‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 7 sur 150 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE. g · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE. g

a* de 1937 ans par la chaleur de la terre; et, dans la seconde période , le refroidissement de la lune a éle prolongé , 3° de 3724 ans par la chaleur du soleil, et 4° de 3 80Ô7 ans par la chaleur de la terre. En ajoutant ces quatre termes, on aura 43867 ans, qui, étant joints aux 28646 ans des deux périodes, font en tout 7*5x3 ans : d'où Ton voit que c'a été dans l'année 7a5i3, c'est-à-dire il y a a3 18 ans, que la lune a été refroidie au point de i/a5 de la température actuelle ' du globe de la terre.

La plus grande chaleur que nous ayons comparée à celle du soleil ou de la terre est la chaleur du fer rouge; et nous avons trouvé que cette chaleur extrême n'est néanmoins que vingt-cinq fois plus grande que la chaleur actuelle du globe de la terre ; en sorte que notre globe, lorsqu'il étoit en incandescence, ayant a5 de chaleur, n'en a plus que la vingt-cinquième partie , c'est-àdire a5/a5 ou 1 ; et , en supposant la première période de 74047 ans, on doit conclure que , dans une seconde période semblable de 74047 ans, cette chaleur ne sera plus que x/25 de ce qu'elle étoit à la fin de la première période, c'est-à-dire il y a 785 ans. Nous regarderons le terme i/a5 comme celui de la plus petite chaleur, de la même façon que nous avons pris a5 comme celui de la plus forte chaleur dont un corps solide puisse être pénétré. Cependant ceci ne doit s'entendre que relativement à notre propre nature et à celle des êtres organisés : car cette chaleur 1/2 5 de la température actuelle de la terre est encore double de celle qui nous vient du soleil ; ce qui fait une chaleur considérable , et qui ne peut être regardée comme très-petite que relativement à celle qui est nécessaire au maintien de la nature vivante; car il est démontré, même par ce que nous venons d'exposer, que si la chaleur actuelle de la terre étoit vingt-cinq fois plus

Setite qu'elle ne l'est, toutes les matières uides du globe seroient gelées, et que ni l'eau, ni la sève, ni le sang, ne pourroient circuler; et c'est par cette raison que j'ai regardé le terme 1/2 5 de la chaleur actuelle du globe comme le point de la plus petite chaleur, relativement à la nature organisée, puisque de la même manière qu'elle ne peut naître dans le feu , ni exister dans la trèsgrande chaleur, elle ne peut de même subsister sans chaleur pu dans une trop petite chaleur. Nous tâcherons d'indiquer plus précisément les termes de froid et de chaud où les êtres vivons cesseroient d'exister : mais il faut voir auparavant comment se fera,

MINÉRAUX WTRODtTCTïON.

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le progrès du refroidissement du globe terrestre jusqu'à ce point i/a5 de sa chaleur actuelle, )

Nous avons deux périodes de temps , chacune de 74047 aie , dont la première est écoulée, et a été prolongée de 785 ans par Faccession de la chaleur du soleil et de celle de la lune. Dans cette première période, la chaleur propre de la terre s'est réduite de a 5 à r; et dans la seconde période, elle se réduira de 1 à i/a5. Or nous n'avons à considérer dans cette seconde période que la compensation de la chaleur du soleil ; car on voit que la chaleur de la lune est depuis long-temps si foible, qu'elle ne peut envoyer à la terre qu'une si petite quantité, quon doit la regarder comme nulle. Or la compensation par la chaleur du soleil étant i/5o à la fin de la première période de la chaleur propre de la terre, sera par conséquent ' 25/5o à la fin de la seconde période de 74047 ans : d'où il résulte que la compensation totale que produira la chaleur du soleil pendant cette seconde période sera ^ ou 6 1/2 ; et comme la perte totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison que le temps de la période est au prolongement du refroidissement , on aura a5 : 6 i/a : : 74047 ', 19252 environ. Ainsi la chaleur du soleil qui a prolongé le refroidissement de la terre de 770 ans pour la première période, le prolongera pour la seconde de 19252 ans.

Et le moment où la chaleur du soleil sera égale à la chaleur propre de la terre ne se trouvera pas encore dans cette seconde période, mais au second terme d'une troisième période de 74047 ans ; et comme chaque terme de ces périodes est de 2962 ans, en les multipliant par 2, on a 5924 ans, lesquels ajoutés aux 148094 ans des deux premières périodes, il se trouve que ce ne sera que dans l'année 1 540 18 de la formation des planètes que la chaleur envoyée du soleil à la terre sera égale à sa chaleur propre.

Le refroidissement du globe terrestre a donc été prolongé de 776 ans 1/2 pour la

{M-emière période, tant par la chaleur du soeil que par celle de la lune , et il sera encore prolongé de 19252 ans par la chaleur du soleil pour la seconde période de 74047 ans. Ajoutant ces deux termes aux 148094 ans des deux périodes, on voit que ce ne sera que dans Tannée 168123 de la formation des planètes, c'est-à-dire dans 93291 ans que la terre sera refroidie au point de i/25 de la température actuelle , tandis que 1a lune l'a été dans Tannée 725 14, c'est-à-

dire il y a 23 18 ans , et Tauroit été bien plus tôt si elle ne tiroit , comme la terre , des secours de chaleur que du soleil , et si celle que lui a envoyée fa terre n'a voit pas retardé son refroidissement beaucoup plus que celle du soleil,

Recherchons maintenant quelle a été la compensation qu'a faite la chaleur du soleil à la perte de la chaleur propre des cinq autres planètes.

Nous avons *u que Mercure, dont le diamètre n'est que i/3 de celui du globe terrestre, se serait refroidi au point de notre température actuelle en 5o35i ans, dans la supposition que la terre se fût refroidie à ce même point en 74047 ans; mais, comme elle ne s'est réellement refroidie à ce point

3 n'en 74832 ans, Mercure n'a pu se refroiir de même qu'en $0884 ans 5/7 environ, et cela , en supposant encore que rien n'eût compensé la perte de sa chaleur propre. Mais sa distance au soleil étant à celle de la terre au même astre :: 4 : 10, il s'ensuit que la chaleur qu'il reçoit du soleil, en comparaison de celle que reçoit la terre, est ;: 100 : 16, ou ;: 6 j/4 ; x. pès lors la compensation qu'a faite la chaleur du soleil lorsque cette planète étoit à la température actuelle de la terre, au lien de n'être que

i/5o, étoit -r-* , et dans le temps de son incandescence , c'est-à-dire 5o884 ans 5/7 auparavant, cette compensation n'étoit que

— £-% Ajoutanfrces deux termes decompensa-

64 6} Uon tt et — J- dn premier et dn dernier 5o i25o r

temps de cette période, on aura — ~, qui

étant multipliés par 1% x/a, moitié de la

somme de tous les termes, donnent 7

ou x — ~ pour la compensation totale qu'a

faite la chaleur du soleil pendant cette première période de 50884 ans 5/7 ; et» comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps de ta période est au prolongement du refroidis-

781I sèment, on aura a5 : x — ~ :: 50884 5/7

; 3307 ans i/a environ. Ainsi le temps dont la chaleur du soleil a prolongé le refroidissement de Mercure a été de 33oj ans i/o pour la première période 4e 5o8g4 ans 5/7 : d'où Ton voit que c'a été dans Tannée 5419a

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