‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 89 sur 103 · SECOND MÉMOIRE · texte numérisé non relu

SECOND MÉMOIRE

Fondements des recherches précédantes sur la température des plantes.

L'homme noareau n'a pa Toir, et Thomme ignorant ne voit encore aujourdlmi la nature et Tétendoe de Tunivers que par le simple rapport de ses yeux; la terre est pour lui un solide d'on vohime sans bornes^ d^une étendu.e sans limite, dont iT ne peut qu'avec peine parcourir de petits espaces superficiels , tapdis que le soleil, les planètes et l'immensité des deux ne lui présentent que des points lumineux, dont le soleil et la lune lui paroissent être lesseuls objets dignes de fixer ses regards. A.cette fousse idée sur l'étendue de la nature et sur (es proportions de Tunivers s'est bientôt joint le sentiment encore plus disproportionné de la prétention. L'homme, ea se comparant aux autres êtres terrestres, s'est trouvé le premier : dèslors il a cru que tous éloient faits pour lui; que la terre même n'avoit été créée que pour lui servir de domicile, et le del de spectacle; qu'enfin l'irnivers entier devoit se rapporter à ses besoins , et même k ses plaisirs. Mais, k mesure qu'il a fait usage de cette lumière divine qui seule ennoblit son être, à mesure que l'homme s'est instruit, il a été forcé de rabattre de pWen plus de ses prétentions; il s'est vu rapetisser en même raison que l'univers s'agrandissoit, et il lui est at^oordliui bien évidemment démontré que cette terre qui foit tout son doinaine , et sur laquelle il ne peut malheureusement subsister sans querelle et sans trouble, est à proportion tout aussi petite pour l'univers que lui-même Test pour le Créateur. En effèt il n'est pas possible de douter que cette même terre, si grande et si vaste pour nous , ne soit une assez médiocre pla-

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