DE L'ALBATRE
que les momies pétrifiées et tontes les autres concrétions dans lesquelles on trouve des figures de végétaux : car supposons qu'au
racines , elles ne se trouvent en aucun endroit du fossile, sans doute parce que leur ténuité et la dé* Ucatesse de leur texture ne leur permet pas de résister à la putréfaction.... On troure rarement les grosses racines pétrifiées et durcies dans le sable ; elles y sont plutôt un peu humides et molles ; et exposées à l'air, elles deviennent sèches et friables....
« La masse terrestre qui, à proprement parler, constitue notre fossile, est une vraie terre de chaux ; et quand on l'a nettoyée du sable et de la pourriture qui peuvent y rester, l'acide vitriolique, avec lequel elle fait une forte effervescence , la dissout en partie. La matière de notre fossile, lorsqu'elle est «Kore renfermée dans le sable, est molle; elle a de rhamidité ; sa cohérence est lèche , et il s'en exhale une odeur acre , assez foible cependant , ou bien elle forme un corps graveleux , pierreux , insipide , et sa us odeur : tout cela met en évidence que la terre de chaux de ce fossile n'est point du gravier fin lié par le moyen d'une glu , comme le prétendent quelques auteurs.
« Mais lorsqu'on peut remarquer dans la composition de la matière de notre fossile quelque proportion , elle consiste , pour l'ordinaire, en parties égales de sable et de terre de chaux.
« Ce fossile est dû à des troncs d'arbres dont les fibres ont été atténuées et pourries par l'humidité... Il se forme dans ces troncs et dans ces racines des caTÏtés où s'insinuent facilement , par le moyen de l'eau, le sable et la terre de chaux qu'elle a dis- *ous : cette terre , eutrant par les trous et les endroits cariés, descend jusqu'aux extrémités de toute la tige et des racines , jusqu'à ce qu'avec le temps toutes ces cavités se trouvent exactement remplies ; l'eau superflue trouve aisément une issue dont les traces se manifestent dans le centre poreux des 'branches : voila comment ce fossile se forme L'humidité croupissante qui est perpétuellement autour du fossile est le véritable obstacle à son endurcissement.
« Quelques auteurs ont regardé comme de l'ostéocole une certaine espèce de tuf en partie informe , en partie composé de l'assemblage de plusieurs petits tuyaux de différente nature : ce tuf se trouve en abondance dans plusieurs contrées de la Thuringe et en d'autres endroits....
«« L'expérience , jointe au consentement de pinsieurs auteurs , dépose que le terrain naturel et le plus convenable à l'ostéocole est nn terroir stérile , sablonneux, et léger; au contraire un terrain gras , consistant , argileux , onctueux , et limoneux, etc. , lorsqu'il vient à être délayé par l'eau, laisse passer lentement et difficilement l'eau elle-même, et a plus forte raison quelque autre terre comme celle dont l'ostéocole est formée : l'ostéocole se mêleroit intimement a la terre grasse, dans l'intérieur de laquelle elle forineroit de* lits plats plutôt que de pénétrer une substance aussi consistante. » ( Extrait des Mémoires de l' Académie de Prusse, par M. Paul. Avignon, 176s , tome V, in-ia , pages 1 et suivantes du suppléaient à ce volume. )
M. Bruckmanu dit, comme M. Glcditsch, que les ostéocoles ne se trouvent point dans les terres grasses et argileuses, mau dans les terrains sablonwuk. U y en a près de Brancfort-sur-rOder, dan» *» sable blanchâtre, mêlé d'une matière noire, qui n'est que du bois pourri. I/osléoeole est molle dans
lieu d'ossêmens d'animaux accumulés dans ces cavernes, la nature ou la main de l'homme y eussent entassé une grande quantité de roseaux ou de mousses ; n'est- il pas évident que
la terre, mais plot (M friable que ductile; elle se dessèche et se durcit en très-peu de temps à l'air t c'est une espèce de marne, ou du moins une terre qui lui est fort analogue. Les différentes figures des ostéocoles ne viennent que des racines auxquelles cette madère s'attache ; de là provient aussi la ligne noire qu'on trouve presque toujours dans leur milieu : elles sont toutes creuses, à l'exception de celles qui sont formées de plusieurs petites fibres de racines accumulées et réunies par la matière marneuse ou crétacée. Voyez la Collection acm demique, Parti* étranger*, tome II, pares i55 •t i56.
M. Beurer de Nuremberg, ayant fait déterrer grand nombre d'ostéocoles, en a trouvé une dans le temps de sa formation : c'étoit une souche de peuplier noir, qui , par son extrémité supérieure , étoit encore ligneuse , et dont la racine étoit devenue une véritable ostéocole. Voyez les Transactions philosophiques, année 174S, n° 476.
M. Guettard a aussi trouvé des ostéocoles an France, aux environs d'Étampes, et particulièrement sur les bords de la rivière de Louette. « L'ostéocole d'Ëtampes, dit cet académicien , forme des tuyaux longs depuis trois ou quatre pouces jusqu'à un pied et demi et plus : le diamètre de ces tuyaux est de deux , trois , quatre lignes , et même d'un pouce; les uns, et c'est le plus grand nombre, sont cylindriques; les antres sont formés de plusieurs portions de cercle, qui , réunies, forment une colonne à plusieurs pans. Il y en a d'aplatis les bords de quelques autres sont roulés en dedans suivant leur longueur, et ne sont, par conséquent» que demi cylindriques; plusieurs n'ont qu'une seule couche, mais beaucoup plus en ont deux ou trois 1 on diroit que ce sont autant de cylindres renfermés les uns dans les autres. Le milieu d'un tuyau cylindrique, fait d'une ou de deux couches , en contient quelquefois une troisième qui est prismatique triangulaire. Quelques-uns de ces tuyaux sont coniques ; d'autres , ceux-ci sont cependant rares , sont courbés et forment presque un cercle. De quelque figure qu'ils soient , leur surface interne est lisse, polie , et ordinairement striée; l'extérieure est raboteuse et bosselée. La couleur est d'un assez beau blanc de marne ou de craie à l'extérieur : celle de la surface interne est quelquefois d'un jaune tirant sur le rougeâtre ; et si elle est blanche, ce blanc est tonjours un peu sale... Il y a aussi de l'ostéocole sur l'autre bord de la rivière , mais en moindre quantité On eu trouve encore de l'autre côté de la
ville, dans un endroit qui regarde les moulins à papier qui sont établis sur une branche de la Chalouette, et sur les bords des fossés de cette ville qui
sont de ce coté »
M. Guettard rapporte encore plusieurs observations « pour prouver que la formation de l'ostéocole des environs d'Étampes n'est due qu'à des plantes qui se sont chargées de particules de marne et de sable des montagnes voisines , qui auront été entraînées par des averses d'eau , et arrêtées dans les mares par les plantes qui y croissent , et sur lesquelles ces particules de marne et de sable se seront déposées successivement. » Voyez les Mémoires de l'Académie des Sciences» aimée 1754 , pa« ges 269 jusqu'à a $8.
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MCrëïtAtfX.
ce même tuo pierreux auroit saisi les mousses et les roseaux , les auroit incrustés en dehors , et remplis en dedans et même dans tous leurs pores ; que dès lors ces concrétions pierreuses en auront pris la forme, et qu'après la destruction et la pourriture de ces matières végétales, la concrétion pierreuse subsistera et se présentera SoUs cette même forme? Nous en avons la preuve démonstrative dans certains morceaux qui sont encore roseaux en partie, et du reste e&téocoles. Je connois aussi des mousses dont le bas est pleinement incrusté, et dont le dessus est encore vert et en état de végétation. Et comme nous l'avons dit, tout ce qu'on appelle pétrifications ne sont que des incrustations qui non seulement se Sont appliquées sur la surface de$ corps, mais en ont même pénétré et rempli les vides et les pores , en se substituant peu à peu à la matière animale pu végétale , à mesure qu'elle m décomposoit.
On vient de voir, par la note précédente, ttne les ostéocoles ne sont que des incrustations d'une matière crétacée ou marneuse, et ces incrustations se forment quelquefois en très-peu de temps , aussi bien au fond des eaux que dans le sein de la terre. M. Dutour, correspondant de l'Académie des Sciences cite mie ostéooole qu'il a vue se former en moins de deux ans. « En faisant nettoyer un canal , je remarquai , dit-il , que tout le fond était comme tapissé d'un tissu fort terré de filets pierreux, dont les plus gros n' avoient que deux lignes de diamètre, et qui se croisoient en tous sens. Les filets etoient de véritables tuyaux moulés sur des racines d'ormes fort menues qui s'y étoient desséchées, et qu'on pouvoit aisément en tirer. La couleur de ces tuyaux étoit grise , et leurs, parois, qui avoient utt peu plus d'un tiers de ligne d'épaisseur, étoieut assex fortes pour résister, sans se briser, à la pression des doigts. A ces marques, je ne pus mcconuoître lWéocole , mais je ne pus aussi m'empêcher d'être étonné du peu de temps qu'elle avoit mis à se former : car ce canal n'étoit construit que depuis environ deux ans et demi ; et certainement les racines qui avoient servi de noyau à l'ostéacole étoient de phis nouvelle date. » Nous avons d'autres exemples d'incrustations qui se font encore en moins de temps dans certaines circonstances. Il est dit dans \ Histoire de VA' cadémie des Sciences que M. de La Chapelle avoit apporté une pétrification fort épaisse, tirée de l'aquéduc d'Areueil, et qu'il avoit appris des ouvriers que ces pétri-
fications ou incrustations ft font fttf Ht» &*
Îiue année ; que , pendant l'hiver, il* ne s'efo ait point, mais seulement pendant Tété, et que quand l'hiver a et* très-pluvieux, et abondant en neiges , les pétrifications qui Se forment pendant l'été suivant sont quelquefois d'un pied d'épaisseur. Ce fait est peut-être exagéré; mais au moins on est sûr que souvent en une seule année ces dépôts pierreux sont de plus d'un pouce tm deux : on en trouve un exemple dans la même Histoire de l'Académie. Le ruisseau de craie, près de Besançon, enduit d'une incrustation pierreuse les tuyaux de bois de sapin où Ton fait passer son eau pour l'usage de quelques forges; il forme dans leur intérieur, en deux ans, d'autres tuyaux d'une pierre compacte d'environ un pouce et demi d'épaisseur. M. du Luc dit qu'on voit dans le Valais des eaux aussi claires qu'il soit possî ble , et qui ne laissent pas de former de tels amas de tuf, qu'il en résulte des saillies considérables sur les faces des montagnes, etc.
Les stalactites > quoique de môme nature que les incrustations et les tufs, sont seule* ment moins impures et se forment plus lentement. On leur a donné diiTérens noms, suivant leurs différentes formes; mais M. Guettard dit avec raison que les stalactites , soh en forme pyramidale ou cylindrique , ou en tubes , peuvent être regardées comme une même sorte de concrétions. Il parled' «ne concrétion en très-grande masse , qu'il a observée aux environs de Crégy , village peu éloigné de Meaux , qui s'est formée par le dé- Mt de l'eau d'une fontaine voisine , et dans laquelle on trouve renfermés des mousses, des chiendens , et d'autres plantes qui forment des milliers de petites ramifications, dont les branches sont ordinairement creuses, parce que ces plantes se sont à la longue pourries et entièrement détruites. Tl cite aussi les incrustations en forme de planches de sapin qui se trouvent aux environs de Besançon. « Lorsqu'on voit pour la première fois , dit cet académicien, un morceau de ce dépôt pierreux , il n'y a personne qui ne le prenne d'abord pour une planche de sapin pétrifiée. » . . Rien en effet n'est plus propre a- faire prendre cette idée que ces espèces de planches. Une de leurs surfaces est striée de longues fibres longitudinales et parallèles, comme peuvent être celles des planches de sapin : la continuité de ces fibres est quelquefois interrompue par des espèces de noeuds semblables à ceux qui se voient dans ce bois : ces noeuds sont dé différent* i
DE L'ÀLBÀTKE.
seins'et figures, l'autre surface de ces planches est en quelque sorte ondée à peu près comme seroit une planche de sanin mal polie. Cette grande ressemhlance s'évanouit cependant lorsqu'on vient à examiner ces sortes de planches. On s'aperçoit aisément alors qu'elles ne font voir que ce qu'on remarqneroit sur des morceaux de plâtre ou de quelque pâte qu'on auroit étendue sur une plan* rhe de sapin . . . On s'assure facilement dès lors que ces planches pierreuses ne sont qu'un dépôt fait sur des planches de ce bois j et si on les casse , on le reconnoît encore mieux , parce que les stries de la surface ne se continuent pas dans l'intérieur. »
H. Guettard cite encore un autre dépôt pierreux qui se fait dans les bassins du cnàteau d'Issy , près de Paris ; ce dépôt conr tient des groupes de plantes •verticiUées tout incrustées. Ces plantes , telles que la girandole d'eau , sont très-communes dans toutes les eaux dormantes ; la quantité de ces plantes fait que les branches des différens pieds {'entrelacent les unes avec les autres ; et ©jusqu'elle* sont chargées du dépôt pierreux elles forment des groupes que l'on pour roi t preudre pour des plantes pierreuses ou des plantes marines semblables à celles qu'on appelle coraiines,
Bar ce grand nombre d'exemples, on voit 911e l'incrustation est le moyen aussi simple que général par lequel la nature conserve, pour ainsi dire, à perpétuité , les empreintes de tous les corps sujets à la destruction; ees empreintes sont d'autaut plus exactes et fidèles, que la pâte qui les reçoit est plus fine : l'eau la plus claire et la plus limpide ne laisse pas d'être sou veut chargée d'uue
très-grande quantité de molécules pierreuses qu'elle tient en dissolution ; et ces molécules, qui sont d'une extrême ténuité, se moulent si parfaitement sur les corps les plus délicats , Qu'elles en représentent les traits les plus déliés. L'art a même trouvé le moyen d'imiter en ceci la nature : on fait des cachets, des reliefs, des figures parfaitement achevées , en exposant des moules au jaillissement d'une eau chargée de cette matière pierreuse • ; et l'on peut aussi faire des pétrifications artificielles, en tenant long- temps dans cette eau des corps de toute espèce : ceux qui seront spongieux ou poreux recevront l'incrustation tant au dehors qu'en dedans ; et si la substance animale ou végétale qui sert de moule vient à pourrir, la concrétion qui reste paraît être une vraie pétrification, c'est-à-dire le corps même qui s'est pétrifié , tandis qu'il n'a été qu'incrusté à l'intérieur comme à l'extérieur.^
1. C'est aux bains de Santo-Filippo , sur lé pen chant de la montagne Santa- fiôra , près de Sienne , «m M. le docteur Leûnanto Vtçni a établi sa singulière manufacture d'impressions de médailles <ft de bas-reliefs formés par la poudre calcaire que dé posent ces eaux : pour cela, il les fait tomber d'as sez haut sur des lattes de bois placées en trarers •ur an grand caveau t l'eau, par cette chute , fe> jaillit en gouttes contre les parois de la cuve , aux* quelles sont attachés les "modèles et les médailles ; et en peu de temps on !**•», voit couvertes d'une in*
crustation très-fine et très-compacte On peut
même colorer ce sédiment pierreux en rouge , en faisant filtrer l'eau qui doit le déposer à travers du bois de Fernambouc. 11 faut que cette matière soit bien abondante dans les eaux , puisqu'on as* sure qu'on a déjà fait par ce moyen des bustes en* tiers, et que M. le docteur Vegni eapdre réussir k en faire des statues massives de grandeur h** maine.
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DU MARBRE
L« marbre est une pierre calcaire dure et d'un grain fui, souvent colorée, et toujours susceptible de poli. Il y a, comme daus les autres pierres calcaires , des marbres de première, de secoude, et peut-être de troisième formation. Ce que nous avous dit au sujet des carrières parasites suffit pour donner une juste idée de la composition des pierres ou des marbres que ces carrières renferment : mais les anciens aftarbres ne sont pas composés comme les nouveaux de simples partirai** pierreuse*, radiales par l'eau en molécules plus ou moins fines; ils
sont formés , comme les autres pierres anciennes, de débris de pierres encore plus ancienues, et la plupart sont mêlés de coquilles et d'autres productions de la mer. Tous sont posés par bancs horizontaux ou parallèlement inclinés , et ils ne diffèrent des autres pierres calcaires que par les cou leurs; car il y a de ces pierres qui sont presque aussi dures, aussi denses, et d'un grain aussi fin que les marbres , et auxquelles néanmoins on ne doune pas le nom de marbres , parce qu'elles sont sans couleur décidée, ou plutôt sans diversité de couleurs.
»es
MINÉRAUX
Au reste, les couleurs, quoique très-fortes ou très-foncées daus certains marbres , n'en changent point du tout la nature ; elles n'en augmentent sensiblement ni la dureté ni la densité, et n'empêchent pas qu'ils ne se calcinent et se convertissent en chaux au même degré de feu que les autres pierres dures. Les pierres à grain fin et que l'on peut polir font la nuance entre les pierres communes et les marbres, qui tous sout de la même nature que la pierre , puisque tous font effervescence avec les acides , qui tous ont la cassure grenue , et qui tous peuvent se réduire en chaux : je dis tous , parce que je n'entends parler ici que de marbres purs, c'est-à-dire de «eux qui ne sont composés que de matière calcaire sans mélange d'argile , de schiste , de lave , ou d autre matière vitreuse; car ceux qui sont mêlés d'une grande quantité de ces substances hétérogènes ne sont pas de vrais marbres, mais des pierres mi-parties, qu'on doit considérer à part.
Les bancs des marbres anciens ont été formés comme les autres bancs calcaires par le mouvement et le dépôt des eaux de la mer, qui a transporté les coquilles et les matières pierreuses réduites en petit volume, en graviers , en galets , et les a stratifiées les unes sur les autres; et il paraît que l'établissement local de la plupart de ces bancs de marbre d'ancienne formation a précédé celui des autres bancs de pierre calcaire , parce qu'on les trouve presque toujours au dessous de ces mêmes bancs , et que , dans une colline composée de vingt ou trente bancs de pierre, il n'y a d'ordinaire que deux ou trois bancs de marbre, souvent un seul , toujours situe au dessous des autres , à peu de distance de la glaise qui sert de base a la colline ; en sorte que communément le banc de marbre porte immédiatement sur cette argile , ou n'en est séparé que par un dernier banc qui paraît être l'égout de tons les autres , et qui est mêlé de marbre , de pyrites, et de cristallisations spathiques d'un assez grand volume.
Ainsi , par leur situation au dessous des autres bancs de pierre calcaire, les bancs de ces anciens marbres ont reçu les couleurs et les sucs pétrifians dont l'eau se charge toujours en pénétrant d'abord la terre végétale, et ensuite tous les bancs de pierre qui se trouvent entre cette terre et le banc de marbre ; et l'on peut distinguer par plusieurs caractères ces marbres d'ancienne formation: les uns portent des empreintes de coquilles dont on voit la forme et les stries; d'autres,
comme les lumachelUs, paraissent composés de petites coquilles de la figure des limaçons ; d'autres contiennent des bélemnites, des orthocéralites, des astroïtes, des fragmens de madrépores , etc. Tous ces marbres qui présentent des impressions de coquilles sont moins communs que ceux qu'on appelle brèches , qui n'offrent que peu ou point de ces productions marines , et qui sont composés de galets ou de graviers arrondis , liés ensemble par un ciment pierreux , de sorte qu'ils s'ebrèchent en les cassant ; et c'est de la qu'on les a nommés brèches.
On peut donc diviser en deux classes ces marbres d'ancienne formation. La première comprend tous ceux auxquels on a donné ce nom de brèches; et l'on pourrait appeler marbres coauilleux ceux de la seconde classe. Les uns et les autres ont des veines de spath, qui cependant sont plus fréquentes et plus apparentes dans les marbres coqjuilleux que daus les brèches , et ces veines se sont formées lorsque la matière de ces marbres, encore molle , s'est entr'ouverte par le dessèchement ; les fentes se sont dès lors peu à peu remplies du suc lapidiûque qui découloit des bancs supérieurs, et ce suc spathique a formé les veines qui traversent le fond du marbre en différens sens : elles se trouvent ordinairement dans la matière plus molle qui a servi de ciment pour réunir les galets, les graviers, et les autres débris de pierre ou des marbres anciens dont ils sont composés ; et ce qui prouve évidemment que ces veines ne sont que des fentes' remplies du suc lapidifique , c'est que dans les bancs qui ont souffert quelque effort, et qui se sont rompus après le dessèchement par un tremblement de terre ou par quelque autre commotion accidentelle , on voit que la rupture, qui, dans ce cas, a séparé les galets et les autres morceaux durs en deux parties, s'est ensuite remplie de spath , et a formé une petite veine si semblable à la fracture, qu'on ne peut la méconnoître. Ce que les ouvriers appel lent des fils ou des poils, dans les blocs de pierre calcaire , sont aussi de petites veines de spath , et sojuvent la pierre se rompt dans la direction de ces fils en la travaillant au marteau : quelquefois aussi ce spath prend une telle solidité, surtout quand il est mêlé de parties ferrugineuses, qu'il semble avoir autant et plus de résistance que le reste de la matière.
Il en est des taches comme des veines dans certains marbres d'ancienne formation : on y voit évidemment que les taches sont aussi d'une date postérieure à celle de la
nasse même de ces marbrai; car les coquilles et les débris des madrépores répandus dans cuite masse , ayant été dissons par l'intermède de l'eau , ont laissé dans plusieurs endroits de ces marbres des cavités qui n'ont conservé que le contour de leur figure, et Ton voit que ces petites cavités ont été ensuite remplies par une matière blanche ou colorée , qui forme des taches d'une figure sembkble i celle de ces corps marins dont elle a pris la place; et lorsque cette matière est blanche, elle est de la «îème nature que celle du marbre blanc ; ce qui semble indiquer que le marbre blanc lui-même est de seconde formation, et a été , comme les albâtres, produit par la stillation des eaux. Cette présomption se confirme lorsque l'on considère qu'il ne se trouve jamais d'impressions de coquilles ni d'autres corps marins dans le marbre blapc , et que dans ses carrières on ne remarque point les fentes perpendiculaires ni même les délits horizontaux qui séparent et divisent par bancs et par blocs les autres carrières de pierres calcaires ou de marbres d'ancienne formation : on voit seulement sur ce marbre blanc de trèspetites gerçures qui ne sont ni régulières ni suivies; Ton en tire des blocs d'un trèsgrand volume et de telle épaisseur que l'on veut, tandis que, dans les marbres d'ancienne formation , les blocs ne peuvent avoir que l'épaisseur du banc dont on les tire , et la longueur qui se trouve entre chacune des fentes perpendiculaires qui traversent ce banc. L'inspection même de la substance du marbre blanc, et les grains spathiques que Ton aperçoit à sa cassure , semblent démontrer qu'il a été formé par la stillation des eau; et l'on observe de plus que, lorsqu'on le taille, il obéit au marteau dans tous les sens, soit qu'on l'entame horizontalement ou verticalement, au lieu que, dans les marbres d'ancienne formation , le sens horizontal est celui dans lequel on les travaille plus facilement que dans tout autre sens.
Les marbres anciens sont donc composés : i° Des débris de pierres dures ou de marbres encore plus anciens et réduits en plus ou moins petit volume. Dans les brèches , ce sont des morceaux très-distincts , et qui ont depuis quelques lignes jnsqu'à quelques pouces de diamètre. Ceux que les nomenclateurs ont appelés marbres oolithes, qui sont composés de petits graviers arrondis» semblables à des œufs de poissons, peuvent être mis au rang des brèches, ainsi que les poudingues calcaires^ composés de gros Claviers arrondis.
DU MARBRE. 169
*° D'un ciment pierreux, ordinairement colore , qui lie ces morceaux dans les brèches , et réunit les parties coquilleuses avec les graviers dans les autres marbres. Ce ciment, qui fait le fonds de tous les marbres, n'est qu'une matière pierreuse anciennement réduite en poudre, et qui avoit acquis son dernier degré de pétrification avant de se réunir, ou qui Ta pris depuis par la susception du liquide pétrifiant.
Mais les marbres de seconde formation ne contiennent ni galets ni graviers arrondis , et ne présentent aucune impression de coquilles ; ils sont, comme nous l'avons dit, uniquement composés de molécules pierreuses , charriées et déposées par la stillation des eaux , et dès lors ils sont plus uniformes dans leur texture et moins variés dans leur composition; ils ont ordinairement le grain plus fin et des couleurs plus brillantes que les premiers marbres , desquels néanmoins ils tirent leur origine : on peut en donner des exemples dans tous les marbres antiques et modernes; ceux auxquels on donne le nom Cantiques ne sont plus connus que par les monumens où ils ont été employés ; car les carrières dont ils ont été tires sont perdues, .tandis que ceux qu'on appelle marbres modernes se tirent encore actuellement des carrières qui nous sont connues. Le cipollin , parmi ces marbres antiques , et le sèrancolin , parmi les marbres modernes , sont tous deux de seconde formation ; le jaune et le vert anti ques et modernes, les marbres blancs et noirs , tous ceux , en un mot , qui sont nets et purs , qui ne contiennent point de galets ni de productions marines dont la figure soit apparente, et qui ne sont, comme l'albâtre, composés que de molécules pierreuses très-petites et disposées d'une manière uniforme, doivent être regardés comme des marbres de seconde formation , parmi les quels il y en a , comme les marbres blancs de Carrare,, de Paros, etc., auxquels on a donné , mal à propos , le nom de marbres salins , uniquement à cause qu'ils offrent à leur cassure, ef quelquefois à leur surface, de petits cristaux spathiques en forme de grains de sel ; ce qui a fait dire à quelques observateurs superficiels * que ces marbres contenoient une grande quantité de sels.
1. Le docteur Targioni Toocetti rapporte très-sérieusement une observation de Leeuwenhceck , qui prétend aroir découvert dans l'albâtre une trèsgrande quantité de sel ; d'où ce docteur italien conjecture que la plus grande partie da la pâte blanche cpti compose l'albâtre est une espèce de sel
. En général , tout ce nue nous avons dit des pierres calcaires anciennes et modernes doit s'appliquer aux marbres; la natare a employé les mêmes moyens pour les former : elle a d'abord accumulé et superposé les débris des madrépores et des coquilles ; elle en a bri.ié, réduit en poudre la plus grande quantité; elle a déposé le tout par lits horizontaux : et ces matières , réunies par leur force d'affinité , ont pris un premier degré de consistance nui s'est bientôt augmente dans les lits inférieurs par l'infiltration du suc pétrifiant qui n'a cessé de découler des lits supérieurs ; les pierres les plus dures et les marbres se sont , par cette cause , trouvés au dessous des autres bancs de pierre : plus il y a eu d'épaisseur de
E terre au dessus de ce banc inférieur , plus i matière en est devenue dense ; et lorsque le sac pétrifiant, qui en a rempli les pores, s'est trouvé fortement imprégné des couleurs 4u fer ou d'autres minéraux, il a donné les mêmes couleurs à la masse entière de ce dernier banc. On peut aisément reconnoitrô et bien voir ces couleurs dans la carrière même ou sur des blocs bruts ; en les mouillant avec de l'eau , elle fait sortir ces cou* leurs et leur donne , pour le moment , autant de lustre que le poli le plus achevé.
Jl n'y a que peu de marbres, du moins en grand volume , oui soient d'une seule couleur; les plus Leaux marbres blancs ou noirs sont les seuls que l'on puisse citer , et encore sont-ils souvent taches de gris et 4e brun : tous les autres sont de plusieurs couleur*, et Ton peut même dire que toutes )#« couleurs se trouvent dans les marbres ; ear on en counoit des rouges et rougeàtres, des orangés , des jaunes et jaunâtres , des verls et verdàtres, des bleuâtres plus ou Hioins foncés , et des violets. Ces deux dernières couleurs sont les plus rares; mais cependant elles *e voient dans \a. àrèche aioittte et dans le marbre appelé bleu turquin; et du mélange de ces diverses couleurs il résulte une infinité de nuances différentes dans les marbres gris, isabelles, blanchâtres, bruns ou noirâtres. Dans, le grand nombre d'échantillons qui composent la collection des marbres du Cabinet du Roi , il s'en trouve plusieurs de deux , trois , et quatre couleurs, et quelques-uns de cinq et six.
fossile qui, venant a être rongé par les injure» de l'air ou par l'eau . laisse à découvert les cristallisa» lions en forme d'aiguilles. « Il y a toujours , dit-fl, dans les albâtres une grande quantité de set; on le voit tout-à-fait ressemblant à celui de la mer, dans certains morceau* que je garde dans mon cabinet. »
MINÉRAUX
Ainsi les marbres sont plus variés que les albâtres, tom lesquels je n'ai jasais va en bleu ni du vert.
Où peut augmenter par l'art la vivacité et l'intensité des couleurs que les marbres ont reçues de la nature ; il suffit pour cela de les chauffer : le rouge deviendra d'un rouge plus vif ou plus foncé, et le jaune m changera en orangé ou en petit rouge. U faut un certain degré de feu pour opérer ce changement, qui se fait en les poli saut à chaud ; et ces nouvelles nuances de ce** leur , acquises paf un moyen si simple , us laissent pas d'être permanentes , et ne s'altèrent ni ne changent par le refroidisjemeat ni par le temps : elles- sont dura blet pares qu'elles sont profondes , et que la masse entière du marbre prend , par cette grande chaleur , ce surcroît de couleur qu'elle eon* Serve toujours.
Dans tous les marbres on doit distingue» la partie du fond , qui d'ordinaire est de couleur uniforme , d'avec les autres parties, qui sont par taches ou par Veines , souvent
le couleurs différentes ; les veines sent le fond , et sont rarement coupées par d'autres veines, parce qu'elles sont d'une formation plus nouvelle que le fond, et qu'elles n'ont fait que remplir les rentw occasionées par le dessèchement de cette matière du fond. Il en est de même des taches : mais elles ne sont guère traversées d'autres taches, sinon par quelques fileU d'herborisations qui sorit d'uue formation encore plus récente que celle des veines et des taches ; et l'on doit remarquer que ton* tes les taches sont Irrégulièrement terminées et comme frangées à leur circonférence, tandis que les veines sont au Contraire sa** dentelures ni franges, et nettement tran* chées des deux côtés dans leur longueur.
Il arrive souvent que dans k même carrière, et quelquefois dans le même bloc, on trouve des morceaux de couleurs différentes , et des taches oU des veines situées différemment; mais, pour l'ordinaire, les marbres d'une contrée se ressemblent plus entre eux qu'à ceux des contrées éloignées, et cela leur est commun avec les autres
Sierres calcaires , qui sont d'une texture et 'un grain différent dans les différents pays. " . Au reste, il y a des marbres dans presque tous les pays du monde ; et dès qu'on y voit des pierres calcaires , on peut espérer de trouver des marbres au dessous. Dans k seule province de Bourgogne , qui n'est pas renommée pour ses marbres comme le languedoc ou la Flandre, M. Guettant en
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compte cinquante -quatre wiétés; nous aevons observer que , quoiqu'il y ait de vrais marbres dans ces cinquapte-quatre variétés, le plus grand nombre m cri le à peine ce nom; leur couleur terne, leur grain grossier, leur poli sans éclat, doivent les faire rejeter de la liste des beaux marbres, et ranger parmi ces pierres dures qui font la nuance entre la pierre et le marbre '..
Plusieurs de ces marbres sont d'ailleurs sujets à un grand défaut ; ils sont tarasseujç, c'est-à-dire parsemés de plus ou moins grandes cavités remplies d'une matière terreuse qui ue peut recevoir le poli. Les ouvriers opt coutume de pallier ce défaut eu remplissant d'un mastic dur ces cavités ou terrasses : mais le remède est 4>eut-ètre pire que le mal; car ce mastic s'use au frottement et se fpnd à la chaleur du feu : il u'est pas rare de le voir couleur par gouttes contre les bandes et les consoles des cheminées. Il Comme les marbres sont plus durs et [jjus denses que la plupart des autres pierres calcaires, il faut ,uu plus grand degré de chaleur pour les convertir eu chaux ; mais aussi cette chaux de marbre est bien meilleure» plus grasse, et plus tenace que la cliaux de pierre commune : on prétend que les Romains uemployoient pour les bâtimeus publics que de la chaux de marbre , et que c'est ce qui donnoit une si grande consistance à leur mortier, qui devetioit, avec le temps , plus dur que la pierre.
Il y a des marbres revèches dont le travail est très * difficile : les ouvriers les appellent marbres fiers , parce qu'ils résistent trop aux outils, et qu'ils ue leur cèdent qu eu éclatant ; il y en a d'autres qui, quoique beaucoup moins durs, s'égrènent au lieu de s'éclater. D'autres, en grand nombre, sont, comme nous lavons dit, parsemés de cavités ou terrasses, d'autres sout traversés par un très-grand nombre de fils d'un spath tondre •> et les ouvriers les appellent marbres filandreux.
Au reste » toutes les fois que l'on voit des morceaux de vingt à trente pieds de longueur et au dessus, soit en pierre calcaire, soit en marbre, on doit être assuré quw ces pierres ou ces marbres sout de seconde foriuatiou; car dans les bancs de marbres anciens, et qui ont été formés et déposés par le transport des eaux de la mer, on ne peut tirer que des blocs d'un bien moindre volume.
i. J'ai fait exploiter pendant vingt ans !a carrière de marbre de Monlbard , et ce que je dis des autre* marbres de Bourgogne est d'après mes propres obserrsMat*
Les pienrçs qui forment le fronton de la façade du Louvre, la colonne de marbre qui est auprès de Moret, et toutes les autres longues pièces de marbre ou de pierre employées dans les grands édifices et dans les mouumens, sont toutes de nouvelle formation.
On ne *era peut-être pas fâché de trouver ici l'indication des principaux lieux, soit eu Franre, soit ailleurs, ou l'on trouve des marbres distingués; on verra, par leur énumération , quify en a dans toutes les parties du monde.
Dans le pays de Hainsut , le marbre de Barpapçon est noir veiné de blanc, et celui de Rance est rouge sale , méiè de taches et de veines grises et blanches.
Celui de Givet , que Hun tire près Charlemont, sur les frontières du Luxembourg , est noir veiné de blanc, comme celui de Barbaneon ; mais il est plus net et plus agréable à l'œil.
On tire de Picardie le marbre (Je Boulogne, qui est une espèce de brocatclle, dont les taches, sont fort grandes et mçlées Je quelques filets rouges.
Un aptre marbre, qui tient encore de la brocatelle, se tire de la province de Champagne ; il est taché de gris , comme s'il étoit parsemé d'yeux de perdrix. Il y a encore, dans cette même province , oes marbres nuancés de blanc et de jaunâtre.
Le marbre de Caeu en Normandie est d'un rouge entremêlé de veines et de taches blanches : on en trouve de semblables près de Cannes en Languedoc.
Depuis quelques années on a découvert dans le Poitou , auprès de la Bonardelière , une carrière de fort beaux marbres ; il y en a de deux sortes : l'un est d'un assez beau rouge foncé , agréablement coupé et varié par une infinité de taches de toutes sortes de formes, qui sont d'uu jaune pâle; l'autre, au contraire , est uniforme dans sa couleur; les blocs en sont gris ou jaunes, sans aucun mélange ni taches.
Dans le pays d'Aunis , M. Peluchon a trouvé , à deux lieues de Saint-Jeau-d'Angely, un marbre coquilUér, qu'il compare,
Î)our la beauté, aux beaux marbres coquiliers d'Italie : il est en couches dans sa carrière , et il se présente eu blocs ou en plateaux de quatre à cinq pieds en carré. U est composé, comme les lumachelles, d'une infinité de petits coquillages. Il y en a du jaunâtre et du gris , et tous deux reçoivent un très-beau poli.
Dans le Languedoc, on trouve aussi àii
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verses sortes de marbres , qui méritent d'être employés à l'ornement des édifices par la beauté et la variété de leurs couleurs ; on en tire une fort grande quantité auprès de la ville de Cannes , diocèse de Narbonne : il y en a d'incarnat ou d'un rouge pâle, marqués de veines et de taches blanches ; d'autres qui sont d'un bleu turquin ; et dans ces marbres turquins il y en a qui sont mouchetés d'un gris clair.
Il y a aussi, dans les environs de Cannes, une autre sorte de marbre que l'on appelle griote , parce que sa couleur approche beaucoup de celle des cerises de ce nom ; il est d'un rouge foncé , mêlé de blanc sale. Un autre marbre du même pays est appelé cervelas, parce qu'il a des taches blanches sur un fonct rougeâtre.
En Provence, le marbre de la Sainte-Baume est renommé : il est taché de rouge, de blanc, et de jaune ; il approche de celui que l'on appelle brocatelle a Italie : ce marbre est un des plus beaux qu'il y ait en France.
En Auvergne , il se trouve du marbre rougeâtre mêlé de gris, de jaune, et de vert.
En Gascogne, le marbre sérancolin, dans le val <E A ure , ou vallée d'Aure , est d'un rouge de sang , ordinairement mêlé de gris et de jaune; mais il s'y trouve aussi des parties spathiques et transparentes. Ses carrières , qui étoient de seconde formation , et dont on a tiré des blocs d'un très-grand volume , sont actuellement épuisées.
Près de Comminges, dans la même province de Gascogne , on trouve à Saint-Bertrand un marbre verdâtre , mêlé de taches rouges et de quelques taches blanches.
Le marbre Campan vient aussi de Gascogne : on le tire près de Tarbes. Il est mêlé plus ou moins de blanc, de rouge, de vert, et d'isabelle. Le ptus commun de tons est celui qu'on appelle vert-campan , qui , sur un beau vert , n'est mêlé que de blanc. Tous ces marbres sont de seconde formation , et on en a tiré d'assez grands blocs pour en faire des colonnes.
Maintenant, si nous passons aux pays " étrangers , nous trouvons qu'il y a dans le Groenland, sur les bords de la mer, beaucoup de marbres de toutes sortes de couleurs ; mais la plupart sont noirs et blancs , parsemés de veines spathiques : le rivage est aussi couvert de quartiers informes de marbre rouge avec des veines blanches , vertes, et d'autres couleurs.
En Suède et en Angleterre, il y a de même des marbres dout la plupart varient par leurs couleurs.
En Allemagne, on en trouve aux environ! de Salttbourg et de Lintz différentes variétés : les uns sont d'un rouge lie de vin ; d'autres sont olivâtres , veinés de blanc ; d'autres rouges et rougeâtres , avec des veines blanches ; et d'autres sont d'un blanc pâle , veiné de noirâtre. Il y en a quelquesuns à Bareith, ainsi qu'en Saxe et en Silésie, dont on peut faire des statues ; et on tire des environs de Brème du marbre jaune, taché de blanc.
A Aitorf , près de Nuremberg , on a découvert depuis peu une sorte de marbre remarquable par la quantité de bélemnites et de cornes d'ammon qu'il contient. Sa carrière est située dans~un endroit bas et aquatique : la couche en est horizontale , et n'a que dix-huit à dix-neuf pouces d'épaisseur; elle est recouverte par dix -huit pieds de terre , et se prolonge sous les collines sans changer de direction : elle est divisée par une infinité de fentes perpendiculaires, qui ne sont éloignées l'une Je l'autre que de trois , quatre , et cinq pieds , et ces fentes se multiplient d'autant plus que la couche de marbre s'éloigne davantage des terrains humides ; ce qui fait qu'on ne peut pas obtenir de grands blocs de ce marbre. Sa couleur , lorsqu'il est brut , paroit être d'un gris d'ardoise ; mais le poli, lui donne une couleur verte , mêlée de gris brun , qui est agréablement relevée par les différentes figures que le mélange des coquiHes y a dessinées.
Le pays de Liège et la Flandre fournissent des marbres plus ou moins beaux et plus ou moins variés dans leurs couleurs. On en tire de plusieurs sortes aux environs de Dinant : l'une est d'un noir très-pur et très-beau ; une autre est aussi d'un très-beau noir , mais rayée de quelques veines blanches ; une troisième est d'un rouge pâle avec de grandes plaques et quelques veines blanches ; une quatrième est de couleur grisâtre et blanche , mêlée d'un rouge couleur de sang ; et une cinquième , qui vie*t aussi de Liège , est d'un noir pur , et reçoit un bera poli.
On tire, aux environs de Namur, un marbre qui est aussi non* que ce dernier marbre de Liège ; mais il est traversé par quelques filets gris.
Dans le pays des Grisons , il se trouve à Puschiavio plusieurs sortes de marbres : l'un est de couleur incarnate; un autre, qui se tire sur le mont Jule , est très-rouge ; un autre , qui est de couleur blanche , forme un grand rocher auprès de Sauada : il y |a