‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 98 sur 150 · DE L'ALBATRE · texte numérisé non relu

DE L'ALBATRE

tt les fentes de ces bancs, où eHe se charge des molécules pierreuses qu'elle en détache^ ejt enfin elle arrive au dessous du dernier banc , et suinte en s'âttachant aux parois de la voûte , ou tombe goutte à goutte dans l'excavation.

Et cette eau chargée de matière pierreuse forme d'abord des stalactites qui pendent de la voûte , qui grossissent et s'allongent successivement par des couches additionnelles , et prennent en même temps plus de solidité à mesure qu'il arrive de uouveaux sucs pierreux1. Lorsque ces sucs sont très-abondans , ou au'ils sont trop liquides, la stalactite supérieure attachée à là voûte laisse tomber par gouttes cette matière superflue , qui forme , sur le sol , des concrétions de même nature, lesquelles grossissent , s'élèvent, et se joignent enfin à la stalactite supérieure , en sorte qu'elles forment par leur réunion une espèce de

i. L'auteur do Traité des pétrifications , qui a Ta ne grotte près de Neufchàtel , nommée Troisros, a remarqué que l'eau, qui coule lentement par di- ▼erse» fentes du roc , j'arrête pendant quelque temps en forme de £ oujUes.au haut d'une espèce de voûte formée parles bancs du rocher; là, de petites molécules cristallines, que l'eau entraîne en passant à travers les bancs , se lient par leurs côtés pendant que la goutte demeure suspendue et y forme de petits tuyaux , à mesure que l'air s'échsppe par la partie inférieure de la petite bulle qu'il formoit dans la goutte d'eau : ces tuyaux s'allongent peu à peu en grossissant, par nue accession continuelle de nouvelle matière; puis ils se remplissent ; de sorte que les cylindres qui en résultent sont ordinairement arrondis vers le bout d'en bas, tandis qu'ils sont encore suspendus au rocher : mais dès qu'ils s'nnissent avec les parti-, cales cristallines , qui tombent plus vite et forment un sédiment à plusieurs couches au bas de la grotte, ils ressemblent alors à des arbres qui du bas s'élèvent jusqu'au comble de la voûte.

Ces cylindres acquièrent un plus grand diamètre eu bas par le moyen de la nouvelle matière qui coule le long de leur superficie, et ils deviennent souvent raboteux , à cause des particules cristallines qui s'y arrêtent en tombant dessus, comme une pluie menue , lorsque l'eau abonde plus qu'à l'ordinaire dans l'entre-deux des rochers : la configuration intérieure de leur masse, faite à rayons et à couches concentriques , et quelquefois différemment colorées par une petite quantité de terre fine qui s'y mêle et les rend semblables aux aubiers de* arbres, jointe aux circonstances dont on vient de parler, peut tromper les plus éclairés.

11 se forme aussi plusieurs autres masses plus ou moins régulières de stalactite dans des cavernes de pierre à chanx et de marbre : ces masses ne diffèrent entre elles, par rapport à leur matière, que par le plus grand ou le moindre mélange de terre fine de différentes couleurs que l'eau enlève souvent du roc même avec les particules cristallines , ou qu'elle amène des couches de terre supérieures •ex roches dans tes couches de stalactite. {Traité à* pétri/h*ti0iu , in-4*. Pari» *74», p. 4 et swv.)

colonne d'autant pins sonde et plus i Qu'elle s'est faite en plus de temps; car le liquide pierreux augmente ici également le volume et la masse en se déposant sur les surfaces et pénétrant l'intérieur de ces stalactites , lesquelles sont d'abord légères et friables , et acquièrent ensuite de la solidité par l'addition de cette même matière pierreuse qui en remplit les pores ; et ce n'est qu'alors que ces masses concrètes prennent la nature et le nom d'albâtre : elles se présentent en colonnes cylindriques , en cônes plus on moins obtus , en culs-de-lampe, en tuyaux, et aussi en incrustations figurées contre les parois verticales ou inclinées de ces excavations, et en nappes déliées ou en tables épaisses et assez étendues sur le sol; il paroît même que cette concrétion spathique qui est la première ébauche de l'albâtre se forme aussi k la surface de l'eau stagnante dans ce grottes, d'abord comme une pellicule mince , qui peu à peu prend de l'épaisseur et de la consistance , et présente par la suite une espèce de voûte qui couvre la cavité ou encore pleine ou épuisée d'eau. Toutes ces masses concrètes sont de même nature ; je m'en suis assuré en faisant tirer et enlever quelques blocs des unes et des autres pour les faire travailler et polir par des ouvriers accoutumés à travailler le marbre : ils reconnurent avec moi que c'était du véritable albâtre, qui ne différait des plus beaux albâtres qu'en ce qu'il est d'un jaune un peu plus pâle et d'un poli moins vif ; mais la composition de la matière, et sa disposition par ondes ou veines circulaires , est absolument la même ». Ainsi tous les albâtres doivent leur origine aux concrétions produites par l'infiltration des eaux à travers les matières calcaires :

5 lus les bancs de ces matières sont épais et urs , plus les albâtres qui en proviennent seront solides à l'intérieur et brillans au poli. L'albâtre qu'on appelle oriental ne porte ce nom que parce qu'il a le grain plus fin, les couleurs plus fortes, et le poli plus vif que les autres albâtres ; et l'on trouve en Italie , en Sicile^ à Malte , et même en France 3, de ces albâtres qu'on peut nom-

a. Lorsque l'on scie transversalement une grosse stalactite ou colonne d'albâtre, on voit, sur la tranche, les couches circulaires dont la stalactite est formée ; mais si on la scie sur sa longueur l'albâtre ne présente que des veines longitudinales, en sorte que le même albâtre paroît être différent, selon le sens dans lequel on le travaille.

3. On trouve à deux lieues de Màcon , du côté du midi, une grande carrière d'albâtre très- beau rt très-bien coloré* qui a beaucoup de transparfjice

rtMff flriMriiiJi par k bâqrt de leurs couleurs et l'édatdt ieer poli j niai* leur origine et leur formation sont les même* que celles des «fofere* coouniu, «i leur» différences ne doivent être attribuées qu'à la qualité différente des pierres calcaires qui en ont fourni la matière. Si cette pierre s'est trouvée dure, compacte, et d'ua grain fia, l'eau ne pouvait la pénétrer qu'avec beaucoup de temps, etie ne se chargera que de molécules tiennes et très*len«es , qui formeront des concrétions plus pesantes et d'un grain plus fia que celui des stalactites produites par des pierres plus grossières ; en» sorte qu'il doit se trouver dans ces concrétions , ainsi que dans les albâtres, de grandes variétés , tant pour la densité nue pour la finesse du grain et l'éclat du poli.

La matière pierreuse que l'eau détache en s'inJMtmat dans tes bapos calcaires est Quelquefois si pure et si homogène, que les stalactites qui en résultent sont sans couleurs et transparente*, avec une figure de cristallisation régulière; ce sont ordinairement de petites colonnes à pans, terminées par des pyramides triangulaires , et ces colonnes se cassent toujours obliquement. Cet ta matière est 4e spath, et les concrétions qui «n contiennent une grande quantité forment des albâtres plus transpatens que les autres, nais qui sont en même temps ptos difficiles à travailler.

Il ne fairt pas bien des siècles , ni même un très-grand nombre d'années , comme on pounwt le croire , pour former des albâtres : on voit croître les stalactites en assez peu de temps; on les voit se grouper, se joindre , et s'étendre pour ne former que des masses communes, en sorte qu'en moins d'un siècle elles augmentent peut-être du double de leur volume. Étant descendu , en 1759, dans les stémes grottes d'Arcy pour la seconde fois, c'est-à-dire dix-neuf ans après ma première visite, je trouvai cette

augmentation de volume très-sensible et plus considérable^ ue je ne l'avais imaginé : il u'étoit plus possible de passer dans les mêmes défilés par lesquels j 'a vois passé en X740; les routes étoient devenues trop étroites ou trop basses, les cônes et les cylindres s'ét oient allongés; les incrustations s'étoient épaissies ; et je jugeai qu'en supposant égale l'augmentation successive

en plusieurs endroit»; cette carrière est située dans la montagne que t'ou appelle Solutrie , dans la-

(bien " ...

4e ces concrétions, il ne faudrait peut-être pas deux, siècles pour acheter de remplir fi plus grande partie de ces excavations.

L'albâtre est donc une matière qui, m produisant et croissant chaqne Jour, pourroit , comme le bois , se mettre pour ainsi dire en coupes réglées à deux ou trois siècles de distance; car, en supposant qu'on fit aujourd'hui l'extraction de tout l'albâtre contenu dans quelques-unes des cavités qui en sont remplies, il est certain que etê mêmes cavités se remnfîroient de nouveau d'une matière toute semblable, par les mêmes moyens de l'infiltration et du dépôt des eaux gouttières qui passent à travers les couches supérieures de la terre et les joints des bancs calcaires.

Au reste , cet accroissement des stalac tites , qui est très-sensible et même prompt dans certaines grottes, est quelquefois trèslent dans d'autres. « Il y a près de vingt ans, dit M. l'abbé de Sauvages, que je cassai plusieurs stalactites dans une grotte où personne n'avoit encore tonebê ; à peine se sont-elles allongées aujourd'hui de ciutj ou six lignes : on en voit couler des gouttes d'eau chargées de suc pierreux, et le cours n'en est interrompu que dans les temps de sécheresse, * Ainsi la formation de ces concrétions dépend non seulement de la continuité de la stillarion des eaux , mais encore de la qualité iks rochers et de la quantité de particules pierreuses qu'elles en peuvent détacher. Si les rochers 00 bancs supérieurs sont d'ene pierre très-dure , les stalactites auront le grain très-fin et seront long-temps à se former et à croître ; elles croîtront au contraire en d'autant moins de temps que les bancs supérieurs seront de matières plus tendres et plus poreuses, telles que sont la craie,' la pierre tendre, et la marne.

La plupart des albâtres se décomposent à

l'air, peut-être en moins de temps qu'il n'en

- faut pour les former. «La pierre dont on se sert

quelle il t'est son propre

t un éboulemenS considérable pofdf. (N0M tûmmmi'ime pur 4f*

a. Venise pour la construction des palais et des églises est une pierre calcaire blanche qu'on tire d'Istria, parmi laquelle il y a beaucoup de stalactites d'un tissu compacte, et sou-' vent d'un diamètre deux fois plus grand que celui du corps d'un homme très-gros : ces stalactites se forment en grande abondance dans les voûtes souterraines des montagnes calcaires du pays. Ces pierres se décomposent si tacitement , que l'on rit, il y a quelques années, à l'entablement supérieur 4e la façade d'une belle église neuve, bâtie de cette pierre, plusieurs grandes stalactites qui s'étoient formées

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ftfC^fi^Vetee» par ttgotrtttimàt knt des eaux qui avaient séjourné sur cet entafafeftient C'est de la même manière Celtes se forment dans les souterrains des montagnes , puisque leur grain ou leur composition y ressemble *. » Je ne crois pas qii'il soit nécessaire de foire observer ici que «ette

Eierre d'Istria est une espèce d'albâtre; On \ voit assez par la description de sa stAttance et de sa décomposition.

Et lorsqu'une cavité naturelle où artificielle se trouve surmontée par des bancs de marbre , qui , de toutes les pierres calcaires, est fa plus dense et la plus dure, les ce** rrétlons formées dans cette cavité par l'infiltration des eaux no sont plus des albâtres, mais de beaux marbres fins , et d'une dureté presque égale à celle du marbre dont ils tirent leur origine, et qui est d'une formâtion bien plus ancienne. Ces premiers marbres contiennent souvent des coquilles et d'autres productions de la mer , tandis que tes nouveaux marbres , ainsi aue les albâtres, n'étant composés mie Je particules pierreuses détachées par les eaux, ne présentent aucun vestige de coquilles, et annoncent par leur texture que leur formation est nouvelle.

Ces carrières parasites de marbre et ' d'albâtre* toutes formées aux dépens des anciens bancs calcaires, ne peuvent avoir plus d'étendue que les cavités dans lesquelles on les trouve. On peut les épuiser en assez peu de temps ; et c'est par celte raison que la plupart des beaux marbres antiques ou modernes ne se trouvent plus. Chaque cavité contient un marbre différent de celui d'une autre cavité , surtout pour les couleurs , parce que les bancs des anciens marbres qui surmontent ces cavernes, «ont eux-mêmes différemment colorés, et que l'eau, par son infiltration, détache et emporte les molécules de ces marbres avec leurs couleurs : souvent elle mêle ces couleurs ou les dispose dans un ordre différent ; elle les affaiblit ou les charge selon les circonstances. Cependant on peut dire que les marbres de seconde formation sont en général plus fortement eolorés que les premiers , dont ils tirent leur origine.

Et ces marbres de seconde formation peuvent, comme les albâtres, se régénérer dans Jes eudrotts d'où on les a tirés , parée qu'ils son i formés de même par la stillalion des eaux. lW;livi rapporte uu grand nombre d'exemples qui prouvent évidemment que le niar-

f. ttttHi Ht M. rrf>e*y ftffes 41 «t 4*.

fera se reproimt da néaveat» dans 1» mêmes carrières 5 « ifcqoel'ou voyoit de ton temps des chemins très-uuis dans dos- endroits aa\ «ënt m auparavant* il y «voit eu des carrières très-profondes. Il ajouta qu'en ouvrant deé «arrières da marbra on avait reneoniré des haches, des pies, des marteaux, et d'autres outils renfermai dans le marbre* qui avaient vraisemblablement servi autrefois à exploiter cas mêmes carrières , lesquelles ta sont remplies par la suite des serons , et sont devenues propres à être exploitées de nouveau.

Ofl trouve aussi plusieurs de ces marbres de seconde formation qui «ont aaUé» aYalbâtre \ et dans le genre, calcaire 4 eoesme en tout autre s la nature passe par degrés et finances du marbra le pins fia et le plus dur è l'albâtre et ami amcfélione le$ plus grossières et les plue tendre*,

La plupart des albâtres» et surtout les phrs beaux, ont quelque transparence, parce qu'ils contiennent nue certaine quantité de* spath qui s'est tristaUise dans le temps de la formation dès stalactites dont ils sont composés : mais, pour l'ordinaire, la quantité du spath n'est pas aussi grande que celle de la matière pierreuse, opaque, et grossière; en sorte que l'albâtre qui résulte de cette composition est assez opaque, quoiqu'il le soit toujours moins que las marbres.

Et lorsque les albâtres sont mêlés de beau- . coup de spath, ils sont plus caasans et plus difficiles à travailler, par la raison que celte matière * spath ique cristallisée se fend , s'é« gréne très-facilement, et se tusse presque toujours en sens oblique; mais aussi cas albâtres sont souvent les plue beaux, patte qu'ils ont plus de transparence et prennent un poli pins vif que ceux où la matière pierreuse domine sur celle du spath. Ona cité dans Y Histoire de [Académie des Sciences un albâtre trouvé par M. Puget aux eamrons de Marseille , qui est si transparent , que, par le poli très-parfait dont il est suseepdbJa , { on voit â plus de deux doigts de son épais- : seur l'agréable variété de couleurs dont il est embelli. Le marbre à demi transparent que M. Patias a vu dans la province d'fschski en Tartarle est vraisemblablement un albâtre semblable à celui de Marseille. Il an est de même du bel albâtre de Grenade en Es- , pagne, qui, selon M. fiowles, est aussi brillant et transparent que la plus belle cornaline blanche, mais qui néanmoins est fort tendre, à moitié blanc et à moitié couleur de cire. En général , la transparence dans les pierres calcaires , las marbres, et les albâtres, ne provient que de U. matière spathiajnÉ qui

s'y trouve iacorpofée et mêlée en grande quantité ; car les autres matières pierreuses sout -opaques.

Au reste, on peut regarder comme une espèce d'albâtre toutes les incrustations et

' même les ostéocoles et les autres concrétions pierreuses moulées sur des végétaux ou sur des ossemens d'animaux. Il s'en trouve de cette dernière espèce en grande quantité dans les cavernes du margraviat de Bareith , dont S. A. 8. Mr le margrave d'Anspach a eu la bonté de m'envoyer la description suivante: « On connoit assez les marbres qui renferment des coquilles ou des pétrifications qui leur ressemblent... mais ici on trouve des masses pierreuses pétries d'ossemens d'une manière semblable; elles sont nées, pour ainsi dire, de la conglutination des fragmens des stalactites de la pierre calcaire grise qui fait la base de toute la chaîne de ces montagnes, d'un peu de sable, d'une substance marneuse, et d'uue quantité infinie de fragmens d'os. Il v a dans une seule pierre , dont on a trouvé des masses de quelques centaine! de livres, un mélange de dents de différente» espèces, de côtes, de cartilages, de vertèbres, de phalanges, d'os cylindriques ; en un mot , des fragmens d'os de tous les membres qui y sont par milliers. On trouve souvent dans ces mêmes pierres un grand os qui en mit la pièce principale, etquiest entouré d'un nombre infini d'autres; il n'y a pas la moindre régularité dans la disposition des couches. Si Ton versoit de la chaux détrempée sur un mélange d'esquilles , il en naitroit quelque chose de semuahle. Ces masses sont déjà assez dures dans les cavernes... mais lorsqu'elles sont exposées à l'air, elles durcissent au point que, quand on s'y prend comme il faut , elles sont susceptibles d'un médiocre poli. On trouve rarement des cavités dans l'intérieur ; les interstices sont remplis d'une matière compacte que la pétrification a encore décomposée davantage. Je m'en suis à la fin procuré, avec beaucoup de peine , une collection si complète, que je puis présenter presque chaque os remarquable du squelette de ces animaux, enchâssé dans une propre pièce dont il fait l'os principal. En entrant dans ces cavernes pour la première fois, nous en avons trouvé une si grande quantité, qu'il eût été facile d'en amasser quelques charretées.

« Un heureux destin m'avoit réservé à moi et à mes amis , entre autres un morceau de

. cette pierre osseuse à peu près de trois pied» île long sur deux de large et autant d'épiu*-

MCfÉBATTX.

seur. . . . La curiosité nous le fit mettre en pièces; car il étoit impossible de le faire passer par ces détroits pour le sortir en entier. Chaque morceau, a peu près de deux livres , nous présenta plus de cent fragmens d'os. . . . J eus le plaisir de trouver dans le milieu une dent canine , longue de quatre pouces , bien conservée : nous avons aussi trouvé dés dents molaires de différentes espèces dans d'autres morceaux de cette même masse1.»

Par cet exemple des cavernes de Bareith, où les ossemens d'animaux dont elle est remplie se trouvent incrustés et même pénétrés de la même matière pierreuse amenée par la stillalion des eaux, on peut prendre une idée générale de la formation des ostéocoles animales, qui se forment par le même mécanisme que les ostéocoles végétales *, telles

x. Description des carêmes du margraviat de Bareith , par Jean-Frédéric Ksper, /*•/*/. , page 87.

a. M. Gleditscb donne une bonne description des ostéocoles qui se trouvent en grande quantité dans les terrains maigres du Brandebourg. « Ce fossile, dit-il , est connu de tout le monde dans les deux Marches, où on l'emploie depuis plusieurs siècles a des usages tant internes qu'externes.... On le trouve dans un sable plus où moins léger, blanc, gris, rouge, ou jaunâtre, fort ressemblant à l'espèce de sable qu'on trouve ordinairement au fond des rivières : celui qui touche immédiatement l'ostéocole est plus blanc <t plus mou que le reste.* Quand dans les temps pluvieux cette terre , qui s'attache fortement aux mains, vient à se dissoudre dans les lieux élevés , les eaux l'entraînent en forme d'émulsion dans les creux qui se trouvent au dessous.... Elle ne diffère guère de la marne, et se trouve attachée au sable dans des proportions différentes.... Mais plus le sable est voisin des branches dn fossile , plus la quantité de cette terre augmente : il n'y a pas grande différence entre elle et la matière même du fossile. On trouve aussi- cette terre dans les fonds et même sous quelques étangs, etc....

« Les vents , tes pluies , etc. , en enlevant le sable, laissent quelquefois à découvert l'ostéocole.... Quelquefois on en trouve çà et là des pièces rem* pues.... Quand on aperçoit des branches, on les dégage du sable avec précaution , et on les suit jusqu'au tronc, qui jette des racines sous terre de plusieurs côtés.... Tant que le tronc entier est encore renfermé dans le sable» la forme du fossile ne l'offre aux yeux que d'un côté , et alors elle représente assez parfaitement le bas du tronc d'un vieil arbre.... Les racines descendent en partie jusqul ht profondeur de quatre à six pieds , et s'étendent en partie obliquement de tous côtés.... Le tronc du fossile , dont la grandeur et ^'épaisseur varient , doit sans doute son origine au tronc de quelque arbre mort et en partie carié; ce qui se prouve suffisamment par la lésion et la destruction de au structure intérieure..*.

« Les racines les plus fortes sont plus ou moins grosses que le bras ; elles s'amincissent peu à peu en se divisant , de sorte que les dernières ramifications ont à peine une circonférence qui égale une plume doit. Pour & productions capillaires des

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