PARTIE EXPÉRIMENTALE. 3S
Mn àoat cm a âk qu'Archimède brùlpit des «laVires de fort kriB dévoient être eitrèmement grands, oa platôt qu'ils sont febuleux.»
GTcst ici que je bornerai mes^rfflexions : si notre iltoitre philosophe eût sa que les grands foyers brûlent plus qne les petits à égale intensité de lumière , il aoroit jugé bien difKremmait j et il auroit mis une forte restrictîoq i cette conclusion.
Mais, indépendamment de cette connoissance qnî lui manqûoit, soh raisonnement n'est point du tout eiiact; car un nrdr ardent dont le diamètre n'est pas plus grand qu'entiron *la centième partie qni est entre lui et le lien où il dmt rassembler les rayons n^est plus un mif^oir ardent, puisque le âaiàmètre de l'image est environ és^l an diamètre du miroir dans ce caa, et par conséquent il ne peut rassembler le» rayons , comme le dit Descartes , qui semble n'avoir pas vu (p'on doit réduire ce cas à celui des miroirs plans. Mais déplus^ en n'en* ployant què ce qu'il savoit et ce qu'il avoit prévu , il est visible que sll eût réfléchi sur l'effot de ce prétendu miroir qu'il suppose pcrii par un ange, et qui ne doit pas l'àssembier, nuls seulement réfléchir la lumière avec autant de force qu'elle m a en venant directement du soleil, il auroit vu qu'il étoit possible de brûler à de grandes distances avec un nûroir de mé-^ diocre grandeur, s'il eût pu lui donner la figure convenable; car il auroit trouvé que, dans cette hypothèse, un miroir de dnq |Meds auroit brûlé à plus de deux cents pieds, parce qu'il ne fdOÊt pas sii fois la chaleur du soleil pour brûler à cette distance ; et, de même, qu'un miroir de sept pieds auroit brûlé à prèsde quatre cents pieds, ce qui ne foit pas des miroirs assez grands pour qu'on puisse les traiter de fabuleux.
n me reste à observer qne Descartes ignoroit combien il fiifloit de fois la lumière du soleil pouf brûler; qu'il ne dit pas mi mot des mkoirs plans; qu'il étmt fort éloigné de soupçonner la mécanique par laquelle oh pouvoit les disposer pour brûler au loin, et que par conséquent il a prononcé sans avoir assez de connoissances sur cette inatière , et même sans avoir foit assez de réflexions sur ce qu'il en savoit. .
Au reste, je nè suis pas le premier qui ait fait quelques reproches à Descartes sur ce ^jeé, quoique j'en aie acquis le droit plus qu'un autre; car, pour ne pas sortir du sein de cette compagnie % je trouve que M. du Fay en a presque dit autant que moi. Voici ses paroles : a II ne s'agit pas, dit-il , si un tel miroir qui brùleroit à six cents pieds est possible ou qon, niais si, physiquement parlant, cela peut arriver. Cette opinion a été extrêmement coptredite, et je dois mettre Déscartes à la tète de ceux qui Tout combattue, a Mais quoique M. du Fay regardât là chose comme impossible à exécuter, il n'a pas laissé de sentir que Descartes avoit eu tort d'en nier la possibilité dans la théorie. J'avouerai volontiers que Descartes û entrevu ce qui arrive aux images réfléchies ou réfractées à différentes distances , et qu'à cet égard sa théorie est peut-être aussi bonne que celle de M. du Fay, que ce derbier n'a pas développée; mais les inductions qu'il en tire sont trop générales et trop vagues, et les dernières conséquences sont feusses; car si Descartes eût bien compris toute cette matière, au lieu de traiter le miroir d'Ârchimède de chose impossible et fabuleuse, voici ce qu'il auroit dû conclure de sa propre théorie. Puisqu'un miroir ardent, dont le diamètre n'est pas plus grand que la centième partie de la distance qui est entre le lieu où il doit rassembler les rayons du soleil, fût-il poli par un angey ne peut faire que les rayons qu'il assemble échauffent plus en l'endroit où il les assemble que ceux qui viennent directement du soleil, ce miroir ardent doit être considéré comme un miroir plan parfaitement poli, et par conséquent, pour brûler à une grande distance , il faut autant de ces miroirs plans qu'il faut de fais la lumière directe du soleil pour brûler; en sorte que les miroirs dont on dit qu'Archimède s'est servi pour brûler des vaisseaux de loin dévoient être composés de miroirs plans, dont il falloit au moins un nombre égal au nombre de fois qu'il hu% à la lumière directe du soleil pour brûler. Cette conclusion, qui eût été la vraie selon ses principes, est , comme l'on voit, fort difKrente de celle qu'il a donnée.
* L'Académie royale des Sciences.