‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 65 sur 186 · DES · texte numérisé non relu

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sortir, notre auteur les nomme, pour celte raison, ovipares ; les autres produisent un fœtus, e’est-àdire un petit animal, et il les appelle vivipares. Les quadrupèdes ont les pieds faits de trois façons différentes ; il donne le nom de solipèdes à ceux qui les ont terminés par une corne d’une seule pièce , les pieds fourchus ont deux côrnes à chaque pied , enfin les fissipédes ont les pieds divisés en plusieurs doigts.

Aristote ne donne ces divisions générales que comme une formule qui indique les principales choses dont il doit traiter plus au long; mais il connaissait trop bien les animaux, pour admettre des distributions méthodiques , des divisions suivies et détaillées, en classes, genres, espèces, etc. S'il reconnaît des genres, ce n’est qu'à la façon du vulgaire, qui donne le mème nom à toutes les choses qui paraissent de même nature, comme les oiseaux, les poissons , ete., et il ne prétend tirer aucun autre avantage des dénominations génériques, que la facilité de retracer en un mot des qualités générales que l'on serait obligé de détailler trop souvent , si l’on n’était convenu de les exprimer en un seul terme; mais il proscrit formellement toutes sous-divisions de genre, et surtout celles qui seraient déterminées par des différences ; et il soutient que de telles divisions sont en partie forcées, et en partie absolument impossibles; et qu’en formant les différentes branches de la division , on sépare, on écarte, on éloigne les unes des autres des choses qui cependant doivent toujours se trouver sous le même point de vue; par exemple , les oiseaux sont dispersés dans des genres opposés ; il se rencontre des animaux à plusieurs pieds dans le genre des animaux terrestres, comme dans celui des aquatiques; d'ailleurs, pour faire ces sous-divisions de genre, on est obligé d'employer des caractères négatifs ; par exemple, il y a des animaux qui ont des pieds, d’autres n’en ont point ; il y en a qui ont des plumes , d'autres en sont privés. Aristote rejette ces caractères de privation , parce qu'on ne pent pas établir une différence sur une idée de privation, et que ce qui n'est pas, ne peut pas avoir des espèces ; leur rapport à ce genre serait chimérique , puisque le fondement de la relationsserait purement négatif.

Ces principes sont bien dignes du philosophe qui les a donnés, et prouvent assez que ce grand homme avait autant d'élévation de génie que d'étendue de connaissances; mais pour bien comprendre la vérité de ces principes, il faut réfléchir sur l'idée que nous présente une division d'animaux établie sur deux caractères , dont l'un est positif et l'autre négatif. Pour faire cet examen , reprenons l'exemple que nous donne Aristote , et supposons que l'on divise les animaux en deux classes, dont l'une comprenne ceux qui ont des pieds ou des plumes, et

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