‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 28 sur 186 · A L'ARTICLE DE LA PUBERTÉ · texte numérisé non relu

A L'ARTICLE DE LA PUBERTÉ

Dans l'histoire de la nature entière, rien ne nous touche de plus près que l'histoire de l'homme ; et dans cette histoire physique de l'homme, rien n’est plus agréable et plus piquant que le tableau fidèle de ces premiers mo-

‘ Je mets dans ce nombre l'auteur de l'Anatomie d'Heister; de tous les ouvrages que j'ai lus sur la physiologie, je n'en ai pont trouvé qui m'ait paru mieux fait et plus d'accord avec la bonne physique,

DE

ments où l’homme se peut dire homme. L'âge de la première et de la seconde enfance d'abord ne nous présente qu'un état de misere qui demande toute espèce de secours, et ersuite un état de faiblesse qu'il faut soutenir par des soins continuels. Tant pour l'esprit que pour le corps, l'enfant n’est rien ou n'est que peu de chose jusqu'à l'âge de puberté ; mais cet âge est l'aurore de nos premiers beaux jours, c’est le moment où toutes les facultés tant corporelles qu'intellectuelles, commencent à entrer en plein exercice ; où les organes ayant acquis tout leur développement, le sentiment s'épanouit comme une belle fleur, qui bientôt doit produire le fruit précieux de la raison. En ne considérant ici que le corps et les sens, l'existence de l'homme ne nous paraitra complete que quand il peut la communiquer; jusqu'alors sa vie n'estpourainsi dire qu'une végétation , il n'a que ce qu'il faut pour être et pour croitre, toutes les puissances intérieures de son corps se réduisent à Sa nutrition et à son développement; les principes de vie qui consistent dans les moléculesorganiques vivantes qu'il tire desaliments ne sont employés qu'à maintenir la nutrition, et sont tous absorbés par l'accroissement du moule qui s'étend dans toutes ses dimensions; mais lorsque cet accroissement du corps est à peu pres à son point, ces mêmes molécules organiques vivantes, qui ne sont plus employées à l'extension du moule, forment une surabondance de vie qui doit se répandre au dehors pour se communiquer : le vœu de la nature n'est pas de renfermer notre existence en nous-mêmes; par la même loi qu'elle a soumis tous les êtres à la mort , elle les a consolés par la faculté de se reproduire; elle veut done que cettesurabondance de matière vivante se répande et soit employée à de nouvelles vies, et quand ons'obstine à contrarier la nature, il en arrive souvent de funestes effets, dont il est bon de donner quelques exemples.

Extrait d'un Mémoire adressé à M. de Buffon, par M. *"* le premier octobre 1774.

« Je naquis de parents Jeunes et robustes; je passai du sein de ma mère entre ses bras , pour y être nourri de son lait; mes organes et mes membres se développèrent rapidement, je n'é preuvaiaucune des maladiesde l'enfance. J'avais de la facilité pour apprendre et beaucoup d’ac-

L'HOMME

quis pour mon âge. A peine avais-je onze ans, que la force etla maturité précoce de mon tempérament me firent sentir vivement les aiguillons d'une passion qui communément ne se déclare que plus tard. Sans doute je me serais livré dès lors au plaisir qui m'entrainait; mais prémuni par les leçons de mes parents qui me destinaient à l'état ecclésiastique, envisageani ces plaisirs comme des crimes, je me contins rigoureusement, en avouant néanmoins à mon pere que l'état ecclésiastique n'était point ma vocation ; mais il fut sourd à mes représentations , et il fortifia ses vues par le choix d'un directeur dont l'unique occupation était de former de jeunes ecciésiastiques; il me remit entre ses mains; je ne lui laissai pas ignorer l'opposition que je me sentais pour la continence; il me persuada queje n’en aurais que plus de mérite, et je fis de bonne foi le vœu de n'y jamais manquer. Je m'efforcais de chasser les idées contraires , et d'étouffer mes desirs; je ne me permettais aucun mouvement qui eût trait à l'inclination de la nature; je captivai mes regards et ne les portai jamais sur une personne du sexe; j'imposai la même loi à mes autres sens; cependant le besoin de la nature se faisait sentir si vivement, que je faisais des efforts incroyables pour y résister, et de cette opposition, de ce combat intérieur, il en résultait une stupeur, une espèce d'agonie qui me rendait sem-

blable à un automate, et m'ôtait jusqu'à la fa-

culté de penser. Lanatureautrefoissiriante à mes yeux, ne m'offrait plus que des objets tristes et lugubres; cette tristesse, dans laquelle je vivais, éteignit en moi le desir de m'instruire, et je parvins stupidement à l'âge auquel il fut question de se décider pour la prêtrise; cet état n'exiceant pas de moi une pratique de la continence plus parfaite que celle que j'avais déjà observée, je me rendis aux pieds des autels avec cette pesanteur qui accompagnait toutes mes actions ; après mon vœu, je me crus néanmoins lié plus étroitement à celui de chasteté , et à l'observance de ce vœu auquel je n'avais ci-devant été obligé quecomme simple chrétien; il y avait une chose qui m'avait fait toujours beaucoup de peine; l'attention avec laquelle je veillais sur moi pendant le jour empéchait les images obscènes de faire sur mon imagination une impression assez vive et assez longue, pour émouvoir les organes de la génération au point de procurer l'évacuation de l'humeur sé-

minale; mais pendant le sommeil la nature obtenait son soulagement, ce qui me paraissait

un désordre qui m'affligeait vivement, parce |

que je craignais qu'il n'y eût de ma faute , en sorte que je diminuai considérablement ma nourriture; je redoublai surtout mon attention et ma vigilance sur moi-même, au point que pendant le sommeil, la moindre disposition qui tendait à ce désordre m'éveillaitsur-le-champ, et je l'évitais en me levant en sursaut. Il y avait un mois que je vivais dans ce redoublement d'attention , et j'étais dans la trente-deuxième année de mon âge , lorsque tout à coup cette continence forcée porta dans tous mes sens une sensibilité ou plutôt une irritation que je n'avais jamais éprouvée; étant allé dans une maison , je portai mes regards sur deux personnes du sexe, qui firent sur mes yeux , et de là dans mon imagination , une si forte impression, qu'ellesmeparurent vivement enluminées, et resplendissantes d'un feu semblable à des étincelles électriques; une troisième femme, qui était auprès des deux autres, ne me fitaueun effet , et j'en dirai ci-après la raison; je la voyais telle qu'elle était, c'est-à-dire, sans apparence d'étineelle nide feu. Jemeretirai brusquement, croyant que cette apparence étaitun prestige du démon ; dans le reste de la journée, mes regards ayant rencontré quelques autres personnes du sexe, j'eus les mêmes illusions. Le lendemain, je vis dans la campagne es femmes qui me causèrent les mêmes impressions , et lorsque je fus arrivé à la ville, voulant me rafraichir à l'auberge , le vin, Je pain et tous les autres objets me paraissaient troubles et même dans une situation renversée. Le jour suivant, environ une demi-heure après le repas, je sentis tout à coup dans tous mes membres , une contraction et une tension violentes, accompagnées d’un mouvement affreux et convulsif, semblable à celui dont sont suivies les attaques d'épilepsie les plus violentes. A cet état convulsif succéda le délire; la saignée ne m'apporta aucun soulagement; les bains froids ne me calmèrent que pour un instant; dès que la chaleur fut revenue , mon imagination fut assaillie par une foule d'images obseènes que lui suggérait le besoin de la nature. Cet état de délire convulsif dura plusieurs jours, et mon imagination toujours occupée de ces mêmes objets, auxquels se mélcrent des chimères de toute espèce, et surtout des fureurs guerrières, dans lesquelles je

HISTOIRE NATURELLE

| pris les quatre colonnes de mon lit, dort je ne fis qu'un paquet, eten lançai une avee tant de force contre la porte de ma chambre, queje la lis sortir des gonds; mes parents m'enchainèrent les mains et me lièrent le corps. La vue de mes chaines qui étaient de fer, fit une impression si

forte sur mon imagination, que je restai plus | de quinze jours sans pouvoir fixer mes regards | Sur aucune pièce de fer, sans une extrême horreur. Au bout de quinze jours, comme je parais- | sais plus tranquille, on medélivra de meschaines , et j'eus ensuite un sommeil assez calme; | mais qui fut suivi d'un accès de délire aussi violent que les précédents. Je sortis de mon lit brusquement, et j'avais déjà traversé les cours etle jardin, lorsque des gens accourus vinrentme saisir; je me laissai ramener sans grande résistance , mon imagination était, dans ee moment et les jours suivants, si fort exaltée, queje dessinais des plans et des compartiments sur le sol de ma chambre; j'avais le coup d'œil si juste et la main si assurée , que sans aucun instrument je les traçais avec une justesse étonnante : mes parents et d’autres gens simples, étonnés de me voir un talent que je n'avais jamais cultivé, et d’ailleurs ayant vu beaucoup d’autres singularités dans le cours de ma maladie, s'imaginèrent qu'il y avait dans tout cela du sortilége, et en conséquence ils firent venir des charlatans de toute espèce pour me guérir; mais je les reçus fort mal, car quoiqu'il y eût toujours chez moi de l'aliénation , mon esprit et mon caractère avaient déjà pris une tournure différente de celle que m'avait donnée ma triste éducation. Je n'étais plus d'humeur à croire les fadaises dont j'avais été infatué; je tombai Gone impétueusement sur ces guérisseurs de sorciers, et je les mis en fuite. J'eus, en conséquence, plusieurs accès de fureur guerrière, dans lesquels j'imaginai être successivement Achille, Gésar et Henri IV. J’exprimais par mes paroles et par mes gestes leurs caractères, leur maintien et leurs principales opérations de guerre, au point que tous les gens qui m'environnaient en étaient stupéfiés.

« Peu de temps après je déclarai que je voulais me marier; il me semblait voir devant moi des femmes de toutes les nations et de toutes les couleurs ; des blanches, des rouges, des jaunes, des vertes, des basanées, ete., quoique je n'eusse jamais su qu'il y eût des femmes d'autres couleurs que des blanches et des noires;

+. to nel diedé

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mais j'ai depuis reconnu à ce trait età plusieurs autres, que par le genre de maladie que j'avais, mes esprits exaltés au suprême degré, il se faisait une secrète transmutation d'eux aux corps qui étaient dans lanature, ou de ceux-ci à moi, qui semblait me faire deviner ce qu'elle avait

. de secret; ou peut-être que mon imagination

dans son extrème activité, ne laissant aucune image à parcourir, devait rencontrer tout ce qu'il y a dans la nature, et c'est ce qui, je pense, aura fait attribuer aux fous, le don de la divination. Quoi qu'il ensoit, le besoin de la nature pressant, et n'étant plus, comme auparavant , combattu par mon opinion, je fus obligé d'ovter entre toutes ces femmes; j'en choisis d'abord quelques-unes, qui répondaient au nombre des différentes nations que j'imaginaisav oir vaincues dans mes accès de fureur guerrière ; il me semblait devoir épouser chacune de ces femmes selon les lois et les coutumes de sa nation ; il y en avait une que je regardais comme la reine de toutes les autres; c'était une jeune demoiselle que j'avais vue quatre jours avant le commencement de ma maladie; j'en étais dans ee moment éperdument amoureux, j'exprimais mes desirs tout haut de la manièrela plus vive et la plus énergique; je n'avais cependant jamais lu aucun roman d'amour, de ma vie je n'avais fait aucune caresse ni même donné un baiser à une femme ; je parlais néanmeins très-indécemment de mon amour à tout le monde, sans songer à mon état de prêtre; j'étais fort surpris de ce quemes parents blämaient mes propos et condamnaient mon inclination, Un sommeil assez tranquille suivit cet état de crise amoureuse ,-pendant laquelle je n'avais senti que du plaisir, et après ce sommeil revinrent le sens et la raison. Réfléchissant alors sur la cause de ma maladie, je vis clairement qu'elle avait été causée par la surabondance et la rétention forcée de l'humeur séminale, etvoici les réflexions que je fis sur le changement subit de mon caractère et de toutes mes pensées.

« 1° Une bonne nature et un excellent tempérament , toujours contredits dans leurs inclinations, et refusés à leurs besoins, durent s’aigrir et s'indisposer; d'où il arriva que mon caractère , naturellement porté à la joie et à la gaieté, se tourna au chagrin et à la tristesse, qui couvrirent mon âme d'épaisses ténèbres, et, engourdissant toutes ses facultés d'un froid mortel, étouffèrent les germes des talents que

1H | j'avaissentis pointer dans ma première jeunesse , | Gont j'ai dû depuis retrouver les traces: mas, | hélas ! presque effacées faute de culture.

« 2° J'aurais eu bien plus tôt la maladie ditférée à l'âge de trente-deux ans, si la nature et mon tempérament n'eussent été souvent et comme périodiquement soulagés par l'évacuation de l'humeur séminale, procurée par l'illusion etles songes de la nuit; en effet, ces sortes d'évacuations étaient toujours précédées d'une pesanteur de corps et d'esprit, d’une tristesse et d'un abattement qui m'inspiraient une espèce de fureur qui approchait du désespoir d'Origène; car j'avais été tenté mille fois de me faire la même opération.

« 3° Ayant redoublé mes soins et ma vigi lance pour éviter l'unique soulagement que se proeurait furtivement la nature, l'humeur séminale dut augmenter et s'échauffer , et d'après cette abondance et effervescence, se porter aux yeux qui sont lesiège et les interprètes des passions, surtout de l'amour, comme on le voit dans les animaux, dont les yeux, dans l'acte, deviennent étincelants. L'humeur séminale dut produire le même effet dans les miens, et les parties de feu dont elle était pleine , portant vivement contre la vitre de mes yeux, durent y exciter un mouvement violent et rapide, semblable à celui qu'excite la machine électrique , d'où il dut résulter le même effet et les objets me paraitre enflammés, non pas tous indifiéremment, mais ceux qui avaient rapport avec mes dispositions particulières, ceux de qui émas naient certains corpuseules, qui, formant une continuité entre eux et moi, nous mettaient dans une espèce de contact, d'où il arriva que des trois premières femmes que je vis toutes trois ensemble, il n'y en eut que deux qui firentsur moi cette impression singulière , et c'est parce que la troisième était enceinte qu'elle ne me donna point de desirs, et que je ne la vis que telle qu'elle était.

« 4° L’humeur devenant de jour en jour plus abondante, et ne trouvant point d'issue, par Ja résolution constante où j'étais de garder la continence, porta tout d'un coup à la tête, et y causa le délire suivi de convulsions.

« On comprendra aisément que cette même humieur trop abondante, jointe à une excellente organisation, devait exalter mon imasination; toute ma vie n'avait été qu'un effort vers la vertu de la chasteté; la passion de l’a-

19% mour, qui, d'après mes dispositions naturelles, aurait dû se faire sentir la première, fut la dernière à me conquérir; ce n’est pas qu'elle n'eût formé la première de violentes attaques contre mon âme; mais mon ctat toujours présent à ma mémoire , faisait que je la regardais avec horreur, et ce ne fut que quand j'eus entièrement oublié mon état, et au bout des six mois que dura ma maladie, que je me livrai à cette passion , et que je ne repoussai pas les images qui pouvaient la satisfaire.

« Aureste, je ne me flatte pas d'avoir donné une idée juste, ni un détail exact de l'excès et de la multiplicité des maux et des douleurs qu'a soufferts en moi la nature dans le cours de ma malheureuse jeunesse, ni même dans cette dernière crise ; j'en ai rapporté fidèlement les traits principaux ; et après cette étonnante maladie, me considérant moi-même, je ne vis qu'un triste et infortuné mortel , honteux et confus de son état, mis entre le marteau et l’enclume, en opposition avec les devoirs de religion et la nécessité de nature; menacé de maladie s’il refusait celle-ci, de honte et d'ignominie s’il abandonnait celui-là : affreuse alternative! aussi fus-je tenté de maudire le jour qui m'avait rendu la lumière ; plus d’une fois je m'écriai avec Job: Lux eur data misero ? »

Je termine ici l'extrait dece mémoire de M***, qui m'est venu voir de fort loin pour m'en certifier les faits; c’est un homme bien fait, trèsvigoureux de corps et en même temps spirituel, honnète et très-relicieux ; je ne puis done douter de sa véracité. J'ai vu sous mes yeux l'exemple d'un autre ecclésiastique qui, désespéré de manquer trop souvent au devoir de son état, s’est fait lui-même l'opération d'Origène. La rétention trop longue de la liqueur séminale peut donc causer de grands maux d'espritet de corps, la démence et l'épilepsie; car la maladie de M*** n'était qu'un délire épileptique qui a duré six mois. La plupart des animaux entrent en fureur dans le temps du rut, ou tombent en convulsion lorsqu'ils ne peuvent satisfaire ce besoin de nature; les perroquets, les serins, les bouvreuils et plusieurs autres oiseaux, éprouvent tous les effets d'une véritable épilepsie lorsqu'ils sont privés de leurs femelles. On a souvent remarqué dans les serins que c'est au moment qu'ils chantent le plus fort. Or, comme je l'ai

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dit! , le chant est dans les oiseaux l'expressier, vive du sentiment d'amour; un serin séparé de sa femelle, qui la voit sans pouvoir l'approcher, ne cesse de chanter et tombe enfin tout à coup faute de jouissance ou plutôt de l'émission de cette liqueur de vie, dont la nature ne veut pas qu'on renferme la surabondance, et qu’au contraire elle a destinée à se répandre au dehors . et passer de corps en corps.

Mais ce n’est que dans la force de l’âge ct pour les hommes vigoureux , que cette évacuation est absolument nécessaire, elle n’est même salutaire qu'aux hommesquisaventse modérer ; pour peu qu’on se trompe en prenant ses desirs pour des besoins, il résulte plus de mal de la jouissance que de la privation ; on a peut-être mille exemples de gens perdus par les excès, pour un seul malade de continence. Dans le commun des hommes, dès que l’on a passé cinquante-cing ou soixante ans, on peut garder en conscience et sans grand tourment cette liqueur, qui, quoique aussi abondante, est bien moins provocante que dans la jeunesse; c’est même un baume pour l'âge avancé; nous finissons àtous égards commenous avons commencé.

L'on sait que dans l'enfance, et jusqu’à la pleine puberté , il y a de l'érection sans aucune émission, la même chose se trouve dans la vieillesse, l'érection se fait encore sentir assez longtemps après que le besoin de l'évacuation a cessé, et rien ne fait plus de mal aux vieillards que de se laisser tromper par ce premier signe, qui ne devrait pas leur en imposer, car il n’est

jamais aussi plein ni aussi parfait que dans la

jeunesse, il ne dure que peu de minutes, il n’est point accompagné de ces aiguillons de la chair, qui seuls nous font sentir le vrai besoin de nature dans la vigueur de l'âge; ce n’est ni le toucher, nila vue qu'on est le plus pressé de satisfaire, c'est un sens différent, un sens intérieur et particulier , bien éloigné du siége des autres sens, par lequel la chair se sent vivante, nonseulement dans les parties de la génératioh, mais dans toutes celles qui les avoisinent; dès que ce sentiment n'existe plus, la chair est morte au plaisir, et la continence est plus salutaire que nuisible.

4 Histoire naturelle des Oiseaux. Discours sur lai haisre des Oiseaux.

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