne sont jamais complètement sépares , mais seulement atténués , divisés par lesagens extérieurs, et réduits en atomes si petits,

3ue l'or s'est trouvé â un côté , et a laissé e l'autre la plus grande partie de l'argent; mais, malgré cette séparation d'autant plus naturelle qu'elle est plus mécanique, nulle part on n'a trouvé de l'or exempt d'argent, ni d'argent qui ne contint un peu d'or. Pour la nature, ces deux métaux sont du même ordre, et elle les a doués de plusieurs attributs communs ; car, quoique leur densité soit très-différente *, leurs autres propriétés es-

i. «-Un pied cube d'argent pèse 7*0 livres ; un pied cube d'or, «348 livres. Le premier ne perd dan» l'eau qu'un onzième de son poids, et 1 autre entre un dix-neuvième et un vingtième. » (Dictio*taire de Chimie , articles de l'or et de 1 argent.) J'observerai que ces proportions ne sont pas exactes ; car en supposant que for perde un dixneuvième et demi de sou poids , et que 1 argent ne

perde qu'un onzième, si le pied cube dur pèse

Ï348 livres , le pied cube d'argent doit peser 760

livres seize trentièmes. M. de Bomare, dans son

Dictionnaire d'histoire naturelle , dit que le pouce

cube d'argent pèse six onces 5 gros *6 grains , ce

qui ne feroit qu'un peu plus de 718 livres le pied

cube , tandis que dans sa Minéralogie, tome 11 ,

naee aio.il dit que le pied cube d'argent pèse

Vàll onces . ce qui fait 7J0 livres 3 once, pour le mètre ne sout.ent , avant de rompre qu un po.ds

ifed l cubTl^es^tfons données par M. ferissou «« *7o Hvres • »u Keu «u'u? Pareft fil d °r *°,,t!ent

ïou» Swi justes t Je pied cube .ffo/è »4 karats , 5oo Jivres. . . On peut réduire un gra,n d argent eu

fondu et non battu, pèse, selon lui , i348 livres

I poce 41 grains, et le pied cube d'or à 14 karata,

fondu et battu, pèse i3M livres 3 onces 6e grains j

le pied cube d'argent à is deniers, fonda et non

sentîelles sont les mêmes : ils sont également inaltérables, et presque indestructibles ; l'un et l'autre peuvent subir l'action de tous les élémens sans en être altérés ; tous deux se fondent et se subliment à peu près au même degré de feu * ; ils n'y perdent guère plus l'un que l'autre 3 ; ils résistent à toute sa violence sans se convertir en ebaux 4 ; tous deux ont aussi plus de ductilité que tous les autres métaux; seulement l'argent, plusfoible en densité et moins compacte que l'or , ne peut prendre autant d'extension 5; et de même,

battu , pèse 733 livre» 3 onces 1 gros 5 a grains » et le pied cube du même argent à la denier* • •'est-à-dire aussi pur qu'il est possible, pèse, lors qu'il est forgé ou battu, 735 livres 11 onces 7 gros 43 grains.

a. Ou est assuré de 'cette sublimation de l'or et de l'argent non seulement par mes expériences ai miroir ardent, mais aussi par la quantité que t'na eu recueille dans les suies des fourneaux d'affinage des m on noies.

3. Kunckel ayant tenu de l'or et de l'argent pendant quelques semaines en fusion , assure que l'or n'avoit rien perdu de sou poids ; mais il avoue que l'argent avoit perdu quelques grains. Il a mal à propos oublié de dire sur quelle quantité.

4. L'argent tenu au foyer d'un miroir ardent se couvre, comme l'or, d'une pellicule vitreuse; mais M. Macquer, qui a fait celte expérience, avoue qu'en n'est pas encore assuré si cette vitrification provieut des métaux ou de la poussière de l'air. [Dictionnaire de Chimie, article argent.)

Page 1