‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 14 sur 103 · PARTIE EXPÉRIMENTALE. V · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE. V

Où est HiaîBtenaBt en état de joger si je ifai pat traHié le célèbre Descartes avec tous les égards que mérite soo grand nom , lorsque j'ai dit dans mon mémoire : « Descartes , né pour juger et même pour surpasser Ârchimède, a prononcé contre lui d*nn ton de maître : il a nié la possibilité de llnventiôn ; et 8011 opinion a prévalil sur les témoignages et la croyance de tonte l'antiquité. »

Ge que je viens d'exposer suffit pour justifier ces termes que l\m m*a reprochés, et peut-être même ^ont-ils trop forts , càr : Arcfaîmède étoit un très grand géùie; et lorsque j'ai dit que Descartes étoit né pour le juger, et même pour le surpasser, j'ai senti qu'il pou voit bien y avoir un peu de compliment national dans mon expression.

J'aurois encore beaucoup de chose» à dire smr cette matière; mais comme ceci est d^ bien long, quoique j'aie Ait tous mes efforts pour être court, je me bornerai pour le fond du sujet à ce que je viens d'^poser; mais je ne puis me dispenser de parler encore un moment au sujet de Thistorique de la chose , afin de satisFure , par ce seul mémoire, & toutes les objections et difficultés qif on m'a faites.

Je ne prétends pas prononce^ affirmativement qu'Archi-^ niUe se soit servi de pareils miroirs au siège de Sjrracuse , ni même que ce soit lui qui les ait inventés; et je ne les ai appelés les miroirs d'ArchImède que parce qu'ils étoient connus sous ce nom depuis plusieurs siècles. Les auteurs contemporains et ceux des temps qui suivent celui d'Archimède , et qui sont parvenus jusqu'à nous, ne font pas mention de ces miroirs: Tite-Live, à qui le merveilleux fait tant de plaisir à raconter, n'en parle pas; Polybe, à l'exactitude de qui les grandes inventions n'auroient pas échappé, puisqu'il entre dans le détail des plus petites, et qu'il décrit très soigneusement les plus légères circonstances du siège de Syracuse, garde un silence profond au sujet de ces miroirs; Plutarque, ce judicidix et grave auteur, qui a rassemblé un si grand nombre de foits particuliers de la vie d'Archimède, parle aussi peu des mirdrs que les deux précédents. En voilà plus qu'il n'en font

38 MlNtRAUX. INTRODDCTION.

pour se croire foodé à douter de la Térité de cette biitoire :

cepebdam^ene sontkiqaedesiéiiiQigBages

qtt% PC soiem pas iodiffiérenu , y* lie pea?ea^

une probabiitté équtvataite à celle d*Dn seol téoioigQage

positif.

GaUen, qui vivoit dans le seoopid siècle, est le premier ifù^ en ait parlé; et, après avoir raconté Thistoire dHin hoamie qui enflamat de loia mi morceau de bois résiaevi, mêlé avec de la fieme de pigeon, il dit qte c'est de cette hçfxa qn^Ar-. dûmède brMa les vaisseaia des Bomains; mais , comme il ne décrit pas ce SMqren de brAlcr de loin, et <pie son expressioi^ peut ttgnifier aussi bien unteqn'on auroit lancé à la main ou par quelque machine, qu'une lumière réfléchie par un miroir, son témo^^ni^ n'est pas assez clair pour qu'on puisse en rien condure d'affirmatif. Cependant on doit présumer, et même avec une grande pnriMdniité, ^u'il ne rapporte Thisloire de cet homme qui brftla^u loin qjue parce qu'il le fit d'une manière sinpaière, et que ^ s'il n'eût brûlé qu'en lançant le feu è k main, oA en le jetant par le moyen d'une oadùne, il n'y auroit eu rien d'extraordinaire dans cette façon d'enflammer^ rioi par conséquent qui fût idgae de remarque, et qui méritât d'être rapporté et comparé à çe qu'avoit fait Âr^imède, et dèslors Galien n'en eût pas fait mention.

Oa a aussi des témoignages semblables ^e deux pu trois autre» auteurs du tttiîsième sitele ^<p disent seulement qu'Ar- Chimède brûla de loin les vaisseaia des Romains, sans expliquer les moyens dont il se servit; mais les témoignages des auteurs du douzième âècle ne sont point équivoques^ et surtout ceux de Zonaras ci de Tzetzès que j'ai cités; c est-â-dire ils nous font voir clairement que cette invention étoit connue des anciens; car la description <pi'en Ait ce dernier auteur suppose nécessairement où qu'il eût trouvé hii-même le moyen de construire ces mircûrs, ou qu'il l'eût appris et cité d'après qudque auteur qui en avoit fût une très exacte description, et que l'inventeur, quel qu'il fût, entendoit à frâid la théorie de ces miroirs; ce qui résulte de ce que dit Tzetzès de la figurç

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