‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 100 sur 186 · GIS · texte numérisé non relu

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venir à notre sanglier africain. M. Adanson, en parlant d'un sanglier qu'il a vu au Sénégal, s'exprime en ces termes : J'aperçus, ditil, un de ces énormes sangliers particuliers à l'Afrique, et dont je ne sache pas qu'au- « cun naturaliste ait encore parlé. Il élait « noir comme le sanglier d'Europe , mais « d'une taille infiniment plus haute. Il avait « quatre grandes défenses, dont les deux su- «< périeures élaient recourbées en demi-cercle « vers le front, où elles imilaient les cornes que « portent d'autres animaux ‘. M. de Buffon « suppose encore que M. Adanson a voulu par- « ler du babiroussa ; et, sans son autorité, je « serais porté à croire que cet auteur a indiqué « notre sanglier : car je ne comprends pas « comment il a pu dire qu'aucun naturaliste « n'en a parlé, s’il a eu le babiroussa en vue; il « est trop versé dans l'histoire naturelle pour « ignorer que cet animal a été souvent décrit, « et qu'on trouve la tête de son squelette dans « presque tous les cabinets de l'Europe.

« Mais peut-être y a-t-il aussi en Afrique une « autre espèce de sanglier qui ne nous est pas « encore eonnue, et qui est celle qui a été aper- « çue par M. Adanson. Ce qui me le fait soup- « conner est la description que M. Daubenton « a donnée d'une partie des mâchoires d'un « « « «

sanglier du cap Vert : ce qu'il en dit prouve

clairement qu'il diffère de nos sangliers, et se-

rait tout à fait applicable à celui dont il est ici question, s'il n'y avait pas des dents incisives « dans chacune de ses mâchoires. »

Je souscris bien volontiers à la plupart des réflexions que fait ici M. Allamand : seulement je persiste à croire, comme il l'a cru lui-même, que le sanglier du Cap dont nous avons parlé, et des mächoires duquel M. Daubenton a donné la description, est le même animal que celui-ci, quoiqu'il n'eût point de dents incisives ; il n'y a aueuo genre d'animaux où l'ordre et le nombre de dents varient plus que dans le cochon. Cette différence seule ne me paraît done pas suffisante powr faire deux espèces distinctes du sanglier d'Afrique et de celui du cap Vert, d'autant que tous les autres caractères de la tête paraissent être les mêmes.

(Nous avons dit ci-dessus que le sanglier du cap Vert, dont M. Daubenton a donné la des-

! Histoire naturelle du Sénégal, par Adanson, page 76 du Voyage,

HISTOIRE NATURELLE

cription des mâchoires, nous paraissait être le même animal que celui dont nous avons donné la figure sous le nom de sanglier d'Afrique.

Nous sommes maintenant bien assurés que ces deux animaux forment deux espèces très-distinctes. Elles diffèrent en effet l'une de l'autre par plusieurs caractères remarquables, surtout par la conformation tant intérieure qu'extérieure de la tête, et particulièrement par le défaut de dents incisives qui manquent constamment aux sangliers d'Afrique, tandis qu'on en trouve six dans la mâchoire inférieure du sanglier du cap Vert, et deux dans la mâchoire supérieure.

Le sanglier du cap Vert a la tête longue et le museau délié, au lieu que celui d'Afrique et d'Éthiopie a le museau très-large et aplati. Les oreilles sont droites, relevées et pointues; les soies qui les garnissent sont très-longues', ainsi que celles qui couvrent le corps, particulièrement sur les épaules, le ventre et les cuisses, où elles sont plus longues que partout ailleurs. La queue est menue, terminée par une grosse touffe de soies, et ne descend que jusqu'à la longueur des cuisses. On le rencontre non-seulement au cap Vert, mais sur toute la côte occidentale de l'Afrique, jusqu’au cap de Bonne- Espérance. Il parait que c'est cette espèce de sanglier que M. Adanson a vue au Sénégal , et qu'il a désignée sous le nom de freès-grand sanglier d'Afrique.)

DESCRIPTION DU COCHON

(EXTRAIT DE DAUBENTON.) 4

Le sanglier, le cochon de Siam et le cochon ordinaire sout trois races de la même espèce; car tous ces animaux se mêlent dans l'accouplement, et leur produit est fécond. Plus on les observe, tant à l'intérieur qu'à l'extésieur , plus on est convaincu qu'ils se ressemblent par tous les caractères de leur espèce commune ; on n'y trouve que des différences légères qui distinguent ces trois races. Les sangliers sont de la race originaire qui a produit les autres : quoique ces animaux soient sauvages, leur histoire et leur description ne doivent pas être séparées de l'histoire et de la description des cochons ordinaires et des cochons de Siam, qui sont des animaux domestiques. C’est pourquoi nous sommes obligés, dans cet article, de nous écarter du plan de division des quadrupèdes en animaux do-

ne EN 2

- DESCRIPTION DU COCHON

mestiques, animaux sauvages, etc., puisqu'il est nécessaire de traiter d'un animal sauvage en traitant des animaux domestiques. Tant il est vrai que toute division arbitraire, quelque simple qu elle soit, ne peut être parfaitement d'accord avec la nature, :

Le sanglier, qui est de la race originaire dont les autres races sont dérivées , porte les caractères de l'espèce sans aucune altération ; et au contraire le cochon de Siam et le cochon ordinaire ayant éprouve quelques changements dans l'état de domesticité, il semble que la description de ces trois races d'animaux devrait se trouver dans notre ouvrage parmilesanimauxsauvages, sous le nom dusanglier. Mais comme nous nous sommes proposé de commencer par les animaux qu'il nous importe le plus de connaitre, parce qu'ils nous sont les plus utiles, et comme c'est par cette raison que nous avons divisé les quadrupèdes en animaux domestiques, animaux sauvages el animaux étrangers, nous devons rapporter les sangliers aux cochons domestiques, parce que nous lirons plus d'utilité de ceux-ci que des autres. Par la même considération, il paraît convenable de désigner l'espèce commune des sangliers , des cochons ordinaires et des cochons de Siam , par la dénomination de cochon, et non par celle de sanglier. Ce ne sera pas même une nouveauté dans la langue ; car en Bourgogne les gens de la campagne donnent souvent au sanglier le nom de cochon-sanglier, ce qui signifie cochon sauvage, selon l'étymologie italienne du mot sanglier! : ainsi, dans la suite de cet ouvrage, nous comprendrons sous le nom de cochon toutes les races de son espèce ; et cette dénomination nous donnera la facilité de les indiquer toutes en un seul mot, lorsque nous comparerons l'espèce des cochons avec d'autres espèces d'animaux.

Le cochon a été mis au rang des animaux à pieds fourchus, parce quil n’a que deux doigts à chaque pied qui touchent la terre, que la dernière phalange de chacun des doigts est enveloppée dans une substance de corne, et que si l'on n'obstrve les pieds du cochon qu'à l'extérieur, ils paraissent trèsressemblants à ceux du taureau, du bélier, du boue, etc. Mais dès qu on a enlevé la peau, on les trouve très-différents ; car il y a quatre os dans le métacarpe et dans le métatarse, et quatre doigts dont chacun est composé de trois phalanges bien formées. Les deux doigts du milieu sont plus longs que les autres , et ont chacun un sabot qui porte sur la terre : les deux autres sont beaucoup plus courts, et leur dernière phalange est revêtue d'une corne pareille à celle des sabots. mais elle se trouve placée plus haut, à l'endroit où sont les ergots des

* En latin le nom de sus agrestis est synonyme de celui d'aper.

animaux de l'espèce du taureau, et de celle du bélier, du bouc, ete. J'ai fait mention dans la deseription du taureau de deux osselets qui sont sous les ergots, mais j'en ai trouvé trois sous les ergots du cerf, et il parait qu'ils avaient rapport aux trois phalanges des doigis. Ainsi on peut dire que plusieurs animaux ruminants, à pieds fourchus, ont quatre doigts comme le cochon, quoiqu'il y en ait deux qui soieut plus imparfaits que les autres; mais le cochon a de plus que ces animaux deux os dans le carpe, un dans le tarse, trois os dans le métacarpe et dans le métatarse ; il a aussi de plus le péroné ; l'os du coude est mieux formé ue dans le taureau, le bélier, le bouc, le cerf, etc. Aussi les jambes du cochon diffèrent-elles autant de celles de ces animaux par la figure extérieure, que par la conformation intérieure. Le talon, que l'on appelle vulgairement le jarret, est placé beaucoup plus bas dans ie cochon, parce qu'il a les os du métacarpe et du métatarse beaucoup plus courts, à proportion, que les canons du taureau, du bélier, du boue, etc.

Le cochon diffère aussi de ces animaux en ce qu'il n’a point de cornes; qu'il ne manque ni de dents incisives dans la mâchoire du dessus, ni de dents canines dans les deux mächoires; qu'il n’a qu’un estomac, car le prolongement en forme de capuchon qui se trouve au fond du grand cul-desac ne peut pas être regardé comme un second estomac ; que le canal intestinal est beaucoup plus court, et qu'il a deux côtes et au moins six mamelles de plus.

Les cochons sont couverts de grosses soies, droites et pliantes ; leur consistance est plus dure que celle du poil ou de la laine ; leur substance parait cartilagineuse , et même analogue à celle de la corne. Elles se divisent à l'extrémité en plusieurs filets, qui sont quelquefois au nombre de sept ou huit, et peut-être plus, et qui ont jusqu'à six ou huit lignes de longueur ; en écartant ces filets, on peut diviser chaque soie d'un bout à l'autre. Les soies les plus grosses et les plus longues forment une sorte de crinière sur le sommet de la tête, le long du cou , sur le garrot et le corps jusqu'à la croupe. Les sangliers ont entre les soies un poil plus court , très-souple, et de couleur jaunätre, cendrée ou noirâtre, sur différentes parties du corps de l'animal , ou dans ses différents âges, ce poil est doux, et frisé à peu près comme de la laine ; il manque entièrement aux cochons ordinaires et aux cochons de Siam. Les couleurs des soies sont le blanc, le blanc sale, le jaunâtre , le fauve, le brun et le noir.

Le marcassin, c'est-à-dire le sanglier qui est dans le plus bas âge , a des couleurs qu'il perd dans la suite ; c'est ce que l'on appelle la livrée. Elle est marquée sur le fœtus dès qu'il commence à avoir du

poil : cette livrée forme des bandes qui s'étendent tout le long du corps, depuis la tète jusqu'à la queue. Ces bandes sont alternativement de couleur fauve claire , et de couleur mêlée de fauve et de brun ; celle qui passe sur le garrot, et qui se prolonge le long du dos, est noirätre : le reste de l'animal est de couleur mêlée de blanc, de fauve et de brun.

Lorsque les jeunes sangliers ont quitté la livrée, la tête est ordinairement de couleur mêlée de gris, de roux et de noir : les plus longues soies sont sur le cou , et ont environ quatre pouces de longueur. La plus grande partie de chaque soie est noire ; audessus du noir il y a du gris, et plus haut du roux, qui s'étend jusqu'à l'extrémité de la soie ; ces trois couleurs paraissent mèlées lorsque les soies sont placées les unes contre les autres. Le corps’ est de couleur fauve avec des taches brunes ou noirätres, parce que chaque soie est en partie fauve et en partie noire ; la queue a une couleur fauve , ex-

cepté l'extrémité qui est noire, et le bas des jambes |

a cette même couleur,

Un sanglier qui pesait deux cent cinquante-sept livres, et dont la longueur, mesurée en ligne droite depuis le boutoir jusqu'à l’origine de la queue, était de cinq pieds huit pouces, et la circonférence, prise sur le milieu du corps à l'endroit le plus gros, de quatre pieds deux pouces, avait le groin et les oreilles noirs, et le reste de la tête de couleur mêlée de blanc, de jaune et de noir dans quelques endroits.

La gorge était roussâtre ; il y avait sur le dos des |

soies longues de trois pouces et demi, et leur couleur était noire sur la longueur de deux pouces depuis la racine; plus haut elles avaient du blanc sale, et au bout une couleur brune-roussâtre sur la longueur d'environ ua demi-pouce. Ces soïes étaient couchees en arrière et se couvraient les unes jes autres, de façon qu'on ne voyait que la couleur brune de leur extrémité. Les soies des côtés du corps et du ventre n'avaient qu'environ trois pouces de longueur; leurscouleurs étaientles mêmes quecelles des soies du dos; mais quoiqu'elles fussent aussi couchées en arrière , leur couleur blanche paraïissait aussi bien que le brun, parce qu'elles étaient plus rares et môins serrées les unes contre les autres que celles du dos. Les soies des aisselles et des aines avaient une couleur roussâtre , celles du ventre, de Ja face intérieure des cuisses et du scrotum, étaient peu touffues , elles paraissaient aussi de couleur roussâtre ; cependant la plupart étaient blanches, et n'avaient que la pointe rousse; les autres élaient en partie noires, blanches et rousses. La tête, le bout de la queue et le bas des jambes avaient une couleur noire. Les soies du bout de la queue d'une laie avaient jusqu'à sept pouces de longueur.

Un cochon de Siam dont la longueur, mesurée

DESCRIPTION DU COCHON

La

en ligne droite depuis le boutoir jusqu'à l'origine de la queue, était de trois pieds huit pouces et demi, avait le long du cou et du dos des soies longues de six pouces ; la longueur de celles du sommet de la tète et des fesses n'était que de deux on trois pouces, et les autres n'avaient qu'un ou deux pouces. Les lèvres, les côtés de la tête, le dessous du cou, la poitrine, le ventre, la face intérieure des jambes, etc. étaient peu garnis de soies, et entiérement nus dans quelques endroits. Toutes les soies avaient une couleur noire, mais il s'en trouvait de blanches entre les yeux , et de jaunâtres, comme celles de la plupart des cochons domestiques, sur les lèvres, à l'extrémité de la queue et sur les pieds. 1! y a lieu de croire que cette couleur jaunâtre venait du mélange du cochon domestique dans l’accouplement qui avait produit cet individu ; car j'en a disséqué un autre qui n'avait ni jaune , ni blanc. Le cochon de Siam n'a point de livrée; il nait avec | sa couleur noire, qui reste toujours la même. | La plupart des cochons domestiques ont en nais- | sant une couleur blanche, qui ne change dans la suite qu'en ce que les soies prennent à leur extrémité une teinte jaunâtre, qui paraît plus foncée qu'elle ne l'est naturellement, parce que l'animal se vautre souvent dans la poussière et dans l’ordure. Comme les soies sont couchées les unes sur les autres, il ne reste à découvert que leur extrémité jaunâtre ; c'est pourquoi ces cochons semblent avoir plus de couleur jaunâtre que de blane : il y en à beaucoup qui sont bruns, ou noirs, ou tachés de ces couleurs, qu'ils apportent en naissant. Les plus longues soies des cochons domestiques ont quatre à cinq pouces; le bout du groin, les côtés de la tête, les environs des oreilles, la gorge, le ventre, le tronçon de la queue, etc., ont très-peu de soies, etsont presque nus.

La partie du groin du cochon, à laquelle on donne communément le nom de boutoir, est formée par un cartilage plat et rond, qui renferme dans le milieu un petit os dont il sera fait mention dans la suite. Cè cartilage est percé par les deux ouvertures des narines; il est placé au-devant de l'extrémité de la mâchoire supérieure, et il déborde par les côtés, et surtout par le haut, sur la peau qui recouvre le bout de cette michoire ; de sorte que la circonférence du boutoir, prise sur un gros sanglier, était de neuf pouces sept lignes ; le cartilage s'élevait de dix lignes au-dessus de la peau du chanfrein, et le bout du groin n'avait que huit pouces neuf lignes de circonférence prise auprès du boutoir. L'extrémité de la mächoire inférieure se trouve au-dessous de celle de la mâchoire du dessus, derrière la partie inférienre du boutoir.

Le cochon a la tête longue, le bout du grein

| minee à proportion de la grosseur de la tête, et la | partie postérieure du crâne fort élevée, les yeux

HISTOIRE NATURELLE DU CHIEN

petits, les oreilles larges, le cou gros et court, le corps épais, la croupe avalée, la queue mince et de longueur moyenne, et les jambes courtes et droites, principalement celles de devant.

Le sanglier a la tête plus longue , la partie inférieure du chanfrein plus arquée, et les défenses plus grandes et plus tranchantes que les autres cochons ; la queue est courte et droite. Le cochon de Siam a la tête plus longue, le museau plus gros, les yeux moins petits, les oreilles moins grandes, le cou etles jambes de devant plus courts, les pieds plus gros et la queue plus longue que le cochon domestique, et sans aucune courbure ; le frontest relevé et le dos ensellé à peu près comme dans le sanglier. Le cochon domestique a les oreilles dirigées en avant, et non pas en haut comme celles du cochon de Siam et du sanglier ; cette différence est déjà bien apparente entre le marcassin et le jeune cochon que la mère allaite, etque l'on appelle communément cochon de lait. A cet âge, la tête parait dé à moins grosse, le corps moins épais, et la queue a plus de longueur dans le cochon domestique que dans le cochon de Siam et le sanglier; mais elle n'est pas encore recoquillée à l'origine dans le cochon de lait, avant qu'il ait environ six semaines. A peu près dans ce temps, elle se contourne en haut et au sortir du corps ; elle forme ordinairement un petit are dirigé à droite ou à gauche ; elle se prolonge en bas, et elle a quelques petites sinnosités dans le reste de sa longueur. Le cochon domestique a le corps plus long que le sanglier et le cochon de Siam. Parmi les cochons domestiques, ceux qui sont entiers, et que l'on appelle verrats, ont la tête plus longue et le bas du front moins enfoncé que ceux qui ont été coupés. Telles sont les différences les plus sensibles qui se trouvent dans les trois races de cochons dont il s'agit ici.

La tête grosse et le groin long et épais du cochon lui donnent un air d'imbécillité que la direction des oreilles rend encore plus apparent dans le cochon domestique, qui les laisse tomber en avant, que dans le cochon de Siam et le sanglier, qui les tiennent droites. Les yeux sont si petits et la face si dénuée de traits, que la physionomie n'aurait aueune expression, s'il ne sortait de longues défenses à côté de la bouche ; elles font remonter la lèvre supérieure en se recourbant en haut, et semblent être un indice de la férocité du cochon, comme elles sont les armes les plus redoutables qu'il puisse employer dans sa fureur. Le corps est aussi informe que la physionomie paraît stupide; le cou est si gros et si court, que la tête louche presque les épaules; cet animal la porte toujours très basse, et de façon qu'il ne montre poiut de poitrail. Les jambes de devant ont si peu de hauteur, qu'il semble que le cochon soit forcé de baisser la tète pour s'appuyer sur ses pieds, et que tout son corps aille

tomber en avant. Aussi cet animal ne fait paraitre aucune aisance dans ses mouvements; il n'y a point de souplesse dans ses jambes; à peine les plietil pour les porter en avant, et son allure n'est jamais prompte sans être contrainte. Le cochon, dans sa grande fureur, a toujours l'air morne et l'attitude gènée il frappe, il perce, il déchire avec ses défenses ; mais toujours sans adresse et sans agilité, sans pouvoir élever la tête, et sans avoir la facilité de se replier sur lui-même comme la plupart des autres animaux.

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