‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 48 sur 103 · PARTIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE EXPÉRIMENTALE

ne s'y trouve aucune matière calcaire, alors oà demUîers ou an demi-quart de matières calcaires suffira pmir la fondre; eC si, an contraire, elle se trouve naioréHement mâan^ d'uti tiers ou d*un cpiart de sables ou de graviers caleaires , un quinzième ou un diX'buitièmed'dUbue suffira piour la faire couler et la préserver de l'action trop subitedu feu, qui ne manquerdit pas de la brûler en partie. On pèche présque partout par rex-^ cès de castine qu^on met dans les fourneaux; il y a même des maîtres de cet art assez peu instruits pour mettre de la eastine et de Taubue tout ensemble ou séparément, suivant qu'ils imaginent que leur mine est trop froide ou trop chaude; tandis que , dans le réel , toutes les mines de for, du moins toutes les raines en f iiiJilm,«i9t égalenient fusibles, et né diffèrent les nues des autres que par les matières dont elle^ sont mélangées, et point du tout par leurs qualités intrinsèques, qui. sont atoaloment les mêmes, etqui m'ont démontré quelefér, coméie tout autre métal , est un dans la nature.

On reconnoîtra par les laitiers si la proportion de ta castine Mtfif-fÉnbneque Ton jette au fourneau pèche par excès ou ptr défaut : lorsque les laitiers sont trop légers, spongieux et Hmics, presque semblables â la pierre ponce, c-est une preuve UMMil'^Iflfll^'t^'i- ti^pdé matiîre calcaire; en diminuant la quantité de cette mntitre on verra le laitier 'prendre plus de solidité, et former un verre ordinairement dé couleur verdâire , qui file, s'étend et coiile lentement au sortir du fourneau. $i au contraire le Iditier est trop visqueux , s'il ne coule que très difficilement, s'il fiiut rarracher du sommet de la dame, on peut être sûr quHi n'y a pas assez de castine , ou peut-être pas asseâs de charbon proportionnellement à la mine. La consistahce et même la couleur du laitier sont les indices les plus sârs do bon ou du mauvais état du fourneau, et de la bonne ou mauvaise proportion des matières qu'on y jette : il faut qué le laitier coule seul et forme un ruisseau lent sur la pente qui s'é* tend du sommet de la dame au terrain ; il faut que sa couleur ne soit pa^ d'un rouge trop vif ou trop foncé , mais d'un rouge pile et btenchâtre; èt lorsqu'il est refroidi, on doit trouver un

verre solide, transparent et verdàtre, aussi pesant et même plus que le verre ordinaire.. Rien ne prouve mieux le mauvais trav^l du fourneau ou la disproportion des mélanofes, que les laitiers trop légers ^ trop pesants , trop obscurs; et ceux dans lesquels on remarque plusieurs petits.trous ronds, gros comme les grains de. mine, ne sonc.pas des laitiers proprement dits, mais d&la mine brûlée qui ne s'est pas fondue.

l\ y a encore, plusieurs attentions nécessaires et quelques précautions, à prendre, pour fondre les mines de fer avec la plus grande éaonomie; Je suis parvenu, après un grand nombre d'es^s réitérés, à ne consommer que 1 livre 7 onces i- ou tout au plus l livre.Sonoes decbarbon pour 1 livre de fonte; car, avec 2880 livres de charbon^ lorsque mon fourneau est pleîneinent animé, j'obtiens constamment des gueuses de 1876, 1960 et 1950 livres, et je.crois que c'est le plus bant point d'économie auquel on puisse; arriver. Car M. Robert, qui , de tons les maîtres de cet art , est peut-être celui: qui , 4)ar le moyen: de son lavoir, a le plus épiïré ses. mines, consommoit n^moins 1, livre 10 onces de charbon paur chaque livre de^fonte, et je doute que la qualité de ces fpntes fût aussi parfoite que celle des miennes; mais cela, dépend, comme je viens de le dire, d'un grand nombre d'observations et de précmtions dont je vais indiquer les principales.

1® La cheminée du fourneau, depuis la cuve jusqu^u gueulard , doit être circulaire , et non pas à huit pans, comme étoit. le fourneau de M. Robert , ou carrée comme le sont les cheminées de la plupart des fourneaux en France. Il est bien aisé de sentir que dans un carré la chaleur.se perd, dans les angles sans réagir sur la mine , et que par conséquent on brûle plus de charbon pour en fondre la même quantité.

2^ .UouverUtre du gueulard ne doit être que de la moitié do diamètre de la largeur de la cuve du, fourneau: J'ai Sût des fondages avec de très grands et de très petits gueulards ; par exemple , de 3 pieds t de diamètre, la cuve n'ayant que 5 pieds de diamètre, ce qui est à peu près la proportion des fourneaux de Suède; et j'ai vu que chaque livre de fonte consommoit près

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^ 3 lîvfts de^rboD. Ensuite ayànt irétréd U cheminée (lu fenrneau , et laissant toiyoursà lacuve an dialnètre^e 5 pieds , f ai rtdmt le gneulard à 2 pieds de diamètre; et, dana cefondage, j'ai consommé l.lhre t3 onces de charbon pour cbaqoe livre de fonte. La proportion qui m'a le mieux réussi, et à laquelle je me sois tenu, est celle de 2 pieds t de diamètre au gaenlard, sur 6 pieds à la cuve, la cheminée formant un cène droit, portant sur des gueuses circulaires depuis la cuve au gttCQlard, le tout construit avec des briques capables de résis^ ter au plos grand fou. Je donnerai ailleurs la composition de ces briques , et les détails de la construction du fourneau , qui est tonte différente de ce qui s'est pratiqué jusqu'ici , surtout pour la partie qu'on appelle ^ouvrage dans le fourneau.

7P \a manière de chaîner le fourneau ne laisse pas d'influer beancoup plus qu*on ne croit sur Te produit de la fosion. An lieu de chaîner, comme c'ést l'usage, toujours du côté de la rustine, et de laisser couler la miné en pente, de manière que ce côté de rustine est constamment plus chargé que les autres^ il fiMit la placer au milieu du gueulard , l'élever en cône obtus, et ne jamais interrompre le cours de la flsrmme, qui doit toujours envelopper le tas de mine tout autour, et donner constamment le même d^^ de feu. Par exemple , je fais charger communément six paniers de charbon de 40 livres chacun , sur huit mesures de mine de 65 livres cliacune, et je fais couler à douze diarges; j'obtiens communément 192& livres de fonte de la nieilleure qualité. On commence , comme partout ailleurs, à mettre le charbon; j'observe seuleooiait de ne me senar au fourneau que de charbon de bois de chêne , et je laisse pour les afBnmes le charbon des bois plus doux. On jette d's^rd cinq paniers de ce gros charbon de bois de chêne, et le dernier panier, qu'on impose sur les cinq autres, doit être d'un char* bon plus menn ^ que l'on entasse et brise avec dn ràble, pour qu'il remplisse exactement les vides que laissent entre eux les gros charbons. Cette précaution est nécessaire pour que la mine, dont les grains sont très menus , ne perce pas trop vite , et n'arrive pas tr<^ tôt an bas du fourneau. C'est aussi par la

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même raison qu'avant d'ûnpcMer la mine sur œ 4eniicr chaoK \Wk , qui doit être non pas à fleur du gueulanl , mais à deux pouces au-dessous, il font, suiyant la nature ^ ta mint, répandre une portion de la castine ou de TaulHie , nécéssaire à la fusion^ sur la surfoce du cbarbon : cette coudKe de o^atière soutient ta mine et Tempéche de percer. Ensuite on impose » milieu d^ Touverture une mesure de mine qui doit être mouillée,non pas assez pour tenir à la nmû^ mats assex pour que les gmo» aient entre eux quelque adbérçnc^ et fiissent quelques petites pelotes. SuV (CCtte première mesure de mine on en met uoè seconde, et ou relève le tout encône^ de manière que la flamme Tenveloppeen entier; et s'il y a quelques points dans celte circonférence oA ta flamme ne perce pas, on enfonce un petit ringard pour lui donner jour^ afin d'en entretenir Téga* lilé tout autour de la mine. Quelques minutes après, lorsqui le cône de mine est affaissé de moitié ou des deux tiars ^ o« impose de la. même façon une troisième et une quatrièmt mesure qu'on relève de mème, et ainsi de suite jusqu'à ta bui*> tième mesure.. Oh emploie quinze ou vingt minutes à charger successivement la mine; celte manière est meilleure et bien plus profitable que la foçon ordinaire qui est en usage , par laquelle on se presse de jeter, et toi^ours do même côté, ta mine tout ensemble en moins de 3 ou 4 minutes.

4® La conduite du vent contribue beaucoup à L'ai^pmentatioQ du produii de la mine et de l'épargne du charbon^U faut, dans le commencement du fondage, donner le mcnns de vent qu'il est possible, c'est-à-dire à peu près six coupsde soufflet par minute» et augmenter peu à> peu le mouvement pendant les quinze premiers jours, au bout desquels on peut^Iler jusqu'à onze et même jusqu'à douze coupsde soufflet par minute; mais.il hut encore que la grandeur des souffifets soit .proportionné ,à ta capacité du fourneau , et que l'orifice de ta tujfère soit ptacé d'un tiers plus-près de la rustine que de ta tympe, afin que le vent ne se porte pas trop du c6té de l'ouverture qui donne passage au taitier. Les buses des soufflets doivent être posées à 6 ou 7 pouces en dedans de la tuyère, et leQiilieu du cpeusel

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