ADDITION À L'ARTICLE DU BŒUF
Je dois ici rectifier une erreur que j'ai faite ausujetde l'accroissement des cornes des bœufs, vaches et taureaux. On m'avait assuré, et j'ai dit précédemment qu'elles tombent à l'âge de trois ans, et qu’elles sont remplacées par d’autres cornes qui, comme les secondes dents, ne tombent plus. Ce fait n’est vrai qu'en partie ; il est fondé sur une méprise dont M. Forster a recherché l’origine. Voici ce qu'il a bien voulu m'en écrire.
À l’âge de trois ans, dit-il, une lame très-mince se sépare de la corne ; cette lame qui n’a pas plus d'épaisseur qu'une feuille de bon papier commun, se gerce dans toute sa longueur, et au moindre frottement elle tombe; mais la corne subsiste, ne tombe pas en entier, et n’est pas remplacée par une autre : c'est une simple exfoliation, d’où se forme cette espèce de bourrelet qui se trouve depuis l’âge de trois ans au bas des cornes des taureaux, des bœufs et des vaches ; et chaque année suivante, un nouveau bourrelet est formé par l'accroissement et l'addition d’une nouvelle lame conique de corne, formée dans l'intérieur de la corne immédiatement sur l'os qu'elle enveloppe, et qui pousse le cône corné de trois ans un peu plus avant. Il semble donc que la lame mince , exfoliée au bout de trois ans, formait l’attache de la corne à l'os frontal , et que la production d’une nouvelle lame interieure force la lame extérieure, qui s'ouvre par une fissure longitudinale, et tombe au premier frottement. Le premier bourrelet formé, les lames intérieures suivent d’année en année , et poussent la corne triennale plus avant , et le bourrelet se détache de même par le frottement; car on observe que ces animaux aiment à frotter leurs cornes contre les arbres ou contre les bois dans l’étable. Il y a même des gens assez soigneux de leur bétail pour planter quelques poteaux dans leur pâturage, afin que les bœufs et les vaches puissent y frotter leurs cornes : sans cette précaution ils prétendent avoir remarqué que ces animaux se battent entre eux par les cornes , et cela parce que la démangeaison qu’ils y éprouvent les force à chercher les moyens de la faire cesser. Ce poteau sert aussi à ôter les vieux poils qui, poussés par les nouveaux, causent des démangeaisons à la peau de ces animaux.
Ainsi les cornes du bœuf sont permanentes et ne tombent jamais en entier que par un accident , et quand le bœuf se heurte avec violence contre quelque corps dur; et lorsque cela arrive, il ne reste qu'un petit moignon qui est
DESCRIPTION
fort sensible pendant plusieurs jours : et quoiqu'il se durcisse, il ne prend jamais d’accroissement, et l'animal est écorné pour toute la vie.