DU GRANITE
seconde formation; il est friable, peu corn* pacte, mêlé de talc; il est dispose par lits et par couches presque horizontales : il présente donc toutes les empreintes d'un ouvrage de l'eau , au lieu que les granités primitifs n'ont d'autres caractères que ceux d'une vitrification.
On ne doit donc rien inférer, rien conclure de la formation de ces grau i les secondaires à celle du granité primitif dont ils ne sont que des détrimens. Les grès sont , relativement au quartz, ce que ces seconds granités sont au premier; et vouloir les réunir pour expliquer leur formation par un principe commun , c'est comme si l'on préteudoit rendre raison de l'origine du quartz par la formation du grès.
Ceux qui voudroient persister à croire au on doit rapporter à I eau la formation de tous les granités , même de ceux qui sont élancés à pic et groupés en pyramides dans les montagnes primitives, ne voient pas qu'ils ne font que reculer ou plutôt éluder la réponse à la question ; car ne doit-on pas leur demander d'où sont venus et par quel agent ont été formés ces fragmens vitreux employés par l'eau pour composer les granités, et dès lors ne seront-ils pas forces à rechercher l'origine des masses dont ces fragmens vitreux ont été détachés, et ne fautil pas reconnoître que si l'eau peut diviser, transporter, rassembler les matières vitreuses , elle ne peut en aucune façon les produire ?
La question resteroit donc à résoudre dans toute son étendue, quand on voudroit, par prévention de système , ou qu'on pourroit , par suite d'analogie , établir que les granités
{>ri natifs ont été formés par l'eau ou dans e sein des eaux, et il resteroit toujours pour fait constant que la grande masse vitreuse, dont les élémens de ces granités sont ou l'extrait ou les débris, est une matière antérieure et étrangère à l'eau , et dont la formation ne peut être attribuée qu'à l'action du feu primitif.
Les nouveaux granités sont souvent adossés aux flancs ou stratifiés au pied des grandes masses antiques dont ils tirent leur origine ; ils sont étendus en couches ou en lits plus ou moins inclinés , et souvent horizontaux, au lieu d'être groupés en hauteur, entassés en pyramides, ou empilés en feuillets verticaux ', comme le sont les véritables granités
i. C'est ce que M. de Saussure appelle des couèkès perpendiculaires , par une association de mots aussi insoeiablea que les idées qu'ils présentent «pu incfmpfttiblff j ee# qui dit fmcàts dit dépôt
dans les grandes montagnes primitives : otite différence de position est uu effet remarquable et frappant, qui , d'un côté, caractérise l'action du feu dont la force expansivt du centre à la circonférence ne pou voit qu'élancer, élever la matière et (a grouper en hauteur, tandis que la seconde position présente l'ouvrage de l'eau , qui , soumis» a la loi de l'équilibre , et ne travaillant que par voie de transports et de dépôt, tend généralement à suivre la ligne horizontale. Les granités secondaires se sont donc formés des premiers débris du granité primitif, et les fragmens rompus des uns et des autres, et roulés par les eaux, ont postérieurement rempli plusieurs vallées, et ont même formé par leur entassement des montagnes subalternes, tl se trouve des carrières entières , et en bancs étendus , de ces fragmens de granités roulés et souvent mêlés de pareils fragmens de quartz arrondis, comme ceux de granité , en forme de cailloux. Mais ces couches sont, comme l'on voit , de seconde et même de troisième formation. Et dans le même temps que les eaux entrainoient, froissoient, et entassoient ces fragmens massifs, elles transporloient au loin, dispersoient, et déposoient partout les parties les plus ténues et la poussière , flottante de ces débris graniteux ou quai tzeux ; dès lors ces poudres vitreuses ont été mêlées avec les poudres calcaires , et c'est de là que proviennent originairement les sucs quartzeux ou silices qui transsudent dans les craies et autres couches calcaires formées par le dépôt des eaux.
stratifié, étendu, couché enfin sur une ligne plut ou moins voisine de la ligne horizontale, et dont les feuillets se divisent en ce sens ; or une telle niasse, stratifiée horizontalement, ne peut rien offrir de perpendiculaire que les fissures ou sutures qui l'ont accidentellement divisée : la tranche perpendiculaire porte au contraire sa plus grande dimension sur la ligne de hauteur, elle se coupe en lames verticales ; et il est aussi impossible qu'elle ait été formée par la même cause que la couche horizontale qu'il l'est que cette dernière devienne jamais perpendiculaire, si ce n'est par accident; car il est indubitable que toutes les couches stratifiées par la mer, et qui ne doivent pas leur Inclinaison aux causes accidentelles, comme la chute des cavernes , la tiennent des inclinaisons mêmes , des pentes, ou des coupes des masses primitives auxquelles elles sont venues s'adosser, s'adapter, et se superposer, qui, en un mot, leur ont servi de base. Aussi de M. de Saussure, après avoir fait la description et l'énuméralion de plusieurs de ces couches violemment inclinées ou presque perpendiculaires, rappelle-t-il tous ces faits particuliers à une observation qu'il regarde lui-même comme giuérale et importante » savoir, que les montagne» te» conduire* sont d'autant plus irrégulières etplutinclinéc* qu'elles approchent plus des primitif es.
MINÉRAUX
' Et comme le transport de ces débris du granité, du grès, et des poudres d'argile, s'est long-temps fait dans le fond des mers , conjointement avec celui des détrimens des craies , des marbres, et des autres substances calcaires, les unes et les autres ont quelquefois été entraînées, réunies, et consolidées ensemble : c'est de leur mélange que se sont
formées les Brèches et autres pierres mi-* parties de calcaire et de vitreux ou argileux ; tandis que les fragmens de quartz et de granité, unis de même par le ciment des eaux, ont formé des poudingues purement vitreux, et que les fragmens des marbres et autres pierres de même nature ont formé des brèches purement calcaires.