‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 11 sur 103 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

cbtqne feceljte toit éffàle à U grandeur de rimage du soleil; et c'eit par cette raison qu'il y a une certaine piroportiw entre It grandeur des miroirs plans et les distances, et que, pour brù- , 1er plus loin, on peut employer, mèmeavec avantage, déplus grandes glaces dans mon mirmr que pour brûler plus près.

Car si cela n'étrât pas, on sent bira^^ qu'en réduisant, par exemple, mes glaces de six pouces à trois pouces , et employant quatre fîHS^autant de ces glaces que des premières, ce qui rerient au. mème^ur Tétendue de ta surface du miroir, . j'aurois eu quatre fois plus d'efïèt, et que plus les glaces servait petites , et plus le miroir produiroit d'effet; et c'est à ceci cpe se seroit réduit l'art de quelqu'un qui auroit seulement tenté d'inscrire une surface polygone dans une sphère , et qui auroit imaginé rajustement dont je me suis servi pour faire changer à volonté la courbure de cette surface : il auroit fait les glaces les plus petites qu'il auroit été possible ; mais le fond et la théorie de la chose est d'avoir reconnu qu'il n'étoit pas seulement question d'inscrire une surfoce polygonèi dans une sphère avec exactitude , et d'en faire varier la courbure à volonté, mais encore que chaque partie de cette surface devoit avoir une certaine grandeur déterminée pour proâuh*e ' aisément un grand effet; ce qui fût un problème fort différent, et dont la solutiop m'a fait voir qu'au lieu de travailler ou de briser un miroir dans toutes ses parties pour faire coîiV; dder les images au même endroit, il suffisoit de le briser on de le travailler à facettes planes en grandes portions égales à la grandeur de l'image^ et qu'il y avoit peu à gagner en le brisant eù de trop petites parties, ou, ce qui est la même diose, en le travaillant exactement dans tous ses points. ÇTest pour cela que j'ai dit dans^mon mémoire que pour brûler à de grandes distances, il falloit imaginer quelque chose de nouveau et toutnà-fait indépendant de ce qif on avoit pensé et pratiqué jusqu'ici; et ayant supputé géométriquement la différoice, j'ai trouvé qu'un miroir parfait , de quelque . courbure qu'il puisse être, n'aura jamais plus d'avantage sur le mien que de 17 à 10, et qu'en même t^ps l'exécution en seroit im-

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possible pour ne brûler même qu'à une petite distance comme de vingt-cinq oa trente pieds. &Uis revenons aux assertions de p'escartes.

n dit ensuite, « qu^ayant deux verres ou miroirs ardents , dont Tun soit beàucoup plué grand que Tautre, de quelque foçon qu'ils puissent être, pourvu que leurs figures soient toutes pareilles, le plus grand doit bien ramasser les rayons du soleil en nn plus grand espace et plus loin de soi que le plus petit , mais que ces rayons ne doiveit point avoir plus de force en chaque partie de cet espace qu'en celui où le plus petit les ramasse, en sorte qu'on peut faire des verres ou miroirs extrêmement petits , qui brûleront avec autant de violence que les plus grands.» ^

Ceci est absolument contrmre aux expériences que j'ai ï*ap* portées dans mon mémoire, où j'ai fait voir qu'à égale intensité de lumière un grand foyer brûle beaucoup plus qu'un petit : et c'est en partie sur cette remarque, tout opposée au sentiment de Deseàrtes, que j'ai fondé la tbéorie de mes miroirs ; car voici ce qui suit de l'opinion de ce philosophe. Prenons un grand miroir, ardent comme celui du sieur Sègard, qui a trente -deux pouçes de diamètre, et un foyer de neuf lignes dé largeur à six pieds de distance , auquel foyer le cuivre se fond en une minute , et faisons dans lés mêmes proportions un petit miroir ardent de trente-deux lignes de dia* mètre, dont le foyer sera de ou de | de ligne de diamètre, et la distance de six pouces : puisque le grand miroir fond le cuivre en une minute dans l'étendue de son foyer ^ qui est de neuf lignes, le petit doit, selon Descartes, fonAre dans le même temps la matière dans l'étendue de son foyer, qui est de de ligne : or j'en appelle à l'expérience , et on verra que , bien loin de fondre le cuivre, à peine ce petit verre brûlant pourra-t-il lui donner un peu de chaleur.

Comme ceci est une remarque physique et qui n'a pas peu servi à augmenter mes espérances lorsque je doutois encore si Je pourrois produire du fèa à une grande distance , je croisu devoir communiquer ce que j'ai pensé à ce sujet.

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