‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 98 sur 103 · QUATRIÈMES MONUMENTS · texte numérisé non relu

QUATRIÈMES MONUMENTS

On trouve des défenses et des ossements d'éléphant, ainsi que d^ dents d'hippopotame, non-seulement dans les terres du nprd de notre continent , mais aussi dans celles du nord de

DES ÉPOQUES DE LA NATURE. 337 rAmériqoe, qwnque les espèces de Téléphant et de Tbippopotame n'existent point dans ce continent du NonTcaa-Monde.

ÛNQIJIÈnnS MORUHElffS.

On ti^ve dans le miliea des continents, dans les Uem les plus éloignés des mers^ un nombre infini de ooquilles dont la plupart appartiennent aox animaux de ce genre actuellement existante dans les mers méridionales , et dont plnsieursautres n'ont ancûn analogue vivant ^ en sorte que les espèces en paroiasent perdutes et détruites par des causes jusqu'à présent inconmies.

ËQ comparant ces monuments avec les foits, on voit d'iborâ que le temps de la formation des matières vitreseibles est bien pins reculé que celui de la composition des substances calcaires; et il parott qu'on peut déjà distingutr quatre et mémf dnq époques dans la plus grande profondeur des temps : la première , où la matière du globe étant en fosion par le feu ^ la terre a pris sa forme^ et s'e$t élevée surféquateur et abaissée sous les j[)61es par son mouvement de rotation ; la seconde , où cette matière du globe s'étant consolidée, a formé les grandes masses de matières vitreseibles; la troisibne où la mer couvrant la terre actuellement habitée, a nourri les animaux à coquiHes dont les dépouilles ont formé les substances calcaires; et la quatrième, où s'est Faite la retraite de ces mêmes mers qui couvroient nos continents. Une cinquième époque, tout aussi clairement indiquée que les quatre premières, est celle du femps où les élét^nts , les hippopotames et les autres animaux du midi, ont habité les terres du nord : cette époque est évidemment postérieure à la quatrième , pute que les dépouilles^ie ces animaux terrestres se trouvent presque à la surface de la tme, au lieu que celles des animaux marins sont , pour la plupart et dans les mêmes lieux , enfouies à de grandes prpfondeurs.

Quoi ! dira-t-on , les éléphants et les autres animaux du

midi^04t autrefois habité Ib terres du nord? Ce fàit , quelque BOiroN. m. 22

ringnlier, qnelqQeeitraordinairé qii*n pume parolCre; n'm m pas moins certain. On a trouvé et on trouve encore toot1e9 jours en Sibérie, en Russie et dans les autres contrées septentrionales de TEurope et de TÂsie, de llvoire en grande <jpantité; ces défenses d'éléphant se tirent à quelques pieds sous terre/ou se découvrent par les eaux lorsqu'elles font tomber les terres du bord des fleuves : on trouve ces ossements et défeçKes d'élépbant en tant de lieuir différents et en si grand nombre, qu'on ne peut plus suborner à dire que ce sont les ^ dépouiiles de quelques éléphants amenés pal* les hommes dans ces dimats froids; on est maintenant, forcé, par les preuves réitérées , de convenir que ces animaul étoient autrefois habîtantstnaturèls des contrées du nord, comme ils le sont aujourd'hui des.contrées du midi; et ce qui parott encore rendre le fait plus nerveilleux , c'est-d-dire plus difficile à expliquef c!est qu'on trouvères dépouilles des animaux du midi de notre continent non-seulement dans les provinces de notre nord , m^is aussi ^ans les terres du Onada et des autres parties de l'Amérique septentrionale. Nous avons au Cabinet du Roi plusieurs défenses et un* grmod nombre d'ossements d'éléphant troqvés en Sibérie ; nous avons d'antres défenses et d'autres os d'éléphant qui ont été trouvéi en France, et enfin nous avons des défenses d'éléphant et des dents d'hippopotame trouvées en Amérique dans les terres voisines de la rivière d'Ohio. Il est doue nécessaire que ces animaux , qui ne peuvent siibsister et ne subsistent en effet aujourd'hui que dans îes pays chauds, aient autrefois existé dans les climats du nord , et que par amséquent cette zone fh)ide fût alors aussi chaude que Test aujourd'hui notre zone torride; car il n'est pas possible que la forme constitutive , ou , si l'on vêtit , lliabitude réelle du corps des animaul , qui est ce qu'il y a de plus ftie dans la nature, ait pu changer aa point de donner le tempérament du renne k l'éléphant , ni de supposer que jamais ces animaux du midi, qui ont besoin d'une grande chàleur*p6ur subsister, eussent pu vivre et se mnltip^i^ dans les terres du nord , si la température du climat eût été aussi froide qu'elle l'est aiûonrffhui.

btB <POQ0£S DE LA RATOftS. m M« fimelÎQ^ qui a parcooru la Sibérie , ^ qui a rummé Id-* mèoie phineiin ossements d'éléphant dms ces terres sejrteo^ trionales, cherche à rendre raison dhfait en apposant que de grandes inondationasurvauies dans les terres méridionales ont Aiassé les éléphans vers les contrées du nord, où ils auront tons péri à la fois par la rigueur dû climat Mais cette eausa eoppoMBée n'est pas proportionnelle à reffèt : on a pent-ètrt d^à tiré du nord pluM'ivoire que tous lestléphantsdes Indes actuellement vivants n'en ^poçrroient fournir; on en tirera ti» davantage avec le temps , lorsque ces' vastes déserts du nord, qui sont è peine raeoonos, seront peuplés, et que lès Serres en seront remuées et fouillées par les makis de Thomme. D'aîUeoesiJ serait bien étrange que ces aaimaux eussent pris l^rooi^ quicoovenoit lemoinai^bBnr nature, puisque, en les %upposant poussés par des inondations du midi ^ il leur restoit deux faites naturelles vers Forient et yets Vocààsiùt Et pourquoi foir jusqu'au soixantième degré du nord , lorsqu'ils peuvoiept s'arrêter en chemin , où s'écarter à cété^ iaft des terres plus heureuses? Et comment concevoir gue, par une inondation des mers méridional^, il aient .été chassés à mille lieues^ dans notre continent et à plus de trois mille tienes dans l'autreP n est impossible, qu'un débordement de la mer &ës grandes Indes ait envoyé dçs éléphants en Canada ni méçie en Sibérie, et il est également impossible qu'ils y soient arrivés en nombre aussi grand que l'indiquent leurs dépouillés. - *

Étant peu satisfait de cette explication, j'ai paisé qu'on pouvoit en donner une autre plus plajisible et qui s'accorde parfoitement avec ma théorie de la terre. MsSs, avant de la présenta, j'observerai, pour pré^nir toutes difâcuUés, 1^ que ilvmre qu'on trouve en Sibérie et en Canada est certainement de Hvoirje d'éléphant, et non pas de l'ivoire ^e morse on vache marine ,#omme quelques voyageurs l'ont pr^^i^hi : on trouve aussi dans les terres septentrionales de llvoire fbssile de morse ; mais il est différent de celui de l'éléphant, et il est ftdle de tes distinguer par la comparaison de leur texture intérieure. Les défenses, les dents màchelièreS| les omoplates,

910 DIS ÉPOQUES DE LA RAlURC

les fêouin et les aaties oiseiiieBits trouvés dans les. terres dû Bord, sonr certaiDement des os d'élépham; nous les amos oomparés aux différences parties respectives da squelette entier de Féléphant , et ron ne peut douter de leur identité d'es* pèce. Les grosses dents carrées trouvées dans ces mêmes ftms du nord, jdont la fiiee qui broie est en forme de trèfle, ont tons les caractères des dents molaires de l'hippopotame; et ces autres énormes dents dont la lace qui4>roie est ooni^MMe de grosses pointes mousses ont app^tenu à une espèce détruite aaâourd*hui sur la* terre, comme lé!» grandes votaiies appelées cornes d'Amman sontactueHement détruites dans br mer^

2^ Les os et les défènses.de ces anciens éléphants sont an moins aussi grands et auast gros que ceux desélépbants aetneto ■ auxquels mus les arvons comparés; ce»qni prouva qpe

' On peut t'en anurfr par les descripUent et let dimeniMNii qu'en a drnir néet M. Ibubeuton ; maïs , depuis ce temps , oh m*a envoyé une défense entière et quelqdés autres morceaux dlroire iteilè dont les dfménsSons'excèdent de béiueiup la leoguenr et la preaiwif ordinaireFdet défèmctde l'éléphant : fai même foit chercbei* chez tous les marchands de Paris qui vendent de l'ivoire» on n'a .trouvé aucune défense comparable à celle-ci , et Jt né s'en est trouyé qu'une seule , sur un tr^ grand nombre, égale à celles qui nous sont venues de Sibérie, dont la eiroaufiéreiioe est de 1S pooœs à la base. Les marchands appellent (Voir» cru celui qui n'ja pas été dans la terre , et que l'on prend sur les éltSpb'aots vivants , ou qu'on trouve dans les forêts avec 1rs s<pielet^s récients dé ces animaux ; et ils donnent le nom dït^ire i aUt à celui qu'on tire de la .terre, et dont la qualité se dénature plus on i moins par un plus ou moins long séjour, ou par la qualité plus ou moins active dAlbrres où il a été renfttmd. La plupart des défénses qui nous sont tenues du nord sont encore d'un tionre très solide, dont on peurroîl ftire " de beaux ouvrages : les plus (grosses noiis out été envoyées par ll..de l'isle, astronome, de l'Académie Voyale des %:iences; il les a recueillies dans son voyage en SSiérie. ili n'y avoit daiis tous les magasins de Paria qu'une seule défense <f ivoire cru qui eût 1^ Rpuoes de circonférenoe ; toutes les «itrei étoieut plus menues : cette grosse défense avoit fS pieds 1 pouce de longuenr,

il parott que cellM qui sont au Cabinet du Roi , et qui ont été trouvées en âbérie, avoienC ^vi de 6 pieds lorsqu'elles étoient entières ; mais, comme les extrémités en soàt tronquéc^^, on ne peut en josfer qffii peu près.

Et si l'on compare les os fémurs trouvés de même dans les terres du iSovd on s'assurera quHs sont au moins aussi longs et considérableaient plus épais « que ceux des élépliants actuels.

Au reste, nous avons, comme je l'ai dit, comparé exactement Ict os et les défénses qui nous sont venus de Sibérie aux os et aux défenses d'un squelette d'éléphant , et nous avons reconnu évidemment que tous ces ossements

DES ÉPOQUE^ Dfi LA IVATURi.

cet animaux n^habitoient pas les terfM da nord par Ibnee, mais qu^ils y existoient dànç leor état de nature et de pleine liberté, puisqu'ils y ^ voient acquis leurs plus hautes dimen^ siena et pris leur entier accroissement. Ainsi Ton iie peut pas supposer qu'ils y aient été transportés, par les hommes ; le seul état de captivité , indépendamment de la rij^eur du climat, les aureit réduits an qu^rt ou au tiers de la grandeur que noua mpnti«nt leurs dépouilles ^

VLa çrande quantité que Ton en a d^à trouvée par hasard dans ces terres presque désertes où personne ne cherche suffit pour démontrer que ce n'est ni par un seul ou plusieurs ac-

topt des dépouilles de oeft,aDimaax. Lei défèose* venueft de Sibérie ont nonaeulement la figûre, mais ausri la yivùe structure de TiToire de l'^éphant, dont M. Daut)enton donne la ^deKiipUon dans les termes suivants :

« tortqii'uue défense dlâépbant est cooftéd transversalement , on voit an centre , ou à peu près au centre, un point noir qui est appelé le ccBur; mais si la défense a été coupée à l'endroit de sa cavité, il n'y a au centre qu'ùn Iroa rond et orale : on aperçoit les lignes courbes qui s'étendent en sens oontraire. depuis le centre à la drconférence, et qui se jïroisaot forn)ent de pc0ts k>^ sanges'; il y a ordinairement à la ciroonférenCè une bande étroite et circulaire ; les lignes courbes sé ramifient I mesure qn'elles s'éloignenidu centre; et le nombre de ces lignes est d'aiiitant plus grand, qu'elles approcbent plus delà circonférence : ainsi la grandeur des losanges est presqub partout à peu près la méitie. Leurs o6téS , ou au moins leurs angles , ont une couleur plus vive que l'aire ^ sans doute parce que leur sulMtance est jAu» ébmpacte : la bande de la droonférenoe est quelquefois composée de fibres droites èt transversales, qui aboutiraient au centre si elles étoient prolongées, c'est l'apparenœ de ces Kgnes et de ces points que l'on regarde comme le grain de Flvoire : ou l'aperçoit dans tons les ivoires, mais U est plus ou moins sensible dans les différentes défienses ; et parmi les ivoires dont le gaain est assez apparent pour qu'on leur donne lé nom diHvoir^ grenu , il y en a que l'on appelle ivoireà grosgraiâs, pour ledistingnerde l'avoine dont le grain est fin. » Voyez, dans cette Histoire naturelle, l'article de VÉiéphant et les Mémoires de fjcadémie 4U$ Sciences , année 1762. (Jdd, Buff. )

* Gçb nous est démontré par la comparainn qœ nous avons fbite du squelette entier d'un éléphant qufestauCablnetduRol, etquiavoit vécusei» ans dans la ménagerie de VersaUles, avec les défenses des autres éi^>hants dans leurs pays natal ; ce squelette et ces défenses , quoique considérables par la grandeur , sont ceilaineiftent de moitié plus petits pour le volume que ne le sont les défenses et les squelettes de ceux qui vivent en liberté, soit dans l'Asie, soit en AfHque , et en même temps ils sont au moinsde deux tiers plus petite que les ossements de ces mêmes anim^^x trouvés en Sibérie iAdd* Buff.)

3tt i)ES ÉPOQUES 0E LA (NATURE,

cMents m dans ub seul et même temp» que quelques îadividM de*cette espèce s^ sont trouvés àaôa^ ces contrées du nord, mais qu'il est de nécessité a))soluè que l'espèce même y ait autrefois existé, subsisté et multiplié, comme elle^e&iste, subsiste et se multiplie aujourd'hui dans lés contrées du «ûdi.

Gela posé, il me semble que la question se réduit h savoir, pu plutôt consiste à chercher s'il y a eu une cause qui ail pu changer la température dans les différente^ parties du globe « au point que les terres du nord',,atyourd'faui très froides^ ^ient aulrefois éprouvé le degré de chaleur des terres du inidi. -

Quelques physiciens pourroiént penser que cet effet a été produit par le changement de l'obliquité de l'écliptique, parce qu'à |a première vue ce changement semble ii^diquer* que finçlinaison de l'axe du globe n'étant pas constant, la terre 4 pu tourner autrefois sur un axe assez 'éloigné de celui sur lequel elle tourne aujourd'hui , pour que la Sibérie se fût alors frouvée sous l'équateur. Les astronomes ont observé que le changement de l'obliquité de l'écliptique est d^environ 45 se-e ^ndes par siècle : donc, en supposant cette augmentation suecéssive et cpnstante , il ne feut que soixante siècles pour produire une différence de 45 minutes, et trois mille six cents siècles pdur donner celle de 45 degrés ; ce qui ramèneroît le 60^ degré de latitude au 15^, c'est-à-dire les terres de la Sibérie , où les éléphants- ont autrefois existé, aux terres de l'Inde où ils vivent aiyourdliui. Or il ne s'agit , dira-t-on, que d'adtnettre dans ]e passé cette longue période de temps pour rendre raisqn du s^(Nir des éléphants en Sibérie : il y a trois cents soixante mille ans que la terre tournoit sur un axe éloigné de 45 degrés de celui sur lequel elle tourne aiyourd'hui ; le 15® degré de latitude actuelle étoit alors le 60® ^ etc. ' A cela je réponds que cette idée et le moyen d'explication qui en résulte ne peuvent pas se soutenir lorsqu'on vient à les examiner : le changement de l'obliquité de Tédipti^ n'est pas une diminution ou une augmentation successive et constante ; ce n'est au contraire qu'une variation limitée, et qui

BfiS ÉPOQl'E!» DE LA NATORt. SIS

se fait tantAc en un sens et tantôt en un antre, lacpiélte par cotiséquent n^a jamais pn produire en aucon sen^ nipour aucm climat cette différence de 45 degrés dliKlinaison; car la variation de Tobliquité de Taxe de la terre est causée par l'action des planètes, qui dépassent l^écliptique sans affecter Téqua* teiir. En prenant la plus puissante de ces attraction», qui eit celle de Vénus , iU^udroit douze cent soixante mille ans pour qa-elie pèt firire changer de 180 degrés la situation de Tédiptkpie sur Torbite de Vénus, et par conséquent produire un ehangement de 6 degrés 47 minutes dans TobliquitdréeUe de Taxe de la terre , puisque 6 degrés 47. miptites ^sont le double de riodinaison de l'orbite de VénDs. De même Taction de Jupiter n^ peut , dans un espace de neuf cent tfenté-six mille ans, changer l'obliquité de Técliptique que de 2degrés 38 minutes, et encore cet effet est-il en partie compensé par le pré* cèdent; en sorte qu'il n^est pas possible que ce changement de Tobliquîté de Taxe dé la terre aille jamais à 6 degrés, A moins de supposer que toutes les orbites des planètes changeront elles-mèBes , supposition que nous ne pouvons ni ne de* vous admettre, puisqu'il n'y a aucune cause qui puisse pro* 4luire cet effet. Et comme on ne peut juger du passé que par * l'inspection du présent et par la vue de l'avenir, il n'est pas possible, quelque loin qu'on veuille reculer les limites du temps , de supposer que la variation de l'écUptique-ait jamais pn produire unedifférence de plusrde 6 degrés dans les climats de la terre : ainsi cette cause est tout^à-fait insuffisante, et l'explication qu^on voudcoit en tirer doit être rejetée.

Mais je puis donner cette explication si difficile , et la dé*duire d'une cause imqiédiata. Nous venons de voir que le globe terrestre , lofrsqu'il a pris sa forme , étoît dans un état de fluidité; et il est démontré que l'eau n'ayant pu produire la dissolution des matières terrestres, cette fluidité étoit une liqiféfiiction causée par le feu. Or, pour passer de ce premier état d'embraseni^nt et de liquéfaction à celui d'une chaleur douce et tempérée , il a fallu du temps : le globe n'a pu se refroidir font k coup an point où il est aujourd'hui. Ainsi , dans les pre-

wkn temiM apits sa formation , la chaleur propre de la terre &oit infinimeot plus grande que celle qu'elle reçoit do aoleil , poisqa^elle est encore beaucoup plus grande aiqourdluii; ensuite, ce grand feu s'étant dÎMiffé peu à pen, le dimat du p6le a éprouvé, comoi^ tons les autres climats, des degrés soceeisifii de «oindre cbaléur et de refroidissement II y t donc eu un tempi» et même une longue suite de temps pendant laquelle les terres dn nord, après avoir brûlé comme toutes les antrea, ont joui dé la même dialenr dont jouissent aa-^ jourd'hni les terres du midi : par conséquent ces terres septentrionales ont pu et dû èire habitées paf" les anioôaux qui habitent actudiement lès terres méridionales, et auxquels celte dialeur est nécessaire. Dèsrlors le fiait, loin d*ètre extraordinaire, se lie parfeiiemene avec les autres faits, el n^en est qu\me simple conséquence. Au lieu de s'ofiposer à la théorie de la terre que nous avcutis établie, ce même ftiten devient au contraire une preuve accessoire qui ne peut que la confirmer dans le point le plus obscur, c'est-à-dire lorsqu'on commence & tomber dans cette profondeur du temps où la lumière du génie semble s'éteindre, et où, foute d'observations, elle parott ne pouvoir nous guider pour aller plus

Une sixième époque, postérieure aux cinq autres , est celle de la séparation des deux continents. Il est sûr qu'ils n'étoient pas séparés daqs les temps que les éléphants vivoient également dans les terres du nord de l'Âmérique , de l'Europe et de l'Asie : je dis également , car on trouve de même leurs ossem^ts en Sibérie , en Russie et au Canada. La séparation des continents ne s'est donc faite que dans des temps postérieurs à Êeux du s^^r de ces animaiix dans les terres septentrionales : mais comme l'on trouve aussi des défenses d'éléphant en Pologne , en Allemagne, en France, en Italie S on doit « eon-

< Indépendamment de tom les morœaux qui nous ont été eoforéi de RniM et de ^bérie , et que Dout omiéerf oiM au GabiDet do Roi , U y eo « pl^^ autres daus les cabinets des particuliers de Paris ; iJ y en a uo grand nombre dans le Muséum de Pétersbourg, comme on peut le toî^ dans le calalqsnr

DES fiPOQDES DE LA NATURE, 345 clure qu*à mesure que terres septentrionales se refroidissoient , ces animaoï^se retiroient vers les contrées des zones tempérées où la chaleur da soleil et la pins grande épaisseur dn globe compensoient la perte de la chaleur intérieure de la terre ; et qu'enfin ces zones s*étant aussi trop refiroidies avec

qui co a élé imprimt dès ranoée 1742; fl y en a de mêi^

Angldem, en Allemagoc» en Italie ; on a mém bit plmieurt ùnirtige^ de tour avec œt Ifoire trouYé dam les terres du nord ; akui l'on ne peut douter de la mnde quantité de œi dépouilles d*éiépbant en Sibérie et en Ruiiie.

M. Pallat , saranC naturaliste, a trou?é dans non yoyage en Sibérie, ces années demièrei, une grande quantité d'ossements d'éléphant, et un squelette entier de rhinocéros , qui n'écoit enfoui qu'à quelques pieds de profondeur.

«On rient de déoôuTrir des os monstrueux d'éléphant à Swijatoki , à dixsept Terstes de Pétersbouro^ ; on les a tirés d'un terrain inondé depuisjongtemps. On ne peut donc plus douter de la prodigieuse révolution qui a cbaugé leelimat, les productions et les animaux de toutes les contrées de la terre. Ces médailles naturelles prouvent que les pays dévastés aujourd'hui par la rigueur du froid ont eu autrefois toq» les avantages du midi. > (/ourneU de politique et de littérature, 5 janvier 1776 ; article dePétersbourg. )

La découverte des squelettes et des défènses d'éléphants dans le Canada estasaez récente, et j'en ai été informé des premiers par une lettre de feu M. Collinson , noembre de la Société royale de Londres; voici la traduction de cette lettre:

« M. Georges Croghaé nous' a assuré que, dans le cours de ses voyages en 1766 et 1766, dans les contrées voisines de la rivière d'Ohio, environ à 4 milles sud-est de cette rivière , éloignée de 640 milles du fort de Quesne ( que nous appelonspaintenant PUsburgh ) , il a vu^ aux environs d'un grand marais salé, ot les animaux sauvages s'assemblent en certa'm temps de Tan- 11^ , de grands os et de grosses dents , et qu'ayant examiné cette place avec soin, il a découvert, sur un banc élevé du o6té du marais, un nombre prodigieux d'os de très grands animaux, et que par b longueur et la forme de ^ ces os et de ces défenses on doit conclure que ce sont des os d'éléphants. ^ «Mais les grosses dents que je vous envoie , monsieur, ont été trouvées avec ces défenses; d'auU<es encore plus grandes que (;eU6s-ci paraissent indiquer et même démontrer qu'elles n'apïpartiennent pas S des éléphants. Gomment concilier ce paradoxe? Ne pourroit-On pas supposer qu'il a existé autrefois un grand animal qui avoit les défenses de l'éléphant et les mâchoires de l'hippopotame? car ces fprosses .dents mSchelières sont très differentes de celles de Téléphant Mi Crog^n pense, d'après la grande quantité de ces différentes sortes de dentf , c'est-à-dire des défenses et des denU molaires qu'il s observées dans cet endroit, qu'il y avoit au moins trente de ces animaux. Cependadt les éléphants n'étoient point connus en Amérique , et probablement ils n'ont pu y être apportés d'Asie : l'impossibilité qu'ils ont à vivre dans ces oontrées,! cause de tai rigueurdes hivers, et où cependant on trouve

m DES ÉPOQUES DE LA NATORE.

le temps, ilê ont Mccessivemeot fpgné les dimaCs de la zone torride, qui sont ceux où la chaleur iiitéiîeure s'est coosenrée le plus ioDg-temps par la plus grande épaisseur du sphén^Mte de la terre, et les seuls où cette chaleur, réunie avec celle dn

une fi grande qaaiiUté de leurs m, fait eucort un paradoxe que yUn éaàr uente «agacilé doit détemiioer.

cM. Croghan a envoyé à Loiufrei, au mcia de férrier 1767, les oa et ks dentt qu'U aToit rasaeinbléii dans les années 176S et 1706 :

«A inylord SMbame, 1** deux grandes défenses, dont une étoit bien entière et aroit près de7 pieds <ie long (6pieds 7 pouces de France); Tépaisseur étoit comnîe celle dTune défense ordinaire d'un éléphant qni auroit cette longueur.

« 2^ Une mâchoire arec deux dents mScfaeBères qui j tenoient, et outre cela plusieurs très grosses dents màcfaelières séparées.

«Au docteur Franklin, 1*^ trois dents d*éléphant, dont une, d'enfiron 6 pieds de long, étoit cassée par la moitié, gâtée ou rongée au centre, et seml)lable<à de la craie; les autres étoientirès saines , le bout de l'une des deox étoit aiguisé en pointe et d'un très bel iyoire.

«2^ une petite défense d'enriron 3 pieds de long, grosse conmie le bras, avec les alvéoles qui reçoivent les muscles et les tendons , qui étoient d'une couleur marron luisante^ laquelle avoit l'air aossi frais que si on venoit de les tirer de là léte de l'animal.

«3^ Quatre mâcbelières, dont l'une des phis grandes avoit phis de largeur et un rang de pointes de plus que celles que je vous ai envoyééi. Vous pouvei être assuré que toutes celles qui ont été envoyées â mylord Shelbume et â M. Franklin étoient de la même forme et avpient le même ânail que celles que je mets sous vos yeux. ^

« Le docteur Franklin a dtné dernièrement avec un officier qui a rapporté de cette môme place, voif>ine de la rivière d'Ohîo , une défense plus blanche, plus luisànte, plus unie que toutes les autres, et une mâchelière encore phn hiisaiite, plus unie que toutes les autres, et une mâchelière encore phis grande que toutes celles dont je viens de l^ire mention. > ( Lettre de M. Collinson à M. de Buffbn, datée Mill-hill, près de Londres, le 3 juillet 1767.)

Extrmi fUiIcfumal du voyage de Cbocsam fait sur la rivière d'Ohio , ^et envoyé à M. Franklin au mois de iiuu.1765.

• Nous avons passé la grande rivière de Miame, et;, le soir, nous sommes arrivés à l'endroit où l'on a trouvé des os d'éléphants; il peut y avoir 640 roillès de distance du fort Pitt Dans la matinée , j'allai voir la grande place marécageuse où les animaux sauvages se rendent dans di^ certains temps de Tannée ; nous arrivâmes à cet endroit par une route battue par les boraft sauvages {bisons)^ éloigné d'environ 4 milles au sud-est du fleuve OtUo. Nous vîmes de nos yeux qu'il se trouve dans ces lieux une grande quantité d'ossements, les yns ép^rs, les antres enterrés â cinq ou six pieds sous terre, que nous vhnes dans l'épaAseur du banc de terre qui borde cette espèce de route. Nous trouvâmes là I(*s detix défenses de 6 pieds de longueur, que nous transportâmes à notre bord , a\ec d'autres os et des dents; et , l'année sui-

PES tPOQUES DE LA RATURE. Uf -

soleU , mk encore asuez forle «ujourd'hoi pour laaîiileBir tair nature et somenir lear propâgatioD« •

DeHiteieoii troaveen France et dans^touteslesautres parties de FEurope, des coquille^ des squelettes et des vertèbres d^anâmaux marins qui ne peuvent subsister que dans les mers lea

TMta, nouii retournâBiet au même endroit prendre encore un plut grand Boabre d'Mret défemes et d'autres denit.

« Si M. de BnffMi avott des doutei et des qneatkmt I feire wr cela, ]a le prît, dit M. Gollinaeo, de me les envoyer; je féroit paver ta lettre à M. Groatun, iiomme trèt hoonéte et éclairé, qui teroit charmé de tatisbire * aet ^oettiont. »

€b petit mémoire élOiC Joint lia lettre que Je vient de dier, et à laqutUe }a fait ajouter l'eitrut de ce que M. Gollinton m'avott écrit auparavant au tujet de cet méaiet ottementt trouvés en Amérique.

«Il y avoit à enriron un mUleet demi de la rivière d'Ofaio six squelettes moMtnieux enterrés delxNit, portant des défenses de 5 à 6 pieds de long , qui étoient de la formeet de la substance des défenses d*éléphauts; eUet avoient 30 pouce» de circonferenœ à la radne ; eUet alloient en s^amincistant juiqu*! la pointe : mait on ne peut pas bien éonnoltre comment eUes. étoient jaimet à la mâchoire , parce qu'ellet étoient briséet en pièces. On fémur de cet mêmes animaiix fut trouvé bien entier; il pesoit cent livres, et avoit 4 pieds de long. Ces défenses et ces os de la caisse font voir que l'animal éloit d^uœ prodiaieuse artndeur. Ces firits ont été confirmés par M. Greeowood , qui, ayaut été sur les lieux, a vu les six squelettes dans le marais talé : il a de phis trouvé, dans le même lieu^ de grosses dents mâchelières qui ne paroissent pas appartenir à l'éléphant , mais plutôt à l'hippopotame; et il a rapporté quelques-unes de ces dents à Londres, deux entre auU*es <^ pesoient ensemble 9 lirres V^. 11 dit que l'os de la mâchoire avoit près de 3 pieds de longueur et qu'il étoU trop lourd pour être porté par deax hommes : fl avoit mesuré l'Intervalle entre l'orbite des deux yeux , qui étoit de 18 ponces. Une Angloite, faite prisonnière par les sauvages et conduite à ce marais salé , pour leur apprendre à &ire do sel en feisant évaporer l'eau , a dédaré se souvenir, par une circonstanoe singulière, d'avoir vu ces ossements énormes ; die racontoit que trob François qui cassoien( des noix étoient tout trois assis sur un seul de ces grands ot de la cuiste. >

Quelque temps après m'avoir écrit ces Idtres, M. Gollioson lut â la Société royale de Londres deux petits mémoires sur ce même sujet, et dans lesquels fii trouvé qudqun feits de phis que je vais rapporter, èny joignant un mol d'explication sur les choses qui en ont besoin.

« Le marais salé où l'on a trouvé dés os d'éléphant n'est qu'à 4 nfilles de dbtanee des bords de la rivière d'Ohio; mais U est éloigné de phis de 700 milles de la plus prochaine cdte de la mer. Il y avoit un chemin frayé par les bceufesauvages (Usons) , asset large pour deux^riots de fhmt, qui menoit droit à la place de ce gnnd marais salé, où ces animaux se rendent, aussi liien que toutes les espèces de cerfii et de chevreuils^ dant une certaine saison de l'atinée, pour lécher U terre et boire de l'eau salée... Les ossements d*é!é-

plus méridiolialei. il est doDc srriyé, powr les dimsU de la mér, le mèoie cbangemeDt de température que pofur ceux de la terre; et ce second fait, s'eipliquant, coaune.le premier, par la même cause, parolt conOrmer le tout au point de la démoDStralkm.

phantt te troarent tout une e«pèoe^ de torée, ou plotôttooft U rire quim-toure et nunnonte to marait à 5 oa 6 pieds de hauteur; oo y yoit ua trie grand nobibre d'oe etdedenCt qui ont apiiaitenu à qoelqiiet animaux é*ism grotieur prodi£^u«e;iI y adeadéfenaef quiontprètde? piedsdelongneur^ et qui loot d*UD tr^ bel iroire : on ne peut donc guèce douter qu*eHei n'feicQC appartenu à de» éléphants. Mais œ qui! y a de tinguler, c'est que jusquid l*on n*a trouvé parmi œs défenses aocuoe dent molaire ou ralchellère (Tâéphant, mais seulement un grand nombre de grosses dents, dont chacune porte cinq ou six pointes mousses ; lesquelles ne peuY^t SToir appanenu qu*à quelque animal d'une énorme grandeur; et œs grosses dents carrées n'ont point de réssemblance aux mâcbelières de l'éléphant, qui sont aplaties, et quatre ou cinq fois aussi larges qu'épaisses; en sorte que ces grosses dents molaires ne resReinblent aux dents d'aucun animal connu. »

Ce que dit ici M. ColUmon est très rrai : ces grosses dents mobires diN fèrent absolument des dents mâçhelières de l'éléphant , et en les comparant à celles de l'hippopotame , auxquelles ces grosses den^ ressemblent par leur forme carrée, on verra qu'elles en difFërent aussi par leur grosseur, étant deux, trois et quatre fois plus Tolumineuses que les grosses dents dqs anciens hippopotames trouvées de même eu Sibérie et au Canada, quoique ces dents soient elles-mêmes trois ou quatre fois plus grosses que celles des hippopotames actuellement existants. Toutes les dents que j'ai observées dans quaUv têtes de ces animaux qui sont au Cabinet du Roi ont la face qui broie creusée en forme de trèfle, et celles qui ont été trouvées au Canada et en Sibérie ont ce même caractère, et n'en diffèrent que par la grandeur; mais ces énormes dents grosses pointes mousses diflEèrent de celles de l'hippopotame creasées en trèfle , ont toujours quatre et quelquefois cinq rangs , au lieu que les plus . grosses dentale l'hippopotame n'en ont que trois , comme on peut le yoir ea comparant les figures 4, 5 et 6, avec celles des figures 7 et 8, planche 1. Il parott donc certain, que ces grosses dents n'ont jamais appartenu à l'éléphant ni k l'hippopotame : la différence de grandeur, quoique énorme, ne m'empêcheroit pas de les regarder comme appartenant à celte dernière espèce, si tous les caractères de la forme étolent semblables, puisque nous connoissons, comme je Tiens de le dire , d'autres Vienti carrées, trois ou quatre fois plus grosses que celles de nos hippopotames actuels , et qui néanmoins ayant les mêmet caractèResiXNir la forme, et particulièrement les creux en trèfle sur la tee qui broie, sont certainement des dents d'hippopotames trois fiois plus grands que ceux dont nous a?ons les têtes; et c'est de ces grosses dents, fispire7, qui sont yraiment des dents dliippopotames , que j'ai parlé lorsque j'ai dit qu'il s'en trou voit égalemeft dans les deux continents, aussi bien que des défenses d'éléphants : mais ce 'qu'il y a de très remarquable, c'est que noi»seulement on a trouvé ât vraies défenses d'élépbanu et de vraies dents de

Lorsqoe Von compare ces anciens monuments dn premier âge de la natore vivante avec ses prodocHons actuelles, on ymi évidemment que la forme constitntîve de cbaqne animal s'est conserveé la même et sans altération dans ses principales parties : le l^oe de cbaqne espèce n'a point changé; le monte

fçnm hippopotamet en Sibérie et an Canada , vnàn qn*OD y a trouTé de même es dents beauooup pins énormes à groMes pointes monsses et à quatre rangs; Je crois donc pouvoir prononcer avec fondement que cette très Qnaàe éspèœ d'animal est perdue*.

M. le comte de Vergnmet y ministre^ secrétaire d^tat, aen la tMmtéde me donner, en 1770, la plus groase de toutes ces dents, laquelle est représentée plandie 1, fig. 1 et 2; ellÉ^pèse 11 livres I onces. Cette énorme dent toolairea été tronvée'dans la petite Tirtarie, en disant un fossé. Il y avoit d'autres os qu'on n'a pas recueillis , et, entre autres, un os fémur dont il ne restoit que la moitié bien entière, et la câTîté de cette nioitié oontenoit quinze pintes de Paris. M. l'abbé Chappe, de l'Académie des Sciences , nous a rapporté de Sibérie une autre dent tonte pareille, mais moins grosse, et qui ne pèse que 3 Hrres 12 onces Vt t Ag* 4 et 5. Enfin la plus grosse de celles que M. Collinson m'ayoil envoyées, et qui est représentée fig. 6, a été trouvée , stec plusieurs autres semblables, en Amérique, près de la rivière d*Obio; et dtntres qui nous sont venues de Canada leur ressemblent parMtement. L'on «e pent donc pas douter qu'indépendamment de Téléphant et 4e l'hippottotame, dont on trouve également les dépouilles dans les deui continents, il n'y eût encore un autre animal commun aut deux continents, d'une grandeur supérieure celle même des plus grands éléphants; car la forme carrée de ces énormes dents mâcbeiières prouve qu'elles étoifnt en nombre dans la mâchoire de ranimai ; et quand on n'y en supposeroit que six ou même quatre . de chaque côté, on peut Juger de l'énormité d'une tête qui auroit au moins seiie dents mâdielières, pesant chacune dix ou onze livres. L'éléphan^n'en s que quatre , deux de chaque côté ; elles sont aplaties, elles occupent tout l'espace de la mâchoire ; et ces deux dents molaires de l'éléphant fort aplaties ne surpassent que de deux pouces la largeur de b plus grosse dent carrée de fanimal hMxmnu , qui est du double plus épaisse que celle de l'^phant. Ainsi tout nous porte â croh« que cette andenne espèce, qu'on doit rê^rder comme h première et la plus grande de tous les animaux terrestres, n'a subsisté que dans les prcjniers temp^, et n'ôft pas parvenue Jusqu'à nous ; car un animal dont Tespèce seroit plus grande que celle de Téléphant ne pourroit se cacher Mlle part sur la terre au point de demeurer inconnu ; et d'ailleurs il est évident par la formemémedeôes dents, par leur émail, et par la disposition de • leurs racines, qu'elles n'ont aucun rapport aux dents des cachalots ou autres cétacés, et qu'elles ont réellement appartenu à un animal terrestre dont Vespèoe étoit plus voisine de ceHe de Thippopotame que d'aucun autn^

Dana la suite du Mémoire que J'ai cité ci-dessus, M. Collinson dit que pinten personnes de la Société royale connoissent, aussi bien que lui, les d^

* Qst animal antédiluvien a été nonnné Mafotfe^ par IL e^

DI» ÉP0QCE8 DE LA NATORE:

îménear a ccymerfé sa forme et n'a point varié. Qnel<|iie toosoe qa^ooTOolùt iMgiaer la foeeemm des teiiips^<pielqtt^ de géBénition8i|«'<)n admette oo qu'on soppete, les iadtvidwi de chaqae geart représentent aqjoordluii les fonnes de een des premiers siècles, «irtont dans les espèces flMAcares, dont

fienseft d'élépbantt que l'on trooTe tout les ans en Sibérie sur les bords du

fleuve Obi et des autres rivières de cette contrée* (^uel «TStème éublira-i-oii, ajou(e-t-il, arec quelqoe degré de probabilité pour rendre raîHMi de oct dépôts d'ossements d'éléphanU en Sibérie et en Amérique? H finit par donner i'énumération, les dimensions et le poids de toutes.ces dents trouvées dans le marais salé de la rivière d'Ohk), dont la plus grosse dent cwréeappartenoit au capitaine Ourry, et pesoit 6 livres Vi- » 4^ ^ Dans le second petit Mémoire de M. Collinson, lut la Société Boyale de Londres, le 10 décembre 1767, il dit que, s'étant aperçu qu'une des défenses trouvées dans le marais salé avoit des stries près du ipros bout, il avoit eu quelques doutes si ces stries étoient particuliei^ ou non à Tespèce de Télé- |ihaot; que, pour se satisfaire, il alla visiter le mafsasin d'un marrhand qui fait cqounerce de dents de toute espèce , et qu'après les avoir bien examinées» il trouva qu'il y avoit autant de défèuses striées au gros bout que d'unies, et que par conséquent il ne faisoit plus aucune difficulté de prononcer que oes défenses trouvées en Amérique ne fussent semblables, I tous égards, aux défenses des éléphants d'Afrique et d'Asie : mais, cpmme les grosses deuls carrées trouvées dans le même lieu n'ont aucun rapport avec les dents molaires de l'éléphant, il pense que ce sont les restes de quelque animal énorme qui^voit les défmses de l'éléphant ^vec des dents molaires partiailières i son espèce, laquelle est d'une grandeur et d'une forme différente de celle d'aucun animal connu. Voyez les TrofuacUons philosophiques de l'année 1767.

Dès l'année t748, M. Fabri , qui avoit fait de grandes courses dans le nord de la Louisiane et dans le sud du Canada , m'avoit informé qu'il avoit v« des Tètes e( des squelettes d'un animal qdadrupède d'nne grandeur énorne, que les Sauvages appeloient le pére-aux-hœufs, et que les os fémurs dê œs animaux avoienl 5 et jusqu'à sfx pieds de hauteur. Peu de temps après, et avant l'année 1767, quelques personnfs à Paris avoient déjà reçu quelquesunes des grasses dents de Tanlipal inconnu, d'autres d^hippopelames, et aussi des ossements d*éiépbants trouvés eu Canada : le nombre en est trop considérable pour qu'on puisse douter que ces animaux n'aient nos autrefisis existé dans les terres septentrionales de l'Amériqu^, comme dlns oelles4i l'Asie et de l'Europe.

Hais les éléphants ont aussi existé dans toutel les contrées tempérées dt notre continent ; j'ai feit meotlbn de| défenses trouvées en Languedoc près de Simore, a de oelles trouvées à Cominget en Gascogne; je dois y ajouter la plus belle et la phis grande de tontes , qui nous aété donnée en dernier liai pour le Cabinet du Roi. par M. le duc de La RqcbBfoucsuld,. dont le zèle pour Je progrès des sciences ea fondé sur les grandeè eonnoissancss gnll a acquits dans tous les genres. 11 a trouvé ce beau morceau en visitant, avec M. Desmarest,de ^Académie des Sciences , lettmpagnas aux eovirona deRmne.

DES ÉPOQUES DE LA riATURE.

Tempreinte est pHn fèrme et la nature plus fixe ; car Jes espèces inférieures ont, comme nous Tavons dit, éprouvé d^une manière sensible tous les effiets des différentes causes*de dégéuération : seulement if est à remarquer, au sujet de ces espèces majeures, telles qtie Téléphant et lliippopotame, qu*en comparant leurs dépouilles antiques avec celles de notre temps, on voit qu'en général ces animaux étoient alors plus grands qu^ils ne le sont aujourd'hui ; la nature étoit dans sa première vi-

Cette défente éColt diviiiée en dtaq fragnenU,^!!. ledne de Lv Rocbefracauld fit recueillir : Pun de i^c» frigmenU fut louetraU par le crocbeteur qui en étoit chargé, et il n'en eat resté que quatre , lesquels ont environ 8 pouces de diamètre; en les rapprochant, ils forment uûe longeurde 7 pieds; et nous saTons , par M. Desmarest , que le cinquième fragment , qui a été perdu, ayoit près de trois pieds : ainsi Ton peut assurer que la défense eiîtièi-e deyoit aToir environ 10 pieds de longueur. En examinsTnt les cassures, nous y aTont reconnu tous les caractères de llroire de Télépbant : seulement cet ivoire, altéré par un long séjour dans la terre, est devenu l^r et firiabl« comme les autres i?oires fossiles.

M. Tozzeui, savant naturaliste d'Italie, rapporte qu'on a trouvé, dans les ▼allées de TAmo, des os d'éléphants et d'autres animaux ^rrestres en grande quantité, et épars çà ee là dans les couches de la terre, et il dit qu'on peut conjecturer que les éléphants étoient anciennement des anunaux indigènes à l'Europe , et surtout à la Toscane. ( Eitrait d'une lettre du docteur Tozzetti Journal étranger, mois de décembre 1755. )

«On trouTC , dit M. Coltellini, vers la fin du mois de novembre 1759, dans m bien de campagne appartenant au marquis de Petreila , et situé à Furigliano dans le territoire de Gortone, un morceau d'os d'éléphant incrusté, en grande partie, d'une matière pierreuse.... Ce n'est pas d'aujourd'luii qu'on a trouvé de pareils os fossiles dans nos environs.

« Dans le cabinet de M. Galeotto Corrazzi , il y a un autre grand morceau de défense d'éléphant pétrifié et trouvé, ces dernières années , dans les environs de Gortone, au lieu appelé la Selva..., Ayant comparé ces fragmttitft ^fos avec un nKM-cean de défense d'éléphant venu depuis peu d'Asie, on a trouvé qu'il y avoit entre eux une ressemblance parfaite.

«M. l'abbé Mearini m! apporta , au mois d'avril dernier, une mâchoire entière d'éléphant jqu'il avoit trouvée dans le district de Fameta , village de ce diocèse. Cette mâchoire est pétrifiée , ai grande partie, et surtout des deux côtés , où l'incrustation pierreuse s'élève â l^bauteur d'un pouce et à toute la dureté de la pierre. • '

«Je dois enfin I M. Muziô Angelieri Altioozzi, gentilhomme de cette ville, nn femur presque entier d'éléphant, qu!il a découvert lui-même dans un de set hient de campagne appelé la Rota, situé dans le territoire de Cortonei Cet os, qui est long d'une brasse de Florence, est aussi pétrifié, surtout dans rdtrémité supérieure qu'on appelle la téte... » ( Lettre de M. Louis Coltellini » de Cortone. JaurNol étranger, mois de juillet 1761.) {Jdd Buff.)

m DES ÉPOQUES DE LA NATURE^

sœur; la chaleur intérieore de la terre «loDDoit à ses prodoc-» tiens toute la force et toute Téteodue dont elles éloient susceptibles. H y a eu , dans ce premier âge, des géants en toot geiii:e; les nains et les pygnîées sont arrivés depuis, c'est-àdire après le refroidissement; et si (comme d'autres monuments semblent le démontrer) il y a eu des espèces perdues , c'est-à-dire des animaux qui aient autrefois existé et qui , n'existent plus, ce ne peuvent être que ceux dont la nature exigeait une chaleur plus grande que la chaleur actuelle de la zone torride. Ces énormes dents molaires presque carrées et à l^rQsses pointés mousses, ces grandes volutes pétrifiées dont quelques-iyies ont pti|sieurs pieds dé diamètre plusieurs

> La connoissanoe de toutes les pétrifications dont on oe trouve plot les analogue» vivants supposeroit uneÀude longue et une comparaîion réfléchie de toute* les espèces de pétrifications qu'on a trouvées jusqu'à présent dans le Kein de ta terre , et cette adence n'est pas encore fort avancée; cependant nous sommes assurés qu'il y a plusieurs de ces espèces, telles que les cornes d*animoo , les ortbocératites , les pierres lenticulaires ou numismales , les bâemnites, les pierres judaïques» les anthropomorphitfs, etc., qu^ ne peut rapporter à aucune espèce actuellement subsfattante. Nous avons vu des cornes d'ammon pétrifiées de deux et trois pieds de diamètre y et nous avons été assurés, par des témoins dignes de foi , qu^on en a trouvé une en Champagne plus grande qu'une meule de moulin , puisqu'elle avoit 8 pieds de diaimètre sur un pied d'épaisseur : on m'a même offert dans le temps de me l'enToyer ; mais l'énormité de poids de cette masse, qui est d'environ huit milliers, et la grande distance de Paris , m'ont empêché d'accepter cette offre. On ne connolt pas plus les espèces d'animauT auxquels ont appartenu les dépouilles dont nous venons d^indiquer les noms ; mais ces exemples , et plusieurs autres que je pourrais citer, suffisent pour prouver qu'il existoit autrefois dans la mer plusieurs espèces de coquillages et de crustacés qui ne subsistent plus. Il en est de même de quelques poissons à'écailles ; la plupart de ceux qu'on trouve dans les ardoises et dans certains schistes , ne resseinblent pas assez aux pois- Sons qui nous sont connus , pour qu'on puisse dire quils sont de telle ou telle espèce ; ceux qui sont au Cabinet du Roi, parfaitement conservés dans des masses de pierre, ne peuvent de même se rapporter précisément ài nos espèces connues : il parott donc que , dans tous les genres, la mer a autrefois nourri des animaux dont les espècei^existent plus.

Hais, comme nous l'avons dit, nous n'avons jusqu'à présent qu'un seul exemple d'une espèce perdue dans les animaux terrestres, et il parott que c'étoit la plus grande de toutes , sanè même en excepter l'éléphant Et puisque les .exemples des espèces perdues dans les animaux terrestres sont bien plus rares quedans les animaux marins, cela nesêmble-t-il pas prouver encore que la fonnation des premiers est postérieure ft celle des derniers? ^i^.}

DES ÉPOQUES DV LA NATURE. 3ff3

aotres poissons et coquillages fossiles dont on ne retronte nulle part les analogues yivants, n'ont existé que dans ces premiers temps où la terre et la mer encore chaudes dévoient nourrir des animaux auxquels ce degré de chaleur étoit nécessaire, et qui ne subsistent plus aujourd'hui parce que probablement ils ont péri par le refroidissement.

Voilà donc Tordre des temps indiqués par des faits et par les monuments; voilà six époques dans la production des premiers âges de la nature, six espaces de durée dont les limites , quoique indéterminées, n'en sont pas moins réelles; car ces époques ne sont pas, comme celles de l'histoire civile, marquées par des points fixes, ou limitées par des siècles et d'autres portions du temps que nous puissions compter et mesurer exactement : néanmoins nous pouvons les comparer entre elles, en évaluer la durée relative, et rappeler à chacune de ces périodes de durée d'autres monuments et d'autres faits qui nous indiqueront des dates contemporaines, et peut-être aussi quelques époques intermédiaires et subséquentes. .

Mais avant d'aller plus loin, hâtons-nous de prévenir une objection grave, qui pourroit même dégénérer en imputation. Gomment accordez-vous, dira-t-on, cette haute ancienneté que vous donnez à la matière avec les traditions sacrées , qui ne donnent au monde que six ou huit mille ans? Quelque fortes que soient vos preuves, quelque fondés que soient vos raisonnements, quelque évidents que soient vos faits, ceux qui sont rapportés dans le livre sacré ne sont-ils pas encore plus certains? Les contredire, n'est-ce pas manquer à Dieu , qui a eu la bonté de nous les révéler ?

Je suis afOigé toutes les fois qu'on abuse de ce grand, de ce saint nom de Dieu; je suis blessé toutes les fois que l'homme le profane , et qu'il prostitue l'idée du premier Être en le substituant à celle du fontômede ses opinions. Plus j'ai pénétré dans le sein de la naturé, plus j'ai admiré et profondément respecté son auteur : mais un respect aveugle seroit superstition; la vraie religion suppose au contraire un respect éclairé. Voyons donc, tâchons d'entendre sainement les premiers ftits

BUFFON. m. 23

M DES ÉPOQUES DE Lk tf ATDRB.

que llaterprète divin nous a transmis an sujet de la Gci^lion ; recueillons avec soin ces rayons échappés de la lomière céleste : loin d'offusquer la vérité , ils ne peuvent qfï'j a^oater un nouveau degré de splendeur.

C Au COMMENCEBIENT DiEU CRÉA LE CIEL ET UL TEERE. »

Gela ne veut pas dire qu'au commencement Dieu créa le ciel et la terre tels qu'ils sont, puisqu'il est dit, immédiatement après, que la terre étoit informe, et que le soleil, la lune et les étoiles, ne furent placés dans le ciel qu'au quatrième jour de la création. On rendroit donc le texte contradictoire ^ lui-même, si l'on vouloit soutenir qu'oa commencement Dieu créa le ciel et la terre tels qu'ils sont. Ce fut dans un temps subséquent qu'il les rendit en effet tels qu'ils sont, en donnant la forme à la matière, et en plaçant le uAëïj la lune et les étoiles dans le ciel. Ainsi, pour entendre sainement ces premières paroles , il faut nécessairement suppléer un mot qui concilie le tout, et lire : Ju commencement Dieu créa ix BiATiÈRE du ciel et de la terre.

Et ce commencement, ce premier t^ps , le plus ancien de tous, pendant lequel la matière du et de la terre exîstoit sans fbrme déterminée, paroU avoir eu une longue durée; car écoutons attentivement la parole de l'interprète divin :

« La terre étoit m forme ei toute nue , les ténèbres

COUVROIENT LA FACE DE L'ABIsIE, ET l'ESPRIT DE DUEU ÉTOFT PORTÉ SUR LES EAUX. »

La terre étoit, les ténèbres couvroient, l'esprit de Dieu était Ces expressions par l'imparfait du yerbe n'indiqnentelles pas que c'est pendant un long espace dè temps que la terre a été infarme et que les ténèbres ont couvert la faice de l'abtme? Si cet état informe, si cette face ténébreuse de l'abtme, n'eussent existé qu'un jour; si ce même état b'eût pas duré long-temps, l'écrivain sacré ou se seroit autrement exprimé, ou n'auroit fait aucune mention de ce moment des tteibres ; il eût passé de la création de la matière en général à

DES EPOQUES DE LA NATURE. 355 la production de ses formes pardcolières, et n*aaroit pas foit an repos appuyé, une pause marquée, entre le premier et le second instant des ouvrages de Dieu. Je vois donc clairement que non-seulement on peut, mais que même on doit, pour se conformer au sens du texte de TÉcriture sainte, regarder la création de la matière en général comme plus ancienne que les productions particulières et successives de ses différentes formes ; et cela se confirme encore par la transition suivante :

«Or, Dieu nrr: »

Ce mot or suppose des choses foites et des choses à faire; c'est le projet d'un nouveau dessein, c'est l'indication d'un décret pour changer l'état ancien ou actuel des choses en un nouvel état.

« Que la lumière soit faite, et la lumière fut faite. »

Voilà la première parole de Dieu; elle est si sublime et si prompte, qu'elle nous indique assez que la production de la lumière se fit en un instant : cependant la lumière ne parut pas d'abord ni tout à coup comme un éclair universel , elle demeura pendant du temps confondue avec les ténèbres, et Dieu prit lui-même du temps pour la considérer; car, est-il dit :

c Dieu vit que la lumière étoit borhe , et il sépara la

tUHIÈRE d'avec les TÉNÈBRES. !>

L'acte de la séparation de la lumière d'avec les ténèbres est donc évidemment distiujct et physiquement éloigné par un espace de temps de l'acte de sa production ; et ce temps, pen^ dant lequel il plut à Dieu de la considérer pour voir qu'eUé était bonne, c'est-à-dire utile à ses desseins; ce temps , dis-je^ appartient encore et doit s'^outer à celui du chaos qui ne commença à se débrouiller que quand la lumière fot séparée des ténèbres.

Voilà donc deux temps , voilà deux espaces de durée , que le texte sacré nous force à reconnottre : le premier, entre la créa-' tion de là matière en général et la production de la lumière ;

le second, entre cette production de la lumière et sa séparation d'avec les ténèbres. Ainsi , loin de manquer à Ûeu en donnant à la matière plus d'ancienneté qu'au monde (el qu'il est, c'est au contraire le respecter autant qu'il est en nous, en conformant notre intelligence à sa parole. En effet la lumière qui éclaire nos âmes ne vient-elle pas de Dieu? Les vérités qu'elle nous présente peuvent-elles être contradictoires avec celles qu'il nous a révélées? Il faut se souvenir que son inspiration divine a passé par les organes de l'homme; que sa parole nous a été transmise dans une langue pauvre, dénuée d'expressions précises pour les idées abstraites, en sorte que l'interprète de cette parole divine a été obligé d'employer souvent des mots dont les acceptions ne sont déterminées que par les circonstances : par exemple, le mot créer et le xmt former faire sont employés indistinctement pour signifier la même chose ou des choses semblables; tandis que dans nos langues ces deux mots ont chacun un sens très différent et très déterminé : créer est tirer une substance du néant ; former on feire, c'est la tirer de quelque* chose sous une forme nouvelle; et il parott que le mot créer^ appartient de préférence, et peut-être uniquement au premier verset de la Genèse, dont la traduction précise en notre langue doit être : Ju commencement Dieu tira du néant la matière du ciel et de la terre; et ce qui prouve que ce mot créer, ou tirer du néant» ne doit s'appliquer qu'à ces premières paroles, c'est que toute la matière du ciel et de la terre ayant été créée ou tirée du néant dès le commencement, il n'est plus possible et par conséquent plus permis de supposer de nouvelles créations de matière , puisque alors toute matière n'auroit pas été créée dès le commencement. Par conséquent l'ouvrage des six jours ne peut s'entendre que comme une formation, une production de formes tirées de la matière crééé précédemment, et non pas comme d'autres créations de matières nouvelles tirées immédiatement du néant ; et en effet , lorsqu'il est question de la lumière , qui

> \jt mot 3^ , hara, que Ton traduit id par créer, ne traduit dans tous les autres passages de TEcriture par former ou faire.

est la première de ces formations ou productions^ tirées du sein de la matière, il est dit seulement Que la lumière soit faite, €t non pas Que la lumière soit créée. Tout concourt donc à prouver que la matière ayant été créée in principio, ce ne fut que dans des temps subséquents qu'il plut au souverain Être de lui donner la forme , et qu'au lieu de tout créer et tout former dans le même instant, comme il Tauroit pu faire s'ilj eût voulu déployer toute l'étendue de sa toute-puissance, il n'a voulu au contraire qu'agir avec le temps, produire succès-) sivement , et mettre même des repos , des intervalles considérables, entre chacun de ses ouvrages. Que pouvons-nous en-! tendre par les six jours que l'écrivain sacré nous désigne si précisément en les comptant les uns après les autres, sinon dx espaces de temps , six intervalles de durée ? Et ces espaces de temps indiqués par le nom de jours, faute d'autres expressions , ne peuvent avoir aucun rapport avec nos jours actuels , puisqu'il s'est passé successivement trois de ces jours avant que le soleil ait été placé dans le cieL II n'est donc pas possible que ces jours fossent semblables aux nôtres; et l'inter|N^te de Dieu ^mble rindiquer assez en les comptant toujours du soir au matin, au lieu que les jours solaires doivent se compter du matin au soir. Ces six jours n'étoient donc pas des jours solaires semblables aux nôtres, ni même des jours de lumière, puisqu'ils commençoient par le soir et finissoient au matin : ces jours n'étoient pas même égaux , car ils n'auroient pas été porportionnés à l'ouvrage. Ce ne sont donc que six espaces de temps : l'historien sacré ne détermine pas la durée de chacun ; mais le sens de la narration semble la rendre assez longue pour que nous puissions Tétendre autant que l'exigeai -es vérités physiques que nous avons à démontnsr. Pourquoi dônc se récrier si fort sur cet emprunt du temps , que nous ne foisons qu'autant que nous y sommes forcés parla connoissance démonstrative des phénomènes de la nature? Pourquoi vouloir nous refuser ce temps, puisque Dieu nous le donne par sa propre parole, et qu'elle seroit contradictoire ou intelligible si nous n'admettions pas l'existence de ç(çs prç^

miers temps antérieurs à la formatioD du monde tel qu'il est?

A la bonne heure, que Ton dise, que Ton soutienne, même rigoureusement , que depuis le dernier terme , depuis la fin des ouvrages de Dieu , c'est-à-dire depuis la création de Tbomme, il ne s'est écoidé que six ou huit mille ans , parce qiw les différentes généalogies du g^u^e humain depuis Adam n'en indiquent pas davantage ; nous devons œtte ft» , celte marque de soumission et de respect, à laplus ancienne, à la plus sacrée de toutes les traditions; nous lui devmis même plus, c'est de ne jamais nous permettre de nous écarter de la lettre de cette sainte tradition que quand la lettre tue , c'est-à-dire quand elle parolt directement opposée à la saine raison et à la vérité des faits de la nature : car toute raison, toute vérité, venant lement de Dieu, il n'y a de différence entre les vérités qu'il nous a révélées et celles qu'il nous a permis de découvrir par nos observations et nos recherches; il n'y a , dis-je, d'autre différence que celle d'une première faveur faite gratuitement, à une seconde grâce qu'il a voulu différer et nous faire mériter par nos travaux; et c'est par cette raison que son interprète n'a parlé aux premiers hommes, encore très ignorants, que dans le sens vulgaire , et qu'il ne s'est pas élevé au-dessus de leurs connoissances , qui, bien loin d'atteindre au vrai système du monde, ne s'étendoient pas même au-delà «tes nations communes, fondées sur le simple rapport des sens; parce qu'en effet c'étoit au peuple qu'il fatlloit parler, etque la parole eût été vaine et inintelligible si elle eût été telle qu'on pourrdt la prononcer aujourd'hui, puisque, aujourd'hui mèmOi il n'y a qu'un petit nombre d'hommes auxquels les vérités astronomiques et physiques soient assez connues pour n'en poavoir douter, et qui puissent en entendre le langage.

Voyons donc ce qu'étoit la physique dans ces premiers âges du monde, et ce qu'elle seroit encore si l'homme n'eût jamais étudié la nature. On voit le ciel comme une voûte d'azur dans laquelle le soleil et la lune paraissent être les tstres les plus considérables , dont le premier produit toiyours la lumière du jour, et le siecond fait souvent celle de la nuit ;

on les voit pardtre oo se lever d'im c6té , et disparoltre oa se coucher de Tautre, après avoir fourni leur counse et donné leur lumière pendant un certain espace de temps. On voit que la mer est de b même conteur que la voûte azurée, et qu'elle parott toocber au ciel lorsqu'on la regarde an loin. Tontes les idées du peuple sur le système du monde ne portent que sur ces trois ou quatre notions; et quelque iàusses qu'elles soient, il iàlloit s'y conformer pour se foire entendre.

En conséquence de ce que la mer parott dans le lointain se réunir an del, il étoit naturel d'imaginer qu'il existe en effèt des eaux supérieures et des eaux inférieures, dont les unes remplissent le del et les autres la mer, et qne, pour soutenir, les eaux supérieures, il falloit un firmament, c'est-à-dire ua appui , une voûte solide et transparente, ai( travers de laquelle on aperçût l'azur des eaux supérieures; aussi est-il dit : Que le firmament s(dtfait au milieu des eaux , et qu'il sépare les eaux dCavec les eaux. Et Dieu fit le firmament^ et sépara les eaux qui étaient sous le firmament, de celles guiétoientau-dessus du firmament, et Dieu donna aufir»

marnent le nom de ciel et à toutes les eaux rassemblées

sous le firmament le nom de mer. C'est à ces mêmes idées que se rapportent les caractères du ciel, c^est-à-dire les portes ou les fenêtres de ce firmament solide qui s'ouvrirent lorsqu'il fiailint laisser tomber les eaux supérieures pour noyer la terre. CTest encore d'après ces mêmes idées qu'il est dit qne les pois* sons et les oiseaux ont eu une origine commune. Les poissons auront été produits par les eaux inférieures, et les oiseaux par les eaux supérieures , parce qu'ils s'approcheat par leur vol de la voûte azurée, qne le vulgaire n'imagine pas être beancoup plus élevée que les nuages. Dè même le peuple a toujours cru qne les étoiles sont attachées comme des clous à cette voûte solide , qu'elles sont plus petites que la lune , et infiniment plus petites que le soleil : il ne distingue pas même les planètes des étoiles fixes; et c'est par cette raison qu'il n'est fait aucune mention des planètes dans tout le récit de la création; c'est par la même raison que la lune j est regardée comme le second

astre, quoique ce ne soit en effet que le plus petit de tons le»

corps célestes, etc., etc., etc.

Tout, dans le récit de Moïse, est mis à la portée de rin-> telligence du peuple; toat y est représenté rdativement à lliomme vulgaire, anqud il ne s'agissoit pas de démontrer le vrai système du monde , mais quil sufBsoit dinstruire de ce qu'il devoit au Créateur, en lui montrant les effèts de sa toute-puissance comme autant de bienftdts : les vérités de la nature ne dévoient paraître qu'avec le temps, et le souverain Être se les réservoit comme le plus sûr moyen de rappeler lliomme i lui, lorsque sa foi, déclinant dans la suite des siècles, seroit devenue chancdante; lorsque âoigné de son origine, il pourroit roublier; lorsqu'enfin trop accoutumé au spectacle de la nature , il n'en seroit plus touché et viendrait à en méconnottre Fauteur, il étoit donc nécessaire de raffermir de temps en temps et même d'agrandir l'idée de Dieu dans l'esprit et dans le coeur de llionune. Or chaque découverte prodoit ce grand effèt ; chaque nouveau pas que nous faisons dans la nature nous rapiuroche du Créateur. Une vérité nouvelle est une espèce de miracle, l'effet en est le même, et elle nediffère du vrai miracle qu'en ce que celui-ci est un coup d'éclat que Dieu frappe inunédiatement et rarement, au lieu qu'il se sert de l'homme pour découvrir et manifester les mer* veilles dont il a rempli le sein de la nature; et que, comme ces merveilles s'opèrent à tout instant, qu'elles sont exposées de tout temps et pour tous les temps à sa omtemplation. Dieu le rappelle incessamment à lui non-seulement par le spectacle actuel , mais encora par le dévdoppement successif de ses œuvres.

Au reste , je ne me suis permis cette interprétation des premiers versets de la Genèse que dans la vue d'opérer un grand bien; ce serait de concilier à jamais la science de la nature avec celle de la théologie : elles ne peuvent, selon moi , être en contradiction qu'en apparence , et mon explication semble le démontrer. Mais, si cette explication, quoique simple et frès claire, parait insuffisante et même hors de prapos à quel-

ques esprits trop strictement attachés à la lettre , je les prie de me juger par rintention , et de considérer que mon système sur les époques de la nature étant purement hypothétique , il ne peut nuire aux vérités révélées , qui sont autant d'axiomes immuables, indépendants de toute hypothèse, et auxquels j'ai aonmis et je soumets mes pensées.

Lorsque la terre et les planètes ont pris leur forme.

Dans ce premier temps où la terre en fiision, tournant sur elle-même, a pris sa forme et s'est élevée sur Téquatear en s'abaissant sous les pôles , les autres planètes étoient dans le même état de liquéfaction, puisqu'en tournant sur elles- ^ mêmes elles ont pris , comme la terre , une forme renflée sor leur équateur et aplatie sous leurs pôles , et que ce renflement et cette dépression sont proportionnels à la yitesse de lenr rotation. Le globe de Jupiter nous en fournît la preuve : comme il tourne beaucoup plus vite que celui de la terre, il est en conséquence bien plus élevé sur son équateur, et plus abaissé sous ses pôles; car les observations nous démontrent que les deux diamètres de cette planète diffèrent de plus d'un treizième, tandis que ceux de la terre ne diffèrent que d'une deux cent treizième partie : elles nous montrent aussi que dans Mars, qui tourne près d'une fois moins vite que la terre, cette différence entre les deux diamètres n'est pas assez sensible pour être mesurée par les astronomes, et que dans la lune, dont le mouvement de rotation est encore bien plus lent, les deux diamètres paroissent égaux. La vitesse de la rotation des planètes est donc la seule cause de leur renflement sur Téqnateur ; et ce renflement, qui s'est fait en même temps que leur aplatissement sous les pôles , suppose une fluidité entière dans toute la masse de ces globes , c'est-à-dire un état de liquéfact tion causé par le fèu

D'ailleurs toutes les planètes circulant autour du soleil dans le même sens et presque dans le même plan, elles paroissent avoir été mises en mouvement par une impulsion commune «t dans un même temps; leur mouvement de circulation et leur mouvement de rotation sont contemporains, aussi bien que leur état de fosion ou de liquéfaction par le fèu, et ces

• Voyez la Théorie de la terre , article de la Formation des Planètes.

PREMIÈRE ÉPOQUE. 363 moaTemenU ont nécessairemôit été précédés par llmpalnon qui les a produits.

Dans celles des planètes dont la masse a été frappée le plus obliquement , le mouvement de rotation a été le plus rapide, et, par cette rapidité de rotation; les premiers effets delà force centrifuge ont excédé ceux de la pesanteur : en conséquence il s^est feit dans ces masses liquides une séparation et une projection de parties à leur équateur , où cette force centrifuge est la plus grande , lesquelles parties séparées et chassées par cette force ont formé des masses concomitantes, et ~ sont devenues des satellites qui ont dû circuler et qui circulent en effet tous dans le plan de Téquateur de la planète dont ils ont été séparés par cette cause. Les satellites des planètes se sont donc formés aux dépens de la matière de leur planète principale, comme les planètes elles-mêmes paroissent s'être formées aux dépens de la masse du soleil. Ainsi le temps de la formation des satellites est le même que celui du commencement de la rotation des planètes : c'est le moment où la matière qui les compose yenoit de se rassembler , et ne formoit encore que des globes liquides, état dans lequel cette matière . en liquéfaction pouvoit en être séparée et projetée fort aisé- * ment; car, dès que la surface de ces globes eut commencé à prendre un peu de consistance et de rigidité par le refroidissement, la matière, quoiqu'animée de la même force centrifoge, étant retenue par celle de la cohésion, ne pouvoit plus être séparée ni projetée hors de la planète par ce même mou-» vement de rotation.

Gomme nous ne connoissons dans la nature aucune cause de chaleur, aucun feu que celui du soleil , qui ait pu fondre on tenir en liquéfaction la matière de la terre et des planètes, il me parolt qu'en se refusant à croire que les planètes sont issues et sorties du soleil on seroit au moins forcé de supposer qu'elles ont été exposées de très près aux ardeurs de cet astre de feu pour pouvoir être liquéfiées. Mais cette supposition ne seroit pas encore suffisante pour expliquer l'effet, et tomberoit d'elle-même par une circonstance nécessaire, c'est qu'il

Hut da temps pour que le fèu, quelque violent qu^il «rit, pénètre les matières solides qui lui sont exposées, et un très long temps pour les liquéfier. On a vu, par les expériences qui précèdent, que pour échauffer un corps jusqu^au degré de fusion il faut au moins la quinzième partie du temps qu'il fout pour le refiroidir , et qu'attendu les grands volumes de la tarre et des autres planètes , il seroit de toute nécessité qu'elles eussent été pendant plusieurs milliers d'années stationnaires auprès du soleil pour recevoir le degré de chaleur nécessafa« à leur liquéfiiction : or il est sans exemple dans l'univers qu'aucun corps , aucune planète, aucune comète, demeure stationnaire auprès du Weil, même pour un instant; an contraire, plus les comètes en approchent , et plus leur mouvement est rapide: le temps de leur périhélie est extrêmement court, et le feu de cet astre , en brûlant la surface , n'a pas le temps de pénétrer la masse des comètes qui s'en approchent le plus.

Ainsi tout concourt à prouver qu'il n'a pas suffi que la terre et les planètes aient passé, comme certaines comètes, dans le voisinage du soleil , pour que leur liquéfaction ait pu s'y opérer ; nous devons donc présumer que cette matière des planètes a autrefois appartenu au corps même du soleil , et en a été sé- ' parée , comme nous l'avons dit , par une seule et même impulsion : car les comètes qui approchent le plus du soleil ne nous présentent que le premier degré des grands effets de la chaleur; elles paroissent précédées d'une vapeur enflammée lorsqu'elles s'approchent, et suivie d'une semblable vapeur lors- ^ qu'elles s'éloignent de cet astre. Ainsi une partie de la matière superficielle de la comète s'étend autour d'elle , et se présente à nos yeux en forme de vapeurs lumineuses qui se trouvent dans un état d'expansion et de volatilité causé par fe feu du soleil :inaisle noyau , c'est-à-dire le corps même de la comète, ne parott pas être profondément pénétré par le fou , puisqu'il n'est pas lumineux par lui-même , comme le seroit néanmoins toute masse de fer , de verre ou d'autre matière solide intimement pénétrée par cet élément ; par conséquent il parott nécessaire que la matière de la terre et des planètes, qui a été

PAEMIÈRE ÉPOQUE. M dans Dû état de liqaé£ictkm,4i>pardeiiiieaa corps même du soleil , et qu'elle fosse partie des matières en fîision qui constituent la masse de cet astre de feu.

Les planètes ont reçu leur mouYement par une seule et même impulsion, puisqu'elles circulent toutes dans le même sens et presque dans le même plan; les comètes, au contraire, qiH circulent comme les comètes autour du soleil, mais dans des sens et des plans différents , paroissent avoir été mises en mouvement par des impulsions différentes. On doit donc rapporter à une seule époque le mouvement des planètes, au lieu que celui des planètes pourroit avoir été donné en différents temps. Ainsi rien ne peut nous éclairer sur l'origine du mouvement des comètes; mais nous pouvons raisonner sur celui des planètes, parce qu'elles ont entre elles des rapports communs qui indiquent assez clairement qu'elles ont été mises en mouvement par une seule et même impulsion. Il est donc permis de cherdier dans la nature la cause qui a pu produire celte grande impulsion, an lieu que nous ne pouvons guère former de raisonnement ni même faire des recherches sur les causes du mouvement d'impulsion des comètes.

Rassemblant seulement les rapports fiigitift et les légers indices qui peuvent fournir quelques coiyectures, on pourroit imaginer, pour satisfaire, quoique très imparfaitement, à la curiosité de l'esprit, que les comètes de notre système solaire ont été formées par l'explosion d'une étoile fixe on d'un soleil voisin du nôtre, dont toutes les parties dispersées, n'ayant plus de centre ou de foyer commnn , auront été forcées d'obéir à la force attractive de notre soleil , qui dès-lors sera devenu le pivot et le foyer de toutes nos comètes. Nous et nos neveux n'en dirons pas davantage jusqu'à ce que, par des observations ultérieures, on parvienne à reconnottre quelque rappoft commun dans le mouvement d'impulsion des comètes; car, comme nous ne connoissons rien que par comparaison, dès que tout rapport nous manque, et qu'aucune analogie ne se présente, toute lumière fuit, et non -seulement notre raison, mais même notre imagination se trouvent en défaut. Aussi, m'étant

366 DES ÉPOQbES DE LA NATURE,

abstenu ci-devant de former des conjectares sur la cause du mouvement dimpulsion des comètes , j'ai cm devoir raisonner sur celle de l'impulsion des planètes; et j'ai mis en avant, non pas comme un foit réel et certain, mais seulement comme une chose possible , que la matière des planètes a été projetée hors du soleil par le choc d'une comète. Cette hypothèse est fondée sur ce qu'il n'y a dans la nature aucun corps en mouvement, sinon les comètes, qui puisse ou ait pu communiquer un aussi grand mouvement à d'aussi grandes masses, et en même temps sur ce que les comètes approchent quelquefois de si près du soleil , quil est pour ainsi dire nécessaire que quelques-unes y tombent obliquement et en sillonnent la surface, en chassant devant elles les matières mises en mouvement par leur choc.

Il en est de même de la cause qui a pu produire la chaleur du soleil : il m'a paru qu'on peut la déduire des effets naturels , c'est-à-dire la trouver dans la constitution du système du monde; car le soleil ayant à supporter tout le poids, toute l'action de la force pénétrante des vastes corps qui circulent autour de lui, et ayant à souffrir en même temps l'action rapide de cette espèce de frottement intérieur dans toutes les parties de sa masse, la matière qui le compose doit être dans l'état de la plus grande division; elle a dû devenir et demeurer fluide, lumineuse et brûlante, en raison de cette pression et de ce frottement intérieur toujours également subsistant Les mouvements irréguliers des taches du soleil, aussi bien que leur apparition spontanée et leur disparition, démontrent assez que cet astre est liquide , et qu'il s'élève de temps en temps à sa surfiice des espèces de scories ou d'écumes, dont les unes nagent irrégulièrement sur cette matière en fosion, et dont quelques autres sont fixes pour un temps, et disparoissent, commf les premières, lorsque l'action du fou les a de nouveau divisées. On sait que c'est par le moyen de quelques-unes de ces taches fixes qu'on a déterminé la durée de la rotation du soleil en vingt-cinq jours et demi.

Or chaque comète et chaque planète forment une roue , dont les raies wnt les rayons de la fèrce attractive; le soleil est Te»-

riea ou le pivot commun de toates ces différentes roues; la comète ou la planète en est la jante mobile, et chacune contribue de tout son poids et de toute sa vitesse à Tembrasement de ce foyer général, dont le feu durera par conséquent aussi long-temps que le mouvement et la pression des vastes corps qui le produisent.

De là ne doit-on pas présumer que si Ton ne voit pas des planètes autour des étoiles fixes, ce n'est qu'à cause de leur immense éloignementP Notre vue est trop bornée, nos instruments trop peu puissants, pour apercevoir ces astres obscurs , puisque ceui même qui sont lumineux échappent à nos yeux , et que , dans le nombre infini de ces étoiles, nous ne connottrons jamais que celles dont nos instruments de longue vue ' pourront nous rapprocher : mais Panalogie nous indique qu'étant fixes et lumineuses comme le soleil, les étoiles ont dû s'échauffer, se liquéfier et brûler par la mèmecause, c'est-à-dire par la pression active des corps opaques, solides et obscurs, qui circulent autour d'elles. Gela seul peut expliquer pourquoi il n'y a que les astres fixes qui soient lumineux, et pourquoi dans l'univers solaire tous les astres errants sont obscurs.

Et la chaleur produite par cette cause devant être en raison du nombre, de la vitesse et de la toasse dés corps qui circulent autour du foyer, le feu du soleil doit être d'une ardeur ou plutôt d'une violence extrême, non-seulement parce que les corps qui circulent autour de lui sont tous vastes, solides et mus rapidement , mais encore parce qu'ils sont en grand nombre; car, indépendamment des six planètes, de leurs dix satellites et de l'anneau de Saturne, qui tous pèsent sur le soleil et forment un volume de matière deux mille fois plus grand que celui de la terre , le nombre des comètes est plus considérable qu'on ne le croit vulgairement; elles seules ont pu suffire pour allumer le feu du soleil avant la projection des planètes, et suffiroient encore pour l'entretenir aujourd'hui, liliomme ne parviendra peut-être jamais à reeonnottre les planètes qui circulent autour des étoiles fixes; mais, avec le ten^s, il pourra savoir au juste quel est le nombre des co-

mètes dans le système solaire. Je regurde cette grande connoissance comme réservée à la postérité. En attendant , voici une espèce d'évaloation qui , quoique bien éloignée d'être précise, ne laissera pas de fixer les idées sur le nombre de ces corps circulant autour du soleil.

En consultant les recueils d'observations , on voit que depuis Tan 1101 jusqu'en 1766, c'est-à-dire en six cent soixantecinq années, il y a eu deux cent vingt-huit apparitions de comètes. Mais le nombre de ces astres errants qui ont été re- ;narqués n'est pas ausn grand que celui des apparitions , puisque la plupart, pour ne pas Âre tous, font leur révolution en moins de six cent soixante^inq ans. Prenons donc les deux comètes desquelles seules les révolutions nous sont parfaitement connues; savoir, la comètede 1680, dont la période ert d'environ dnq cent soixante-quinze ans, et celle de 17fi9 , dont la période est de soixante-seize ans. On peut croire , en attendant mieux , qu'en prenant le terme moyen, trois cent vingt-six ans, entre ces deux périodes de révolution, il y a autant de comètes dont la période excède trois cent vingtsix ans, qu'il y enadont la période est moindre. Ainsi, en les réduisant toutes à trois cent vingt-six ans, chaque comète auroit paru deux fois en six cent cinquante-deux ans , et Ton auroit par conséquent i peu près cent quinze comètes pour deux cent vingt-huit apparitions en six cent soixante-cinq ans.

Maintenant, si l'on considère que vraisemblablement il y a plus de comètes hors de la portée de notre vue, ou échappées i l'ceil des observateurs, qu'il n'y en a eu de remarquées , ce nombre croîtra peut-être de plus du triple; en sorte qu'on peut raisonnablement penser qu'il existe dans le système solaire quatre ou cinq cents comètes. Et s'il en est des comètes comme des planètes, si les plus grosses sont les plus éloignées da soleil, si les plus petites sont les seules qui en approchent d'assez près pour que nous puissions les apercevoir, quel volume immense de matière! quelle chai^ énorme sur le corps de cet astre! quelle pression, c'est-à-dire quel frottement intérieur dans toutes les parties de sa masse, et par

PREMIÈRE ÉPOOUE. 360

cMséqaent quelle chaleur et quel fèu produit par ce fbottefnenll Car, dans notre hypothèse , le, soleil étoit une masse de matière en fusion ^mème avant la projectioB des planètes ; par conséquent ce fèu n'^voit alors pour cau^ que la pression de ce grand nombre de comètès qui drculoient précédemment et circulent encore anjour/lliui autour de ce foyer commtun. Si la masse ancienne du ^leil a été diminuée d'un six cent cin* quantième par la projection de la matière des plantes lors de leur formation , la quantité totale de la causé de son feu ^ c^estè-dire de la pression totalf , a été augmentée dans la proportion de la pression entière des»planètes, réunie à la premtè»e pression de toutes les comètes, à Texception* de celle qur a produit l'effet de la projeelidii, et dont la. matière s'est mêlée à celle des planètes pour sortir dti soleil, lequel par conséquent , après^cette perte , enlise devenu que plus brillant ^ plus actif, et plus propre à éclairer, échauffer, et féconder son univers. . ^ ' '

En poussant ^ inductiegs encore plus loin , on se perswadera aisément que les satellites qui circulent aqtôor de leur planète principale , et qoi<pèsent sur elle comme les planètes pèsent sur le soleil ; que oes satellites , dis- je , d^ivjent communi-^ quer un certatm degré dç chaleur à la planète autour de laquelle il& circulent : la pression et le mouvement dela^ltme doivent donner à la lerf e iin degré de chaleur qui seroit plua grand si la vitesse du mouvement de circulation de la lune étoit plus grande; Jupiter, qui a quatre satellites, et Saturne^ qui en a cinq , avec un grand anneau , doivent, par cette seule raison, être animés d'un certain degré de chaleur. Si ce3 planètes très éloi^ées du soleil n'étoient pas douées comibe la terre dîme chaleur intérieure , elles seroient plus que gelées , et la firtt4 extrême que Jupiter et Saturne auroient à supporter, à cause* de leur éloignement du soleil , ne ponrfbit être tempéiré que par Faction de leurs sateAites. Plus les. corps circulants seront nombreux, grands et raplides, plus le corps qui )eur $ert d'esnen ou de pivojt s'échauffera par \e frottement intime quHs ferdnt subir à toutes les parties^de sa masse.

BOrPON. UT. , 21

m DES ÉPOQUES DE LA NATURE.

Ces idfci se lient parfokeiiiait avec celles qui servent de fondement ^ mon hypothèse sur la formation des planètes; elles en sont des*€onséquence6 simples et naturelles; mais f ai k preuve que peu de gens ont saisi les rapporta et Teosemble de ce grand sjrsl^e. Néanmoins y a-t-îl un sujet flm élesé, plus digne d'exercer la force du génie? On m'a critiqué sana in'enteodre; que puis-je répondre? sinon que tout parle à des yeux atlçntift , tout est indice pour ctn qoi savent voir ; mais que rien n*est sensible, ri^ n'est dair^pour le vulgaire, et mèpie pour ce vulgaire savant qu'aveugle le pr^gé. Tâchons j|éanmoins de rendre la vérit4 plul palpable; augmentons le noipbre des probabilités; rendons la vraisemblance pkw grande; ajoutons lumièfes sur lumières, en réunissant les faits, «en accumulaift le» preuves, et laissons-nous juger ensuite sans inquiétude et s^u appel : car jVi^tOHjours pensé qu'un homme qui écrit doit s'occuper uni4uement de son sujet, et nullement de soi; qu'il est contre la bienséance de vouloir en occuper les autres, e^que par cqj^séquent les critiques pcrsonpelles^doivent demeurer sai» répoQse. • Je conviens que les idées de ce systî^me peuvent parottre ' hypothétiques ,«étranges, et oAéme chimériques^ à tous ceux *qu^, ne jugeant Tes choses que par le rapport de leurs sens, n'ont jamais cop^ comuient on sait que la terre n'est qu'nde petite planète, renflée sur ré<}utteur et abaissée sous les pMfs; iLceux*qui ignorent comiment on s'est assuré que tous ^ corps cél^tes pèsent, agissait et réagissent les uns sur les autres; comment on a pu mesurer lepr grandéur, leur distance, leurs mouvements^ leur pesanteur, etc. : mais je suis persuadé qœ .'.ces;. mêmes ^idéés {>arottront simples^ naMirelles» et ; |^n4es,,du petit npipbre de ceux qui, ^r àès obseuvauons . .0t des réflexions suivies, sont parveillis à connottre les lois de . l'uifivers, et qui, jugaant des choses piaf leurs prppres lumifres, ks voient sans préjugé*, telles qu'eÎM sont, ou telles qu'elles pourroient être ; car ^ deux poiirtsrde v^eaqpt à peu près.les mêmes; et celui qui i^egardant une horloge.pour la première fois diroit quelç prii^ipê de tous f^s inouvements est un reé-

^BEMIÈRE ÉPOQUE. 871

MNt, qooi^ ce fVtt an poids, ne se tromperait que pour le YBtgftke, et aaroH , am yeui du philosophe , eipliqué la maehlne.

Ce n'est donc pas que t j'aie affirmé ni même posithfetbent )Mr<tenda que notre terre et les planètes ainit été formées nécessairement et réellement par le choc d'une comète qui a projeté hors do sbleH la six cent cinquanlième^partie' de sa nasse : mais ce que j'ai vouln faire entendre, et ce que' je maintiens encore comme hypothèse très probable ,,c'est qu'une comète qui, dans son périhélie, jpprocheroit assez prè^'(}a soleil- pour en effleurer ët sillonner la surface pôui1t)tt ^produire de pareils effets, et qu'il n'est pas iifposâilile qâ'i'l se' forme quelque jour, de Cette même manKre, des pfinèèes nouvelles, qui toutes drculeroient ensemble comme les planètes actuelles, dans le même sens et presque dans un mime 'plan autout'du soleil ; des planètes qui tourneroient aussi elles-méme^ , et dont la matière /tant, au sortir du soleil, dans {tat de liqaéAction obéiroit à la force centrifuge, et s^élèvereit i réqwteur en s^abais^nt spus les p61eaV<)és plslnètes qui pour* roient ^ même avoir des satellites en plus on moins ^nd Bômbré, circulant autour d'elteé dans* le pl^n de leurs éiqda^ teurs ,^ dont les mouvements seroienl semblisibles à oeutidés aatellttes de nos ptanètes : en soitë que fous les phénomSneS de ces planètes possibles et idéales seroienf , je né dis pas )es mèm^,'mats dans le même ordre et dans des rapports semblabtes à ceux des phénomènes des planètes réelles. Et ,.potir .limi ve , je denu^||e seulement que l'on considère si le motivêment de toutes les planète, dans le inême sens et presqiie dam 1^ même plan , ne supposé pas une impnf^oir commune : » je demande iTil y a dans Funivers qiie1<]^eè corps, ektet)té4es comètes, qui aiënt pu cdmmiiniquèr ce mouvement d'iropui* sion; je demande s'il h'êst pas probable 'qu'il tombe de ten^jts t antre deê comèles daq^^e soleil ,'pttisqiie celle de 16iEtO en a penr ainrf dire rasé la surftce , et si par conséquent une telle comète, eq* sillonnant cette ifirface do Wleil , ne communiqwfoit pas son mouvement d'impoMAi i une certaine quan-^

tité de matière qu'elle sépareroit du cerp» du aoleU , eo la pr^ jelunt au-debprs; Je demande si, dans ce torrent de matière projetée, il ne se formeroit pas de globes par TattraetioB mutuelle des parties , et si ces globes ne se trouveroient pas à des^flistances difFérantes, suivant la différente densité des ^natières, et si les -plus légères ne seroîent pas poussées plus loifi que lesplitt denses par la mèmeirapubion; je demande si la situation de tous ces globes presque dans le même plan n^ndique pas assez que le torrent projeté n'étoit pas d'one largetr considérable, et qvCi^ n'avoit pour cause qu'une aetile impulsion, puisqoetout^ tes parties de la matière dont il étoit

>iompdbé ne>e sopt éloignées que très peu de la direction commuoe; je demande commeat et où la matière de la terre et des pl^ètes auroit^pu se liquéfier, si elle n'eût pas résidé dans le cètps même* du soleil; et si Ton peuC trouver une caose de cette chaleur et de ce^ eàibrasement du soleil , antre que celle dé sà charge et du frottement btérieur produit par Faction de tobs^ces vastes corps qt»' circulent autour de lui; enfin je

^ demande qu'ôif examine tous les rapports, que roBsuife toutes les vues , que l'on compare'toùtes les analogies sur lesq^llesj'aifbndé mea raisonnements, et qu'on se eentente de

* oopphire avec moi que , si Dieu l'eût permis, il se ponA^it, par kl seules lois de la nature , que la terre* et les planètes eussent $é formées -de cette même manière.

Siiivon^donc nofre objet, et , de ce temps qui a préc^ les temps et s^est soustrait à notre vue, passons au premier -Age de notre univers , où la. terre et Jes planètfl^yant reçu lew. Forme , ont pris de la consistance, et^e litiuides ^nt devenues

' sôlijies.'Ce changement d'état s'est fait naturellement et par le seul effet de la diminution de la chaleurt la matière qui compose le globe terrestre et lés autres globes planétaires étoit en fusion lorsqu'ils ont commenîcé à tourner sur euinnèmes; iia ont dodc obéi , comme toute 'autre matière fluide, aq^ lois de la force céntrifu(|p: les parties vpisiqes de Téquateur ,.qnisnbissent le plus grand mouvement dans la rotation^ se sont le plus élevfts ; celles qui font voisines des pâles, où ce movie-

PREMIÈRE ÉPOQUE. d;3

ment est moindre ou nul , se sont abaissées dans la jiro)^rlion juste et précise qu^exigent les lois de^la pesanteur «^combinées avec celles de ta force centrifuge ' , et cette forme data tçrre * et des planètes s'est conservée jusqu'à cejour y et se conservera perpétuellement, quand même Ton voudroit suppeaer que \e mouvement de rota&)n vienAroit & s'accélérer, prce que , la matière ayant passé de Tétai fluide A celui de solidité , la cohésion des parties suffit seule pour maintenir la ^rme primordiale, et quH fiiudroit pour le changer que le mouvement de rotation prit une rapidité presque infinie, c'est-à-dire as^ grande pour que TefFet de la force centrifuge devint plu^granj que celui de la force de la cohérence. *

Or le refroidissement de l» terre et des planÇift^, Comme celui de tous les corps chauds, a commencé par 1^ surface : les matières en fusion s'y sont consolidées dans un temps assez court Dès que le grand fou dont eHes étoient pénétréeis a>est échappé , les parties de la matière ,*qu1l teiv>it divisées, se sont rapprochées et réunies de plus près par leur attrapd.on mutuelle : celles qui avoiént«ssezde fi&ité pour soutenir la violence, du feu ont formé des masses. solides, mais* celles qui, comme l'air jet l'eau y le paré^eo^ ou se volatilisent par le fou

,* J'ai s^posé dans mon Traité dé la formation d^s planètes ^ fol. f, qiie la fifférenœ dps diamètres é% la teiie dans le ra^xnt de 174 à 175, d'après la dAmainatibn ^te'fiar nos matbémAjdeAs envoyés ^n ^ponlM au Pénm; ouiis, comme Hfteat WPO*é une cc^rbei^lière à la terre^J'al arerti que cette supp64|ion étoit by|k)thétique y* et par oenséquent je ne me suif point arrêté à cette dérermination. Je pense ^onc ^u'on doit préférer te /^>port de 229 â 230, tel qu^il a élé déterminé pu* NeV^ton, d'af^rès salhéorie et lit expériences do pendule , qui me pOiYMSsent 4tre liiôi plus^'i^^ mesures. C'est par^ cette ralsoa que , da» les mémoires d^ la partie Ij ifiMbélique, j'ai toujours spppo^ qiieiei^pport des deux diamètres du sphéroïde kjctestre étoit deW ft â30. M, le doeteur Inring , qui a aocoàipafpié M. iUippt daùs son Toya^e au nord eik i773 ^ 4 ^it des expériences très exactes sur l'accélération du i^endule au 70® degré 50 minutes, el U a trouvé, que cette aooâération étoit de 72 à 73^ secondes en 24 heiires , d'où il conclut que le diamètre à l'éqnateur est à l'axe de la terre comme 212r à 211. Ge savant voyageur ajoute , avQB/aison , que son résultat approche de oSlui de Newton beaucoup plus que celui de JM. de Maupertuis , qui donne le rapport de 178 à' 179 , et plus aussi 'que eelui de M. Bradley, qui, <!|^près les observations de M. Clampbell, doniy le* rapport de 200'àt0l pour Ja différence dà deux diamètres de la terre. {Jdd Buff.)

Goo

ne poavoîent feire eor^^ avec les autres; elles eo ont ^té séparées dans h$ pr^mier% temps du refroidissement. Tous les éléments pouvant se transmuer et se convertir, finstaut de la consolidation <lestttaliëresfixes fut aussi celui de la plus grande coitversiop des éléments et de la production des matières volatiles : elles étoicnt réduites en vapeurs et dispersées au loin, formant autour des planètes une espèce d'atmosphère semblable à' celle du soleil ; car on sait que le corps de cet astre feu est environné d'une sphère de vapeurs qui s'étend à des distances immenses, et peut-être jusqu'à Torbe de la terre, (^'elîslence .lréelle de cette atmosphère solaire est démontrée ^r un phénomène qui accompa^e les éclipses totales du soleil^ Ità luge en couvre alors à nos yeux le disque tout entier; ctnéamûoins Ton vçfit encore un Hmbe ou grand cercle de i^peurs, doht la lumière est assez vive pour nous éclairer à pei^ près autant que celle dp la lune : sans cela , le globe «terres6*e serait plongé dans Tobscurilé la plus profonde pendantla dùrée de T^lipse totale. On a obsmé que cette atmosphère solaire est plus d^se dans ses pitiés voisines du soleil, et qu'elle devient d'autant plus ^are et plus transparente qu'elle s'étend et s^loigne davantage, du corps de cet astre de feu : Ton ne peiit,dbi\c pas douter que le soleil ne soit environné ^'une sphère de matièr^ aqueuses , aédènnes et volatues , que s% vioiente.çbareur. tiçnt suspendues 'e( reléguéès ^ des distances imménses , tt ([Ut , dans l$r raoïtnnft ^ la projectiob des poètes, -le torrent de^ matières fi^es sprues ta corps du soleil niait, en trjaversant son atmosphère, entraîné une grandes quantit^^e ces* matières volatiles dont elle est composée; et ce 9ont ces mêmes matières vfilatiles, aqueuse et pennes, qui onrtnsuiAe fol*mé -Içs atmosphères des pkinètes, .lesquelfcs étoient semblaUes^â l'atmosphère dû soleil , taqt que les planètes oift été; comme lui , dans un éiatAe fusioft oir de grande incandescence.* • . "

toutes les planètes n'étoienl donc alorst|ue'des masses âi verre liquide , envîrQ|^né^ d'une sphërç de vapeurs. Tant qu^. 4ufé cet état de Fusion, et mérôè loog-télnpa apr^t '^.t^'^"

PREMIÈaB ÉPOQUI. tîS '

nètei étoieot hnAteeuses par eII«Hn«iiiè« , comme le sont ton» les corps en incandescence; mais, à mesure que leé planêtetf prenoient de la consistance, elles perdoien^ de leur lumière : elles ne devinrent tout-à-feit obscnres qu'après $*ètre oonso-lidées jttsqu'aa centre, et long-tem^s ^rès ia consolidation de leur surhce>, comme Ton voit dans nne masse de mAai iondu la lumière et là rougeur subsister très long- temps aprèa la consolidation de sa surfoce. Et dans ce premier temps où les planètes briiloient de leurs propres feux , elles dévoient lancer dés. rayons, jeter des étincelles, finre des explosions ^eC en^ suite souffrir, en se réfiroidissant, difKrentê& ébulli^ons, à mesure que Teau, Tair et les autres matières<iui nf penvait supporter le feu, retomboient à^enr surfooe : la production des éléments, et ensuite leur combat, n'ont pu mam^er de produire des inégalités , des aspérités , des profondeurs , des hauteurs , des cavernes à la surface et dan^ 1^ premières con- ^ ches de Tiotérieur de ces grandes masses f et c'est à cette épo^ que que Ton doit rapporter la formation des plus Itant^ mon-^ tagnes delà terre, de celles de la lune, et de. toutes les aspérités' «M inégalités qu-on aperçoit sur les planètesf . ; '

Représentons-nous Tétat et Taspect de notre univers*dansr son premier âge : toutes les planètes nouveliement consoliiclées , à la snriace* étoient encore liquides à Tintérieur, et lançoient au-'dehors une himière très vive; c'étoient autant de petitis 9^ leils détachés du grand, qui ne lui cédoient que parle volume ,' et dont ta hhnière et la chaleur se répandoieot de même. Ge* ifxofs d'incandescence a diiré tant que la plapète n'a pas été' ^ consolidée jusqu'au centre , c'cst-à-^!re environ' 2936 aqis pour b terre, 644 ans poi^r la lune, 2127 aris pour Mercure, 1130 • ans pour Mars , 3596 ans pour Vénus , 5140 ans pouf Saturne, et 9433 ans pour Jupiter.

Les satellites de ces deux grosses planètes, aussi bien que l'anneâa qui environne Saturne , lesquels sont tods dans le plan de l'équateur de leur planète principal^, avoient été projetés, dam le tempii de la4iqiiébcûoia, jpar 1* forée centrifuge, de ces grosses plantes, qui tournent imr dles-mèmes a^ une*

376 DES fiPOQUES DE LA NATURE.

prMf^eme rapidité : la terre, doot la vitewe de rotatioa est d'eaviroif 9000 lieues pour vingt-quatre hearea, c'est-à-dire de six lieues un gnart par minute, a, dans ce même tempe , projeté hors d'elle les parties les mrâis denses de son équateur, lesquelles se'sont rassemblées par leur attraction mutuelle à $6ii00 liam de distance, où dies ont formé le glo^ Se n'ayanœ rien idqinne soit confirmé par le fait, lorsque je dis que ce sont les parties les moins denses qui ont été pror jet^ I et qu^elles Vont été de la région de Téquateur ; car Ton sait qU| I9 densité de la lune est à celle de la terre comme 703 sonf i lOOQ, <fest-i-dire de plus d'un tiers moindre; et Ton sait au^skque la lune circule autour <te la terre dans un plan qpi n'est éloqfné que de 33 dfgrés de notre équateur, et que aa diatuice moyenne est d'environ 86000 lieues. < Danft Jupiter, qui tourne sur lui-même en dix-heures, et dont la drqobCérence est onze fois plus grande que celle de la ter^ , et la vitesse rotation de 165 Ueues par minute , cette énorme ^roe cenfrifuge a projeté un grand torrent de matière de différents degrés de densité, dans lequel se sont for^ més les quatre satellites de celte grosse planète, dont fnn, auw petit que la lune , n'est qu'à 89600 lieues de distai^ , c'est-à-dire presque aussi voisin de Jupiter que la lune Test de la terré; le 'second , dont la matière éloit un peu moins dense qpe celle du premier , et qui est environ gros comme Mercure, a'est iontié à 141300 lieues ; le troisième, composé de parties encore tnoins denses, et qui est à peu près grand comme Mars, a'est formé à 226800 lieues; et enfio le quatrième, dont la matière étpit la plus légère de toutes, a été projeté çncorc .plus loin, et np s'est rasseifiblé qu'à 397877 lîéues; et toua les quatre se trouvent , à très peu près, dans le plan de l'équateur de leur ptanèté principale , et circulent dans le même sens autour d'die ^. Aû Teste ^ la matière qui compose le globe de Ju •

< M. BaUIy a noontré, par des raisons très plausibles, tirées du momreiiiept des SÈfËudê des satellites de Jupiter , que le premier de satellites circule dant le plan même de l'^uatevi' de plamte, et que les trois autres ne s*» ébartent pas d'an dsgré. ( Mûnoiw de^VACadémU des Scuncts, année 1766.)

pitar est elle-inème beaucoup moins dense que celle de la terre. Les planètes Toisines du soleil sont les pins denses; celtes qui en sont les plus éloignées sont en même temps les plus légères : la densité de la terre est à celle de Jupiter comme lOOD sont à 292; et il est à présumer que la matière qui compose ses satellites est encore moins dense que celle dont il est luimême composé ^

Saturne, qui probablement tourne sur lui-même encore plus vite que Jupiter, a non-seulement produit dnq satellites, maïs encore un anneau qui, d'après mon h3^thèse, doit être parallèle è son équateur, et qui Fenvironne comme, un pont suspendu et continu à 64000 lieues de distance : cet anneau , beaucoup plus large qu'épais, est composé d'une matière solide, opaque et semblable à celle des satellites; il s'est tronré dans le même état de fusion, et ensuite d'incandescence. Chacun de ces vastes corps a conservé cette chaleur primitive, en raison composée de leur épaisseur et de leur densité; en sorte que l'anneau de Saturne , qui parott être le moins épais de tous les corps célestes, est celui qui auroit perdu le premier sa chaleur propre , s'il n'eût pas tiré de très grands suppléments de ebaleur'de Saturne même, dont il est Fort voisin; ensuite la lune et le^ premiers satellites de Saturne et de Jupiter, qui sont les plus petits des globes planétaires, auroient perdu leiir chaleur propre , (fans des temps toujours prôportioonels ii leur diamètre \ après quoi les plus gros satellites auroient ie même perdu leur chaleur, el toùs seroient aujourd'hui pluâ refroidis que le globe de la terre ^ si plusieurs d'entre eux n'avoient pas reçu cfe leur planète principale une chaleur immense dans les commencements : enfin les deux ^ grosses planSles, Çaturneet Jupiter, conservent^encore actuellement une très grande chaleur en comparaison de celle de leurs satellites, et même de celle du globe de la terre.

Mars, dont la durée de rotation est de vingt-quatre heures

^ J'ai, par analogie, âomé aux aalelliteide Jupiter et de Saturne la ibéme

daVsité refative qui %e trouve entre la terre' et la Ipne, c'est-à-dire de lOCp 1 702. ( Voyez le premier mémcîre sur la température des planâtes. )

Digifîzed by

m DES ÉPOQUES DE LA NATURE.

quarante minâtes , et dont la drcooKreiioe n'est q«e de Ireiie vingt-cioquîèines de celle de la terre , tourne une toiê plos lentement que le globe terrestre , sa vitesse de rotation n'étant, guère que de trais lieues par minute; par copséquent sa force centrifuge a toiyours été moindre de plus de moitié que celle du gloi)e terrestre : c'est par cette raison que Mars, quoique moins dense que la terre dans le rapport de 730 à 1000, n'a point de satellite.

Mercure , dont la densité est à celle de la terre comme 2040 sont à 10(k), n'auroit pu produire un satellite que par une force centrifuge plus que double de celle du globe de la terre; mais, quoique la diirée de sa rotation n'ait pu être observée par les astronomes, il est plus que probable qu'au lieu d'être double de celle de la terre, elle est, au contraire, beaucoup moindre. A'msi l'on peut croire avec fondement que Mtlrcnre n'a point de satellite.

Vénus poorroit en avoir un; car, étantun peu moins épaisse que la terre dans la raison de 17 à 18^ et tournant un peu plus vite dans le rapport de 23 heures 20 minutes à 23 heures. £6 minutes, sa vitesse est de plus de six lieues trois quarts par minute, et par conséquent sa force centrifuge d'environ un treizième plus grand que celle de la terre. Cette planète auroit donc pu produire un ou deux satellites dans le temps cle sa liquéfKtion, si sa densité, plus grande que celle de la terré, dans la raison de 1270 à tSOO, e'est-à-dire de plus de 5 coiitre 4 , ne se fût pas opposée à la séparation et à la projection de ses parties même les plus liquides ; et ce ponrroit être, par cette raison que Vénus n'anroit point de satellite , quoiqu'il y ait des observateurs qui prétendent en avoir aperçu un autour de cette planète.

A tous ces taits que je viens d'exposer on doit en sgouter un qui m'a été communiqué par M. Bailly, savant physideii astronome de l'Académiç des Sciences. La siirface de Jupiter est , comme l'on sait , sujette à des changements sensibles , qui semblent indiquer que cette grosse planète est encore dans on état d'incandescence et de bouillonnement. Prenant donc»

PREMIERE ËPOQUI. M

dans moD qrstèmede rincandescence génirale et du refroidissement des planètes , les deux extvèiBes, c'est-à-dire Jfiyi^. comme le plus gros, et la hue comme le plue petit de Mwt les corp^ planétaires, il se trouve que le premiep, qui n^'ii paa eu encore le temps de se refroidir et de prendre une eonsis^ tance entière, nous présente à sa surface les effets du maufer ment intérieur dont il est agité par le feu; tandis que la,ka», qui, par sa petitesse, a dû se refroidir en peu de siècles, ne nous offre qu'un calme parfiiit, c'est-i-jdire une surface qui est toi^ours la même, et sur laquelle Ton n'aperfoitni ummh^ Ycment ni changement. Ces deux i^ts comme d^ astronomes se joignent aux autres analogies que j'ai présentées sur suijet, et ajoutent un petit degré de plus à la probat>ilitéde mon hjrpothèse.

Par la comparaison que nous aveoi fiûte de le ebaleiQr des planètes à celle de la terre, on a vu que le tei^pe dé TineaBr* descence pour le globe terrestre 1 4uré depx miHe neufceflC trente-six ans ; que celui de sa clmlair, au point de ppuToir le toucher, a été de trente-quaM mille devx cent soiiantedix ans, ceqoi lait en tout trente^t mille deux cent six ans; et que c'est le premier moment de^ la naissance possible de la nature vivante. Jusqu'alors les élémentede Tair .elde Teav étôient encore cojnfondas , et ne pouvoient se sépârer ni^'ap* pnyer su|p la surface brûlante de la lerre, qui les dissipoit en vapeur^; m^is, dHqoë c^te ardeur se fut attiédie, une chaleur bénigne et féçopde succéda piyr<l€grés au feu dévorant qui s'opposok à téute t>^uction, tt même à rétablissement des éiémeq'ts.''0cltfL4u feu, cfans ce^ premier temps-, s'étoit. pour 2^1081 *dSre emparé dés trois aufrès, aucun n'exisloit hi part : la^ terre, Tair et'l'eai», pétï^is^s feu et confondus ensem-. ble^ n'ofFroient, au' lieu de |euiÉ formes distiâctes, qu'une* masse brûlante environnée de vapeurs enflammées. Ce n'est donc qu'aprâ trente-sept mille ans que les gens de la;, terre doivent date^ les actes de leur QMmde, et compter les M\à de la nature organisée.

U faut rapporter à cette première époque ce que j'ai écril

380 DES ÉPOi^CES DE LA NATURE.

ie rètal du ciel, dans mes mémoires sur la températare des planètes. Toutes, au commencement, étoient brillantes et In* , mineuses ; ehacnUe fbrmoit un petit soleil ' , dont la chaleur et h lumièir ont diminué peu à peu et se sont dissipées successivement dans lé rapport des temps, que j*ai ci-devant indiqirf, d'àprès mes expériences sur le refroidissement des corps en général , dont la durée est toiqoors à très peu près proportionnelle â leurs diamètres et & leur densité \

lies planètes, tànsi que leurs satellites, se sont donc refroidies les unes plus t6t et les autres plus tard; et , en perdant partie de leur chaleur, elles ont perdu toute leur lumière propre. Le soleil seul s'est maintenu dans sa splendeur, parce qiTil est le seul autour duquel circulent un assez grand nombre de corps pour en entretenir la lumière , la chaleur etie feu.

Mais sans insister plus long-temps sur ces objets, qui paroissent in loin de notre vue, rabaissons-là sur le seul globe de la terre. Passons à la seconde époque, (;'est-à-direau temps oû la matière'qni le compose, s'étant consolidée, a formé Ic^ grandes masses des matières vîtreldMes.

'Je dm seulement répondre à une espèce d*objection que Ton m'a d^â Mie sur la très longue durée du temps. Poorquor nous jetw*, m%-t-o^ dU , dans ,un espaee ^ïàà' vague quVne durée de cent soixante-huit miîle an&2 car, à wede notre lableau^ la terre est âgée de soixant^-quii^ze millé:àBs, et ta nature vivante doit subsistélr^aicore pendant quatr^ vingt-treize mille ans: iesl-il aisé, est-U même possîWe de se former une idée du tout ou des4prties^ d'une ati39i Ipngue suite de siècles? Je nVi d'adtra MpomcLque/expositiondesini^ numents et la considération des' t)qvrages de Ja^ nature : j'en donnerai le délai! et les dates danç ifes époques qui vont suiyne celle-cf, et Ton verra que^^lieh loin d*avoir auf^mcntê ^hs

' Jupiter ; k>rtqu*il est le plus près de la terre , no^i parott soustin an^^le de6e(m00secoDdet;UforiDoitdoncuûtoleildoiitle diamètre ii*éloit què trente-ane fois plus (ietite que celui de notre soleil.

» Voye2 le premier et le second mémoire sur les progrès de ta cMeur, et les recherches sur la température des planètes.

pécessUé la durée da temps , je Tai peot-ètre beaucoup trop raccourcie.

Eh! potirqu^ Tesprit humata 8emble*t4l ae perdre datts ' respace de la durée^plutôt qae dans celui derétendoe, on dam la considération des mesures^des poids et dea nombres? poop» quoi cent mille ans sont-ils phis difficiles â concevoir et A compter que cent mille livres de monnoie? Seroit-ce parce qoe la somme du temps ne peut se palper ni se réaliser en esptee» visibles? ou plutôt n'est-ce pas qu'étant accoutumés par notre trop courte existence à regarder cent ans comme une grosse somme de temps, nous avons peine à nous former une idée de mille ans, dnie pouvons plus nous représenter dix mille aps, pi même er concevoir cent mille? Le seul moyen est de diviser en plusieurs parties ces longues périodes de temps, de comparer par la vue de Tesprit la durée de' chacune de ces parties avec les grands efiets et surtout avee les constructions de la nature, se faire des aperçus sur le nombre des siècles qu'il a fallu pour produire tous les animaux à coquilles dont la terre est remplie' ensuite sur le nombre encore plus gral^d des siècles qui se sont écoulés pour le transport et 4e dépôt de ces coquilles et de leurs détriments , enfin sur le nombre des autres siècle^ subséquent^, néce6»aires à la pétrification et an dessèchement dé ces matières ; et dès- lôr^on sentira que cette énorme durée d| soixànterquiBze mille ans , que j-ai comptés dqniis là formation dé la terre jusqu'à son état actuel, n*e8t pas ^oore assez étendue pojir -tous ries grands ouvrages de la nature , dont la con$tructiph nousrdémontre qu'ils n'ont pa se faire quepjr une succe^ion lente de mouvement; réglés et constants.

Pour rendre cet aperçu plus sensible , donnons un exemple ; , dierchons combiea il à fallu de temps pour la construction d'une coliine d'argile de mille toises de hauteur.liCS sédiments successifs des eaux ont formé toutes* les couches dontja colline , est composée dep^ la base jusqu'à son sommet. Or nous pouvons juger du dépôt successif et journalîer.des eaux par* les feuillet^ des ardoises; ils sont si Ininces qu'on peut en

an DE8 fif OQUES DE LA NATUEE.

CMpcaroaedooaûw dans me ligne tfépttMeur. SapposMi» donc que chaqne onarée dépose un sédiment d'un donrième * deligMd'épaiMear, c'esl-à-dire d'«n tiiièaiede Hgnecbaque jour : le dépôt augmentera d'une ligne en six jours, de m lignes en trente-sa jouis, et d'ennrmidnq ponces en un an; ce<|ui donne plus de quatorie mMcMS pour le temps nécessaire à la composition d'une colline de gtetse de mille toises de hauteur : ce temps parottra même trop comt si^ on le compare afec ce qui se passe sous not yeux^sur certains rivages de la aer^ où elle dépose des limons et des argiles, comme sur les cétes de Normandie'; car le dép6t n'aagme|^ qu'insensiblement et de beaucoup moins de doq pouc^ par an. Et d'cette colline d'argile est couronnée de rochere calcaires, la durée du temps, que je réduis à quatorze mille ans , ne doitelle pas être augmentée de celui qui a été nécessaire pour le transport des coquillages dont la colline est surmontée? et cette durée si longue n'a*t-eUe pas encore été anivie du temps nécesaire A la pétrification et au dessèchement de ces sédimbits , et encore d'un temps tout aussi long pour la figuration de la eollinè par angles faillant» et rentrants? J'ai cm devo^ entrer d'avance dans .^e détaU , afin de démontrer qu'au lien de reculer trop loin les liAittes de la durée, jje les ai rapprocfaéetf ailtadt qu'il p&'a été piDSsible , sans contredire évidemment' les faits ocpîsignér'dans les skhtves^de |^ nature.

« Cbaque-marée laontaotaappoiteet'ifptodriurjtoiit (e nvaiye un HAmo, AUpalpable, qui ajôutet une uouTelle MiNe aux andeoiea; d^où M' réhittè» ysr is wiemiBa ém temps; uo acbirte lendfe et fculHetét {Jdd. Buff.) ^

L&rsque la mtaitre^i*étani consolée, a formé !a rocke îMé- Heure du gMfCy aiuti qm iet gTMdei sont à sa surface.

On vient de voir que , dans ncHre hypothèse , il a dù s'écoiH 1er deux mille oeuf cent treote-six ans avant que le jflolie terrestre ail pu prendre toute sa consistance ^ et que sa masse entière se soit consolidée jusqu'au centre. Comparons les efhts de celte consolidation du globe de la terre en fusion à ce qpe nous voyons arriver à une masse de reétal ou de verre fondu ^ lorsqu'elle commence à se refroidir : il se forme à la surface de ces masses des trous , des ondes, des asp<érités; et audessous de la surface il se fait des vides , des cavités, des boursouflures, lesquelles peuvent nous représenter ici les premières inégalités qui se sont trouvées sur la surface de la terre et les cavités de son intérieur : nous aurons dès-lors une idée du grand nombre de monta{|fnes, de vallées, de cavernes et d'anfractMOsités, qui se sont formées dès ce premier temps dans les couches extérieures de lj| terre. iSbtre comparaison est d'aijlant plus exacte , qùeles montagnes les plus élevées , que je suppose 4e trois mille ou trois mille cinq oents toises de hauteur, ne sont, par rapport au diamètre de la terre, que ce qu'un huitième de ligne e^t par rapport au diamètre d'un' globe de deux pieds. Ainsi ces cfliatnes de montagnes qui nous paroissent si prodigieuses tant par le volume que par la hauteur, ces vallées de la mer qui semblent être des abîmes de profondeur, ne sont , dans la réalité , que de légères inégalités proportionnées à la grosseur du globe, et qui ne pouvoient manquer de se former lorsqu'il prenoit sa consistance : ce ioni des effets naturels produits par une cause tout aussi naturelle et fort simple , c'est-à-dire par l'action du refroidissement sur les matières en fusion lorsqu'elles se consolident à la surface.

G est alors que se sont formés les éléments par le refroidis-

«ement et pendant ses progrès : car, àcette époque, et même long-temps apris , tant que la chaleor eieesshre a doré , il s'est Crit one séparation et même ane projecikm de tontes les partiet volatiles, telles que Tean , Fair et les atftres substance» qne la grande cbalear chasse an-dehors , et qui ne peuvent existér qne dans nne région pins tempérée qne ne Tétoit alors h sorfoce de la terre. Tontes ces matières volatHes s'étendoient donc autour du globe en forme d'atmosphère i nne grande ^Bstance oà la chaleur étoit moins forte , tandis que les matières fixes, fondues et vitrifiées , s'étant consofidées, formèrent la rocheiotérleure du globe et le noyau des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les bases sont en effet composés de matières vitrescibles. Ainsi le premier établis^menl local des grandes chaînes de montagnes appartient à cette seconde époque, qui a précédé de phisieurs siècles celle de la formation des montagnes calcaires, lesquelles n'ont existé qu'après l'établissement des eaux , puisque leur composition suppose la production des coquillages et des autres substances que la mer fomente et nourrit. Tant que la surface du globe'n'a pas été refroidie au point de permettre à f'eau d'y séjourner sans s^cxhaler en .vaj^rs , toutes nos mers étoieot dans l'atmosphère; etlës à^ônt pu tomber et s'élâbUr sur la terre qu'au moment où sa 'surfao^ s'est trouvée assez attiédie pour ne plus rejeter reaû par une trop forte ébullitiob'. Et ce temps de rétablissement des eaux sur la surface du gfobe n'a précédé que de peu de siècles le moment où Ton auroit pu toucher cette surface sans se brûler ; de sorte qu'en compfanl soixante-quinze mille an^ depuis la formation de la terre, et la moitié de ce temps pour son refroicfissement au point de poùvoir la toucher, il s'est peut-être passé vingt-cin^ mille des premières années avant que l'eau , toujours rejetée dans ratmosphère, ait pu s'établir à demeure sur la surface du globe; car, quoiqu'il y ait une assez grande différence entre le degré auquel l'eau chaude cesse de nous oflenser et celui où elle entre en ébullition , et qu'il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d^ébullilion et celui dù elle se

disperse subitement eo vapeqrs, od peut néanmoms^ assurer que cette difKreoce de temps ne peot pas être plus grande que je l!admets kâ.

Amsi, dans ces premières vingtHânq mUle «noées, le globe temstre, d'abord lumineux et ebaod comme le soleil, n*a perdu que peu d peu sa lumière et son feu : son état d'incandescence a duré pendant deux mille neuf cent trente-six ans, puisqu'il a fallu ce temps pour qu'il ait été consolidé jusqu'au centre. Ensuite les matières<fixes dont il est composé^nt d^ Tenues encore plus fixes en se resserrant de plus en plus par le refroidissement; elles ont pris peu à peu leur nature et leur consbtance telle que nous la reconnoissons aujourd'hui dans la rodie du globe et dans les hautes montagnes, qui ne sont en effet composées, dans leur intérieur et jusqu'à leur sommet, que de matièresde la même nature. Ainsi leur origine date de cette même époque.

C'est aussi dans les premiers trente-sept mille ans que se sont formés , par la sublimation , toutes les grandes veines et les gros filons de mines où se trouvent les métâux. Les substances métalliques ont été séparées des autres matières vitrescibles^ par la dialeur longue et constante qui les a sublimées et poussées de l'intérieur de la masse du globe dans toutes les éminences de sa surface, où le resserrement des matières causé pâr un plus prompt refroidissement laissoit des fentes et des cavités qui ont été incrustées et quelquefois remplies par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd'hui ' ; car

; « Ut veines métallîqiiei, dit M. Eller, te'troa?ent «eulement d^nt les eodroit» élevéi, en une lonQÛe suite de roontagnes : celte chaîne de montagnèt nippoie toujourt pour «on «Hitien une base de roche dure. Tant que œ roc ooolenre sa continuité, il n*y a guère ,apparôice qu'on y découvre quelques filons métalliques; osai» quand on rencontre des crevasses ou dft fentes, on espère d*en découfrir. Les physiciens minéralojpftes ont rfourqoé qu'ai ÀHemagne b situation la plus foforable est lorsque la chaîne de montagnes, s'élerant petit % petit, se «ttri^ vers le sud-est, etqu*ayaiil atteint sa plus grande élétition, elle daweod insensiblëment vers le nord* ouest,'

« Cest OTffinairemeot un roc sauvage, âovi l'étendue est quelquefois presque sans bornes , mais qui est fèndu et entr'ouvert en divers endroits, qui eontleot les métaux quelquefois purs, mais presque toujours minéraliBés : Wlif w. iiL 25

m DES EPOQUES DE LA NATURE,

ii faot ^ à r^rd. de Torigine miiies , faire la mime dk- Uoclion que mm avons indiquée pour Torypoe des malières vitresctbies et des matières calcaires, doùt les premièrea ont é|é produites j[>ar TiiçtioD du féti , et l6s autres par rintermide de Teaa. Bans ks mioes niélalUques, les principaui filom» oa , si l'op veut , les masses primordiales oat été produite» par

œi fentei tout tapissées pour Tordinaire d*(iiie terre blanche et luisaiite, que les mineurs appdlent quitiiB, et quHIs nomment spath lorsque cette tèrteestptos pesMtte^maisineUasaeet fenitlcléeft pcupitecoauiie leCa^ elle est eureloppée en dehorf , yers le roc^ de l'espèce de Umon qui paraît f6umir la nourriture à ces teites quartzeuses ou spatbeuses ; ces deux en?eloppes sont comne la eitne on l'étui du fikm ; plus il est perpemficulaife, et plus on doit espérer} et toatis les fois que les miaeiirt ToieDS qm le filon est perpendiculaire, ils disent quHl Ta s'ennoblir.

< Les métaux sont formés dans toutes ces fentes etcafemes par pne éfaporation coutinuelle et assex Tiolénte : les vapeurs des mines démootret cette érapioration eneore subsistante les fentes qui n'en eibalent point spot ordinairement stériles : la marque la plus sûre que les ?apeurs exhalantes portent desatomes 0tt4es molécules minérales , et qu'elles les appliquent partout aux parois des ererasses du roc, OresteetleincrustiÉionsueoesei?e qu'op rcniarque dans toute la drooniérence de ce» fènte» ou de^ creux de rocher Jusqu'à ce que la capacité en soit entièrement remplie et le fikm solidement formé; ce qui est encore confirmé par les outil» qu'on oublie dans les creux, et qu'on reCrooTe ensuite couyertset iBcmstés de la mine, plusieurs années apiis.

«tes fontes du roc qui fburnissent une Tdne métalfiqne abondante ineli' sent toujours ou pousaebt leur dirpction yers la perpendicnlaire de la terre; % mesure que Mb mineurs descendent^ ils rencontrent mie température d'air toujours plus chaude , et quelquefois des exhalaisous si abondantes et ai nuisibles % la respiration, qu'ils se troufent forcés de se retirer au plus tlte ters les |»Bi(s ou yers 4a galerie , pour étiter la suffocation que les parties sulfureuses et arsenicales leur causeroient à l'instant Le soufre et l'arsenic se trouyent généralement dans toutes les mines dequatre métaux imparti ci de tous les dBml''métaul„et c'eU par eux quils sont minéralisés.

« |1 n'y a que l'or* et quelquefois l'argent et le cuiyre, qui se trouvent naiifii en petite quantité, mais, pour l'ordinaire^ le cuiyre, le fier, le plomb et l'éuin, lorsqu'ils se tirent des filons, sont minératisés afec le soufre et l*ar senic On sait, par expérience, que les méuux perdent leur forme métallique i un certain degré ^ chaleur relatif à chaque espèce de méul : cette destruction de la forme métallique , que subissent les quatre métaux imp^rfaili^ nous apprend que la base des métaux est une matière terrestre; et comme ces chaux métalliques se yttrifient k uo certain degré de chaleur, ainsi qu^ 1^ terres calcaires, gypseuses, etc. , nous ne pouyons pas doiitn* que la terre métallique tie soit du nombre des terres yitrifiables. » ( l^xtrait du Mémoire de M. Eller sur l'origine et la génération des métaux , dans le RecaeU de l'Académie de Berlin , année i7 Sà.)(JdiL Suff- )

la Airimi et par la soblimalkm, c'est-&-dire par TadioD do fen ; ec les autlres mioet ^ qû^on doit regarder comme des fltona secondaires et parasites y n'ont été produites qae postérieuremeot par le moyen de Tesu; Ces filons principaux , qui semblent présenter les troncs des arbres métalliques /ayant toos été formés soit par la fosion^ dans le temps du fieii primitif, soit par la sublimation , dans les temps subséquents, ils se sont trouvés et se trouroit encore aujouMliui dans les fèntes perpendiculaires dés bautes montagnes ; tandis que c'est au pied de ces mêmes montagnes que gisent les petits filons, que Von prendroit d'abord pour les rameaui de ces arbres métalliques, mais dont Torigine est néanmoins bien différente^, car ces mines secondaires n'ont pas été formées psir le feu , elles ont été produites par l'a^ition successive de l'eau, qui, dans des temps postérieurs aux premiers , a détaché de ces anciens filons des particules miaérales, qu'elle a charriées et déposées sons différentes formes, et toujours au-dessous des filons primitifo^.

Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus

* li. LetoM, célèbre cMuiite, eut le tenl qui ait soupçonné mis douille oflal» aux wkœt iaiiéUlttqiMi; U diatkigile Jodlcieiiuifteot les montsefiét à ilim4BiaioiilagiMtSooacliet:<L'Qretrar|^,^ trourenten ttaMeqnedaiit les moQtaanoià fUoM; lé fer ne te troufe (^lère que: dam les iDDotaisoet à coucbai : Utet les morceaux ou petto gentqute trouve daoa lei.nioDtagneiàooacliesD*yaont que r^paato,et enl été décachéidefilootquitonl demies mootagDesstf^^ ToimieB de ces coucbei.

«L'or n'èit jaoaiafnioéraliié; il 19 trwîTe toujours natif ou Yicrye, cMtout fenné dent <a inatritt, quoique iouTem U y ioit répandu eniwrtieûles ai déliées, qu'on dierdieroit yainemeot S lereoonnoltre, méODe aréa les meineuns microtco|iea. On ne trouve point dV» dana lea monu^Ries a CQadm ; a eit aoari aawz rare qu'on y trouve de l'argent ; ces deux métaux appartiennent de préfléreooe aux montognea à filona : on a néanmoins trouvé qoekpiefois de rargent en petiti feuUlets ou eoua la forme de cheveux dana dp PardelM : il es^ moins rare de trouver du cuivre natil aur de l'ardoiae » et eoaununément ce cuivre naUf est aussi en forme de fifeta ou de clié^eax.

«Liaminesdeforsereproduisent peu données après ayoir été fouillées; elles né se trouvent point dans les montagnes à filons, mais dans les montagnes I cooctwa : on n'a point encore trouvé de for natif dana ks montagnes à ceadMS » ou do moins c'est «ne diose très rare.

«Quant à l'étain natif, il à'aa existe point qui ait été prodoit par la nature

m DES ÉPOOUES DE LA NATURE.

r6!enté qae cêlle desurioes primordiales , et Ml]ipoMnt te ooncours et riDtermède'de Tçau , leur formation doit , comme celle des matières calcaiite, se rapporter à d^ époqaes sabséqnenteSf C'est-ft-dire an temps où la chaleur brûlante «'étant

taot le teèûbrsdu feu ; et la jcboie est autti trè» diNiCeaie pour le plomb , <|uoiqi]*on prétende que lei grains de pkxbb de Maïkiel en Siléie sont de plotnb natif.

«On trouve le nierfaire fierlspe et coulant dans les coucbes de Icrrev^ leuses et graiMet , ou dan» les ardoises.

«Les mines d'arjjpent^ se trouvent dans les ardoises nraont pas » % beaucoup près, aussi rioM qœ. œOes qui se iroMvent dans tes montagnes à filons : ce métal ne, sç IrouTe guère qu'en particules déliées /en filetsi ou en v^étations, dans tà coudies d*ardoisfs ou de schistes, mab jamais en grosses mines; et encore tat-il que ces couches dtardoises soient vvtisineÉ éjs mon^ tagnes à filons. Toulss les mines d'argent qui se trouftnt dans les couchée ue sont pas sons une forme solide et compacte; toutes les autres mines qid contiennent de Targent en abondance se trouTent dans les mpntagnes k filons. Le cuim se trouve abondamment dans les couche» d'ardoises, et quelquefois aussi dans les charbons de terre.

« L*étahi est le métal qui se trouvé le plue rarement répandu dans les couchesi Le plomb »'y trouve plus commanémenl : on en rencontre sous br forme de galène, attaché aux ardoises; mais on en trouveque très rare'* ment avec les charbons de terre.

■ Le for est presque un^verselfement répandu , et se trou ve dans les couches sous un grand nombre de formes difforentes.

•lie cinabre, le cobalt, le bismuth et la caMne ^ae trouvent ansri wtéa cnmmmitoent dans les coudies.» (Lehman, tome J1I, pages 381 etsuiv.)

«LesdnrbQDsdeterre,le jayet, le suocin, b terre almnineuse, ont été pn^duits par des végétaux, et surtout par des arbi^ réshieux qui ont été * ensevelis dans te sein de la terre, et qvi emsooflht une décompoeilfoiyphif on moiôs grande ; car on trouve, au-dessus des mkies de charbon de terre, très souvent du bôisqui n'est point du tout décomposé, etqni Test davantage 4 mesure quil est plus enfoncé en terre. L'ardoise, qui sert de toi^ ou de couverture an chartion , est sonveot rempUe des empreintes de frtantss qui acoomfisgnant Offdtaiaireoient les forêts, teltes quêtes fougères^ les capil- . laUts, etc. Ceqnll y a de requarquabte c'eut que ces planles dopt on trouve tes empreintes sont toutes étranf^res, et tes bois paroîssent aiisai. des bois . . étrangers. Le succhi, qu'on doit regarder comme nne résbie végétale, renferme souvent des Insectes qin, loonsidérél attentivement, n'appartiennent point au climat où on tes rencontre présftitement : enfin te terre ahimineuaft est souvent feuUtetée, et ressembteà du bois, tantôt plus, tantôt meina décomposé.» (/(iem^ i6û2eiii.)

«Le soufre, l'alun, tesel ammoniac , se trouvent dans las couches formées par tes volcans.

« 1^ p^^rote , te napfate , indiquent un feu actuellement aihmié sons la terre, qui met, pour ainsi dire, te charbon de terre en distUiation : on a des exemptes de ces embrasements souterrains, qui n'agissent qu'en sOenoe dans des

attiMte , la température 4e la surfoce de la terre a permis aux eaux de s'étal)lir , et^eosuite aa tempe 6ù ces mème^ eaux ayant laissé nos oontineiits & découvert , les vapeurs ont commencé à -se condenser contre les monta^^nes pour y produire às» tources d^eau cpuraole. Biais , avant ce second et ce troisième temps, a y t M d*aQtPèa gràôés eHèts que noiis devons indiquer.

.vReprésentops-nous, s'il est poss^e, Tii^peçt qu'offroit la iBi|iilMoie^^D^

que sa surface eut pris de la consistance, etavautque la grande dialeur j]^a4t i Tean i'y s^journçr^ ni même de tomber, jdç llfnMii^b^ ies pléiaes/li^ naontagnès , ainsi que l1nlèri0i^> du globe, étoient é{;alcment et Uniquement composées den^-- {ières fondues par le feu, toutes .v^triûées, toutes de là méine B^tiire. Qu*on se figure pour un imtaûtid stuhSÎce aètoelle du globe, dépouillée de toutes ses mers, de toutes ses collines calcaires, ainsi que de toutes ses coucbes bonzoalales de pierre, de craie, ûe Myék terre végétale^ ^'argile, en un mot de toutes les matières liquides ou solides qui ont été formées ou déposées par les eaux ; quelle seroit cette surface .|PÎ|^,reiMève^ Il ne resteroit

.^lilf Ê^^ c^est-à-dire la roche vitrescible

^tjKj^Ç^ restqroit les fen^^es

pii^paBdi^tai^^ produites dans le temps de la consolidation , augmentées, élargies par le refroidissement; il resteroit les métaux et les minéraux fixes, qui , séparés de la roche v^esetMe par Taction 'du feu, ont rempli, par fnsionon pàr siriili^ malion, les fentes perpendiculaires de ces prolongements de ia.roche iût&'ie}ire.i^u^lohp,.«ji^Q d^p^l^ffi iea éatitéti^fl^red de èette roche

¥ÊÊ0é àMflrifrit'Ièrre, en Analefien^ IC sd^A^fémagne, lesquetltt brûlent dspoirlfèi kMigHleiift». SM^explbiiim-.eCVéildmleyoisiHte - cii^tiraieiiiaits mtmip^ qa'opVoQYeto eaax jcbaôdet tbenaaiAi.

4i VÊÊttm <iiPiiitl<iÉÉiil-ilfÉiiiiiiiiiik' êl mBAmi^^ iAmùèm

qui en est la bàse, et qui «ert de éoiilîen à toules les mtUères terrestres aQseaées ensalteipar les eaux.

Et iXHnme oes fèntescM!casipiiées,par lerefM pent et tranchent le plan vertical des inontagiies non-seiîlement de haut eo bas , mais de devant en arrière , on «l^nn cMé à l'autre , et que dans chaque montagne elles ont suivi ta direction générale de sa première forme, il en a résulté que les mines , stAtout cdtes des^métaux précieux , doivent se cbercher k la houssote , en suivant totûours la direction qnifidique la découverte du premier filon ; car dans chaque montagne lea fcntés perpendiculaires qui la traversent sont â peu près pa* rallèlés : néanmoins il n'en faut pas condùre , comme Font Ait quelques minéralogistes, qu'on doive toujours chereher tes métaux dans la même direction , par exemple sur la Kgne de onze heures ou sur ceHe de midi ; car souvent une mine de midi Où dé onze heures se trouve coupée par un filon de huit ou neuf heures , etc. , qui étend des j*amèaux sous différentes dlr^ions; et d'ailleurs on voit que, suivant la forme difKrente de chaque montagne , les fentes perpendiculaires la tra* versent, à la vérité, parallèlement entre elles, mais que leur direction ^ quoique commune dans le même lien , n'a rien de commun avec la diréction des fèntes perpendiculaires d'une autre iODontagne , i moins que cette seconde montagne ne soit parallèle à la première.

Les métaux ét la plupart dès minéraux métalliques sont donc roovrage do fèu , puisqu'on ne les trouve que dans les fentes de la rodie vitrescïble , et que, dans ces mines primordiales. Von ne voit jamais ni coquilles ni aucun autre débris de la mer mélangé avec etlesC Les mines secondaires, qui se trouvent au contraire, et en petite quantité, dans les pierres cair caires, dans les schistes^ dans les arg^, Ont été formées poetérieurement^ aux dépens des lynanièrea a de ïmi. Lés paiHettes d'or et d'argertt <iue quelques rivières ch^irieiit viennent certainement de ce^ premiers filons métal-r liqnes renfermés dans les montagnes supériaures : des par li-^ cuies métalliques encore plus pciiies et plus (éoues peuvent ,

SECONDS itpooqs. mi m se rassemblant , former de nouvelles petites minfjs des jilMf/iBitatix ; QUiis ce& mines parasites , qui prennent mille wiitldiÉffrcnKf Vtptwirlifnnnif , coniine|e Tai dit, à des temps i)ien modernes en comparaison de celui de la formation des premiers filons qui ont été produits par racliop du feu primitif.

fusion sans être sensiblt^Qt attirés , se présentent souvent 80^ leiir forme native :tt»iieaiB^ métaux ne se présentent idkÈÊÊÊMmk qoe smia Mêim» wiaMkitfjifÊm 41^^ ont été formés plus tard par la combinaison de l'air et de l>au qui sont entrés dans leur composition. Au reste» tous les n^é- ^«t sétttaiiiee|)tiMea d'être «m kdW^reiitt

:d^és de chaleur, eu sorte qu'ils se sont sublÎMia aMMÂÎli^ ÊÊÊOf. pendant le progrès <j[u refroidissement. ^ ^ * j i ' Oii fièiillieiiser 4^ al atteina ^ ébàf^^WM

d'argent dans les terres septentrionales que dans les contrées du midi, c'est que communémeot il n'y a dans les terres du ■iari qM^fefietiM mom^pmeai coioaparaisoii dè céUea'des pays méridionaux : la matière primitive , c'est-à-dire la roche vitreuse , dans laquelle iteule se sont formés Tar et Targent , êàmâ ilm ahoodaale, bien pliia Aavfte , bien plua ditoiiiH verte, dans les contrées du midi. Ces métaux précieux paroissent être le produit immédiatjlu feu : les gangues et les autres étàlK€$-qm les aeaç«qNifpaiit daaa leur «ine sont ellesmêmes des matièrepfjtriSiâlies ; et comme les veines de ces métaux se sont fimutea ioil.^ la fusion , soit par la subll- Miâtn ^daiia lea {mônera- téflnpa ù^^t^rmêmwimÈ^ itêi m trouvent en plus grande quantité dans les hautes montagnes du midL 1^ métaux moins parfaits , tels que le fer et le cuivre , qm sont mmisa ixea w Ito v pim qtfil^eMtâai^^ 4ea^tières que le feu peut volatiliser plus aisément, se sont formés dans des temps postérieurs : aussi les trouve-t-on en bien plus gfaodeqnnâié daoa leaipaya dn iMsté^éanaeeni du midi. 11 semble même que la nature ait assigné aux différents climats du globe les différents métaux; Tor et Targent aux régions les fins ebaudeiy^lic 1^ et le eoirm aôx pai^ léafli» finaâdii ^ te

plomb et rétain aux contrées tempérées : il semble de même qu'elle ait établi Tor letrargeiit daoa les plus bàutes montagnes, le fer et le cuivre dans les montagnes médiocres, et le plomb et rétain dans les plus basses. 11 parott encore qne, quoique ces mines primordiales d^diffiérents métaux setrouvent tontes dans la roche vitresdble» cdies d'or et d'argent sont quelquefois mélangée^ d'autres métaux, que le fer et le enivre sont souvent accompagnés de matières qui supposent IHntermède dé Fean , ce qui semble prouver qu'ils n'ont pas été produits en même temps; et à regard de l'élain , du plomb et du mercure, il y a des différences qui semblent indiquer qu'ils çnt été produits dans des temps très différents, lie plomb est le plus vitresdble de tous lès métaux, et T^iq l'est le moîna : le mercure est le plus volatil de tous; et cependant il nediffifcre de l'or, qui est le plus fixe de tous , que par te degré de feu que leur sublimation exige; car Tor , ainsi que tous les autres métaux , peuvent élément être volatilisés par une plds on moins grande chaleur. Ainsi tous les métaux ont été sublimés on volatilisés successivement pendant leprogrès du refroidissement Et eomme il ne faut qu'une très légère chaleur pour volatiliser le nîercure, et qu'une chaleur médiocre suffit pour fondre Vér tain et le plomb, ces deux métaux sont demeurés 4iqnideaet coulants bien plus long-temps que Fès quatre premiers : et le mercure l'est encore, parce que la chaleur actuelle de la terre est plus que suffisante pour ^e téàr en fùsimi : il ne deviendra solide (fue ^nd le globe sera refroidi d'un cinquième de plus qu'il ne Test aijûourd'hur, puisqu'il faut 199 degrés au-dessous de Ta température actuelle de la terre pour que ce métal fluide se consolide ; ce qui tait à peu près la cinquième partie des 1000 degrés an-^dessous de la congélation.

Le plomb, Tétain et le merture Ont donc coulé successivement par leur fluidité, dans 4es parties les plus basses de la roche du globe, et ils ont été, comme tous les autres métaux , sublimés dans les fentes des montagnes élevées. Les matières ferrugineuses qui pouvoient supporter une très violente chaleur, sans se fondre assez pour couler,* ont formé, dans les

SECONDE ÉPOQUE. a03 pays da nord^^ des anas métalliques si considérables, qA% ^y trouve des montagnes entières de f^r % e'est-à-dire d'une pierre' ▼ilpesdble ferruginease, qui rend souVent smxante-dix livres

de fer par quintri : oe sont Ih les mines de fer f riniitimi' eHes

occupent de très vastes espaces dans les contrées de notre nord; et leur substance n'étant que 4u fer produit par l'action du 'feu ^ ces mines aonk dooMiirées suso^tibles de' FailriMMlit

magnétique, comme le nàoiifèlii qui ont subi le feu. V \ - " .

L'aimant est de cette même naturefce n'est ^n^mcT

ferrugineuse, dont il se trouve de grandes masses et même des montagnes dans quelques contrées, et particulièrement

■ Je dtérai pour exemple la mine de fer prè« de Taberg en Smoland , partie drmedeGpthIand en Suède : c*efït Tune des plus remarquables de ces mine» ou |ilit6C-de ces montagnes de fer, qui toutes ont la propriété de céder à l'attraction de l'aimant , ce qui proure qu'elles ont été formées par le feu. Gftte inontagne est dans ub toi de nl^le extrêmement fin ; sa hauteur est de pim p{&A pMi» il jui «irciàt d'un» mm : elle est . en. entier composée lyÉityMMB» iw^^ 6rès ridie, el Voo y treuve noéme du fer natif; jAl|Ae%NiPi*fHf<Ué.s éprouvé raction #ih| lm riolent. Cette jnine étant liÉ%aiiiluiii iMure de peiiies parOarbfillMitet, qui tant^ tè creNent et tMÎfttéMit ^ftpbséHTpar éeëltoe: kt pellli rodiMtoefilM d« fmp»ism^imgp). |}i»fi»fdMe h emtiAmée^éMtùa àeaà eem Émimptim ^Vm^mètdB imnidra l eenoD , et hmÊmm yeielt IHif fm^ëltÊtmi/pÊmflt étm le» piài» qui 'fodl m ipM'dtt têméH YiMm^' *

piMMNiMr # li wÊm iitHNi. Mie % mmÊgié%*bma&mfi êmàm^, tilM fapfeÉdMimit'tM^ lieilNiÉairi : elles sont toutes rempHet de •MbilBiiieebiitlidllMé^ demémeespèce^ie eé4 des bords de Wmm : M litMi(|iiâq^ mm^'èmm^f^ HttÀ et des come^deéM^ ^ qiifi«m ^nH iiaÀpé^le ein^ mmm n'est «ftt^afMpftiie mÊÊ0âmàt^maiiom miuifÊ» mr lee tables en eut raspU les *à«T(MiBi à le» ^î^ile» p&tfmtÊksÊâm W

lm nuÉies de mine que J'en tire lom|^ ëMAt m i^ût % Màigll$, m Beu que, dans les autres mines , il faut souvent tirer le nriDértVdes entràiltes dfe la terre ; on doit concasser et (îriller cette mine avant de Hr mettre mk iMiftieau , où on la fond avec la pierre calcaire et du charbon de bois.

GeÇle colline de fer est située dans un endroit montagnewx fbrt élevé, éloigné de la mer de près de 80 lieues : il parolt qu*eUe étoit autrefois entièremeut couverte de sable. ( Extrait d*un article de Pouvragc péritxlique qui a pour titre : Nordbche Bextra^e,tii/tl€&nihbuUm da Nord poitt les progrés tU. la physique, deâ IflMdef €!• âe$4tm k âllOiiè/eiMvfl«M

M DES EP0QDE8 DE LA NÀTCRE.

dans ceUe$ de notre nord ^ : c'iesit par cette nâaoo que TaigoiUe aimaatie se dirige toujoars veram èojàtrées^où tontes ks miooB de tàraoot iiiagiiéli<tiies. Le ma^oétisaie est im effet

• On Tient de Toif^ par rezemple cité dans la noté précédente* qœ U montagne de fer de Taberg s'j^ve de plus de 400 pieds au-dessus de la sur- Ane de la tore. il. Gueliu, daos soo Foyage en Sibérie, assure que, da» lesoooU^c» teptenttioîtate» 4e TAsie, presque toutes les miue» des métaux se mniven^ à la tupfaœ de la terre , tandis que dans les autres pays elles se «Mrtp|b\|lff«i^^ flMe^enet dans son intérieur. Èi ce Nt éuHt généi»leiiie«t n^, ee storiAt une nouvelle |»reuve que.les néuux ont ë^fimnéi farl^ fini i^ig^t^ ^ que le globe dè )a mre ayant UMiins d*épaisaear dans ^' parties septèmÂrôate»; Us s'iF ^Ànt fiànnés ptus près de la sorte

Saiéri^i dm les Bàsdikirs : cet'tè montasoe est diiriife en bnît parties, séptéÊmpe^êmmimi la ieptiènftde n^ paf4|B.pr«M dtanneUtaor aiinaBlï le

#aNlîf^'éili nalDÉe-ès jéps«;fiisf twinÉa aja jliàii <iM mpwÉireit piteP^dMP*»» ^ mm^Mê mmm, nail

iqiil,iMit toula» i» ivmdi/aiMDk QnsiqtfeMiS aeiH|i«iNivertesdamoiMiei «lies ne laissent pes d'ittinr la Iv el Vaf^er I la dialaiMfe de pUis d'un pouœ t la c6tés expoeés à Tair^wt la plus km V9tu raàgîiélîque, ceux qui spot «R(ltmçés en Wk en ont beaucoup moins : ces parties les plus exposées aux injures de Tair sont moîns dures, et par conséquent moins propres k être anpiées. Un gros auarller d'aimanl. de la grandeur qu'on wat de dire est flompoié de quantité de petits quartiers d'aimant, qui opèrent jcn différentes ^rÀions. Pour les bien trayaitler, il faudroit les séparer en tes sciant, a5n que tout le morceau qui renferme la vertu de chaque aimant particulier -couservâtsoa intégrité; on obtiendroit vraifiemblableraent de cette façon des aimants d*uoe grande force : mais on coupe des morceaux à tout hasard, et il s'en trouve plusieurs qui ne valent rien du tout, soit parce qu'où travaille un morceau de pierre qui n'a point de vertu uia^^iiétique, ou qui n'en renferme qu'uue petite poi liuii, soit que tlans un seul morceau il y ait deux ou tit»is aimants rétinis. A la vëriu', as morceaux ont une vertu matjnétique; mais, comme elle n'a pas sa dircciioii \crs un môme point, il n'est pas étouuaul que l'effet d'un pareil aimant soil sujet à bleu des variations.

L'aimant de cette montagne, à la réserve de celui qui est exposé à Tair, est d'une grande dureté, taché de noir, et rempli de tubérositôi qui ont de petites parties anfiuleuscs, comme on en voit souvent à la surface de la pierre sanguine, dont il ne diflère que par la couleur; mais souvent, au lieu de ces parties anguleuses, on ne voit qu'une espèce de terre d'ocre : en général , les aimants qui uut ces p{ tites parties aii<;mcnses ont moins de vertu que l«t autres. L'endroit de la uionlafiiie où sont les aimants est presque entièrement composé d'une Imuw mine de fer, qu'on lire par petits morceaux entre les pierres d'aitnaiit. Toute ia section de la montagne la plus élevée renferme une pareille mil te ; mais plus elie s'abaisse, moias elle contient de métaL Plus ba»^ aii-de*îiou» de la umic d'aimant, U y a d'autre» pierres fîçrniOineuses, BUîuqi|i

SECONDE tPOOUE; ^ 305

oÔDSUnt dé l'électricité coo^ote, produite par la ^ieur inlérieure et paf la rotation du globe; mais s'il dépébdai^ usi^ qoement de cette cause gé&éralé, l'aiguille aimantée pointeroit toujours et partout dlirectement an pôle; or les difKrentes déclinaisons suivant les différents pays, (pmiquesons le même parttlèlt, déoiontreiii^iif lé «lignes lagnes de fer et d'aimant influe considérablement sur la direction de raiguille^ puisqu'elle s'écarte plus ou moins à droite M à gaifttsiie du pâte, seiètt le Tm e*^^^ aèèwBvpev 0è.9iàm

.wrièfirt^^ |f lia i^ouM lei MéMte^:^ qaW

^ÉMKMilla èMKiMir tbtàÊ/M^ aâfell^ ttil MiA] fli ésKA Ui^fiM en dedai^

ft ont pre«qiieriir dè scoriei : ces moFismitmiiiableùt met par l'extérieur aux pierres d'afmant; mais ceux qu'on tire à huit hvà»^ au-detaua du roc n'ont plus aucune vertu. Entre ces pierres on trouve d'autres morceaux de TOC qui paroissent cx)nipo«és de très petitee particules de fer; la pierre par elle-même est pesante, mais fort moite; le» particules intérieures ressemblent à une matière brûlée» et elles n'bnt qiift peu ou point de vertu magnétique. On trouve aussi de temps en temps un minerai brun de fer4»oadB^€oaolwt ^{taisses d'un pouce; mais il rend peu de métal. (Extrait defnMmfâl^ rate des mxogcSj tome XVUl, pages 141 et suivantes.)

11 y a plusieurs autres mines d'aimant en Sibérie dans les monts Poïas. A 10 lieues de la route qui mène de Catherinbourg à Solikamskaia est la montagne de Galazinfiki ; elle a plus de vingt toises de hauteur, et c'e<i enlIlMh meut un rociier d'aimant, d'un brun couleur de fer dur et rompacie.

A :^ lieues de So!ikauiskaia , on trouve un aimant cubique et verdâlrc ; les cubes en sont d'un brillant vif : quand on les pulvérise, ils se décomposent en pailleiles brillantes, couleur de feu Au reste, on ne trouve l'armant que dans les chaînes de montagnes dont la direction est du sud au nord. (Extrait de V Histoire générale des vox^g^s^ tome XIX, page 472.)

Dans les terres voisines des contins de la Laponie, sur les limites de la Bothnie, à 2 lieues de Cokluanda , on voit une mine de fer dans laquelle on lire de» pierres d'aiinant tout-à*fait bonnes. • Nous admirâmes avec bien du ptaÉiiTy dit le relateur , les effets surprenants de cette pierre, lorsqu'elle est encore dans le lieu natal : il fallut faire beaucoup de violence pour en tirer des pierres aussi considérables que celles que nous voulions avoir ; et le marteau dont on se servoit , qui «Stoit de la grosseur de la cuisse» demeuroit M fixe eu tombant sur le ciseau qui étoît dans la pierre, que celui qui fTappoit #voit beioîn de secourt pour le mirer. Je voulus éprouver cela mot-mteié. ^ ayant pris une grosse pince de fei* , pareille à câiledont on se sert à req^ |b les plus petanu, et que j'atois de la (feitteà soutenir, je l'appiWii ^ dMw, qui i'attira aiiec une ▼toîence msèmit^ ^ la «MiUâ^t tree ube |]rai«ota«fal4e. Je mis «ne boutsolé au mUieadu tnm oùëloiCia mine , «tVll^u^tcmrtioit conHuurUement d'une vitesse incrorable. •ifi^miU ttègàkrd,l^Èi^, fm, fbine I, pitje m.) {ddd. Buff.) *

m DES ÉPOQUES DE LA ff ATDRE.

Mais revenons à notre objet principal, à1a topo^aphiedu ^lobe antérieure à la chute des eaux. Nous n'avons que quelqiRt tedÏM coeôiîe «atwbltols dé la première ferme de sa Surface; les plus hautes monta^^nes, composées de matières vitredcibles, sont les seuls témoins de cet ancien état: elles ' lÊMlm 'Méèmbom fjtii éleipées qu'elles île le soqt m^rd'hui, car, depuis ce temps, et après rétablissement des eaux, les mouvements de la mer, et ensuite les pluies , les vents , les {piftsV'les«toMi^ffei9, li tiiote des ibrr^, eoân tontes les injures des éléments de Tair et de l'eau , et les secousses ' deç mouvements souterrains ^ n'ont pas cessé de les dégrader, dé les tranéhar, et mèm^^Vià^ les parties les miià solides; et nous ne pouvons douter que les vallées qui sont au pied de ces moutagnies ne fussent bien plus profondes qu'elles iie le seiit â4jo«nnM^^^

Tâchons de donner un aperçu plutôt qu'une énuméralion de ces émifaeaces primitives du globe, l'' La chaîne des Cordilières imÛÊii'tjÈ&i^ de r Amérique, qui s*éteiid depuis Iâ po^e de la Terre-de-Fcu jusqu'au nord du Nouveau-Mexique, et aboutit enfin à des régions septentrionales que Ton n'a pas encore reconnues. Ôn peutTegàrder cettéchatfiè denioDtagiies comme conluiue dans une longueur de plus de 120 degrés, c'est-à-dire de trois mille lieues; car le détroit de Magellan il*èit qu*une coupure accidentelle et postérieure â rétablissement local de cette chaîne, dont les phis hauts sommets sont dans la contrée du Eérou , et se rabaissent à peu près égaleiiient vers lé nord éi VeéÉ te midi : c'est donc sous réqualeor même que se trouvent les parties les plus élevées de cette cbatne primitive des plus hautes montagnes du monde; et nous observei;on^, comme chose remarquable, que de ce point de réquateor elles vont en se rabaissant à peu près également yefs le nord et vers le midi^ pi aussi qu'elles arrivent à peu îivls-^ h màu^êàtiaatj d'est-4'^ i qttSàze cents lieues 4e chaque côté de l'équateur, en sorte qu'il ne reste à chaque extrémité de cette chalçe^d^e mpntagij^^ ^'environ 30 degr^, c'isst-k^c^ septc^iii diiqiiwte^^ ou âii lerre^iir

SECONDE tPQQVE. 307

coanae vers te pète austral, et on espace dont on a recoimu qaelqaes cèles vers le pôle boréal. Cette chaine n'est pas précisément soos le même méridien , et ne forme pas ùne ligne droite; elle se courbe d*abord vfrs Test , depuis Ôaldivia jusqu'à Lima, et sa plus grande dévia ticm se trouve sons le tropique du €iaipricome; ensuite die avance vers Tonest, retourne à. Test, auprès de Popayan, et de là se courbe fortem<|nt vers Touest , depuis Panama jusqu'à Mexico; après quoi elle retourne vers Test , depuis Mexico jusqu'à son extrémité , qui est à 30 degrés du pôle, et qui aboutit à peu près aux Iles découvertes par de Fôoté. En considérant la situation de cette longue éuite dé monfagnies, on doit observer encore;, comme diose très remarquable, qu'elles sont toutes bien plus voisines des mers de IX)cddent que de celles de l'Orient. 2^ Les montagnes d'Afrique , dont la cbatne principale , appelée par quelques auteurs fépine du monde, est aussi fort élevée , et s'étend du sud an nord , comme celle des GordHières en Amérique. Cette chaîne, qùt forme en effot l'épine du dos de l'Afrique, commence au cap de Bonne-Espérance, et court presque sous le même méridien jusqu'à la mer Méditerranée, vis-à-vis la pointe de la Morée. Nous (d>serverons encore, comme chose très remaniuable, que le milieu de cette grande chaîne de montagnes; longue d'environ quinze cents lieues^ se trouve précisément sous l'équateur, comme le point milien des CordiKères; en sçrte qu'on ne peut guère douter que les parties te plus élevées des grandes chaînes de montagnes en Afrique et en Amérique ne se trouvait égaleiaoent sous l'équateur.

Dans ces deux parties du monde, d<mt l'équateur traverse assez exactement les continents, les principales montagnes sont donc dirigées du sud au nord; mais elles jettent des branches très considérables vers Forient et vers l'occideiit « L'Afrique est traversée de l'est à l'ouest par une longue spite de montagnes, depuis le cap Guardafui jusqu'au Iles du Cap- Yert : le mont Atlas la coupe aussi d'orient en occident. En Aflsérique, un premier rameau des Cordilières traverse- lea terres MageHani^ues de l'est à l'ouest ; hn autre s'étend à peu

m AES ÉP0UUE9 0S LÀ NÀTCâE.

prisiàml^ mène directioa lo Pamguay éàmémt la largeor du Brésil ; qoelqaes aulres braodiea s'étendent dcpris Popayao dans Ja Terre^Ferme, ei jusque dans la Guiaiie : enfla, si nous soivoDS tonyours celte grande dal^e de dmou* gneSfil BOUS parottra que Ja péninsule dTucatan^ les Hesde Cuba 9 de la Jamaïque, de Saiat-Domingue^ Porto-Rico, et lottles les Antilles, n'en sooit qu'une l^ai^, qpi s*étend dii sud au nord, depuis Gutm et la pointe de la Floride jusqu^ux lacs du Canada f et de là court de r^t à l'ouest pour rejoindre reitrémité des Gorditières , au-ddà des lacs Sikmx. 3^ Dans le fBand coBlincBt de TEurepe et de VAsie , qui non-seuleaient É'est pis^ WBneccttx de rAmériqneet de rAfnqoe, traversé pl^févuttenr, iHnae&est aèMAytéloisDé, lies chaînes des priacipalaraoDlayBea^ aafis* d'ètB tfrjfléesdtt sud » lesoBt<rocddeat m omt La ph» ioi«w da c»chaliKS OMamence au fond de l^pjigne , figat les PyMnéas^ ^itÊmà en France par rAuvo^ne et le Vivarais, passe ensuite jm ka Alpes , en Allemagne, en Grèce, en Grimée,' d atteint le Caucase, leTaurus, riniafis, qui environnent la Perse, Cachemire, et le Mogol aà nord , jusqu'au Thibet, d où elle s'étend dans

Tartarie chinoise, et arrive vis-à-vis la terre dTeço. Les principales branches que jette cette chaîne principale so^ dirigées du nord au s^d en Arabie, jusqu'au détroit de b mer Ronge; dans l'indostan, jusqu'au cap Comorin; du Th&et, jnaqu'à 1# pointe de Malaca. Ces branches ne laissent pas de former dés sukes de montagne particuÙèrès donties sommets umi fort élevés. D'autre c6té , cette chataie principale jette du sud au nord quelques rameaux > qui s'étendent depuis les Alpes du Tyrol jusqu'en Pologne; ensuite, depuis le mont Caucase jusqu'en, Moscovie, èt depuis Cachemire jusqu'en Sibérie; et ces rameaux, qui sont du sud au nOcd de la cbatœ principale, ne présentent pas des montagnes aussi élévées que celles des branches de cette même cbatoe qui s'étendent du nord au sud.

Voilà donc, à peu près, la topographie de la surface de la terre, dans le temps de notre seconde époque» immédiatemcat après la consolidation de la matière. Les hautes montagnet que

SKCONDE CPOQUE, 9»

ttm. veooas de désigner sont le» émweac» piiMtiires, â*dire les aspérités produices à la sartee da globe an momenit qà'il a pris sa oonsistanee: ellesjdomnt leqr origine I VttttÈ da Feq , et sont aussi , par celte raison , composées, dansleot intérieur et jusqu'à leurs sommets, de raatières^Tilrescibles r tontes tiennent par leur base à la roche jmérieiHt du (j^ôbe, qui est de même nature. Plusieurs antres éomences moiàs éleviées ont traversé, dans ce ipéoie temps et presque en to<is sens, la snrftiçe de la terre ; et IV>n peur assurer que , dans tons les lieux où l\>n trouve des BKHitagBea de roc vif ou de toute antre matière solide et vitresciMe, leur origine et leor établisaemait local ne peuvent être atti^Miés qn*l l'action du feu et aux effèts de la consolidation > qui ne se fait jamais sans lais* ser des inégalités sur la superficie de toute masse de matière fondue.

En même temps que ces canses ont produit des éonnences et des profàndôirs à la surface de la terre, elles ont aoi»i fiormé des boursouflures et .des cavités à rimérieur , surtoot dtfis les couçbes lei plus extérieures. Ainsi le globe, dès le teuips de cette seconde époque, lorsqu'il eut pris sa consistance^ et avant que les eaux y fussent établies, préMotoit une surface hérissée de montagnes et «lionnée de vallées ; mais toutes les causes subséquentes et postérieures à celte époque ont concouru I combler toiHes ks profondeurs extérieures, et même les cavités intérieures. Ces canses subséquentes ont au^ altéré presque panout la- formé de ces inégalités primitives; celles qui ne s'élevoient qn'à une hauteur médiocre ont été, pour la plupart, recouvertes dans la suite parles sédiments des eaux , et toutes ont été environnées à, leurs bases, jusquH de grandes hauteurs , de ces mêmes sédiments. C'est par cetle raison que nous n'avons d^aulres témoins apparents de la première forme de la èurface de la terre que les montagnesxomposées de matières vitrescibles, dont nous venons de t«ire rénnmération : cependant ces témoins sont sûrs et suffisants; car, comme les plus hauts sommets de ces premières montagnes n'ont pent-ètre jamais été surmontés par les eaux , ou du

460 DES tPOl^UES DE LA NATURE.

moins qu'ils Tuât été que pendant on petit temps, «Ctendo qa'on n'y tronve aucpn 4ébm des prodiicti<His marines, el qu'ils ne sont composés qoe de matiferesvîtrescyoles, on ne peut pas douter qu'ils ne doivent leur origine an feu , et que ces éminences, ainsi que la rodie intérieure du globe, ne fessent epsemble un^^ps continu de même mtiure, c'est-à-dire de matières vitrescibles^ dont la fbmutfioû a précédé celle de toutes les autres matières.

Et tranchant le globe par l'équateur , et comparant les deux hémisphères, nn Tmt (pie celui de nos contidents contient I proportion beaucoup plus de terres que Taulre ; car l'Asie seule est plus grande que 4^ parties de ('Amérique , cle l'Afrique, de la Nouvelle-Hollande, et de tout ce qu'on à découvert de terre aii^lelà. Il y avoil donc moins d'éminences et d'aspérftés sur l'hémisphère austral que sur le boréal,. dès le temps même de lasconsolidation de la terre; et ^i 1^ considère pour un instant ce gisement général des terres et des mers, on rieconnottra que tous les continents vont en se rétrécissant du c6té du midi, et qu^au^contraire toutes les mers vont en «'élargissant vers ce même côté du midi La pointe étroite de l'Amérique méridionale , celle de la GaUfbmîe , celle du GroenAand, la pointe de l'Afrique , "celles des 4eux presqu'îles de rbde, et enfin' celle de la Nouvelle-Hollande, démontrent évidemment^ ce rétrécissement des terres, et cet élargissement des mers vers les régions australes. Cela semble indiquer que la soriace du globe a eu originairement de plus profondes vallées dans l'hémisphère austral, etdeséminences en plus grand nombre daqs lliémisphèrè boréal. Nous tirerons bientôt quelques inductions de cette disposition générale des continoits et des mers.^

La terre, avant d'avoir reçu les eaux, étoit donc irrégulièrement hérissée d'aspérités, de profondeurs et d'inéspilità semblables à celles que nous voyons sur un bloc de métal on de verre fondu; elle avoit de même des boursouflures et des cavités intérieures, dont f origine , comme celle des inégâKtés eilérieures,4ie doit être attribuée qu'aux effets de la conso-

SECONDE fiPOQDE. 401 ItdatioD. I^es plus grandes éminenc^, profondeurs extérieures el cavités intérieures, se sont trouvés dte^lon, et se trouvent encore aujourd'hui sous Téquateur , eatre les deux tropiques , parce que cette zone de la surface du e^obe est la dernière qui s^est consolidée, et que c'est dans ccKe zotie où le mouvemeot de rotation étant plus rapide, il aura produit les plus grands effets^la matière en fusion s'y étant élevée plus que partout ailleurs, et s'élant refroidie la dernière, il a dû s'y former pins d'inégalités que clans toutes les autres parties du globe où le mouvement de rotation^toit plùs lent, et le rèfiroidissement plus prompt. Aussi trouve*t-on sous cette zone les plus hautes montagnes, les mers le^ plus entrecoupées, semées d'un nombre infini d'tl^, à la vue desquelles on ne peut douter que, dès son origine , cette partie de la terre ne fût la plus irréguUère et la moins solide de toutes.

Et quoique la matière en fosion ait dft arriver également des deux pôles pour renfler l'équateur , il pacolt, en comparapt les deux hémisphères, que notre pôle en a un peu moins fourni que l'autre , puisqu'il y a beaucoup plus de terres et moins de mers depuis le tropique du Cancer au pôle boréal , et qu'au contraire il y a beaucoup plus de mers et moins de terres depuis celui du Capricorne à l'autre pôle. Les plus proiFondes vallées se sont donc formées dans les zones froides et tempérées^ de lliémisphère austral , et les terres les plus solides et les plus élevées se sont trouvées dans celles de l'hémisphère septentrional.

Le globe étoit alors , comme il l'est encore aujourd'hui , renflé sous l'équateur, d'une épaisseur de près de six lieues un quart; mais les couches superficielles de cette épaisseûr y étoîent, à l'intérieur, semées de cavités, et coupées à l'extérieur d'érainences et de profondeurs plus grandes que partout ailleurs : le reste du gl(^ étoit sillonné et traversé en différents sens par des aspérités toujours moins élevées à mesure qu'elles approchoient des pôles; toutes n'étoient composées» que de \a même matière fondue, dont est aussi composée la

roche intérieure du globe; toutes doivent leurorigined Taaion Bvnon. 111. 2ô

du fea primitif et à la vitrification générale. Ainsi la sorface de la terre gavant TarriVée dès eaai, ne présenloit que ces premières aspérités, qui forment encore aûjonrdliui les noyaui de nos plus hautes montagtifli; celles qui étoient moins élevées spnt été dans la suite recouvertes par les sédimeirts des eaui et par les débris des productions de la mer , elles ne nous sont pas aussi évidemment connues que les premières : on trouve souvent des b^ncs^ calcaires au-dessus des rochers de granité , de roc vif , et des autres masses de matières vitrescibles; mâis Ton ne voit pas de masses de roc vif au-dessus des bancs calcaires. Nous pouvons donc assurer ^ sans craindre de nous tromper, que la roche du globe est tontinue avec toutes les éminences hautes et basses qui se trouvent être de la même nature, c'est-à-dire de matières vitresciMes : ces éminences font masse avec le solide du globe; elles n^en sont que de très petits prolongements,^ dont les mmns élevés ont ensuite été recouverts par les scories du verre, les sables, les ailles, et/ons les débris des productions de la mer amenés et déposés par les eaux dans 1^ temps subséquents, qui font l'objet de notre troisième époqtle.

Lorsque les eaux oni cwwert nos çoniimefi/s.

\. A'krdÊte'iib ireme M trente^cinq millé im de là formation lies planètes, la terre se trouvoit assez attiédie pour recevoir

eaux sans 1^ rcyeter en vapeipra». ^ l'aUxui6||hÈrc avoit conaitieode de' flè.âébioiiittèf : iMMirieoleiii^t les fsatn , mais tomes les matières volatiles que la trop grande chaleur y teooit reléguées et suspendues, tombèrent ^ccessivement ; dicf jwiplirent toufes les Y>rofoadeur$ , couvrimft Ipntes les ijlriDes, lous les iniervallesqui se trouvoient entre les émiaèilc^a de la surface du globe « et màine isUçs imnQQpt^jt; t ttmèes <^lle8 qui n'étoient pas excesriVemeBt levées. On a des preuves évidentes que les mers ont couvert le continent de l'Europe jusqu'à, q^ia2e cents toises du {^vean^ la o^eF actuelle, puisqd'ôn troute-des cûqoîHes et dliutrei! firodued^ marines dans les Alpes et dans les Pyrénées jusqu'à cette même hauteur. On a les mêmes preuves pour les conliaents de TA^ie et de TAfrique , et même dans celui de FÂmérique, où les montagnes sont plus élevées qu'en Europe, on a trouvé ^e^'eof^ quilles marinçs à plus dedeux joUle. toises de tiautéur au-dessus dtt iulYeaii"de la nier du Sud.lî est doue certain que, dans c^ premiers temps, le diamètre du gMjpi tfoit deux lieues de plus^ puisqu'il étpit enveloppé d'eau jusqu^à d^u^ nulle tmes de hàulenr. La surfiieede la terre en général: étoit donc beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est aujourd'hui; et, pendant une longue suite de temps, les mers l'ont recouverte en entier, à Texception pent<4trerde quelques terres très élevéès et des sommets des hautes mnniagnes , qui seuls surmontoient cette nier universelle, dont l'élévation étoit au moins à cette hauteur

l*tmcâse de trouver des coquilles : d*oû l'on doit insérer

que les animaniâiixquets ces dépouilles ont ap])artenu peuvent

être regardés coflime les premiers habitants du globe; et cette

pepuiatioa étoit innoilibrablef à en juger par Timmense quan-

titéde Feors dépouilles et .de leurs détriments , puisque c'est de. ces mêmes dépouilles et de leurs détriments qn^ouf été formées toutes les couches de pierres calcaires , des marbres, des craies et des tuft, qui composent nos collines, et qui s'éteadent sur de grandes contrées dans toutes les parties de la terre.

Or dans les commencements de ce s^our des eaui sur la surface du globe, n*avoient-eIles pas un degré de chaleur que nos poissons et nos coquillages actuellement existants n'auroient pu supporter? et ne devons-nous pas présumer que les premières productions ^'me mer encore bouillante étoient différente de celless qu'elles nous offre aujourdliuiP Cette grande cfaaléur ne pouroit convenir qn^à d'autres natures de coquillages et de poissons; et par conséquent c'est aux premiers temps de cette époque , c'est-à-diré depuis trente jusqu'à quarante mille ans de la formation de la terre, que Ton doit rapporter l'existence des espèces perdues dont on ne trouve nulle part les analogues vivants. Ces premières espèces, maintenant anéanties, ont subsisté pendant les dix ou quinze mille ans qui ont suivi le temps auquel les eaux venoieni de s'établir.

Et l'on ne doit point être étonné de ce que f avance ici , qu'it y à eu des poissons et d'autres animaux aquatiques capables de supporter un degré de chaleur beaucoup plus grand que celui de la température actneHe de nos mers méridionales , puisque encore aujourd'hdi nous connoissons des espèces de pçîssons et de plantes qui vivent et végètent dans des eaux presque bouillantes, ou du moins chaudes jusqu'à S&on M degrés du thermomètre'.

* On voit plusieurs exemples de planteit quicrolneDt dans les eaux ibcrinalps les plus chaudes , et M Soimerat a trouvé des poissons dans une eau dont b chaleur étoit si active, quil ne pouvoit y plon^fer la main. Voici l'extrait de sa relation à ce sujet. < ,1e trouvai, dit-il , â deux lieues de Calanbo, dans nie de Luçon, près du village de BaiHy, un ruisseau dont l'eau ëtoit chaude au point que le thermomètre, division de Réaumur , plonç^ dans ce mtsseaa » à une lieue de sa source , marquoit encore 60 de{^. Jlaufpnob , •D voyant un pareil degré de chaleur, que toutes les productions de la nature «levoient être éteintes sur les hotâ» du ruisseau , et je fus très surprit de voir trots arbrisseaux très Tigonreux dont les racines treropoîcnt dans cette eau

Mais, pour ne pa> perdre le fil des grands et nombreux phénomènes que nous avons Si exposer, reprenons ces temps antérieurs, où les eaux , jusqu'alors réduites en vapeurs, se sont condensées, et ont commencé de tomber sur la terre

bovUlante, et doDt les brmçhet Soient environnées de la vapeur ; elle étoit tl considérable, que les hirondelles qui osoieot traverser ce ruisseau à la Kaute«r de- sept ou huit pieds y torobbient sans mouvement. L'un de ces trois arbrisseaux étoit un d^m^ castûs, et les deux autres des aspeUatkus. Pendant mon séjour daiîs ce village, je ne bus d'autre ^u que celle de ce ruisseau, que je faisois refroidir : son goût me parût terreux et ferrugineux. On a construit différents bains sur ce ruisseau , dont les degrés de chaleur sont proportionnés à la distance de la source. Ma surprise redoubla lorsque je ▼is le premier bain : des poissons nageoient dan^ cette eau où je ne pouvois plonger la main. Je. fis tout m qu'il me fut possible pour me procurer quelques-uns de cef poissons ; mais leur agilité et la maladresse des gens da pays ne me permij^t pas d'en prendre un seul. Je les examinai nageant ; mais la vapeur^die J'eau ne me permit pas de les distinguer assez bien poor lesispproelitlt de quelque genre : je les reconnus cependant pour des poissons à écaillât brunes; la longueur des plus grands étoit de quatre pouces. Jignore comment ces poissons sont parvenus dans ces bains. > ' M. Sonnerat appuie son récit du témoignage de M. Prevosf , commissaire delà marine, qui a parcouru avec lui l'intérieur de Itle'Lnçonw Vinci comment est lionçu ce témoignage :

«Vous avez eu raison , monsieur, de fiaire part à M. de BufFon des observations que vous avez rassemblées dans le voyage que nous avons fait ensemble. Vous désirez que je confirme par écri^celle qui nous a si fV>rt surpris dans le village de Bailly, situé sur le bord de la lagune de Manille, à Los- Bagnos : je«uis filobé de n'avoir point ici la note de noe observations failes avec le thernnomètre de Réaumur; mais Je me rappelle tris bien que l'eau du petit ruisseau qui passe dans ce village pouir se jeter dans' le lac fit mo^iter le mercure à 66 ou 67 degrés , quoiqu'il n'eût été plongé qu'à une lieue de sa soorqe *. les bords de ce ruisseau sont garnis d'un gazon toujours vert. Vous n'aurez sûrement pas oublié cet agnus caslus que nbus avons vu en 0eui*s, dont les racines étoient mouillées de l'eau de ce ruisseau, et la tige cosiinuellement enveloppée de la fumée qui en sortoit. Le père Franciscain , cùté de la paroisse de ce village, m'a aussi assuré avoir vji des poisaons dans ce même ruisseau ; quant à moi, je ne puis le certifier* mais j'en ai vu dans l'un des bains dont la cbaleur foisoit monter le i^rcure à 48 et 50 degrés. Voilà ce que vous pouvez certifier a veé assurance. Signé Peetost. » {Foxcge à la Nouvell&'Guinée , par M. Sonnerat, correspondant de l'Académie des Sciences et du Cabinet du Boi ; Paris, 1776 , pages 38 et sniv.)

Je ne sache pas qu'on ait trouvé des poissons dans nos eaux thermales ; mais il est certa'm que , dans celles mêmes qui sont les plus diaudes , le foud . du terrain est tapi»»é de plantes. M.' Tabbé Mazéas dit expressément que dans reau pfesque bouillante de la solfatare de Vilerbe le fond du bassin est cou- :kert des mêmes plantes qui croissent au fond des lacs et des marais ( Mé^ . moires des savants étrangers, tome V, page 325.) {Add Buff.)

bWHante, aride, desséchée, crevassée par le fed. Tâchons de noos représenter les prodigieur effets qai ont accoittpagné et soivi celle chut^ précipitée de» matières r volatiles, toutes séparées, combinées, sublimées, dans le temps de la consolidation, et pendarit le progrès du premier refroidissement. La séparation de Télément de lair et de Téiément de Ucâiu^ le choc des vent» et des flots qui tomboient en tourbillons sur une terre fumante ; la dépuration de TaCmosphère qu'au* paravant les rayons du soleil ne pouvoient pénétrer; cette même atmosphère obscurcie de nouveau par les ni^ges d*uiie épaisse fumée ; la cohobation mille fois répétée, et le bouillonnement continuel des eaux tombées et rejétées alternativement : enfia la lessive de Tair, par l'abandon des matières yolatiles précédemment sublimées , qui toutes s'en séparèrent et descendirent avec plus ou moins de précipitation : quels mouvements, quelles tempêtes ont dû précéder, accompagner et suivre Tétablbsement local de chacun de ces éléments! Et ne devons -nous pas rapporter à ces premiers moments de choc et d'agitation les bouleversements, les premières dégradations, les irruptions et les changements qui ont donné une seconde forme à la plus grande partie de la surface de la terre? 11 est aisé de sentir que les eaux qui la couvroient alors presque tout entière, étant continuellement agitées par la rapidité de leur chute , par l'action de la lune sur l'atmosphère et sur les eaux déjà tombées, par la violence des vents, etc. , auront obéi à toutes ces impulsions^ et que, dans leurs mouvemients, elles auront commencé par sillonner plus à fond les vallées de la terre , par renverser les éminences les moins solides, rabaisser 1^ crêtes des montagnes, percer leurs chaînes dans les points les plus foibles; et qu*après leur établissement ces mêmes eaux se sont ouvert des routes souterraines, qu*elles ont miné les voûtes des cavernes, les ont fait écrouler, et que conséquent ces mêmes eaux se sont abaissées successivement pour remplir les nouvelles profondeùrs qu'elles venoient de former. Les cavernes étoient Toumge du feu : l'eau , dès son arrivée , a

TaOlSlÈME ÉPOQUE. m comioencé par les atldqoer; die les a^détnikes, ^ oontiirae dé les détruire encore. Noua devons donc attribuer l'abaisse^ ment dea eaux à raffaissement des cavernes, comme à la seule caose qui nous soit démontrée par les faits.

Voilà les premiers effètsproduits par la masse, par le poids et par le volume de Teau ; mais elle en a produit d^anlres par sa seule qualité ; ell^ a saisi toutes les matières qu'elle ponvoit délayer et dissoudre; die s'est combinée avec Tair, la terre et le feu, pour former les acides, les sds , etc.; die a converti les scories et les poudres du verre primitif ea argiles; ensuite elle a , par son mouvement, transporté de place en place ces mêmes scories et tontes les matières qui se trouvoienf réduites en petits volumes. II. s'est donc fàit dans cette seconde période, depuis trenterdnq jusqu'à cinquante mille ans, un si grand dumgement à la surface du globe, que la mer universdie, d'abord très élevée, s'est successivement abaissée pour remplir les profondeurs occasionées par l'affaissement des cavernes, dont les vo6tes liaturelles, sapées ou percées par l'action et le fèu de ce nouvel élément, ne pouvoient plus soutenir le poids cumulé des terres tt àn eaui dont elles étoient chargées. A mesure qu'il se faisait quelque grand affaissement par la ruptare d'une qê de plusieurs cavernes, la surfoçe de 4a terre se déprimaoèen ces endroits, l'eau arrivoit de toutes parts pour remplir cette nouvelle profondeur, et par conséquent la haluteur générale des^mers diminuoit d'autant; en sorte qu'éjtant d'abord à deux mille toises d'élévation la mer a successivement baissé jusqu^u niveau où nous la voyons aujourd'hui.

Ôn doit présumer que les coquilles et le$ autres producr lions marines, que Ton trouve à de grandes hauteurs audessus du niveau actuel des mcirs, sont les espèces les. plus anciennes de la nature; et il serait important pour l'histoire naturelle de recueillir un assez grand nombre de ces productions de la mer , qui se trouvent à cette plus grande hauteur, et de les comparer av'ec celles qui sont dans les terrains plus bas.^ Nous sommes assurés que les coquilles dont nos collines sont composées .appartiennent en partie $ des espèces

încomiiM, c*e8t-à-Hlire h des espèces dont aacime mer fréquentée ne nous offire les analogues vivant^. Sî jamais on fait un recueil de ces pétrifications prises à la plus grande élévaticm dans les montagnes, on sera peut-être en état de pitmoïKcer sur Tançienneté plus ou moins grande des espèces reladvement aux autres. Tout ce que nous pouvons en dire âiiyourd'huit c'est que quelques-uns des monuments qui ^ous démontrent l'existence de certains animaux terres^ très et marins dont nous ne connoissons pas les analogues vivants , nous montrent en même temps que ces animaux étoient, beaucoup, plus grands qu'aucune espèce du même genre actuellement subristante. Ces grosses dents molaires à pointes moqsses, du poids de onze ou douze livres; ces cornés d*ammon, de sept I huit pieds de diamètre sur un pied d'épaisseur , dont on trouve les moules pétrifiés, sont certainement des êtres gigantesques dans le genre des animaux quadrupèdes et âans celui des coquillages. La nature étoit alors dans sa première force, et travailloit la matière organiqùe et vivante avec une puissance plus active dans une température 0lus cb^ude : cette matière organique étoit plus divisée, moins combinée avec d'autres matières, et<pouvoit se réunir et se combiner avec elle-même en plus gfundes masses, pour seilévelopper en plus grandes dimennons. (Sette cause est suffisante pour rendre raison de tontes les productions gigantesques qui paroissent avoir étésAréquentes dans ces premiera âges du monde *.

■ Lm grosses (knts 9i pointel mouises éùnt nous avons f^^rlé, indiquei^ ufie espèce gigantesque , relativement aui autres espèces , eC même k celle àe t'él^hant; mïis cette espèce gigantesque n'existe plus. D'autres grosses ^ts, dont la face qui l)roie est Û^rée en trèfle , comme celle des hippopotames , et qui néanmoins sont quatre fois plus grimses que celles des hippopotames actuellemeiit subsistants , démontrent qu'il y a eu des individus très gigantesques dans l'espèce de l'hippopoume. D'énormes fémurs , plus grands et beaucoup phis épaui que ceux de nos éléphants , démontrent la même chose pour les éliéphants ; et nous pouvons citer encore quelques exemples qui vont à l'appui de notiv opinion sur les animaux gigantesques.

Qn a trouvé auprès de Rome, en 1772 une téte de bœuf pétrilîée, dont le p. Jacquier a donné la description. < La longueur du front , comprise entre 1rs deux oomes , est , dit-il , de 3 ikàt 3 pouces ; la distance entre les orbites

TftOlSlÈME ÉPOQUE.

En fécoDdaiit les mtm, la natare répandoit anari les pdiidpes de vie surtoutes les terres que l'eau nVoit pu surmonter, ou qu'elle avoit proroptement abandonnées; et ces terres, comme les ipers, ne pou voient être peuplées que d'animaux

des yeux , de 14 poocci ; celle depint la portion supérieure du front jusqu'à rortiite de rœH> de 1 pied 6 pouces> la droonfiéreuce d'uue'corne mesurée dMs le bourrelet infiérieur, de 1 pkîd 6 pouces ; la Umgueur d'uue coroe mesurée dans toute sa courbure , de 4 pieds ; la disunce des sommets des cornes, de 3 pied» ; llnlérieur est d'une pétHficaiion très dure : cette tète a été trou- Téedans un fonds de pouzsolane , à la profondeur de phis de 20 pieds. •

On Toyoit , en 1768 , dans la cathédrale de Strasbourg , une très grosse corne de bœuf, suspendue par une chaîne contre un pilier près du chœur : elle m'a paru «céder trois fbis la grandeur ordinaire de celles des phis grands hœnH ; comme elle est fort élevée , jen'ai pu en prendre les dimensions ; mais je rai jugée d'environ 4 pieds % de longueur sur 7 à 8 pouces dediamètrpau

*^nd Waflfer rapporte qull a vu , aw Mexique , des o«scmentt et des dents d'une prodigieuse grandeuir ; entre autres urie dent de 3 pouces de laqïe sur 4 ponces de longueur, et que les plus habiles gens du pays ayant élé consult^ jugèrent que la léte ne pouvoit pas avoir motos d'une aune de largeur. (W affer , yoragefn Amérique, pa^e 3C7.

C'est peut-être la même dent dont parle le P. AcosU. f J'ai ?u . dit-il , une dent molaire q^il m'étonna beaucoup par son énorme grandeur , car elle étoit aussi grosse que le pomg d'un homme. » Le P. Torquemado, fraodscam, dit aoMi qu'il a eu à son pouvoir une dent molaire deux fois aussi grosse que le poing, et qui pesoit phis de deux litres : il ajoute que, dans cetle même ville de Mexico, au couvent de Saint-Angustm, il avoit vu un os fémur si grand, que l'individu auquel cet os avoit appartenu devoit avoir été haut de 11 à 12 mdées, c'est-à-dii^ 17 ou 18pleds, et que la lête dont là dent avoit Ôé tirée étoit aussi grosse qu'une de ces grandes cruches dont, on se sert en Castille

pour mettre le vin. «,

PhIlippeBèmandczrapportequ'on trouve à Tczcaço et à Tosuca plusieurs os de grandeur extraordinaire, et que parmi ces os il y a des dents molaires larges,dè 5 pouces et hautes de 10 ; d'où l'on doit conjecturer que la gro«îur de la t^e à laquelle elles appartenoient était si énorme, que deux hommes aucoient à pdne pu l'embrasser. Don Urenzo Boturini Benudaa dit aus« que dans la Noutelle-Espagne, surtout dans les hauteurs de Santa-Fé ^ dans le territoire de la Pueblaet deTlascallan, on trouve des os énomj^ et des dents molâres , dont une quil conscrvoit dans son cabinet est cent fois plus grosse que les plus grosses dents humaines. [Gigantologie espagnole, par le P. Torrubia , Journal étranger, novembre 1760.) ^ ^ ^

L'auteur de cette Gigantologie espagnole attribue ces deoU énomcs et ces grands os à des géanU de l'espèce humaine. Mais est-il croyable qàû y ait jamais eu des hommes dont la tête ait eu 8 à 10 pieds de circonférence? N «t-il pas même assez étonnant que , dans l'espèce de l'hippopotame ou de 1 éléphant , il y en ait eu de celte grandeur ? Nous pensons ^onc que ces énormes ' Note communiquée à M. de Buffon par M. Grignon , le 24 septembre 1777.

4i(è DES fPOQCJES DE LA NATURE.

' et 4e végétaux capables de supporter nue dialear plus grande que celle qui coDvient aujourd'hui à la nature vivante. Noua avons des monumeots tirés du sein de la terre, et particulièrement du fond des minières de charbon et d*ardotse, qui opos

dente «oDt de la même etpèoe que oellei qui ont été trouvéet nouTcHement en CaoïKtattir lanTièred*Oliio,qi]eB(mttToii0<fit«p|Mrt^ m» couan dont l'etpèœ étoit autrefois eiiftaate en Tartarie ^ en SibMd , au Canada y et t'est étendue depoii 1^ lilinoit. jusqu'au Mexique. Et comme cet auteurr etpagnobi ne disent pas que IVm ait trouvé , dans la Rouvelle-Espagne , des défeiïses d'éléphants mêlées aveé ces grotses di>nts molaires, cete nous Mt présumer qull j avoit en effet une espèce différente de celle de ^éléphant , à laquelle œs grosses dents molaires appartenoient , laquelle est parvenue jusqu'au Mexique. Au reUe, les adosses dente dliipfx>potame parois* sent a^ohr été anciennemeot49)mmes; car saim Augwtin dit avoir TU molaire si grosse, qu'eu la diyisaut elle auroit ftàt <eot molaires d'un homme ordinaire *. Fulgose dit aussi qu'on a trouvé en Sicile des dente dont chacune pesdit 3 lirres

9$, John Sommer rapporte avoir trouvé ftChatham, près «te Cantoiterr, à 17 picdsde profondeur, quelquesosétrangers et nionstrueux, les uns entiers, les autre» rompus, et quatre dente saines et parfaites pesant chacune un peu plus d'une demi- livre , grosse H>cu près comme le poing d'un homme : toutes quatre étoient des dente molaires ressequblant assa aux dente molaires de rhomme, si ce n'est par la grosseur II dit que LouisVives parle d'une dent encore plnsgrosse"^ qui lui fut montrée pour une dent de saint Christophe. U dit aussi qu'Acoste rapporte avoir vu dans les Indes une dent sembtaM« qu^avolt été tirée de terre avec pUnieurs autres os, lesquels rassemblés et arrangés représentoient un homme d'une structure prodigieuse , ou plutât monstrueuse*^*. Nous aurions pu, dit judicacusemeot M. Sommer, juger de nêmedes dente qu'on a Urées de la terre auprès deGaotoiiiery,sl l'on n'eût pas trouvé avec ces mêmes dente de» os qui ne pouyoient être des os d'homme: quelques personnes qui les ont vues ont jugé que les os et les dente éloient d'un hippopoteme. Deux de pes dente sont gravéesdans une planche qui est à la téte da n* 272 des Dranstictiotis philosophiques, fig. 9. -

On peut conclure de ces faite que la plupart des grands os trouvés dans le sein de la terre sont des os d'élépbante et d'hippopotames; mais il me psrolt œftein , par la comparaison immédiate des énormes dente i pointe» mousses avec les deote de l'éléphant et de l'hippopotame , qu'elles ont appartenu un grand animai beaucoup plus gro^ que l'un et l'autre, et que l'espèbe de ce prodifjieQx animal ne subsiste plus anjourdliui.

Dans les éléphante actuellemeftt existante, il est extrêmement rare d'en trouver dont les défenses aient six pieds de longueur. Les plus grandes sont communément de cinq pieds dnq pieds et demi, et par conséquent l'ancien éléphant auquel a appartenu la défouae de dix pieds de longueur, dont nous

* De Civitate Det, lib. XV, ca.i. ix; ♦* Lib. I , cap. VI.

*** Dens motaris pugno major. ' ♦**• beformed Mghness or greatnest.

démontrent qae quelqàes-ùns des pmasons et des végétaux que ces matières contiennent ne sont pas des espèces actuellement distantes On peut donc croire que la population de la mer en animaux n*est pas plus ancienne que celle de la terre

aTODt les fragments, élolt un géant dans cette espèce, aussi bien que cehil éoat nous avons un fémur d*un tiers plus gros et ptus^^rand que les fimurs des âépbants ordinairen.

il en ^ de mêine dans l'espèce de rbippopotame ; j*ai fait arracher lés deux pins grosses deat» amUra de la plus grande t6te.d*hippo|)otaiiie que mm ayons au Cabinet du Roi : Fune de ces dënts pèÊt lo onces, et raiHre 9^ onèes Vi. J*al pesé ensuite deux dents, Hvnfée en SlbéHs, et fantras^ OuHMli; Ja première pèseSlirres 13 onces, dlaseotoilBSlimiSaiieill* Ces ancifllii liippopotames étoient, oomas fm Ww.jaSpii<Bi|wei;iar eomparaim de eeux qui existent aujouidML * • * ' \

Vpàmfii ^ nous arons dté de ràiorme f^e de bœuf pétrifiée tmotès att ^élTOKil da Rome prmivé aussi qu'il y a eu de prodi^^ieux géants dapi ef^pM^^|#i il MIS poufiAM la éâtÊM/Êt ^ar jilpitoiirs aitfns ÉMoMiii^

trts fcwe et Ml» uaUsumii , qnl eitfilflMni>*H mtmmékVBmtèÊê. porte 2$ pimrff ifi itmnttiftiMni lia liSMi* ut s> Im^wh îIT f alÉili i aaanriQSooniientllpid^Md9fin%>|^^ laecmÂni ttomT, tf« pdi4s de 7 iwft; tanâi «atla pHn «ntiToa #flae1teai,#i

Aol par M. UwÊÊÊâ^'tiifim^i^j^ taiwtofcaàicouf #

eonnpissances en hlitoape namrâltt IPI^inx .«s de lli^férletir deadomes d'an bœuf râinis par un morceau du crlne, i|ui ont #élvoitf|ft â 2$ pMs de proftMideur , dans les couches de tourbe, entre Amlebs et Abbevillc , et qui m'ont été envoyés poUr le Cabinet du Roi : ce morceau pèse 17 livres : aiost chaque os de la corne , étant séparé de la portion du crâne , pèse au moins 7 livres Vr J'ai comparé les dimensions comme les poids de œs difff^renU os : celui du plus gros bœuf qu' on a pu trouver à la boucherie de Paris n'avait que 13 pooem de lonfjueur sur 7 pouces de circonférence à la base, tandis que des deux autres tirés du sein de la terre, l'un a 24 pouces de longueur sur 12 pouces de circonférence à la base, et l'autre 27 pouces de longueur sur 13 da circonférence. En voilà plus qu'il n'en fautpoi^'dâiiQatrerqpie^dfeairafM du bœuf, comme dans celles de l'hippopotwf çida féWphW, tty me><dp prodigieux géants. ( Jdd. Buff. )

* Sur cela nous observerons, avec M. Lehman , qu'on ne trouve guère dis empreintes de plantes dans les rames d'ardoise, à Texception de celles qjtila^oompsgnent les mines de charbon de terre; et qu'au contraire on ne trouve ordinairement les empreintes de poissons que dans les ardoises cuivreuses.

On a remarqué que les bancs d'ardoise chargés de poissons pétrifiés, dans le comté de Mansfeîd, sont surmontés d'un banc de pierres appeléespiuinfej.* c'est une espèce d'ardoise grise , qui a tiré son origine d'une eau croupissante, dans laquelle les poissons avoient pourri avant de se pétrifier. {Leehéroth, Journal économique, im\\si\7 SI.)

M. Huffman, en parlant des ardoises, dit que non-seulement les poissons

DES ÉPOgUES OE LA NATURE.

en végétaux : les monuments et les témoins sont pins' nombreux, plus évidetits pour la mer ; mais ceux qui déposent pour la terre sont aussi certains , et semblent nous démontrer que ces espèces anciennes dans les animaux marins et dans les véçélaux terrestres se sont anéanties, ou plutôt ont cessé de

que Ton y trouve pétrifiég ont lié dat çpéaturei Thiiilfi^ mit jiBkitnii. ches d'ardoises n'pot été que te dépflt d-itae ian'AyBige;ÉS^»^i^W^^i^^ fermenté et s'être pétrifiée , s'^ pràÂiiitéè pne lmiàm très minées. .

• Les ardoîMft d'Angers, dit M. Guelùuxl^ pMaefttost quehjii^^ des empreintes de plantes et de poissons , qui méritetit #auàiît plus d'attekilioo , ^ les plantes aniquelles ces emprëntes sioni duesélûieiil des flwtu ûs «MTyil que celles des poisson^ représentent différents crustacés ou animaux dé b classe dies écrevisses, dont les empreintes sont plus rares que oeDés des poissons et des coquillages. Il ajoute qu'après avoir consulté plusieurs aiiteurt qui ont écrit sur les poissons, les éerëtiiies et les crabes, il u a rie^ ttomé de ressèmblant aux empreintes en question , %ï ce n'ait le pou de mer, qui y a quelques rapports, mais qui en diffère iié<iuitioiiJ8 par le nombre de ses anneaux, qui sont au nombre de treize; au lieu que les anneaux ne sout qu'au nombre de sept ou huit dans len ctnpreinles de l'ardoise : les empreûitès de poissons se ti»uvent communément parsemi^ de matière pyriteuse et blanchâtre. Une singularité, qui ne ref^arde pas pltis les ardoises d'Angers que celles des autres pays, tombe sur la fréquence des empreintes de poissons et ia t*areté des coquillages dans les ardoises, tandis qu'elles sont si conumin^ dans les pierres à chaux ordinaires. » [Mémoires de l'Académie des Sciences, aqnée 1757, page 52. )

Ott^ peut donqier des preures démon^ttratives que tous latcharbous dctern^ ne sont composés que de débris de vq^cHaux , mêlés avec du bitume et du soufre, ou plutôt de l'acide yitriolique, qui se fait sentir dans la combustion ; on reoonnott les végétaux souvent en grand volume dans les couches supérieures des veinés de charbon de terre; et, â inestu-e que Ton descend, on voit les nuances de la décomposition debes mêmes véi^élaux. 11 y a des ei^ pères de charbon de terre qui ne sont que des bois fossiles : celui qui trouve h Sainte-Agnès^ près Lons-le-Saunier, ressemble ^^arfaitenient à des bûches uu tronçons de sapins; on y remarque très distincteinrnt tes veines de chaqi.e crue annuelle, ainsi que le cœur : ces tronçons ne difU'^rent des sapins ordinaires qu'en ce qu'ils sont ovales sur la loufjueur, et que leurs veines fortuent autant d'ellipses concentriques. Ces biklies n'ont ^lère qu'environ un pied de tour, et leur écorce est très épaisse et fort crevassée , comme celle des vieux sapins; au lieu que les sapins ordinaires de ptreilte giôfieir ont toigoàrs une écorce assez Usse.

* J'ai trouvé, dit M. de Gensanne, plusieurs filoris de ce môme charbon dans le diocèse de Montpellier : ici les trortçous sont très^^ros, leur ih^u rst très semblable à celui des .djâtat;;rners de (rois à quatre pieds de tour. Cts sortes de fossiles ne donnent au feu quVitie lt\;i>rc odeur d asphalte; ils brûlent, donnent de la flanmie et de la hraise commo du bois : c'est ce qu'on appelle communément en France di* la houille; elle î-e trouve fort près de la

TROISIÈI^E ÉPOQUE. It3

se multiplier , dès que la terre et la mer ont perdu la grande cbaleor nécessaire à T effet de leur propagation.

Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s'étant prodigieusement multipliés pendant ce long espace de Tingt. mille ans, et la duré» de leur Tie n'étant que de peu

nrtMss du terrain : ces houilles annoDcent, pour rordinaire, du Téritablç diartx» de terre à de plus grandes profondeurs. » ( Histoire naturelle du £anguedo€ , par M. de Censanne , toine I , page 20. )

Ces charbons ligneux doivent être r^ardës comme dat bois dépoiîés dans une iBrre bitumineux à laquelle est due leur qualité de charbous fossiles : on ae tes trouve jamais que dans ces sortes de terres, et toujours assez près de la surface du terrain; il n*est pas même rare qu'ils Forment la tête des reines #lm véritable charbon ; il y en a qui, n'ayant reçu que peu de sut)atance bitumineuse .ont conservé leurs nuances de couleur» de bois. « J'en ai trouvé de cette eîflke, dit M. de Gensanne, aux Cazarets, près de Sairit-Jean-de- Cucul, à quatre lieues de Montpellier; mais pour l'ordinaire la fracture de ce fossile préfienle une surface lisse, entièrement semblable à celle cki javet. Il y a dans le même canton , près d'Aseras , du bois fossile qui est en partie changé «nune vraie pyrite blanche ferrugineuse. La matière minérale occupe le cœur du bois, et on y remarque très di^itinctaaQeut la substance UQmm$ roogée en quelque sorte et dissoute par Tacidi mÊÊÊnilÊiÊÊttl^lJBt^iê^ éÊiwNUft du Languedoc , tome l , pa(;e 54. ) "

J'avoue que je suis surpris de voir qu'après de pareilles preuves rapportées par M. deGeusanîie lui-même, qui d'ailleurs est Ixm minéralof;iste, il attribue néanmoins l'origine du charbon de terre à Tarcile plus ou moins imprégnée de bitume : non-seulement les faits que je >ietis de citer d'après lui démentent cette opinion, mais on verra, par ceux que je vais rap[>orter, qu'on ne doit attribuer qu'aux déirimeuts des végétaux mêlés de bitumes la Basse entière de toutes les espèces de charbon de terre.

J-' sens bien que M. de Gensanne ne regarde pas ces l>ois fossiles, non plus que la tourbe et même la houille, comme de vériLiibles chai lMMis de terre entièrement foruH^; et en cela je suis de son avis. Celui qu'on trouve auprès de Lons-le-Saulnier a été examiné nouvellement par M. le président de Ruffey , savant académicien de Dijon. 11 dit que ce bois fossile s'approche beaucoup de la nature des charbons de terre, mais qu'on le trouve à deux OU trois pieds de la surface de la terre dans une étendue de deux lieues sur trois à quatre pieds d'épaisseur, et que Ton reeonnolt encore facilement ies espècesde bois de chêne, charme, hêtre , tietnble; qu'il y a du bois de oorde'et ilii fagotage, que l'écorce des biV hes est bien conservée, qu'on y distingue tes cercles des sèves et les coups de hache, et qu'à différentes distances on voit des amas de copeaux ; qu'au reste ce charbon dans lequel le bois rest changé est excellent pour souder le fer ; que néanmoins il répand | lorsqu'on le brtlle^ une odeur féiide , et qu'on m a extrait de l'ahM JfSiaMiif^.ditll^^ <le /^£/on, tome 1, page 47.) ' , ^« .i • • * . •

< Près du Tillage nomoié ÉMilUx, à une lieue enTiiw #^la fltli^^ HaUe, oaexploite deux goucIns composées d'une tme bitnôàlMMi el dsMs

4t4 DES ÉPOQUES DE LA NATURE.

d^années, les animaux à coquilles, tes polypes des coraux, des madrépores, des astroîtes , et tous les petits animaal qui convertissent Teau de la mer en pierre, ont, à mesure qu'ils périssaient , abandonné leurs dépouilles «t Itors ouvrages aux caprices des*eanx : elles auront^ transporté, brisé et déposé

loHiles (H y a plusiemy miDes de cette espèce dans le pays de Hesse) , et celui-ci,est wioblable à celui que l'on trouve dans te villaf^e de Sainte- Agnè^ en FraDChe-Comté , à deux lieues de Lons-Ie-Saulnier. Cette mine est dans le teiTai0 Saxe; la première couche est à trois toises et demie de f^rofondeu^ perpeqdicuUire, et de à 9 [nods d'épaisseur : pojir y parvenir un traverse un sable blanc, ensuite une Mn;ile blanche et {;rise qui sert de toit, et qui a 3 pieds d'épaisseur; on rencontre encore au-dessous une bonne épaisxenr tant de sable que d'argile qui recouvre la seconde couche, épaùi&e seulement de 3 Vi ^ 4 pieds : on a sondé beaucoup plus bas sans en trouTer d*auLres. #

Ces couches sont horizontales; mais elles plongent ou remontent à peu près comme les autres couches connue*. Elles consistent en une terre brune, bitumineuse, qui est friable lorsqu'elle est sèche , et ressemble du bois pourri 11 s'y trouve des pièces de bois de toute grosseur , qu'il faut couper i coups de haches, lorsqu'on les retire de la mine où elles sont encore mouillées, de boit étant sec se casse tris Mkmmt 11 est luisant daqt is eSKore comme le bitume ; mais on y reoonnott toute ^organisation du bois. |1 ek mka abondant que la terre; les ourriers le metteut à part pour leur usage.

« Dn boisseau ou deux quintaux de terre bitumineuse se rend dix-4iDit à ▼ingt.sous ^de France. 11 y a des pyrites dans ces couches; la matière en est ▼itrioliqjae ; elle refleuri^ et blanchit à Tair : mais ht matière bitucnittewe n'est pas d'un grand dâ>it, elle m donne qu'une chatesnr iioM^ » (f^ijijpaié' tallurgiques d^M, Jars,pigeÊd30H'W&f.) .

Tout ceci prouveroit qute effet cette espèce de mine de bolt.fMle, qui se trouif« si près de la surtee dé la terre^ seroit bien plus noMfls que Ift mines de eharbon de terre ordinaire , qni piriipo (outei ifentômÈHft pvotedément : mais cela n'empêche pas que les andéiiies mines de ctetai iMnt été formées des débris dea végétaux, pukqnei dm les pkis praftondet, on reconnott la substance ligacuae et plusteure antres caraetôve^-qui B*appartiennent qu^x fégétanx; #aillei|rt on a qneli|mciemplei bols fossiles trouvés en grandes masses «t en lits fort étadusMiii dos bines de grès et sous des rochers calcaires. ^4fm m qnol^en aidHà IMdt des jiéémoM sur les bois souterrainsk 11 n'f « donc d*aiilpe difffrepetfeali» te -vrai charbon de terré et ces bois «terbonnidés , que le plat manias 4e déOMlp»silion , et aussi le plus ou moiM d'imprégnalion pÉr leslilUKi; nilis lé|bnd de leur substance est le mAM^ et loiti 4olfeilC-4|yiliMitteBr «ii|g^ détriments des végétaux. " \ *

M. Le Monnier , premier lâÉtofila ^InalPe dir ni^il wM^q^hM^ a trouvé dans le schiste ou fausse ankise qui trawiê fgmmii ilÉ <l<PWfc tfa terre en Auvergne les impiassfons de piyiMÉtiipfliMi^ta étoient presque toutes inoomnet; Il croit MleÉNâftmMliii^^

ces dépouilles en mille et mille eodroUs; car c'est éunp ce même temps quç les inouYemeats des marées et des vents réglés ont commencé de former les cpucbesborizootales de la surface de la terre par les sédiments et le dép6t des eaux ; ensuite les courants ont donné à toutes les collioès et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes ; en sorte que leurs angles saillants sont toujours opposés à des angles rentrants. Nous ne répéterons pas ici ce que nous ayons ce si^i^ dans iiotre llM^ et nous nous contenterons d'assurer qnecette disposition générale de la surface du globé par^a^igles correspcmdants, ainsi que sa composition par coucbes fe»piiantalêSr ou également et parallèlement inclioées^, défl^trent évidemment que la «Imcture et la forme de la snrfiice actuelle de la terre ont été Reposées par les eaui et produites p^ leùiiJi^tolenti. Il n'y a eu que les crêtes et les pics des plus hautes wop|«giyl qi|i peut-être se sont trouvés hors d'atteinte aux 6antiii|r#en ont été surmontés que pendant un petit temps , et sur lesquels par oans^uent la mer n*a point. laiaai^. d'empreinte»: mais, ne pfmhni les attaiÉ|uér par leur sommet , elles les a prises par la luise ; elle a recouvert ou minë tes parties infi^rieures de ce» moiagfies primitives; elles lésa environnées dé iMiiVriÉM! matières , ou bien elle a percé les voûtes qui les soutenoient ; souvemt elle les a fait pencher ; enfin elle a transporté dans kiirtcairitiiiBlif!te^ k» railières coidnisâies pn^euwt

gion do feuilles de l'osmondc myale, dont il dit n'avoir jamais vu qu'un setil pied dans toute l'Auverf^iiie. ( Observations d'histoire naturelle par M. te Monnicr; Paris, 1739, paj^e 11)3.)

11 seroit à désirer que nos botanistes fissent des observations exactes sur les impressions des plantes qui se trouvent dans les charbons de terre, dans les ardoises et dans les schistes : il faudroit même dessiner et [graver ces impressions de plantes aussi bien que celles des crustacés, des coquilles et des poissons , que c«s mines renferment; car ce ne sera qu'après ce travail qu'on pourra prononcer sur Texistence actuelle ou passée de toutes ces espèces, et même sur leur ancienneté relative. Tout ce que nous en savons aujourd'hui^ c'est qu'il y en a plus d'inconnues que d'autres, et que, dans cçHes qu'on a Toulu rapporter à des espèces bien connues, l'on a touîoiirs trouyéd^ différences assez grandM puwrttHic paridelQ0BMnl nfttMt de la com^iniioo.

416 DES teOQOES DE LA NAtCRE.

du détriment des végétaux , ai|isH|oe les matières pyriteoses, bitumineuses et minérales, pures ou mêlées de terres et de sédiments de toute espèce.

La pruduction des argiles paroU avoir précédé. celle des coquillages ; car la première opération de Teau a été de transformer les scories et les poudres de verre en argiles : aussi lea lits d'argiles se sont formés, quelque temps avant les bancs dû pierres calcaires; et Vm voit que ces dépôts de matières argi'p leuses ont précédé ceux des matières calcaires, car presque parUHit les roçbftro eakaire^ sont posés sur des glaises qui leur MrfeBt de bmà. Je n^avavee ma ici qui ne soit démontré par l^exp^ence , ou confirmé jUr les observations : tout le monde pottrv^ t^assorer, par des procédés à répéter, que le verre et le fpttâ m poudre se convertissent en peu de tanps.c» ai^le , seulement en séjourpant dans l'eau * f c!^ ifa Ji'Élort|yi|i^

' • M mil liNii m valMBÉQ 4s Mmm iîni livrei jalHmpin^ 4R M. Radiutl: f ai mniiit te vsiiNaii d'esn de Meipe àÊÊûmàikhm^m * mnneeeit là gié d'ttsvtm trah m i|intra'éiv»4slè^ (tmÊm i^té oegrèft pendeBirflipm de quelques minutes, et fil exposé le v^taio en plein air. Qoeltiues Jpors afirés, je n^e suis apereti cpi'U s'étoit formé mr ee §rèa pue couche de plue d'yin <|ttart 4e pows^dl^Menr d'une terre BÉ^Uès fine, très 6rasièïtti%S4lMlfle:fd Wtllli^ IncHnaiMiifWlr qui suniag^lt, dans un autre raistean, et œfte t«fè» pta légère que lé §rès» s'en est séparée sans qu'il s'f soit mêlé. La quantité qoefeu^ retirfe par eette première lotion étoit trop considérable pour'pouTOir penser que» dans iin espace de temps aussi court, il eût pu se Bure une assez grande déooroposttion de grès pour avoir produit autant de terre :j*ai donc jugé quil felloit que cette terre fût déjà dans le grès dans lemâmeétatque jel'enavoii retirée , et qu*il se faisoit peut-étre ainsi contipueliement une décompositioa du grès dans la propre m'me: J'ai rempli eusuite le vaisseau de nooTelleeaa distil lée ; j*ai agité le grès pendant quelques instants , et , trois jours après » j'ai encore trouvé sur ce grès une couche de terre de la môine qualité que la première» mais plus mince de moitié. Ayant mis à part ces espèces de sécrétions, j'ai continué, pendant le cours de plus d'une au^, cette même opération et ces expériences que j'avols commencées dans le mois d'arrit; et la quantité de terre que m'a produite ce grès a diminué peu i peu, jusqu'à ce qu'au bout de deux mois, en transvidant l'eau du vaisseau qui le conteuoit Je ne trouvai plus sur le grès qu'une pellicule terreuse qui n'avoit pas une ligne d'épaisseur; mais aussi pendant tout le reste de l'année, et tant que le grès a été dans l'eau, cette pellicule n'a jamais manqué de se formei- dans l'espace de deux ou trois jours, sans augmeotermdiaiinueren 4»i>>^nri à l'excepliMii du fempiofi j'ai âéoliUfié, par rapporté la gelée, de mettre leii«ii|ilyii^jilHH^

TROISIÈME ÉPOQDE. 417

noisnace que j'ai dit, dans ma Théorie de la terre, que les

argiles n'étoieat que des. sables Titrescibles décomposés et

poorfis. J'ajoute ici qae c'est pirobablement à cette décom-

' position du sable vitrescible dans Feau qu'on doit attribuer

de mettre le Tsitteen & ootiyert , qufl ma paru que la décomposition du grèt . se UàMÀi un peu plus lentement Quelque temps après a^ir mis ce grès dans Teau, j'y ai aperçu une grande quantité de paillettes briUantes et argentées, comme le sont celles du talc, qui n'y étotentpas auparavant, et j'ai jugé que c'étoit là son premier état de décomposition ; que ses molécules , formées de plusieurs petites couches, s'exfoUoient, comme j'ai obserré qu'il arri?oit au yerre dans certaines circoostanoes, et que ces palUettes s'atténuoient ensuite peu peu dans l'eau, jusqu'à ce que, deTenyes si petites qu'elles B'aTOieDtplus assez de sur^ pour réfléchir la lumière, elles acquéroieot la forme, et les propriétés d'une réril^le terre : j'ai donc amassé ét mU à part toutes les sécrétions terreuses que les deux livres de grès m'ont produites pendant le cours de plus d'une année ; et lorsque cette terre a été bien sèche, elle pesoit environ cinq onces. J'ai aussi pesé le grès après l'âvoir fait sécher, et il avoit diminué en pesanteur dan|i la mèn^ proportion , de sorte qu'il t'en était décomposé un peu plus de la sixième partie. Toute cette terre étoit an reste de la même qualité , et les dernières sécrétions étoient aussi grasses, aussi ductiles que les premières , et toujours d'un jaune tirant sur l'orangé : mais comme j'y apercevois encore quelques paillettes brillantes, quelques molécules de grès qui n'âoient pas entièrement décomposées, j'ai remis cette terre avecde l'eau dans un vaisseau de veire, et je l'ai laissée exposée à l'air, sans la remuer, pendant tout un été, ajoutant de temps en temps de nouvelle eau \ mesure qu'elle s'évaporoit ; un mois après, cette eau a commencé à 9e corrompre, et elle est devenue verdâtre et de mauvaise odeur : la terre paroissoit être aussi dans un état de fèrmentation ou de putréfoction, car il s'en élevok une grande quantité de bulles d'air; et quoiqu'elle eût conservé à sa superficie sa cou^ leur jaunâtre, celle qui étoit au fond du vaisseau étoit brune ,. et cette couleur s'étendoit de jour en jour , et paroissoit plus foncée, de sorte qu'à la fin de l'été cette terre étoit devenue absolument noire. J'ai laissé évaporer feau sans en remettre de nouveUe dans le vaisseau ; et en ayant tiré la terre, qui ressembloit assez à de l'argile grise lorsqu'eUe est humectée, je Tai fiait sécher â la chaleur du fou ; et lorsqu'elle a ké échauffée, il m'a paru qu'elle exbaknt une odeur sulfùreuse : mais ce qui m'a surpris davantage , c'est qu'à proportion qu'elle s'est desséchée la couleur noire s'est un peu effacée , et elle estdevaiueaussi blanche que l'argile la plus blanche; d'où on peut conjecturer que o'étoit par conséquent une matière volatile qui lui oommutliquoit cette couleur brune : les esprits acides n'ont fiait aucune impression sur cette terre ; et lui ayant £ait éprouver un degré de chaleur assez violent, elle n'a point rougi comme l'argUe grise, uuiis elle a conservé sa blancheur; de sorte qu'il me parolt évident que cette uuitière que tna produit le grès, en s'atténuant et eu se décomposant dans l'eau, est une véritable argile blancheki.A( Note communiquée à M. de Buffon par M. Nadault, correspondant de l'Académie des Scienèes, anaen avocat général de la chambre des comptes de Dijon. )

BUFVOII. 111. 27

m DES ÉPOQUES DE LA NAT€RE.

Torigine de Tacide; car le principe adde qui se trouve dans Fargile peut être regardé comme une combinaison de terre yitrescibte avec le feu , Tair et Veau; et c'est ce même principe acide qui est la première cause de la ductilité de Taille et de toutes leS' autres malières, sans même en excepter les bitumes , les huiles et les graisses , qui ne sont ductiles et ne communiquent de la ductilité aux autres matières que parce qu'elles contiennent des acides.

Après la chute et rétablissement des eaux bouillantes sur la surface du çlobe, la plus grande partie des scories de verre qui la couvroient en entier ont donc é^ converties ea assez peu de temps en argiles : tous les mouvements^e la mer ont contribué à la prompte formation de ces mêmes ai^es, en remuant et transportant les scories et les poudres de verre, et les forçant de se présenter à l'action de Teau dans tons les sens; et, peu de tepaps après, les ailles formées par Tintermède et rimprcssion de Teau ont successivement été transportées et déposées au-dessus de la roche primitive du globe, c'est-à-dire au-dessus de la masse solide de matières vitrescibles qui en fait le fond , et qui , par sa fèrme consistance et sa dureté, avoit résisté i cette même action des eaux.

La décomposition des poudres et dessables vitresdMes, et la production des argiles, se sont feites en d'autant moins de temps que l'eau étoit plus chaude : cette décomposition a continué de se faire et se fait encore tous les jours^, mais pins lentement et en bien moindre quantité ; car, quoique les ai^es se présentent presque partout comme enveloppant le globe, quoique souvent ces couches d'argiles aient cent et deux cents pieds d'épaisseur, quoique les rochers de pierres calcaires et toutes les collines composées de ces pierres soient ordinaireimmt appuyées sur des couches argileuses, on trouve quelquefois au-dessous de ces mêmes couches des sables vitresdbles qui n'ont pas été convertis et qui conservent le caractère de leur première origine. U y a aussi des sables vitresdbles à la soperficie de la terre et sur celle du fond des mers : mais la formation de ces sables vitresdbles qui se présentent à l'exté-

TROSIËME ÉPOQUE. 419

Kear est d'un temps bien postérieur Jt la formation des autres sables de même nature qui se trouvent à de grandes profondeurs sous les argiles; car ces sables qui se présentent à la superficie de la terre ne sont que tes détriments des granités, des grès et de la roche vitreuse, dont les masses forment les noyaux et les sommets des montagnes, desquelles les pluies, la gelée et les autres agents extérieurs, ont détaché et détachent encore tous les jours de petites parties, qui sont ensuite entraînées et déposées par les eaux courantes sur la surface de la terre; on doit donc regarder comme très récènte, en comparaison de Tautre , cette production des sables vitrescibles qui se présratent sur le fond de la mer ou à la superficie de la terre.

Ainsi les argiles et Tadde qu'elles contiennent ont été produits très peu de temps après rétablissement des eaux , et peu de temjps avant la naissance des coquillages ; car nous trouvons dans ces mêmes ai^iles une infinité de bélemnites, de pierres lenticulaires, de cornes d'ammon et d'autres échantillons de cet espèces perdues dont on ne trouve nulle part les analogues vivants. J'ai trouvé moi-même dans une fouille que j'ai fiait creuser à cinquante pieds de profondeur , air plus bas d'un petit vallon ^ tout composé d'aide , et dont les collines voisines étoient aussi d'argile jusqu'à quatre-vingts pieds de hauteur; j'ai m)uvé, dis-je, des bélemnites qui avoient huit pouces de long sur près d'un pouce de diamètre , et dont quelques-unes étoient attachées à une partie plate et mince comme Test le têt des crustacés. J'y ai trouvé de même un grand nombre de cornes d'ammon pyriteuses et bronzées, et des milliers de pierres lenticulaires. Ces anciennes dépouilles étoient , comme l'on voit , enfouies dans^rargile à cent trente pieds de profondeur; car, quoiqu'on n'eût creusé qli'à cinquante pieds dans cette argile au milieu du vallon , il est certain que l'épaisseur de cette argile étoit oris^airementde cent trente pieds, puisque les couches en sont élevées des dedx côtés à quatre-vingts pieds de hauteur au-dessus : cela me fot

■ Ce petit TalkMi est tout voisin de la Tille de Monibard , au midi.

démontré par la corresjxmdaiice de ces coucbea et par cdie des bancs de pierrescalcairesqui lessormontent deehaqoe côté do vallon. Ces bancs calcaires ont dnquante-quatre pieds d'épaisseur, et leurs différents lits se trouvent correspondants et posés horizontàlement i la même hauteur au-dessus^de la couche immense d'argile qui ieîir sert de base et s'étend sous les collines calcaires de toute cette conti^

Le temps de la formation des argiles à donc immédiatement suivi celui de rétablissement des eaux; le temps de la formation des premiers coquillages doit être placé quelques siècles après; et le temps du transport de leufs dépouilles a suivi presque immédiatement : il n'y a eu d'intervalle qu'autant que la nature en a mis entre la naissance et la mort de ces animaux à coquilles. Gomme l'impression d^ l'eau convertissoit chaque jour les sables vitrescibles en argiles, et que son mouvement les transportoit de place en place , elle entratnoit en même temps les coquillages et les autres dépouilles et débris des productions marines , et déposant le tout comme des sédiments; elle a formé dès-lors les couches d'argile où nous trouvons aujourd'hui ces monuments , les plus anciens de la nature organisée, dont les modèles ne subsistent plus. Ce n'est pas quïl n'y ait aussi dans les argiles des coquilles dont l'origine est moins ancienne, et même quelques espèces que l'on peut comparer avec celles de nos mers , et mieux encore avec celles des mers méridionales; mais cela n'ajoute aucune difficulté à nos explications, car l'eau n'a pas cessé de convertir en argiles toutes les scories de verre et tous les sables vitrescibles qui se sont présentés â son action : elle a donc formé des argiles èn grandè quantité dès qu'elle s'est emparée de la surface de la terre : elle a continué et continue encore de produire le même effet; car la mer transporte aujourd'hui ses vases avec les dépouilles des coquillages actuellement vivants, comme elle a autrefois transporté ces mêmes vases avec les dépouillés des coquillages alors existants.

La formation des schistes, des ardoises, des charbons de terre et des matières bitummeuses, date à peu près du même

TlA>lSltME ÉPOQUE. 42f temps : ces matières se trouvent ordinairement daiis l'es argiles à d'assez grandes profondeurs; elles paroissent même avoir précédé rétablissement local des deniières coacfaes d'argile; car au-dessous de cent trente pieds d'argile dont leslits con-' tenoient des bélemnites, des cornes d'amibon, et d'autres débris des plûs anciennes coquilles , j'ai trouvé des matières charbonneuses et inflammables; et l'on sait que la plupart des mines tie chai1)on de terre sont plus ou moins surmontées par des couches de terre argileuses. Je crois même pouvoir avancer que c'est dans ces terres qu'il faut chercher lésines de charbon , desquelles la formation est un peu plus ancienne que celle des couches extérieures des terres argileuses qui les surmontent : ce qui le prouve , c'ést que les veines de ces charbons de terre sont presque toujours inclinées, tandis que tcflle des argiles, ainsi que toutes les autres couches extérieures du globe , sont ordinairement horizontales. Ces dernières ont donc été formées p^r le sédiment des eaux qui s'est déposé de niveau sur une base horizontale, tandis que les autres, puisqu'elles sont inclinées, semblent avoir été amenées par un courant «ur un terrain eh pente^ Ces veines de charbon , qui toiftes sont compésées de végétaux mêlés de plus ou moins de bitume,. doivent leur origine aux premiers végé* taux que la terre a formés : toutes les parties du globe qui se tironvoient élevées au-dessus des eaux produisirent^ dès les premiers temps, une infinité de plantes et d'arbres de toute espèce , lesquels bientôt tombant de vétusté furent entraînés par les eaux, et formèrent des dépôts de matières végétales en une infinité d'endroits; et comme les bitumes et les autres huilçs^ terrestres paroissent provenir des substances végétales et animales, qu'en même temps l'acide provient de la décomposition du sable vitrescible par le fou, l'air et l'eau, et qu'enfin il entrede Facidedans là composition des bitumes, puisque avec une huile végétale et de l'acide on peut fabedu bitume, il parott que les eaux se sont dès-lors mêlées avec ces bitumes et s'en sont imprégné^ pour toujours; et comme elles transport (oient incessamment les arbres et les autres matières végél<alc&

422 DES ÉPOQUES OÈ LA »ATCEE.

descendues des baoteursde la terre^ ces matières v^;étdesont cèntinaé de se mêler avec les bitumes déjà fèrmés des résidas des premiers végétaux , et la mer , par son mouvement et par ses courants, les a remuées, transportées et déposées sur les éminences d'argile qu'elle avoit formées précédemment

Les coudies d'ardoises , qui contiennent aussi des végétaux et mèmedespoissons,ontétéformées delà même mamère, et Tonpeut en donner des exemples qui sont, pour ainsi dire, sous nos yeux. Ainsi les ardoisières et les mines de cbarboo ont ensuite été recouvertes par d'autres couches de tmes ai^leuses que la mer a déposées dans des temps postérieurs : il y a même eu des intervalles considérables et de» alternatives àe mouvement entre l'établissement des différentes couches de charbon dans le même terrain; car on trouve souvent audessous de la première couche de charbon une veine d'argiie ou d'autre terre qui suit la même inclinaison^ et ensuite on trouve assez communément^ une. seconde couche de charixm inclinée comme la première , et souvent une troisième , égàle^. ment séparées l'une de l'autre par des veines de terre, et quelquefois même par des bancs de pierres calcaires, comme dans les mines de charbon du Hainaut. L'on ne peut donc pas douter que tes coucha les plus bassesde charbon n'aient été produites^ les premières , par te transport des matières végétales amenées par les eaux; et lorsque le premier dépôt d'où ta mer enlevoît ces matières végétales se trouvoit épuisé, le mouvement des eaux continuoit de transporter au o^me lieu les terres ou les autres matières qui environnoient ce dépôt : ce sont ces terres qui forment aujourd'hui la veine intermédiaire entre les deux couches de charbon ; ce qui suppose que l'eau amenoit ensuite, de quelque autre dépôt, des matières végétales pour former la seconde côuche de charbon. JTenteilds ici par coodies la veine entière de charbon prise dans toute scm épaisseur, eC non pas les petites couches ou feuillets dont la substance même du charbon est composée, et qui souvent sont extrêmement minces : ce sont ces mêmes feuillets, toujours parallèles entre çux , qui démontrent que ces masses de charbon ont été for-

TROISIÈME ÉPOODK 423

«{es et déposées par le sédiment , et même p9St U stiHatîoii des eaux imprégnées de bitame; et cette même ferme de fooillets se trouye dans les Qomreaiix charbons dont les coaches ^ fisraent par stillation, aux dépens des condies les plus anciennes. Ainsi les feaiflets do charbon de terre ont pris leur forme par deux causes combinées : la première est le dépôt Côiqours hopizontd de Teau ; et la seconde , la dispositicm des matières végétales, qui tendent k fttire desfeuillèts Au surplus , ce sont les morceaux de bois ,«ouYéiit entiers, et les détriments très reconnois^ablés d'autres végétaux , qui prouvent évi<|^mentquela substance de ces charbonsdeterren'estqo'nn assemblagededébrisde végétaux liés ensenAlepar desbitumes.

La seule chose qui pourroit être difficile d concevoir, c'est rimmense quantité de débris de végétaux que la compM>sitioB de ces mines de charbon suppose ; car elles sont très épaisses, très étendues , et se trouvent en une infinité d^endrbits : mais si Ton fait attention à la production , peut-être encore plus immense de végétaux qui s'est faite, pendant vingt ou vingt-cinq mille ans , et si Toir pense en même temps que lliomme n'étant pas encore créé, il ny avoit aucune destruction des végétaux par le feu , on sentira qu'ils ne pouvoient manquer d'être emportés par les eailx , et de former en mille endroits différents des couches très étendues de matière végétale. On peut se ^re une idée en petit de cé qui est alors arrivé en grand : quelle énorme quantité de gros arbrescertains fleuve^, comme le Mississipi , n'entralnent-ils pas dans la mer ! Le nombre de ces arbres est si prodigieux, qu'il empêche, dans certaines saisons , la navigation de ce large fleuve : il en est de même sur la rivière des Amazones et sur la plupart des grands fleuves des continents déserts ou mal peuplés. On peut donc penser, par cette comparaison , que toutes les terres élevées au-dessus des eaux étant dans le commencement couvertes d'arbres et d'antres végétaux que rien ne détruisoit que leur vétusté, il s'est fait , dans celte longue période de temps , des transports

< Voyez reicpérience de M. de Morreau sur une concrétioD blanché qui est dereuue du charboo de terre noir et feuilleté.

424 DES ÉPOQUies DE LA NATORE.

successife de tou8 ces végétaai et de leurs détriments , entrfttnés par les eaox courantes du haut des montagnes jusqu'aux mers. Les mêmes contrées inhabitées de TAmérique nous en fournissent un exemple frappant : on vmt à la Guiane des forèCs de palmiers IcUaniers de plusieurs li^ies d'étendue , qui croissent dans les espèces de marais qu'on appeiledés savanes ^loyéesy qui ne sont que des appendices de la mer; ces arbres, après avoir vécu leur âge, tombent de vétusté, et sont emportés par le mouvement des eaux. Les forêts plus éloignées de I9 mer, et qui couvrent toutes les hauteurs de Tintéiieur du pays, sont moin» peuplées d'arbres sains et vi(];oureux que jonchées d'arbres décrépits et à demi poia i is. Les voyageurs qui sont obligés de passer la nuit dans ces bols <Mit smn d'examiner le lieu qu'ils choisissent pour gtte, aiin de reconnoître s'il n'est environné que d'arbres solides, et slls ne courent pas risque d'être écrasés pendant leur sommeil par la chute de qnâqoes arbres pourris sur pied; et la chute de ces arbres en grand nombre est très fréquente : un seul coup de vent fait souvent un abattis si considérable qu'on en entend le bruit à de très grandes distances. Ces arbres , roulant du haut des montagnes, en renversent quantité d'autres, et ils arrivent ensemble dans les lieux les plus bas, où ils achèvent de pourrir, pour former de nouvelles couches de terre végétale; ou bien ils sont entraînés par les eaux courantes dans^ les mers voisines, pour aller former au loin de nouvelles couches d.e charbon fos^e.

Les détriments des substances végétales sont donc le pre-? mier fonds des mines de charbon^, ce sont des trésors que la nature semble avoir accumulés d'avance pour les besoins à venir des grandes populations. Plus les hommes se multiplieront, plus les forêts diminueront : les bois ne pouvant phis suffire à leur consommation, ils auront recours à ces immenses dép6tsde matières combustibles, dont l'usage leur deviendra d'autant plus nécessaire que le globe se refroidira davantage; néanmoins ils ne les épuiseront jamais, (!ar une seule de ces piinesde charbon contient peut-être plus de matière combusfiblc que toutes les forêts d'une vaste contrée.

TROISIÈME iPOQDE. m L'aihioUe, qa'on doit t^;arder comme mie âi^le dbrcîe, esi formée par tanches qui contienoait de mèiae do bitame et des Yégéiàniy mw en bienî plus petiteqoantité ; et eo même temps elles renfierment souvent des coquilles, des crustacfîs et des poissons , qu'on ne peut rapporter à aucune espèce connue. Ainsi Torigine des charbons et des ardoises date du même temps; la $fxûe différence qu'il y ait entre m deux sortes de matières, c'est que les végétaux composent la majeure partie de la substance des diari)ons déterre , au lieu que le fonds de la substance de l'ardoise est le même que celui de l'argile, et que les v^;étanx, ainsi que les poisscms, ne paroissent #y trouver qu'accidentellement et en assez petit nombre: mais toutes deux contiennent du bitume, et sont formées par feuillets ou par couches très minces, toiÛQurs parallèles entre elles; ce qui cùmontre clairement qu'elles ont également été produites par les sédiments successif d'une eau tranquille , et dont les oscillations étdent parfaitement réglées, telles que sont ceUes de nos marées ordinaires ou des courants constants deseaux..

Reprenant donc pour un instant tout ce que je viens d'exposer, la massé du globe terrestre , composée de verre en fosion , ne présentoit d'abord que les boursouflures et les cavités irrégulières qui se forment à la superficie de toute matière liquéfiée par le feu et dont le refroidissement resserre les parties. Pendant ce temps et dans le progrès du refroidissement, les éléments se sont séparés, le^ liquations et les sublimations des substances métalliques et minérales se sont faites , elles ont occupé les cavités des terres élevées et les fentes perpendiculaires des. montagnes; car ces pointes avancées audessus de la^ surface du globe s'étant refroidies les premières , elles ont aussi présenté aux éléments extérieurs les premières fentes produites par leresserrement de la matière qui se refroidissoit métaux et les minéraux ont été poussés par la sublimation, ou déposésparleseaux, dans toutescesfentes;et c'est par cette raison qu'on les trouve presque tous dans les hautes mmitagnes, et qu'on ne rencontre dans les terres plus basses

que des mines de oMfdle formitioa : peo de temps aprts, les argiles se sont fimnées, les premiers coqoiUages et les premiers v^;étam ont pris naissance; et, à mesure qulls ont péri, lenrs dépouilles et leurs détriments ont ftit les pcrres calcaires, et cen des Tégétaox Qitt produit ks^bitnmes et les duffbons; et en même temps les eaux, par leor moorement et par leurs sédimoits^ont composé Toiffsnisatioti de la sorfiKe de la terre par oonches horizontales; ensuite les oonraots de ces mêmes eaux loi mit donné sa forme extérieure par angles saillants et rentrants; et ce n'est pas trop étendre le temps iftessaire pour toutes ces grandes opérations et ces immenses constructions de la nature, que de compter vingt mSle ans depuis la naissance des premiers coquillages et des premiers végétaux : ils étoient déjà très multipliés , très nombreux, à la date de quarante-cinq mille ans de la formation de la terre; et comme les eaux, qui d'ahm^d étoient si prodigieusement élevées, s'abaissèrent successivement et abandonnèrent les terres qu'elles surmontoient auparavant, ces terres présentèrent dès-lors une surfoce toute joncbée de productions marines.

La durée du temps pendant lequel les eaux couvrotent nos continents a été très longue ; l'on n'en peut pas douter en considérant l'immense quantité de productions marines qui se trouvent jusqu'à d'assez grandes profondeurs et à de très grandes hauteurs dans toutes les parties de la terre : et combien ne devons-nous pas encore ajouter de durée à ce temps déjà si long, pour que ces mêmes productions marines aient été brisées, réduites en poudre, et transportées par le mouvement des eaux, pour former ensuite les marbres, les pierres calcaires et les craies! Cette longue suite de siècles, cette durée de vingt piilj^ ans , me parott encore trop courte pour la succession des effets que tous ces monuments nous démontrait

Car il faut se représenter ici la marche de la nature, et roème se rappeler l'idée de ses moyens. Les molécules oi^niques vivantes ont existé dès que les éléments d'une chaleur douce ont pu s'incorporer avec les substances qui composent

TROISIÈME ÉPOQUE. 427 les CQipe organisés; eUes ont produit sur les parties élevées du globe une infinité de vitaux, et dans les eaax un nombre immense de coquillages 9 de crustacés et de poissons, qui se sont Inentôt multipliés par la voie de la géfiération. Cette multiplication des vitaux et des coquillages^ quelque rapide qu^on puisse la supposer , n'a pu se ftire que dans un grand DOOdMre de siècles, puisqu'elle a produit des Toinmes aussi prodigieux que le sont ceux de leurs détriments. En effet, pour juger de c^ qui s'est passé, il feut considérer ce qui se passe : (nt ne Suit-il pas bien des années pour que des huttres qui s'amoncellent dans qudques endrmts de la mei: s'y iimitiplient en assez grande quantité pour/ormer une espèce de rocher? Et combien n'a-t-il pas fallu de siècles pour que toute la matière calcaire de la surface du globe ait été produite P Et n'est-on pas forcé d'admettre non-seulement dés siècles , mais des siècles de siècles , pour que ces productions marines aient été non-seulement réduites en poiudré, mais ti^nsportées et déposées par les eaux, de manière à pouvoir former les craies, •les marnes, les marbres et les pierres calcaires? Et combien de siècles encore ne Ciut-il pas admettre pour que ces mêmes matières calcaires, nouvellement déposées par les eaux, se soient purgées de leur humidité superflue, puis séchées et durcies an point qu'elles le sont aujourd'hui et depois si longtemps?

Gomme le globe terrestre n'est pas une sphère parfaite, qu'il est plus épais sous Téquateui^ que sous les pôles, et que l'action du soleil est aussi bien plus grande dans les climats méridionaux, il en résulte que les contrées polaires ont été refroidies plils tôt que celles de l'équateur. Ces parties polaires de la terre ont donc reçu les premières les eaux et les matières volatiles qui sont tombées de l'atmosphère : le reste de ces eaux a dù tomber ensuite sur les climats que nous appelons tempérés, et ceux de l'équateur auront été les derniers abreuvés. Il s'est passé bien des siècles avant que les parties de l'équateur aient été assez attiédies pour admettre les eaux ; Téquilibre et même Toccupation des mers a donc été long-

temps à se former et â s'établir, et les premières inondations ont dû venir des deux pôles. Mais nous avons remarqué ' que tous les continents terrestres finissent en pointe vers les régions australes : ainsi les eaux sont venues en plus grande quantité du p6le austral que du p61e boréal, d'où elles ne pouvoient que refluer et non pas arriver , du moins avec autant de force r sans quoi les continents auroicnt pris une forme toute différente de celle qu'ils nous présentent; ils se seroient élargis vers les plages australes , au lien dé se rëfrKdr. En etfet , les' contrées du pôle austral ont dû se refroidir plus vite que celles du pôle boréal, et par conséquent recevoir plus tôt les eaux de Tatmosphère , parce qu^ le soleil fiât im peu tBoins de s^our sur cet hémisphère austral que sur le boréal ; et cette cause me parott suffisante pour avoir déterminé le premier mouvemeot des eaux, et le perpétuer ensuite assez long-temps ponr avoir aiguisé les pointes de tous les continents terrestres.

D'ailleurs il est certain que les deux oontiiieQis|i*ét(»ent pas encore séparés vers notre nord , et que mèmè' MÉr séparation ne s'est ^ite que long-temps après rétablissement de la naitine • vivante dans nos climats septentrionaux^ puisqpie leséléphànls ont en même temps existé en Sibérie ef m Canada ; ce qui prouve invinciblement la continuité de Vktiù ou de l'Europe avec TAmérique, tandis qu'au conuraii» il parott également certain que l'Afrique étoit , dès les premiers lemps , séparée de l'Amérique méridionale, puisquon na pas tmuvé dans cette partie du Nouveau-Monde un seul des animaux de Tancien continent, ni aucune dépouille qui puisse indiquer qu'ils y aient autrefois existé. Il paroit que le^ éléphants dont on trouve les ossements dans l'Amérique septentrionale y sont demeurés confinés ; qu^ils n'ont pu franchir les hautes montagnes qui sont au sud de Tisthme de Panama, et qu'ils n'ont jamais pénétré dans les vastes contrées de F Amérique méridionale : mais il est encore plus certain que les mers qui séparent l'Afrique et l'Amérique existoient avant la naissance des éléphants en Afrique; car si ces deux continents eussent été contigus, les • » Voyez tome I , Théorie de b teiTC , 9trik\e Géograpftie.

ammam de Guinée setrouveroientau Brésil, et Ton eût trouvé des dépouilles de ces animaux dans TAmérique méridionale, comme Ton en trouve dans les terres de TAmérique septentrionale.

Ainsi, dès Forigine et dans le commencement de la nature vivante, les terres les plus élevées du globe et les parties de notre nord ont été les premières peuplées par les espèces d'animaux terrestres auxquels la grande chaleur convient le mieux : les régions de Téquateur sont démesurée^ long-temps désertes, et même arides et sans mers. Les terres élevées de la Sibérie, de la Tartarie et de plusieurs autres endroits de FAsie, toutes . ,celles de l'Europe qui forment la chaîne des montagnes de Galice, des Pyrénées, de TAuvergue, des Alpes, des Apennins, de Sicile, de la Grèce et de la Macédoine, ainsi que les monts Riphées , Rymniques , etc., ont été les premières contrées habitées, même pendant plusieurs siècles , tandis que toutes les tOTes moins élevées étoient encor^couvertes par les eaux.

Pendant ce long espace de durée que la mer a séjourné sur nos terres, les sédiments et les dépôts des eaux ont formé les couches horizontales de la terre, les inférieures d'argiles ^ et les supérieures de pierres calcaires. C'est dans la mer même que s'est opérée la pétrification des marbres et dea pierres : d'abord ces matières étoient molles, ayant été ^ccessivement déposées le& unes sur les autres, à mesure que les eaux 1^ amenment et les laisisoient tomber en forme de sédiments; ^ensuite elles se sont peu à peu durcies parla force de l'affinité de leurs parties constituantes, et enfin elles ont formé toutes les masses des rochers calcaires , qui sont composées de coàches horizontale ou également inclinées , comme le sont tdntes les autres matières déposées par les eaux. -

Cest dès les premiers , temps de cette même période de durée que se sont déposées les argiles où se trouvent les débris des anciens €X)quillages; et ces animaux à coquilles n'étoient pas les seuls alors existantsdans lamer; car, indépendamment des coquiUes , on trouve des débris de crustacés, des pointes d^oursins, des vertèbres d'étmles , dans ces mêmes argiles; et

430 DES ËPOQDES DE LA RATORE.

dans les ardoises, qui ne sont que des argiles durcies et mdées d'un peu de bitume, ou trouve, ainsi que dans les schistes, de» impressions entières et très bien conservées déplantes, de crustacés et de poissons de différentes grandeurs : enfin dans les minières de charbon de terre, la masse entière de charbon ne parok composée que de débris de végétaux. Ce sont là les , plus andens monuments de la nature vivante , et les premières productions organisées tant de la mer que de la terre.

Les r^ons septentrionales et les parties les plus élevées du globe, et surtout les sommets des montagnes dont nous avons fait Ténumération, et qui, pour la plupart, ne présentent aujourd'hui que des faces sèches et des sommets stériles, ont donc autr^is été des terres fécondes, et les premières où la nature se soit manifestée, parce que ces parties du globe ayapt été bien plus tôt refroidies que les terres plus basses ou plus voisines de Téquateur, elles auront les premières reçu les eaux de rStmosphère et toutes les antres matières qui pouvoient contribuer à la fécondation. Ainsi Ton peut présumer qu'avant rétablissement fixe des mers, toutes les parties de la terre qui se trouvoient supérieures aiix eaux ont été fécondées, et qu'elles ont dû, dès-lors et dans ce temps, produire les plantes dont nous retrouvons aujourd'hui les Impressions dans les ardoises et toutes les substimces végétales qui composent les charbons de la terre.

Dans ce même temps où nos terres étoient couvertes par ^ mer, et tandis que les bàics calcaires de nos collines se formoient des détriments de ses productions, plusieurs monuments nous indiquent qu'il se détachoit du sommet des mon* tagnes primitives, et des autres parties découvertes du globe, une ffrmde quantité de substances vitrescibles, lesquelles sont vehues par alluvion, c'est-à-dh« par le tranqxnrt des eaux, remplir les fentes et les autres intervalles que les masses calcaires laissoient entre elles. Ces fentes perpendiculaires, ou l^èrement inclinées dans les bancs calcaires, se sont formées par le ressert remcnt de ces matières calcaires, lorsqu'elles se sont sédiéeset endurcies, de la même manière que s'étoient faites précédent-

TROISIÈME £t»OQ0E. 431

ment les iNremières fentes papendiculaires dans les nHmtdgneo vitrescibles produites par le fieu , lorsqne ces matières se sont resserrées par lèur consolidation. Les pluies, les yents et les autres agens extérieurs avoient déjà détacM de ces masses vitrescibles une grande quantité de petits fragments que les eaux transportoient en différents endroits. En chm^bant des mines de fer dans des collines de pierres calcaires ^ j'ai trouvé plusieurs fèntes et cavités remplies de mines de fer en grains^ mêlées de sable vitresdble et de petits cailloux arrondis. Ces sac^ ou nids de mine de fèr ne s'étenctent pas horizontalement , mais descendent presque perpendiculairement, et ils sont tous situés sur la crête la plus élevée des collines calcaires K J*at reconnu plus d'une centaine de ces sacs , et j'en ai trouvé huit ' principaux et très considérables dans la seule étendue de terrain qui avoisine mes forg^i ^ ™c ou deux lieues de distance : toutes ces mines étoient en grains assez menus ^ et plus ' ou moins mélangées de sable vitresdble et de petits cailloux. > J'» feit exploiter cinq de ces mines pour l'usage de mes fburneaux : on a fouillé les unes à cinquante ou soixante pieds , et les autres jusqu'à cent soixante-quinze pieds de profondeur : elles sont toutes également situées dans les fentes des rochers calcaires; et il n'y a dans cette contrée ni roc vitresdble , ni quartz^ ni grès, ni cailloux, ni granités; en sorte que ces mines de fer, qui sont en grains plus ou moins^ gros, et qui sont toutes plus ou moins mélangées de sable vitresdble et de petits cailloux , n'ont pu se former dans les matières calcaires où elles, sont renfèribées de^ tous côtés conmie entre deux murailles , et par conséquent ^Ues y ont été amenées de loin par le mouvement des eaux, qui les y auront déposées en même temps qu'elles déposoient ailleurs des glaises et d'autres sédiments; car ces sacs de mine de fer en grains sont tous surmontés ou latéralebent accompagnés d'une espèce de terre limoneuse rougeàtre, plus pétrissable, plus pure et plus fine

■ Je pins encore citer Id les mîDes de fer en pierre qui se troarent en Oumpagne, et qui loot ensachées entre lei rochert calcairi», dans des directions et des iocUnaisoDS différentes, perpendiculaires ou obliques.

que TargUe commune. 11 parott même que cette terre limoneuse, plus ou.moins colorée de la teinture rouge que le fer drame à la terre, est Tancienne matrice de-ces mines de fer, et que c'est dans cette même terre qu6 les grains métalliques ont dû se former ayant leur transport. Ces mines, quoique situées dans des collines entièrement calcaires, ne contiennent aucun gravier de cette même nature; il se trouye seulement, à mesure qu'on descend, quelques masses isolées de pierres calcaires, autour desquelles tournent les veines de la mine, toi^ours accompagnées de la terre rouge , qui souvent traverse les veines de la mine, ou bien est appliquée contre 1^ parois des rochers calcaires qui la renferment. Et ce qui prouve d'une manière évidente que ces dépôts de mines se sont fiiits par le mouvement des eaux, c'est qu'après avoir vidé les fentes et cavités qui les contiennent on voit,, à ne pouvcur s'y tromper, que les parois de ces fentes ont été usées et même poHes par l'eau , et que par conséquent elle les a remplies et baignées pendant un assez long temps, avant d'y avoir déposé la mine de fer, les petits caiHoux, le sable vitresçible et la terre limoneuse dont ces fentes sont actuellement rempliés : et l'on ne peut pas se prêter à croire que les grains de fer se sment formés dans cette terre limoneuse depuis qu'elle a été déposée dans ces féntes de rochers; car une chose tout aussi évidente que la première s'oppose à cette idée, c'est que la quantité de mines de fer parott surpasser de beaucoup celle de la terre limoneuse. Les grains de cette substance métallique ont, à la vérité, tous été formés dans cette même terre, qui n'a ellemême été produite que par le résidu des matières animales et végétales, dans lequel nous démontrerons la production du fer en grains; mais cela s'est feit avant leur transport et leur dépôt dans les féntes des rochers. La terre limoneuse, les grains de fer, le sable vitresçible et les petits cailloux, ont été transportés et dépôsés ensemble; et si depuis il s'est formé dvis cette même terre des grains de fer, ce ne peut être qu'en petite quantité. J'ai tiré de chacune de ces mines plusieurs milliers de tonneaux^ et, sans avoir mesuré exactement la

TROISIÈME ÉPOQDB. 433

qiUHitité de tarre limoneose qu'on a laissée dans ces mêmes cayités, j'ai vu qu'elle "étoit bien moins considânble que la ^quantité de mine de fer daos chacnnew

Mais ce qui prouve encore que ces mines de fl^ en grains ont été toutes amenées par le n^ouvement des eaux> c'est que dans^ même canton, à trois lieues de distance, il y a une assez grande étendue de terrain formant une espèce de petite plaine au-dessus des collines calcaires, et aussi élevée que celles dont je viens de parler, et qu'on' trouve dans ce terrain une grande quantité de mine de fèr en grains qui est très différemment mélangée et autrement située : car, au lieu d'occuper les fentes perpendiculaires et les cavifés intérieures des rochers calcaires, au lieu de former un ou plusieurs sacs perpendiculaires, cette mine de fer est au contraire déposée en nappe, c'est-à-dire par couches horizontales, comme ^sles autres sédiments des eaux ; au lieu de descendre profondément comme les premières, elle s'étend presque à la surface du terrain sur 'une épaisseur de quelques pieds; aù lieu d'être mélangée de cailloux et de sable vitrescible, elle n'est au contraire mêlée partout que de graviers et de sables calcaires. Elle présenté de plus un phénomène remarquable : c'est un nombre prodigieux de cornes d'ammon et d'autres anciens coquillages, en sorte qu'il semble que la mine entière en soit comp<)sée, tandis que dans les huit autres mines dont j'ai parlé ci-dessus il n'existe pas lemoindre vestige de<:oquilles , ni même aucun fragment, àucun indice du genre calcaire, quoiqu'elles soient enfermées entre des masses de pierres entièrement calcaires. Cette autre mine, qui contient un nombre si prodigieux de débris de coquilles marines , même des plus anciennes , aura donc été transportée avec tous ces débris de coquilles par le mouvement des eaux, et déposée en forme de sédiment par couches horizontales; et les grains de fer qu'elle contient, et qui sont encore bien plus petits que ceux des premières mines, mêlées de cailloux , auront été amenés avec les coquilles mêmes. Ainsi le transport de toutes ces matières et le dépôt de toutes ces mines de fer en grains se sont faits par alluvion à peu près dans le

BVFFON. III. 28

434 DES EFUOfl!.!:» Oh LA NATURE.

inèmt temps > c'e$trà-dire lorsque les mers coavroiem euu^rc nos collines calcaires.

Et le sommet de toutes ces collines, m le^ collines èllesmèmes, ne nous représentent plus à beaucoup près le même aspect qu'elles avoient lorsque les eaux les ont abandonnées. A peine leur forme primitive s'est-elle maintenue ; leurs angles saillants et rentrants sont devenus plus obtus, leurs pentes mmns rapides , leurs sommets moins élevés et plus chenus ; les pluies en ont détaché et entraîné les terres : les collines se sont donc rabaissées peu à peu, et les vallons se sont en même temps remplis de ces terres entraînées par les eaux pluviales on courantes. Qu'on se fi(pire ce que devoit être autrefois la forme du terrain à Paris et aux environs : d'une part, sur les collines de Vaugirard jusqu'à Sèvres , on voit des carrières de pierres calcaires remplies de coquilles pétrifiées; de l'autre côté, vers Mohtmartre, des collines de plâtre èt de matières ai^leuses ; et ces collines, à peu près gaiement élevé^. audessus de la Seine , ne sont aujourd'hui que iFÉt^lÈâSaf^ médiocre ; maïs au fond des puits que Ton a fait I fttûltl^ et à l'École militaireona trouvédes bois travaillés de maû^dlfdlDitne à soixante-quinze pieds de profondeur. Afh^ Von ne peut âèUttt que celte vallée de la Seine nese soit remplie de plus de soixantequinze pieds, seulement depuis que les hommes eadstentrelipii sait de combien les collines adjaceûtes 6vit dtmfnûé éth^SiiÊâk temps par l'cffèt des pluies, et quelle ctoit Tépaisseur de terre dont elles étoient autrefois revêtues ? Il en est de même de toutes les autres collines et de toutes les autres VàHées V elles éioient peut-êfire du double plus élevées et du double plus profondes dans le temps que les eaux de la mer les ont laissées à découvert. On est même assuré que les montagnes s'abaissent èiicorè tous les jours, et que les vallées se remplissent i\ |k n près dans la même proportion ; seulement cette diminution de ia hauteur des montagnes, qui ne se fait aujourdhui que d'une manière presque insensible , s'est faîte beaucoup plus vite dans les premiers temps, en raison de la plus grande rapidité de leur pente, et il faudra maintenant plusieurs milliers d'années pour que

ks inégalités de k mthee de terre se réduisent encore autant (pi'eHes Tont fiait en peu de sièeles dans les premiers âges.

Mais revenons à cette époqne aâtérieàre où les eaux, après être arrivées des régions polaires , ont gagné celles de Téquatemr. C'est dans^ ces tunrres de la zone torride où se sont faits les plus grands boulemsements : pour en être convaincu il ne font què jeter les yeu^ sur un globe géographique ; on re* eonnoltra que presque tout l'espace compris entre lés cercles de cette zone ne présente que les dAris de continents bouleversés et d'une terre ruinée. Llmmense Quantité dlles, de détroits , de hauts et de bas fonds, de bras de mer et de terre entreçoupés, prouve les nond)renx affoissements qui çe sont faits dans cette vaste partie du monde, lies montagnes y sont plus élevées, les . mers plus profondes , que dans tout le reste dç la terre ; et c'est sans doute hMréqne ces grands affiùssements se sont faits dans Içs contrées de Féquateor que les eaux qui cou vroient nos continents se sont abaissées et retirées en coulant à grands flots vers ce» terres du midi, dont elles ont rempli les profondeurs, en laissant à découvert d'abord les parties les plus élevées des terres , jensuite toute la surface de nos continents.

Qu'on se représente rhnmense quantité des matières de toute espèce qui ont alors été transportées par les eaux : combien de sédiments de différente nature n'ont-^es pas déposés les uns sur les autres , et combien , par conséquent , la première face de la terre n'a-t-dle pas diangé par ces' révolutions ! D'une part , le flux et le reflux dpnnoient aux eaux un mouvement constant d'(»rient en occident; d'autre part, les alluvions venant des pôles crcHSSoient ce mouvement et déterminoient les efforts de la mer autant et peut-être plus vers Téquateur que vers l'occident. Combien d'irruptions particulières se sont faités alors de tous côtés ! A mesure que quelque grand affaissement pf ésentoit une nouvelle profondeur , la mer s'abaissoit et les eaux couroient pour la remplir ; et quoiqu'il paroisse aujourd'hui que l'équilibre des mers soit à peu près établi , et que toute leur action se réduise à gagner quelque terrain vers l'occident et en laisser à découvert vers l'orient , il est néanmoins très

certain qu'en général les mers baissent tons les jours de plus en plus, et qu'elles baisseront encore à mesure qu'il se fera quelque nouvel affaissement , soit par l'effet des volcans et des tremblements de terre, soit par des causes plus constantes et plus simpleis : car toutes les parties caverneuses de l'intérieur du globe ne sont pas encore afiaisséA ; les volcans et les secousses des tremblements de terre en sont une preuve démonstrative. Les eaux mineront peu à peu les voûtes et les remparts de ces cavernes souteftaines ; et lorsqu'il s'en écroulera quelques-unes, la surface de la terre, se déprimant dans ces endroits , formera de nouvelles vallées dont la mer viendra s'emparer. Néanmoins, comme ces événements, qui, dans les commencements, dévoient être très fréquents, sont actuellement assez rares, on peut croire que la terre est à peu près parvenue à un état assez tranquille pour que ses habitants n'aient plus à redouter les désastreux^ effets de ces grandes convulsions.

L'établissement de toutes les matières métalliques et minérales a suivi d'assez près l'établissement des eaux; celui des matières Argileuses et calcaires a précédé leur retraite ; la formation , la situation, la position de toutes ces dernières matières, datent du temps où la mer couvroit les continents. Mais nous devons observer que le mouvement général des mers ayant commencé de se faire alors comme il se fait encore aujour-

^ d'haï d'orient en occident, elles ont travaillé la surfsice de la terre dans ce sens d'orient en occident autant et peut-être plus

^ qu'elles ne Tavoient fait précédemment dans le sens du midi au nord. L'on n'en doutera pas si l'on fait attention â un fait très général et très vrai : c'est que, dans tous les continents du monde, la pente des terres, à la prendre du sommet des montagnes, est toujours beaucoup plus rapide du e6té de Toccident que du côté de l'orient ' ; cela est évident dans le con-

' Gèla eu éyidetit dans le continent de l'Amérique, dont les pente$ sont extrêmement rapu^es Ters les mers de Touest, et dont toutes les terres s'étendent en pente douce et aboutissent presque toutes à de grandes plaines du o6té de la mer à l'orient. En Europe , la ligne du sommet de la Grande- Bretiaipie, qui s'étend du nord au sud, est bien pli» proche du bord oocidea-

îftOlSlËME ÉPOQOE. 4^ tinent entier de rAmérique, où les sommets de la chaîne des Cordillères sont tAs voisins partout des mers de Fouest, et ftont très éloignés de la nter de Test. La chaîne qj^i sépare f Âfirique dans sa longueur, et qui s'étend depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'aux mrats de la Lune, est aussi plus voisine des mers* à, Touest qu'à Test 11 en est de même des montagnes qui s'étendent dei>uis le cap Ciomorin dans la pres-

tal que de roriental de l'Océan; et, par la même raiaon , les mers. qui sont à Tocddent de l'frlande et «îe TAngleterre sont plus profondes que la mer qiû sépare FAneleterre et la Hollande. La ligne du sonmiet de la Norwège est bien plùs proche de l'Océan que de la mer Baltique. Les montagnes du sommet général de l'Europe sont bien plus hautes vers l'occident que vers l'orient; et fi l'on pr^ une partie de ce sommet depuis la Suisse jusqu'en Sibérie, il est bien phn près de la mer Baltique et de la mer Blanche qu'il ne Test de la mer Noire et de la mer Caspienne. Les Alpes et l'Apennin rignent bien plus près de la Méditerranée que de la mer Adriatique. La chaîne de montagnes qui sort du Tyrol , et qui s'étend en Dalmatie et jusqu'à la pointe delaMorée, côtoie, pour ainsi dire, la mer Adriatique, tandis que les côtes orientales qui leur sont opposées sont plus basses. Si l'on suiten Asie la chaîne qui s'étend depuis les Dardanelles jusqu'au détroit de Babel-Mandel , on trouve que les sommets du mont Taurus , du Liban et de toute TArabie, côtoient la Méditerranée et la mer Aouge, et qu'à l'orient ce sont de vastes continents où coulent des fleuves d'un long cours , qui vont se jeter dans le golfe Persique. Le sommet des fameuses montagnes deGattes s'approche plus des mers occidentales que des mers orientales. Le sommet qui s'étend depuis les frontières ooddentates de la Chine jusqu'à la pointe de Malaca est encore plus près de la mer d'Occident que de la mer d'Orient En Afrique, la chahie du mont Atlas envoie dans la mer des Canaries des fleuves moins longs que ceux qu'eUe envoie dans l'iotérienr du continent, et qui vont se perdre au loin dans des lacs et de grands marais. Les hautes montagnes qui sont à l'ocddent vers le Cap- Vert et dans tonte la Guinée, lesquelles, après avoir tourné autour de Congo, vont gagner les monts de la Lune, et s'allongent jusqu'au eap^ Bonne-Espérance , occupent assez régulièrement le milieu de l'Afdifae. On reconnottra néanmoins , et considérant la mer à l'orient et à l'occident, que celle à l'orient est peu profonde, avec grand nombre d'Iles, tandis qu'à l'occident elle a plus de profondeur et très peu d'Iles ; en sorte que Yendroit le plus profond de la mer occidentale est bien plus près de c^ diilne que le plus profond des mers orientales et des Indes.,

On voit donc généralement, dans tous les continents, que les points de partage sont toujours beaucoup plus près des mers de Touest que des mers de l'est ; que les revers de ces continents sont tous allongés vers l'est, et toujours raccourcis à l'ouest ; que les mers des rives occidentales sont plus profondes et bien moins semées dlles que les orientales; et même l'on reconnottra que, dans toutes ces mers, les côtes des tles^t toujours plus hautes etle^ mers qui les baignent plus profondes à l'orient qu'à l'occident. (Jdd. Buff.\

qu'tle 4e Tlnde; elles sont bien plus près de la mer à Torient qu'à roccideot, et si nous considérons les presqu'îles, les promontoires, les lies et toutes les terres environnées de la mer, nous reconnottrons partout que les pentes sont courtes et rapides vers Toccident, et qu'elles sont douces et longues vers l'orient ; les revers de toutes les montagnes sont de même plus escarpés à l'ouest qu'à l'est , parce que le mouvement général des mers s'est toujours Mi d'orient en occident , et qu'à mesure que les eaux se sont abaissées elles mi détruit les terres et dépouillé les revers des montagnes dans le sens de leur chute, comme Ton voit dans une cataracte les rochers dé* pouillés et les terres creusées par la chute continuelle de l'eau. Ainsi tous les continents terrestres ont été d'abord aiguisés en pointe vers le midi par les eaux qui sont venues du p61e austral plus abondamment que du pôle boréal; et ensuite ils ont été tous escarpés en pente plus rapide à l'occident qu*à l'orient , dans le temps subséquent où ces mêmes eaux ont (d)éi au seul mouvement général qui les porte constamment d'orient en occident.

Lorsque îet eaux se sont retirées, et que les volcans ont commencé d'agir.

On vient de voir que les éléments de Tair et de Teau se sont établis par le refroidissement, et que les eaux , d'abord reléguées dans Talmosphère par la force expansive de la chaleur, ^nt ensuite tombées sur les parties du globe qui étoîent assez attiédies pour ne les pas rejeter en vapeurs ; et ces .parties sont lès régions polaires et toutes les montagnes. Il y a donc eu, à répoque de trente-cinq mille ans, une vaste mer aux environs de chaque pôle , et quelques lacs ou grandes mares sur les montagnes et les terres élevées qui, se trouvant refroidies au même degré que celles des pôles , pouvoient également recevoir et conserver les eaux; ensuite, à mesure que le globe se refroidissoit, les mers des pôles, toujours alimentées et fournies par la chute des eaux de Tathmosphère , se répandoient pins loin; et les lacs ou grandes mares, également fournis par cette pliiie continuelle d autant plus abondante que Tattiédisr sèment étoit plus grand , s'étendoient en tous sens , et formoient des bassins et des petites mers intérieures dans les parties du globe auxquelles les grandes mers des deux pôles n'avoient point encore atteint : ensuite les ^ux continuant à tomber toujours avec plus d'abondance jusqu'à Tenlière dépuration de Vatmosphère, elles ont gagné successivement du terrain, et sont arrivées aux contrées de Téquateur ; et enfin elles ont couvert toute la surface du globe à deux mille toises de hauteur au-dessus du niveau de nos mers actuelles. La terre entière étoit alors sous Tempire de la mer, à l'exception peut-être du sommet des montagnes primitives, qui n'ont été pourain^ dire que lavées et baignées 4)endant le premier temps de la chute des eaux, lesquelles se sont écoulées de ces lieux élevée pour occuper les terrains inférieurs dès qu'ils se sont trouvés assez refroidis pour les admettre sans les rejeter en vapeurs.

Il s'est dDnc formé successivement une mer universelle , qui n'étoit interrompîue et surmontée que par les sommets des montagnes dV>ù les premières eaux s'étoient déjà jretirées en s*écoulant dans les lieux plus bas. Ces terres élevées, ayant été travaillées les premières par le «^our et le mouvement des eaux , auront aussi été féomdées les premières ; et tandis que toute la surface du globe n'éloit pour ainsi dire qu'un archipel général, la nature organisée s'établissoit sur ce& montagnes: elle s'y déployoit même avec une grande énergie ; car la chaleur et Thumidité, ces deux principes de toute fécondation, s'y trouvoient réunis et combinés à un plus haut degré qu'ils ne le sont ai^ourd'hui dans aucun climat de la terre.

Or dans ce même temps, où les terres élevées au-dessus des eaux se couvroient de grands arbres et de végétaux de toute espèce , la mer générale se peuploit partout de poissons et de coquillages ; elle étoit aussi le rÂ:eptacle universel de tout ce qui se détachoit des terres qui la surmontoient. Les scories du verre primitif et les matières végétales ont été entraînées deséminences de la terre dans les profondeurs de la mer, sur le fond de laquelle elles ont foriiié les premières couches de sable vitrescibles, d'argile, de schiste et d'ardoise, ainsi que les minières de charbon, de sel et de bitumes, qui dès-lors ont imprégné toute la masse des mors. La quantité dés végétaux produits et détruits dans ces premières terres est trop immense pour qu'on puisse se la représenter; car, quand nous réduirions la superficie de toutes les terres élevées alors audessus des eaux à la centième ou même à la deux centième partie de 11 surface du globe, c'est-à-dire à cent trente mille lieues carrées, il est aisé de sentir combien ce vaste terrain de cent trente mille lieues superficielles a produit d'arbres et de plantes pendant quelques milliers d'années, combien leurs détrunents se sont accumulés, et dans quelle énorme quantité ils ont été entrafaiés et déposés sous les eaux, où ils ont formé le fonds du volume tout aussi grand des mines de charbon qui se trouvent en tant de lieùx. Il en est de même des mines de sel , de celles de fer en grains, de pyrites et de

QUATJIlillE f FOQUE. Ht toutes les autres 8id)sttfices dans la compositxm desquelles il entre des acides, et dont la première fortnationiifa pu s'opérer qu'après la chute des eaux :ces matières auront été entrafaiées et déposées dans les lieux bas et dans les fentes de la roche du glol)e, où trouvant déjà les substances minérales sublimées parla grande chaleur de la terre, ellesauront formé^le premier fonds de riment des volcans à venir ; je dis à venir; car il n'existoit aucun volcan en action avant rétablissement des eaux, et ils n'ontcommencé d'agir, ou plutôt ils n'ont pu prendre une action permanente, qii'après leur abaissement : car l'on doit distinguer les volcans terrestres des volcans marinç ; ceux-ci ne peuvent twe que des explosions, pour ainsi dire, momentanées, parce qu'à J'instant que leur feu s'allume par l'eflervescence des madères pyriteuses et combustibles, il est immédiatement ét^nt par l'eau qui les couvre et se précipite à flots jusque dans leur foyer par toutes les routes que le fon s'ouvre pour en sortir. Les vdcans de la terre ont au contraire une action durable et proportionnée à la quantité de matières qu'ils contiennent : ces matières ont besoin d'une certaine quantité d'eau pour entrer eu effervescence; et ce n'est ensuite que par le choc d'un grand volume de feu contre un grand volume d'eau, que peuvent se produire leurs violentes éruptions; et de même qu'un volcan sous-marin ne peut agir que par instants, un volcan terrestre ne peut durer qu'autant qu'il est voisin des eaux. Cest par cette raison que tous les volcans actuellement agissants sont dans les Ues ou près des c6tes de la m^, et qu'on pourroit en compter cent fois plus d'éteints que d'agissants; car à mesure que les eaux, en se retirant, se smt trop éloignées du pied de ces volcans, leurs éruptions ont diminué par dqprés , et enfin ont entièrement cessé, et les légères effervescences que l'eau pluviale aura pu causer dans leur ancien foyer n'auront produit d'effet sen^e qi^e par des circonstances particulières et très rares.

Les observations confirment parfaitement ce que je dis id de l'action des volcans ; tous ceux qui sont maintoiant en travail sont situés près des mers; tous ceux qui sont éteinu , et

doat le nombre est biea plus grand , sont placés dans le miliea des terres ^ ou tout an moins à quelques distances de la mer ; et , quoique la plupart des volcans qui subsistent paroissent appartenir aux plus hautes montagnes, il en a existé beaucoup d autres dans les émin^ces de médiocre hauteur. La date dt l'âge des volcans n'est donc pas partout la même : d'abord il est sûr que les premiers, c'est-à-dire les plus anciens, n'ont pu acquéiiir une action permanente qu'après l'abaissement des eaux qui couvroient leur sommet; et ensuite il parott qu'ils ont cessé d'agir dès que ces mêmes eaux se sont trop éloignées de leur voisinage : car, je le répète, nulle puissance, à l'exception de celle d'une grande masse d'eau choquée contre un grand volume d^ feu, ne peut produire des mouvements aussi prodigieux que celui de l'éruption des volcans.

Il est vrai que nous ne voyons pas d'assez près la composition intérieure de ces terribles bouches à feu, pour pouvoir prononcer sur leurs effets en parfaite connoissance de cause ; nous savons seulement que souvent il y a des communications souterraines de volcan à volcan; nous savons aussi que, quoique le foyar de leur embrasement ne soit peut-être pas à une grande distance de leur sommet , il y a néanmoins des cavités qui descendent beaucoup plus bas, et que ces cavités, dont la profondeur et l'étendue nous sont inconnues , peuvent être , en tout 6u en partie, remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées.

D'autre part, l'électricité me paroit jouer un très grand rAle dans les tremblements de terre et dans les éruptions des volcans; je me suis convaincu par des raisons très solides, et par la comparaison que j'ai faite des expériences sur l'âectricité, que le fonds de la matière électrique est la chaleur propre du globe terrestre : les émanations continoelles^e cette chaleur, quoique sensibles, ne sont pas visibles , et restent sous la forme de chaleur obscure, tant qu'elles ont leur mouvement libre et direct; mais elles produisent un feu très vif et de fortes explosions, dès qu'elles sont détournées de leur direction , ou bien accumulées par le frottement des eoq>s.

Lés mités intérieures de la terre contenant da hu , de Tair et de l'eau, Taction de ce premier élément doit y produire des vents impétueux, des orages bruyants et des tonnerres souterrains dont les efFets^ peuvent être comparés à ceux de la foudre des airs : ces effets doivent être même plus violents et plus durables par la forte résistance que la solidité de la terre oppose de tous côtés à la force électrique de ces tonnerres souterrains. Le ressort d'un air mêlé de vapeurs denses et enflammées par Félcctricité, Teffort de Fèau réduite en vapeurs élastiques par le feu, toutes les autres impulsions de cette puissance électrique, soulèvent, entr^ouvrent la surface de la terre , ou du moins Tagitent par des tremblements , dont les secousses ne durent pas plus long-temps que le coup de la foudre intérieure qui les produit; et ces secousses se renouvellent jusqu'à ce que les vapeurs expansives se soient fait une issue par quelque ouverture à la surface de la terre ou dans le sein des mers. Aussi les éruptions des volcans et les tremblements de terre sont précédas et accompagnés d'un bruit sourd et roulant, qui ne diffère de celui du tonnerre que par le ton sépulcral et profond que le son prend nécessairement en traversant une grande épaisseur de matière solide, lorsqu'il s'y trouve renfermé.

Cette électricité souterraine , combinée comme cause générale avec les causes particulières de feux allumés par TefServescencedes matières pyriteuses et combustibles que la terre recèlé en tant d'endroits , suffit à l'explication des principaux phénomènes de l'action des volcans : par exemple , leur foyer paroit être assez voisin de leur sonunet ; mais l'orage est audessous. Un volcan n'est qu'un vaste fourneau, dont les soufflets, ou plutôt les ventilateurs , sont placés dans 4es cavités inférieures, à côté et au-dessous du foyer. Ce sont ces mêmes cavités, lorsqu'elles s'étendent jusqu'à la mer ^ qui servent de tuyaux d'aspiration pour porter en haut non-seulement les vapeurs , mais les masses même de Teau et de l'air; c'est dans ce transport que se produit la foudre souterraine , qui s'annonce par des mugissements, et n'édate que par l'affreux

TOfflissemait des matières qu^elle a frappées, brûlées et calculées : des tourbillons épais d'une noire ftimée ou d'une flamme lugubre, des nuages massifs de cendres et de pierres , des torrents bouillonnants de lave en fusion, roulant au loin leurs flots brûlants et destructeurs, maniftetent au dehors le mouvemient convulsif des entrailles de la terre.

Ces tempêtes intestines sont d'autant plus violentes qn^les sont plus voisines des montagnes à volcan et des eaux de la mer, dont le sel et lès huiles grasses augmenteat encore Fac- ^ tivité du feu ; les terres situées entre les volcans et la mer ne peuvent manquer d'éprouver des secousses fréquentes : mais pourquoi n'y a-t-il aucun endroit du monde où Ton n'ait ressenti, même de mémoire d'homme, quelques tremblements, quelque trépidation , causés par ces mouvements intérieurs de. la terre? Us sont, à la vérité, moins violents et bien plus rares dans le milieu des continents éloignés des volcans et des mers; mais ne sont-41s pas des effets dépendants des mêmes causes? Pourquoi donc se font-ils ressentir où ces causes n^xistent pas, c'est-à-dire dans les lieux où il n'y a ni mers ni volcans? La réponse est aisée : c'est qu'il y a eu des mers partout èt des volcans presque partout, et que, quoique leurs éruptions aient cessé lorsque les mers s'en sont éloignées , leur feu subsiste, et nous est démontré par les sources des huiles lerres- ' très, par les fontaines chaudes et sulfureuses qui se trouvent fréquemmént au pied des montagnes, jusque dans le milieu des plus grands continents. Ces feux des anciens volcans , devenus plus tranquilles depuis la retraite des eaux, suffisent néanmoins pour exdter de temps en temps des mouvements intérieurs , et produire de légères secousses dont les oscillations sont dirigées dans le sens des cavités de la terre , et peut-être daiB la direction des eaux ou des veines des métaux, comme conducteurs de cette électricité souterraine.

On pourra me demander encore pourquoi tous les volcans sont situés ddns les montagnes? Pourquoi paroissent-ils être d'autant plus ardents que les montagnes sont plus hautes ? quelle est la cause qui a pu disposer ces énormes eheminées

QUATRIÈME ÉPOQUE. W dans riotérieur des murs les plus solides et les plus élevés d« globe? Si Ton a bien compris ce que j'ai dit au aiyet des inégalités produites par 1$ premier refroidissement^ lorsque les matières en fusion se sont consolidées, on sentira que le» chaînes des hautes moiHagnjes nous représentent les plus grandes boursouflures qui se sont faites à la surfiice du globe dans le temps qu'il a pris sa consistance. La plupart des moatagnes uxai donc situées sur des cavités, auxquelles aboutissent les fentes perpendiculan*es qui les tranchent du haut enr bas : ces cavernes et ces fentes contiament des matières <pii s'enflamment par la seule effervescence , ou qui sont allumées par les étincelles électriques de la chaleur intérieure du globe. Dès qi^e le feu commence à se faire sentir, l'air attiré par la raréfaction en augmente la force et prodiiit bientôt un grand incendie, dont l'effet est de produire à son tour les mouvements et les orages intestins, les tonnores souterrajps, et toutes les impulsions , les bruits et les secousses qui précèdent et accompagnent Téruption des volcans. On doit donc cesser d'être, étonné que les volcans soient tous situés dans 1^ hautes montagnes , puisque ce. sont les seuls anciens endroits de la tenfe où les cavités intérieures se soient maintenues , les seiils où ces cavités communiquent de bas en haut par des fentes qui ne sont pas encore comblées, et enfin les seuls où l'espace vide étoit assez va^te pour contenir la très grande quantité de matières qui servent d'aliment au feu ^es volcans permanents et encore subsistants. Au reste, ils s'éteindront comn^e les autres dans la suite des siècles; leurs éruptions cesseront: oserai-je même dire que les hommes pourroient y contribuer? En coùteroit-il autant pour couper la communication d'un volcan avec la mer voisine qu'il en a coûté pour construire les pyramides d'Égypte? Ces monuments inutiles d'une gloire fausse et vaine nous apprennent au moins (pi'en employant les mêmes forces pour des monuments de sagesse, nous pourrions faire de grandes choses, et peut-être maîtriser la nature au point de faire cesser, ou du moins de diriger les ravages du

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feu, eomme nous savcms déjà, par notre art, dirigea et rompre les efforts de Teau.

Jusqu^au temps de l'action des vokans il n'eiiistoit sur le globe que trois sortes de matières : l^les vitrescibles produites par lè feu primitif ; 2® les calcaires formées par Tintermède de Teau ; 4^ toutes les substances produites par le détriment des animaux et des végétaux : mais le feu des volcans a donné naissance à des matières d'une quatrième sorte, qui souvent participent de la nature des trois autres. La première classe renferme non- seulement les matières premières solides et vitrescibles xlont la nature n'a point ^té altérée, et qui for , ment le fond du globe, ainsi que le noyau de toutes les mon v tagnes primordiales, mais encore les sables, les schistes, les ardoises, les argiles et toutes les matières vitrescibles décomposées et transportées par les eaux. La seconde classe contient tontdiiles matières calcaires, c^est-à-dire toutes lès substances produites par les coquillages et autres animaux delà mer: elles s^tendent sur des provinces entières , et couvrent même d'assez vastes contrées; elles se trouvent aussi k des t^rofondeurs assez considérables, et elles environnent les bases des montagnes les plus élevées jusqu'à une très grande hauteur. La troisième classe comprend toutes les substances qui doivent leur origine aux matières animales et végétales, et ces substances sont en très grand nombre; leur quantité parott immense, car elles recouvrent toute la superficie de la terre. Enfin la quatrième classe est celle des matières soulevées et rejetées par les volcans, dont quelques-unes paroissent être un mélange des premières, et d^autres, pures de tout mé^ lange, ont subi une seconde action du feu qui leur a donné un nouveau caractère. Nous rapportons à ces quatre classes toutes les substances minérales , parce qu'eii les examinant on peut toujours reeonnottre à laquelle de ces classes elles appartiennent, et par conséquent prononcer sur leur origine : œ qui suffit pour nous indiquer à peu près le tèmps de leur formation; car, comme nous venons de l'exposer, il parott

QUATRIÈME ËPOQCTE. 447 clairement qae toutes les matières vitrescibles scdides, et qui n'ont pas changé de naUire ni de situation , ont été produites par le feu primitif, et que leur formation appartient au temps de notre seconde époque ; tandis que la formation des matières calcaires, ainsi que celle des argiles , des charbons , etc. , n'a eu lien que dans des temps subséquents, et doit être rapportée à notre troisième époque. Et comme dans lea matières rejetées par les volcans on trouve quelquefois des substances calcaires , et souvent ^es souFres et des bitumes , on ne peut guère douter que la formatioh de ces substances rejetées par le^ volcans ne soit encore postérieure à la formation de toutes ces matières, et n'appartienne à notre quatrième époque.

Quoique la quantité des matières rejetées par les volcans soit très petite en comparaison de la quantité des matièrès calcaires, elles ne laissent pas d'occuper d'assez grands espaces sur la surface des terres situé&d aui environs de ces montagnes ardentes et de celles dont les feux sont éteints et assoupis. Par leurs éruptions réitérées elles ont comblé les vallées, couvert les plaines, et même produit d'autres montagnes. Ensuite, lorsque les éruptions ont cessé, la plupart des volcans ont continué de brûler, mais d'un fèu paisible et qui ne produit aucune explosion violente , parce qu'étant éloigné des mers il n'y a plus de choc de l'eau contré le fou : les matières en effervescence et les substances combustibles anciennement enflammées continuent de brûler; et c'est ce qui feit aujourdlmi la chaleur de toutes nos eaux thermales : elle passent sur les foyers de ce fou souterrain et sortent très chaudes du sein de la terre. Il y a aussi quelques exemples de mines de charbon qui brûlent de temps immémorial, et qui se sont allumées par la foudre souterraine ou par le feu tranquille d'un volcan dont les éruptions ont cessé. Ces eaux thermales et ces mines allumées se trouvent souvent, commes les volcans éteints , dans les terres éloignées de la mer.

La surface de la terre nous présente en mille endroits les vestiges et les preuves de l'existence de ces volcans éteints : dans la France seule nous connoissons les vieux volcans de

AiH DES ÉPOQUES DE LA NATURE.

rAurergne^ du Veby , da Vivante, de la Prpyence et da Languedoc* Ea Italie presque toute la terre est formée de àBbm des matières volcanisées , et il en est de même de plusieurs autres contrées. Mais pour réunir les objets sous un point de vue général , et concevoir nettement Tordre des bouleversements que les volcans ont produits à la surface du globe, il faut reprendre notre troisième époque à cette date où la mer étoit universelle et couvroit toute la surface du globe, à l'exception des lieux élevés sur lesquels s'étoit fait le premier mélange des scories vitrées de la masse terrestre avec les eaux : c'est à cette même date que les vitaux ont pris naissance et qu'ils se sont multipliés aur les terres que la mer venoit d'abandonner. Les volcans n'existoient pas encore ; car les matières qui servent d'aliment à leur feu ; c'est-A-dire les bitumes , les charbons de terre, les pyrites ^ et raèm^. les acides, neponvoient s'être formés précédemment , puisque leur composition suppose l!intermède de Teau et la destruction d^ végétaux.

Ainsi les premiers volcans ont existé dans les terres âevées du milieu des continents ; et à mesure que les mers, en s'abaissant, se aont éloignées de leur pied , leurs feux se sont assoupis et ont cessé de produire ces éruptions violentes qui ne peuvent a'opérer que par le conflit d'une grande masse d'eau cpntre un grand volume de feu. Or il a fallu vingt mille ans pour cet abaissement successif des mers, et pour la formation de toutes nos collines calcaires; et comme les amas des matières combustibles et minérales qui servent d'aliment aux volcans n'ont pu se déposer que successivement, et qu'il a dft s'écouler beaucoup de temps avant qu'elles se soient mises en action , ce n'est guère que sur la fin de cette période , c'est-A* 4ire A cinquante mille ans de la formation du globe , que les volcans ont commencé à ravager la terre. Comme les environs de tous les lieux découverts étoient encore baignés des eaux, il y a eu des volcans presque partout, et il s'est fait de fréquentes et prodigieuses éruptions qui n'ont cessé qu'après la retraite des mers; mais cette retraite ne pouvant se fiûre que par l'affaissement des boursouflures du globe, il est souvent

arrivé que Teau venant à flots remplir la profondeur c^e ces terres affaissées , elle a mis en action les volcans sous-marins , qui, par leur explo^on, oût soulevé une partie de ces terres nouvellement affaissées , et les ont quelquefois poussées audessus du niveau de la mer , où elles onjL formé des ties nouvelles , comme nous Tavons vu dans la petite tle formée auprès de celle de Santorin : néanmoins ces effets sont rares , et l'action des volcans sous-marins n'est ni permanente ni assez puissante pour élever un grand espace de terre au-dessus de la surface des mers. Les volcans terrestres., par la continuité de leurs éruptions, ont au contraire couvert de leurs déblais tous les terrains qui les environnoien^ ils ont, par le dépôt succfèssif de leurs laves, formé de nouvelles couches; ces laves devenues fécondes avec le temps sont une preuve invincible que la surface primitive de la terre, d'abord en fusion, puis consolidée, a pu de même devenir féconde : enfin les volcans ont aussi produit ces mornes ou tertres qui se voient dans toutes les montagnes à volcan, et ils ont élevé ces remparts de basalte qui servent de côtes aux me?s dont ils sont voisins. Ainsi après que Teau, par des mouvements uniformes et constants, eut achevé la construction horizontale des couches de la terre, le feu des volcans, par des explosions subites, a bouleversé, tranché et couvert plusieurs de ces couches; et Ton ne doit pas être étonné de voir sortir du sein des volcans des matières de toute espèce, des cendres, des pierres calcinées, des terres brûlées, ni de trouver ces matières mélangées de substances calcaires et vitrescibles dont ces mêmes couches sont composées.

Les tremblements de terre ont dù se faire sentir long-temps avant TérupUon des volcans : dès les premiers moments de Taffaissement des cavernes il s'est fait de violentes secousses qui ont produit des effets tout aussi violents et bien plus étendus que ceux des volcans. Pour s'en former l'idée, supposons qu'une caverne soutenant un terrain de cent lieues carrées, ce qui ne fèroit qu'une des petites boursouflures du globe , se soit tout à coup écroulée : cet écroulement n'aura-

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