‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 95 sur 103 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE

aa-deansde la plus grande chaleur du reste de la zone torride, et Texcès du froid produit de même par les causer localea étant de plus de 40 degrés au-dessus du plus grand frmd soua la même latitude , on doit en conclure que ces mêmes cansea locales ont bien plus d'influence dans les climats froids que dans les climats chauds , quoiqu'on ne voie pas d'abord ce qui peut produire cette grande différence dans Texcès du froid et du cbaod. Cependant en y réfléchissant , il me semble qu'on peut concevoir aisément la raison de cette différence. L'augmentation de la chaleur d'un climat tel que le Sénégal ne peut venir que de l'action de l'air, de la nature du terroir, et de la dépression du terrain. Cette contrée, presque au niveau de la mer, est en grande partie couverte de sables arides; un vent d'est constant, au lien d'y rafraîchir l'an*, le rend brûlant, parce que ce vent traverse, avant que d'arriver, plus de deux mûle lienes de terre sur laquelle il s'échauffe toiyours de plus en plus ; et néanmoins toutes ces causes réunies ne produisent qu'un excès de 6ou 7 d^frés au-dessus de 26, qui est le terme de la plus grande chaleur de tous les autres climats. Mais dans une contrée telle que la Sibérie, où les plaines sont élevées comme les sommets des montagnes le sont au-dessus du niveau du reste de la terre, cette seule difference d'élévation doit produire un effèt proportionnellement beaucoup plus grand que la dépression du terrain du Sénégal , qu'on ne peut pas supposer plus grande que celle du niveau de la mer; car si les plaines de Sibérie sont seulement élevées de quatre ou cinq cents toises au-dessus du niveau dUpsal ou de Pétersbourg, on doit cesser d'être étonné que l'excès du froid y soit si grand, puisque , la chaleur qui émane de la terre décroissant à chaque point comme l'espace augmente , cette seule cause de Télévation du terrain suffit pour expliquer cette grande différence du froid sous la même latitude.

II ne reste sur cela qu'une question assez intéressante. Les hommes , les animaux et les plantes peuvent supporter pendant quelque temps la rigueur de ce fh>id extrême , qui est de 00 degrés an-dessous de la congélation : pourroient-ils égale-

no MINÉRAUX. INTRODUCTION,

ment supporter une chaleur qui seroit de 60 degrés aa-dessosP Oui , si 1*0Q pouYoit se précautionner et se mettre à Tabri contre le chaud comme on sait le Faire contre le froid; si d'ailleurs cette chaleur excessive ne duroit, comme le Froid excessif, que pendant un petit temps, et si Fair pouvoit, pendant le reste de rann^ raiîrakhir la terre de la même manière que les émanations de la chaleur du globe réchauffient Tair dans les pays Froids. On connott des plafltes , des insectes et des poissons qui croissent et vivent dans des eaux thermales dont la chaleur est de 45, 60, et jusqu'à 60 degrés : il y a donc des espèces dans la nature vivante qui peuvent supporter ce degré de chaleur; et comme les sont dans le genre humain ceux que la grande chaleur incommode le moins , ne devroit-on pas en con dure avec assez de vraisemblance que , dans notre hypothèse , leur race pourroit être plus ancienne que celle des hommes blancs?

m DE L^nUTRODIJCnON.

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